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 Violence non violence pas seulement une idée mais aussi un engagement

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le chapelier toqué

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MessageSujet: Violence non violence pas seulement une idée mais aussi un engagement   Sam 08 Avr 2017, 12:55

Je ne sais pas si l’expression existe également en France ou en Belgique, mais en Suisse on entend souvent parler de « violence gratuite » à propos d’actes commis sur des personnes sans raison apparente. Un couple de gens âgés rentre chez eux et voilà qu’ils sont pris à partie et blessés sans qu’il n’y ait de vol comme motif.
Ce type d’agression est fort rare et c’est sans doute pour cette raison qu’il suscite tant d’incompréhension ; le citoyen lambda se rassure en trouvant toute sorte d’explications à la suite de manifestations de violence.

Lla non-violence gratuite n’est pas, elle, si courante. Elle a fréquemment comme corolaire la mise en valeur d’une culture ou d’une religion sur toutes les autres formes de pensées. De plus comme le précisait le mahatma Gandhi, pratiquer la non-violence ne suffit pas il convient d’encourager autrui à la pratiquer également.

Le Bouddhisme ne proclame pas la non-violence, ni la violence en soit, il attire l’attention sur l’illusion dans laquelle nous nous trouvons pour la plupart d’entre nous en concevant un ego qui nous pousse à manifester certaines attitudes. Tout étant impermanent nous mourrons tous un jour et nous ne savons pas s’il existe un au-delà et dans l’affirmative comment serait cet après. C’est donc la vie au présent qui incombe le plus, en effet le passé ne peut plus être vécu à nouveau. La violence, la non-violence sont donc des concepts qui n’apportent rien de particulier à ceux qui les vivent. La compassion universelle manifestée tant aux animaux qu’aux êtres humains procure des bienfaits à ceux qui la manifestent comme à ceux qui en bénéficient.
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Narkissos

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MessageSujet: Re: Violence non violence pas seulement une idée mais aussi un engagement   Sam 08 Avr 2017, 23:15

Cf. ici (et suivre éventuellement les liens).

A ma connaissance, la "violence gratuite" n'a rien de spécifiquement suisse, à moins que la gratuité ne constitue en Suisse une circonstance particulièrement aggravante (je plaisante).

Plus sérieusement, je trouve ta nuance intéressante.

Je garde de ce que j'ai lu sur Gandhi (assez peu et il y a longtemps) l'idée d'un homme profondément marqué par la Gitâ et le Sermon sur la Montagne, c.-à-d. par deux textes dont l'attitude à l'égard de la violence peut paraître tout à fait opposée (pour rappel: dans la Gitâ Arjuna est désemparé à la perspective d'une lutte fratricide et destructrice -- la bataille de Kurukshetra -- et la révélation de Krishna lui rend courage: il doit combattre, même si c'est absurde, et renoncer au "fruit de ses actes" -- peu importent les conséquences, physiques, affectives et morales: la spiritualité consiste précisément en ce détachement de tout calcul; on est à ce point de vue dans une morale et une "spiritualité" aristocratiques, comme dirait Nietzsche). Le Sermon sur la Montagne c'est à peu près le contraire: tendre l'autre joue, aimer ses ennemis, avec un intérêt "spirituel" (le trésor dans le ciel) mais a priori sans visée politique. Or Gandhi (comme après lui Martin Luther King) fait de la non-violence (et de la résistance civile) une arme stratégique et tactique efficace au service d'une cause politique (nationale ou ethno-sociale), ce qui est encore autre chose: le "moi" individuel renonce à "soi" (c'est peut-être le point commun des deux textes de référence), mais au service d'un "nous".

(Jusqu'à quel point) le bouddhisme, quand il fait corps avec une communauté (au Tibet par exemple), envisage-t-il le "nous" comme une illusion ?
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le chapelier toqué

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MessageSujet: Re: Violence non violence pas seulement une idée mais aussi un engagement   Dim 09 Avr 2017, 11:42

Narkissos a écrit:
(Jusqu'à quel point) le bouddhisme, quand il fait corps avec une communauté (au Tibet par exemple), envisage-t-il le "nous" comme une illusion ?

Voilà une bonne question à poser au Dalai Lama.

Bien sur je suis tenté de répondre que la communauté: Sangha est la rencontre de personnes qui s'entraident et que cette communauté est impermanente dans le sens ou ceux et celles que la composent ne sont pas les mêmes puisque tous et toutes sont "condamnés" à mourir.
L'illusion a un rapport avec le fait que chacun, chacune peut avoir l'impression que tout va durer et qu'il, qu'elle sera toujours présent.

Lorsque les membres composant la communauté vivent en s'ouvrant aux préceptes bouddhistes on peut alors dire que la communauté fait, dans un sens, corps avec le bouddhisme. Cela nécessite que chaque pratiquant bouddhiste vive sa pratique, la communauté n'est rien d'autre que l'ensemble des gens qui la composent.

Le "nous" n'est donc qu'une donnée mobile composée de personnes pouvant apparaître et disparaître sans que la notion nous se modifie. La Sangha (nous) peut donc faire corps avec le bouddhisme à travers les membres la composant.

Voilà ma réponse, attendons celle du Dalai Lama....
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Narkissos

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MessageSujet: Re: Violence non violence pas seulement une idée mais aussi un engagement   Dim 09 Avr 2017, 12:13

Merci, notamment pour le mot de Sangha qui me manquait, et dont j'entrevois maintenant les analogies avec la polysémie de notre mot "Eglise" (du concept "spirituel" ou "idéal" à l'ensemble "concret" des fidèles).

Mais à vrai dire par "communauté" je pensais à quelque chose d'encore plus large, au moins en principe: le "peuple", la "société" où le bouddhisme est de fait la "religion" prépondérante et dont celui-ci doit assumer (ou non) une certaine responsabilité politique (comme "l'Eglise" a cru devoir le faire pour les peuples de l'empire romain à mesure que celui-ci perdait son pouvoir effectif). En effet le Dalaï-Lama, en tant que "chef spirituel" et représentant du "peuple tibétain" (en particulier face aux autorités chinoises, et à tous les Etats qui ont des relations diplomatiques avec la Chine), concentre à lui seul tout le problème...
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MessageSujet: Re: Violence non violence pas seulement une idée mais aussi un engagement   Lun 10 Avr 2017, 13:10

Depuis 2011 Lobsang Sangay est le premier ministre du Tibet. Le Dalai-Lama s'est retiré des affaires politiques et n'est plus qu'une autorité spirituelle tibétaine. Il est a remarqué que ses passages dans les diverses capitales soulèvent moins d'enthousiasme que par le passé bien que ses venues posent des problèmes aux divers autorités gouvernementales des pays visités à cause de la réaction courroucée des Chinois.

Le Dalai-Lama a voulu quitter sa posture spirituelle-politique car il la trouvait très et trop lourde, estimant qu'il passait trop de temps à parler de politique. Cela ne lui enlève pas une certaine autorité lorsqu'il parle de la situation des tibétains.

Il est vrai que pour des pays tels le Sri-Lanka, le Myanmar (ex Birmanie), le Bhoutan et le Tibet la politique et la spiritualité bouddhiste sont étroitement entremêlés, ce qui peut débouché parfois sur des postures et des actions condamnables à l'image de la maltraitance des Rohingyas (musulmans habitant le Myanmar). Pendant des décennies le nord du Sri-Lanka a été le terrain d'une guerre opposant les Tamils (essentiellement hindouistes ainsi qu'une minorité chrétienne) à l'armée Cingalaise (bouddhistes pour la plupart). Dans de telles situations, effectivement, la question du "nous" se pose et mérite d'être considérée. La notion de l'Ego se rapportant à la personne et non au groupe permet de mieux comprendre les problèmes pouvant apparaître dans un pays face à d'autres partenaires ne pratiquant pas ou pratiquant le bouddhisme.

Un bouddhiste "prend refuge" en Bouddha, dans le Dharma(l'enseignement), et Sangha (la communauté).
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MessageSujet: Re: Violence non violence pas seulement une idée mais aussi un engagement   Lun 10 Avr 2017, 13:26

C'est en effet une autre similitude du bouddhisme et du christianisme (qu'on a souvent soulignée dans ce cas par contraste avec l'islam): nés hors de toute responsabilité politique, ils ont pu développer une "spiritualité pure", mais se sont trouvés ensuite désemparés face aux responsabilités politiques: il fallait improviser sans texte (impossible de construire un droit de l'Etat et de la guerre sur le NT, je présume qu'il en est à peu près de même du premier corpus bouddhiste; alors que les bases d'un droit de l'Etat et de la guerre sont posées dès le Coran p. ex.).
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MessageSujet: Re: Violence non violence pas seulement une idée mais aussi un engagement   Lun 10 Avr 2017, 13:37

Dans toute l'histoire bouddhiste il y a un seul roi connu ayant fait de sa conversion la base pour diriger son royaume: il s'agit du roi Ashoka. Il est d'ailleurs bien difficile de séparer le réel du mythe car ce roi a acquis auprès des bouddhistes une aura particulière. Vraisemblablement, il a bien existé mais on a surement exagéré son pouvoir réel. L'histoire voudrait qu'Ashoka devenu bouddhiste il continua d'exercer le pouvoir mais selon les critères enseignés par Bouddha. Le royaume connu une ère de paix jusqu'à ce qu'il tomba sous la coupe d'un ennemi qui s'en empara.

L'histoire nous apprend combien il est difficile d'exercer une fonction politique et d'envisager exercer celle-ci selon le point de vue de Bouddha.
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MessageSujet: Re: Violence non violence pas seulement une idée mais aussi un engagement   Lun 10 Avr 2017, 13:43

Cf., côté chrétien, l'histoire (en grande partie légendaire aussi) d'Abgar d'Edesse.

Même avant cela, les Actes multiplient les conversions ou les sympathies chrétiennes d'hommes de pouvoir (l'eunuque éthiopien, Corneille, Sergius Paulus qui donne son nom à Paul, Agrippa, jusqu'à la cour impériale de Rome) -- sans jamais rien dire, bien entendu, de leurs éventuelles suites politiques...
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