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 en mémoire d'elle, ou contre-signature

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Narkissos



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MessageSujet: en mémoire d'elle, ou contre-signature   Mer 01 Avr 2015, 15:02

Comme il était à Béthanie, chez Simon le lépreux, une femme entra pendant qu'il était à table. Elle tenait un flacon d'albâtre plein d'un parfum de nard pur, de grand prix ; elle brisa le flacon et répandit le parfum sur la tête de Jésus. Quelques-uns s'indignaient : A quoi bon gaspiller ce parfum ? On aurait pu vendre ce parfum plus de trois cents deniers, et les donner aux pauvres. Et ils s'emportaient contre elle. Mais Jésus dit : Laissez-la. Pourquoi la tracassez-vous ? Elle a accompli une belle œuvre à mon égard ; les pauvres, en effet, vous les avez toujours avec vous, et vous pouvez leur faire du bien quand vous voulez ; mais moi, vous ne m'avez pas toujours. Elle a fait ce qu'elle a pu ; elle a d'avance embaumé mon corps pour l'ensevelissement. Amen, je vous le dis, partout où la bonne nouvelle sera proclamée, dans le monde entier, on racontera aussi, en mémoire de cette femme, ce qu'elle a fait.
Evangile selon Marc, 14,3ss.

Comme Jésus était à Béthanie, chez Simon le lépreux, une femme s'approcha de lui. Elle tenait un flacon d'albâtre plein d'un parfum de grand prix et, pendant qu'il était à table, elle répandit le parfum sur sa tête. En voyant cela, les disciples s'indignèrent : A quoi bon ce gaspillage ? On aurait pu vendre cela très cher et en donner le prix aux pauvres. Jésus s'en aperçut ; il leur dit : Pourquoi tracassez-vous cette femme ? Elle a accompli une belle œuvre à mon égard ; les pauvres, en effet, vous les avez toujours avec vous ; mais moi, vous ne m'avez pas toujours. En répandant ce parfum sur mon corps, elle l'a fait pour mon ensevelissement. Amen, je vous le dis, partout où cette bonne nouvelle sera proclamée, dans le monde entier, on racontera aussi, en mémoire de cette femme, ce qu'elle a fait.
Evangile selon Matthieu, 26,6ss.

Six jours avant la Pâque, Jésus vint à Béthanie, où était Lazare qu'il avait réveillé d'entre les morts. Là, on donna un dîner pour lui ; Marthe servait, et Lazare était l'un de ceux qui étaient à table avec lui.
Marie, donc, prit une livre d'un parfum de nard pur de grand prix, en répandit sur les pieds de Jésus et lui essuya les pieds avec ses cheveux ; la maison fut remplie de l'odeur du parfum. Un de ses disciples, Judas Iscariote, celui qui allait le livrer, dit alors : Pourquoi n'a-t-on pas vendu ce parfum trois cents deniers pour les donner aux pauvres ? Il disait cela, non parce qu'il avait le souci des pauvres, mais parce qu'il était voleur et que, tenant la bourse, il prenait ce qu'on y mettait. Mais Jésus dit : Laisse-la garder cela pour le jour de mon ensevelissement. Les pauvres, en effet, vous les avez toujours avec vous ; mais moi, vous ne m'avez pas toujours.

Evangile selon Jean, 12,1ss.

Un des pharisiens l'invita à manger avec lui. Il entra donc chez le pharisien et s'installa à table. Or une femme, une pécheresse de la ville, sut qu'il était à table chez le pharisien ; elle apporta un flacon d'albâtre plein de parfum et se tint derrière lui, à ses pieds. Elle pleurait et se mit à mouiller de ses larmes les pieds de Jésus ; elle les essuyait avec ses cheveux, les embrassait et répandait sur eux du parfum. En voyant cela, le pharisien qui l'avait invité se dit : Si cet homme était prophète, il saurait qui est la femme qui le touche et ce qu'elle est : une pécheresse.
Jésus lui dit : Simon, j'ai quelque chose à te dire. — Maître, parle, répondit-il. — Un créancier avait deux débiteurs ; l'un devait cinq cents deniers et l'autre cinquante. Comme ils n'avaient pas de quoi le rembourser, il leur fit grâce à tous les deux. Lequel des deux l'aimera le plus ? Simon répondit : Je suppose que c'est celui à qui il a fait grâce de la plus grosse somme. Il lui dit : Tu as bien jugé. Puis il se tourna vers la femme et dit à Simon : Tu vois cette femme ? Je suis entré chez toi, et tu ne m'as pas donné d'eau pour mes pieds ; mais elle, elle a mouillé mes pieds de ses larmes et les a essuyés avec ses cheveux. Tu ne m'as pas donné de baiser, mais elle, depuis que je suis entré, elle n'a pas cessé de m'embrasser les pieds. Tu n'as pas répandu d'huile sur ma tête ; mais elle, elle a répandu du parfum sur mes pieds. C'est pourquoi, je te le dis, ses nombreux péchés sont pardonnés, puisqu'elle a beaucoup aimé. Mais celui à qui l'on pardonne peu aime peu. Et il dit à la femme : Tes péchés sont pardonnés.
Ceux qui étaient à table avec lui commencèrent à se dire : Qui est-il, celui-ci, qui va jusqu'à pardonner les péchés ? Mais il dit à la femme : Ta foi t'a sauvée ; va en paix.

Evangile selon Luc, 7,36ss.

Texte(s) de circonstance, de "Semaine sainte" (bien que Luc, qui en modifie le plus profondément le contenu, le sépare de la Passion, non seulement par le déplacement mais encore par le changement de thème -- du rite funéraire proleptique au pardon-rémission des péchés; une certaine logique "économique" jouant néanmoins, différemment, dans les deux cas). L'exégète peut y suivre à la trace verbale l'évolution d'une "histoire" et de ses éléments narratifs et didactiques à travers les quatre évangiles (ce qui n'est pas si fréquent).
Ce qui frappe particulièrement dans cette unique "onction" du Christos (bien que le verbe khriô y soit systématiquement évité), ce sont ses résonances "païennes" (et "érotiques", surtout chez Luc d'ailleurs): outre l'anticipation du projet d'embaumement des "femmes" (Marc 16 et parallèles) interrompu par l'annonce de la résurrection, auquel s'ajoute le rappel, chez Matthieu, de l'offrande de myrrhe par les mages païens, comment ne pas songer à Dumuzi-Tammuz (cf. Ezéchiel 8,14), Baal-Adonis, Osiris, Attis, ces dieux chaque année mourants et vivants, pleurés, lavés et embaumés depuis la nuit des temps par les femmes, déesses et mortelles ? Les rites de deuil divins ou humains, toujours féminins, réprimés par la Torah ressurgissent, irrépressiblement. La folle dépense du cycle (écologique, économique, biologique, cosmique) de la mort et de la vie, "naturel" et "artificiel", "propre" et "figuré" se paie de larmes, d'élégies, de caresses et de tendresse féminines. L'ordre masculin du père, du fils, du logos et même de l'"esprit" en plus d'un sens du terme est à ce prix. La chair féminine en contresigne la facture, comme le "en mémoire d'elle" contrefait le "en mémoire de moi" du dîner eucharistique.
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free



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MessageSujet: Re: en mémoire d'elle, ou contre-signature   Mer 01 Avr 2015, 18:05

Citation :
Ce qui frappe particulièrement dans cette unique "onction" du Christos (bien que le verbe khriô y soit systématiquement évité), ce sont ses résonances "païennes" (et "érotiques", surtout chez Luc d'ailleurs

Une pécheresse qui s’approche et mouille de ses larmes les pieds de Jésus, qui dénoue ses cheveux pour les essuyer et ensuite les couvrent de baisers et y verse un parfum ... Voilà une vraie et rare scène érotique dont Jésus est un des protagoniste. Il me semble que ce récit de l'évangile de Luc soit le seul cas, ou l'on découvre une temme proximité entre Jésus et une femme.

 "Ta foi t'a sauvée ; va en paix" ... Luc à l'instar de Marc place la foi dans un contexte particulier, la femme
pécheresse ne professe pas sa foi et pourtant sa foi l'a sauvé.
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Narkissos



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MessageSujet: Re: en mémoire d'elle, ou contre-signature   Mer 01 Avr 2015, 20:16

Les "pieds" (de Jésus) et les "cheveux" (de Marie) [motifs hautement érotiques en effet dans beaucoup de cultures orientales jusqu'à nos jours, cf. l'obsession du hijab dans l'islam actuel, et les règles de "décence" encore beaucoup plus anciennes et répandues qui veulent, de l'Inde à l'Afrique, qu'une femme ne découvre et/ou ne détache sa chevelure que devant son mari; par ailleurs les "pieds" sont en hébreu un euphémisme assez fréquent pour le sexe -- n.b.: je ne suggère pas qu'il en soit ainsi dans ces textes grecs !] apparaissent également dans la version de Jean (déjà annoncés en 11,2, comme quoi la scène est marquante, avec encore un écho possible dans le célèbre noli me tangere, "ne me touche pas/plus", en 20,17, à comparer avec Matthieu 28,9, "elles lui saisirent les pieds"). Soit dit en passant, on peut aussi trouver des connotations érotiques au dialogue avec la Samaritaine au chapitre 4 de Jean, la rencontre au puits (fontaine, source) étant un topos du genre (Jacob, Moïse dans la Genèse et l'Exode): l'étonnement embarrassé des disciples à voir Jésus avec une femme souligne dans le texte l'ambiguïté de la situation.
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le chapelier toqué



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MessageSujet: Re: en mémoire d'elle, ou contre-signature   Mer 01 Avr 2015, 21:55

De nombreux biblistes ont eu un peu de mal quant à la proximité de Jésus et les femmes qu'il rencontre et avec lesquelles il s'entretient au cours de sa pérégrination et de ses prêches.

Certains ont voulu voir dans cette approche un Jésus fort intéressé par les femme,s d'autres (écrivains surtout) ont voulu y voir confirmation de la possibilité d'une union entre Jésus et une femme (particulièrement Marie-Madeleine).

Ce qui m'interpelle Very Happy c'est que le récit qui nous est rapporté par les 4 évangiles, se déroule pendant ce que nous appelons la semaine sainte selon Matthieu, Marc et Jean. Je voyais ce récit sous l'angle du pardon accordé par Jésus à la femme dite pécheresse et à la leçon laissée par ce maître acculé de toute part et prenant le temps de servir encore à ses disciples et à ses auditeurs un enseignement fort sur le pardon et le non jugement.

La relecture proposée par Narkissos et Free me comble de joie et de surprise. Merci à vous deux.
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Narkissos



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MessageSujet: Re: en mémoire d'elle, ou contre-signature   Jeu 02 Avr 2015, 00:22

le chapelier toqué a écrit:
Je voyais ce récit sous l'angle du pardon accordé par Jésus à la femme dite pécheresse et à la leçon laissée par ce maître acculé de toute part et prenant le temps de servir encore à ses disciples et à ses auditeurs un enseignement fort sur le pardon et le non jugement.

Comme indiqué plus haut, le seul (Luc) qui associe à cette scène (en l'érotisant par ailleurs au maximum) le thème du pardon-rémission la dissocie complètement du contexte de la Passion. Opportunément, l'hôte (dont le nom de Simon est conservé de Marc et Matthieu; dans Jean on serait plutôt chez Lazare) n'y est plus "le lépreux" mais "un pharisien", selon la caricature coutumière des évangiles qui fait passer les pharisiens pour des rigoristes. La (nouvelle) contextualisation lucanienne est thématiquement significative à sa manière, entre "Jésus ami des pécheurs" (7,34) et (si j'ose dire) "les femmes de Jésus" (8,1ss) -- dont une certaine Marie-Madeleine exorcisée de "sept démons". Chez Marc (hormis la conclusion longue, 16,9, qui reprend l'affirmation de Luc), Marie-Madeleine n'était nommée que dans le récit de la crucifixion (15,40.47; 16,1), sans être identifiée à la femme (anonyme) au parfum du chapitre 14. Bien entendu, toutes ces distinctions vont se perdre dans la tradition ultérieure, tout au profit du personnage de Marie-Madeleine qui se confondra dès lors et avec la pécheresse anonyme selon Luc et avec la femme anonyme de Béthanie selon Marc et Matthieu et avec la Marie sœur de Marthe et de Lazare, à Béthanie également, selon Jean. Si l'on discerne dans les traits "positifs" et "négatifs" attribués à Marie-Madeleine, figure de proue du christianisme "gnostique", un reflet des débats entre "gnostiques" et "ecclésiastiques", on a là un amusant retournement de situation, puisque la combinaison de l'élogieux et du diffamatoire aboutit à un personnage de plus en plus fascinant, par agrégation progressive de tout ce qui lui ressemble en "bien" ou en "mal".
[A propos de contextualisation, celle de "Jean" qui après la première conclusion du chapitre 12 (re-)commence sa seconde partie sur la scène où Jésus lave les pieds de ses disciples, n'est pas inintéressante non plus.]
[A toutes fins utiles, je signale que En mémoire d'elle est aussi le titre d'un ouvrage majeur de la théologie féministe du XXe siècle, d'Elizabeth Schüssler-Fiorenza (1983, 1986 en traduction française aux éditions du Cerf).]
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MessageSujet: Re: en mémoire d'elle, ou contre-signature   Jeu 02 Avr 2015, 10:53

Citation :
A toutes fins utiles, je signale que En mémoire d'elle est aussi le titre d'un ouvrage majeur de la théologie féministe du XXe siècle, d'Elizabeth Schüssler-Fiorenza (1983, 1986 en traduction française aux éditions du Cerf).]

"Amen, je vous le dis, partout où cette bonne nouvelle sera proclamée, dans le monde entier, on racontera aussi, en mémoire de cette femme, ce qu'elle a fait"

Qu 'y a t-il d'exceptionnel dans le fait d'embaumer un cadavre même^par anticipation ?
Pourquoi amplifier cet acte (partout ..  en mémoire) ?
Cette interrogation est d'autant plus forte que l'éavngile de Matthieu n'attribue pas un nom à cette femme anonyme.
Aucun écrit chrétien de l'époque ne se réfère à ce récit (à ma connaissance), la prédication de chrétien ne comporte pas de mention à ce fait.
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Narkissos



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MessageSujet: Re: en mémoire d'elle, ou contre-signature   Jeu 02 Avr 2015, 11:46

free a écrit:
Qu 'y a t-il d'exceptionnel dans le fait d'embaumer un cadavre même^par anticipation ?
Pourquoi amplifier cet acte (partout ..  en mémoire) ?
Sans les résonances mythiques du geste (cf. le rôle de la divinité féminine, mère et/ou parèdre, dans les mythes de dieux mourants et bien-aimés, Inanna-Ishtar pour Dumuzi-Tammuz, Myrrha-Smyrna et Aphrodite pour Adonis, Ashéra, Anat et Astarté pour Baal, Isis pour Osiris, Cybèle pour Attis, etc., rôle divin que le rôle humain des femmes re-présente dans le rite), la chose paraît en effet incompréhensible, ou incompréhensiblement disproportionnée.  
Citation :
Aucun écrit chrétien de l'époque ne se réfère à ce récit (à ma connaissance), la prédication de chrétien ne comporte pas de mention à ce fait.
Les quatre "évangiles" (= "bonne nouvelle") écrits le font ! -- même Luc qui fait tout ce qu'il peut pour l'éviter, puisque c'est bien à partir de cette "mémoire d'elle" qu'il dresse en fin de compte le portrait d'une autre.
A coup sûr, la logique "mythique" du récit n'apparaît plus clairement dans ces textes (pas même chez Marc où elle est cependant le moins dissimulée), mais ils en conservent tous une trace, indélébile quoique ambiguë. Quant à savoir exactement de quoi cette trace -- de quel(s) rôle(s) féminin(s) dans les diverses versions du "mystère de salut" proto-chrétien -- on ne pourra jamais que tenter de le deviner par conjecture et par analogie. Cf., outre les mythes "païens" évoqués précédemment, le rôle que jouent dans les textes "apocryphes", "gnostiques" ou autres, Marie-Madeleine ou Salomé, la Sagesse-Sophia et les diverses émanations féminines de la supra-divinité gnostique, l'Eve primordiale, l'Esprit au féminin dans les textes d'influence sémitique; et les caricatures qu'en font leurs adversaires, comme les descriptions de Simon le Mage et d'Hélène (aussi présentée comme une ex-prostituée), le couple supposé à l'origine des hérésies "gnostiques" (dont il subsiste peut-être une trace déformée en Actes 8: la puissance appelée "la Grande", Mégalè, qui n'est pas sans rappeler Magdalènè, dont la racine sémitique gdl évoque aussi la grandeur). "Derrière les textes", l'inextricable.
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MessageSujet: Re: en mémoire d'elle, ou contre-signature   Ven 03 Avr 2015, 12:28

Jesus of Nazareth de Farnco Zeffirelli -  Marie-Madeleine


https://www.youtube.com/watch?v=vN5EgiVky4E
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Narkissos



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MessageSujet: Re: en mémoire d'elle, ou contre-signature   Ven 03 Avr 2015, 13:33

Comme film "évangélique", j'aime vraiment beaucoup celui-ci, fidèle à la lettre du texte (de Matthieu), d'une sobriété et d'une sensibilité époustouflantes:
https://www.youtube.com/watch?v=pbCQNR5N9oY (l'épisode de la femme au parfum, ni "Marie" ni "Madeleine" ni "pécheresse" donc, à 1 h 38' et des poussières; cela dit il mérite d'être vu en entier -- en italien et sans sous-titres ici, mais les paroles sont toutes connues).

Pour revenir à Marc, j'ai oublié de relever un autre (et au moins double) trait d'union remarquable entre la scène de "l'onction" (toujours associée à un repas) et la Cène, que rapprochent déjà (en général, pas chez Marc où elle n'est pas reprise, mais elle est connue depuis 1 Corinthiens 11) la formule "en mémoire de" (elle/moi): le vase est brisé (seulement chez Marc) et le parfum répandu, (comme) le pain est rompu (autre verbe) et le sang répandu (verbe apparenté). -- Pour ce qui est d'un corps brisé-rompu, on pourra chercher une correspondance dans les récits de la Passion, on n'en trouvera qu'une dénégation chez Jean (19,31ss, avec cette fois le même verbe que pour le vase chez Marc); par contre, dans la mythologie générale, pléthore de dieux démembrés-rassemblés (Osiris, Dionysos, etc.). Forêt obscure, inextricable disais-je, mais bruissante derrière les textes... je suis tombé ce matin, dans une nécrologie du cinéaste Manoel de Oliveira par Jacques Mandelbaum (Le Monde), sur cette formule (de Oliveira) qui m'a laissé bouche bée, et qui bien que parlant de tout autre chose se rapporte parfaitement à notre sujet: "Une saturation de signes magnifiques baignant dans la lumière de leur absence d’explication."
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MessageSujet: Re: en mémoire d'elle, ou contre-signature   Ven 03 Avr 2015, 15:18

Narkissos a écrit:
Comme film "évangélique", j'aime vraiment beaucoup celui-ci, fidèle à la lettre du texte (de Matthieu), d'une sobriété et d'une sensibilité époustouflantes:
https://www.youtube.com/watch?v=pbCQNR5N9oY (l'épisode de la femme au parfum, ni "Marie" ni "Madeleine" ni "pécheresse" donc, à 1 h 38' et des poussières; cela dit il mérite d'être vu en entier -- en italien et sans sous-titres ici, mais les paroles sont toutes connues).

Marc et Matthieu relatent "l'onction" de la tête (ce propose ce film d'une grande sobriété) et Luc et Jean des pieds Shocked
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MessageSujet: Re: en mémoire d'elle, ou contre-signature   Aujourd'hui à 15:52

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