Etre chrétien ou pas?

apporter une aide et fournir un support de discussion à ceux ou celles qui se posent des questions sur leurs convictions
 
PortailPortail  AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 De l'autorité (et de l'expérience)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Narkissos

avatar

Nombre de messages : 4855
Age : 57
Date d'inscription : 22/03/2008

MessageSujet: De l'autorité (et de l'expérience)   Ven 09 Juin 2017, 13:07

J'ai hésité à ouvrir ce fil, tant il me semble que ce sujet nous a toujours occupés, explicitement ou implicitement.

Peut-on penser "la religion" -- non seulement comme religion collective et (plus ou moins) organisée, mais même comme pensée ou attitude religieuse "personnelle" -- sans "autorité" ? ("Sans autorité", ce fut précisément un des leitmotive de la pensée religieuse de Kierkegaard, paradoxal contemporain de l'"anarchiste" Stirner, connu notamment pour sa fameuse formule Ich hab' mein' Sach' auf Nichts gestellt, "j'ai fondé ma cause sur rien"; en dépit de leurs oppositions diamétrales, en religion comme en politique, ces deux "individualistes" qui ne se sont sans doute jamais lus avaient en commun une définition fort semblable de l'individu comme "l'Unique", den Enkelte en danois, der Einzige en allemand.)

A première vue, la question d'autorité et les conflits d'autorité(s) sont constitutifs des religions historiques. Dans la Bible comme ailleurs il y a l'autorité du prêtre, qui s'appuie sur une tradition cultuelle ancestrale dont il est dépositaire (le roi même étant souvent [grand] prêtre, en Israël aussi, avant la séparation deutéronomiste des pouvoirs qui est d'ailleurs assez superficielle puisqu'elle va de pair avec une centralisation du culte autour du seul sanctuaire royal); et, fréquemment antagoniste à l'autorité sacerdotale, l'autorité instantanée du prophète qui relève d'une "inspiration" immédiate, souvent accompagnée de "signes" (transes, miracles) qui confirment cette autorité auprès des auditeurs (y compris le roi le cas échéant); à distance il y a les sages qui ne revendiquent aucune "inspiration" ni "révélation" particulière, mais qui n'en constituent pas moins des "autorités" pragmatiques avec leur tradition propre: la "sagesse" est aussi une maîtresse à laquelle il faut obéir, et qui justifie l'autorité du maître sur le disciple, des "anciens" et des "pères" sur les "fils" (y compris le roi encore, quand il n'est pas le sage par excellence, comme Salomon). Toutes ces traditions, partiellement recueillies et amplement développées dans l'écriture à partir de l'exil, débouchent sur une nouvelle forme d'autorité, plus ou moins autonome, du texte et du livre (toujours en construction et déjà en voie de canonisation), sur toutes ces "corporations" ou filières traditionnelles d'autorité; non sans en créer de nouvelles: celles des scribes, lecteurs publics, transcripteurs, traducteurs et interprètes autorisés des textes auprès d'une population très majoritairement illettrée.

Dans le christianisme primitif aussi il y a différentes structures d'autorité, dès les premiers textes (pauliniens): apôtres, prophètes, anciens, épiscopes et diacres, tradition (paradosis) apostolique transmise de génération en génération, non sans conflits ni exclusions (les Pastorales offrant déjà le programme de la chasse aux "hérétiques" qui va se poursuivre pendant des siècles); et, dans les évangiles, la figure fondatrice et pourtant critique d'un Jésus qui apparaît à la fois en rupture avec l'autorité (juive: celle des "pharisiens" ou des "prêtres") et porteur d'une autorité absolue (motif de l'exousia dans les Synoptiques, que renforce encore, sans le mot, le Christ divin du quatrième évangile). Beaucoup plus tard, au XVIe siècle, c'est encore une crise de l'autorité qui déclenchera les Réformes protestantes (et occidentales): autorité de l'Ecriture ("la Bible" devenue autonome, surtout depuis Gutenberg) contre autorité de l'Eglise, c.-à-d. de la Tradition et du Magistère. Même si plus tard encore l'autorité de la Bible est sérieusement ébranlée par la critique rationaliste puis scientifique, d'abord dans le protestantisme puis dans le catholicisme même, la religion ne semble avoir d'autre choix que de se réfugier dans une défense plus ou moins désespérée de son autorité: apologétique "orthodoxe" puis "fondamentaliste" de la Bible du côté protestant, défense "antimoderniste" puis "intégriste" de l'ensemble du dogme et de l'institution du côté catholique. Ou alors refuge dans une autorité de l'illumination individuelle ou collective (mystique, ésotérisme, piétisme, pentecôtisme, etc.) qui vient soit renforcer l'autorité de l'Ecriture ou de l'institution, soit au contraire la concurrencer -- en jouant une autorité contre une autre, mais sans jamais sortir du schème de l'autorité.

Je suis ici le "fil" historique qui nous concerne au premier chef. Mais il n'est pas certain que d'autres "religions" soient moins concernées: dans le judaïsme rabbinique, l'islam, l'hindouisme, le bouddhisme, la religion ne me semble pas davantage faire l'économie du principe d'autorité, bien que la part respective de l'autorité traditionnelle, institutionnelle, ou scripturaire y soit très variable. Même la "philosophie" n'échappe pas à ce modèle (là aussi il y a des "maîtres", des "traditions", des "textes (quasi) sacrés" qui "font autorité", fût-ce contre le principe même de la philosophie dont la dialectique rationnelle s'oppose, en principe, à l'argument d'autorité).

Il y a peut-être un antidote, relatif, à l'autorité, dans la notion d'expérience. Entendue de façon très large, de l'expérience vécue au sens le plus banal, à l'expérience scientifique la plus formellement cadrée et mesurée, en passant par les expériences affectives, sentimentales, religieuses, mystiques, miraculeuses (l'expérience de l'aveugle guéri qui résiste à l'autorité des pharisiens en Jean 9, parodiant entre autres la doxa socratique dont nous parlions il y a peu: "je sais une chose", non "que je ne sais rien", mais que "j'étais aveugle et maintenant je vois"). A l'intérieur même de l'histoire de l'autorité, l'expérience joue un rôle ponctuellement mais obstinément antagoniste. Sans doute tend-elle d'elle-même à se changer en autorité: de façon externe (je sais de quoi je parle, donc vous devez me croire), à laquelle seule peut résister l'expérience des autres; et aussi en s'entravant elle-même, pour autant qu'une expérience marquante hypothèque les possibilités d'expériences futures susceptibles de la remettre en question. L'expérience n'en est pas moins, me semble-t-il, le seul recours que nous ayons contre l'"autorité".

L'étymologie du mot "expérience" (et aussi de l'"empirisme" ou de l'"aporie"), en français, nous renvoie vers le lexique grec, et notamment biblique, de l'"épreuve" et de la "tentation" (peirazô etc.), de la situation "critique" dans tous les sens du terme, c.-à-d. aussi discriminante, qu'on "passe" ou qu'on ne "passe" pas (voir p. ex. ici). Signe non seulement du caractère difficile et périlleux du sujet, mais aussi du caractère rassurant de son antithèse: dans l'"autorité" c'est avant tout une certaine "sécurité" qui est recherchée ou promise, même de manière illusoire.

Certes, dans l'expérience même il y va d'une certaine "autorité": celle de la chose, du fait, du phénomène, de l'être ou de l'événement présent, susceptible de remettre en question une autorité extérieure et/ou antérieure, théorie, tradition ou préjugé. On ne peut donc pas dire que l'expérience échappe à l'autorité comme un principe radicalement étranger ou autonome; d'ailleurs elle est subie, pâtie, comme toute autorité. Mais justement parce que l'arkhè, principe et autorité, commencement et commandement, se fait présente dans l'expérience et non plus "archaïque" comme dans la tradition ni "hiérarchique" comme dans l'institution, il y a (provisoirement) sollicitation, subversion, voire renversement an'archique de son ordre apparent.
Revenir en haut Aller en bas
http://oudenologia.over-blog.com/
free



Nombre de messages : 3729
Age : 55
Date d'inscription : 21/03/2008

MessageSujet: Re: De l'autorité (et de l'expérience)   Lun 12 Juin 2017, 15:28

Narkissos,

L'Eglise de Corinthe me semble être l'exemple même, ou la notion d'expérience  a constitué un antidote, relatif, à l'autorité. Dans cette assemblée où chacun, se sentait animé par l'Esprit, il n'y avait pas d'autorité et de hiérarchie. La grande majorité des membres de cette Eglise faisaient l'expérience des dons de l'Esprit ("à l'un est donnée par l'Esprit une parole de sagesse ; à un autre, une parole de connaissance ... de parler en prophète") et n'éprouvaient le besoin d'une direction humaine.
Revenir en haut Aller en bas
Narkissos

avatar

Nombre de messages : 4855
Age : 57
Date d'inscription : 22/03/2008

MessageSujet: Re: De l'autorité (et de l'expérience)   Lun 12 Juin 2017, 15:37

D'autant que nous ne la connaissons, cette ekklèsia corinthienne, que par les textes pauliniens qui précisément s'efforcent tant bien que mal de la contenir ou de la canaliser en lui imposant de l'autorité, de l'ordre, de la tradition...

Qu'on s'en félicite, qu'on le déplore ou qu'on s'en fiche, il paraît assez évident que sans cet antagonisme structurel et structurant entre un fond d'effervescence anarchique et une forme institutionnelle autoritaire, il n'y aurait jamais eu de "christianisme" historique.
Revenir en haut Aller en bas
http://oudenologia.over-blog.com/
le chapelier toqué

avatar

Nombre de messages : 1573
Age : 70
Date d'inscription : 31/08/2010

MessageSujet: Re: De l'autorité (et de l'expérience)   Mar 13 Juin 2017, 10:44

Le bouddhisme a aussi connu une période de "réforme", de remise en question. Alors qu'il se développait lentement mais avec force au Japon et en Chine il disparaissait pratiquement de l'Inde son berceau et devenait une religion parmi d'autres. Il s'affaiblissait au Sri Lanka et subissait les humeurs pas toujours heureuses des rois de Thailande.

Cette situation était due en partie à une orientation prise par les bouddhistes qui tentèrent de modifier la philosophie de base; en faisant cela maladroitement ils perdirent l'aura qu'avait acquise le Bouddha et son enseignement. Seul le Tibet a échappé à cette perte de valeur, sans doute cela est-il du à son isolement relatif.

Au cours du 19e siècle les moines de la branche Theravada (notamment au Sri Lanka) remirent l'ouvrage sur le métier et remportèrent le succès que l'on connaît puisque le bouddhisme s'exporte aussi bien en occident qu'en Afrique. Pour cela ils ont usé tant de l'autorité que de l'expérience.
Revenir en haut Aller en bas
Narkissos

avatar

Nombre de messages : 4855
Age : 57
Date d'inscription : 22/03/2008

MessageSujet: Re: De l'autorité (et de l'expérience)   Mar 13 Juin 2017, 11:42

Il me semble en effet (vu de très loin) qu'il y a dans le bouddhisme une part "expérimentale" sinon plus importante, du moins plus difficile à négliger ou à occulter, que dans le christianisme en général (il n'y a pas d'"éveil" par procuration ni en abstraction; quoique théoriquement -- c'est tout le problème -- il n'y ait pas non plus de "conversion", de "nouvelle naissance", de "régénération" ou de "sanctification" par procuration ni en abstraction).

Le moment d'antagonisme entre "expérience" et "autorité" est subtil: comme je le suggérais précédemment, "l'expérience" passée, vécue, acquise, accumulée ou capitalisée, celle qu'on "a" ou qu'on prétend avoir, constitue (pour les autres et parfois pour soi-même) une forme d'"autorité" comme une autre; et même l'expérience en train de se vivre peut être vécue comme soumission à une autorité -- que ce soit celle de Dieu ou du hasard, du destin ou de la providence, de "la vie", de la "réalité" ou du "fait" objectif; cf. ce que Nietzsche appelait "faitalisme", aussi ruineux à ses yeux pour la "volonté de puissance" que "l'autorité" morale ou religieuse.

Il faut remarquer, à ce propos, combien la notion de puissance (dunamis, mais aussi energeia associées à pneuma, l'esprit, le souffle) est centrale et vitale à l'enthousiasme "charismatique" dont témoigne la correspondance corinthienne. Là où "l'expérience" s'oppose effectivement (y compris de façon "fonctionnelle", utile, constructive) à l'autorité, c'est peut-être justement quand elle est vécue comme l'unité confuse et différenciée, spectrale peut-être, d'une puissance, d'un mouvement ou d'un événement en-deçà de toute chosification ou personnalisation; de toute distinction claire entre individu et communauté, entre subjectivité et objectivité, entre action et passion...
Revenir en haut Aller en bas
http://oudenologia.over-blog.com/
free



Nombre de messages : 3729
Age : 55
Date d'inscription : 21/03/2008

MessageSujet: Re: De l'autorité (et de l'expérience)   Mar 20 Juin 2017, 16:04

Le refus d'une autorité ou d'une hiérarchie autoritaire dans une église découle du fait que certains croyants revendiquent l'idée selon laquelle, ils font l'expérience de Dieu et sont en relation avec lui, sans intermédiaire.Le principe majeur est de suivre sa "lumière intérieure" qui est la manière dont Dieu peut interagir avec chacun.
Revenir en haut Aller en bas
le chapelier toqué

avatar

Nombre de messages : 1573
Age : 70
Date d'inscription : 31/08/2010

MessageSujet: Re: De l'autorité (et de l'expérience)   Mar 20 Juin 2017, 16:22

Dans le sermon sur la montagne Jésus encourage ses auditeurs à travailler personnellement pour améliorer leur point de vue sur autrui, mais aussi leur approche cultuelle afin de ne pas se comporter comme des égoïstes voir égocentristes Mat. 5.43ss. De plus Jésus leur démontre que ce qu'ils trouvent ou considèrent comme extraordinaire dans leur comportement n'a rien de particulier.

Jésus ne dit rien à propos de l'autorité religieuse si ce n'est de vivre comme l'encourage l'autorité mais de ne pas vivre comme les chefs religieux Mat. 23.1ss
Revenir en haut Aller en bas
Narkissos

avatar

Nombre de messages : 4855
Age : 57
Date d'inscription : 22/03/2008

MessageSujet: Re: De l'autorité (et de l'expérience)   Mar 20 Juin 2017, 16:39

free a écrit:
Le refus d'une autorité ou d'une hiérarchie autoritaire dans une église découle du fait que certains croyants revendiquent l'idée selon laquelle, ils font l'expérience de Dieu et sont en relation avec lui, sans intermédiaire.Le principe majeur est de suivre sa "lumière intérieure" qui est la manière dont Dieu peut interagir avec chacun.

En effet. Ça s'appelle justement (et le plus souvent péjorativement, je l'ai appris à mes dépens) "l'illuminisme".

Avec quoi "l'autorité" (extérieure) entretient cependant un rapport compliqué. C'est évidemment pour elle une menace, mais d'un autre côté c'est quelque chose dont elle a besoin et qu'elle a besoin de manipuler.

L'"autorité", même et peut-être surtout la plus dogmatique ou la plus tyrannique, ne peut faire longtemps l'économie de l'approbation de ses "sujets". Or, pour que cette approbation vaille quelque chose, il faut qu'elle ait au moins une apparence de "liberté" et de "pertinence" -- le "oui" ne vaut que de quelqu'un qui peut dire "non", et qui est censé avoir une bonne raison de dire l'un plutôt que l'autre; pas d'un simple disciple qui se contenterait de réciter sa leçon comme un perroquet, mais d'un être présumé autonome et apte à juger (autrement dit: il faut une "autorité" de type illuministe ou expérimental pour contresigner valablement une "autorité" de type traditionnel ou magistériel; ça se vérifie jusque dans la dialectique de Socrate chez Platon, où l'enseignant est supposé conduire l'élève à reconnaître ce qu'il sait déjà, par lui-même, l'acquiescement de celui-ci validant l'enseignement de celui-là; ou dans les démocraties modernes, où nul élu ne proclamera que ses électeurs sont des cons, même s'il le pense très fort).

Ce qui fait, par exemple, que même le très autoritaire Calvin, qui réprime l'illuminisme chez les "hérétiques" (anabaptistes p. ex.), prêche en même temps "l'illumination du Saint-Esprit" chez les "vrais croyants" -- à la condition tacite qu'elle valide son autorité. Le double bind consiste à dire ou à suggérer (c'est déjà souvent le cas chez "Paul"): "si vous êtes éclairés par le Saint-Esprit, vous penserez/comprendrez/agirez comme moi." (Voir ici et .)

@ lct:

La question de l'autorité chez Matthieu est assez complexe, sans doute en partie à cause de la diversité de ses sources et de ses rédactions successives: à côté des textes qui semblent confirmer l'autorité pratique (halakha) des pharisiens (23,1ss; cf. 5,20), il y en a d'autres (souvent issus de Marc, mais parfois accentués dans un sens anti-pharisien) qui la rejettent (p. ex. 15,12ss). L'"autorité" (exousia) de Jésus est par ailleurs distinguée de celle des scribes (pharisiens), 7,29, comparée favorablement à celle d'une hiérarchie militaire romaine, 8,9, mais aussi étendue aux "hommes" en général (9,8, interprétation large du "Fils de l'homme", v. 6) et particulièrement aux disciples (10,1); elle reste inexpliquée (comme chez Marc) en 21,23ss, et devient absolue en 28,20. D'autre part l'exercice de l'autorité chez les disciples est opposé aussi bien au modèle pharisien (23,8ss) qu'au modèle "païen" (20,25ss).
Revenir en haut Aller en bas
http://oudenologia.over-blog.com/
free



Nombre de messages : 3729
Age : 55
Date d'inscription : 21/03/2008

MessageSujet: Re: De l'autorité (et de l'expérience)   Hier à 16:52

« L’heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne, ni à Jérusalem que vous adorez le Père. (.. .) Mais l’heure vient, et c’est maintenant, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car tels sont les adorateurs que le Père désire » Jean 4,23

"en esprit et en vérité", l'évangile de Jean insiste sur la connaissance des intime de de la "personne" ("être") même de Dieu, sans lieu de culte particulier et sans une hiérarchie religieuse enseignante. Chaque croyant peut accéder à ce secret indicible. Dans la mesure ou chaque croyant possède une part de divin, il n'y a pas de hiérarchie.
Revenir en haut Aller en bas
Narkissos

avatar

Nombre de messages : 4855
Age : 57
Date d'inscription : 22/03/2008

MessageSujet: Re: De l'autorité (et de l'expérience)   Hier à 17:08

Dans le johannisme, en effet, comme dans le gnosticisme en général, "l'autorité" de la lumière ou de la voix "intérieure" est prépondérante -- de la lumière qui éclaire tout homme, dans le Prologue, aux brebis qui reconnaissent la voix du berger, parmi bien d'autres exemples. Et ce n'est pas par hasard si dans la Première épître elle s'oppose à l'autorité extérieure (1 Jean 2, "vous n'avez besoin de personne pour vous instruire") -- tout en validant indirectement l'autorité de l'auteur, d'autant mieux reconnu comme "véridique" que ses destinataires sont eux-mêmes jugés aptes à reconnaître le "vrai"...

Point n'est besoin de dire que ce type de rapport à l'autorité entre en conflit direct avec l'autorité "ecclésiastique", celle qui repose principalement sur la succession des "évêques" et la tradition (cf. déjà 3 Jean).

Voir aussi ici et .

Entre le calme et la subtilité un rien ironique de la "connaissance" johannique et l'effervescence "pneumatique" ou "charismatique" de Corinthe, il semble y avoir un monde (et il y a certainement une différence de milieu socio-culturel); et pourtant ces traditions contraires par leurs manifestations communiquent entre elles, et elles ont en commun le même "illuminisme": il y a déjà un culte de la "sagesse" et de la "connaissance" de type (pré-)gnostique à Corinthe (associé notamment à Apollos); le montanisme "charismatique" du IIe siècle, réprimé par la grande Eglise au même titre que les "gnostiques", se réclamera de l'autorité du "paraclet" johannique.
Revenir en haut Aller en bas
http://oudenologia.over-blog.com/
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: De l'autorité (et de l'expérience)   

Revenir en haut Aller en bas
 
De l'autorité (et de l'expérience)
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Benoît XVI pour une autorité mondiale !!! on y arrive...
» Les élèves qui bravent l'autorité
» Au secours, aucune autorité
» [Autorité Héraldique] Russian College of Heraldry
» [Autorité Héraldique] Heraldisch College, Belgique.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Etre chrétien ou pas? :: RELIGION-
Sauter vers: