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 Au sujet de l'amour et de la mort

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Le gaffeur distancié



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MessageSujet: Au sujet de l'amour et de la mort   Mar 20 Juin 2017 - 22:47

Une réflexion que j'ai écrite suite à l'écoute d'une vidéo sur le dernier bouquin de Brezinski :
Punaise avec le décès de Rockefeller, celui de Zbignougnou, il manque plus que Kissinger et Jacob Rothschild pour que le monde perde sa raison d'être Smile Blagues à part, je pense que Brezinski nonobstant ses 180 de qi supposés n'avait rien d'un sociopathe prédestiné, et je ne suis même pas certain que c'en fut un. Je crois même que le loup peut aussi être un homme pour le loup hou hou.

Je pense qu'il était juste un peu déconnecté d'une forme de vie réelle, en tout cas plus déconnecté que les homeless au pied des tours de Manhattan (forcément, ils ne montent pas dans les tours Smile ), ou les mecs qui ont "raté" leur BEPC qui sont probablement tout aussi en mesure, voire peut-être même plus, de comprendre la réalité de ce qui permet d'exister à savoir l'amour agapé, et de comprendre que la mort n'est pas dramatique. En fait, à partir du moment où on aime et on travaille (à ne pas confondre avec emploi), on créé plus de valeur qu'on en consomme, et on contribue à la richesse du cosmos.

L'angoisse de la mort est sans objet, puisque la mort c'est le non-être. Cette angoisse est en réalité une forme de déplacement qui s'actualise lorsqu'on a l'impression de ne pas être vivant dans nos actes de la vie quotidienne, et la "trouille" c'est en réalité le fait de passer l'arme à gauche sans avoir été capable de penser que la lutte n'est pas une finalité, c'est juste une modalité servant une fin supérieure, et que la lutte c'est en fait contre soi-même qu'on la mène avant de se sentir accompli. En fait, c'est pas la mort qui est un problème, c'est la peur de passer à côté de sa vie, ou plus exactement de ne pas s'accomplir à travers la forme la plus aboutie d'amour celle décrite en 1 Corinthiens 13 :4-8 (première phrase). Chaque être vivant, et chaque être humain a un potentiel de développement extraordinaire, a ce buisson ardent qui ne consume pas, cette capacité d'amour illimitée. Nous sommes tous des semblables avec ce privilège de décliner de façon personnelle cette capacité de développement. Freud a probablement fait l'erreur de réduire la pulsion de vie à Eros, et lorsqu'on suppose que l'orgasme est une petite mort, alors on se situe dans la confusion entre la pulsion de vie et la pulsion de mort (Eros et Thanatos). En fait, la pulsion de vie c'est Agapé, qui peut être étayée par Storge et Philia, et de façon en partie facultative par Eros.

C'est probablement le christianisme qui a introduit plus clairement la notion d'amour agapé, mais on peut très bien le dépasser en intégrant son apport, c'est-à-dire en ne tombant pas dans le piège de l'annulation de l'amour agapé dans lequel il est tombé, à savoir l'affirmation de l'existence de Dieu (un autre non-être absolu), et que Dieu est amour, ce qui a plongé le monde dans les ténèbres jusqu'à la renaissance, en condamnant l'amour à n'être qu'une illusion, alors que c'est la réalité ultime.


Dernière édition par Le gaffeur distancié le Mar 20 Juin 2017 - 22:52, édité 1 fois
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Le gaffeur distancié



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MessageSujet: Re: Au sujet de l'amour et de la mort   Mar 20 Juin 2017 - 22:50

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le chapelier toqué

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MessageSujet: Re: Au sujet de l'amour et de la mort   Hier à 8:06

Merci le gaffeur distancié d'avoir partagé ton ressenti. Peux-tu m'indiquer le titre du livre stp? Merci
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Narkissos

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MessageSujet: Re: Au sujet de l'amour et de la mort   Hier à 8:58

Bonjour ! Smile

Quelques notes en vrac, après décryptage de la première référence -- nous n'avons pas les mêmes lectures !

Moi, je lisais ces jours-ci les Canti de Leopardi, où se trouve parmi d'autres merveilles un superbe Amore e Morte, dépeints comme frère et sœur dont l'œuvre se complète en s'annulant -- le "pessimisme cosmique" s'y apaise, à défaut de se retourner en optimisme.

Je repense, bien sûr, à l'incipit de Tristan et Yseult selon Bédier: "Seigneurs, vous plaît-il d’entendre un beau conte d’amour et de mort ? C’est de Tristan et d’Iseut la reine. Écoutez comment à grand’joie, à grand deuil ils s’aimèrent, puis en moururent un même jour, lui par elle, elle par lui."

Dans La carte postale, Derrida dialogue (en différé, comme toujours) avec Au-delà du principe de plaisir de Freud (le texte où apparaît l'idée de "pulsion de mort", Todestrieb) et les Ecrits de Lacan sur ce texte. C'est un livre assez déroutant à première vue, qui entrelace une relation "privée", amoureuse et épistolaire, avec une analyse "déconstructive" de textes "philosophiques" et "psychanalytiques"; mais (pour moi) passionnant.

Au moins deux "ex" en moi (le bibliste et le TdJ) en moi sourient à l'évocation de l'agapè; et plus généralement à la persistance et à la fécondité des schémas, même "faux", dès lors qu'ils offrent une (illusion d')intelligibilité.

Plus partiellement, à la relecture de ton texte:

Parménide, ouk esti mè einai, "le non-être n'est pas", "il n'y a pas de ne-pas-être".

Kierkegaard et Heidegger, sur l'analyse de l'angoisse, précisément comme peur de rien; où l'on devine pourquoi les consolations rationnelles d'Epicure et de Lucrèce (où je suis, la mort n'est pas, où elle est je ne suis pas) sont aussi efficaces qu'un cataplasme sur une jambe de bois.

Mon allergie (épidermique ou viscérale, déraisonnable en tout cas) à tout ce qui ressemble de près ou de loin à une téléologie (utilité, finalité, accomplissement, etc.; pour ne rien dire de l'idée de contribuer à la richesse du cosmos !).

Je ne suis pas sûr qu'on fasse davantage justice à "l'amour" en le cosmicisant à la Dante (L'amor che move il sole e l'altre stelle, Paradiso XXXIII, 135) qu'en le déifiant à la saint Jean (ho theos agapè estin) -- et pourtant pour rien au monde je ne renierais aucun de ces moments de son dire. Mais je leur en adjoindrais d'autres, p. ex. "l'infini mis à la portée des caniches" (Céline).

Etc.
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le chapelier toqué

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MessageSujet: Re: Au sujet de l'amour et de la mort   Hier à 10:09

Je te trouves d'humeur bien facétieuse, Narkissos.... Very Happy
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Narkissos

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MessageSujet: Re: Au sujet de l'amour et de la mort   Hier à 10:54

Tu m'en vois ravi, car j'aurais plutôt craint (sans pouvoir y faire grand-chose, d'ailleurs) de donner l'impression contraire...

"L'amour et la mort", c'est à vrai dire LE topos, le lieu commun par excellence, dont l'unité et la duplicité structurent à peu près toute la "culture" humaine (de la mythologie antique au cinéma, et du chef-d'œuvre absolu au dernier navet). On voudrait penser à autre chose, on ne pourrait que faire semblant.

On ne pense qu'à ça, on ne parle que de ça, sous les masques contraires du même: Freud, Bataille, Gracq (pour ne citer que des auteurs qui ont explicité la chose aussi peu obliquement que possible).

Tout individu humain sait son origine dans "le sexe" et sa fin dans "la mort", mais ce savoir est aussi théorique et abstrait qu'il est certain: tant que je suis vivant, ma mort est pour moi un "fantasme" autant que ma conception (celle-là est aussi irrémédiablement à venir que celle-ci est irrémédiablement passée); je ne peux m'y référer, les rapporter l'une à l'autre de ce rapport que pourtant je suis, que sur le mode détourné de la fiction ou de la représentation. Fictive, "la mort" (dite, écrite, décrite, racontée, dépeinte, représentée) ne l'est pas moins par rapport à son "phénomène" que "l'amour" par rapport à toute sexualité phénoménale. Et la fiction révèle, tout en s'en distanciant, l'unité du réel qui ne saurait se dire ou se montrer "directement". Dans "l'amour" se reconnaît la "perte de soi" (de la "petite mort" porno-graphique aux grands sentiments romantiques à la Werther) qui qualifie aussi "la mort".

"L'amour est fort comme la mort", dit le Cantique des cantiques; non pas "plus fort que la mort", comme on le cite ordinairement de travers; mais même quand on a corrigé la citation erronée, on en garde souvent l'idée d'un antagonisme (deux puissances égales mais hostiles l'une à l'autre); ce n'est pas ce que dit le texte, qui se contente de les comparer sous l'aspect de la puissance irrésistible; un pas de plus et ce serait la même puissance...
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Le gaffeur distancié



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MessageSujet: Re: Au sujet de l'amour et de la mort   Hier à 17:09

Narkissos a écrit:
Bonjour ! Smile


Au moins deux "ex" en moi (le bibliste et le TdJ) en moi sourient à l'évocation de l'agapè; et plus généralement à la persistance et à la fécondité des schémas, même "faux", dès lors qu'ils offrent une (illusion d')intelligibilité.

Mon allergie (épidermique ou viscérale, déraisonnable en tout cas) à tout ce qui ressemble de près ou de loin à une téléologie (utilité, finalité, accomplissement, etc.; pour ne rien dire de l'idée de contribuer à la richesse du cosmos !).

Je ne suis pas sûr qu'on fasse davantage justice à "l'amour" en le cosmicisant à la Dante (L'amor che move il sole e l'altre stelle, Paradiso XXXIII, 135) qu'en le déifiant à la saint Jean (ho theos agapè estin) -- et pourtant pour rien au monde je ne renierais aucun de ces moments de son dire. Mais je leur en adjoindrais d'autres, p. ex. "l'infini mis à la portée des caniches" (Céline).

Etc.

Pourtant je t'assure que j'ai pas fait complètement exprès non plus rendeer

Ceci étant, je pense en effet que même les caniches ont un certain accès à l'infini... nom d'un chien ! bom
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Le gaffeur distancié



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MessageSujet: Re: Au sujet de l'amour et de la mort   Hier à 17:13

le chapelier toqué a écrit:
Merci le gaffeur distancié d'avoir partagé ton ressenti. Peux-tu m'indiquer le titre du livre stp? Merci

C'est celui-ci : https://www.amazon.com/Strategic-Vision-America-Crisis-Global/dp/0465061818

Et la vidéo c'est celle de Michel Drac qui a des affinités indiscutables avec le fascisme italien :
https://www.youtube.com/watch?v=uV8wisgI08c&t=2136s



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Narkissos

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MessageSujet: Re: Au sujet de l'amour et de la mort   Hier à 22:33

[Hors sujet, après avoir écouté la recension et sans avoir lu le livre: c'est Drac qui qualifie Brzeziński de sociopathe (avis d'expert ?). En tout état de cause, si sociopathes il y a -- je serais pour ma part porté à croire qu'il n'y a que ça, des sociopathes, que la "société" est pour l'"individu" une souffrance (pathos) plus ou moins bien tolérée, et jamais tolérée sans une certaine "perversion", y compris dans la meilleure "éducation" -- je les préfère en littérature...]

A propos des caniches, il faut noter que dans Au-delà du principe de plaisir la "pulsion de mort" est expliquée de façon biologique et organique; elle est, a priori, aussi "animale" qu'"humaine": désir ultime de l'organisme vivant, sexué, au-delà de tout instinct de survie ou de conservation, de mettre fin aux contraintes de son organisation (Nietzsche avait d'ailleurs dit, comme souvent, des choses très semblables, sur un mode plus synthétique qu'analytique: la "volonté de puissance", trans-individuelle, veut "la mort" comme elle a voulu "la vie"). Lacan, par contre, dans son souci de refonder le freudisme sur la stricte base post-structuraliste d'une analyse du sujet du langage (humain donc), récuse toute interprétation biologique de Freud: à Lacan (comme à Heidegger ou à Descartes) l'animal est radicalement étranger. (Voir éventuellement ceci.)

Pour revenir de là à ta réflexion première: toute pensée tant soit peu profonde tend, par principe, à l'unité de principe, peu importe le nom qu'elle donne à son principe (Principe à majuscule, fût-elle inapparente: Dieu, Être, Bien, Amour, Volonté, Puissance, Justice, Logos, etc.; voire tout simplement Un, comme chez Plotin). Mais la seconde nécessité qu'elle trouve aussitôt à son principe, de quelque nom qu'elle l'appelle, c'est qu'il soit différenciant -- et, à l'occasion, antagoniste.
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