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 Babel

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MessageSujet: « La terre entière se servait de la même langue et des mêmes mots » (Genèse 11,1)   Lun 23 Sep 2013, 15:56

Voici l'approche de la WT concernant le récit de la tour de Babel ( récit authentique pour les TdJ) :

" D’après la Bible, alors que les hommes construisaient Babel, Dieu a « confond[u] leur langage pour qu’ils n’écoutent pas [“ne comprennent pas”, note] le langage l’un de l’autre » (Genèse 11:7). Par conséquent, ils « cessèrent [...] de bâtir la ville » et furent « dispersés sur toute la surface de la terre » (Genèse 11:8, 9). Ainsi, la Bible ne dit pas que les langues d’aujourd’hui proviennent toutes d’une seule langue mère. Elle explique plutôt que plusieurs langues, apparemment pleinement développées, sont apparues brusquement. Ces langues, bien distinctes les unes des autres, permettaient d’exprimer toute la gamme des pensées et des sentiments humains. "


http://www.jw.org/fr/publications/revues/wp20130901/langues-nees-a-babel/



 Dans ce récit, qui clôt le cycle des origines, le fait de disposer d’une seule langue donne à l’humanité l’idée d’exprimer son identité (son « nom » selon le narrateur du récit) dans la construction d’une ville splendide. La suite est connue. Yahvé, mécontent de cette entreprise, décide de créer la diversité des langues : « Allons, descendons et brouillons ici leur langue, qu’ils ne s’entendent plus les uns les autres » (Gn 11,7). Comme résultat de l’intervention divine, les hommes arrêtent la construction de la ville. Ils se dispersent sur toute la terre et perdent leur unité initiale.


Une lecture positive

Traditionnellement, on a compris ce récit comme relatant une ultime punition de Dieu faisant suite à celles de l’expulsion du paradis et du déluge. Cependant, de temps à autre, des exégètes et des théologiens se sont posé la question de savoir s’il fallait vraiment comprendre la diversité linguistique exclusivement d’une manière négative (on peut lire à ce sujet l’ouvrage de François Marty, La bénédiction de Babel, Paris, les Éditions du Cerf, 1990). La version primitive du récit de Gn 11, dans laquelle ne figuraient ni la tour, ni l’allusion à Babylone, permet en effet une lecture positive de l’intervention de Yahvé. Ce récit a sans doute été composé peu après 705 avant notre ère. Il reflète l’abandon soudain de la construction de Dur-Sharrukin, la nouvelle capitale de l’empire assyrien, suite au décès du roi Sargon II.


Dès la deuxième moitié du VIIIe siècle, les Assyriens dominèrent la Mésopotamie et le Levant. Les petits royaumes qui s’y trouvaient furent incorporés dans l’empire et furent obligés de se comporter en vassaux fidèles. On pourrait presque dire que l’empire assyrien réalisa, le premier dans l’histoire, l’idée de globalisation. La religion et la culture assyriennes furent largement exportées et imposées ; et pour faciliter la circulation des biens et des idées une seule langue s’imposa. L’araméen devint donc la langue officielle pour toute la partie ouest de l’empire. Tout le monde devait dès lors parler « une même langue ». Son utilisation signifia aussi la reconnaissance de la supériorité de la civilisation assyrienne que le roi Sargon voulut matérialiser en faisant construire une nouvelle capitale monumentale, dépassant toutes les autres. L’arrêt inattendu de cette construction fut interprété par l’auteur de Gn 11 comme un signe évident que le Dieu d’Israël s’opposait aux rêves de toute-puissance et à l’uniformisation de la pensée.


Ne nous plaignons pas de la diversité des langues. Elle exprime la richesse de nos différentes cultures, de nos différentes conceptions du monde et du divin. Pour profiter de cette richesse, un effort est nécessaire pour comprendre celui qui parle et raisonne autrement que nous. À cet égard, une langue véhiculaire peut s’avérer utile. Le latin a longtemps joué ce rôle, et pour ce nouveau siècle, c’est l’anglais qui prendra le relais. Veillons cependant à ce que la nouvelle langue ne vienne pas imposer à ceux et à celles qui la parlent une pensée unique. Le récit biblique de « la tour de Babel » nous invite à cette vigilance. 


http://www.evangile-et-liberte.net/elements/numeros/182/article9.html


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MessageSujet: Re: Babel   Lun 23 Sep 2013, 16:56

Les récits bibliques ne précisent pas un don de la langue à l’homme. Par contre la Bible indique que dieu, les humains et les animaux (le serpent) parlent la même langue. 
Le déluge (avant le récit de la tour de babel) sépare l'humanité en nations qui  parlent plusieurs langues.


Gen 10 : "Voici la famille des fils de Noé, Sem, Cham et Japhet. Il leur naquit des fils après le Déluge : Fils de Japhet : Gomer, Magog, Madaï, Yavân, Toubal, Mèshek et Tirâs. — Fils de Gomer : Ashkénaz, Rifath et Togarma. — Fils de Yavân : Elisha, Tarsis, Kittim et Rodanim. C'est à partir d'eux que se fit la répartition des nations dans les îles. Chacun eut son pays suivant sa langue et sa nation selon son clan."


Gn10, établi que la diversité des langues fait partie de l’humanité d'après le déluge : «dans leurs pays respectifs, chacun selon sa langue, selon leurs clans dans leurs nations» 
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MessageSujet: Re: Babel   Lun 23 Sep 2013, 17:23

Babylone à l’origine de toutes les langues ?

Il existe environ 5 000 langues différentes aujourd’hui dans le monde. Il y a entre 50 et 200 souches sans rapport entre elles.
Les chercheurs ont daté la langue indo-européenne, la plus connue, à environ 3 000 ans avant notre ère.
Cela se situe donc à peu près au moment des évènements de Babel. Après, c’est le flou le plus complet.

Nous savons beaucoup de choses sur les langues indo-européennes mais nous sommes très ignorants sur la langue mère.

Un humain sur deux environ parle une langue indo-européenne. Cette unité linguistique est toute relative car si la souche est la même, le russe ou l’arménien est tout aussi incompréhensible pour un Français, que le basque ou le hongrois, langues non indo-européennes.

Si l’on prend l’exemple des langues indo-européennes, cela voudrait dire que toutes ces langues sont issues de l’évolution d’une seule langue plus ancienne.
Cette langue originale aurait donc été parlée il y a plusieurs millénaires, à une époque où l’écriture n’était pas née.

Des peuples d’origines diverses, donc de langues différentes, ont travaillé à la construction de la tour de Babel.
Une inscription de Nabuchodonosor en atteste : »Tous les peuples de nations nombreuses (…) je (les) contraignis au travail. »
Cette diversité ethnique n’a pas empêché l’achèvement de la tour.

http://www.dinosoria.com/tour_babel.htm
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MessageSujet: Re: Babel   Lun 23 Sep 2013, 17:28

L'histoire de la Tour décrit ce désir humain de pénétrer les cieux, en somme de remplacer Dieu. Elle est la réédition du récit du paradis où l'homme et sa femme voulaient aussi devenir comme Dieu (Gn 2-3). Il est remarquable que dans la description du projet humain (vv. 1-4) il n'y a aucune référence à Dieu, c'est un de ces projets, comme on en trouve partout au monde, qui veut montrer que l'être humain peut tout faire. Mais comme on le voit aussi partout, tôt ou tard ces projets aboutissent à la confusion, à la dispersion. Il me semble qu'on peut facilement comprendre l'origine de cette histoire de la Tour par la comparaison suivante. Imaginez quelqu'un d'un petit village de la province du Québec qui ne parle que le Français et qui gagne un voyage à New York. Quelle pourrait bien être son impression sur place et quel serait son rapport en rentrant? Il a vu cette ville immense, avec ses immeubles en hauteur; par ailleurs, il a été aussi frappé par le fait qu'il ne comprenait pas les gens, il a entendu toutes sortes de langues, il juge peut-être aussi que la ville est sale et dangereuse. Non, il n'a aucun désir de vivre dans une telle ville de confusion, Dieu merci d'être rentré dans son village où il connaît tout le monde. L'auteur du récit biblique a une impression semblable de la grande ville de Babylone, la ville orgueilleuse dans la Bible.

    Si vous prenez le temps de lire le chapitre précédent, vous trouverez quelque chose de plutôt surprenant encore. On y énumère les peuples de la terre, les descendants des trois fils de Noé. Après la descendance de Japhet le texte dit : « Tels furent les fils de Japhet, d'après leurs pays et chacun selon sa langue... » (v. 5). Lisez la même chose aux vv. 20.31. Il est dit clairement, à trois reprises, que les peuples du monde parlent des langues différentes. Et alors, tout d'un coup, l'histoire de la Tour de Babel ouvre par: « Tout le monde se servait d'une même langue... » (v. 1). Nous sommes en présence de deux récits d'auteurs différents, qui chacun réfléchit sur la fameuse question de l'origine des différentes langues? Le premier auteur (Gn 10) présente ce fait comme une bonne chose, fruit d'une bénédiction divine. En effet, après le déluge Dieu a béni Noé et ses fils en disant : « Soyez féconds, multipliez, emplissez... » (Gn 9,1). L'auteur de l'histoire de la Tour de Babel voit ce phénomène humain plutôt négatif, comme un châtiment divin. Ces deux positions sont curieuses et on pourrait se demander lequel des deux auteurs a raison? La réponse est très simple: les deux disent vrai. D'une part, la variété de langues et cultures des peuples donne une richesse à l'humanité. Chacun qui a fait l'effort d'apprendre une autre langue, d'entrer dans une autre culture, le sait par expérience, on s'enrichit. Quelle pauvreté ce serait si toute l'humanité parlait la même langue et avait la même culture! Mais, par ailleurs, tout le monde sait aussi comment la différence de langues et de cultures cause bien des frictions et des guerres. Le phénomène humain de cultures différentes est positif et négatif à la fois, les deux récits bibliques le disent d'une façon claire.

http://www.interbible.org/interBible/decouverte/comprendre/2002/clb_020621.htm
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MessageSujet: Re: Babel   Mar 24 Sep 2013, 17:35

" Or toute la terre avait une seule langue et les mêmes mots " ... Quelle était cette langue ?

Pour la WT c'est l'hébreu

" La Bible est la seule source historique qui présente un témoignage digne de foi sur l’origine de la langue connue sous le nom d’hébreu. Bien entendu, c’était la langue parlée par les descendants israélites d’“ Abram l’Hébreu ” (Gn 14:13) qui lui-même descendait de Sem, fils de Noé (Gn 11:10-26). Compte tenu de la bénédiction prophétique que Dieu accorda à Sem (Gn 9:26), il est raisonnable de penser que, lorsqu’à Babel Jéhovah confondit le langage des hommes qu’il condamnait, la langue de Sem ne fut pas touchée (Gn 11:5-9). Elle allait rester la même, la “ seule langue ” qui ait existé depuis Adam (Gn 11:1). Cela veut dire que le langage qui finit par être appelé “ hébreu ” n’était autre que la langue originelle des humains. Comme cela a été dit, l’Histoire n’en connaît pas d’autre. "

http://m.wol.jw.org/fr/wol/d/r30/lp-f/1200001953


Quel raisonnement alambiqué !!!

Cette analyse occulte totalement la chapitre 10 (5) de la Genèse ... "  C'est à partir d'eux que se fit la répartition des nations dans les îles. Chacun eut son pays suivant sa langue et sa nation selon son clan. " ;  qui établi que la diversité des langues a fait partie de l’humanité après le déluge.

" La critique moderne rejette cette vue traditionnelle de l'historicité de la Table, affirmant plutôt qu'il ne s'agit que d'une généalogie traditionnelle, visant à expliquer les relations existantes entre les différents groupes ethniques du Proche-Orient ancien, peut-être réaménagée au moment de la rédaction définitive du texte, vers le VIIe siècle av. J.-C..

La table présentée dans Genèse 10 présente plusieurs doublons apparents, en particulier deux lignées distincte, l'une descendant de Ham Via Koush et l'autre de Sem via Yoktan, correspondant à des groupes ethniques de la région du Yémen et ses environs. Ainsi par exemple, les habitants de Saba semblent mentionnés dans les deux lignées, avec les noms similaires de Séva et Saba.
Selon l'hypothèse documentaire, ces doublons sont des éléments attestant de l'existence de multiples auteurs et de plusieurs sources du texte biblique ayant coexisté, rédigées à des époques différentes et donc dans des contextes ethnologiques différents, avant d'être réunies dans une version plus finalisée et proche de celle qui est aujourd'hui connue."

http://fr.wikipedia.org/wiki/Table_des_peuples
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MessageSujet: Re: Babel   Mer 25 Sep 2013, 11:18

Les anthropologues émettent l'idée que l'homo sapiens se serait développé dans une région que l'on pourrait délimiter au grand rift (Afrique) et que le langage aurait suivi la même piste. Puis les sociétés sumériennes, mésopotamiennes (corrigez-moi si l'ordre n'est pas exact) se sont développées dans la même région.

Les rédacteurs bibliques ont pu avoir connaissance de ces derniers faits et ont évoqué ces civilisations d'un point de vue négatif.
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MessageSujet: Re: Babel   Mer 25 Sep 2013, 11:27

Abram l’Hébreu

Dans la Bible, notamment dans le premier livre, la Genèse (בְּרֵאשִׁית / Bereshit), au chapitre 14, verset 13, on trouve אברם העברי / Avram ha-’ivri, il s’agit « d’Abram l’Hébreu » avant qu’il ne devienne Abraham (אַבְרָהָם / Avraham), mais le texte ne fait aucune mention de la langue parlée par celui-ci et ses descendants. Il est généralement admis que le terme « hébreu » viendrait de l’expression « מעבר לנהר / me-’ever la-nahar » (de l’autre côté du fleuve) qui désigne l’origine d’Abraham.

http://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9breu
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MessageSujet: Re: Babel   Mer 25 Sep 2013, 12:37

" Cependant, il a promis qu’il « changer[a] la langue des peuples en une langue pure, pour qu’ils invoquent tous le nom de Jéhovah, pour qu’ils le servent épaule contre épaule » (Tsephania 3:9). Cette « langue pure », les vérités que la Parole de Dieu enseigne, unit actuellement des gens du monde entier. On peut raisonnablement penser qu’à l’avenir Dieu renforcera cette unité en donnant aux humains une langue commune, annulant ainsi la confusion créée à Babel. "

http://www.jw.org/fr/publications/revues/wp20130901/langues-nees-a-babel/


 Sophonie 3, 9; annonce-t-il que tous les peuples en viendraient à ne parler plus qu'une seule langue, en l'occurence l'hébreu ?

Ce texte semble annoncer la conversion des peuples de l'époque, au culte de Yhwh. Malgré l'infidélité de Jérusalem, Sophonie 3,12 indique qu'un reste subsistera (" Je maintiendrai au milieu de toi
un reste de gens humbles et pauvres ; ils chercheront refuge dans le nom du SEIGNEUR ") et que  même les nations païennes pourront prendre part au bonheur de ce reste (3,9).

L'expression,  En ce jour-là (3,11), fait allusion à un futur proche.


Lorsque le texte affirme, " je ferai que les peuples aient les lèvres pures ", comment faut-il comprendre l'expression,  lèvres pures  ... implique t-elle l'idée d'une langue unique et pure ?

Lorsque Sophonie 3, 9 dit, je ferai que les peuples aient les lèvres pures, je comprends que les lèvres des nations étaient souillées par l'invocations des faux dieux et que la transformation de leurs coeurs, leur permettra d'invoquer Yhwh.

Je pense qu'il ne faut pas confondre, "lèvres pures" et "langue pure".


Dernière édition par free le Mer 02 Oct 2013, 10:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Babel   Jeu 26 Sep 2013, 17:56

" Eh, dit le SEIGNEUR, ils ne sont tous qu'un peuple et qu'une langue et c'est là leur première œuvre ! Maintenant, rien de ce qu'ils projetteront de faire ne leur sera inaccessible ! " - Gen 11, 6

Ces paroles semblent évoquer la peur d’un Dieu craignant pour sa toute-puissance et qui soucieux de préserver sa position divise l'humanité pour mieux régner ( "  Allons, descendons et brouillons ici leur langue, qu'ils ne s'entendent plus les uns les autres ! ").
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MessageSujet: Re: Babel   Jeu 26 Sep 2013, 22:39

Free ta remarque est intéressante elle me fait penser à ce que Dieu déclare après le péché en Eden:

Citation :
22 ¶  Le SEIGNEUR Dieu dit : « Voici que l’homme est devenu comme l’un de nous par la connaissance de ce qui est bon ou mauvais. Maintenant, qu’il ne tende pas la main pour prendre aussi de l’arbre de vie, en manger et vivre à jamais ! »
23  Le SEIGNEUR Dieu l’expulsa du jardin d’Eden pour cultiver le sol d’où il avait été pris.
24  Ayant chassé l’homme, il posta les chérubins à l’orient du jardin d’Eden avec la flamme de l’épée foudroyante pour garder le chemin de l’arbre de vie.
Nous trouvons également cette idée d'un Dieu ne voulant pas que l'homme puisse un jour l'égaler.
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MessageSujet: Re: Babel   Sam 28 Sep 2013, 15:42

le chapelier toqué a écrit:
Free ta remarque est intéressante elle me fait penser à ce que Dieu déclare après le péché en Eden:

Citation :
22 ¶  Le SEIGNEUR Dieu dit : « Voici que l’homme est devenu comme l’un de nous par la connaissance de ce qui est bon ou mauvais. Maintenant, qu’il ne tende pas la main pour prendre aussi de l’arbre de vie, en manger et vivre à jamais ! »
23  Le SEIGNEUR Dieu l’expulsa du jardin d’Eden pour cultiver le sol d’où il avait été pris.
24  Ayant chassé l’homme, il posta les chérubins à l’orient du jardin d’Eden avec la flamme de l’épée foudroyante pour garder le chemin de l’arbre de vie.
Nous trouvons également cette idée d'un Dieu ne voulant pas que l'homme puisse un jour l'égaler.
le chapelier toqué,

La réaction de Dieu dans le récit de la tour de Babel présente des similitudes avec le comportement de Dieu dans le récit de la faute en Éden.

Dans les 2 récits l’être humain menace la position de Dieu (" Voici que l’homme est devenu comme l’un de nous " et " rien de ce qu'ils projetteront de faire ne leur sera inaccessible")

On retrouve le même pluriel  : « l’homme est devenu comme l’un de nous » (Gn 3.22) ; « allons , descendons et confondons leur langage » (Gn 11.7). 

Les deux textes montre une  tentative de l’être humain de se faire l’égal de Dieu. Il n’est pas dans les intentions de Dieu de favoriser l’unité mais  la confusion (: « afin qu’ils ne puissent plus comprendre la langue les uns des autres. ») ...  la différence entraîne la dispersion.

Le livre de l’Apocalypse réfute le thème de la langue unique et exprime le projet de Dieu à travers le  rassemblement d’humains  « de toute nation, de toute tribu, de tout peuple, de toute langue» (7.9)

Le récit de la Pentecôte dans le livre des Actes, indique que la diversité des langues peut être un moyen qui génère l'unité, : « comment les entendons-nous dans notre propre langue à chacun, notre langue maternelle ? » (2,7-Cool ... Dieu n'a pas choisi une langue unique afin de communiquer  aux pèlerins de la fête juive.



Citation :
Ce mythe délaissé par le siècle des Lumières n’a pas pour autant été voué à l’oubli ... La dernière enfin est celle fondée par Borges. Sa « Bibliothèque de Babel » a exercé une influence décisive sur des écrivains comme G. Manganelli et U. Eco, pour ne citer qu’eux. Il importe pour eux de présenter par le biais de Babel, l’organisation et les principes d’une bibliothèque. La Tour n’est plus érigée pour rivaliser avec Dieu, elle est un temple contenant le savoir. Ce n’est pas un hasard si, dans Le Nom de la Rose, la Tour-Bibliothèque est plus que l’Abbaye, le lieu sacré où s’affrontent tenants du modernisme et gardiens austères de la tradition

http://babel.revues.org/3088
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MessageSujet: Re: Babel   Sam 28 Sep 2013, 16:25

La faute de Babel, c'est de vouloir se faire un nom; Dieu punit en affectant le pouvoir de nommer


Dans le texte biblique sur la tour de Babel, les hommes se disent : "Allons! Bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet pénètre les cieux! Faisons-nous un nom et ne soyons pas dispersés sur toute la terre!"

Quelle faute ont-il commise ?

Le talmud envisage plusieurs hypothèses : 1. ils ont voulu se protéger par avance contre un nouveau déluge [car ils se sentaient coupables]. 2. c'était pour adorer les idoles. 3 Ils voulaient faire la guerre à Dieu en ouvrant le ciel.
Dans la dernière hypothèse, ils ne donnent pas les noms des dieux qu'ils veulent combattre. Ils sont incapables de nommer les objets et les personnes extérieurs, mais ils veulent se nommer eux-même, se "faire un nom" ("chem" en hébreu, le radical de "sémite"). Cette question du nom touche à celle de l'idolâtrie. S'ils veulent la gloire, s'ils veulent se distinguer, ils se mesureront inéluctablement à Dieu [Yhvh]. Ils désirent démesurément le pouvoir de nommer, mais ils n'ont même pas donné un nom à leur propre ville, puisque c'est Dieu qui doit le faire : Babel.

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MessageSujet: Re: Babel   Mar 01 Oct 2013, 11:50

L'idée que Dieu prévoit d'établir une "langue unique" sur la nouvelle terre n'ets pas accrédité par l'Apocalypse (21, 24) : " Les nations marcheront à sa lumière, et les rois de la terre y apporteront leur gloire ".

l’utopie du retour à la situation « pré-babélienne » d’une langue universelle, c'est vouloir un monde de la pensée unique ... on devrait considérer ce projet  comme une utopie totalitaire, qui ne laisse aucune place à la diversité.

« Ce fut le projet de construction le plus grandiose de tous les temps, qui lui valut pour ça l’échec le plus fécond. L’humanité avait renoncé à tout autre désir, tout autre métier : l’Écriture dit qu’elle employait des mots uniques, devarim ahadim. Elle s’était concentrée exclusivement sur une seule tâche, comme une société d’abeilles, de fourmis. Dieu la détourna de cette impasse : on ne pouvait atteindre le ciel avec des pierres et de la chaux. (…) Dieu intervint par le don mystérieux des langues qui nous contraint à apprendre les multiples façons de nommer le même soleil, le même pain. (…) Voici qu’avec la multiplication des langues se multiplient les horizons. (…) Il ne fallait pas monter au sommet du ciel pour survivre, il ne fallait pas se retrancher dans une défense, mais se lancer à l’aventure du monde. Dieu enseigne ici que plus elle est variée et plus elle se met à l’épreuve, plus l’espèce humaine est forte. Toute tentative de lui donner un seul sang, une seule nourriture, une seule médecine va dans la mauvaise direction » (Erri de Luca, Noyau d’olive, 2002 ; traduction Danièle Valin)
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MessageSujet: Re: Babel   Mar 01 Oct 2013, 17:18

Sopohonie 3, 9 : " Alors je ferai que les peuples aient les lèvres pures pour qu'ils invoquent tous le nom du SEIGNEUR, pour qu'ils le servent dans un même effort."

Comme toujours, le texte dit ce qu'il dit, l'interprétation est à la charge du lecteur. Que la "lèvre" (sph) évoque la parole, le langage et la langue (concepts bien distincts pour nous, pas forcément autant dans l'esprit des auteurs-rédacteurs et des premiers lecteurs-auditeurs), ça tombe sous le sens -- par exemple, quand tu parles de "modifier le vocabulaire 'religieux' des nations idolâtres", c'est bien une affaire de parole et de langage; pas forcément de langue, mais ça peut l'être aussi, si l'on considère l'hébreu comme l'unique langue sacrée adéquate au culte de Yahvé (ce qui était manifestement le cas dans certaines composantes "particularistes" du judaïsme du Second Temple, cf. Néhémie 13,24ss, mais évidemment pas dans d'autres qui intégraient volontiers l'araméen ou le grec dans les textes "sacrés" -- cf. les passages araméens d'Esdras ou de Daniel, les targoums araméens ou la Septante grecque -- comme dans le rite). 

Le "parallèle" que la Watch établit avec le récit de Babel ne me paraît pas entièrement saugrenu, puisque aussi bien la langue primordiale unique que les langues résultant de la "confusion" y sont désignées par le même terme sph, "lèvre" (au singulier), et qu'en Sophonie 3,9s il n'est pas question d'Israël mais des peuples (non juifs). Dans un autre sens, on peut aussi penser (surtout en français, car le mot hébreu généralement traduit par "pur" en Sophonie, brwr, n'est pas le terme technique de la "pureté rituelle"; on pourrait aussi traduire "une lèvre/langue éprouvée, de qualité") à la vision inaugurale d'Isaïe (6,5ss) où les "lèvres impures" caractérisent l'inadéquation du prophète et de son peuple à porter et à recevoir la parole de Yahvé -- ce qui, en l'occurrence, est sans doute une affaire de parole et de langage, mais pas de langue, du moins pas au sens "propre". Mais la différence n'est pas si grande: Isaïe une fois les lèvres purifiées pourra porter la parole de Yahvé, il n'en parlera pas moins la même langue que son peuple "aux lèvres impures", mais il ne sera pas compris par ses contemporains, tout comme s'il leur parlait dans une langue étrangère (v. 9s); c'est d'ailleurs un lieu commun des vocations prophétiques: le prophète proteste de son incapacité à parler (Moïse dans Exode 4, Jérémie 1), puis quand il parle aux autres (pour ainsi dire dans la langue de Dieu, cf. Isaïe 50, 5) c'est comme s'il parlait une langue étrangère -- ce qui devient quelquefois présage de l'exil, où le peuple n'apprendra que par la main des "barbares", qui parlent une langue incompréhensible (Isaïe 28,11; 33,19; Jérémie 5, 15; Ezéchiel 3,5s).

Cela dit, que ce passage (tardif, comme les autres additions relatives à une conversion des nations chez les Prophètes en général, cf. IsaÏe 18,7; 19,18ss; 45,14) de Sophonie envisage une "conversion des langues" ou seulement de la "parole" et du "langage" (ça me paraît difficile à trancher), le côté moral du "bien-parler" reste présent chez lui (cf. 3,13).(Spermologos)
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MessageSujet: Re: Babel   Mer 02 Oct 2013, 10:33

A chaque fois j'ai le même malin plaisir à relire ce texte. J'y relève d'aujourd'hui deux détails que je ne me souviens pas d'avoir remarqués auparavant (et Dieu sait que...) :
 
1. Les cohortatifs divins (allez, descendons et confondons, v. 7) qui répondent ironiquement aux cohortatifs humains (allez, faisons des briques et cuisons-les au feu; allez, bâtissons-nous une ville et une tour... et faisons-nous un nom pour que nous ne soyons pas dispersés, v. 3 et 4) et placent Yahvé dans la position du défenseur des intérêts (et avant tout de la tranquillité) des dieux comme en Eden (v. 6, cf. iii, 22) lui assignent à l'égard de ces derniers un rôle assez semblable à celui que joue le satan dans l'assemblée des fils de dieu(x), désormais présidée par Yahvé, dans le prologue en prose du livre de Job (i--ii). C'est lui qui descend sur la terre pour voir ce qui s'y passe, en rendre compte et préconiser une (ré-)action adéquate. Auquel cas, pour en revenir au chapitre xi de la Genèse et à condition de prendre (au sérieux) les pluriels divins ans leur sens pré-monothéiste, la "confusion des langues" est bien l'œuvre des dieux et non d'un seul.
 
2. Le verbe hébreu bll qui fait jeu de mots étiologique et (pseudo-)étymologique avec le toponyme Babel (= Babylone = bab-'ilani, "porte des dieux") ne devrait peut-être pas être trop séparé ici de ses autres emplois (pour l'essentiel sacerdotaux et pâtissiers, puisqu'il décrit le plus souvent l'action de l'huile sur la farine dans la confection des "gâteaux" d'offrandes céréalières, Exode xxix, 2 etc.; cf. la Septante grecque où le jeu de mots prime sur le toponyme, la ville étant nommée SugcusiV, de sugcew, qui est aussi le verbe de la "panique" ou de la débâcle en 1 Samuel vii, 10 etc... et Actes ii, 6, en référence directe à Babel). Il y a bien dans la confusion (des langues) de la fusion; de la liquéfaction, de la (dis-)solution (hétérogène), du mélange par humidification ou onction, absorption du solide et indistinction du distinct. Les deux "sens" , confondre et pétrir, que les lexiques (p. ex. HAL) séparent de façon hermétique et péremptoire se retrouvent d'ailleurs dans le vieux texte d'Osée vii, 8; "Ephraïm se fond (ou se dissout, ytbwll) parmi les peuples; il est comme un gâteau qui n'a pas été retourné" (brûlé d'un côté et pas cuit de l'autre, explique-t-on habituellement).
 
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MessageSujet: Re: Babel   Lun 07 Oct 2013, 11:11

Une lecture positive

Traditionnellement, on a compris ce récit comme relatant une ultime punition de Dieu faisant suite à celles de l’expulsion du paradis et du déluge. Cependant, de temps à autre, des exégètes et des théologiens se sont posé la question de savoir s’il fallait vraiment comprendre la diversité linguistique exclusivement d’une manière négative (on peut lire à ce sujet l’ouvrage de François Marty, La bénédiction de Babel, Paris, les Éditions du Cerf, 1990). La version primitive du récit de Gn 11, dans laquelle ne figuraient ni la tour, ni l’allusion à Babylone, permet en effet une lecture positive de l’intervention de Yahvé. Ce récit a sans doute été composé peu après 705 avant notre ère. Il reflète l’abandon soudain de la construction de Dur-Sharrukin, la nouvelle capitale de l’empire assyrien, suite au décès du roi Sargon II.

Dès la deuxième moitié du VIIIe siècle, les Assyriens dominèrent la Mésopotamie et le Levant. Les petits royaumes qui s’y trouvaient furent incorporés dans l’empire et furent obligés de se comporter en vassaux fidèles. On pourrait presque dire que l’empire assyrien réalisa, le premier dans l’histoire, l’idée de globalisation. La religion et la culture assyriennes furent largement exportées et imposées ; et pour faciliter la circulation des biens et des idées une seule langue s’imposa. L’araméen devint donc la langue officielle pour toute la partie ouest de l’empire. Tout le monde devait dès lors parler « une même langue ». Son utilisation signifia aussi la reconnaissance de la supériorité de la civilisation assyrienne que le roi Sargon voulut matérialiser en faisant construire une nouvelle capitale monumentale, dépassant toutes les autres. L’arrêt inattendu de cette construction fut interprété par l’auteur de Gn 11 comme un signe évident que le Dieu d’Israël s’opposait aux rêves de toute-puissance et à l’uniformisation de la pensée.

Ne nous plaignons pas de la diversité des langues. Elle exprime la richesse de nos différentes cultures, de nos différentes conceptions du monde et du divin. Pour profiter de cette richesse, un effort est nécessaire pour comprendre celui qui parle et raisonne autrement que nous. À cet égard, une langue véhiculaire peut s’avérer utile. Le latin a longtemps joué ce rôle, et pour ce nouveau siècle, c’est l’anglais qui prendra le relais. Veillons cependant à ce que la nouvelle langue ne vienne pas imposer à ceux et à celles qui la parlent une pensée unique. Le récit biblique de « la tour de Babel » nous invite à cette vigilance.

http://www.evangile-et-liberte.net/elements/numeros/182/article9.html
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MessageSujet: Re: Babel   Mar 08 Oct 2013, 10:42

- Contrairement à l’histoire de Caïn et Abel les hommes ne sont pas encore sédentaires ; Gn
11,1ss reprend à partir de Gn 4,16 (installation de Caïn à l’est).

Gn 4, 16 : " Caïn s'éloigna de la présence du SEIGNEUR et habita dans le pays de Nod à l'orient d'Eden. "

Gn 11, 2 : " Or en se déplaçant vers l'orient, les hommes découvrirent une plaine dans le pays de Shinéar et y habitèrent. "


-  La réaction de Yhwh au v. 6 montre qu’il comprend ce projet comme une tentative des hommes de devenir « comme des dieux » ( le lien est souligné par le fait que les hommes sont appelés dans le discours divin « fils d’Adam », v. 5).

Gn 11, 5 : " Le SEIGNEUR descendit pour voir la ville et la tour que bâtissaient les fils d'Adam. "

http://www.college-de-france.fr/media/thomas-romer/UPL576246266812529909_CH_4_CdF_2013_Langues_peuples_Cours_du28.2.2013__.pdf
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MessageSujet: Babel   Mer 03 Déc 2014, 22:17

Depuis quelques années déjà, la mondialisation et ses conséquences ont remis le mythe de Babel à la mode. "À la mode", c'est peut-être un peu exagéré, mais il n'est pas rare qu'il soit évoqué (plus ou moins rapidement) sur le sujet. L'humanité comme un village, l'humanité unie, sans drapeau, sans frontière, en une seule immense entité globale", tout ça tient autant du rêve que du cauchemar. Narkissos évoquait récemment comme les forces centrifuges (l'uniformisation des modes de vie, le mélange des peuples, le libéralisme marchand et culturel) et centripètes (l'affirmation –parfois fort violentes– des identités, le rejet du "système"...) se complètent, s'opposent, se mêlent...
Tu évoquas alors une application théologique que tu risquas, et qui te valut ton deuxième procès en hérésie. Ce n'était pas la première fois que tu en parlais, je crois même me souvenir (du fond de ma pauvre mémoire...) que c'était à la Fac évangélique de Vaux-sur-Seine. Mais tu n'as jamais eu l'occasion (...ou alors je l'ai ratée) de raconter ce que tu avais alors vraiment dit sur le sujet. J'ai bien une idée de ce que ce fut, vu que tu en as dit un peu quand même, mais si le cœur t'en dit...


Dernière édition par VANVDA le Jeu 04 Déc 2014, 00:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Babel   Jeu 04 Déc 2014, 00:28

Tes souvenirs sont bons, mais (malheureusement ?) les miens ne sont pas beaucoup plus précis (ça remonte à un quart de siècle), et je n'ai plus le texte (il est peut-être quelque part au fond d'un carton, ce qui revient pratiquement au même).
Ce dont je me souviens, c'est que c'était dans le cadre d'un "séminaire interdisciplinaire" pour les étudiants en année de maîtrise (on dit "master" aujourd'hui), et que j'avais choisi le thème dans (ce qui restait d')une liste établie par les profs participants: quelque chose comme "Genèse 11 et la diversité culturelle". Le texte devait être remis à l'avance, et c'est ainsi que le matin de la séance je l'ai retrouvé par hasard sur la photocopieuse de la bibliothèque: le doyen de l'époque, alarmé par ce qu'il avait lu, avait demandé qu'il fût transmis à tous les profs (même non participants audit séminaire) afin qu'on statuât sur mon "cas". (Je l'ai su aussitôt par l'un d'entre eux, un Américain qui était presque aussi "hérétique" que moi et qui d'ailleurs a subi un sort semblable l'année suivante: la thèse de doctorat qu'il avait soutenue en Ecosse a été "démolie" à huis clos par les [autres] profs de la Fac et il a été sommé de se soumettre ou de se démettre, optant pour la deuxième option.)

Du texte même, je n'ai qu'un souvenir assez vague: il devait comporter une exégèse classique du passage de la Genèse comme on peut en trouver dans n'importe quel commentaire critique, une réflexion à peine plus originale sur la diversité des langues comme emblème et paradigme de la diversité des cultures, "religions" incluses, dès lors voulue par "Yahvé", mais surtout (c'est ça qui avait mis le feu aux poudres, alors que ça découlait assez naturellement du reste), une conclusion ironique sur le caractère foncièrement "babélien" de toute entreprise "dogmatique" qui tente à sa manière de rassembler les croyants dans l'unité de "la même langue et [des] mêmes mots" sous forme d'orthodoxie et de confession de foi commune, espérant ainsi atteindre un "ciel" qui la contrarie néanmoins par la constante génération d'"hérésies" centrifuges (je ne sais même plus si j'avais déjà souligné l'aspect littéralement "diabolique", diviseur, du Yahvé de Babel, ou si cette analogie m'est venue plus tard).

Toujours est-il que ça reste un de mes textes bibliques favoris, auquel je reviens souvent ( http://www.over-blog.com/recherche/recherche-blog.php?ref=1664482&query=Babel !)

N.B.: maintenant que j'ai les "clés" du panneau de configuration du forum (à défaut de celles du royaume), je viens de corriger (sous réserve de l'accord d'Admin à son retour) la limite inférieure ("plancher") des titres, à laquelle je m'étais aussi heurté par le passé (notamment pour un fil que je voulais intituler "rien", et que j'avais dû libeller "à propos de rien"). Donc, si tu veux abréger ton titre, tu peux (au moins provisoirement) !
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MessageSujet: Re: Babel   Jeu 04 Déc 2014, 00:55

Merci tout de même pour l'effort et pour le titre!

(C'est drôle, je m'aperçois que j'emploie "centrifuge" et "centripète" à l'inverse de toi, sans doute à cause de mon application au libéralisme marchand et à la mondialisation : centrifuge devenant alors ce qui se disperse, qui "s'étale" sur la surface du globe, et centripète ce qui se "regroupe", refusant "la fuite" de ce qui doit être conservé, les particularismes).
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MessageSujet: Re: Babel   Jeu 04 Déc 2014, 03:21

Je me demande en effet si le modèle Babel convient bien à cette "mondialisation" qui, si elle a une origine ou du moins une provenance (occidentale), n'a ni centre, ni territoire circonscrit, ni projet "vertical", où l'uniformisation est diffuse et coïncide avec une saturation de l'espace disponible. Elle produit peut-être une illusion de rassemblement (virtuel: le "village planétaire"), mais elle ne laisse plus, faute d'ailleurs, aucune possibilité de dispersion, sinon paradoxale, sous l'espèce contraire de la concentration, de l'enclave réfractaire ou de la poche de résistance locale, de l'enfermement particulariste ou intérieur.
A moins que ce ne soit Babel à un stade ultérieur, qui aurait déjà gagné la partie et se verrait dès lors condamnée à périr d'elle-même faute d'adversaire à la hauteur.
(Reste à espérer -- d'aucuns diraient: à redouter -- que Yahvé ait plus d'un tour dans son sac.)
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MessageSujet: Re: Babel   Mar 06 Jan 2015, 16:48

De retour sur le thème.
Le monde actuel et son mercantilisme libéral ne correspondent sans doute au mythe de Babel que de loin, au détriment des détails du texte. Tu as raison : dans le mythe, la tour est un point unique sur la terre, celui où l’on reste groupé, et la mondialisation fonctionne d’une autre manière : il n’y a plus de ciel à atteindre, la tour s’étale donc à l’horizontale (Eh ! Ce n’est donc plus une tour…).
Reste la volonté de regrouper en un seul mouvement l'humanité entière et lui faire parler la même langue :
"Tant que, de nulle part à partout, résonne
Un seul mot d'ordre : croissance !
"
(une chanson du groupe "Eiffel", qui est sans doute loin d'être un chef-d’œuvre, mais dont j'aime cette petite phrase.)

Souvenir : le premier de mes romans ébauchés-commencés-et-qui-jamais-ne-seront-écrits, il y a sept ou huit ans déjà, était lui aussi une espèce de version "à l’envers" de Babel, où il n'était plus question de monter une tour mais au contraire de la descendre. Largement inspiré de mon expérience jéhoviste,  pompant furieusement sur un scénario de Benoit Peeters (une bédé qui s'intitule : "La Tour"… Pourquoi faire compliqué?) qui lui-même n'est pas sans loucher sur le mythe de Babel:
Trois amis vivent depuis toujours dans les hauteurs d’une tour immense, où ils ne manquent de rien, ils y travaillent, ils y mangent, ils y dorment, ils y baisent, ils s’y distraient... Ils ont tout à portée de main, les étages sont immenses, et on n'y est jamais à l’étroit.  De là-haut ils observent la terre, tout en bas, où jamais ils n’ont marché, avec un sentiment ou se mêlent la crainte de cette lointaine inconnue, réputée terrible selon ce qu'on leur en a toujours dit, et le désir de la découvrir tout de même, de la toucher, de savoir.
Outre celui du sol, ils cultivent le désir de pouvoir un jour regarder la tour de l’extérieur, de se rendre compte de ce à quoi elle ressemble exactement, de la comprendre, puisqu’ils n’en connaissent jamais que l’étage où ils habitent, ils n’ont jamais pu l’embrasser entière du regard.

La règle de la tour, qu’ils ont toujours scrupuleusement respectée, c’est de rester à son étage : c’est là que la vie vous a placé, c’est là que vous devez être. Qu’arrive-t-il à ceux qui enfreignent cette règle ? Personne ne le sait, on ne connait personne qui ait essayé : ça ne se fait pas, c’est tout. Du reste, il n’y a aucun escalier, aucun ascenseur qui permettent d’atteindre le bas de la tour. Le passage d’un étage à l’autre demande d’ouvrir les cloisons, les détruisant donc un peu à chaque fois (il leur faut "éventrer" la tour pour tenter de la comprendre, comme on dissèque les êtres vivants pour savoir comment ils vivent… ou plutôt comment ils vivaient, avant qu'on ne les dissèque).

Les étages immédiatement inférieurs ressemblent fort au leur, peu de choses varient, les gens y sont à peu près les mêmes, leurs coutumes fort semblables, à quelques variantes près. Mais au fur et à mesure qu’ils s’enfoncent dans ses profondeurs, les voyageurs se trouvent de plus en plus dépaysés, les hommes qu'ils rencontrent leur ressemblent de moins en moins, et l’architecture devient de plus en plus torturée, les règles qui régissent la logique de la construction deviennent de plus en plus incohérentes, incompréhensibles, chaotiques. Ils découvrent des étages où les murs sont mouvants, créant de nouvelles configurations chaque minute, un autre où il n’en y en a plus du tout, la structure toute entière ne reposent plus que sur trois colonnes d’une finesse incroyable, à peine plus épaisses qu’une mine de crayon ; la tour devrait s’écraser instantanément et pourtant elle tient.

Mais la vraie découverte qu’ils font, c’est qu’après avoir descendu des dizaines d’étages, observant le sol, ils s'aperçoivent qu'ils ne s'en sont en fait jamais rapprochés. Tout se passe comme si la tour montait au rythme où ils descendent : ils n’en sortiront jamais, ne pourront jamais la voir de l’extérieur, condamnés à ne la regarder que du dedans, et à s’en faire une représentation-puzzle, faite de tous les petits bouts qu’ils ont pu en observer, arbitrairement, au rythme de leurs découvertes, au détriment de tout ce qu'ils n'ont pas eu l'occasion de voir à gauche pendant qu'ils regardaient à droite, en haut quand ils regardaient en bas. En se dessinant, leur puzzle leur aura laissé toujours plus de questions, sans jamais apporter une seule réponse à peu près satisfaisante. Chaque nouvelle pièce assemblée ne dit qu'infiniment peu de choses de l'image complète, finie, qu'ils désirent, mais agit par contre comme un révélateur toujours plus cruel des béances qu'il leur reste à combler : chaque nouvelle découverte révèle la nullité de ce qu'ils avaient cru deviner avant elle, mais ne suffit jamais à remplir la place ainsi laissée vide.          

En dernier recours, l’un des trois amis, dans un moment où se mêlent fureur et espérance, se jette brutalement dans le vide : il est décidé à atteindre le sol, quel qu'en soit le prix, même s'il faut le payer de sa raison et de sa vie. Mais même ainsi, le sol se dérobe toujours plus à lui, encore : cette "terre promise" est une illusion, un horizon, et le type s'est condamné à se casser perpétuellement la gueule,  parce qu'il n'a nulle part où tomber.

L'ayant perdu de vue, les deux voyageurs restant mettent sur le compte de sa "folie" le "suicide" de leur compagnon, glacés qu'ils sont néanmoins de trop bien comprendre cette soi-disant "folie". Chacun des deux ne peut s'empêcher de se dire en lui-même que le choix du saut qu'aura fait leur ami ne vaut ni plus ni moins que le leur de ne l'y pas suivre, mais ils renoncent à se le dire entre eux. Jamais formalisée, cette tentation du vide reste donc en eux à l'état larvaire, et ils conviennent tacitement qu'y céder est bel et bien "folie", même s'ils ne savent définir en quoi ce serait plus "folie" qu'autre chose.

Constatant l'ampleur de leur échec, ils se résignent à remonter. Toutefois, parvenus à leur étage, tout leur semble avoir définitivement changé. Tout à l'air semblable à ce qu'ils ont laissé, mais tout leur semble néanmoins différent : quelque chose y est modifié irrémédiablement, sans qu'ils ne sachent ce que c'est. Lorsqu'enfin ils retrouvent des amis laissés derrière eux en leur étage, ils constatent qu'ils ne parlent plus la même langue. Tous les mots qu'on leur dit leur sonnent très familièrement à l'oreille, mais leur échappent pourtant. Ils les connaissent, ils savent qu'ils les connaissent, mais ne les comprennent plus : ils sont devenus étrangers à leur monde d'hier.  

L'un des deux envisage alors de monter plutôt que de descendre, se disant que le haut de la Tour en révélera peut-être l'énigme aussi bien que le bas. D'autant qu'il se sait très près du sommet, ce devrait être plus aisé. Mais, dans ses pérégrinations, il comprend bien vite que la Tour n'a pas plus de sommet que de base, il pourra monter autant qu'il veut, rien n'y fera. Il continuera néanmoins de monter, de monter, et de monter encore et toujours, persuadé que chaque étage supérieur lui révélera enfin le secret, ou lui en dire à défaut "quelque chose", un "quelque chose" qui ne vient jamais, étage après étage.    

Le dernier, resté seul à son étage, se sent un devoir "prophétique" d'expliquer aux siens la réalité de ce qu'il a découvert. Ré-apprenant le langage de son monde, il constate que personne ne le comprend pour autant. Et quand bien même deux ou trois semblent ponctuellement appréhender mieux que les autres ce qu'il tente de leur dire, il est bien obligé de constater que ça ne les intéresse pas vraiment : ils l'écoutent plus par courtoisie qu'autre chose, ça les distrait un peu, mais jamais ça ne les implique comme lui-même l'est.
Il comprend qu'il a perdu dans son voyage la possibilité d'une pensée simple et cohérente, et surtout transmissible. Ce qu'il a appris est indicible, et dans un constat où se catapultent le mythe de l'Eden, celui de la Caverne platonicienne et la théorie de la "réminiscence", il réalise qu'il voudrait pouvoir "oublier", mais en est bien sûr incapable. Le "fruit de la connaissance", une fois consommé, n'offre aucun retour vers la naïveté sauvage. Dans le mythe de l'Eden, le lecteur devrait comprendre  qu'Adam et Ève ne pouvaient pas savoir que prendre du fruit était "mal" avant qu'ils l'aient gouté. Mais, contre toute logique, on s'attend tout de même à ce qu'ils l'aient su : ils devaient le savoir, ils ne peuvent que l'avoir toujours su. Notre voyageur pressent de même qu'il n'a rien appris dans sa descente qu'il ne savait déjà, depuis "toujours". Mais, alors, il pouvait encore jouer à l'ignorer ; ce jeu-là est désormais pour lui perdu à jamais.

Chaque nouvelle formulation qu'il tente de la Vérité se traduit par l'échec de ce qu'il veut transmettre, il n'arrive plus qu'à exprimer sa pensée sous forme d'oxymores, qui  se décomposent aussitôt qu'elles s'embrassent. Il plaide (qu'el-Falouz lui pardonne de son pardon pardonnant) pour une "folie lucide", pour une "avancée circulaire", pour une "savante ignorance", éloignant de lui, par l'hermétisme de ses pensées, son éventuel auditoire, comme auparavant le sol.  Il est condamné à la solitude, et la Tour continuera de se dresser envers et contre tout.

"J'sais pas pourquoi j'te dis tout ça" (chanson de William Sheller; je ne sais pas plus si elle est un chef-d’œuvre, elle, mais je l'aime beaucoup, et tout entière, pas seulement à cause d'une petite phrase dont je trouve qu'elle "fonctionne" bien. Citation qui, ne sachant pas vraiment comment conclure ce que je viens d'écrire ni pourquoi je me suis même lancé dans cette longue tirade qui ne rejoint que d'assez loin le thème de départ, me semble très adaptée... Ça se voit que j'ai la grippe et que je me traine au-dessus de 38° ?)
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MessageSujet: Re: Babel   Mar 06 Jan 2015, 20:04

Je crois bien reconnaître... ton virus, pour commencer ! Un de ses petits cousins m'a laissé plusieurs jours de la semaine dernière dans un état oscillant entre hébétude et délire, et avec un bénéfice créatif nettement moindre ! :) Je n'en suis d'ailleurs pas encore tout à fait sorti...
Sort-on (qui ça ?) jamais vraiment de quoi que ce soit, telle est bien la question, du reste ! Chez Kafka qui ne faisait rien à moitié elle se doublait de la hantise contraire, celle de ne pas pouvoir entrer (du rêve d'enfance qui le laissait dehors, dans le noir, devant une maison à l'étage illuminé, à la parabole du Procès).
La Tour, les Cités obscures, j'avais découvert ça il y a quelques années au hasard d'une bibliothèque, et adoré (bien que le souvenir que j'en garde aujourd'hui se soit un peu estompé)...
A ta première référence, je me suis dit que le premier mot d'ordre de croissance serait celui du premier récit de la Genèse. Le "Dieu" qui le donne, dès lors, n'en sort pas non plus (malgré la belle tentative du déluge)...
Pas de hors-tour, pas de hors-ville (la Nouvelle Jérusalem de l'Apocalypse), pas de hors-texte -- pour nous bien sûr, car le dehors n'en finit pas, dehors, de nous narguer, tout proche en plus, depuis l'oeil du moindre chat... on peut briser tous les miroirs, claquer toutes les portes et sauter par toutes les fenêtres qu'on voudra.
J'arrête là, car je dois partir (!)... mais, en attendant une suite éventuelle, merci !
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MessageSujet: Re: Babel   Mer 07 Jan 2015, 12:46

D'où le "fever talk"...

(Tu auras peut-être compris que mon "synopsis" en jachère depuis des années n'avait jusque là jamais été formulé à ce point, que le fait de commencer à le raconter m'a un peu forcé pour la première fois à aller jusqu'au bout et à "l'achever"– et tant pis pour l’ambiguïté de ce dernier terme!
Merci la fièvre, merci Peeters, merci le forum, merci l'oiseau bavard devenu narcisse, merci nuage pourrais-je encore dire en riant comme une Madeleine –qui aurait tout aussi bien bien eu sa place en réponse sur "Un jour, un verset"...)
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MessageSujet: Re: Babel   Mer 07 Jan 2015, 21:40

J'ai apprécié ton récit que je trouve très bien amené. L'idée de cette Tour dont les malheureux ne peuvent apercevoir ni le bas ni le haut m'a fait penser à quelque chose...

As-tu ri comme une madeleine de Proust, c'est à dire mouillée car trempée dans la tisane de sa tante...

J'attends avec plaisir ton 2e récit.
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