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 Le Fils de l'homme

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Narkissos

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MessageSujet: Le Fils de l'homme   Ven 02 Juin 2017, 23:51

C'est une réflexion incidente sur l'Uebermensch de Nietzsche (surhumain ou ultra-humain, selon qu'on prend über au sens d'"au-dessus" ou d'"au-delà") qui me ramène à cette expression biblique sur laquelle tout a certainement été dit, bien que nous ne lui ayons pas consacré jusqu'ici, sauf erreur de ma part, de fil de discussion particulier.

On sait que la formule a un sens général et générique (fils d'homme = homme[s], par exemple dans les nombreuses interpellations du prophète Ezéchiel par Yahvé ou par des "anges" qui ne sont précisément pas des "hommes"; ou dans les parallélismes poétiques comme celui du psaume 8,4ss, cité par l'épître aux Hébreux) et un sens très particulier dans la littérature dite "apocalyptique": d'une part dans la vision de Daniel 7 où, après la succession des "bêtes", "quelqu'un comme un fils d'homme", venant sur les nuées du ciel, se présente devant "l'Ancien de(s) jours", pour une scène de "jugement dernier" qui rappelle notamment l'imagerie cananéenne du dieu père (El) et du dieu fils (Baal-Hadad); d'autre part dans le livre d'Hénoch, et particulièrement dans la section des "Paraboles", où "le Fils de l'homme" est aussi un personnage céleste à qui le jugement du monde est remis, et qui est au moins une fois identifié à Hénoch lui-même (Hénoch enlevé au ciel au terme d'un cycle parfait, une année d'années de 365 ans selon cette tradition de la Genèse qui connaissait fort bien l'année solaire). D'où un emploi qui oscille entre trois sens distincts dans les évangiles, où "le fils de l'homme" peut être 1) "l'homme en général", "l'homme sans qualités" pourrait-on dire avant Musil (l'homme opposé aux animaux, Matthieu 8,20//); 2) un personnage céleste et eschatologique distinct de Jésus, chargé du jugement du monde, et de la justification de Jésus lui-même après sa mort (Matthieu 10,23; 13,37.41; 16,27s; 19,28; 24,27.30.37.39.44; 25,31; 26,64 et //); 3) Jésus lui-même comme ce personnage eschatologique déjà présent sur terre (Matthieu 9,6; 11,19; 12,8.32.40; 16,13; 17,12.22; 20,18; 26,2.24.45 et //). Cette figure du "Fils de l'homme" rappelle par ailleurs les méditations pauliniennes ou deutéro-pauliniennes sur le Christ second Adam (1 Corinthiens 15; Romains 5) ou "homme nouveau" (Colossiens-Ephésiens), qui s'inscrivent dans les spéculations contemporaines, aussi bien grecques que juives, sur "l'homme primordial", dont l'homme "réel", "phénoménal", serait non seulement un "descendant", mais une sorte de dégradation ou d'accident. Dans la tradition biblique, le "Fils de l'homme" semble d'une part identifiable à "Adam" pris au sens générique de l'homme (suivant le sens du nom commun 'adam en hébreu), et d'autre part opposable à "Adam" en tant que nom propre du "premier homme" (le seul homme à ne pas être, à la lettre, un "fils d'homme").

Le "Fils de l'homme", c'est donc à la fois "l'homme" et la suite ou l'avenir de "l'homme", c.-à-d. autre chose que "l'homme". Ce qui me semble assez proche de l'Uebermensch de Nietzsche qui parodie ouvertement les évangiles. Zarathoustra annonce l'Uebermensch qu'il n'est pas, et à ses interlocuteurs qui ne le sont pas non plus il dit qu'ils peuvent tout au plus en être les pères. L'idée est celle d'un dépassement ou d'une relève de "l'homme" qui en assurerait néanmoins la continuité, sur le modèle de l'Aufhebung hegelienne (surmonter, relever, c'est à la fois assumer et dépasser). Ce sens eschatologique et extra-ordinaire, qui implique à la fois une "fin de l'homme" et une "suite de l'homme", consone cependant avec un sens on ne peut plus ordinaire: celui des générations humaines où chaque "fils d'homme" n'assure la relève de son ou de ses pères qu'en différant d'eux, de façon imperceptible ou spectaculaire. Il n'y a "identité" que par la différence qui est aussi le contraire de l'identité.

On remarquera au passage que la question du "genre" comme générique (le "genre humain") se complique non seulement d'une question de génération ou d'engendrement (fils de), mais encore de "genre" masculin/féminin (si "l'homme", 'adam, anthrôpos ou Mensch, inclut ou embrasse la femme, comme on dit plaisamment, le "fils" n'est cependant pas une fille).
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MessageSujet: Re: Le Fils de l'homme   Ven 23 Juin 2017, 12:56

"Je vous le dis : quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, le Fils de l’homme aussi se déclarera pour lui devant les anges de Dieu" lc 12,8

"Car si quelqu’un a honte de moi et de mes paroles au milieu de cette génération adultère et pécheresse, le Fils de l’homme aussi aura honte de lui, quand il viendra dans la gloire de son Père avec les saints anges. » Mc 8,38

"Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, je me déclarerai moi aussi pour lui devant mon Père qui est aux cieux ; mais quiconque me reniera devant les hommes, je le renierai moi aussi devant mon Père qui est aux cieux." Mt 10,32-33


Luc et Marc établissent une nette distinction entre Jésus et fils de l’homme, alors que Matthieu a jugé bon d'éliminer cette distinction et d'introduire le « je » de Jésus.
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Narkissos

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MessageSujet: Re: Le Fils de l'homme   Ven 23 Juin 2017, 19:13

On peut deviner ici, et dans quelques autres textes, un schéma symétrique, de type "diplomatique": "Jésus", en tant que "Fils de Dieu", au moins dans un certain sens de cette expression, est le représentant du ciel sur la terre et parmi les hommes, comme "le Fils de l'homme" (sur le modèle d'Hénoch notamment) est le représentant de la terre et des hommes au ciel => l'homme qui désavoue l'"ambassadeur", le "député" ou le "lieu-tenant" de Dieu auprès des hommes s'expose à être désavoué par l'"ambassadeur", le "député" ou le "lieu-tenant" de sa propre "patrie" et de sa propre "espèce" auprès de Dieu.

Mais si l'on considère l'Evangile de Marc dans son ensemble (et dans sa rédaction finale), force est de constater que ce schéma s'y mélange déjà avec d'autres: "Jésus" y cumule souvent les deux rôles (le Fils de Dieu e[s]t le Fils de l'homme), auquel se surajoute parfois le sens "banal" de l'expression "fils d'homme" -- le représentant de Dieu auprès des hommes et le représentant des hommes auprès de Dieu est aussi l'homme quelconque (ni prêtre, ni roi, d'où la réserve par rapport au messianisme du "fils de David", 12,35ss, laquelle deviendra totalement incompréhensible avec les généalogies plus ou moins "davidiques" de Matthieu et de Luc). Cf. 2,10.28; 8,31; 9,9.12.31; 10,33.45; 14,21.41. Le schéma qui distingue le "Fils de Dieu" du "Fils de l'Homme" est donc plutôt pré-évangélique qu'évangélique; son sens est déjà perdu de vue dans la rédaction du "premier" évangile (Marc), bien que celle-ci en témoigne encore par endroits, probablement sans le comprendre (8,38; 13,26; 14,67).

J'aurais dû noter plus tôt que le "(comme un) fils d'homme" de Daniel 7 apparaît davantage comme représentant d'Israël, ou des "fidèles" d'Israël, que de l'humanité en général (cf. l'interprétation de la vision aux v. 22 et 27). C'est le royaume du "peuple des saints du Dieu suprême" qui est opposé aux royaumes "païens" comme celui du "fils d'homme" à ceux des "bêtes". (En quoi ce "fils d'homme" constitue d'ailleurs une sorte de "double" de Michaël-Michel, "prince" d'Israël opposé aux princes d'autres nations, aux chapitres 10 et 12 -- pour les amateurs, c'est la petite part de vérité de l'identification par ailleurs intenable de "Jésus" à l'archange Michel dans la doctrine [post-russelliste] de la Watchtower.) Ce n'est évidemment pas le cas du "fils de l'homme" de la tradition hénochienne: Hénoch étant une figure "antédiluvienne", antérieure en tout cas à Abraham et à Jacob-Israël, ce "fils de l'homme"-là représente bien l'humanité au ciel et non un peuple particulier. C'est pourquoi il est apte à juger l'humanité entière: c'est sa fonction dans la section dite des "Paraboles" ou des "Similitudes" de 1 Hénoch (chap. 37-71), comme dans Matthieu 25 ou dans Jean 5,27; le "fils d'homme" de Daniel 7 aussi juge les nations, mais là le jugement traduit la domination d'Israël sur les "païens", ce qui n'est pas nécessairement le cas dans les autres textes.

Accessoirement par rapport à ce sujet, je trouve remarquable la notation de Marc 8,38 (// Luc 9,26) sur la honte: qu'un croyant puisse avoir honte de son dieu ou de sa foi, comme un enfant de ses parents, un parent de ses enfants ou un amoureux de son amour, et ce devant d'autres auxquels il tient pourtant infiniment moins, c'est une expérience des plus troublantes et aussi des plus courantes... Un peu plus en rapport avec le sujet, on peut remarquer que dans les développements sur le "blasphème contre l'Esprit" (Matthieu 12,32 // Luc 12,10, à partir de Marc 3,28s qui ne disait rien de tel), le blasphème contre le "Fils de l'homme" (identifié sans doute alors au Christ humain, humilié et crucifié, comme en Marc 8,31 etc. et contrairement à la distinction pré-évangélique) est jugé pardonnable.

Pour revenir à mes considérations initiales: "le Fils de l'homme", en tant que figure "eschatologique", à la fois "fin de l'homme", "jugement de l'homme" et "avenir de l'homme", s'annonce aussi comme le retour d'une figure "idéale" du passé "mythique" ou "historique" (Adam, Hénoch, et finalement Jésus, dès lors que la qualification de "Fils de l'homme" se confond avec son humanité "passée") -- ce qui vaut aussi pour d'autres figures "eschatologiques" comme Melchisédeq, Moïse ou Elie.
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MessageSujet: Re: Le Fils de l'homme   Lun 26 Juin 2017, 14:15

Premièrement, alors que, selon les synoptiques, Jésus a toujours une grande réticence à s'appliquer publiquement des titres messianiques (Messie, Fils de David, Fils de Dieu), à trente neuf différentes reprises, il se désigne par l'expression « le Fils de l'homme » (ho huios tou anthrôpou).


Deuxièmement, malgré ce fait, personne, dans les évangiles (y compris celui de Jean), ne s'adresse à Jésus en l'appelant « Fils de l'homme », alors que plusieurs, démons ou humains, l’apostrophent ou le désignent au moyen des titres Fils de David, Messie ou Fils de Dieu. L’expression Fils de l’homme n’apparaît que sur les lèvres du Seigneur.


Mais, troisièmement, il y a plus troublant encore : Jésus n’est plus désigné par cette expression qu'une seule fois en dehors des évangiles, par Étienne, en Actes 7.563. Comment expliquer cette absence d'une christologie du Fils de l'homme en dehors des évangiles alors que les autres désignations de Jésus (Messie-Christ, Seigneur, Fils de Dieu) y sont largement exploitées ?



http://flte.fr/wp-content/uploads/2015/08/ThEv2002-2-Jesus_e%CC%81nigme_Fils_Homme_1.pdf
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MessageSujet: Re: Le Fils de l'homme   Lun 26 Juin 2017, 20:18

Buchhold (voir la suite) a le don de poser les problèmes à l'envers (façon commissaire Bougret ou inspecteur Clouseau): quand on compare les évangiles (et les Actes) à des textes (essentiellement pauliniens) qui ont quelque chance de les précéder, ce n'est pas seulement une formule, c'est la quasi-totalité de leur contenu, narratif ou discursif, qui paraît "original"... La question, à mon sens, serait plutôt celle de la relation entre certains "proto-christianismes" pré-évangéliques (et manifestement non pauliniens) et les cercles hénochiens (pas "chrétiens" du tout) qui ont développé de diverses manières la figure eschatologique (et pas nécessairement messianique) du "Fils de l'homme".

Ça n'empêche pas qu'il y ait des passerelles possibles entre les spéculations pauliniennes sur le "second Adam" et "le Fils de l'homme" de 1 Hénoch ou des évangiles, comme je le suggérais plus haut; mais c'est au lecteur de les deviner ou de les inventer, sans garantie aucune. Dans les textes, ces traditions semblent s'ignorer mutuellement (elle ne se rencontrent peut-être que de façon accidentelle en Hébreux 1--2 et sa citation du psaume 8 appliquée à Jésus: c'est en tant qu'homme / fils d'homme qu'il est, paradoxalement, supérieur aux anges).

Au-delà de l'opposition grossière entre "judaïsme" et "christianisme"; de celles, à peine plus fines, entre les différents "milieux", "écoles" ou "courants" juifs et/ou proto-chrétiens; ou de la vision évolutionniste et plus ou moins linéaire d'une "christologie" définie par son point d'arrivée dans le dogme de l'Eglise, il serait peut-être utile de distinguer entre les tendances à la création littéraire et théologique (qui produit aussi bien les premières épîtres pauliniennes et les évangiles canoniques que des "apocryphes" en tout genre, et des "figures christologiques" toujours changeantes) et à la synthèse doctrinale (qui se manifeste dès les "grandes épîtres" pauliniennes, deutéro- ou post-pauliniennes, et se poursuit chez les Pères de l'Eglise); celle-ci s'efforçant de ramener une floraison d'idées et d'images qui part dans tous les sens à un "problème" unique (celui de la "divinité" et de l'"humanité" du "Christ"), qui n'était pas le leur.


Dernière édition par Narkissos le Mar 27 Juin 2017, 12:47, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le Fils de l'homme   Mar 27 Juin 2017, 12:34

Merci Narkissos pour ces précisions.


C'est par le biais de cette désignation que le Jésus de Marc annonce "qu'il reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts" (comme dira le Credo de Nicée au 4e siècle). Il fait ainsi prendre conscience de l'écart abyssal existant entre le prophète Galiléen crucifié et le Fils de l'Homme : "sur la terre, le Fils de l'Homme a le pouvoir de remettre les péchés" (2,10) alors qu'il les condamnera "quand il viendra dans la gloire de son Père avec les saints anges" (8,38-9,1). Il a le droit d'interpréter les règles du sabbat, parce que "le Fils de l'Homme est Seigneur du sabbat" (2,28). Ce titre mystérieux pèse de tout son poids dans les trois annonces du mystère pascal ("Il faut que le Fils de l'homme souffre…" cf. 8,31; 9,31; 10,33). Ces énoncés s'expliquent au mieux si, pour devenir le Seigneur de la "Parousie" (venue glorieuse à la fin des temps) Jésus doit nécessairement vivre sa passion : sa résurrection fera de lui l'Homme glorifié ! Enfin, au cœur de son dernier discours en face du Temple, Jésus décrit sa venue finale : "Alors on verra le Fils de l'Homme venant dans les nuée du ciel, avec grande puissance […] Il rassemblera tous ses élus" (13,26-27). "Fils de l'Homme" est donc la désignation qui porte le mieux l'espérance des croyants.

Le Rédempteur

Ajoutons que Jésus prononce deux paroles laissant soupçonner sa fonction de Rédempteur. La première en 10,45 : "Le Fils de l'Homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie comme rançon-en-échange pour les multitudes". Selon Daniel 7,14, tous les peuples serviront le Fils de l'Homme, mais il y a ici une étape préalable ! Quand il vient en humanité, c'est lui qui se fait serviteur, en un sens très spécial : il rachète les hommes au prix de sa vie, pour que, d'esclaves qu'ils sont, ils deviennent des hommes libres. Pour être libérateur, il se fait esclave lui-même.

https://www.bible-service.net/extranet/current/pages/1469.html
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MessageSujet: Re: Le Fils de l'homme   Mar 27 Juin 2017, 16:35

Sur la "rançon" et/ou la "rédemption", je rappelle ceci.

On peut remarquer en passant qu'à la question (dite) d'"identité", qui semble à première vue appeler la tautologie (cf. Pierre Dac: à la question qui sommes-nous, d'où venons-nous, où allons-nous, je réponds: je suis moi, je viens de chez moi et j'y retourne), la réponse juste, indiscutable, est en fait impossible ou absurde: il n'y a de sens qu'à répondre autre chose -- à répondre, en somme, à côté de la question. A la question "qui est Jésus", on peut répondre tout sauf "Jésus". Un titre, une fonction, un patronyme (fils de / Dieu / l'Homme / David), un participe passif (l'Elu, le Bien-aimé, l'Oint), voire un tout autre nom propre (dans le schéma des retours: Jean-Baptiste, Jérémie, Elie, Moïse, Melchisédeq, Hénoch).

[Pour le dire autrement: quand on dit "identité" on pense en fait tout autre chose, et jamais la même chose: nom, essence, qualité, nature, espèce, genre, fonction, origine. Il faut une structure d'incognito ou de quiproquo, explicite ou implicite -- qu'on ne sache effectivement pas de qui on parle -- pour qu'une affirmation d'identité se produise, comme une révélation -- cf. la question leitmotiv des Synoptiques, "qui est-il, celui-là", le "je suis" du quatrième évangile, qui à l'instar du deutéro-Isaïe met en abyme le banal egô eimi = "c'est moi", ou les "Je suis Yahvé" du Lévitique. La tautologie qui équivaut à une non-réponse est d'ailleurs, au premier degré, l'interprétation du nom Yahvé en Exode 3: Je suis qui je suis.]

Si la formule "le Fils de l'Homme et son Père" (Marc 8,38//) doit montrer quelque chose, à mon avis, c'est que le sens individuel des mots et leur relation interne se perd dans les formules stéréotypées (ou, en plus technique: que le sens exocentrique de la formule l'emporte sur son sens endocentrique). Ni les rédacteurs ni les lecteurs ne songent spontanément, malgré la lettre du texte, à identifier le "Père" à "l'Homme".
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