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 Briser les idoles

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le chapelier toqué



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MessageSujet: Briser les idoles   Dim 08 Mar 2015, 21:42

(Début de citation) Quelles furent les premières religions? Nul ne le sait. On ne peut qu'essayer d'imaginer... Il est vraisemblable qu'elles apparurent très, tôt, sans doute dès l'apparition du langage et de la pensée qu'il rend possible. Le monde était là, inexplicable, effrayant. Il fallait essayer de le comprendre pour s'en protéger. (fin de citation)
.............

(Début de citation) Certains se plaisent aujourd'hui à vanter le polythéisme, réputé plus tolérant que le monothéisme... Libre à qui le veut de regretter l'Olympe ou le Walhalla. Mais qui peut y croire? L'universalisme m'importe davantage. S'il n'y a qu'un seul Dieu, c'est le même pour tous. S'il est Père, nous voilà tous frères. S'il n'existe pas, nous voilà tous orphelins, et frères encore par là. (fin de citation)

Extraits d'un article paru dans le bimensuel Le monde des religions mars-avril 2015
page 55 sous la plume  du philosophe
André Comte-Sponville

 De l'animisme au monothéisme
 BRISER LES IDOLES.
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Narkissos



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MessageSujet: Re: Briser les idoles   Lun 09 Mar 2015, 00:16

Comte-Sponville et Da'esh, même combat ?
Tout comme l'Autre l'Un diffère... Smile


Pour être un peu plus explicite (quitte à ressasser des idées souvent discutées ici):
Il y a un universalisme exclusif et actif qui considère que sa "vérité", étant absolue et universelle, vaut pour tout le monde, qu'elle est la seule légitime et que rien ne saurait, en droit, lui échapper. En faisant du prosélytisme, de la conquête et de l'expansion en tout genre non seulement un droit mais un devoir, il est immédiatement générateur de violence et d'oppression (de l'iconoclasme et des génocides programmés dans le Deutéronome à la colonisation moderne en passant par les croisades ou la Terreur révolutionnaire, au nom de "vérités" chaque fois différentes mais toujours universelles, et s'enchaînant les unes aux autres dans une certaine "généalogie" commune).
Il y a un universalisme inclusif et passif qui se borne à reconnaître dans l'autre du même ou du semblable, organisant les différences (religieuses, culturelles, sociales, politiques) dans un système de traductibilité générale. C'est un universalisme de la connaissance, beaucoup plus "pacifique" et "tolérant" en apparence, mais non moins supérieur et condescendant au fond: car on traduit toujours les langues des autres dans la sienne, et c'est toujours à partir de celle-ci qu'on entend les "comprendre", voire mieux les comprendre qu'elles ne se comprennent elles-mêmes. De l'empire perse (qui laisse dire "Mardouk", "Baal" ou "Yahvé" là où il pense "Ahura-Mazda") à l'ethnologie occidentale, respectueuse et même protectrice des différences culturelles pourvu qu'elle les observe de haut, en passant par les "traductions" inter-culturelles des divers panthéons à l'époque gréco-romaine ou les missions jésuites. Même lorsque s'y mêle un fort sens de la relativité de son propre "point de vue" et que l'"universel" s'identifie en dernière analyse à l'inconnu, voire à l'inconnaissable, c'est toujours à partir d'une position et d'une lumière surplombantes qu'on peut prétendre embrasser, penser ou éclairer des différences.
Par ailleurs, il ne faut pas oublier que les "panthéons polythéistes" sont eux-mêmes le produit d'une volonté de synthèse associée à un lieu de pouvoir, royal ou impérial, qui rassemble tant bien que mal dans la cohérence artificielle d'un système, par un geste somme toute assez similaire à celui d'une unification monothéiste ou monolâtrique, des mythes et des rites au départ indépendants les uns des autres, des croyances et des pratiques locales qui se sont largement ignorées entre elles ou qui n'étaient même pas contemporaines. D'où les innombrables variantes des mythologies antiques, ou dans le christianisme (notamment catholique) celles des légendes et des croyances populaires de tel ou tel lieu, milieu, époque, qui ne correspondent jamais à une dogmatique officielle pourtant censée valoir pour tout le monde.
A la lumière unifiante, égalisante, nivelante, de la "vérité" ou de la "raison" qui rayonne toujours depuis une position de pouvoir, réel ou imaginaire, le travail obscur de la différence échappe d'autant plus qu'elle l'éclaire. A darkness shining in brightness which brightness couldn't comprehend, écrivait Joyce dans Ulysses, renversant la phrase du prologue de l'Evangile selon Jean: une obscurité brillant dans la clarté que la clarté ne pouvait comprendre.
(Au passage, la proposition d'ACS, "l'universalisme m'importe", me semble trahir "honnêtement" -- qu'il l'ait fait ou non exprès ! -- l'imposture dans la posture, ou plutôt la posture dans l'imposture: l'irréductible position, nécessairement située, datée, intéressée, d'où se prêche un universalisme "désintéressé" qui fait mine de parler pour tout le monde, de partout et de nulle part.)
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le chapelier toqué



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MessageSujet: Re: Briser les idoles   Mar 10 Mar 2015, 11:10

J'apprécie ton analyse. Ayant déjà lu des articles de ce philosophe déclarant qu'il n'était plus croyant j'ai été étonné de lire le dernier paragraphe de son article.

En relisant ta réponse je me demande s'il y a une solution entre un universalisme exclusif actif pensant qu'il est le seul a avoir raison et l'universalisme inclusif tolérant.

S'il n'est pas possible d'exercer un choix, ne peut-on pas penser que ce non-choix explique les guerres et autres conflits?
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Narkissos



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MessageSujet: Re: Briser les idoles   Mar 10 Mar 2015, 13:13

Il n'est pas rare qu'un rationalisme moderne reconnaisse sa dette historique envers le monothéisme, qui a bien avant lui "unifié" et "universalisé", sous le regard de "Dieu" unique, le champ du pensable. D'ailleurs le judaïsme tardif, le christianisme puis l'islam ont amplement bénéficié sous ce rapport de leur convergence avec la philosophie grecque, qui avait de son côté, quoique différemment, pris ses distances avec la mythologie polythéiste (cf.  http://etrechretien.discutforum.com/t485-le-dieu-des-philosophes ).

Citation :
je me demande s'il y a une solution entre un universalisme exclusif actif pensant qu'il est le seul a avoir raison et l'universalisme inclusif tolérant.

Une "solution", je ne sais pas: où serait le "problème" ?
Il y a sûrement place (mais est-ce "entre" les deux ?) pour des approches plus modestes des différences, sans fierté excessive ni honte mal placée de sa "propre culture", sans jugement hâtif ni enthousiasme irréfléchi pour celles des "autres", qui permettent aux frontières un dialogue intéressant et enrichissant, à partir de points de vue compris comme mutuellement irréductibles: ça n'évite certainement pas le rapport de force ni le conflit mais rend de part et d'autre la guerre comme la paix plus intelligentes.
Mais ça s'appellerait plutôt un "relativisme" qu'un "universalisme" -- encore que cette opposition, comme toutes les oppositions, ait ses limites. Le dialogue inter-culturel suppose une certaine foi dans une traductibilité partielle des cultures, qui respecte en elles une part d'intraduisible (d'obscurité donc). Avec à l'horizon, peut-être, mais à l'horizon seulement, cet universalisme de l'inconnaissable que j'évoquais hier. Ce dont le côté "mystique" des religions, monothéistes, polythéistes, ou pas théistes du tout, est tout à fait capable, quand il laisse en-deçà de toute "révélation" le "mystère" demeurer "mystère".
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MessageSujet: Re: Briser les idoles   Mar 10 Mar 2015, 14:56

J'aime assez le côté "relativisme" qui si j'ai bien compris permet aux humains de cultures et d'horizons différents de pouvoir vivre ensemble.
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