Etre chrétien ou pas?

apporter une aide et fournir un support de discussion à ceux ou celles qui se posent des questions sur leurs convictions
 
PortailPortail  AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Passion, histoire et représentation

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Narkissos

avatar

Nombre de messages : 4855
Age : 57
Date d'inscription : 22/03/2008

MessageSujet: Passion, histoire et représentation   Sam 14 Fév 2015, 16:38

Ô Galates stupides, qui vous a ensorcelés, vous (tous) aux yeux de qui Jésus (le) Christ a été montré crucifié ? (Galates 3,1).

C'est une énième discussion (hors ce forum) sur le thème du "Jésus historique" (longuement évoqué ici même et ailleurs) qui me ramène à ce verset, et plus précisément à ce verbe que j'ai traduit, faiblement et provisoirement, par "montrer".

Je ne reviens pas ici sur l'interminable débat concernant l'historicité de Jésus, dont la crucifixion constituerait en quelque sorte le "noyau dur" (comme d'ailleurs le récit de la Passion-résurrection constitue, au plan littéraire et narratif, le point de convergence des évangiles canoniques, vers lequel l'organisation de chacun et la confrontation des quatre tendent à se rassembler, sans pourtant parvenir à s'y fondre en un scénario tout à fait cohérent). Ni sur le contexte général et bien connu de l'épître aux Galates (la charge la plus violente contre la loi, menée tambour battant par un "Paul" qui commence à ressembler très fort à "Marcion"). Peut-être est-il cependant utile de rappeler ce qui précède immédiatement (et qui s'oublie facilement à cause du changement de chapitre dans les bibles modernes): après le récit du conflit avec Céphas et Barnabé sur la communion de table entre circoncis et incirconcis (2,11-14) et l'argument sur l'impossibilité d'un retour à la loi qui serait un aveu de transgression (v. 15-18), arrive ceci (v. 19ss): Moi, par la loi je suis mort à la loi, afin de vivre à Dieu; je suis crucifié-avec (le) Christ: ce n'est plus moi qui vis, c'est (le) Christ qui vit en moi. Ce que je vis maintenant dans la chair, je le vis dans la foi du Fils de Dieu qui m'a aimé et s'est livré lui-même pour moi. Je ne rejette pas la grâce de Dieu; car s'il y a justice par la loi, alors (le) Christ est mort pour rien. Ô Galates stupides, qui vous a ensorcelés... Et ce qui suit, à savoir un appel à l'expérience: ... vous aux yeux de qui le Christ a été montré crucifié ? Voici seulement ce que je veux apprendre de vous: est-ce par des œuvres de loi que vous avez reçu l'esprit, ou par l'écoute de la foi ? Êtes-vous stupides à ce point, de (penser) achever par la chair ce que vous avez commencé par l'esprit ? Avez-vous tant souffert-expérimenté (épathéte) en vain ? si seulement c'est/c'était en vain ! Celui qui vous communique l'esprit et opère des miracles (puissances) en/parmi vous, (le fait-il) par les œuvres de la loi ou l'écoute de la foi ?

J'en reviens à mon verbe, celui que j'ai traduit, sous réserve, par "montrer". En grec c'est pro-graphô, qu'on pourrait à la lettre transposer en français "prescrire" (la Vulgate le rend d'ailleurs littéralement, praescriptus est), en distinguant bien le pré- et l'-é(s)crire. Il peut évoquer "ce qu'on a écrit avant" (cf. Ephésiens 3,3), "ce qui a été écrit d'avance" (cf. Romains 15,4), ce qui est (d'avance) "prescrit" ou "prédestiné" (comme les "faux docteurs" au "jugement", Jude 4), si l'on pense le pro- ou le pré- comme préfixe de l'antériorité temporelle, de la pré-cédence; mais on peut également l'entendre au sens spatial de l'ap-proche, de la pro-duction ou de la pré-sentation (amener devant, mettre en avant), et c'est généralement ce sens qui est retenu dans notre passage. Ainsi le verbe est couramment utilisé pour la publication d'un décret, porté par écrit à la connaissance de tous, par affichage sur la voie publique. Mais les traductions optent souvent ici pour un sens plus rare et plus précis, à cause de la formule qui l'accompagne (à / sous vos yeux, avec éventuellement la nuance distributive de la préposition kata: sous vos yeux à chacun, à tous): graphô signifie en effet non seulement l'écriture au sens strict, mais aussi ce que nous appellerions les "arts graphiques" ou "plastiques": peinture, sculpture, (re-)présentation visuelle en général. C'est une image (au moins "mentale") du Christ crucifié qui aurait été présentée ou exposée aux yeux de ces Galates (qui n'étaient évidemment pas des "témoins oculaires" d'une crucifixion historique en Judée) par "l'écoute" de l'évangile. Et c'est cette (re-)présentation et sa contemplation qui auraient déterminé chez eux l'expérience-souffrance de la foi et tout ce qui s'ensuit (esprit, miracles).

Qu'on retienne ou non cette idée (trop ?) précise du verbe, il n'en est pas moins vrai que l'évangile, sous sa forme verbale (kérygme = "message" paulinien ou apostolique en général) ou écrite (les évangiles), indique, montre, re-présente avec une forte insistance visuelle ("graphic", dirait-on en anglais dans un sens aujourd'hui proche de notre mot "obscène") la scène de la crucifixion -- même s'il reste très en-deçà des représentations sanguinolentes de l'art chrétien médiéval et a fortiori moderne, c'est bien dans cette direction qu'il s'engage. La crucifixion de Jésus n'est pas cachée par un quelconque embarras, elle est au contraire mise en évidence et en scène, en dépit ou à cause de l'horreur qui s'attache à cette "mort maudite" aux yeux des juifs (v. 13), "pire des morts" aux yeux d'à peu près tout le monde (de Cicéron à Josèphe). Cette expérience-souffrance visible, spectaculaire (et en même temps spectacle quasi-quotidien au Ier siècle: plus de 500 crucifixions par jour devant les remparts de Jérusalem à un certain moment du siège, selon Josèphe), voilà l'insoutenable qu'il faudrait précisément regarder en face; ce qui ne se pourrait sans participation sensible, sans com-passion au sens le plus fort du terme.

Je passe rapidement sur les conséquences éventuelles de ce point dans le débat concernant l'historicité de Jésus. Le "critère d'embarras" retenu par la quasi-totalité des historiens, sur la base d'une psychologie sommaire (les "disciples" n'auraient pas "inventé" la crucifixion de leur "maître" -- ce qui donne déjà la priorité à la relation "maître-disciple" des évangiles par rapport à la relation mystérique au Christ céleste des épîtres pauliniennes, pourtant généralement reconnues comme antérieures), me semble ici au moins mis en question, même s'il n'est pas réfuté pour autant (on peut certes se faire une "fierté" idéologique d'un embarras historique initial, et l'arborer crânement comme telle: les exemples ne manquent pas).

Il me paraît plus intéressant de réfléchir sur les concepts mêmes d'histoire et d'événement. Ce que le mode narratif dit "historique" capte et retient d'un "événement" (des noms de personnes et de lieux, des dates et d'autres chiffres, des enchaînements de causes et d'effets et des concours de circonstances) passe toujours à côté de la matière, de l'essence ou de la substance mêmes de l'"événement"; celles-ci requièrent, pour se montrer ou se manifester, un autre type de récit et de (re-)présentation (graphique, plastique, dramatique, littéraire, aujourd'hui cinématographique), où l'expérience-souffrance sensible (pathos) de l'auditeur-spectateur-lecteur est autrement sollicitée et impliquée. Ce qui fait ici l'"événement", ce n'est pas qu'il est unique (il l'est sans doute à chaque fois), c'est au contraire qu'il est "répétable", "itérable": mémor(is)able, racontable, représentable, réinscriptible, et dès lors aussi imitable et ré-inventable. La crucifixion est indiscutablement un fait historique du Ier siècle, à des dizaines de milliers d'exemplaires; mais ce n'est pas par des chiffres et des dates, c'est par la représentation d'un "cas particulier" que son caractère réel devient visible et sensible à l'attention, dégageant des possibilités d'expérience -- c.-à-d. d'événement et d'histoire -- insoupçonnées.

Je parlais (ailleurs) du "crucifié inconnu" comme on parle du "soldat inconnu". Celui-ci représente une expérience-souffrance qui dans un sens le dépasse infiniment, et en même temps il la représente parfaitement parce qu'il y a en lui l'articulation du "réel", du "symbolique" et de l'"imaginaire", comme dirait Lacan (c'est un vrai mort, un drame infini parce qu'incommensurable parmi des millions d'autres, et c'est ainsi qu'on se l'imaginerait quand même son tombeau serait vide; et c'est parce qu'on ne sait rien de lui qu'il peut re-présenter, et lui-même et autre chose que lui-même). Devant celui-là le passant (quelquefois) s'arrête: pour celui-là et pour tous les autres à la fois, et en même temps pour lui-même. Là les questions "abstraites" ou "théoriques" (la guerre, la violence, la nation, l'humanité, l'individu, la vie, la mort) se re-posent à lui de façon étonnamment concrète et sensible. Moralité: c'est par l'art et l'artifice de la représentation, même fictive, là où le "spectacle" est lui-même expérience-souffrance, bien plus que par un compte rendu si factuel et exact soit-il, que l'on touche à la vérité de l'événement et donc de l'histoire (au sens du moins que Heidegger donne à la Geschichte en l'opposant à l'Historie: ce qui effectivement arrive).
Revenir en haut Aller en bas
http://oudenologia.over-blog.com/
le chapelier toqué

avatar

Nombre de messages : 1573
Age : 70
Date d'inscription : 31/08/2010

MessageSujet: Re: Passion, histoire et représentation   Lun 16 Fév 2015, 13:09

Si je comprends ce que tu expliques, on aurait utilisé le fait de nombreuses crucifixions exécutées au 1er siècle, pour monter de toute pièce celle de Jésus.
Revenir en haut Aller en bas
Narkissos

avatar

Nombre de messages : 4855
Age : 57
Date d'inscription : 22/03/2008

MessageSujet: Re: Passion, histoire et représentation   Lun 16 Fév 2015, 13:57

C'est en effet à mes yeux une possibilité, même si ce n'est pas la plus probable; à condition toutefois de ne pas imaginer ce "monter de toutes pièces" comme une élaboration savante et délibérée d'un "on" plus ou moins machiavélique. Le fait est que tous les jours et dans tous les milieux des histoires se forment, se déforment et se transforment, se donnent et se transmettent pour des histoires vraies le plus sincèrement du monde, et qu'en elles d'ailleurs il y a toujours de l'histoire vraie, dé-composée et re-composée sans rien perdre de sa vérité, de telle sorte au contraire que celle-ci s'y montre davantage. Mais ce que je voulais surtout souligner, c'est que c'est précisément par la médiation de telles histoires (même quand elles sont "basées sur une histoire vraie"), et par ce qu'il y a de plus artificiel et de plus factice en elles, que l'on rejoint l'essence ou la vérité de l'histoire, de l'événement, du fait, du réel: ce dont effectivement tout cela est fait. Une fiction sur un personnage historique (ce qu'on appelle au cinéma un "biopic") nous touchera beaucoup plus qu'une biographie strictement factuelle, si elle est réussie elle nous le fera mieux comprendre, aussi grâce à ce qu'elle invente. Et une fiction pure parviendra souvent mieux à nous confronter à la réalité "existentielle" de la souffrance, de la vie et de la mort, qu'un reportage sur une catastrophe réelle, avec date, lieux et chiffres à l'appui, dans le journal télévisé. Ainsi (nous) sommes-nous faits que notre rapport à la vérité passe obligatoirement par la fiction.
Revenir en haut Aller en bas
http://oudenologia.over-blog.com/
free



Nombre de messages : 3729
Age : 55
Date d'inscription : 21/03/2008

MessageSujet: Re: Passion, histoire et représentation   Lun 16 Fév 2015, 18:34

Citation :
Mais les traductions optent souvent ici pour un sens plus rare et plus précis, à cause de la formule qui l'accompagne (à / sous vos yeux, avec éventuellement la nuance distributive de la préposition kata: sous vos yeux à chacun, à tous): graphô signifie en effet non seulement l'écriture au sens strict, mais aussi ce que nous appellerions les "arts graphiques" ou "plastiques": peinture, sculpture, (re-)présentation visuelle en général. C'est une image (au moins "mentale") du Christ crucifié qui aurait été présentée ou exposée aux yeux de ces Galates (qui n'étaient évidemment pas des "témoins oculaires" d'une crucifixion historique en Judée) par "l'écoute" de l'évangile. Et c'est cette (re-)présentation et sa contemplation qui auraient déterminé chez eux l'expérience-souffrance de la foi et tout ce qui s'ensuit (esprit, miracles).

Ton analyse me fait penser au texte de Col 2,14-15 :

"il a effacé l'acte rédigé contre nous en vertu des prescriptions légales, acte qui nous était contraire ; il l'a enlevé en le clouant à la croix ; Sil a dépouillé les principats et les autorités, et il les a publiquement livrés en spectacle, en les entraînant dans son triomphe"

La crucifixion a donc été mise en "spectacle" ou "publiquement livrés en spectacle" afin d'être enrichi d'un sens cosmique.
Revenir en haut Aller en bas
le chapelier toqué

avatar

Nombre de messages : 1573
Age : 70
Date d'inscription : 31/08/2010

MessageSujet: Re: Passion, histoire et représentation   Lun 16 Fév 2015, 19:01

Narkissos a écrit:
C'est en effet à mes yeux une possibilité, même si ce n'est pas la plus probable; à condition toutefois de ne pas imaginer ce "monter de toutes pièces" comme une élaboration savante et délibérée d'un "on" plus ou moins machiavélique.

Quelle serait la solution la plus probable?
Revenir en haut Aller en bas
Narkissos

avatar

Nombre de messages : 4855
Age : 57
Date d'inscription : 22/03/2008

MessageSujet: Re: Passion, histoire et représentation   Lun 16 Fév 2015, 20:16

@ free: ce qui me paraît tout à fait remarquable dans cette christologie paulinienne et deutéro-paulinienne, c'est que le crucifié, c'est toujours le Christ sous l'aspect ou l'apparence (docétisme, mise en scène là aussi) de la "chair" (Romains 8,3; cf. 2 Corinthiens 13,4), de l'"homme" (Philippiens 2,5ss), du "péché" (Romains 6,10; 2 Corinthiens 5,21), de la "malédiction" (Galates 3,13) ou de la "condamnation" de la "loi" (Colossiens-Ephésiens mais déjà Romains 7,4; Galates 2,19); et que le "spectacle" de la crucifixion (voire cruci-fiction comme tu l'écris !), selon un schème qui fera florès dans la "gnose", et par contrecoup passera à l'arrière-plan dans l'"orthodoxie", c'est avant tout un tour de passe-passe et un jeu de dupes, où les puissances cosmiques responsables de l'ordre (désordre, mésordre, dirait un théologien) du "monde" et de la "loi", croyant exercer légitimement leur empire en exécutant comme transgresseur un de leurs sujets, perdent cet empire parce qu'elles ont affaire en ce crucifié, incognito, à quelqu'un qui ne relève pas de leur juridiction, à un plus "fort" ou plus originaire qu'elles (cf. déjà 1 Corinthiens 2,6ss). Parce que c'est le Fils de Dieu qu'elles ont condamné sans le reconnaître, sous le leurre de la chair, elles se sont condamnées elles-mêmes et leur pouvoir perd dès lors toute apparence (ou illusion) de légitimité et d'autonomie. La crucifixion sous ce rapport est un gag cosmique, littéralement subversif -- on pourrait dire an-archique si tout cela n'aboutissait pas à la soumission à l'archè suprême du Christ céleste ou spirituel; c'est au moins le moment an-archique du scénario -- où tous les "principes" (arkhai) qui pouvaient passer pour fonder et justifier l'ordre du monde se ridiculisent.

(On est en tout cas dans un système d'"explication" de la crucifixion de Jésus qui n'a pas grand-chose à voir avec nos catéchismes habituels.)

P.S.: le plus étonnant peut-être, pour des modernes, dans un tel scénario, c'est la confiance "ontologique" (dans l'être, dans l'essence, dans l'id-entité) dont il témoigne: pour se livrer à un tel travestissement jusqu'au bout, sans poser le masque, il ne fau(drai)t pas douter de ce qu'on est, de la vérité de ce qu'on est, et de la vertu ou puissance de cette vérité en dernière instance. Et c'est bien ainsi, paradoxalement, que la "révélation" fonctionne: seul "Dieu", voire plus originaire que "Dieu", pourrait à ce point se faire passer pour son contraire et ainsi se révéler pour ce qu'il est.

@ lct: "la solution la plus probable" aux yeux de la quasi-totalité des historiens, c'est encore que le thème de la crucifixion dans le christianisme se rattache bien à la mémoire d'un crucifié particulier, en Judée sous Ponce Pilate; un "Jésus historique" donc, dont on saurait plus ou moins de choses selon l'appréciation de la valeur historique des textes (chrétiens) par les uns et les autres. C'est le schéma classique qui à mon sens n'est pas sans difficulté -- la principale étant peut-être d'expliquer, sans "miracle", la diffusion et l'implantation d'un culte de Jésus-crucifié en quelques années dans toute la diaspora juive, jusqu'en Europe; elle s'allégerait un peu si l'on renonçait à la datation traditionnelle (très fragile puisqu'elle repose sur les Actes, dont on sait pertinemment qu'ils ne sont pas historiquement fiables) des épîtres de Paul qui le présupposent (mais cela, les mêmes historiens ne s'y risquent pas, puisque sur ce sujet les biblistes eux-mêmes en restent pour la plupart à la récitation).
(Si l'on devait poursuivre sur ce sujet, je préférerais qu'on le fasse dans l'autre fil: http://etrechretien.discutforum.com/t311-le-jesus-historique )
Revenir en haut Aller en bas
http://oudenologia.over-blog.com/
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Passion, histoire et représentation   

Revenir en haut Aller en bas
 
Passion, histoire et représentation
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» La représentation du fantôme
» Unez étrange représentation d'Adam et Ève
» Critère représentation individus [ACP]
» Art pariétal et représentation astronomique.
» Policopié des 6 variables de la représentation cartographique

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Etre chrétien ou pas? :: UN JOUR, UN VERSET-
Sauter vers: