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 cliniques

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Narkissos

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MessageSujet: cliniques   Dim 22 Mai 2016, 14:55

Comme il était à table chez lui (Lévi, cf. v. 14 ? Jésus, cf. v. 1 ?), beaucoup de collecteurs des taxes et de pécheurs avaient pris place avec Jésus et ses disciples, car ils étaient nombreux à le suivre. Les scribes des pharisiens, le voyant manger avec les collecteurs des taxes et les pécheurs, disaient à ses disciples: "Pourquoi mange-t-il avec les collecteurs des taxes et les pécheurs ?" Jésus, qui avait entendu, leur dit: "Ce ne sont pas les bien portants qui ont besoin de médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs."
Marc 2,15ss.

C'est, on s'en sera douté, un de mes thèmes favoris (de ceux qu'on appelle aussi dadas) qui me ramène à ce texte: le christianisme comme pathologie assumée. Sans doute est-il (le thème) plus explicite -- diagnostic similaire sous des prescriptions diamétralement opposées -- chez Dostoïevski ou Nietzsche que dans l'évangile. Ici même, la référence "médicale" n'intervient à première vue, sous une forme quasi proverbiale, qu'à titre de comparaison accessoire, d'illustration du "vrai sujet", qui ne serait pas la maladie ni la santé mais le "péché" -- en particulier tel que celui-ci se présente dans le débat différé entre ses conceptions pharisienne (la place des "collecteurs des taxes" ne se comprend guère qu'en fonction des stéréotypes de ce milieu, dont la littérature rabbinique ultérieure fournit d'abondants exemples*) et (proto-)chrétiennes. En toile de fond, bien sûr, le problème plus vaste du rapport à la "Loi" et à cette "frontière judéo-païenne" en train de devenir principalement "judéo-chrétienne", au prix de multiples déplacements de part et d'autre.

A sa lecture, une remarque s'impose, à la fois évidente et nécessaire après bientôt 2000 ans de christianisme entendu comme "religion universelle" par destination, sinon par usage: "Jésus" dit que sa place est auprès des "pécheurs" comme celle du médecin (iatros) auprès des malades. Il ne dit pas, comme le Dr. Knock, que les bien portants sont des malades qui s'ignorent -- autrement dit, que les "justes" seraient de faux justes et de vrais pécheurs, encore plus pécheurs que les autres de ne pas se reconnaître, eux, comme tels. Or cela, un christianisme à vocation universelle ne pourra s'empêcher de le dire et de le penser (notamment par la doctrine du péché universel, puis originel); perdant de vue par la même occasion sa "pathologie" spécifique, la reniant même en dépit de toutes ses "confessions" qui ne seront plus, désormais, que celles du péché de tous, voire: des autres plus que de soi (car "nous", on en est guéris, ou du moins on se soigne)**.

"Etre chrétien", de ce point de vue, ce serait avant tout se reconnaître atteint d'un mal non pas universel et méconnu (ce qui reviendrait, sous l'apparente humilité de la confession, à une prétention de lucidité supérieure, quand ce ne serait pas de guérison accomplie), mais très particulier au contraire. Confession beaucoup moins glorieuse d'un défaut, d'un manque, d'une carence, d'une infirmité, d'une souffrance (d'un pathos; cf. les "Béatitudes", dont toutes les promesses se résument ici à la seule présence de Jésus médecin) appelant "soins" et "traitement", sinon "guérison". Faute de quoi le patient se double inévitablement d'un médecin autoproclamé, au risque de contaminer les autres de son mal et de les empoisonner de sa panacée.

---
* Accessoirement par rapport à mon idée initiale, mais non par rapport au texte, ces "collecteurs des taxes" ("publicains", "péagers", telônès en grec) qui intriguent toujours les lecteurs des évangiles méritent commentaire. Souvent associés aux "prostituées" -- terme susceptible d'un usage à peu près aussi lâche, et toujours aussi méprisant, que celui de "pute" dans nos banlieues -- ils constituent bien au départ une "catégorie socio-professionnelle", celui des percepteurs d'impôts surtout indirects, notamment sur les transports de marchandises (d'où les "péages", comme ce telônion où Jésus, en passant, appelle Lévi, v. 14), pour le compte de l'administration romaine, des cités franches ou des souverains locaux (comme les Hérode en Palestine) qui dépendent plus ou moins étroitement de celle-ci. Pour le judaïsme, en particulier pharisien, ce sont des "pécheurs" exemplaires à plusieurs titres: "collaborateurs" de l'occupant, voire "traîtres" d'un point de vue "nationaliste", rituellement impurs par leur contact régulier avec des "païens", "voleurs" parce que, non rémunérés, ils ne peuvent vivre qu'en prélevant davantage que les pourcentages officiels intégralement reversés à qui de droit, "extorqueurs" et "chicaneurs" parce que tenus responsables de toute fraude par ceux à qui ils rendent compte, ils occupent une "niche" économique viable et souvent rentable, mais socialement inconfortable (ce ne sont pas des "pauvres", puisqu'ils ont le plus souvent acheté leur charge, mais ce ne sont généralement pas non plus des "très riches" -- le Zacchée de Luc 19,1s, en tant que "chef" ou patron d'une société de collecteurs des taxes, arkhitelônès, est une exception -- et jamais des "notables"; même hors du judaïsme ils ne font habituellement pas partie de la "bonne société" gréco-romaine). Le pharisaïsme qui "laïcise" le rituel en le transférant du temple au cadre de la vie domestique et communautaire locale (et en annulant pratiquement la différence entre "prêtre" et "laïc") leur est encore plus hostile que l'aristocratie sacerdotale: un "publicain" pouvait encore, comme n'importe quel juif, aller prier et sacrifier anonymement au temple (cf. Luc 18), dans une synagogue locale il est "grillé" d'office (c'est le cas de le dire). Pain bénit, si l'on ose dire, pour les proto-christianismes qui tendent, eux, à abolir la frontière entre "juif" et "païen" et à redistribuer les cartes religieuses, rituelles et morales.

**Noter, déjà, les modifications du logion de Marc 2,17 dans ses "parallèles" synoptiques:
- entre la maxime "médicale" et son application aux "pécheurs", Matthieu 9,13 insère (comme en 12,7) la citation d'Osée 6,6: "Je veux la compassion-miséricorde-pitié, eleos, et non le sacrifice";
- à la fin, Luc 5,32 précise: "je suis venu appeler non les justes, mais les pécheurs, à la repentance (ou: au changement, metanoia)".
Par la cause ou la motivation (condescendante) d'une part, par l'intention ou la finalité (moralisante) de l'autre, une certaine distance s'insinue entre (le groupe de) "Jésus" et "les pécheurs".
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le chapelier toqué

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MessageSujet: Re: cliniques   Dim 22 Mai 2016, 23:28

J'aime bien cette idée de maladie que l'on se reconnaît et que l'on tente de guérir tout en étant persuadé que l'on n'y arrivera pas tout seul...
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Narkissos

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MessageSujet: Re: cliniques   Lun 23 Mai 2016, 03:02

On peut aussi se demander, dans ce cas, ce que ce serait, guérir: devenir comme ces bien portants qui n'ont pas besoin de médecin ?

Comme souvent, il se pourrait que le médecin soigne plus qu'il ne guérit...

---
A la réflexion, il faut peut-être que j'explique (et que je m'explique en même temps) mon titre: cliniques.
Le mot renvoie au "lit" (klinè) des malades; l'examen "clinique" étant, étymologiquement, celui qui se pratique au chevet d'un alité.
Mais ici, le "médecin" est convoqué dans une scène de repas où les convives (Jésus compris, à la place ambiguë de l'hôte, host ou guest, mais alors guest star) sont étendus (katakeimai, sunanakeimai, v. 15), à la romaine. Cette image en évoque beaucoup d'autres au familier de la Bible: celles du joyeux banquet messianique, ou plutôt eschatologique, issue des livres prophétiques (à la fin de l'histoire, on mange, on boit, on s'amuse -- enfin), de la Cène évangélique et de ses répliques dans les multiplications des pains et l'eucharistie chrétienne, avec les problèmes religieux et rituels de "commensalité" inséparables de celle-ci (on ne fait pas "table [mensa] commune", on ne mange pas avec n'importe qui, v. 16; cf. Galates 2). Le rapprochement de toutes ces "couches" (et d'autres encore, quand s'y joindront des "prostituées" ou autres "pécheresses") est hautement significatif, et provocant (cf. encore v. 25s; 7,27ss; Matthieu 8,11//; 11,19//; Luc 7,36ss; 11,37ss; 15,2ss; 22,30 etc.).
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free



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MessageSujet: Re: cliniques   Mar 24 Mai 2016, 15:47

Citation :
A sa lecture, une remarque s'impose, à la fois évidente et nécessaire après bientôt 2000 ans de christianisme entendu comme "religion universelle" par destination, sinon par usage: "Jésus" dit que sa place est auprès des "pécheurs" comme celle du médecin (iatros) auprès des malades.

Le texte de Marc soulgne que Jésus est venu pour appeler des hommes pécheurs, sans sous-entendre une quelconque supériorité des "pécheurs" sur les "justes" ou que les "pécheurs" ont une conscience plus aigue de leur état, non, il est juste précisé que Jésus est venu appler ces hommes. Jésus a-t-il exclu les "justes" de son appel ?
Cet appel concerne-t-il la guérison du péché ?
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Narkissos

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MessageSujet: Re: cliniques   Mar 24 Mai 2016, 17:46

free a écrit:
Jésus a-t-il exclu les "justes" de son appel ?

C'est au moins ce qu'"il" dit, formellement, ici !

Mais cela n'implique en soi (toujours formellement et ici) ni condamnation des justes, ni soupçon sur leur justice. Simplement, ce n'est pas son affaire, à lui: les justes ne sont pas, si je puis dire, sa clientèle ou son public, ce n'est pas à eux qu'il s'adresse.

Evidemment, cela n'est plus pensable dès lors qu'on considère Jésus comme un sauveur (ou médecin) universel (pas forcément au sens où il sauverait tout le monde, mais où nul ne serait sauvé sans lui -- où tout le monde aurait besoin de lui). Il faut alors mettre les "justes" entre guillemets et leur justice en question (ainsi régulièrement chez Luc, 11,42; 16,15; 18,9ss; 20,20).

Citation :
Cet appel concerne-t-il la guérison du péché ?

C'est à peu près, me semble-t-il, la question que je posais ci-dessus (23.5), en réponse (!) au chapelier toqué.

Le texte ne parle pas de guérison. Il ne s'agit pas de faire des pécheurs des justes (de transformer les pécheurs en justes). Ça, ce sera très clairement -- et très radicalement -- le programme de Matthieu (5,6.10.20; 6.1.33; 12,18.20 etc.). Luc, en insistant sur la repentance-conversion, suggère de façon plus floue un rejet ou un écart (au moins affectif) du "péché" rendant possible une "justification" du pécheur, par grâce: cf. spécialement 18,10ss, lointain écho de la théorie paulinienne de Romains et Galates qui constitue en revanche un vrai "système" de justification du pécheur par la mort et la résurrection du Christ; Luc retient le mot de "justification", pas le système paulinien, puisque le pécheur (encore un collecteur des taxes) est chez lui "justifié" en vertu de sa seule repentance (notion très accessoire chez Paul); pour Luc, la "justification" ne signifie rien de plus que la rémission ou le pardon des péchés (notion quasiment absente du corpus paulinien jusqu'à l'épître aux Ephésiens); à noter que chez lui (Luc), les collecteurs des taxes ne sont pas invités à changer de métier, mais à l'exercer aussi honnêtement que possible (3,12s; 7,29; 15,1ss; 19,2ss).

Il y a beaucoup de points communs entre Marc et Paul, notamment une dévalorisation certaine de la Loi. Mais il ne faut pas pour autant projeter le système paulinien sur le texte de Marc. Celui-ci ne dit que ce qu'il dit: Jésus est là pour les pécheurs, ceux qui n'ont aucune chance avec la "justice" pharisienne et dont celle-ci se désintéresse.

Il n'est pas inintéressant que le christianisme primitif se soit pensé, entre autres, comme une "religion du pauvre" (et pas essentiellement au sens propre ou économique du terme: les "collecteurs des taxes", les "prostituées", les "païens" ne l'étaient généralement pas dans ce sens-là). Comme un moyen pour Dieu de s'adresser à des catégories délaissées par les "voies" plus traditionnelles, afin de les "sauver" elles aussi, sans préjudice du "salut" des "justes" par leur "justice". L'islam, à ses débuts, s'est aussi pensé de façon similaire (un monothéisme simple, "brut" ou "basique", pour des peuples -- les Arabes d'abord -- qui n'étaient ni "juifs", ni "chrétiens", et qui n'avaient pas -- encore -- de Livre). Mais ce genre d'auto-compréhension modeste ne survit pas longtemps, et surtout pas au succès historique.

---
En rapport avec la question de la "guérison", qui prolonge naturellement la comparaison médicale, il faut peut-être rappeler qu'un des traits hautement caractéristiques du récit de Marc est l'instantanéité: le texte use et abuse du présent narratif, de l'imparfait aussi qui, avec le même "aspect" verbal ("inaccompli"), place le lecteur ou auditeur dans le moment ou dans le cours de l'action ou de la situation (on y est, comme si on y était), il est par ailleurs truffé d'adverbes du genre "aussitôt, immédiatement". L'"appel" du collecteur des taxes Lévi auquel est accroché notre passage (v. 14) est écrit à l'aoriste (à peu près l'équivalent de notre passé simple, d'action ponctuelle et instantanée aussi), à l'exception du verbe de parole (il lui dit) au présent (indiscernable du passé simple en français !). Mais surtout, comme pour presque toutes les "vocations" de disciples (1,16ss; 3,13ss; 6,7ss; 10,28ss.49ss), l'action et ses enchaînements sont instantanés: Jésus passe, le voit, l'appelle, l'autre lâche tout et le suit, tout de suite, sur-le-champ. Les questions de la durée, qui vont devenir importantes dans les autres évangiles (comment va-t-il vivre ? va-t-il rejoindre une communauté marginale, mais viable, en quête de justice parfaite, comme chez Matthieu, ou exercer ensuite son métier autrement, en essayant à l'avenir de corriger les fautes passées, comme chez Luc ?) ne se posent absolument pas. Ça vaut aussi pour la scène du banquet avec ses résonances eschatologiques ou eucharistiques: tout est accompli dans le moment présent, le passé et l'avenir des personnages ne comptent plus; à vrai dire, dans le texte, ils n'existent pas. De ce point de vue, si "guérison" il y a, elle est dans l'instant même (les guérisons "proprement dites", d'ailleurs, sont aussi instantanées).
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MessageSujet: Re: cliniques   Mer 25 Mai 2016, 17:37

Citation :
Mais cela n'implique en soi (toujours formellement et ici) ni condamnation des justes, ni soupçon sur leur justice. Simplement, ce n'est pas son affaire, à lui: les justes ne sont pas, si je puis dire, sa clientèle ou son public, ce n'est pas à eux qu'il s'adresse.

Ce qui me surprend dans ce texte et loin des condamnations de l'évangile de Matthieu par exemple, c'est que le Jésus de Marc 2, ne semble pas disqualifier Les scribes et les pharisiens, du statut de "juste". Comme tu l'indiques, ce Jésus, ne fait pas des scribes et des pharisiens, sa "cible", il reconnait leur justice et s'en sert pour dire que justement, ils n'ont pas besion de lui, en toutcas, dans l'immédiat.
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Narkissos

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MessageSujet: Re: cliniques   Mer 25 Mai 2016, 23:49

Je pousse sans doute tes deux derniers mots ("dans l'immédiat") au-delà du sens que tu leur donnes: le Jésus de Marc, c'est précisément Dieu (l'esprit, le divin) dans l'immédiat.

Pour mémoire, le "message" programmatique de (ce) Jésus, soit "la bonne nouvelle (l'évangile) de Dieu", c'est: "Le temps est accompli et le règne (ou: le royaume) de Dieu s'est approché. Repentez-vous (ou: changez) et croyez (ou: ayez foi, confiance) dans la bonne nouvelle." (1,14s.)

Où il faudrait pe(n)ser chaque terme:
- le temps, kairos, ce n'est pas le temps théorique ou le temps en général (khronos), présumé indifférent à son "contenu": c'est un temps qualifié, le temps de (faire) quelque chose; la "saison", le "moment", l'"instant" à saisir et à ne pas laisser passer;
- il est accompli, rempli (peplèrotai), mûr comme un fruit à cueillir ou une récolte à engranger;
- ce verbe et le suivant (le règne de Dieu s'est approché) sont au "parfait" de l'action achevée: c'est fait, c'est arrivé, il n'y a plus rien à attendre;
- "s'approcher" s'entend en outre dans un sens "spatial" tout autant (voire davantage) que "temporel": le "règne" ou le "royaume de Dieu" est , toute distance, toute médiation entre Dieu et les hommes est abolie, n'a plus lieu d'être;
- la nouvelle ou l'annonce est bonne, heureuse (le eu- d'eu-aggelion); en dépit de ses effets troublants, inquiétants, menaçants, univoque au fond dans un bon sens, sans réserve ni condition;
- il suffit d'y croire et d'entrer dans le jeu ou dans la danse (croyez dans la bonne nouvelle), maintenant, en rompant avec toute attache du passé (la repentance ou changement d'attitude, metanoia) et toute spéculation sur l'avenir (puisqu'il n'y a plus rien à en attendre qui ne soit déjà là).

Cela met en perspective toute la suite: Jésus appelle ceux qui sont prêts à le suivre, instantanément; ceux-là, ce ne sont pas les "justes" qui vivent et construisent patiemment leur "justice" dans la durée, par un calcul fondé sur la distance de Dieu et la médiation de sa Loi, en fonction d'un jugement, de récompenses et de châtiments futurs. "Les premiers seront les derniers et les derniers premiers", c'est d'abord chez Marc (10,31), et déjà renversable à loisir (le contexte concerne ceux qui ont -- déjà au passé -- tout quitté pour suivre Jésus, et la formule les menacerait tout autant que les "pharisiens" si eux-mêmes considéraient cela comme un investissement ou un capital acquis). Mais les "derniers", s'ils sont humiliés par le fait qu'ils ne sont plus "premiers", que ceux qu'ils tenaient pour "derniers" les ont précédés, leur sont "passés devant", ne sont pas nécessairement exclus pour autant.

[Sur les problèmes que pose, à mon sens, ce type d'appel -- et de réduction -- au présent, voir ici.]
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