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 quiétisme apocalyptique, ou de l'urgence de ne rien faire

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Narkissos



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MessageSujet: quiétisme apocalyptique, ou de l'urgence de ne rien faire   Dim 03 Mai 2015, 15:50

J'ai entendu, et mon ventre frémit.
A ce bruit
(ou: cette voix) mes lèvres tremblent (ou: balbutient),
le mal (ou: la carie, la pourriture) pénètre mes os,
et sans bouger
(ou: à ma place) je frémis, parce que (litt. que, texte massorétique; ou bien: sous moi mes pas chancellent, correction conjecturale)
je vais (ou dois) me reposer au (ou: en vue du) jour de la détresse,
quand notre assaillant attaquera le peuple
(ou: qui montera sur le peuple qui nous assaille).
-- Car le figuier ne fleurira pas ;
pas de vendange dans les vignes ;
la production de l'olivier sera décevante,
les champs ne donneront pas de nourriture,
le petit bétail disparaîtra de l'enclos ;
pas de gros bétail dans les étables.
Et
(ou: mais) moi, j'exulterai en (ou: par) Yahvé,
j'aurai ma joie dans
(ou: par) le Dieu de mon salut.
Yahvé, (mon) Seigneur, est ma force :
il rend(ra) mes pieds pareils à ceux des biches
et il me fait (fera) marcher sur les hauteurs.

(Habaqquq 3,16ss).

Bien que passablement décousu (mal cousu, cousu de fil blanc, ou pas cousu du tout), le petit livre d'Habaqquq comporte pas mal de morceaux mémorables, dont celui-ci qui reste lié dans mon souvenir -- et sans doute celui de nombreux (ex-)TdJ de longue date -- à l'usage partiel et équivoque qu'avait fait la Watchtower d'un de ses extraits (approximativement sous la forme "même si le figuier ne fleurit pas... j'exulterai en Jéhovah") pour son "texte de l'année" 1974, autant dire à la veille de la fin du monde. Je le "vois" encore affiché dans cette petite Salle du Royaume où j'étais un adolescent très "partagé", et je me souviens que les uns l'interprétaient comme une annonce prophétique des difficultés matérielles à venir d'ici la "grande tribulation" imminente (c'était aussi le "choc pétrolier" et la fin des "trente glorieuses", il y avait eu quelques mouvements de panique dans les supermarchés et mon père avait rempli un débarras de farine, de sucre et d'autres denrées prétendument non périssables qui ont fait au cours des mois suivants le bonheur des charançons), alors que d'autres (dont mon père, paradoxalement) y voyaient plutôt un discret appel à la prudence devant les emballements apocalyptiques, et comme l'anticipation d'une déception probable.

Anecdote jéhoviste à part, cette conclusion du "psaume" d'Habaqquq (chap. 3, lequel consiste pour l'essentiel dans une description de "théophanie" ou manifestation divine, avec tout ce que ce "genre" déchaîne d'images cosmiques et cosmogoniques violentes, la puissance "créatrice" étant également destructrice, cf. Exode 15, Deutéronome 33, Juges 5 etc.; description teintée cependant de nostalgie et d'impatience: pourquoi Yahvé n'intervient-il pas maintenant comme il le faisait jadis, dans l'"actualité" comme dans l'"histoire" [sainte], v. 2; cf. 1,2ss; 2,1ss et Isaïe 64--65) me touche surtout par ce que je serais tenté d'appeler son "repli mystique", voire "quiétiste", au summum de l'inquiétude. Dans la catastrophe redoutée et espérée comme dans son attente prolongée ou déçue, c'est le repos (de cette racine nwh qui donne aussi "Noé"; cf. Isaïe 30,15ss) qui paraît d'abord le plus troublant, le plus insupportable -- jusqu'à ce qu'il se mue, à l'encontre de toute réalité extérieure, en "joie en Yahvé" qui de l'intériorité la plus suspecte promet les grands espaces. C'est le mal prescrit comme remède, ou plutôt décidé, hors de toute justification raisonnable, par une "foi" qui est aussi "fidélité" envers et contre tout (cf. 2,4), dût-elle n'être fidèle -- ne tenir, au sens de l'hébreu 'mn -- qu'à un nom, de dieu et de lieu inséparablement.
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VANVDA



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MessageSujet: Re: quiétisme apocalyptique, ou de l'urgence de ne rien faire   Dim 03 Mai 2015, 16:34

Souvenir perso, à mon tour:
Isaïe 30,15 fut pendant quelques temps MON verset. C'était du du temps de mon jéhovisme douloureux, c.à.d. quand je me suis retrouvé basculé brutalement dans l'âge adulte, et que la religion ne pouvait plus être (qu') une "affaire de famille", mais devint un choix "personnel" à faire, puisqu'à ce moment de ma vie il aurait été beaucoup plus "facile" pour moi de partir que de rester. (Et bizarrement, je suis finalement parti à un autre moment de ma vie où il pouvait pourtant sembler infiniment plus facile de rester... comme quoi tout ça ne veut pas dire grand chose!)
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Narkissos



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MessageSujet: Re: quiétisme apocalyptique, ou de l'urgence de ne rien faire   Dim 03 Mai 2015, 18:55

[Ravi de te lire à nouveau, VANVDA ! Smile

J'eus aussi, un peu après et assez longtemps, "mon" verset, Psaume 86,11, surtout pour la phrase "unifie mon cœur pour craindre ton nom" (TMN, de mémoire), en rapport évidemment avec le mot "partagé" ci-dessus, dès lors que j'eus "décidé" (d'essayer) de résoudre le partage avec "Dieu" plutôt que sans -- puisque c'est en ces termes qu'alors la question se posait à moi.]

Cycle "énervant", aussi au sens désuet de "débilitant", qui veut que le retour à la "source" (de la joie, de la liberté, de la vie, de la puissance, de l'authenticité, etc.) associée à une certaine intériorité ("en Dieu", "en Christ", "en soi") passe par la perte de tout ce qui paraît lui correspondre et se donne même pour en procéder à "l'extérieur" -- ou, selon une perspective plus "matérialiste", pour la conditionner de l'extérieur (bonheur, santé, prospérité, etc.). Il s'inscrit sur le plan de l'histoire collective (défaites, destructions, exils, captivités, fléaux, persécutions) ou individuelle (petits et grands malheurs) comme sur celui du mythe (destruction et re-création, passion et résurrection) que le rite ou la discipline ascétique, pour ne rien dire de la "doctrine", peuvent mimer, représenter ou signifier tant qu'ils veulent mais en aucun cas reproduire ni remplacer. L'"expérience spirituelle" ne fait pas l'économie de la souffrance réelle, de ce qu'elle a précisément de "souffert", de "subi" ou de "pâti", même lorsqu'on s'imagine l'avoir "choisie" (de l'essentielle passivité de la passion, cf. http://oudenologia.over-blog.com/article-pathophobie-115325962.html ). D'où peut-être sa proximité, à première vue surprenante, avec le thème du repos (shabbat, etc.).

P.S. Je rappelle Isaïe 30,15ss, qui a sur Habaqquq l'avantage d'un certain humour:
Car ainsi parle le Seigneur, Yahvé, le Saint d'Israël:
C'est par le retour et le repos que vous ser(i)ez sauvés,
C'est dans la tranquillité et la confiance que sera(it) votre force.
Mais vous n(e l)'avez pas voulu !
Vous avez dit:
Nous fuirons plutôt à cheval ! -- c'est pourquoi vous fuirez, en effet.
Nous aurons des coursiers (chars) rapides ! -- c'est pourquoi vos poursuivants seront rapides.
Mille fuiront comme un seul homme lorsqu'un seul les rabrouera,
et quand cinq vous rabroueront, vous fuirez (tous),
jusqu'à ce que vous restiez comme un mât au sommet d'une montagne,
ou comme une bannière sur une colline.
Voilà pourquoi Yahvé attend pour vous faire grâce...  


On songera, dans le désordre, aux victoires sans combat qu'affectionnent les Chroniques (p. ex. 2 Chroniques 20,17), à Jonas ou Jésus dormant dans la tempête, au début du psaume 127, ou à telle parabole de Marc.
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