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  un temps, des temps et une moitié de temps - Daniel 12

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MessageSujet: un temps, des temps et une moitié de temps - Daniel 12   Lun 29 Mai 2017, 13:10

"J'entendis l'homme vêtu de lin qui se tenait au-dessus des eaux du fleuve ; il leva vers le ciel sa main droite et sa main gauche, et il jura par celui qui est vivant pour toujours : Ce sera dans un temps, des temps et la moitié d'un temps ; quand la force du peuple saint sera entièrement épuisée, tout cela s'achèvera." Dn 12,7
 



Un temps, des temps et une moitié de temps…, soit 3, 5 temps. Si l’on donne au mot temps le sens d’an­née et que l’on compte le mois à 30 jours, ce chiffre équi­vaut à ce­lui de 1260 jours qui se re­trouve fré­quem­ment dans l’A­po­ca­lypse, soit sous cette même forme (Daniel 11.3 ; Daniel 12.6), soit sous celle de 42 mois (Daniel 11.2 ; Daniel 13.5), soit en­fin sous celle de 3, 5 temps (Daniel 12.14). Il pa­raît dé­si­gner dans l’A­po­ca­lypse le temps de do­mi­na­tion qui doit être ac­cordé à l’An­té­christ. D’a­près Daniel 7.25, c’est éga­le­ment le chiffre du temps que doit du­rer le pou­voir du roi per­sé­cu­teur (voir la note sur ce pas­sage).

Quel est ce roi ? Ceux qui rap­portent le cha­pitre 11 et les mots en ce temps-là (Daniel 12.1) à la lutte mac­ca­béenne doivent ap­pli­quer ici les 3, 5 temps ou 1260 jours à la du­rée de la per­sé­cu­tion d’An­tio­chus en Israël. Ceux qui ap­pliquent la der­nière par­tie au moins du cha­pitre 11 en par­tie à An­tio­chus, en par­tie à l’An­té­christ, peuvent faire ici de ce chiffre, tout comme en Daniel 7.28, ce­lui de la per­sé­cu­tion fi­nale. Dans tous les cas, nous rap­pe­lons ce qui a été dit, dans la note Daniel 7.25, sur le sens sym­bo­lique du chiffre 3, 5.

Et quand la force du peuple saint… Ou bien il s’a­git des Juifs, comme dans tout le cha­pitre 11 et même dans les pre­miers ver­sets du cha­pitre 12, et ces mots dé­si­gnent alors le mo­ment de l’om­ni­po­tence des Sy­riens en Pa­les­tine, au­quel cor­res­pond l’é­tat d’im­puis­sance to­tale où furent pen­dant quelque temps ré­duits les fi­dèles Is­raé­lites. De ce déses­poir mo­men­tané na­quit en ef­fet l’­éner­gique sou­lè­ve­ment dû au zèle in­domp­table des Mac­ca­bées, qui amena la dé­li­vrance et qui est pré­senté au ver­set 1 comme l’œuvre de Micaël. Ou bien le peuple saint est ici l’Église des der­niers temps, celle qui de­vra pas­ser par la grande tribulation (Apocalypse 7.14 et cha­pitre Cool. Dans les deux cas il faut, d’a­près ce ver­set, que la force de l’­homme soit com­plè­te­ment bri­sée pour que la force de Dieu éclate.

http://www.levangile.com/Bible-Annotee-Daniel-12.htm
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Narkissos

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MessageSujet: Re: un temps, des temps et une moitié de temps - Daniel 12   Lun 29 Mai 2017, 15:03

Pour son époque (1879-1900) et sa tendance ("orthodoxe", c.-à-d. conservatrice  -- le mot "évangélique" n'avait pas encore ce sens -- par opposition à la "haute critique" libérale surtout allemande), La Bible annotée (aussi connue comme Bible de Neuchâtel, sous la direction de Frédéric Godet) est de grande qualité, bien meilleure en tout cas que beaucoup de choses plus récentes émanant (des prolongements) de la même tendance.

Il faut quand même noter sur ce point précis l'absence de référence au chapitre 9 (notamment v. 27, la moitié de la 70e semaine-septénaire marquant l'interruption des sacrifices au temple): c'est que malgré sa bonne volonté La Bible annotée reste tributaire de l'interprétation chrétienne dominante qui isole ce chapitre du reste du livre pour le faire aboutir au temps de Jésus. Et aussi son hésitation entre interprétation "historique" et "futuriste" (Antiochus vs "l'Antéchrist"), qui reflète l'état du protestantisme "orthodoxe" de la fin du XIXe siècle divisé entre lecture classique (de genre calviniste) et "prophétique" (darbyste et plus largement "dispensationaliste").

Parmi les développements ultérieurs de l'exégèse biblique, les plus importants sont sans doute ceux qui, à partir de l'étude des textes "hénochiens" (1 Hénoch, Jubilés) et qoumraniens, ont mis en évidence tout ce qui a trait au conflit des "calendriers". Daniel lui-même semblant dépendre d'un calendrier solaire (d'où les mois de 30 jours qui forment la base de l'ensemble de ses calculs) qui est précisément changé à l'époque hellénistique (Antiochos étant expressément accusé de "changer les temps", 7,25). Voir p. ex. ici (en anglais).

Tout le jeu de "l'apocalyptique" dont Daniel est le principal prototype canonique consiste à essayer d'imposer une (théo-)"logique" arithmétique à une histoire qui n'en a pas (de la réforme hellénistique du culte de Jérusalem sous Antiochos à la "restauration" maccabéenne il y a un peu plus de trois ans, pas "trois ans et demi" peu importe où l'on situe exactement le "point de départ" et le "point d'arrivée" et comment on compte les années). Le conflit des calendriers lui-même repose sur la même difficulté d'imposer une "logique" arithmétique à un "ordre" cosmique qui n'en a pas (les rythmes des cycles solaire et lunaire ne sont pas "synchronisés", en tout cas pas d'une manière évidente).
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MessageSujet: Re: un temps, des temps et une moitié de temps - Daniel 12   Lun 29 Mai 2017, 16:16

La Bible annotée est consciente que ces périodes de temps permettent toutes les interprétations et spéculations.



Appendice sur les nombres 1260, 1290 et 1335

Nous nous bor­ne­rons à don­ner ici quelques échan­tillons des ex­pli­ca­tions de ces nombres qui ont été pro­po­sées par ceux qui les ap­pliquent au pape ou à un An­té­christ en­core à ve­nir.
M. Hen­ri­quet prend comme point de dé­part de son cal­cul l’an 552 après Jé­sus-Christ, où fut ren­versé le pou­voir des Goths en Ita­lie, ce qui ren­dit pos­sible l’é­ta­blis­se­ment du pou­voir tem­po­rel des papes. Les 1260 an­nées de la pro­phé­tie (de 360 jours cha­cune) ne forment en réa­lité que 1242 de nos an­nées or­di­naires (de 365 jours cha­cune) ; ajou­tons donc 1242 à 551, nous ar­ri­vons ainsi à la grande date de la ré­vo­lu­tion fran­çaise, 1793, si fa­tale au pou­voir pa­pal. Ou bien, l’on peut par­tir de l’an 606, date de l’é­dit par le­quel l’em­pe­reur Pho­cas re­con­nut le pon­tife ro­main comme chef de l’Église uni­ver­selle, et l’on ar­rive, en ajou­tant à cette date 1242 ans, à la ré­vo­lu­tion de 1848, qui porta le pre­mier coup au pou­voir temporel des papes. Trente après (en 1878), ajoute un conti­nua­teur du même sys­tème, les Russes ébran­laient le co­losse ma­ho­mé­tan ; et il est à at­tendre que 45 ans plus tard (en 1923) aura lieu l’é­vé­ne­ment dé­ci­sif du re­tour du Sei­gneur.
Un des plus sa­vants in­ter­prètes qui ap­pliquent ces nombres à l’é­poque de l’An­té­christ fi­nal, part de l’an 636, où par la construc­tion de la mos­quée d’O­mar sur l’em­pla­ce­ment du temple de Jé­ru­sa­lem, le culte ma­ho­mé­tan fut sub­sti­tué au culte juif. La pé­riode de 1260 date de cet évé­ne­ment et in­dique la du­rée de la dis­per­sion des Juifs, qui de­vra par consé­quent prendre fin en 1896, par le re­tour des Juifs dans leur pa­trie. Trente ans plus tard, en 1926, les Juifs se conver­ti­ront, et 45 ans après, en 1974, au­rait lieu le re­tour du Sei­gneur. Mais l’au­teur pro­longe cette phase jus­qu’en 2000.
On dis­cerne ai­sé­ment le pro­cédé qui est à la base de tous ces sys­tèmes. On choi­sit, comme point de dé­part ou d’ar­ri­vée, un évé­ne­ment im­por­tant quel­conque en vue du­quel il n’y a plus qu’à cher­cher, par un simple cal­cul d’ad­di­tion ou de sous­trac­tion, un évé­ne­ment cor­res­pon­dant, an­té­rieur ou sub­sé­quent, qui ne sau­rait man­quer dans le vaste champ de l’­his­toire.

http://www.levangile.com/Bible-Annotee-Daniel-12.htm#notes


"Et depuis le temps où l’on fera cesser le sacrifice perpétuel et où l’on placera l’abomination du dévastateur, il y aura 1290 jours. Heureux celui qui attendra et atteindra à 1335 jours !" Dn 12,11-13 

Outre la date de trois ans et demi ou 1260 jours in­di­quée au verset 11, nous trou­vons ici celle de 1290 jours qui ajoute un mois à la pré­cé­dente, et au ver­set 12 celle de 1335 jours qui ajoute un mois et demi à celle du verset 11, à sup­po­ser du moins, comme cela pa­raît na­tu­rel, qu’elles aient toutes trois le même point de dé­part. Les in­ter­prètes qui rap­portent tous ces nombres uni­que­ment à l’é­poque d’An­tio­chus en donnent les ex­pli­ca­tions sui­vantes : Les 1260 jours du ver­set 7 sont le temps de la per­sé­cu­tion vio­lente que les Sy­riens ont fait su­bir au peuple juif. Le com­mis­saire royal Apol­lo­nius, chargé par An­tio­chus de la mis­sion d’ex­tir­per la re­li­gion juive et d’ins­tal­ler dans le temple le culte du Ju­pi­ter Olym­pien, ar­riva en Pa­les­tine au mois d’août de l’an­née 168 avant Jé­sus-Christ. On peut sup­po­ser que la per­sé­cu­tion sé­vit dès ce mo­ment, mais que ce ne fut qu’un peu plus tard, dans l’au­tomne de cette an­née, que le sa­cri­fice jour­na­lier of­fert sur l’au­tel des ho­lo­caustes fut dé­fi­ni­ti­ve­ment sup­primé.

 Les 1260 jours qui re­pré­sentent le temps de la per­sé­cu­tion com­men­ce­raient donc avec le mois d’août de cette an­née, et les 1150 jours qui re­pré­sentent, d’a­près Daniel 8.14, ce­lui de l’a­bo­li­tion du sa­cri­fice, da­te­raient de quelques mois plus tard, du mois d’oc­tobre de la même an­née. Ces deux chiffres abou­tissent au mois de dé­cembre de l’an­née 165 avant Jé­sus-Christ, où les pre­mières vic­toires des Mac­ca­bées re­mirent les Juifs en pos­ses­sion de Jé­ru­sa­lem et du temple. Ils ré­ta­blirent alors le sa­cri­fice jour­na­lier, in­ter­rompu de­puis un peu plus de trois ans, et la per­sé­cu­tion qui avait com­mencé trois ans et demi au­pa­ra­vant, prit fin. Comme la mort d’An­tio­chus sui­vit de très près et eut même pro­ba­ble­ment pour cause la nou­velle qu’il re­çut en Orient de ces pre­mières vic­toires des Juifs et du ren­ver­se­ment de son œuvre, il est pro­bable que le chiffre de 1290 jours, qui dé­passe d’un mois le pré­cé­dent, se rap­porte à cette mort du ty­ran. Quelques se­maines après, cette bonne nou­velle par­vint sans doute du fond de l’O­rient, ou était mort An­tio­chus, aux ha­bi­tants de Jé­ru­sa­lem, et nous ar­ri­vons ainsi à la der­nière date, celle de 1335 jours, qui in­di­que­rait l’ère du com­plet triomphe. D’autres rap­portent la fin des 1290 jours à l’ar­ri­vée à Jé­ru­sa­lem de la nouvelle de la mort d’An­tio­chus, et celle des 1335 jours à l’ar­ri­vée dans cette ville de la lettre du suc­ces­seur d’An­tio­chus, qui of­frait en­fin la paix aux Juifs (1 Mac­ca­bées 11). On peut se re­pré­sen­ter, en ef­fet, l’é­cla­tante ma­ni­fes­ta­tion de joie qui eut lieu à cette oc­ca­sion.

Mais ces trois dates prennent na­tu­rel­le­ment une toute autre si­gni­fi­ca­tion pour ceux qui rap­portent tout ce cha­pitre à la fin des temps et spé­cia­le­ment à la vic­toire sur l’An­té­christ, soit qu’ils voient ce per­son­nage déjà réa­lisé dans le pou­voir pa­pal (Gaus­sen, Hen­ri­quet, Guin­ness), soit qu’ils at­tendent une réa­li­sa­tion en­core à ve­nir de ce der­nier ad­ver­saire de Dieu sur la terre (de Rou­ge­mont). Nous ren­voyons les dé­tails à l’ap­pen­dice.
En­fin des troi­sièmes, tout en rap­por­tant ces dates à la fin des temps, pensent qu’elles sont ce­pen­dant em­prun­tées aux phases prin­ci­pales de l’­his­toire de la per­sé­cu­tion d’An­tio­chus. Car, en vertu de leur si­gni­fi­ca­tion sym­bo­lique, ces nombres peuvent s’ap­pli­quer à des crises di­verses dans l’­his­toire du peuple de Dieu ; le pre­mier, 1260 ou 3, 5 ans, in­di­quant le temps de la plus pro­fonde obs­cu­rité jus­qu’à la pre­mière ré­ap­pa­ri­tion de la lu­mière, le se­cond, 1290, mar­quant déjà un de­gré plus avancé de la dé­li­vrance ; et le troi­sième, 1335, si­gna­lant l’­heure du com­plet triomphe. Ces de­grés dans la vic­toire du prin­cipe di­vin peuvent se re­pro­duire à di­verses époques. Em­prun­tés pri­mi­ti­ve­ment à l’­his­toire des Mac­ca­bées, ils peuvent in­di­quer aussi les phases suc­ces­sives de la vic­toire di­vine sur le règne de l’An­té­christ.

http://www.levangile.com/Bible-Annotee-Daniel-12.htm#notes
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MessageSujet: Re: un temps, des temps et une moitié de temps - Daniel 12   Mar 30 Mai 2017, 00:01

Voilà un texte qui a "bien vieilli", je lui trouve en tout cas une saveur que ses auteurs n'ont pas pu goûter quand il a été mis en bouteille page, il y a environ 120 ans...
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MessageSujet: Re: un temps, des temps et une moitié de temps - Daniel 12   Mar 30 Mai 2017, 10:49

L'interprétation de la Watchtower à la fin du 19 eme siècle est conforme à celle de nombreux mouvements protestants qui assimilaient cette période à la domination Papale qui aurait duré 1260 années, soit un jour pour une année. Aujourd'hui la WT définit cette période comme celle qui s'étend de fin 1914 à mi-1918 et qui correspond à la période ou la prédication effectuée dans la détresse suite à la condamnation à de la prison des représentants de la WT. Dans ce cas, il s'agit de 1260 jours littéraux.
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MessageSujet: Re: un temps, des temps et une moitié de temps - Daniel 12   Mer 31 Mai 2017, 11:36

le chiffre "trois et demi" semble recèler une symbolique numérique marquée. L'Apocalypse recycle les anciennes prophéties de Daniel, pour en proposer une nouvelle lecture. Dn. 7, 25 annonçait une persécution qui devait durer trois temps et demi, or l' Apocalypse reprend cette prophétie avec cette notion de 3 temps et demi ou 42 mois :

"Mais le parvis extérieur du temple, laisse-le de côté et ne le mesure pas, car il a été livré aux nations qui fouleront aux pieds la cité sainte pendant quarante-deux mois" (11,2)

"Il lui fut donné une bouche pour proférer arrogances et blasphèmes,  et il lui fut donné pouvoir d’agir pendant quarante-deux mois" (13,5)

"Mais les deux ailes du grand aigle furent données à la femme  pour qu’elle s’envole au désert, au lieu qui lui est réservé pour y être nourrie, loin du serpent, un temps, des temps et la moitié d’un temps"  (12, 14).
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MessageSujet: Re: un temps, des temps et une moitié de temps - Daniel 12   Mer 31 Mai 2017, 12:11

Tout bêtement, c'est la moitié de sept (deuxième moitié de la dernière "semaine" = septénaire en Daniel 9,27), donc le chiffre "symbolique" qu'on pouvait le plus facilement plaquer sur une période de "profanation du temple" qui avait effectivement duré un peu plus de 3 ans; d'autant qu'on pouvait toujours faire varier son début et sa fin en les associant à tel ou tel événement précis -- noter que dans Daniel même il y a la trace d'une période un peu plus courte, avec les "2300 soirs et matins" (8,14) qui correspondent, selon l'interprétation la plus probable, à l'interruption des sacrifices quotidiens (un le soir et un le matin, soit 1150 jours).

Chez Josèphe d'ailleurs la même période est évaluée tantôt à 3 ans (AJ 12,320), d'après les Maccabées (comparer 2 Maccabées 6,7 et 1 Maccabées 1,59), et tantôt à 3 ans et demi (BJ 1,32), d'après Daniel.

---

Je reviens sur le dernier paragraphe de mon premier post: si exotique que "l'apocalyptique" puisse nous paraître -- un peu comme l'astrologie d'ailleurs, qui détermine aussi les calendriers "bibliques" et plus largement juifs: Daniel n'est pas compté pour rien parmi les mages -- l'opération qui consiste à plaquer une "logique", autrement dit du langage et du symbole, du nom et du nombre, des lettres et des chiffres, de la forme et de l'idée (eidos, idea) sur un "réel" qui n'en a pas sinon par cette opération même, est coextensive à toute "connaissance", du bon sens ordinaire aux sciences les plus rigoureuses. Cette opération est simplement plus sensible dans l'apocalyptique ou l'astrologie anciennes où les ficelles et les approximations sont grosses que dans les sciences modernes où l'écart au réel est "infinitésimal" ou "négligeable", ce qui nous fait oublier combien il demeure radical et insurmontable (ce qui éclate néanmoins au bout du processus, p. ex. dans la physique quantique où le langage le plus formalisé s'avère incapable de dire ce qui se passe). Tout ce qui peut être décrit comme invariant, constant, régulier, donc calculable, répétable et prédictible (définition de "l'objet" de la science), ne l'est qu'au prix de la même négligence, certes fonctionnelle bien au-delà de l'expérience humaine mais radicalement fausse (cf. la physique newtonienne qui fonctionne sur toutes les observations réalisables à son échelle et pourtant est incapable de rendre compte en profondeur de ce qu'elle observe et formalise -- "événement", "phénomène", "singularité", tous ces mots en disent quelque chose qui résiste à la formalisation sans pour autant le rendre intelligible.
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MessageSujet: Re: un temps, des temps et une moitié de temps - Daniel 12   Mer 31 Mai 2017, 16:36

Qui sont les deux témoins mentionnés en Révélation chapitre 11 ?



Révélation 11:3 parle de deux témoins qui prophétiseraient pendant 1 260 jours. Quelques versets plus loin, on lit que la bête sauvage « les vaincra[it] et les tuera[it] ». Mais après « trois jours et demi », ces deux témoins seraient ressuscités, à la grande stupéfaction de tous les observateurs (Rév. 11:7, 11).

https://www.jw.org/fr/publications/revues/w20141115/questions-des-lecteurs/









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MessageSujet: Re: un temps, des temps et une moitié de temps - Daniel 12   Mer 31 Mai 2017, 23:20

Au cas où la question t'intéresserait au-delà de l'interprétation watchtowérienne, c'est tout sauf simple. Comme on l'a déjà montré ailleurs et notamment ici, ce chapitre est en effet celui où il apparaît le plus clairement que l'Apocalypse (dite) "de Jean" utilise au moins une "apocalypse" antérieure, probablement juive et non chrétienne; et si ça apparaît plus ici qu'ailleurs, c'est parce qu'il est manifeste ici qu'il ne la comprend pas -- non seulement il n'en comprend pas le sens originel (disons juif), mais encore il ne réussit pas (et peut-être ne cherche même pas) à lui imposer une autre interprétation (disons chrétienne) relativement claire et cohérente. D'où l'effet de "pièce rapportée" par rapport au reste du livre, là même où il y a des correspondances formelles (p. ex., "la grande ville" semble ici désigner Jérusalem et non Babylone-Rome comme dans la suite).

[Sur la variante d'Apocalypse 11 attribuée par Lactance à un oracle d'Hystaspe, vestige probable de l'apocalypse juive antérieure, cf. Divinae institutiones, VII, xviss.]

Dans le contexte des apocalypses juives, il y a surtout deux "couples" concurrents qui pourraient correspondre à la fonction eschatologique des "deux témoins" d'Apocalypse 11 (à l'origine de l'expression dans Zacharie, il faut rajouter la tradition juridique "biblique" et plus généralement antique qui veut que le "témoignage" commence précisément à deux "témoins"): Hénoch et Elie (les deux "enlevés" de la Bible hébraïque, le second déjà promis à un retour dans Malachie; cf. 1 Hénoch 90,31; Apocalypse copte d'Elie, 4,7ss; interprétation encore connue par Tertullien, De Anima 50); mais aussi Moïse et Elie (les deux témoins de la transfiguration synoptique, Marc 9,4//; en Apocalypse 11,5s ce sont bien les "miracles" de Moïse et d'Elie qui sont combinés; une "assomption" semblable à celle d'Hénoch et d'Elie est attribuée à Moïse par Philon, Vita Mosis 2,291; Sacr. 3,8; cf. Josèphe, AJ 4,326; côté rabbinique, même idée du retour de Moïse et d'Elie dans le Midrash du Deutéronome, 3,17). D'autres figures vétérotestamentaires sont également traitées sur le même modèle (enlèvement au ciel avec annonce de retour): Phinéas dans le Livre des Antiquités bibliques, Esras dans 4 Esdras et Baruch dans 2 Baruch, outre Melchisédeq qui est à la fois "céleste" et "terrestre" à Qoumrân comme à Nag Hammadi...

Le motif aurait pu être "christianisé" (p. ex. selon la correspondance sous-jacente aux évangiles entre Elie et Elisée d'une part et Jean-Baptiste et Jésus d'autre part), mais il ne l'est pas (le "Seigneur" crucifié est expressément distingué des "deux témoins" au v. 8 ). En somme, même si "Moïse et Elie" semblent former le meilleur "ticket" pour expliquer le texte de l'Apocalypse tel que nous le lisons, il ne faut pas perdre de vue que ce texte ne fournit aucune identification formelle des "deux témoins" et que cette explication ne correspond pas forcément non plus à sa "source" (les traits qui font préférer Moïse à Hénoch peuvent avoir été ajoutés au cours du processus rédactionnel).
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MessageSujet: Re: un temps, des temps et une moitié de temps - Daniel 12   Jeu 01 Juin 2017, 13:38

Merci Narkissos pour ces explications qui éclairent notre discussion.


La confession de foi juive et chrétienne heis ho theos n’est-elle pas une expression précise qui combine un nom et un chiffre ? Comme d’autres mouvements juifs, les premières Églises chrétiennes étaient immergées dans un océan multi-ethnique influencé par des siècles d’épistémologie grecque et de science mathématique babylonienne. Il serait donc simpliste d’imaginer que la pensée chrétienne naissante n’ait été déterminée que par la pensée biblique et sémitique  À mon avis, les premières réflexions chrétiennes sur les noms et les nombres n’attestent pas seulement un lien profond entre le langage et la réalité, mais elles soulignent aussi une différence significative entre le signifié et le référent. Dieu est le maître des noms et des nombres, qui confère sa qualité ontologique à toute création.

(...)

Le chiffre sept, si significatif pour le livre de la Genèse, garde un rôle spécial dans l’Apocalypse, décelable dans la mention des sept Églises (Ap 1, 4), des sept lettres (Ap 2-3), des sept sceaux (Ap 5-Cool, des sept trompettes (Ap 8-11), des sept coupes et des sept anges (Ap 15-17) Souvent, les nombres sont utilisés comme des références codées à des noms et à des personnes, tel le fameux 666 du livre de l’Apocalypse . D’un autre côté, les noms peuvent aussi contenir des nombres, comme le nom de Jésus résumé dans le nombre 888 d’après le valentinien Marc le Magicien.

(...)

 Dans les textes anciens juifs ou chrétiens, lorsqu’un message divin est reçu et mis par écrit, la narration se soucie du nom de l’entité révélatrice ainsi que de celui de la personne à qui la révélation est adressée. Lorsque, dans ces textes-là, la réflexion se porte sur un héritage sacré ou une histoire sacrée, des nombres servent à délimiter des périodes et des destinées.  Lorsque le regard du sage contemple la création, avec le ciel et la terre ainsi que les innombrables peuples qui l’habitent, alors la mesure et la dimension exprimées par des nombres et des noms justifient une position théologique ou défendent une orientation religieuse. C’est le cas du livre de la Sagesse de Salomon . De même, l’établissement d’un peuple saint comme récepteur de la révélation divine va de pair avec les nombres. Tandis que l’auteur de 4 Esdras se préoccupe du petit nombre des sauvés , d’autres sont fiers de faire partie de ces élus peu nombreux ; d’autres encore appliquent le titre « les nombreux » à leur congrégation  ; enfin, le livre de l’Apocalypse fixe les limites de la communauté à 144 000.

(...)

Dans le cas de Daniel, ce n’est pas un passage seulement, mais bien le livre tout entier qu’il convient de mentionner, à cause de l’usage significatif des nombres qui le traversent : les quatre royaumes du chapitre 2, les sept temps de Dn 4, 23.25.32, les expressions « compté, pesé, divisé » de Dn 5, 25-28, les quatre vents et les quatre bêtes (la quatrième avec dix cornes) de Dn 7, les multiples cornes et les 2 300 soirs et matins de Dn 8, les soixante-dix années et soixante-dix semaines d’années en Dn 9, les quatre rois et les quatre directions de Dn 11, le temps, les deux temps et la moitié d’un temps de Dn 12, 7, et les 1 290 et 1 335 jours de Dn 12, 11-12. Cette liste est d’autant plus significative pour notre propos qu’elle influencera toute la littérature apocalyptique subséquente.

https://www.cairn.info/revue-etudes-theologiques-et-religieuses-2007-3-page-337.htm#re60no60
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Narkissos

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MessageSujet: Re: un temps, des temps et une moitié de temps - Daniel 12   Jeu 01 Juin 2017, 15:53

Excellent article, bien au-delà du présent sujet et même de la numérologie en général (aussi sur la question des noms divins et/ou christiques dans le NT, qui nous a souvent occupés).

L'opposition entre "nominalisme" et "réalité extralinguistique" (ou entre "signifié" et "référent") occulte peut-être sa propre construction à partir de différenciations inhérentes au langage: comme j'ai plusieurs fois tenté de le montrer, la distinction dans le logos (parole, pensée, raison, mais aussi mesure, relation et calcul) du "nom" et du "nombre" est celle de deux corollaires -- dès lors qu'il y a nom commun, il y a des "choses" de même nature à "compter" (et réciproquement: dès lors qu'il y a des choses à compter, il y a nom commun); et aussi ce qui échappe au nombre tout en étant nombre, l'unicité du nom propre par où l'unité du particulier rejoint celle du tout (ou de "l'être"). La distinction graphique des "chiffres" et des "lettres" peut être historiquement seconde et aléatoire, elle n'en est pas moins impliquée en principe dans toute langue, même non écrite, qui ne serait pas langue sans à la fois nommer et compter (une nouvelle de Borges illustre ce point par l'absurde en imaginant une langue absolument univoque, où chaque mot ne pourrait désigner qu'un seul événement, et qui se révélerait par là même impropre à toute pensée et à toute communication: tout le contraire d'une langue). De ce point de vue aussi le langage présuppose paradoxalement l'écriture (le signe, graphique) qui ne lui (re-)vient pourtant qu'après coup (comme l'a fort bien montré Derrida). Mais du coup, le concept même d'extra-linguistique devient infiniment problématique -- tout comme l'idée d'une "limite" au langage qui le séparerait d'un "réel"... En arkhè èn ho logos, au commencement était le verbe, et le nom propre et commun, et le nombre, on ne saurait finalement rien dire d'autre que cette tautologie absolue qui est aussi notre horizon (indépendamment de l'usage particulier qu'en fait le Prologue du quatrième évangile).

Pour revenir à notre sujet initial (sur le nombre 3 1/2 et celui-là seul !), j'ai oublié de relever le fait (pourtant bien marqué par le schéma de la Watch) que dans l'Apocalypse il se dédouble en trois ans et demi (42 mois, 1260 jours, multiples de 3,5) et trois jours et demi (variation du nom commun régi par le même nombre). On peut observer là une attraction du nombre venu de Daniel (3 1/2) sur une oscillation (a priori tout à fait indépendante) de la tradition chrétienne, quant à la résurrection au troisième jour (d'après l'allusion baaliste d'Osée 6) OU après "trois jours et trois nuits" (d'après Jonas) -- soit le quatrième jour, comme pour Lazare. "Trois jours et demi" offre encore une autre formule issue d'une tierce tradition (Daniel) et d'un tout autre symbolisme (7/2).

Il est peut-être symptomatique que nous n'ayons même pas songé jusqu'ici à évoquer la bizarrerie de la formule, "un temps, des temps et une moitié", qui frappe pourtant immédiatement un lecteur non familier de la Bible. A priori, en français "des temps" peut signifier n'importe quel nombre de "temps" dont on ignore la durée (un "temps", et dans les trois langues "originales" concernées puisque l'araméen s'en mêle, ce peut être un "instant", un "jour", une "saison", une "époque" aussi bien qu'une année), ce qui donnerait à la formule une valeur doublement indéfinie (x + xy + x/2, soit une fonction à deux inconnues dont la représentation géométrique serait une courbe infinie et non un point déterminé). Contrairement à ce qu'on pourrait s'imaginer, c'est aussi le cas dans les (trois) langues "originales" -- quoique la vocalisation massorétique de l'araméen suggère, ad sensum, le duel et non le pluriel en 7,25; mais normalement le duel est réservé aux choses qui vont par deux, les yeux, les oreilles, les bras, les jambes etc.; pas les "temps". Je ne vois pas d'autre exemple où le pluriel indéfini, sauf détermination précise du contexte, doive obligatoirement se comprendre comme "deux". Evidemment, dans Daniel et dans l'Apocalypse, le sens est rigoureusement cadré par les "traductions" de la même durée en d'autres termes (1260 jours, 42 mois) qui obligent à comprendre "des" comme "deux" (x + 2x + x/2 = 3x + x/2 = 3,5 x) et "temps" comme "années", mais c'est quand même une curieuse façon de l'exprimer -- et il faut rapprocher plusieurs passages du même livre pour le comprendre. On peut mettre cela sur le compte de l'atmosphère "ésotérique", mystérieuse ou mystifiante, des apocalypses qui disent tout de façon cryptique ou détournée, quitte à en fournir ensuite elles-mêmes une interprétation claire et univoque (au moins pour les premiers lecteurs). A quoi s'ajoute sans doute une fascination du nombre lui-même (3,5 = 7/2 = 1 + 2 x 1 + 1/2, ce qui permet de le rattacher à 1 et à 7 sans jamais énoncer le 2 qui est pourtant commun aux deux opérations).
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