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 bénédictions, malédictions, etc.

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Narkissos

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MessageSujet: bénédictions, malédictions, etc.   Ven 17 Mar 2017, 13:03

C'est, indirectement, l'hymne bouddhiste présenté(e) par le chapelier toqué qui m'incite à ouvrir ce sujet.

La notion de "bénédiction" est tellement vieille et répandue, dans tous les sens du terme -- commune probablement à toutes les "religions" et à toutes les "cultures", reconnaissable jusque dans les salutations et les formules de politesse les plus courantes -- qu'elle en passe presque inaperçue. Aussi diffuse et usée que diffusée, depuis l'acte de parole solennel et typiquement sacerdotal auquel s'attache une "efficacité" magique, performative au plus haut degré (bénir c'est alors faire ou produire le "bien" qu'on dit, avec toute l'autorité d'une divinité explicite ou d'un sacré implicite; de même pour la malédiction qui fait le mal qu'elle dit), avec ses avatars modernes dans les "vœux" conventionnels et plus ou moins officiels; jusqu'à l'éloge (<- eulogia = bénédiction), funèbre ou non, ce dire-du-bien qui semble ne rien "faire", ou dont le "faire" est plus discret ou retors -- ainsi dans la "béatitude" ou "macarisme" ("heureux qui", makarios-beatus, et que l'anglais traduit "blessed", béni) qui paraît simplement constater un "bonheur", fût-il paradoxal, tout en y contribuant d'une certaine manière (noter d'ailleurs l'hésitation du mode du verbe, même sous-entendu, entre indicatif et subjonctif en français: béni/heureux est X suggère un simple constat, béni/heureux soit X une sorte de "vœu"). On bénit ou on maudit en bien des sens des gens et des choses ("la vie" par exemple). Bénir est aussi multiple que ses contraires (malédiction, médisance, dénigrement, diffamation, injure, etc.).

Particulièrement remarquable est l'intérêt (souvent rattaché, à divers titres, à un "judéo-christianisme") que lui portent certains textes du NT (p. ex. Luc 6,28; Romains 12,14; Jacques 3,9ss), parce qu'ils semblent en refuser la symétrie: il faudrait toujours bénir et ne jamais maudire, ni médire (etc.). -- En quoi on peut estimer que l'évangile selon Luc, en flanquant les "béatitudes" de "malédictions" symétriques (ouai, vae, "malheur à" X ou "quel malheur pour" X), trahit par excès de logique binaire l'esprit des béatitudes matthéennes, qui sont précisément sans "contraire"; et ce bien qu'il introduise aussi le précepte de "bénir ceux qui vous maudissent". -- Cette valeur attachée unilatéralement au bénir ou au bien-dire me semble spécialement proche de l'intuition bouddhiste (du moins telle qu'elle apparaît dans le texte précité: même si le mot "bénir" n'apparaît pas dans la traduction, "souhaiter le bien de tous les êtres" ne dit pas autre chose).

C'est en tout cas un thème très riche, dans la Bible entre autres (des centaines d'exemples viendraient facilement à l'esprit), qui mérite sans doute plus d'attention et de réflexion qu'on ne lui en accorde habituellement.
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le chapelier toqué

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MessageSujet: Re: bénédictions, malédictions, etc.   Ven 17 Mar 2017, 20:03

Merci Narkissos de lancer ce nouveau fil en utilisant deux termes que nous rencontrons dans la vie courante sans que nous n'y prêtions garde. Ainsi tu as attiré mon attention sur "éloge" funèbre ou non qui ne signifie rien d'autre que bénédiction. Est-ce par pudeur que l'on a traduit ce terme grec eulogia par éloge et non bénédiction?

De plus il me semble que l'on utilise plus souvent le mot maudit que le mot bénit. A-t-on peur de son contexte religieux?
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Narkissos

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MessageSujet: Re: bénédictions, malédictions, etc.   Ven 17 Mar 2017, 21:26

le chapelier toqué a écrit:
Est-ce par pudeur que l'on a traduit ce terme grec eulogia par éloge et non bénédiction?

C'est moins une traduction qu'une dérivation linguistique "naturelle", c.-à-d. historique, qui passe en l'occurrence par la contamination d'elogium et eulogia en latin. En parlant de "pudeur", tu me fais d'ailleurs penser que l'euphémisme est en quelque sorte un cousin germain (et néanmoins grec) de l'eulogie (même préfixe eu- pour le bien, comme dans l'eu-aggelion = év-angile = bonne nouvelle, combiné avec deux thèmes verbaux différents, doublement verbaux puisqu'il s'agit de deux verbes de parole, phèmi et legô) -- l'eulogie étant notamment en français moderne la formule conventionnelle (du genre "béni soit-il") qui suit presque systématiquement le nom de certains personnages (Dieu ou prophètes) dans le judaïsme ou l'islam. Ajoutons à cela que dans la bible hébraïque on "bénit Dieu" (brk, d'où l'argot baraka dérivé de l'arabe) comme on le "loue" (hll etc.), et que dans l'usage (déjà pré-massorétique) des scribes on écrivait "bénir Dieu" pour "maudire Dieu" (par euphémisme ou eugraphisme donc, p. ex. dans le prologue de Job), on a là un "nœud" linguistique particulièrement chiadé complexe.

Je ne suggère pas un instant que tous ces mots signifient la même chose, du point de vue synchronique de la sémantique: en français tel qu'on le parle aujourd'hui, il y a une distinction de sens tout à fait nette entre "bénédiction" et "éloge", entre l'idée d'appeler (de façon quasi magique) le "bien" sur quelqu'un ou quelque chose et celle d'en dire du bien; comme il y en a une, analogue par symétrie, entre malédiction et médisance. Mais il n'empêche que dans la profondeur stratifiée des "étymologies" comme aux limites des usages tout se brouille: que dit-on et que fait-on quand on "bénit" ou "maudit" Dieu ou la vie, p. ex.?

Citation :
De plus il me semble que l'on utilise plus souvent le mot maudit que le mot bénit. A-t-on peur de son contexte religieux?

Je ne l'avais pas remarqué mais maintenant que tu le dis ça me semble juste -- et intéressant. Il y a sans doute dans l'usage moderne et sécularisé une distance ironique à l'égard des deux termes, pour ce qu'ils comportent précisément de religieux, de magique ou de superstitieux. Mais que malgré cela on parle plus volontiers de "malédiction" que de "bénédiction", c'est tout à fait remarquable. Entre "bien" et "mal" la symétrie n'est que superficielle, et le rapport plus compliqué qu'il en a l'air.

Ce que je trouve surtout fascinant dans l'idée de la bénédiction commune à un certain bouddhisme et à un certain (judéo-)christianisme, c'est qu'on puisse la vouloir à la fois exclusive (au sens où elle exclurait toute malédiction et toute médisance) et inclusive (au sens où elle s'étendrait à tous les êtres, y compris les maudissants et les médisants). Fascinant, parce que c'est une idée ou un idéal que je regarde "de loin", sans pouvoir prétendre l'avoir sérieusement "expérimenté(e)", et qui me semble cependant extrêmement attirant(e) ou séduisant(e). Etrangement inaccessible et accessible aussi, comme les préceptes du Sermon sur la Montagne (p. ex. "ne pas juger"): si l'on a toujours déjà maudit et médit (ou jugé), s'il est toujours déjà trop tard pour ne l'avoir jamais fait, il reste toujours possible, au moins ponctuellement, de cesser de le faire -- et de "bénir".

Mais à mes yeux (occidentaux) la durée c'est autre chose, et je ne vois pas comment elle pourrait faire l'économie de la malédiction et de la médisance, du jugement et du mépris, du négatif, du "mal" ou du "péché" en général (ni comment une "société", une "culture" ou une "histoire", si élémentaire soit-elle, pourrait s'en passer). Bénir en quittant, quitter en bénissant comme disait Nietzsche de la vie (ce n'est pas un hasard si les bénédictions "bibliques" sont souvent associées aux scènes d'adieux et de départ, au lit de mort en particulier); mais en restant ?

La bénédiction universelle est peut-être l'acte "eschatologique" par excellence; son association bouddhique à l'idée d'extinction sans retour ne ferait que le souligner.
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MessageSujet: Re: bénédictions, malédictions, etc.   Mar 21 Mar 2017, 15:51

Citation :
Mais à mes yeux (occidentaux) la durée c'est autre chose, et je ne vois pas comment elle pourrait faire l'économie de la malédiction et de la médisance, du jugement et du mépris, du négatif, du "mal" ou du "péché" en général (ni comment une "société", une "culture" ou une "histoire", si élémentaire soit-elle, pourrait s'en passer). Bénir en quittant, quitter en bénissant comme disait Nietzsche de la vie (ce n'est pas un hasard si les bénédictions "bibliques" sont souvent associées aux scènes d'adieux et de départ, au lit de mort en particulier); mais en restant ?


"Le SEIGNEUR dit à Abram : Va-t'en de ton pays, du lieu de tes origines et de la maison de ton père, vers le pays que je te montrerai. Je ferai de toi une grande nation et je te bénirai ; je rendrai ton nom grand, et tu seras une bénédiction. Je bénirai ceux qui te béniront, je maudirai celui qui te maudira. Tous les clans de la terre se béniront par toi" Gen 12,1 ss


Un homme choisi de Dieu peut-être une source infini de bénédiction, une simple bénédiction adressée à cette homme peut engendrer la bénédiction divine.
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Narkissos

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MessageSujet: Re: bénédictions, malédictions, etc.   Mar 21 Mar 2017, 19:00

C'est un cas très intéressant à beaucoup d'égards: il illustre non seulement la "polysémie" (multiplicité de sens) de la "bénédiction", mais encore la diversité des "passages" d'un sens à l'autre:

1) Yahvé bénit Abram (je te bénirai): en tant que bénédiction émanant de la divinité même, supérieurement puissante sinon toute-puissante, c'est la parole "efficace" par excellence -- en appelant le "bien" ou le "bonheur" sur qqn, le dieu lui fait effectivement du "bien" (le rend prospère, fécond, etc.);

2) Yahvé bénit (aussi, de la même manière) ceux qui bénissent Abram (et symétriquement maudit ceux qui le maudissent): on glisse ainsi de la bénédiction divine absolue à la pratique de la bénédiction et de la malédiction dans les relations humaines, ce qui offre une garantie de sécurité supplémentaire pour Abram (ses amis ou alliés qui le bénissent seront favorisés, ses ennemis qui le maudissent défavorisés, à la limite éliminés); nous dirions peut-être que l'efficacité n'est plus seulement "magique", elle opère aussi sur un plan "psychologique", incitatif et dissuasif (cf. aussi 27,29; Nombres 24,9);

3) Abram lui-même devient "une bénédiction": son sort exemplairement heureux, du fait de la bénédiction divine sur lui-même et sur ceux qui le bénissent, devient une référence des formules de bénédiction; quand on voudra "bénir" qqn, on pourra dire "sois béni (= heureux, prospère) comme Abram"; c'est également ce que signifie, dans un premier temps, "tous les clans de la terre se béniront par toi" (= par ton nom): le nom d'Abram (ou d'Abraham) est appelé à devenir une référence de bénédiction universelle, partout on (se) bénira en s'y référant (sois béni comme Abram); on pourra en outre "bénir Abram" pour être "béni" soi-même. Simple description (anticipée) d'un "phénomène culturel" si l'on veut, mais qui magnifie (ou hyperbolise) le bonheur d'Abram résultant directement et indirectement de la bénédiction divine.

De ce sens (3) on va passer à un tout autre sens 4), notamment avec la traduction grecque au futur passif (Septante): "toutes les tribus de la terre seront bénies en/par toi", i.e.: la bénédiction divine "efficace" d'Abram s'étend effectivement à toutes les nations -- sens qui n'était pas directement celui de l'hébreu, mais qui va devenir essentiel dans la lecture qu'en fera, en grec, le christianisme paulinien (Romains, Galates).
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MessageSujet: Re: bénédictions, malédictions, etc.   Mer 22 Mar 2017, 12:12

Merci Narkissos pour ces explications très intéressantes.


Dans le cas d'Abram,  a bénédiction est essentiellement donnée, elle n'est pas conditionnée par l'obéissance à une loi. Le livre du Deutéronome introduit conditionne la bénédiction divine à l'obéissance :


" Si tu écoutes vraiment la voix du SEIGNEUR ton Dieu en veillant à mettre en pratique tous ses commandements que je te donne aujourd’hui, alors le SEIGNEUR ton Dieu te rendra supérieur à toutes les nations du pays (...) « Mais si tu n’écoutes pas la voix du SEIGNEUR ton Dieu en veillant à mettre en pratique tous ses commandements et ses lois que je te donne aujourd’hui, voici les malédictions qui viendront sur toi et qui t’atteindront " Dt 28, 1 et 15



Certains textes expriment l'idée que la reconnaissance de ceux qui sont l'objet de l'attention de Dieu doit être proportionnelle à la bénédiction divine :


"Puis tu célébreras la fête des Semaines pour le SEIGNEUR, ton Dieu ; l'offrande volontaire que tu donneras sera à proportion des bénédictions que le SEIGNEUR, ton Dieu, t'aura accordées" et "Chacun donnera ce qu'il pourra, selon la bénédiction que le SEIGNEUR, ton Dieu, lui aura accordée". Dt 16,10 et 17
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MessageSujet: Re: bénédictions, malédictions, etc.   Mer 22 Mar 2017, 13:08

En Genèse 12, la bénédiction est quand même "conditionnée" à une "obéissance" -- certes pas à une "loi" générale mais à un ordre personnel et ponctuel (va-t'en). Sur le thème différent de la "justification", l'épître aux Romains choisit un autre texte-"preuve" de la Genèse, 15,6 (qui s'y prête non seulement par son vocabulaire, surtout en grec, mais aussi parce qu'il ne fait apparaître ni "condition" ni "contrepartie" autre que "la foi", en l'occurrence dans la promesse d'une descendance -- lecture qui sera naturellement contestée par l'épître de Jacques).

Les longues séries de bénédictions et de malédictions symétriques de la fin du Deutéronome ou du Lévitique sont directement inspirées des traités de vassalité assyriens -- "alliances" ou "dispositions" elles-mêmes dissymétriques au plus haut point, puisque c'est un souverain ou suzerain qui impose unilatéralement à un vassal ou à un vaincu ses conditions, assorties de promesses en cas de respect et de menaces en cas de trahison. La bénédiction et la malédiction font partie intégrante du serment qu'implique la conclusion de l'alliance (ou l'acceptation de la disposition) pour l'inférieur: celui-ci se maudit (= appelle le malheur sur) lui-même, d'avance, en cas de défaut.

Dans le dernier texte que tu cites il faut aussi remarquer le glissement "métonymique": la "bénédiction" n'est plus (seulement) un "acte de parole" divin ou humain, mais son résultat concret, quantifiable, voire mesurable (la notion de proportionnalité étant logiquement dépendante de celles de quantité et de mesure): bienfait, bonheur, avantage plus ou moins "grand", santé, prospérité, spécialement richesse (et symétriquement pour la "malédiction" = malheur, misère, etc.)-- ce qui "fonctionne" aussi parfaitement en français, avec plus ou moins de distance ironique dans un usage moderne "sécularisé".
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MessageSujet: Re: bénédictions, malédictions, etc.   Jeu 23 Mar 2017, 12:12

En Nb 22 nous retrouvons un personnage nommé  Balaam qui semble posseder le pouvoir de bénir et de maudire : " car je sais que celui que tu bénis est béni, et que celui que tu maudis est maudit." (22,6).
Ce pouvoir est tellement craint et réel, qu'il oblige Dieu, à intervenir lui-même. Même si Balaam affirme agir "d'après ce que le SEIGNEUR me dira"(22,Cool, il ne dit pas détenir ce pouvoir de Dieu. Balaam peut maudire Israël avec succès mais il ne veut pas aller à l'encontre de la volonté de Dieu :  "Comment vouerais-je à la malédiction celui que Dieu n'a pas voué à la malédiction ?"(23,Cool
Face au refus de Balaam de maudire Israël,  Balaq change de stratégie, il demande à Balaam, "Ne le maudis point, soit, mais ne le bénis point non plus" (23,25) et surtout il pense qu'en changeant d'endroit , la malédiction fonctionnera, "Balaq dit à Balaam : Viens, je te prie, je te mènerai dans un autre lieu ; peut-être conviendra-t-il à Dieu que, de là, tu le voues pour moi à la malédiction"(23,27) 


Dernière édition par free le Jeu 23 Mar 2017, 13:39, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: bénédictions, malédictions, etc.   Jeu 23 Mar 2017, 12:56

C'est aussi un texte passionnant, qui implique une tension irréductible entre le "point de vue" qui constitue le ressort même du récit (la bénédiction/malédiction supposée efficace et irréversible est un enjeu qui dépasse et donc intéresse tous les protagonistes, y compris Yahvé: ils sont de puissance inégale mais aucun n'est tout-puissant; un "tout-puissant" n'aurait pas besoin de s'emparer, comme Yahvé le fait, de la parole de Balaam, il pourrait tout aussi bien le laisser maudire tant qu'il veut), et celui de la logique "monothéiste" qui le reçoit (et en assure sans doute déjà l'"édition" finale). Cette "logique" logiquement annulerait sinon tout récit, au moins ce genre de récit où Yahvé est un personnage comme un autre, même s'il est plus puissant ou plus malin que les autres. La tension se résout superficiellement sur un mode comique (comme dans le récit de l'Eden, la Tour de Babel, Jonas etc.): "Dieu" joue ou fait semblant de jouer avec les hommes, comme s'il y avait pour lui un enjeu, même s'il n'y en a pas.

(L'embarras de la réception monothéiste se traduit aussi par de nombreuses contradictions narratives: Yahvé veut et ne veut pas que Balaam y aille; Balaam lui-même est parfaitement obéissant dans les chapitres 22--24, et il rentre chez lui comme si de rien n'était; mais au chapitre 31 on lui impute soudain la responsabilité morale de l'épisode du chapitre 25, et il meurt sur place. Sur l'origine du personnage de Balaam dans la tradition régionale, voir p. ex. ici.)
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MessageSujet: Re: bénédictions, malédictions, etc.   Ven 24 Mar 2017, 15:45

Galates 3,13 indique que la bénédiction peut surgir de la malédiction :

"Christ a payé pour nous libérer de la malédiction de la loi, en devenant lui-même malédiction pour nous, puisqu’il est écrit : Maudit quiconque est pendu au boisCela pour que la bénédiction d’Abraham parvienne aux païens en Jésus Christ, et qu’ainsi nous recevions, par la foi, l’Esprit, objet de la promesse. "
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MessageSujet: Re: bénédictions, malédictions, etc.   Ven 24 Mar 2017, 16:18

Le changement (renversement, retournement) de la malédiction en bénédiction, c'est aussi le résumé de l'histoire de Balaam dans plusieurs textes (p. ex. Deutéronome 23,4s; Néhémie 13,2) -- qui d'ailleurs ne présupposent pas nécessairement le récit que nous lisons dans les Nombres (à lire cette seule formule, "Dieu a changé la malédiction en bénédiction", on pourrait imaginer aussi bien un changement d'interprétation qu'un changement de texte: une malédiction annulée et remplacée, ou contrée et neutralisée par une bénédiction, comme en Juges 17,2 ou dans le jeu des décrets irrévocables d'Esther -- autre chose en tout cas que l'intrigue des Nombres où, de fait, aucune malédiction n'est prononcée).

Il y a en effet plus d'une manière (tour, astuce) pour produire ce genre de renversement du "mal" en "bien", en magie ou en littérature (cf. déjà Genèse 50,20), en passant par la théologie et la philosophie (notamment "dialectique")... c'est un jeu dont l'esprit (humain, voire divin) ne semble guère se lasser -- peut-être l'essence même de ce qu'on appelle (en plus d'un sens aussi) "l'esprit", son ressort et sa perversion qui ne rêve que de ça: retourner l'irréversible.

Dans le cas de Galates 3, le tour de passe-passe est rhétorique, et il tient en quelques lignes: le Christ, en tant que crucifié et ressuscité, réunit en lui la malédiction de la Loi (v. 10ss) et la bénédiction d'Abraham par la foi (v. 8s). Raisonnement purement "formel", patchwork de citations dont on peut suivre l'enchaînement à la trace (v. 6 = Genèse 15,6; v. 8 = Genèse 12,3 etc.; v. 10 = Deutéronome 27,26; v. 11 = Habacuc 2,4; v. 12 = Lévitique 18,5; v. 13 = Deutéronome 21,23; v. 16 = Genèse 12,7 etc.), efficace si on n'y regarde pas de plus près.

Cependant, sous le raisonnement superficiel qui prête le flanc à une critique superficielle (il suffit de lire les citations en contexte), il y a une intuition profonde: il n'est pour le "maudit" d'autre accès à la "bénédiction" que d'embrasser sa "malédiction", et d'aller jusqu'au bout de celle-ci -- ce qu'on retrouverait par exemple, avec un autre vocabulaire et un autre style (poétique), dans les Lamentations (3,22ss).

Il y a d'ailleurs quelque chose d'analogue dans le Deutéronome lui-même, après l'énoncé des bénédictions et des malédictions (chap. 28), en 30,1: la repentance et la restauration sont promises "quand toutes ces paroles/choses seront venues sur toi, la bénédiction et la malédiction que j'ai mises devant toi" -- autrement dit, ce qui se présentait a priori comme une alternative (bénédiction OU malédiction) apparaît après coup comme un cycle qu'il faudrait parcourir tout entier (bénédiction ET malédiction) pour en sortir (ou le recommencer)...

[En relisant quelques textes sur ce thème, je retombe aussi sur le Psaume 109,28, qui me rappelle un lointain souvenir, tout à la fin de ma période jéhoviste: je feuilletais une bible en attendant ma dernière "audition" ("d'appel") de "comité judiciaire" quand mes yeux sont tombés sur ce verset: "Qu'ils maudissent, eux ! Toi (Yahvé, Jéhovah), tu béniras..." En ce qui concerne notre discussion, on peut remarquer que ce texte présuppose un tout autre rapport de Yahvé à la "malédiction" que Nombres 22--24: s'il lui suffisait de bénir pour annuler toute malédiction humaine, ce n'était pas la peine qu'il se décarcasse à empêcher Balaam de maudire...]
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MessageSujet: Re: bénédictions, malédictions, etc.   Mer 19 Avr 2017, 17:20

" Il dit à Adam : « Parce que tu as écouté la voix de ta femme et que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais formellement prescrit de ne pas manger, le sol sera maudit à cause de toi. C’est dans la peine que tu t’en nourriras tous les jours de ta vie, il fera germer pour toi l’épine et le chardon et tu mangeras l’herbe des champs. A la sueur de ton visage tu mangeras du pain jusqu’à ce que tu retournes au sol car c’est de lui que tu as été pris. Oui, tu es poussière et à la poussière tu retourneras. » Gen 3,17 ss

Ce n'est pas l'homme lui-même qui est maudit, mais le sol ou la terre. on a des difficulté à déterminer si cette cette malédiction est une punition divine ou la simple conséquence que la faute de l'homme a provoqué et que Dieu acte et souligne. Cette malédiction ne concerne pas toutefois que le sol et le travail humain, elle s'adresse aussi au serpent :

"Le SEIGNEUR Dieu dit au serpent : « Parce que tu as fait cela, tu seras maudit entre tous les bestiaux et toutes les bêtes des champs ; tu marcheras sur ton ventre et tu mangeras de la poussière tous les jours de ta vie" (3,14)

La Genèse met en évidence une certaine solidarité entre serpent et l'homme  concernant la malédiction que l'un et l'autre ont reçu qui les positionnent sur le sol, le serpent étant  appelé à y ramper et l'homme  à s'y pencher pour son travail. 


Les notions de malédiction et de bénédiction apparaissent très tôt dans l'histoire de l'humanité :

"Lorsque Noé, ayant cuvé son vin, sut ce qu’avait fait son plus jeune fils, il s’écria :« Maudit soit Canaan, qu’il soit le dernier des serviteurs de ses frères ! »(9,24)

"Je ferai de toi une grande nation et je te bénirai. Je rendrai grand ton nom. Sois en bénédiction. Je bénirai ceux qui te béniront, qui te bafouera je le maudirai ; en toi seront bénies toutes les familles de la terre. » (12,2 ss)

"Que des peuples te servent et que des populations se prosternent devant toi ! Sois chef pour tes frères, et que les fils de ta mère se prosternent devant toi !
Maudit soit qui te maudira, béni soit qui te bénira ! »(27,29)
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MessageSujet: Re: bénédictions, malédictions, etc.   Mer 19 Avr 2017, 23:09

Pour rappel, le "sol" ou la "terre" dans le texte hébreu de Genèse 2--3 c'est l''adama (féminine) dont l''adam est tiré et où il retourne (cf. le génial lapsus sur la "mère" où l'on retourne en Job 1,21: la mère pour la terre). (Accessoirement, la famille latine de "sol" est très intéressante aussi, puis qu'on y retrouve seul et solitude, désolation et consolation, solidité et solidarité, etc. -- le fameux jeu de mots de Camus à la fin de Jonas, solitaire/solidaire, est plus profond qu'il n'en a l'air.)

Comme on l'a souvent dit ailleurs (je ne sais plus où), l'alternative "punition" OU "conséquence" est essentiellement une question moderne: dans l'Antiquité le même "malheur" peut être lu tantôt comme châtiment divin, voire supra-divin (automatisme impersonnel du "destin", de la "nécessité", de la "colère", de la "justice" ou de la "loi"; moira, anagkè, dikè, nomos-nemesis, etc.) et tantôt comme simple conséquence de causes "historiques" ou "rationnelles", au ras des "événements" humains -- les deux "lectures" se superposent plus qu'elles ne s'opposent. Ce n'est pas que la question n'ait aucune pertinence (elle en a forcément une pour nous qui pratiquons la distinction, fût-ce pour en jouer de manière plus ou moins perverse: ainsi quand un parent ou un juge dit à celui qu'il punit que la punition n'est qu'une conséquence de ses actes), mais il ne faut pas s'attendre à la voir tranchée dans des textes anciens auxquels elle ne se pose pas comme telle.

Il y a d'ailleurs quelque chose d'analogue dans le tremblement de la traduction (p. ex. française) entre l'indicatif et le subjonctif: béni/maudit est ou soit x ? La première formule évoque le constat d'un fait, de quelque chose qui serait sans que le locuteur y soit pour rien (comme une "conséquence"); la seconde, une parole "efficace" (performative) qui change les choses (comme une "punition"). Entre les deux le traducteur doit décider dans l'indécidable -- entre une parole qui ne décide de rien et une parole qui décide de tout.

[Du reste, le tremblement ne s'arrête pas là, même si la suite n'affecte pas la traduction: quand je bénis ou maudis qqn ou qqch en disant, au passif sans complément d'agent, "béni/maudit est/soit x", on peut supposer que je me réfère ou que j'en appelle implicitement à une instance supérieure, dieu personnel ou puissance impersonnelle, susceptible de réaliser ma béné- ou malédiction verbale, de faire effectivement du bien ou du mal à x. Mais quand un dieu, ou Dieu, dit la même chose, à qui ou à quoi se réfère-t-il, ou en appelle-t-il ?]

Sur Genèse 12 et 27, voir supra 21.3.17.
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MessageSujet: Re: bénédictions, malédictions, etc.   Ven 28 Avr 2017, 14:54

"Dieu les bénit ; Dieu leur dit : Soyez féconds, multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la. Dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel et sur tous les animaux qui fourmillent sur la terre." Gen 1,28


Cette bénédiction adressée à l'homme et la femme n'a pas été annulée par les différentes malédictions prononcées par Dieu. En effet Dieu maudit le serpent (Gen 3,14) et le sol ("le sol sera maudit à cause de toi" Gen 3,17) mais pas "directement" les humains.  Cette malédiction côtoie la bénédiction initiale, elle l'a perturbe et la contrarie mais ne l'efface pas. La malédiction ne neutralise pas la bénédiction. La malédiction de Gen 3 atténue énormément la portée de la bénédiction en lien avec l'injonction "soumettez-la", puisque l'Homme portera le poids de la peine et de la souffrance ("A la sueur de ton visage tu mangeras du pain jusqu’à ce que tu retournes au sol car c’est de lui que tu as été pris. Oui, tu es poussière et à la poussière tu retourneras."). La seule notion de la domination que nous retrouvons dans la malédiction c'est celle qui indique que la femme un être dominé au sein du couple humain.
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MessageSujet: Re: bénédictions, malédictions, etc.   Ven 28 Avr 2017, 15:34

Les malédictions de Genèse 3 affectent d'autant moins la bénédiction de Genèse 1 que Genèse 2,4b--3 n'est pas une "suite" de Genèse 1--2,4a -- tout en étant une "suite" dans l'ordre naturel de la lecture. Le lecteur qui veut le lire comme une "suite" en est empêché par le texte même, qui en 2,4 reprend tout à zéro et raconte une toute autre histoire. Malheureusement il a oublié ce détail lorsqu'il arrive au chapitre 3...

Cela rappelé, il y a bien un effet de la juxtaposition des deux récits; quand leur articulation est conçue comme une "suite" (neuf fois sur dix au bas mot), on peut dire (au choix) que les malédictions "annulent", "perturbent", "contrarient", "effacent", "neutralisent, "atténuent" la bénédiction "initiale". Mais si on se rappelle que ce n'est justement pas une "suite", il se crée au contraire une équivalence paradoxale entre les deux. Le même monde, la même réalité peut se lire sous le signe de la "bénédiction" (selon le premier récit) ou de la "malédiction" (selon le second).
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MessageSujet: Re: bénédictions, malédictions, etc.   Sam 14 Avr 2018, 18:08

Que Yahvé te bénisse et te garde,
Que Yahvé fasse briller sa face vers toi et te fasse grâce
(variante d'après le syriaque: te fasse vivre),
Que Yahvé lève sa face vers toi et t'accorde la paix
(santé, prospérité, plénitude, etc.: shalom).
Nombres 6,24ss.

C'est une plaisanterie de Joyce sur la fameuse bénédiction irlandaise (May the wind be always at your back -- avec la même polysémie pour le mot wind que pour notre ou nos "vent[s]") qui me rappelle cette "bénédiction sacerdotale" (v. 23) destinée à mettre ou à placer (du verbe traduit ci-dessus par "accorder" dans la troisième bénédiction) le nom de Yahvé sur les fils d'Israël, pour qu'il les bénisse (v. 27). Il eût été dommage de ne pas l'évoquer ici.

Une découverte archéologique de la fin des années 1970, sur le site funéraire de Keteph Hinnom (un promontoire au-dessus de la "vallée de Hinnom" d'où nous vient la non moins fameuse "géhenne", juste en face de la Vieille ville de Jérusalem) jette une lumière fort intéressante sur ce texte. Deux petits rouleaux d'argent dans une sépulture, dont le texte gravé lui correspond en partie (pour le début dans les deux cas, pour la fin dans un seul). Ce serait en effet la plus ancienne trace épigraphique d'un texte "biblique" connue, datée entre la fin du VIIe siècle av. J.-C. et le VIe, soit un peu avant la destruction de Jérusalem par Nabuchodonosor ou un peu après le retour de l'exil.

Je mets des guillemets à "biblique" car -- contrairement à ce qu'en a prétendu, sans vergogne et sans surprise, l'apologétique fondamentaliste -- ces artefacts ne supposent en rien l'existence antérieure du livre des Nombres ou de la Torah tels que nous les lisons. Ils montrent cependant que la Torah a préservé en l'occurrence une bénédiction yahviste ancienne; et, chose que les apologistes soulignent moins, que cette bénédiction servait notamment à accompagner, sous forme écrite, les morts dans la tombe, comme une amulette apotropaïque (pour écarter le mal), dans la droite ligne des pratiques funéraires égyptiennes.

Malgré toutes les réserves de la Torah, il y apparaît aussi que bénir -- les dieux et les hommes, les vivants et les morts, par la parole et l'écriture -- est une fonction essentielle du prêtre (cf. aussi Lévitique 9,22s; Deutéronome 10,8; 21,5; Josué 8,33; 1 Chroniques 23,13; 2 Chroniques 30,27; Siracide 45,15). On pourrait dire la fonction principale ou même la seule, puisque toutes les autres (instruction = torah au premier sens du mot, purification, expiation, propitiation, etc.) y conduisent comme des moyens à une fin. Aujourd'hui encore, pas de messe ni de culte protestant tant soit peu structuré qui ne s'achève sur une bénédiction solennelle. Jusque dans le "vive la France (etc.)" qui conclut les discours officiels des hommes d'Etat laïque(s), le subjonctif à valeur jussive est de l'ordre de la bénédiction (explicitement dans la "religion civile" d'outre-Atlantique: God Bless America): en quiconque bénit c'est le prêtre qui parle -- et, comme le prêtre, souvent avec les mains, unissant dans un seul acte le geste et la parole.

---

J'ai déjà évoqué plus haut l'importance de la bénédiction chez Nietzsche (fils de pasteur, dans le monde luthérien on dit souvent et on pense toujours "prêtre"): elle est en particulier évidente dans Zarathoustra; je pense notamment à l'éloge de la main du vieux pape, que Zarathoustra trouve belle parce qu'habituée à bénir (IV, Hors de service).
Au hasard, ou presque:
Citation :

"Bénis-moi donc, œil tranquille, qui peux voir sans envie un bonheur même sans mesure!" (Prologue)
"Alors celui qui disparaît se bénira lui-même, afin de passer de l'autre côté; et le soleil de sa connaissance sera dans son midi." (Fin de la Première partie)
"Nous en voulons à ces médiateurs et à ces mêleurs, les nuages qui passent: à ces êtres mixtes et indécis, qui ne savent ni bénir ni maudire du fond du cœur."
"Et "qui ne sait bénir doit apprendre à maudire!" - ce clair enseignement m'est tombé d'un ciel clair, cette étoile brille à mon ciel, même dans les nuits noires.
Mais moi je bénis et j'affirme toujours, pourvu que tu sois autour de moi, ciel clair, abîme de lumière! - c'est alors que je porte dans tous les abîmes ma bienfaisante affirmation.
Je suis devenu celui qui bénit et qui affirme: et j'ai longtemps lutté pour cela; je fus un lutteur, afin d'avoir un jour les mains libres pour bénir.
Ceci cependant est ma bénédiction: être au-dessus de chaque chose comme son propre ciel, son toit arrondi, sa cloche d'azur et son éternelle quiétude: et bienheureux celui qui bénit ainsi!
Car toutes les choses sont baptisées à la source de l'éternité, par delà le bien et le mal; mais le bien et le mal ne sont eux-mêmes que des ombres fugitives, d'humides afflictions et des nuages passants.
En vérité, c'est une bénédiction et non une malédiction que d'enseigner: "Sur toutes choses, se trouve le ciel hasard, le ciel innocence, le ciel à peu près, le ciel pétulance." (II, Avant le lever du soleil)
"L'heure est venue maintenant, l'heure où celui qui disparaît se bénit lui-même. Ainsi - finit le déclin de Zarathoustra." (Le convalescent, 2)
"Si je me suis jamais assis plein d'allégresse, à l'endroit où sont enterrés des dieux anciens, bénissant et aimant le monde, à côté des monuments d'anciens calomniateurs du monde: - car j'aimerai même les églises et les tombeaux des dieux, quand le ciel regardera d'un œil clair à travers leurs voûtes brisées; j'aime à être assis sur les églises détruites, semblable à l'herbe et au rouge pavot -
O comment ne serais-je pas ardent de l'éternité, ardent du nuptial anneau des anneaux - l'anneau du devenir et du retour?" (Les sept sceaux, 2).
"Vois donc, ce qui a été réservé pour toi? Tu as des yeux, une main et une bouche, qui sont prédestinés à bénir de toute éternité. On ne bénit pas seulement avec la main.
Auprès de toi, quoique tu veuilles être le plus impie, je sens une odeur secrète de longues bénédictions: je la sens pour moi, à la fois bienfaisante et douloureuse." (IV, Hors de service, dixit le vieux pape à Zarathoustra, cf. supra).
"La douleur est aussi une joie, la malédiction est aussi une bénédiction, la nuit est aussi un soleil, - éloignez-vous, ou bien l'on vous enseignera qu'un sage est aussi un fou." (Le chant d'ivresse, 10)
"Doctrine principale: Nous avons le pouvoir d'interpréter la souffrance comme une bénédiction, le poison comme une nourriture. La volonté de souffrir." (Différents instruments, 69).
"La conception surhumaine du monde. Dionysos. Revenir, avec amour, de ce grand éloignement, vers le plus petit et le plus humble, - Zarathoustra bénissant tous les événements de sa vie et mourant en bénissant." (Ibid., 81)
"Nous devons cesser d'être des hommes qui prient, pour devenir des hommes qui bénissent!" (Ibid., 82)
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MessageSujet: Re: bénédictions, malédictions, etc.   Lun 16 Avr 2018, 10:26

Citation :
Je mets des guillemets à "biblique" car -- contrairement à ce qu'en a prétendu, sans vergogne et sans surprise, l'apologétique fondamentaliste -- ces artefacts ne supposent en rien l'existence antérieure du livre des Nombres ou de la Torah tels que nous les lisons. Ils montrent cependant que la Torah a préservé en l'occurrence une bénédiction yahviste ancienne; et, chose que les apologistes soulignent moins, que cette bénédiction servait notamment à accompagner, sous forme écrite, les morts dans la tombe, comme une amulette apotropaïque (pour écarter le mal), dans la droite ligne des pratiques funéraires égyptiennes.

Ketef Hinnom (en hébreu « l'épaule d'Hinnom ») est une colline dominant la vallée de Hinnom, au sud-ouest de la Vieille ville de Jérusalem. Entre 1975 et 1995, plusieurs campagnes de fouilles y furent menées, dirigées par Gabriel Barkay (en). Dans la zone proche de l'église Saint-André, des éléments allant de l'âge du fer à la période ottomane ont été mis au jour.
Les deux objets les plus importants trouvés dans une grotte funéraire sont deux petits rouleaux d'argent découvert en 1979. Ils furent précautionneusement déroulés par les spécialistes des laboratoires du Musée d'Israël. Ils portaient au revers une inscription en écriture paléo-hébraïque.
La plus large de ces deux plaques mesure 97 sur 27 mm, et la plus petite 39 sur 11 mm. La grande plaque contient une inscription de dix-huit lignes, lisible pour l'essentiel. L'une et l'autre contiennent des formules de bénédictions en écriture paléo-hébraïque, presque identiques à la bénédiction sacerdotale figurant dans le Livre des Nombres VI, 24-26. Ce texte, qui remonte à la fin du VIIe ou du début du VIe siècle av. J.-C.1, constitue le plus ancien fragment connu d'un texte biblique ce jour2 ; il précède de quelque cinq siècles les manuscrits de la mer Morte. Le mot YHWH y apparaît écrit. Ces minuscules rouleaux d'argent étaient sans doute portés en amulettes autour du cou.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ketef_Hinnom
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MessageSujet: Re: bénédictions, malédictions, etc.   Lun 16 Avr 2018, 13:11

Appeler ça "fragment d'un texte biblique" implique, bien sûr, le raisonnement vicieux que je dénonçais plus haut: on suppose le "texte biblique" existant et on y rapporte le "fragment" comme s'il en était "extrait". Alors que les documents ne témoignent que de la seule "bénédiction", sous une forme d'ailleurs sensiblement plus courte que celle des Nombres. Autonome jusqu'à preuve du contraire.

Il faudrait plutôt renverser la perspective, et dire de cette bénédiction ce qui vaut de nombreux textes poétiques de "la Bible": ce sont des fragments de poèmes ou de chants anciens, connus "par cœur" parce que régulièrement récités ou chantés (a mi-chemin: psalmodiés) dans un cadre rituel ou populaire, qui se retrouvent pris et insérés dans des rédactions beaucoup plus tardives qui leur donnent artificiellement un "contexte" narratif (ici la Torah et les commandements de Moïse à Aaron, soit mille ans plus tôt, à une époque où leur langue même n'existait pas).
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MessageSujet: Re: bénédictions, malédictions, etc.   Lun 16 Avr 2018, 15:23

Les religions.

Bien qu'on puisse louer ou bénir sans religion, une religion commence, avant même de commencer, par la louange ou la bénédiction. Ce qu'on bénit est toujours singulier : une date, un nom, un événement, une parole, un engagement, un commandement. Il faut que cet événement, indéchiffrable et intraduisible, dont tous les témoins ont disparu, reste intact. En le bénissant, on célèbre son anniversaire, son retour et l'alliance avec lui. C'est une façon de l'oublier, et en même temps de le partager, de le faire survivre. Toute bénédiction (comme d'ailleurs toute prière) appartient à ce que Derrida nomme "le régime originaire de la foi testimoniale". Ne calculant pas, n'évaluant rien, elle se tient au-delà du vrai et du faux. Du fond de cette crypte, elle ne cesse d'engendrer d'autres suppléments qui se multiplient et se dispersent à leur tour. On retrouve ce don inépuisable, cette générosité infinie, dans les récits miraculeux. C'est ainsi que dans le Livre de Tobie (seul texte de l'Ancien Testament reconnu seulement par les Chrétiens), Tobit, le fils, peut bénir à son tour son père en lui rendant la vue.
Même si nous n'avons pas d'expérience directe de la bénédiction, même si nous ne comptons pas sur elle, nous ne pouvons pas vivre sans elle. Elle revient sous d'autres modes : le reste d'une opération disparue, une archive, une œuvre qui, comme on dit, se transmet.
 
Je te promets du bien, mais sans garantie.

Qu'est-ce que bénir? C'est à la fois commémorer et vouloir faire survivre ce qui, du passé, est perçu comme bien. Dans le discours classique, une bénédiction ne peut, en tant que telle, promettre que du bien - mais comme elle ne procure aucune certitude, aucune assurance définitive, on ne peut jamais exclure que sa destination soit détournée, qu'elle se transforme en malédiction. Ses effets ne sont jamais acquis d'avance, ils restent toujours improbables, incalculables, indéchiffrables, retenus dans la main bénissante. Comment être sûr que cette chose qui a été vécue comme bonne dans le passé sera tout aussi bonne dans l'avenir? On ne peut jamais exclure que la promesse soit détournée, qu'elle se révèle maléfique, que la bénédiction s'arrête, que la parole transmise apparaisse comme un mensonge, une faute, la semence d'une catastrophe.
D'ailleurs Dieu n'a-t-il pas lui-même, avec l'alliance de Noé, transformé une malédiction en bénédiction?
La bénédiction, comme la malédiction, peut suivre des chemins étranges ou bouleverser l'ordre des générations. C'est ainsi qu'Isaac bénit involontairement Jacob à la place de son fils aîné; ou qu'Hamlet prend la responsabilité d'un crime commis avant lui. Le parcours n'est jamais écrit à l'avance.

https://www.idixa.net/Pixa/pagixa-1201281242.html
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MessageSujet: Re: bénédictions, malédictions, etc.   Lun 16 Avr 2018, 17:13

Très beau texte -- hypertexte plutôt, qui se prête à une quasi-infinité de parcours possibles dès qu'on se laisse dériver de lien en lien; cela convient d'ailleurs fort bien à une approche des textes de Derrida, qui auront en plus d'un sens précédé les changements techniques d'une écriture et d'une lecture "en ligne" moins "monolinéaires" qu'écriture et lecture ne l'ont jamais été. Qu'on n'y sache plus très bien qui parle, de quoi, et encore moins à qui, est autant une chance qu'un inconvénient.

(A propos de Tobie, on peut regretter l'ignorance générale des questions bibliques chez beaucoup de philosophes, quoiqu'elle soit sans doute moins grave que celle de la pensée philosophique chez tant de théologiens...)

Il n'est pas nécessaire de le savoir, mais c'est quand même intéressant: la qualification d'"au-delà du vrai et du faux", s'agissant de la bénédiction ou de la prière (que Nietzsche oppose et que Derrida réunit), du vœu ou du souhait en général, autrement dit de la parole du désir, se réfère à Aristote (De l'interprétation, 17a).

D'autre part, l'association du "lieu" de la bénédiction à la "place du mort" (qui est aussi celle de l'écriture) rejoint les considérations du premier post de ce fil (bénédiction du mourant ou du partant depuis la Genèse), et aussi de plus récentes (bénédiction à la fin d'un rituel, associée à l'"envoi" ou à la "mission" qui nous vaut d'ailleurs le mot "messe": ite, missa est).
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MessageSujet: Re: bénédictions, malédictions, etc.   Mar 17 Avr 2018, 14:35

Citation :
D'ailleurs Dieu n'a-t-il pas lui-même, avec l'alliance de Noé, transformé une malédiction en bénédiction?
La bénédiction, comme la malédiction, peut suivre des chemins étranges ou bouleverser l'ordre des générations. C'est ainsi qu'Isaac bénit involontairement Jacob à la place de son fils aîné; ou qu'Hamlet prend la responsabilité d'un crime commis avant lui. Le parcours n'est jamais écrit à l'avance.

"J'établis mon alliance avec vous : tous les êtres ne seront plus retranchés par les eaux du déluge, et il n'y aura plus de déluge pour anéantir la terre. Dieu dit : Voici le signe de l'alliance que je place entre moi et vous, ainsi que tous les êtres vivants qui sont avec vous, pour toutes les générations, pour toujours :je place mon arc dans la nuée, et il sera un signe d'alliance entre moi et la terre. " Gn 9, 11-13

Après le déluge, Dieu semble regretter ce qu'il a fait. Il reconnaît avoir commis une faute, en appliquant une punition collective inefficace et dévastatrice.  Il se promet de ne plus jamais recommencer, et décide de conclure une alliance avec Noé, symboliser par une alliance, l'arc-en-ciel.  Dieu  se repent, se replie sur lui-même, reconnaissant sa faute, qu'il compense avec cette alliance, qui transforme la malédiction en bénédiction. Le mouvement inverse reste possible, transformer à nouveau la bénédiction en malédiction, puisque le symbole de la promesse de ne plus détruire, est phénomène météorologique instable et ponctuel. Ce récit témoigne de l'ambivalence de Dieu, qui peut bénir et maudire dans un même mouvement ou alternativement, en fonction de ses émotions et de son environnement. 

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MessageSujet: Re: bénédictions, malédictions, etc.   Mar 17 Avr 2018, 17:08

Le récit du déluge est encadré par deux "repentances" divines (avec toujours, en hébreu, la même ambivalence de la "repentance" et de la "consolation", qui nous paraissent a priori contradictoires). Dieu se repent-console d'abord d'avoir créé, puis d'avoir détruit (chap. 6 et 9). Et quand on lit la Genèse sans tenir compte de la diversité de ses sources (qu'on peut toujours appeler P et J, "sacerdotale" et "yahviste", même si l'on n'attribue plus à ces étiquettes la même signification qu'au XIXe siècle ou au début du XXe), cette double contradiction a l'effet de rétablir la "bénédiction" (sacerdotale) du chapitre 1 par-delà la "malédiction" (yahviste) du chapitre 3. La rédaction composite crée une "logique" de synthèse qui n'est plus celle d'aucune de ses "sources", mais qui n'en est pas moins intéressante pour elle-même.
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MessageSujet: Re: bénédictions, malédictions, etc.   Mar 15 Mai 2018, 10:16

En quoi consiste réellement l’anathème, ou interdit ? Le terme hébreu herem semble plus précis que sa traduction grecque anathema. Il désigne la malédiction par laquelle une personne ou un objet doivent être soit détruits, soit écartés en raison de leur caractère sacré. Sa plus ancienne formulation en Ex 22, 19 '' Qui sacrifie aux dieux sera voué à l’anathème, sauf si c’est au YHWH et à lui seul '' indique clairement qu’une telle sanction frappe en premier l’idolâtrie, qu’il s’agisse d’individus (Lv 27, 29) ou de villes (Dt 13, 13-19).

Dans la pratique cependant, l’anathème semble surtout lié à la guerre sacrale (Nb 21, 1-3 ; Jos 6 ; Jg 1, 17 ; 1 S 15), même s’il reste chose rare – on ne le rencontre pas dans les guerres menées par David et ses successeurs.


(...)

Aussi convient-il de se reporter aux lieux bibliques où l’anathème est clairement défini, à commencer par Dt 7, 1-6 et 20, 12-15. Dans l’un et l’autre textes, le herem se présente comme un vu qui voue à l’interdit toute population étrangère à l’intérieur du pays donné par Dieu à Israël, afin de ne pas succomber à l’idolâtrie. Pour radical qu’il soit, le vu s’inscrit donc dans la théologie de l’élection : parce que '' peuple séparé '' et part réservée pour Dieu, Israël doit se protéger des autres nations. Rien d’étonnant alors à ce que Dt 13, 13-19 retourne ce vu contre une des villes d’Israël en cas d’apostasie. À travers la thématique de la rupture des mariages contractés entre Juifs et non-Juifs (Esd 10, Cool, l’époque post-exilique développe cette même vision qui – pour choquer une mentalité contemporaine – n’en demeure pas moins plus '' spirituelle '' qu’effective. À bon droit, on estimera que le herem dans les textes bibliques relève d’une relecture des événements passés, et qu’il s’inscrit dans la lutte pour maintenir la pureté religieuse d’Israël telle que la développe la théologie deutéronomiste exilique et post-exilique ; il ne correspond pas pour autant à une conduite réelle de la guerre rendue impossible par la situation présente (l’exil). Rien d’étonnant alors si le herem apparaît dans des récits (Jos 6, 17-18.21 ; Jos 8, 26 ; 9, 24-25; 10, 28-39 ; 11, 10-20) dont la lecture montre qu’ils sont loin de la véracité historique au sens où nous l’entendons aujourd’hui.

https://www.bible-service.net/extranet/current/pages/646.html
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MessageSujet: Re: bénédictions, malédictions, etc.   Mar 15 Mai 2018, 11:30

La racine hrm n'a pas grand-chose à voir a priori avec le lexique de la bénédiction/malédiction: c'est son emploi tardif au jussif et la traduction grecque de celui-ci, calquée à son tour en latin (anathema estô, anathema sit, "qu'il soit anathème") qui se rapprochent, formellement et fonctionnellement, d'une "malédiction".

En hébreu biblique (comme en arabe, cf. harem, haram) le mot appartient plutôt au vocabulaire de la "consécration" (c'est vrai aussi d'anathema dans la Septante ou en contexte "païen", p. ex. pour une offrande votive), et son ambiguïté découle du double aspect de la chose: ce qui est "consacré" (voué, dédié, réservé, mis à part) pour l'usage exclusif de quelqu'un (spécialement la divinité) est par là-même "interdit" aux autres. Cf. Lévitique 27,28 (étrangement omis dans l'étude précitée qui se réfère pourtant au v. suivant): c'est à partir de là que l'usage biblique se spécialise dans le sens d'une consécration irréversible OU d'une destruction totale (avec cet effet paradoxal que le plus "sacré" coïncide alors avec le plus "impur", mais cela ne fait que porter au superlatif la duplicité inhérente au "sacré" et aux polarités non superposables qui en dérivent: sacré/profane, pur/impur, etc.; il y a une zone où "profane" coïncide avec "pur" et s'oppose au "sacré" comme à l'"impur" -- ainsi dans la fameuse expression rabbinique qui dit d'une chose "sacrée", p. ex. d'un livre canonique, qu'il "souille les mains", parce qu'il faut se laver rituellement les mains avant et après son usage).
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MessageSujet: Re: bénédictions, malédictions, etc.   Mer 16 Mai 2018, 11:44

Dans l'AT on retrouve des formules magiques ou d'incantations de malédictions et de bénédictions sous formes de prières comme par exemple en Ps 109 :

 "Il aimait la malédiction : qu'elle vienne sur lui ! Il ne se plaisait pas à la bénédiction : qu'elle s'éloigne de lui !Qu'il se revête de la malédiction comme d'une tunique, qu'elle pénètre au dedans de lui comme de l'eau, comme de l'huile dans ses os !  Qu'elle soit comme le vêtement dont il s'enveloppe, et la ceinture qu'il porte constamment !"

Nombres 6, 24 ss ; est aussi un cas intéressant :

Que le SEIGNEUR te bénisse et te garde !
Que le SEIGNEUR fasse briller sa face sur toi et t'accorde sa grâce !
Que le SEIGNEUR lève sa face vers toi et te donne la paix !
Ainsi ils placeront mon nom sur les Israélites, et je les bénirai.
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MessageSujet: Re: bénédictions, malédictions, etc.   

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bénédictions, malédictions, etc.
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