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 inter-minables

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Narkissos

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MessageSujet: Re: inter-minables   Ven 05 Mai 2017, 20:27

le chapelier toqué a écrit:
Les 4 langues nationales...

J'oublie toujours le romanche ! -- et c'est sans compter le suisse allemand qui est aussi gratiné que le rösti... Wink

Paradoxalement, la "mondialisation virtuelle" peut aussi revaloriser les horizons étroits, les localisations réelles déterminées par des "frontières naturelles" (et souvent aussi linguistiques) qui n'ont pas besoin pour autant d'être des frontières politiques et encore moins militaires -- ce qu'on appelait jadis son "pays", sa "terre", sa "patrie" dans un sens pré- et infra-national, à portée de marche et de regard, habitable en un sens profond; mais en attendant, l'agonie des Etats-nations est longue et pénible.

----

Je reviens un peu sur la question de la rationalité, et ce qu'on a beaucoup appelé depuis la campagne de Trump fake news et "post-vérité". Bien sûr on a toujours menti en politique, mais en s'efforçant généralement de ne pas trop mentir, ou de ne pas mentir trop évidemment, ne serait-ce que pour conserver au mensonge même sa crédibilité (l'efficace du mensonge reposant, dans un cadre rationnel, sur un contrat implicite avec la vérité: le menteur ne ment vraiment, si j'ose dire, que dans la mesure où il prétend explicitement ou implicitement dire la vérité, et où cette prétention même reste crédible). Or l'excès de mensonge, le mensonge outrancier, n'a plus vocation à être cru, mais à détruire la possibilité même d'un discours rationnel et d'une évaluation de la vérité (ce qu'avaient fort bien compris la propagande nazie en général et Goebbels en particulier) -- donc d'une démocratie rationnelle au sens des Lumières. La nébuleuse quasi mafieuse d'"information" qui gravite autour du pouvoir russe, sans aucun lien formel avec celui-ci, brouillant les frontières entre propagande partisane, mais légale, et activités (p. ex. hacking) franchement illégales, est un instrument décisif contre ce type de démocratie rationnelle. (Je repense à Simone Weil qui disait qu'un mensonge avéré, si l'on peut dire, devrait stigmatiser son auteur à vie, à tout le moins le bannir à jamais du débat politique; qu'une erreur même, d'inattention ou de négligence, devrait faire honte comme un "péché".)

L'ironie de la chose est qu'elle peut se lire aussi comme une auto-destruction de "la vérité", et/ou de "la lumière": car c'est au nom de celles-ci (comprises comme transparence, droit de tout savoir et devoir de tout faire savoir qui ne tolère ni secret ni obscurité) que vérité et mensonge deviennent indiscernables -- ou, selon la lecture heideggerienne de l'alètheia, que le dévoilement qui prétend arracher tout voile détruit la condition de sa propre possibilité.
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MessageSujet: Re: inter-minables   Sam 06 Mai 2017, 15:41

De nombreux pays européens ont déclaré en voyant ce qui se passait au cours de cette campagne présidentielle du 1er comme du second tour: "cela ne passerait pas comme cela chez nous". Je trouve cette remarque un peu légère et facile à déclamer.

Tout autour de nous nous voyons les hommes politiques, les femmes également se lancer dans des tours de passe-passe de mauvais goût. Certes, en Angleterre celui ou celle prit la main dans le pot de confiture doit démissionner, mais il/elle avait quand même mis la main dans le pot de confiture.

La France a eu le courage de laisser le débat continuer permettant à la justice de faire son travail. C'est à mes yeux afficher une preuve de courage et une certaine dose de lucidité. Liberté de condamner, mais aussi de ne pas cacher ce que ne doit pas l'être afin que l'électeur puisse faire son choix en toute connaissance de cause.
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MessageSujet: Re: inter-minables   Sam 06 Mai 2017, 17:28

Vertu de nécessité: qu'aurait-on pu faire d'autre ?

Hors pondération structurelle comme en Suisse, je ne crois pas qu'aucune démocratie soit à l'abri de ce genre de dérive: l'élection présidentielle américaine a sonné le glas de toutes les "règles du jeu" conventionnelles; tous les coups sont permis dès lors qu'ils ne peuvent plus être empêchés.

Comme le montre toutefois l'histoire de la Seconde Guerre mondiale, le briseur de conventions a l'avantage immédiat de la surprise, mais l'avantage dure aussi peu que la surprise. Quand tout le monde s'attend effectivement à tout, ça devient difficile de surprendre.
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MessageSujet: Re: inter-minables   Sam 06 Mai 2017, 19:24

Peu importe le candidat qui va emporter l'élection présidentielle, son travail va être compliqué par la disparition/recomposition de la droite et de la gauche. De plus de nombreux citoyens français ne se retrouvent pas ni dans l'un ni dans l'autre des 2 candidats.

Il y a des victoires qui peuvent avec le temps devenir plus dure à gérer que la défaite.
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MessageSujet: Re: inter-minables   Sam 06 Mai 2017, 20:07

Citation :
Peu importe le candidat qui va emporter l'élection présidentielle...

Je suis d'avis que, dans ce cas précis, ça importe beaucoup !

A ce "détail" près, je suis d'accord avec toi: ce ne sera pas simple; mais dans un cas les complications seront politiques, dans l'autre elles seront aussi sanglantes.

---

En revenant un peu en arrière : la formule "post-vérité" a le mérite de rappeler que "la vérité" a une histoire, des histoires longues et compliquées, philosophiques et théologiques autant que politiques -- et bien sûr ces histoires compliquent à leur tour l'emploi de la formule: toute "vérité" apparaissant dans l'histoire est aussi une "post-vérité" qui succède à d'autres "vérités" qui sont aussi des "post-vérités", et ainsi de suite; de sorte qu'on pourrait aussi bien dire qu'il n'y a pas de "post-vérité". Depuis toujours et de bien des manières (ludiques, dramaturgiques, scénographiques, mécaniques, avec toutes les métonymies qui s'ensuivent) "la vérité" (se) joue et on (se) joue (à, de, avec, contre) "la vérité" -- ici, jusqu'ici, nous avons surtout évoqué ces "jeux de la vérité" sur la scène théologique et plus spécialement biblique (voir p. ex. ici ou ), mais ils ne sont pas sans lien avec ce qui se joue aujourd'hui de "la vérité", dans toute l'ambiguïté de l'expression, sur la scène politique.
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MessageSujet: Re: inter-minables   Lun 08 Mai 2017, 14:06

Maintenant il faudra dès les premiers jours gouverner avant les législatives, au vu du climat délétère qui règne en France cela promet d'être difficile. Dès hier soir les personnalités de gauche comme de droite ont avoué avoir voté pour Macron faute de mieux et ont promis de jouer leur rôle dans l'opposition.
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MessageSujet: Re: inter-minables   Lun 08 Mai 2017, 14:19

Soulagé quand même, on l'aura compris, par ce que je considère -- vu les chiffres, ce n'est manifestement pas original -- comme le moins mauvais dénouement possible de cette séquence; et pas seulement des quinze derniers jours: car même si mes préférences parmi les (présumés) "grands" candidats du premier tour allaient plutôt vers Hamon (plus pour son orientation générale que pour sa personne ou le détail de son programme), puis à défaut (d'adhésion populaire suffisante) vers Mélenchon (assurément pas pour sa personne), au point de suggérer comme je l'ai fait plus haut un abandon de Hamon, je me suis finalement dit, dès avant le premier tour, qu'un duel final Mélenchon / Le Pen (ou même Mélenchon / Fillon) risquait fort d'emporter tout ce qui restait de digue entre LR et le FN et d'aboutir à une alliance des droites, modérées et extrêmes, au profit de ces dernières.

La trajectoire de Macron qui m'a impressionné, plus par sa personne cette fois que par ses idées (il y a décidément un effet "flûte enchantée"*), me semble emblématique de la "trahison heureuse", dont nous avions parlé ici à la suite d'une autre actualité politique française (la trahison ratée de Valls).

---
* Cf. supra p. 6, 4.5.17: l'un des traits géniaux de cet opéra "maçonnique" de Mozart et de Schikaneder (pour le livret), quant au (non-)rapport Raison / déraison que j'évoquais plus haut, c'est que la sagesse a besoin d'un peu de magie (la flûte enchantée) pour vaincre la toute-puissance de la magie (la Reine de la Nuit): rapport compliqué de la Raison des Lumières aux ténèbres de l'"obscurantisme", et déjà du logos au muthos chez Platon p. ex. Thème orphique aussi (la flûte charme les animaux et conjure les ombres infernales).
---

@ lct: j'entends bien. Mais les partis politiques dits "de gouvernement" (PS et LR et tout ce qui gravite autour) sous-estiment peut-être la lassitude qu'ils ont engendrée dans l'opinion; cette lassitude pourrait s'avérer plus forte que le désir de revanche partisane (lequel se déporte désormais plus vers les extrêmes qu'il ne se reporte sur eux). Cela dit, même s'il doit y avoir "cohabitation", elle sera nécessairement plus modérée qu'un tout-droite ou un tout-gauche (étant entendu que les structures politiques, sociales et économiques de la France se prêtent bien davantage au tout-droite qu'au tout-gauche).
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MessageSujet: Re: inter-minables   Lun 08 Mai 2017, 19:14

Je souhaite que la situation se déroule comme tu le suggères dans ton dernier paragraphe, non seulement pour la France, mais aussi pour l'Europe. Un pays comme la France n'est pas seulement un grand pays en terme de population, des souvenirs de son pouvoir colonial, mais est surtout un grand pays par sa culture, son art de vivre; ce dont nous avons tous besoin que nous appartenions à l'Union européenne ou que nous soyons simplement un petit voisin de ce beau et vieux pays.
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MessageSujet: Re: inter-minables   Lun 08 Mai 2017, 21:50

Merci pour elle ! Wink

L'attractivité étant différentielle par nature, le PS et LR ne peuvent survivre qu'en se démarquant, et d'un centre pour une fois dynamique (EM), et de leurs ultras respectifs (Mélenchon et FN): ça leur laisse peu d'espace, tout au moins sur le terrain idéologique.

Il serait infiniment plus intelligent de jouer la coalition dans un premier temps, quitte à s'en dégager ensuite -- le temps d'avoir au moins un prétexte crédible pour le faire. Mais cette intelligence-là est accessible aux individus (comme Valls ou Le Guen d'une part, Estrosi ou Le Maire d'autre part), pas aux partis qui jouent immédiatement leur survie (avec toutes les conséquences institutionnelles et financières qui s'ensuivent). Du coup on va avoir à nouveau des gens qui vont surjouer leurs différences avec Macron (désormais président) et l'unité de façade d'une "famille politique" où les divergences idéologiques sont en fait bien plus grandes (le soi-disant "centre" UDI se paie déjà le ridicule d'une alliance systématique avec les droites les plus dures contre une gauche même très molle, il va désormais devoir le faire contre un centre au pouvoir). (Digression: la Watch n'est pas le seul exemple d'une logique structurelle qui l'emporte sur les convictions individuelles, même aux plus hauts niveaux.)

---

Parmi les slogans des manifs d'extrême-gauche (NPA etc.) qui ont fait suite à l'élection, j'ai bien aimé "génération ingouvernable". Si seulement...

Il règne d'ailleurs une assez grande confusion dans ce camp-là aussi, qui mélange un peu au hasard des résidus d'idéologies disparates (trotskistes, maoïstes, anarchistes): entre libertaire et libéral, par exemple, il y a plus qu'une parenté étymologique; ce n'est pas sans paradoxe que des anarchistes en arrivent à défendre le contrôle de l'Etat et de la loi contre un libéralisme mondial...
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MessageSujet: Re: inter-minables   Mar 09 Mai 2017, 16:44

Citation :
Parmi les slogans des manifs d'extrême-gauche (NPA etc.) qui ont fait suite à l'élection, j'ai bien aimé "génération ingouvernable". Si seulement...

Narkissos,

Qu'est ce qui te plaît dans le slogan : "génération ingouvernable" ?

Serais-tu favorable à l’auto-gestion ?




Citation :
Soulagé quand même, on l'aura compris, par ce que je considère -- vu les chiffres, ce n'est manifestement pas original -- comme le moins mauvais dénouement possible de cette séquence; et pas seulement des quinze derniers jours: car même si mes préférences parmi les (présumés) "grands" candidats du premier tour allaient plutôt vers Hamon (plus pour son orientation générale que pour sa personne ou le détail de son programme), puis à défaut (d'adhésion populaire suffisante) vers Mélenchon (assurément pas pour sa personne), au point de suggérer comme je l'ai fait plus haut un abandon de Hamon, je me suis finalement dit, dès avant le premier tour, qu'un duel final Mélenchon / Le Pen (ou même Mélenchon / Fillon) risquait fort d'emporter tout ce qui restait de digue entre LR et le FN et d'aboutir à une alliance des droites, modérées et extrêmes, au profit de ces dernières.

Je pense que HAMON a été le plus novateur, en abordant la question des perturbateurs endocriniens, des robots qui vont remplacer les travailleurs humains, donc de l'impossibilité d'offrir un emploi à tous et il a mis en avant le thème du bien-être au travail, tout cela avec une vraie fibre écologique. Dans notre système économique, je me demande si le programme de HAMON est applicable. Concernant MELENCHON, il y a une sensibilité écologique et humaniste mais je n'aime pas les programmes "père noël", ou l'on distribue de l'argent que l'on a pas. Je me demande d'ailleurs, si la politique "robin des bois", je prends l'argent aux riches pour le donner aux pauvres, est bien réaliste. L'agressivité de MELENCHON comme celle de MLP m'agace et me semble cacher l'absence d'un véritable programme et un esprit dictatorial. MACRON me semble incarner un certain réalisme économique qui à défaut de faire rêver, tient compte de la réalité de notre système économique. 


Dernière édition par free le Jeu 11 Mai 2017, 14:06, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: inter-minables   Mer 10 Mai 2017, 00:18

Très généralement, je pense que la désobéissance (plus ou moins "civile") reste la forme de subversion la plus simple -- et la plus efficace dès qu'elle fait nombre (voir déjà La Boétie pour la théorie et Gandhi pour la pratique).

Quant à l'autogestion, ce n'est plus très à la mode, mais je trouve en effet que c'est dommage. Pour la petite histoire, je dois l'essentiel de mes notions très rudimentaires d'économie politique à un excellent prof de lycée qui était militant PSU au début des années 1970 -- le PSU représentait précisément un socialisme autogestionnaire, d'inspiration libertaire ou du moins décentralisatrice (par opposition au marxisme étatique), et à l'époque Michel Rocard en était l'un des principaux animateurs; le même Rocard qui a marqué plus tard le "tournant de la rigueur" du premier septennat Mitterrand et encore plus tard contribué à la formation d'Emmanuel Macron... (illustration, par-delà les trajectoires individuelles, d'un rapport plus complexe qu'on ne le croit en France entre libertarisme et libéralisme -- témoin aussi le libertarianisme américain qui est un ultra-libéralisme économique teinté de libertarisme sociétal).

Les idées de Hamon feront leur chemin, et je crois Macron assez intelligent pour s'en inspirer plus qu'il ne le dit -- le revenu universel qui a été tant décrié est, à terme, incontournable dans une société structurellement incapable de fournir un emploi à toute sa population (théoriquement) active. Sur la question "écologique" qui est à mes yeux l'urgence des urgences, personne, hélas, n'est à la hauteur des enjeux qui demanderaient à mon sens une véritable révolution spirituelle, et la remise en question d'un "humanisme" qui dépasse très largement le champ politique.
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MessageSujet: Re: inter-minables   Jeu 11 Mai 2017, 16:21

Citation :
Quant à l'autogestion, ce n'est plus très à la mode, mais je trouve en effet que c'est dommage. Pour la petite histoire, je dois l'essentiel de mes notions très rudimentaires d'économie politique à un excellent prof de lycée qui était militant PSU au début des années 1970 -- le PSU représentait précisément un socialisme autogestionnaire, d'inspiration libertaire ou du moins décentralisatrice (par opposition au marxisme étatique), et à l'époque Michel Rocard en était l'un des principaux animateurs; le même Rocard qui a marqué plus tard le "tournant de la rigueur" du premier septennat Mitterrand et encore plus tard contribué à la formation d'Emmanuel Macron... (illustration, par-delà les trajectoires individuelles, d'un rapport plus complexe qu'on ne le croit en France entre libertarisme et libéralisme -- témoin aussi le libertarianisme américain qui est un ultra-libéralisme économique teinté de libertarisme sociétal).

L'autogestion est exigeante, elle réclame de TOUS, la capacité d'édicter des règles et de trouver un consensus. J'ai le sentiment que les personnes préfèrent le schéma "dirigeants "et dirigés". Quand l'autogestion fonctionne bien, c'est un système efficace mais c'est un processus qui demande en général beaucoup de temps de discussion. 
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MessageSujet: Re: inter-minables   Jeu 11 Mai 2017, 17:11

La façon de poser les "problèmes" détermine intégralement les "solutions". Nos concepts d'Etat, de nation, d'institution (y compris inter-nationale), de politique, d'administration, d'économie, d'entreprise, de gestion, sont hiérarchiques de part en part (c'est déjà le mot-clé du premier chapitre de la Genèse, dit "sacerdotal" et implicitement "monarchique": dominez): il n'y a aucun sens à prétendre abolir une relation "dirigeants" / "dirigés" dans de telles structures. Mais quand bien même ce mode d'organisation devrait éliminer tous les autres et remplir tout l'espace disponible jusqu'à s'asphyxier de sa propre logique dominatrice, il y aura eu sur terre mille autres façons de vivre... des "sociétés" et des "économies", humaines ou animales, beaucoup moins hiérarchiques; moins "productives" et moins "performantes" peut-être, mais pas forcément moins "heureuses" ni moins "adaptées".

Bien qu'il soit trop tard pour beaucoup de choses, il n'est jamais trop tard pour se demander ce qu'on veut, tout seul ou à plusieurs, ni pour essayer, à son niveau et à son échelle, de le faire. (Faire ce qu'on veut, c'est différemment la même injonction paradoxale, de saint Augustin à Aleister Crowley en passant par Rabelais ou Stirner, et c'est moins facile qu'on pourrait le croire.) Mais rien que pour se poser la question il faut renoncer aux "problèmes" généraux, globaux, mondiaux, nationaux, et à leurs "solutions" toujours plus ou moins autoritaires -- autrement dit à l'horizon de la "politique" qui est celui de cette discussion. Il y va d'une certaine irresponsabilité.

[Reste à savoir, m'objecté-je après coup, si la "liberté" d'un "faire ce qu'on veut" est-elle même séparable du modèle de la "souveraineté" monarchique. Car c'est encore à la façon d'un souverain absolu, ou d'un Dieu souverain qui n'aurait de comptes à rendre à personne, à la lettre ir-responsable, que se comprend celui qui entend "faire ce qu'il veut" dans la mesure où il le "peut" (exemplairement dans la "liberté chrétienne" selon Luther, celle du "libre seigneur"; cf. ici). Il n'empêche qu'essayer de "faire ce qu'on veut", en nous obligeant d'abord à "savoir ce qu'on veut" et à constater que ce n'est pas simple, nous met peut-être sur le chemin de quelque chose ou de quelque "lieu" bien plus "radical" encore: en-deçà de la "liberté" et de la "nécessité", du "souverain" et du "sujet".]
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MessageSujet: Re: inter-minables   Jeu 18 Mai 2017, 01:16

Pour revenir au sujet initial de ce fil (le "minable" en politique), alors que son occasion initiale (Fillon) s'éloigne dans un oubli bien mérité, je trouve que Macron aura eu le mérite (dans un intérêt très stratégique, certes) de ringardiser l'esprit partisan. Non pas "les idéologies", "la gauche" et "la droite" en tant que telles, mais cette espèce d'unité de façade des grands partis (PS et LR) qui surjouaient de part et d'autre un accord interne et une opposition réciproque tels que personne ne pouvait sérieusement y croire. En montrant (par une triangulation classique en théorie, mais rarement réussie en pratique) qu'il y a plus de coopération possible entre la droite de la gauche et la gauche de la droite qu'entre les différents courants des partis traditionnels, c'est la logique de parti, de trop grand parti, qui en prend un coup. Au bout du compte même les idéologies et les partis peuvent y gagner: il faut qu'il y ait un vrai centre, opérationnel, pour qu'il y ait une vraie droite et une vraie gauche qui s'en démarquent nettement, sans avoir besoin de "faire semblant".

Cela n'est pas sans incidence sur ce que nous appelions les "outrances" de la parole politicienne: presque tous les membres "de droite" du gouvernement Macron-Philippe se sont laissés aller, dans les dernières semaines, à diverses "vacheries" sur Macron qu'ils ont bien dû ravaler (et sur lesquelles Macron lui-même a dû passer pour réussir son coup). De ce fait, c'est l'outrance elle-même qui se discrédite: on y réfléchira peut-être à deux fois désormais avant de dire n'importe quoi sur n'importe qui -- la "raison", la "mesure", la "sincérité", autrement dit tout le monde, ne peuvent qu'y gagner.
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MessageSujet: Re: inter-minables   Jeu 18 Mai 2017, 11:21

Citation :
Cela n'est pas sans incidence sur ce que nous appelions les "outrances" de la parole politicienne: presque tous les membres "de droite" du gouvernement Macron-Philippe se sont laissé aller, dans les dernières semaines, à diverses "vacheries" sur Macron qu'ils ont bien dû ravaler (et sur lesquelles Macron lui-même a dû passer pour réussir son coup). De ce fait, c'est l'outrance elle-même qui se discrédite: on y réfléchira peut-être à deux fois désormais avant de dire n'importe quoi sur n'importe qui -- la "raison", la "mesure", la "sincérité", autrement dit tout le monde, ne peuvent qu'y gagner.

Cette outrance de langage ou cette critique systématique est la conséquence de cette opposition droite/gauche. LR a refusé de voter la loi "El KHOMRI", uniquement parce que cette loi provenait du camp d'en face, alors que cette loi correspond en grande partie à la pensée de LR. Bruno LEMAIRE a vivement critiqué MACRON les mois précédent, uniquement pour des questions d'oppostions de partis. MACRON assume l'idée d'être d'accord avec un opposant, si son idée est bonne et refuse l'opposition systématique, même si cete attitude cache des raisons stratégiques et électoralistes, on peut difficilement réfuter cette conception de la vie politique. Que l'on soit d'accord ou pas avec MACRON, nous sommes obligés de reconnaitre son intelligence. Il est amusant de de constater que pour MELENCHON, le journal libération, le gouvernement PHILIPPE est de droite, que pour LR, il est de gauche et enfin que le FN se ringardise avec son ancienne et dépassée formule "UMPS". MACRON est entrain de réussir son coup.
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MessageSujet: Re: inter-minables   Jeu 18 Mai 2017, 12:17

La mémoire potentielle d'Internet étant ce qu'elle est, la presse "virtuelle" affichait hier les déclarations (à peine) passées des nouveaux ministres à mesure que ceux-ci étaient nommés. Mais ces "contradictions" qui naguère auraient fait scandale ou du moins été rhétoriquement (sur)exploitées (comment peut-il faire ceci alors qu'il a dit cela ?) suscitent tout au plus un sourire blasé, tant elles sont courantes et donc banalisées. C'est un type de parole qui se dévalue lui-même auprès d'un très large public -- ce dont les "militants" des partis, pour ce qui en reste, seront probablement les derniers à s'apercevoir.

Ça n'empêche pas, j'y insiste, qu'il y ait des raisons, "de gauche" et "de droite" (et peut-être aujourd'hui plus "de gauche" que "de droite"), de s'opposer à la ligne Macron. Mais pour les faire entendre il faudra les dire autrement.
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MessageSujet: Re: inter-minables   Jeu 18 Mai 2017, 16:55

Citation :
Ça n'empêche pas, j'y insiste, qu'il y ait des raisons, "de gauche" et "de droite" (et peut-être aujourd'hui plus "de gauche" que "de droite"), de s'opposer à la ligne Macron. Mais pour les faire entendre il faudra les dire autrement.

Quelles raisons peut-on invoquer pour critiquer MACRON ?

Je trouve que depuis son investiture, il a fait un parcours sans faute. Son programme est libéral mais peut-on faire differemment dans un monde globalisé et avec une économie libérale ?
Un programme de "gauche", qui refuse les règles de système libéral, est-il crédible ?
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MessageSujet: Re: inter-minables   Jeu 18 Mai 2017, 20:28

On peut avoir toutes sortes de raisons, divergentes et contradictoires (c'est tout le problème), de "critiquer" -- non pas Macron personnellement, ça n'a aucun intérêt, mais le consensus idéologico-pragmatique qui constitue le "socle" de son entreprise. Je ne pense pas tellement aux (futurs-ex-)"grands partis" qui, hormis la surenchère verbale qui visiblement ne marche plus, sont au fond d'accord sur l'essentiel et n'ont avec lui (et entre eux) que des divergences quantitatives (déplacements de curseurs, comme on dit: un peu plus ou un peu moins de fiscalité, de flexibilité, de protection ici ou là), négociables sur une base commune (la preuve, Macron est précisément en train de l'administrer, assez brillamment jusqu'ici). Mais beaucoup plus à ces "extrêmes" de droite et de gauche qui ont quand même réussi à capter, fût-ce superficiellement, une bonne moitié de l'électorat du premier tour (si l'on totalise Mélenchon, Hamon, Le Pen et leurs poussières respectives). Il n'y a évidemment pour ceux-là aucune "union" possible et donc aucun accès au pouvoir, si ce n'est éventuellement à un pouvoir négatif de blocage. Mais il y a certainement un espace pour une critique rationnelle et idéologique du "consensus" central (de la part d'un antilibéralisme dirigiste de gauche ou souverainiste de droite, mais aussi d'une extrême-droite identitaire, d'une extrême-gauche libertaire ou d'une écologie radicale p. ex.); à partir de positions qui n'ont en commun que d'être "révolutionnaires" par rapport au paradigme dominant, qui n'ont donc aucune chance de réussite immédiate mais n'en sont pas moins "rationnelles" dans leur fond et susceptibles d'être utiles à plus long terme. Ce n'est pas parce que le "centre" gouverne (je crois en effet que dans la donne actuelle c'est la moins mauvaise des options possibles) que tout le monde doit devenir centriste -- au contraire. La "raison", c'est le débat réglé et mesuré des opinions; ce n'est jamais une opinion qui se tiendrait toute seule, comme la seule valable et la seule possible.

On a d'ailleurs peut-être tort de cantonner Macron à un centrisme: l'attitude qu'il revendique est (si j'ose emprunter le mot à l'histoire de la théologie) "utraquiste" et non "neutraliste" (du latin uterque ou utraque qui veut dire "l'un et l'autre", par opposition à ne-uter, "ni l'un ni l'autre": et droite et gauche, non pas ni droite ni gauche); elle ne l'empêche pas, en principe, d'aller puiser des idées bien au-delà du "centre" si elles lui paraissent bonnes et que les circonstances s'y prêtent (je le disais l'autre jour du revenu universel, qui ne devrait pas intéresser que la gauche; peut-être la nomination de Hulot est-elle, en ce qui concerne l'écologie, un indice dans le même sens).
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MessageSujet: Re: inter-minables   Sam 20 Mai 2017, 11:10

Je pense que de nombreuses questions peuvent rester sans réponses avant les législatives des 11 et 18 juin prochain, ce qui permet d'observer le fonctionnement d'un gouvernement ni/et de gauche ni/et de droite, une composition pas très courante en somme; mais il ne fait aucun doute que passé les dates des élections législatives des changements interviendront au sein du gouvernement Philippe.

Que va-t-il donc se passer? Quel sera le votre des électeurs/électrices? Voilà,sans doute, qui promet des réflexions. En effet, les français/françaises sont-ils/elles prêts/prêtes à accepter un gouvernement consensualiste? Dans l'affirmative les membres d'un tel gouvernement sont-ils à même d'oublier leur ancienne appartenance afin d'exercer le pouvoir que leur a donné le peuple? Rien n'est moins sûr. En effet, en Suisse où cet exercice se pratique depuis des décennies il est courant de voir une personnalité politique de droite ou de gauche manifester de temps à autre des postures de son appartenance.

D'autre part la versatilité des conditions mondiales, les nouveaux arrangements géopolitiques ainsi que la nécessité de collaborer avec l'Union européenne ne facilitent pas la gestion de la France qui doit faire face comme de nombreux pays à la disparition non seulement de l'idée du plein emploi, mais de l'emploi tout simplement à cause de la délocalisation ou/et de la robotisation généralisée.

La jeunesse, le culot, l'optimiste ne seront pas de trop pour surmonter ces problèmes communs aux gouvernements européens, mais en plus certains "pièges-problèmes" -par exemple l'aéroport de Notre Dame des Landes- laissés par ses prédécesseurs ne manqueront pas par perturber les quelques heures de sommeil, habituelles, du nouveau président et les nuits de son premier ministre.
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MessageSujet: Re: inter-minables   Sam 20 Mai 2017, 15:59

L'avantage stratégique d'une position centrale, c'est que même si elle n'est pas majoritaire elle reste incontournable, par contrainte structurelle, quasi physique: l'exercice du pouvoir recentre "naturellement", les rodomontades de gauche ou de droite se terminent toujours en pratique centriste -- dans une culture démocratique, les exceptions sont rares et surtout brèves (à gauche les premiers mois de Mitterrand, le Front populaire; à droite certains moments de Sarkozy, et Pétain qui a bénéficié de circonstances extérieures, cf. la "divine surprise" de Maurras).

Le coup de génie de Macron a consisté à rendre cette fatalité désirable, à transformer le centre de réceptacle de la résignation en lieu d'audace et d'ambition (avec plus de succès que Bayrou qui a tenté de faire ça presque toute sa vie, et même que Giscard qui y avait un peu réussi). Les rapports de force qu'acteront les législatives peuvent à coup sûr renforcer ou affaiblir cette dynamique: elle sera renforcée si son parti emporte une majorité même relative, elle restera quasiment intacte si les oppositions de gauche et de droite s'équilibrent et se neutralisent, elle ne sera que provisoirement atteinte si une majorité en principe hostile est contrainte, par l'exercice du pouvoir, de se rapprocher de ses positions...
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MessageSujet: Re: inter-minables   Sam 27 Mai 2017, 17:18

Afin de mettre les choses au point voici un article paru ce matin dans le journal suisse "Le Temps"

Hypocrisie et petits secrets
S’il y a un domaine où la Suisse constitue un «Sonderfall», c’est bien celui de l’hypocrisie. Avec la supériorité morale conférée par l’assurance que «y en a point comme nous», parlementaires, dirigeants politiques, chroniqueurs ou spectateurs, nous nous sommes délecté des turpitudes de la campagne électorale française. Emplois fictifs, privilèges, détournements d’indemnités, costumes offerts, tout cela ne saurait évidemment concerner une démocratie modèle telle que la nôtre. Au moment où la France tente de moraliser sa vie publique, peut-être est-il bon de rappeler que la Suisse est le seul membre du Conseil de l’Europe à n’avoir aucune législation sur le financement de la vie politique. Ici, l’affaire Penelope Fillon n’aurait jamais éclaté, puisque le montant de 33 000 francs attribué à chaque parlementaire pour ses assistants et ses frais n’a pas à être justifié.

Que le statut de «parlementaire de milice» ne soit qu’une tartuferie, comme l’a confirmé une fois de plus l’étude de l’Université de Genève (LT du 24.05.2017), en devient presque accessoire. Un faux-semblant. Dont la source reste la culture de l’opacité et du secret qui pèse sur la vie sociale helvétique, mais plus gravement sur la démocratie directe. Passe encore que le niveau des salaires reste la chose la plus jalousement gardée entre collègues de bureaux. Mais face au financement occulte des deux piliers du système démocratique, les votations populaires et la représentation parlementaire, les Suisses avalent tout. Lorsque, en 2009, après un versement de 150 000 francs au parti par la banque, les sénateurs PDC ont retourné leur veste sur le plafonnement des salaires à une UBS sous perfusion de l’Etat, on n’a vu aucune démission. Et le rôle auprès des députés de l’agence de RP Farner, mandatée par Dassault dans la campagne contre l’avion de combat Gripen, n’a jamais été éclairci. Il y a l’opacité du financement des campagnes. D’où provenaient les presque 8 millions engagés par economiesuisse en faveur de la réforme de la fiscalité des entreprises (RIE III)? Et les 7 à 8 millions – en réalité ces montants sont une vague estimation – des campagnes électorales du PLR et de l’UDC en 2015?

Peut-être les Suisses sont-ils simplement candides. Du bois dont on fait les flûtes. Leur confiance dans la légitimité démocratique des décisions populaires et parlementaires n’en paraît en tout cas pas ébranlée. Depuis 1964, les initiatives parlementaires et populaires pour plus de transparence ont toutes échoué. Qu’elles viennent de la gauche ou du PDC. L’initiative lancée en 2012 par l’UDC Lukas Reimann et soutenue par des élus de gauche pour «la publication des revenus de la classe politique», n’a pas atteint les 100 000 signatures. Celle du PS, moins ambitieuse, qui demande la transparence sur les dons de plus de 10 000 francs aux partis et comités d’initiatives a recueilli jusqu’ici 70 000 signatures et devrait être déposée avant octobre de cette année. Pourtant, même si une loi de transparence existe au Tessin, la Chancellerie tessinoise n’a jamais pu vérifier les budgets électoraux des partis.

S’arc-boutant sur la culture du secret et de la sphère privée, agitant la menace d’une désaffection des donateurs, la majorité parlementaire fédérale a toujours fait échouer les tentatives de réforme. Aucun parti ne souhaite voir sa marge de manœuvre se rétrécir. La Suisse n’est pas un pays de révolution, mais de réaction. On attendra donc le prochain scandale ou la pression internationale. Comme pour le secret bancaire.
YVES PETIGNAT
JOURNALISTE

Petit glossaire:
PDC= Parti démocrate chrétien [le centre]
PLR = Parti Libéral Radical (les 2 partis ont fusionné l'an passé; Parti Libéral et Parti Radical) [la droite]
UDC= Union Démocratique du Centre  [extrême droite]
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MessageSujet: Re: inter-minables   Sam 27 Mai 2017, 20:03

Intéressant (même si je ne comprends pas tout).

Je n'ai cependant pas l'impression que la "transparence" soit un principe révolutionnaire, au sens où elle favoriserait le changement politique; à la rigueur au sens où elle tourne sur elle-même en s'auto-affectant façon boule de neige: plus de transparence appelle toujours plus de transparence, ce qui est un "progrès" si la transparence est une fin en soi. Sinon, l'inertie de l'opinion publique informée de (presque) tout en temps réel est probablement plus grande que celle de la négociation et du compromis dans un cercle restreint de politiciens professionnels qui ont au moins une chance de savoir de quoi ils parlent. Les réactions immédiates à la moindre velléité de réforme immédiatement médiatisée, avant même que celle-ci ait eu le temps de se penser et de se structurer, réactions immédiatement médiatisées à leur tour (notamment par voie de sondage), sont, comme leur nom l'indique, réactives et réactionnaires, et a priori paralysantes; même quand elles sont contradictoires cela conforte encore le statu quo. A part le plaisir ("révolutionnaire" aussi à sa manière) de faire tomber des têtes, ça ne débouche pas sur plus d'audace ou d'innovation politique -- au contraire, me semble-t-il.

A tort ou à raison, j'ai quand même le sentiment qu'indépendamment de la cuisine politicienne la Suisse se porte plutôt mieux, au plan économique et social, que l'ensemble de ses voisins... Si les Suisses eux-mêmes partagent ce sentiment, on peut comprendre qu'ils ne soient pas trop pressés d'essayer les recettes d'en face !
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MessageSujet: Re: inter-minables   Ven 02 Juin 2017, 11:04

«Erreur historique» et «honte internationale»: réactions virulentes aux Etats-Unis après l'annonce de Trump

«J’ai été élu pour représenter les électeurs de Pittsburgh, pas ceux de Paris». En choisissant de sortir les Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat, Donald Trump a suscité des réactions nombreuses et véhémentes, comme celle du maire démocrate de Pittsburgh (Pennsylvanie), Bill Peduto. En rappelant que le candidat Trump avait largement été battu dans le comté d’Allegheny où se situe sa ville, Bill Peduto a assuré qu’il «suivra les directives de l’accord de Paris, pour notre peuple, notre économie et notre futur».
Le communiqué de l’ancien président Barack Obama s’est lui voulu pédagogique et optimiste : «Même en l’absence de leadership américain, même si cette administration rejoint un petit groupe de Nations qui rejette le futur, je suis certain que nos Etats, nos villes, et nos entreprises vont intensifier leurs actions et faire encore plus pour montrer la voie et protéger la seule planète que nous avons.» Les gouverneurs de la Californie, de New York et de Washington (un cinquième du PIB) ont annoncé le même jour la création de l’US Climate Alliance afin de tenir les engagements de l’Amérique dans l’accord de Paris. John Kerry a éreinté de son côté «l’ignorance intentionnelle» du président Trump. L’ancien secrétaire d’Etat voit dans cette action «un appel cynique à une faction antiscience d’intérêt privé, bien loin du grand public. On ne peut fonder sur cette base une décision qui affectera des milliards de vies». Hillary Clinton parle d’une «erreur historique». Pour le sénateur du Vermont Bernie Sanders, Trump a signé «l’abdication du leadership américain» et suscité une «honte internationale». L’ancien vice président Al Gore a condamné «une action irréfléchie et indéfendable».

http://www.liberation.fr/planete/2017/06/02/erreur-historique-et-honte-internationale-reactions-virulentes-aux-etats-unis-apres-l-annonce-de-tru_1574033
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MessageSujet: Re: inter-minables   Ven 02 Juin 2017, 12:25

Il me semble voir dans la réaction de M. Trump face aux accords de Paris, celle d'un homme très implanté dans le monde des affaires espérant ne rien perdre financièrement parlant par la mise en application du processus lancé à Paris afin de mieux gérer l'impact humain sur le climat. Certes de tout temps le climat a changé en témoigne les glaciations puis la remontée des températures, mais ce qui s'est modifié c'est le rythme même du changement et l'homme a une part dans cette accélération.

Alors que de nombreux hommes d'affaire et non des moindres dénoncent les erreurs commises par le passé et nous encouragent à saisir l'opportunité d'un changement de paradigme en vue d'entrer pleinement dans le 21e siècle, sans provoquer de catastrophes sur le plan sociétal et humain, d'autres s'accrochent à leurs privilèges parce qu'ils n'ont pas compris et non pas saisis que le monde change et qu'il est difficile, voire dangereux, de ne pas s'adapter.

Des espèces animales ont disparu parce qu'elles n'ont pas pu s'adapter pourtant elles étaient les grands dominateurs à leur époque, l'homme moderne est-il tenté d'être la prochaine espèce à disparaître définitivement de façon rapide? Le Trumporaptor sera-t-il la prochaine espèce en voie de disparition?
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MessageSujet: Re: inter-minables   Ven 02 Juin 2017, 12:47

Trump au moins n'a pas dissimulé ce qu'il était: c'est bien pour ça qu'ont voté des dizaines de millions d'Américains -- même s'ils n'étaient pas la majorité, même si une partie d'entre eux (comme des observateurs étrangers, d'ailleurs) s'est leurrée en ne le prenant pas au sérieux ou en s'imaginant que l'exercice du pouvoir le raisonnerait.

L'acte aura peut-être le mérite de sensibiliser un peu plus l'opinion à la réalité et à la gravité du problème que l'illusion lénifiante d'un consensus international, dépourvu d'ailleurs de toute force de contrainte.

Mais -- je me répète, peut-être trop et assurément pas assez -- je crois que les enjeux dépassent très largement la capacité du politique, parce que la destruction de "l'environnement" en cours résulte d'une dynamique massive et continue de "l'humanité" et de son "histoire" depuis au moins 500 ans; une dynamique que l'enchevêtrement des "causes" démographiques, économiques, sociales, politiques, morales, philosophiques, culturelles, scientifiques, techniques, aggrave inexorablement jusque par ses antagonismes internes -- même la politique écologique la plus "radicale" possible puiserait ses ressources dans le même mouvement et contribuerait malgré elle à le poursuivre, affectant à peine les modalités de son agonie.

La seule "alternative" que je voie à cette "fin du monde" lente et progressive, dans tous les sens du terme, c'est une catastrophe brutale, sans commune mesure avec toutes les horreurs de l'histoire moderne qui n'ont fait qu'accélérer le mouvement -- ce qui peut toujours arriver mais non être décidé par l'"animal rationnel" et "politique" (zôon logon ekhon, zôon politikon, selon les formules d'Aristote).
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