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 fidélité, loyauté, etc.

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Narkissos

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MessageSujet: Re: fidélité, loyauté, etc.   Mer 25 Jan 2017, 22:23

Il y a quantité de jeux et d'effets de duplication et de symétrie -- sans doute pas tous conscients ni volontaires -- entre Judas et Jésus, Pierre, "les Juifs" (cf. ce que j'appelais plus haut la structure d'"invagination" pour faire sortir "Jésus" du judaïsme), mais aussi entre Judas le traître, l'apôtre et le frère, ou encore avec Thomas-le-Jumeau (qui est aussi appelé Judas) et le disciple bien-aimé dans le quatrième évangile; comme il y en a par ailleurs entre Jésus et le diable, Jean-Baptiste, (Jésus) Barabbas ou Simon de Cyrène, entre Pierre et Caïphe ou Paul, entre les différents Jean, Jacques, Simon, entre Paul et Sergius Paulus ou Simon le Mage / Elymas dans les Actes, etc. Les noms et les personnages du NT se dédoublent et se confondent de façon souvent troublante, mais ça répond rarement à une logique claire et ça ne constitue pas, en tout cas, un système cohérent.

J'ai reparcouru l'évangile selon Jean dont nous n'avions encore pas trop parlé à propos de Judas, mais c'est un peu décevant; on peut remarquer:
1) que Judas est d'abord désigné (par Jésus, non par le narrateur comme dans les Synoptiques) non seulement comme (futur) traître, mais comme diable (diabolos) parmi les Douze expressément "choisis" -- la correspondance avec Pierre étant renforcée dès le départ par le nom de Simon (6,70s);
2) que c'est lui, Judas, présenté à nouveau en tant que disciple et traître comme si on n'avait jamais entendu parler de lui, qui s'oppose à Marie de Béthanie lors de l'épisode de l'onction (ailleurs ce sont les disciples unanimement); ce qui est l'occasion de lui attribuer la caisse commune et le vol dans celle-ci (12,1-8; le motif de l'argent, par contre, disparaîtra complètement du récit de la trahison: compensation ?);
3) qu'avant le repas (qui n'est ni l'eucharistie, ni une Pâque puisque c'est la veille) le diable a déjà mis au cœur de Judas le projet de livrer Jésus (13,2); pourtant c'est Pierre qui se singularise lors du lavage des pieds, le "cas" Judas n'étant évoqué qu'à la fin de l'épisode (vous êtes purs, mais pas tous, v. 10bs), comme si on l'avait (encore) oublié; puis Jésus annonce (à nouveau) sa trahison une fois (v. 18), deux fois (v. 21ss), avec le même effet de surprise, et la "communion" des v. 23ss (communion "privée" du seul Judas, mettant en scène la citation du v. 18) désigne Judas (au disciple bien-aimé, en réponse à la question de Pierre, qui n'en semble pourtant pas éclairé: il n'y a pas de retour de la réponse à Pierre, et personne -- pas même le disciple bien-aimé ? -- ne comprend rien à l'ordre de mission donné par Jésus à Judas); avec cette "communion" Satan entre en Judas (qui était déjà "diable" et à qui le "diable" avait déjà mis au cœur, etc.), et Judas sort dans la nuit; l'annonce de la "trahison" de Judas fait place à celle du "reniement" de Pierre (v. 36ss);
4) en 14,22 réapparaît un Judas (pas l'Iscariote, précise le narrateur) qui pose une question habituellement liée à la question de la trahison: pourquoi te manifestes-tu à nous et pas au monde ?
5) au chapitre 17 il n'y a pas de Judas mais une formule de style apocalyptique qui lui est souvent associée, "aucun d'entre eux ne s'est perdu sinon le fils de la perdition, pour que l'Ecriture soit accomplie" (v. 12; cf. 2 Thessaloniciens 2).
6) dans le récit de la Passion proprement dit (chap. 18), le rôle de Judas est passablement obscur: il indique à la rigueur le lieu, mais non Jésus, qui se désigne tout seul (pas de baiser); quand il se tient "avec eux" (v. 5) on ne sait plus très bien avec qui il se tient (la police ou les disciples), ni ensuite avec qui il repart (on retrouvera Pierre et "l'autre disciple" chez le grand prêtre, mais pas "Judas"). Plus loin, Jésus lui-même souligne que son activité a été publique (v. 20s), ce qui rend l'ensemble du dispositif de l'arrestation inutile (même si en l'occurrence la "livraison" était gratuite).

On est à coup sûr dans des textes très rafistolés, mais l'intégration de Judas paraît particulièrement laborieuse et maladroite -- contrairement au style johannique quand il développe ses propres idées, depuis les strates les plus anciennes jusqu'aux plus récentes. De sorte qu'à mon sens il n'y a pas vraiment d'idée "johannique" originale de Judas qui s'en dégage (ce serait sans doute plus clair et plus intéressant): l'évangile a plutôt "subi" tant bien que mal une incorporation de ce motif "populaire" dont il n'avait nul besoin et qu'il n'a pas vraiment su ou voulu exploiter selon son génie propre (contrairement à d'autres "ajouts" contraints sur lesquels il a très adroitement "rebondi").

Cependant, la figure commune de Judas est quand même affectée par le johannisme, dans le sens d'un dualisme aggravé et par là même enclin au renversement: totalement (et littéralement) "diabolisé" d'un côté (comme "les Juifs" sont "fils du diable" au chap. 8 ), totalement "élu" (= "choisi") de l'autre, élu en tant que diable et diable en tant qu'élu. Mais de ce fait le personnage s'éloigne de toute "psychologie" (mobiles, intérêt) et son acte de toute fonction narrative. Du point de vue de ce fil (et pas seulement), il devient "hors sujet": totalement fidèle à ce qu'il est et à ce qu'il doit être, fidèle comme infidèle, et ni l'un ni l'autre dans la mesure où il n'a pas l'ombre d'un choix ni d'un dilemme. (Mais en même temps c'est bien le genre de paradoxe où l'on retombe chaque fois qu'il est question d'in-fidélité.)

---
Pendant qu'on y est, la figure de Thomas (traduit en grec Didyme = Jumeau) est plus intéressante dans le quatrième évangile:
- 11,16, "pour mourir avec lui" peut se référer à la fois au "fonds commun" du christianisme post-paulinien (c'est le "mystère" même du baptême, de l'eucharistie) et au sort de Judas selon Matthieu (il meurt d'une certaine façon avec et comme Jésus, l'épisode se terminant de surcroît par une résurrection générale).
- 14,5, c'est la question de Thomas sur le "chemin" qui ouvre la voie à la confession la plus éclatante (peut-être) de l'évangile: "c'est moi qui suis le chemin, la vérité et la vie".
- 20,24ss surtout, l'absence de Thomas reproduit la défection de Judas qui aboutit à un 12-1 (et non -2), et le doute conduit à la confession maximale "mon Seigneur, mon Dieu" et à l'éloge du "croire sans voir".

Plus généralement, la figure du disciple "aimé" ou privilégié, singularisé d'une manière ou d'une autre, invite à la confusion des personnages: Pierre, le jeune homme de Marc, Lazare dans la première partie de Jean et "le disciple que Jésus aimait" dans la seconde, Thomas ou "Judas Thomas" dans l'Evangile selon Thomas, Marie(-Madeleine / de Béthanie, qui embrasse Jésus comme Judas dans les Synoptiques) dans l'Evangile de Marie, et ainsi de suite.
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MessageSujet: Re: fidélité, loyauté, etc.   Jeu 26 Jan 2017, 13:35

Narkissos, J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ton analyse, merci.

La traitrise peut avoir une dimension "créatrice",  par exemple Romulus qui, en tuant son frère Remus, fait acte de fondation de Rome.
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Narkissos

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MessageSujet: Re: fidélité, loyauté, etc.   Jeu 26 Jan 2017, 14:11

C'est encore un autre filon (félon ?), distinct de la trahison-tradition-livraison: le meurtre comme sacrifice fondateur ou créateur, qui renvoie davantage à Caïn qu'à Judas (en tout cas l'addition matthéenne en disculpe Judas, qui regrette son acte dès qu'il voit que celui-ci mène à une condamnation à mort, la responsabilité en revenant -- avec l'argent -- aux représentants de la nation, cf. supra; et de ce côté-là il y a bien meurtre fondateur avec la citation du psaume, la pierre rejetée devenue pierre d'angle).

Le rapport meurtre-création (qui a encore inspiré, dans des genres très différents, Kubrick dans 2001 et Dupontel dans Le créateur) est en tout cas assez évident dans la Genèse, puisque c'est précisément la lignée de Caïn qui "invente" (les instruments de musique comme les armes, la ville comme la religion, le "culte" comme la "culture"; relire le chap. 4).

Dans la tradition concurrente du livre d'Hénoch et des Jubilés, ce n'est plus un meurtre, mais encore une sorte de "trahison" (celle des "veilleurs" ou des "fils de Dieu" qui descendent sur terre) qui apporte (ou livre) le savoir et le savoir-faire (la technique) aux hommes, sur un mode plus "prométhéen" (rejoignant ainsi le rôle du serpent dans le récit de l'Eden). -- A noter d'ailleurs, même s'il est bien hasardeux d'en déduire quoi que ce soit, que cette tradition hénochienne revient en force dans le NT sous la signature d'un certain "Judas" (celui qu'on appelle Jude, pour le distinguer de l'autre, mais qui porte bien le même nom en grec).
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MessageSujet: Re: fidélité, loyauté, etc.   Ven 27 Jan 2017, 13:51

Les situations conflictuelles sont un exemple intéressant et particulièrement révélateur de cette sensibilité au contexte. Rappelons que tout conflit implique une polarisation de l’interaction, radicalisant l’antagonisme « Nous » / « Eux » en une relation de type « ami » / « ennemi ». Comme l’ont montré les auteurs qui se sont penchés sur les fonctions socialisatrices du conflit (Simmel, Coser, Freund), l’hostilité qu’inspire l’ennemi commun renforce la cohésion entre les membres du groupe. Dans ces situations, l’exigence de loyauté est à son comble et ne souffre d’aucune exception ; toute prise de distance avec le « Nous » est ainsi susceptible d’être qualifiée de trahison et de connivence avec l’ennemi. La prolifération du délit de trahison est alors révélatrice de la paranoïa qui s’empare du « Nous » en ces occasions : il n’y a virtuellement plus d’innocents, que des traîtres en puissance. Fletcher fait à ce sujet remarquer que sous le IIIe Reich, le concept de haute trahison était tellement large qu’il comprenait même les critiques à l’égard d’Hitler (1996). En temps de guerre, le manque de zèle ou de dévouement, la désobéissance peuvent passer pour une aide directe ou indirecte à l’ennemi (Thérive, 1956).

https://www.cairn.info/revue-cahiers-internationaux-de-sociologie-2007-2-page-313.htm



Cet excellent article m'a renvoyé à l'expérience de R.Frantz, ainsi à ce que j'ai ressenti lors de mon exclusion. La simple prise de distance avec le « Nous » (l'organisation Watchtower) a constitué pour ceux qui se consideraient naguère comme mes "frères", un acte de trahison et cela, dans un contexte de "paranoïa". J'avais la sensation désagréable d'avoir mis en route une machine judiciaire, qui ressentait une peur visérale de la différenciation, d'un de ses membres. Je pense que le fait que la Watchtower se sente dans ce monde en "territoire ennemi", n'est pas étranger à cette réaction radicale, elle s'explique aussi par le fait quelle est persuadée que l'ennemi est aussi à l'intérieure.

Un extrait du livre "crise de conscience" :

"J’avais néanmoins le fort pressentiment qu’une tempête se préparait. Mais je ne pouvais pas savoir que six mois plus tard je me retrouverais au milieu d’une tempête d’une intensité quasi fanatique, Le Collège Central réagit en prenant des mesures sévères contre ce qu’il pensait être un “complot” d’une ampleur considérable qui menaçait le coeur même de l’organisation. (...) De toute évidence, on pouvait au contraire conclure que toute discussion franche sur ces difficultés était perçue comme un grave danger pour l’organisation, et une forme de déloyauté pour ses intérêts.
L’unité, (en fait l’uniformité) était apparemment plus importante que la vérité. Les questions concernant les enseignements de l’organisation pouvaient être soulevées dans le cercle intime du Collège Central, et nulle part ailleurs. Même si les débats étaient très animés au sein de ce cercle privé, le Collège devait présenter un front uni à ceux de l’extérieur, même si cette “façade” masquait de sérieux conflits d’opinions."
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Narkissos

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MessageSujet: Re: fidélité, loyauté, etc.   Ven 27 Jan 2017, 16:19

Très bon article en effet, merci !
[Une seule réaction de détail: je trouve que l'auteur écarte un peu vite les pratiques commerciales et consommatrices du champ de la fidélité et de la trahison; il m'a fait penser, a contrario, à ces "cartes de fidélité" (ou plus largement au principe commercial de la "fidélisation") qui doublent subrepticement une relation d'intérêt d'une connotation morale; laquelle, même futile ou ludique, opère comme telle: tant qu'à faire ce qu'on a envie de faire et intérêt à faire, autant se dire aussi que c'est "bien". Chose qui vaut d'ailleurs pour tous les acteurs de la fidélité ou de la trahison, le "moi" fidèle ou traître, le "nous" trahi ou non et le "eux" présumé bénéficiaire de la trahison, satisfait ou frustré selon que celle-ci a lieu ou non.]

En repensant à ma propre "trahison" du jéhovisme, je constate que je me suis en effet "donné raison", avec une facilité et une évidence qui m'ont étonné moi-même; mais que je n'ai rencontré un tiers approbateur (principalement "évangélique" en l'occurrence, bien que l'approbation fût brève) qu'une fois la "trahison" (et l'exclusion) accomplie. Avec toutes les réserves qui siéent à l'irréel du passé, il me semble qu'une approbation extérieure m'aurait plutôt troublé si je l'avais rencontrée avant, parce qu'elle m'aurait justement renvoyé au schème de la "trahison" -- alors que la perspective exclusivement interne du "martyre", "seul contre tous" (ou presque), était moralement plus confortable. (Bien sûr, il y a aussi quelque chose d'externe dans cette perspective, le modèle même du martyre-témoignage qui nous vient du dehors, de la Bible ou de la tradition chrétienne par exemple: mais les suffrages des morts sont moins embarrassants que ceux des vivants, leur "intérêt" paraît moins immédiat ou moins "matériel".)

Cela me rappelle également le désarroi que j'ai observé beaucoup plus tard chez certains ex-TdJ, notamment américains (sur JWD), à constater que leur "apostasie" ne rencontrait pas à l'extérieur les applaudissements escomptés. En effet, un public plus large et moins déterminé que celui d'une religion concurrente, d'un athéisme ou d'un antisectarisme militants ne voit pas forcément d'un bon œil l'abandon d'une tradition religieuse, surtout quand elle est aussi une tradition familiale: il n'y voit que la "trahison" négativement connotée. C'est une lecture désagréable et partielle, sans doute, mais légitime. Tôt ou tard, une "trahison", même sincère et motivée par les meilleures "raisons" du monde, doit bien s'envisager aussi comme une trahison.

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Un petit pastiche (évangélique) pour la route (Nietzsche, Zarathoustra, fin du premier livre):
Je m’en vais seul maintenant, mes disciples ! Vous aussi, vous partirez seuls ! Je le veux ainsi.
En vérité, je vous conseille : éloignez-vous de moi et défendez-vous de Zarathoustra ! Et mieux encore : ayez honte de lui ! Peut-être vous a-t-il trompés.
L’homme qui cherche la connaissance ne doit pas seulement savoir aimer ses ennemis, mais aussi haïr ses amis.
On n’a que peu de reconnaissance pour un maître, quand on reste toujours élève. Et pourquoi ne voulez-vous pas déchirer ma couronne ?
Vous me vénérez ; mais que serait-ce si votre vénération s’écroulait un jour ? Prenez garde à ne pas être tués par une statue !
Vous dites que vous croyez en Zarathoustra ? Mais qu’importe Zarathoustra ! Vous êtes mes croyants : mais qu’importent tous les croyants !
Vous ne vous étiez pas encore cherchés : alors vous m’avez trouvé. Ainsi font tous les croyants ; c’est pourquoi la foi est si peu de chose.
Maintenant je vous ordonne de me perdre et de vous trouver vous-mêmes ; et ce n’est que quand vous m’aurez tous renié que je reviendrai parmi vous.
En vérité, mes frères, je chercherai alors d’un autre œil mes brebis perdues ; je vous aimerai alors d’un autre amour.

(Cas d'école du double bind avant la lettre, bien entendu: à celui qui commande, enjoint, prescrit l'infidélité on ne peut jamais être simplement fidèle ni infidèle, mais seulement fidèle par l'infidélité ou infidèle par la fidélité; ce qui ne revient jamais au même, sinon par des chemins divers, longs, sinueux, solitaires et non balisés.)
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