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 Jean 1,18

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Narkissos

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MessageSujet: Jean 1,18   Dim 03 Juil 2016, 20:56

Un post récent du blog (de) "Marie-Madeleine" (ici Paraclet) m'a fait relire ce verset qui conclut le Prologue (dont je rappelle qu'il est souvent considéré par l'analyse littéraire comme un ajout tardif au quatrième évangile, d'une pièce poétique indépendante, avec des commentaires et des digressions en prose intercalés comme en contrepoint, notamment sur Jean[-Baptiste]).

On y rencontre avant tout, c'est assez bien connu, un problème "textuel", puisqu'il faut choisir entre les leçons suivantes:
- theon oudeis eôraken pôpote: monogenès theos ho ôn eis ton kolpon tou patros ekeinos exègèsato (leçon retenue par Nestle-Aland, d'après le papyrus P66 etc.)
- theon oudeis eôraken pôpote: ho monogenès theos ho ôn eis ton kolpon tou patros ekeinos exègèsato (ajout de l'article, LE dieu "monogène", d'après un autre papyrus, P75, etc.)
- theon oudeis eôraken pôpote: ho monogenès huios ho ôn eis ton kolpon tou patros ekeinos exègèsato (avec "fils" à la place de "dieu", d'après l'Alexandrinus etc.)
- theon oudeis eôraken pôpote ei mè ho monogenès huios ho ôn eis ton kolpon tou patros ekeinos exègèsato (autre syntaxe, "sinon [ou si ce n'est] le fils monogène", codex de Washington etc.)
- theon oudeis eôraken pôpote ei mè ho monogenès huios  theou ho ôn eis ton kolpon tou patros ekeinos exègèsato (idem, + "de Dieu" d'après une traduction latine d'Irénée.)
- theon oudeis eôraken pôpote ei mè ho monogenès huios ho ôn eis ton kolpon tou patros ekeinos exègèsato hèmin (+ "à nous", d'après le codex de Washington).
(Metzger signale en outre, sans référence, une leçon "faiblement attestée" avec monogenès seul, sans theos ni huios. L'apparat critique de Nestle-Aland indique la conjecture -- sans appui textuel -- de Burney: monogenès theou, au génitif, "un monogène de d/Dieu").

Si l'on retient le premier texte, ce qui me paraît raisonnable (on pourra toujours discuter du pourquoi si ça intéresse quelqu'un), le problème de traduction ne fait que commencer: d'abord, en fonction de l'interprétation de la syntaxe de (l'absence de) l'article en grec et de l'usage de la majuscule à "Dieu" en français. En réservant pour la fin la traduction du dernier mot, on peut déjà hésiter entre:
"Dieu, personne ne l'a jamais vu; le Dieu (fils-)unique, celui qui est dans (sur, contre, cf. v. 1, avec une autre préposition, pros) le sein du Père, c'est celui-là qui a..."
ou:
"De dieu, personne n'en a jamais vu; un dieu (fils-)unique, qui est dans (etc.) le sein du Père, c'est celui-là qui a..."

Passons (pour le moment) sur monogenès, dont nous avons déjà dû discuter ailleurs: à la lettre c'est "unique en son genre" et non "unique-engendré" (de gi(g)nomai et non de gennaô). Mais le sens spécialisé d'"enfant unique" (fils ou fille) est très présent dans la littérature "biblique", de la fille de Jephté (dans la Septante de Juges 11,34; cf. Tobit 3,15; 6,11; 8,17, LXX et Théodotion; Psaumes de Salomon 18,4, en parallèle avec prototokos, "premier-né", et appliqué à Israël) aux récits de miracle évangéliques (Luc 7,12; 8,42; 9,38; cf. aussi Hébreux 11,17). A noter quand même que monogenès traduit aussi l'emploi particulier de l'hébreu yahida, "l'unique" au féminin, comme synonyme poétique de "l'âme", npš (p. ex. Psaume 21,21 LXX = 22,21 TM; 34/5,17); ou, négativement, le "solitaire" ou l'"isolé" (Psaume 24/5,16, cf. en bonne part le monakhos de Thomas); et encore "l'Esprit" unique (quoique divers) de la Sagesse (Sagesse 7,22).

(On peut aussi discuter la fonction et la relation précises des nominatifs enchaînés: substantif, adjectif épithète ou attribut, apposition ? P. ex.:
- un dieu monogène, qui est...
- un monogène dieu, qui est...
- un monogène, un dieu, celui qui est...
mais ça ne change pas grand-chose au sens de la phrase.)

Arrivons-en donc à la fin: c'est le dieu monogène qui a (fait) quoi ? Problème d'"exégèse" (à la lettre puisque le mot "exégèse" vient de ce verbe) d'exègèsato, aoriste d'exègeomai (en fait exègoumai, mais les dictionnaires donnent toujours, pour faciliter l'accès aux conjugaisons, une forme artificielle qui ne tient pas compte de la contraction vocalique usuelle, celle qu'on rencontre dans la langue "réelle"). Je ne reviens pas (voir le lien ci-dessus) sur le fait que la voix "moyenne" est la voix "normale" de ce verbe transitif, c.-à-d. construit avec un complément d'objet exprimé ou sous-entendu.

Au sens "propre" ou "concret", exègeomai c'est "conduire ([h]ègeomai) dehors (ex)"; on pourrait dire, par calque étymologique, "dé-duire", si le verbe déduire en français n'avait déjà son sens "logique" précis, exclusif et fixé. Mais dans la LXX et (ailleurs) dans le NT, il n'est employé que dans un sens "verbal" ou "intellectuel": exprimer, expliquer, exposer, divulguer, raconter, rapporter, révéler, enseigner, indiquer, mettre en évidence, en lumière ou au jour.
Ex.:
Lévitique 14,57, enseigner (montrer, indiquer, distinguer) le jour (le moment, le cas) du pur et de l'impur;
Juges 7,13, raconter un rêve;
2 Rois 8,5, raconter un miracle;
Job 12,8 "parle à la terre, elle te le racontera; et les poissons de la mer te l'exposeront", où on trouve deux formations verbales parentes, respectivement ek-di-ègeomai et ex-ègeomai;
Job 28,27, "il (Dieu) la vit (la Sagesse) et la conta (la fit connaître, l'exposa)";
1 Maccabées 3,26, les nations racontent les batailles de Judas Maccabée;
2 Maccabées 2,13, les écrits de Néhémie racontent sa fondation de la bibliothèque;
Luc 24,35, les disciples d'Emmaüs racontent ou "expliquent" ce qui leur était arrivé en chemin;
Actes 10,8, Corneille raconte ou explique à ses émissaires ce qui lui est arrivé, ou leur indique leur mission;
Actes 15,12, Barnabé et Paul racontent leur mission et les miracles qui se sont produits;
Actes 15,14, Syméon a raconté ou expliqué comment Dieu s'était révélé aux païens;
Actes 21,19, Paul raconte à Jacques sa mission.

Ce sens verbal et/ou intellectuel ne fait guère de doute non plus en Jean 1,18: le dieu monogène exprime, explique, expose, raconte, divulgue, révèle.

Mais quoi ? C'est là que le bât blesse, car l'"objet" de la révélation n'est pas exprimé. La plupart des traductions suppléent un pronom censé renvoyer au "dieu" de la première proposition: "l'a fait connaître"; mais theos ne convient guère comme complément (sous-entendu) d'exègeomai (on "raconte" ou on "explique" un "événement", une "histoire", un "rêve", plus difficilement "quelqu'un"); d'autre part la phrase ainsi construite peut être plus équivoque en français qu'en grec, puisque le pronom objet ajouté peut renvoyer non seulement à "dieu", mais à l'ensemble de la première proposition (il a fait connaître le "dieu" que personne n'a jamais vu, ou il a fait connaître que personne n'a jamais vu [de] "dieu" ?).

Bref, il faudrait résister à la tentation de suppléer un complément, même discret et ambigu:
de dieu, personne n'en a jamais vu; un dieu (fils-)unique, celui qui est contre le sein du père, celui-là a raconté, ou expliqué; mais la banalité même de ces verbes en français, pour un "théologoumène" aussi puissant qui constitue le "point d'orgue" du Prologue, fait sérieusement hésiter le traducteur; d'un autre côté "révéler", "dévoiler", "manifester" appellent d'autres images et prêtent à confusion avec d'autres pans du lexique grec (celui de l'apo-calypse ou de l'épi-phanie). Comme quoi il ne suffit pas de "comprendre" pour traduire...

A noter un parallèle intéressant à ce verset dans le Siracide, 43,31, avec le verbe apparenté ekdiègeomai qui a déjà été signalé plus haut:
tis eoraken auton kai ekdiègèsetai; "qui l'a vu (le Seigneur) pour le décrire (ou le raconter) ?"

---

Un autre détail de ce verset qu'il est difficile (voire impossible) de faire sentir en traduction sans surtraduire, c'est la présence du verbe "être", eimi, dans l'incidente ("celui qui est dans/contre le sein du Père"): en français elle va de soi (on ne peut pas le dire autrement), donc elle passe inaperçue; en grec, surtout "biblique", pas du tout, puisque ce verbe est le plus souvent sous-entendu. Cela est à rapporter à l'usage ostensiblement distinct de eimi ("être") et de gi(g)nomai (devenir, advenir) dans l'ensemble du Prologue, dont nous avons déjà parlé: le premier est réservé à la sphère "divine", le second à la sphère du "monde" et de l'"histoire", qui communiquent notamment au v. 14: "le Verbe (qui était, v. 1ss) est devenu chair". Par-delà l'économie verbale particulière du Prologue, cela renvoie (discrètement) à une constante de la christologie johannique: ce qui "sort" de "Dieu" ou du "Père" pour "venir" dans le monde ne cesse pas d'être en lui.
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MessageSujet: Re: Jean 1,18   Lun 04 Juil 2016, 16:46

Citation :
Arrivons-en donc à la fin: c'est le dieu monogène qui a (fait) quoi ? C'est le problème d'"exégèse" (à la lettre puisque le mot "exégèse" vient de ce verbe) d'exègèsato, aoriste d'exègeomai (en fait exègoumai, mais les dictionnaires donnent toujours, pour faciliter l'accès aux conjugaisons, une forme artificielle qui ne tient pas compte de la contraction vocalique usuelle, celle qu'on rencontre dans la langue "réelle"). Je ne reviens pas (voir le lien) sur le fait que la voix "moyenne" est la voix "normale" de ce verbe, qui est généralement employé comme un actif transitif, c.-à-d. construit avec un complément d'objet exprimé ou sous-entendu.

Merci Narkissos d'attirer notre attention sur ce texte "mystèrieux.

La TOB propose : "Personne n’a jamais vu Dieu ; Dieu Fils unique, qui est dans le sein du Père, nous l’a dévoilé."

Lorsque je lis cette traduction je peux comprendre que ce qui a été dévoilé c'est soit, le fait que "personne n'a jamais vu Dieu" ou que justement c'est ce fameux Dieu inconnu.

La NBS : "Personne n'a jamais vu Dieu ; celui qui l'a annoncé, c'est le Dieu Fils unique qui est sur le sein du Père."

La NBS semble donner une tournure plus cohérente et interprétative.


Dernière édition par free le Lun 04 Juil 2016, 17:24, édité 1 fois
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Narkissos

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MessageSujet: Re: Jean 1,18   Lun 04 Juil 2016, 17:06

A mon humble avis et à mon grand regret Smile, la NBS a exactement les mêmes défauts principaux que la TOB, 1) de suppléer un pronom objet ("l'") qui n'existe pas dans le texte, et 2) de favoriser l'équivoque que tu as bien comprise -- si celle-ci n'est pas rigoureusement impossible en grec, elle se présentera moins spontanément à l'esprit du lecteur en grec qu'en français. Il faut toutefois remarquer, même si c'est un peu tordu (comme l'est souvent "l'art" de la traduction), que dans une certaine mesure ces deux défauts se compensent: le lecteur, en définitive, ne sait pas au juste ce qui est dévoilé ou annoncé, à cet égard au moins il n'est pas plus avancé que le lecteur du grec.

Le seul (petit) avantage de la NBS par rapport à la TOB, c'est d'éviter la confusion avec le vocabulaire distinct du "dévoilement" ou de la "révélation" (apo-kalupsis etc.).
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MessageSujet: Re: Jean 1,18   Lun 04 Juil 2016, 17:33

''Dieu, personne ne l’a jamais vu ; le Fis unique qui est dans le sein du Père, c’est lui qui a conduit à le faire connaître'' (http://www.bible-service.net/extranet/current/pages/541.html)

Cette version s'harmonise bien avec le v 14 ou le Verbe fait chair reflète une gloire de Fils unique issu du Père.
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Narkissos

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MessageSujet: Re: Jean 1,18   Lun 04 Juil 2016, 18:06

Outre que cette version repose sur un autre choix textuel (huios = fils au lieu de theos = dieu, voir supra), et qu'elle aussi supplée un complément d'objet imaginaire ("le" faire connaître), elle surtraduit manifestement le verbe exègeomai en additionnant son sens étymologique "concret" (de hègeomai, conduire), absent comme on l'a vu de l'usage "biblique", et son sens "verbal/intellectuel"  usuel (faire connaître), créant de toutes pièces une médiation supplémentaire (le Christ ne révélerait pas lui-même, il "conduirait" à une révélation), ce qui me paraît particulièrement maladroit, et en tout cas injustifiable.

A propos du v. 14, il faut relever un petit mot souvent négligé: doxan hôs monogenous para patros, "une gloire comme d'un monogène (issu) du père". Contrairement au v. 18, le langage n'est pas directement "théologique" ou "christologique", mais comparatif (à la relation fils unique / père "en général"). Ce que traduit bien la formule indéterminée "une gloire de fils unique issu du père", mais que trahirait "la gloire du Fils unique issu du Père".

(On trouvera d'autres discussions passées du Prologue dans ce fil et en suivant les liens qui s'y trouvent.)
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MessageSujet: Re: Jean 1,18   Mar 05 Juil 2016, 12:23

Pourrions nous pour des raisons théologiques dire que la communication en question concerne le fait que "persionne n'a jamais vu Dieu" ?

Y avait-il un débat au sein du judaisme sur le fait de savoir si Dieu s'était montré aux humains ou aux croyants ?

"Philippe lui dit : Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit" Jn 14,8
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MessageSujet: Re: Jean 1,18   Mar 05 Juil 2016, 13:19

Les deux idées opposées (on peut et on ne peut pas voir Dieu) sont inscrites dans la Torah même (p. ex. Exode 24,7ss et 33,18ss) et ne cessent, dans l'ensemble du corpus (AT et au-delà) de jouer l'une avec et contre l'autre (dès lors du moins que tous les textes sont lus dans une perspective monothéiste, c.-à-d. rapportés au même "Dieu" unique).

Le "johannisme" en tout cas tient à l'"invisibilité générale" de (son) "Dieu", sauf pour le "Fils unique" (monogène) qui est, à la lettre, son seul vis-à-vis (on ne "voit" qu'en lui et par lui, cf. aussi 5,37; 6,46; 1 Jean 4,12,20).

Plus généralement, toute "révélation" voile en même temps qu'elle dévoile, préserve son secret ou son mystère là même où elle le livre. Emblématiquement, le "je suis qui je suis" d'Exode 3 (qui reste une référence majeure et positive du johannisme et de la gnose, quoi que ceux-ci suggèrent ou déclarent par ailleurs du "Dieu de l'Ancien Testament") dit tout et ne dit rien.
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MessageSujet: Re: Jean 1,18   Mer 06 Juil 2016, 16:28

Citation :
Le "johannisme" en tout cas tient à l'"invisibilité générale" de (son) "Dieu", sauf pour le "Fils unique" (monogène) qui est, à la lettre, son seul vis-à-vis (on ne "voit" qu'en lui et par lui, cf. aussi 5,37; 6,46; 1 Jean 4,12,20).

Jean 20 utilise souvent le verbe "voir" en rappoprt avec Jésus ressucité.

20,8 : "il vit et il crut"

20,18 : "Marie-Madeleine vient annoncer aux disciples qu'elle a vu le Seigneur"

20,20 : "Les disciples se réjouirent de voir le Seigneur"

20,29 : "Jésus lui dit : Parce que tu m'as vu, tu es convaincu ? Heureux ceux qui croient sans avoir vu !"

Cette utilisation importante du verbe "voir" me semble ne pas être un hasard ... Si Dieu est invisible, on peut le voir à travers la vision du Christ ressucité, d'ailleurs Thomas lui répondit : Mon Seigneur, mon Dieu !
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MessageSujet: Re: Jean 1,18   Mer 06 Juil 2016, 17:56

Tout l'Evangile (selon "Jean") joue sur la question du "voir" et notamment du "voir Jésus / le Fils": il n'est pas donné à tout le monde de le "voir", on peut le "voir" sans le "voir", mais on ne peut pas le "voir" (vraiment) sans "voir" aussi le Père, etc. Cf. exemplairement le chapitre 9 sur l'aveugle-né qui est le seul à "voir", mais aussi 1,14.34.39.50s; 6,36.40.46; 9,37; 12.21ss.45; 14,7ss.17ss; 16,16ss.
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MessageSujet: Re: Jean 1,18   Jeu 17 Nov 2016, 17:25

Citation :
"De dieu, personne n'en a jamais vu; un dieu (fils-)unique, qui est dans (etc.) le sein du Père, c'est celui-là qui a..."
Passons (pour le moment) sur monogenès, dont nous avons déjà dû discuter ailleurs: à la lettre c'est "unique en son genre" et non "unique-engendré" (de gi(g)nomai et non de gennaô).

Narkissos aurais-tu l'amabilité d'expliquer (à nouveau) ce texte.

Que signifie l'expression "dieu (fils-)unique" (apparemment l'article "ho" devant theos serait absent)  ?

Quelle leçon peut-on tirer du terme "engendré" ?

Que doit-on comprendre de l'expression "qui est dans le sein du Père" ?

Que nous enseigne ce texte sur la divinité du Fils ?


"Il y a de bonnes raisons d’accepter la leçon « le Dieu Monogène » (ou : « Dieu Unique-Engendré », « Dieu Fils-unique » ) comme le font plusieurs éditions critiques du NT et de nombreux exégètes, car cette leçon est la mieux attestée. Dans ce cas, on peut noter le thème théologique : Dieu seul révèle Dieu."

http://commonweb.unifr.ch/artsdean/pub/gestens/f/as/files/3630/22503_074813.pdf


"Le terme grec monogénês signifie très littéralement " seul " ou " d’un genre unique ", tout particulièrement dans les passages du Nouveau Testament qui l’utilisent en tant que titre pour le Christ. Il n’a qu’un lien très lointain avec le mot génnaô, qui signifie " engendrer ". Selon l’hélléniste B. F. Westcott, la signification de monogénês " est centrée sur l’existence personnelle du Fils, et non sur la génération du Fils " (The Epistles of St. John, p. 170). Dans le cas de Jésus, la qualité de Fils est unique en ce sens qu’il a avec le Père une relation qui est impossible pour les autres, car il est Divin et était avec le Père avant le commencement des temps. — Jean 1:1, 2."

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MessageSujet: Re: Jean 1,18   Ven 18 Nov 2016, 00:07

Ce fil n'étant ni très vieux ni très long, ça me paraît un peu superflu, mais enfin... je me contenterai de rappeler brièvement ce qui a été dit plus haut le cas échéant:

1) L'article (ho, toujours défini) est présent ou non suivant les manuscrits (voir supra, 3/7/16 § 2); monogenès signifie "unique en son genre", mais son usage dans la Septante rend l'acception plus précise d'"enfant unique" très vraisemblable, même si ce n'est pas la seule (ibidem, § 4).

2) Strictement, le terme "engendré" n'est pas dans le texte, puisque dans monogenès la composante -genès dérive de gi[g]nomai, "devenir, advenir", d'où genos, "genre, espèce, race", et non de gennaô, "engendrer"; mais l'usage de la Septante rappelé ci-dessus (1°) favorise la confusion, de toute façon très "naturelle" (ibidem, § 4).

3) La formule eis to kolpon, "dans le sein (de)", avec une préposition directionnelle (eis + accusatif  correspondant grosso modo à l'anglais into, qui rappelle l'usage semblable de pros + accusatif pour la relation du logos au theos aux v. 1s), est généralement expliquée par analogie avec la formule voisine mais non directionnelle, en tô kolpô, de 13,23, qui décrit la position ("physique") du "disciple bien-aimé" par rapport à Jésus lors du dernier repas: il est "dans le sein" de Jésus, contre sa poitrine (epi to sthètos, v. 25; il faut se représenter les convives étendus à la romaine, en appui sur le coude gauche, et le disciple à la droite de Jésus), et c'est lui que Pierre interroge pour savoir ce que Jésus a voulu dire; à cette place, il se tourne vers Jésus pour l'interroger et se retourne vers Pierre pour lui expliquer. C'est donc une position d'intimité par rapport à la source de la révélation (Dieu, le Père, au chap. 1; Jésus au chap. 13) qui caractérise le révélateur (l'interprète ou l'exégète, selon la lettre de 1,18).

4) 1,18 décrit surtout le (theos) monogenès comme unique voie ou canal de révélation; si on lit theos (je suis pour, mais ça reste discutable, ibidem § 2), sa "divinité" est expressément affirmée, mais sur un mode dérivé et fonctionnel: le "dieu monogène", en quelque sorte, assure le lien entre "Dieu en soi" (que personne n'a jamais vu) et les autres, ou plutôt entre l'"intérieur" et l'"extérieur" de la divinité (ce que dit très bien la formule "dans le sein de", cf. 3°).
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