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 esprit et fantôme

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Narkissos

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MessageSujet: esprit et fantôme   Lun 04 Sep 2017, 00:23

Tandis qu'ils disaient cela, il se tint au milieu d'eux et il leur dit: "Paix à vous !" Stupéfaits et terrifiés, ils croyaient voir un esprit (pneuma; un fantôme, phantasma, selon le Codex de Bèze). Alors il leur dit: "Pourquoi êtes-vous troublés, et pourquoi des raisonnements vous montent-ils au cœur ? Voyez mes mains et mes pieds; touchez et voyez: un esprit (pneuma partout) n'a ni chair ni os, comme vous voyez que j'en ai... (Luc 24,36ss)

C'est peut-être le motif du toucher dans les "apparitions" (toucher interdit à Marie-Madeleine, mais proposé à Thomas, comme ici, en Jean 20) qui m'a fait penser à ce passage, bien connu pour son apparente intention "antidocétique": il s'agit de montrer que le ressuscité n'est pas un "esprit" (cf. a contrario 1 Corinthiens 15,45 ou 1 Pierre 3,18), que sa résurrection est "corporelle" et que son corps n'est pas une apparence (on ira jusqu'à le faire manger pour s'en assurer: voir la suite). Mais c'est un autre détail du texte qui m'intéresse aujourd'hui: la coïncidence assez exceptionnelle, dans le NT, de "l'esprit" (pneuma) et du "fantôme" (phantasma, apparition, manifestation). Ce dernier n'apparaît guère -- c'est doublement le cas de le dire puisqu'il s'agit encore d'une fausse apparition, d'une erreur d'interprétation des disciples aussitôt corrigée -- que dans le récit de la marche sur les eaux (Marc 6,49 // Matthieu 14,26, phantasma dans les deux cas), que Luc, sans doute déjà par antidocétisme, n'a pas retenu (mais l'omission se compense peut-être ici -- d'ailleurs il y a encore du poisson au menu, cf. Jean 21 qui transpose le récit de la pêche miraculeuse de Luc 5, à moins que ce ne soit le contraire).

Comme on sait, dans la Septante le grec pneuma (neutre) traduit régulièrement l'hébreu rouah (féminin), qui ne désigne jamais un "fantôme" (il y a bien de la nécromancie dans l'AT, mais avec un autre vocabulaire). Souffle, vent ou "esprit", il paraît surtout "impersonnel" (je ne veux pas relancer ici le débat trinitaire, et je ne reviens pas sur l'ambiguïté et l'anachronisme de la notion de "personne"); alors que le "fantôme", lui, si spectral et éthéré soit-il, est éminemment "personnel" (le fantôme de quelqu'un, c'est ce quelqu'un -- en fantôme). La coïncidence des deux mots, en grec, est d'autant plus remarquable qu'elle y est rare, alors que dans les langues germaniques elle paraît beaucoup plus naturelle (Geist, ghost; cf. l'appellation anglaise traditionnelle du Saint-Esprit, Holy Ghost -- un "Saint-Spectre" qui surprend au moins celui dont l'anglais n'est pas la langue maternelle).

Il me semble en tout cas (je m'éloigne ici tout à fait du texte de Luc 24, qui ne fait que nier, dans le cas de Jésus, "l'esprit" et le "fantôme", "l'esprit" comme "le fantôme") que ces deux notions -- spiritualité et spectralité, si l'on veut -- se complètent utilement, même si elles ne se rencontrent que par accident, dans le texte ou dans la langue (en français, p. ex., spiritualité et spiritisme). D'un côté, toute la tradition biblique (hébraïque) de la rouah tend à dépersonnaliser "l'esprit" (vent, souffle, force ou principe vital commun à tous vivants, hommes et animaux, indifférent aux espèces et a fortiori aux individus); mais la figure du spectre, fantôme ou revenant (comme celle des "anges" ou des "démons", qui sont aussi des "esprits", pneumata dans le NT, cf. Actes 23,8s; sans compter "Dieu" qui, selon Jean 4,24, "est esprit") le personnalise autrement. L'esprit ne serait plus simplement"impersonnel" mais "transpersonnel", en-deçà et au-delà de la "personne"; non pas seulement "interpersonnel" (au sens où un théologien parlait naguère de "go-between God", Dieu intermédiaire ou médiateur, sinon entremetteur, au sujet du Saint-Esprit), mais ce qui passe ou revient d'une "personne" à l'autre, ni tout à fait le même ni tout à fait un autre, sans jamais cesser d'être "personnel". Ce qui de l'autre (mort ou vivant, absent ou présent, mais plutôt comme mort et absent même quand il s'agit d'un vivant présent) nous apparaît et disparaît, nous "inspire" ou nous "habite", nous "hante" ou nous "obsède", comme un fantôme.
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MessageSujet: Re: esprit et fantôme   Lun 04 Sep 2017, 15:49

Citation :
D'un côté, toute la tradition biblique (hébraïque) de la rouah tend à dépersonnaliser "l'esprit" (vent, souffle, force ou principe vital commun à tous vivants, hommes et animaux, indifférent aux espèces et a fortiori aux individus); mais la figure du spectre, fantôme ou revenant (comme celle des "anges" ou des "démons", qui sont aussi des "esprits", pneumata dans le NT, cf. Actes 23,8s; sans compter "Dieu" qui, selon Jean 4,24, "est esprit") le personnalise autrement. L'esprit ne serait plus simplement"impersonnel" mais "transpersonnel", en-deçà et au-delà de la "personne"; non pas seulement "interpersonnel" (au sens où un théologien parlait naguère de "go-between God", Dieu intermédiaire ou médiateur, sinon entremetteur, au sujet du Saint-Esprit), mais ce qui passe ou revient d'une "personne" à l'autre, ni tout à fait le même ni tout à fait un autre, sans jamais cesser d'être "personnel". Ce qui de l'autre (mort ou vivant, absent ou présent, mais plutôt comme mort et absent même quand il s'agit d'un vivant présent) nous apparaît et disparaît, nous "inspire" ou nous "habite", nous "hante" ou nous "obsède", comme un fantôme.

Merci Narkissos d'avoir attiré notre attention sur ce texte et notamment sur Actes 23,8 ss. Les sadducéens nient-ils l'existence d'un esprit ou "âmes" qui survit à la mort ?

"Les sadducéens, en effet, disent qu'il n'y a ni résurrection, ni ange, ni esprit, tandis que les pharisiens croient à tout cela." Actes 23,8 

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MessageSujet: Re: esprit et fantôme   Mar 05 Sep 2017, 00:37

free a écrit:
Les sadducéens nient-ils l'existence d'un esprit ou "âmes" qui survit à la mort ?

C'est en tout cas le portrait des sadducéens qu'en font leurs adversaires, pharisiens ou chrétiens (NT, Josèphe, Talmud).

Si l'on prend (comme il est probable) le livre de Qohéleth comme une des rares expressions du point de vue (proto-)sadducéen qui nous ait été conservée, le tableau est à peine plus nuancé. On ne nie pas que l'homme ait un "esprit" (rouah), on doute que celui-ci se différencie, par sa nature et sa destination, de celui de l'animal (3,18ss).
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MessageSujet: Re: esprit et fantôme   Mar 05 Sep 2017, 13:48

« ... lui-même se présenta au milieu d’eux ... Saisis de frayeur et d’épouvante, ils croyaient voir un esprit. Mais il leur dit : Pourquoi êtes-vous troublés ... un esprit n’a ni chair ni os, comme vous voyez que j’ai »
 
Si un esprit n’a ni chair ni os,  c'est donc qu’un esprit existe et que c’est un "être" désincarné ou, en tous cas, non incarné.
Cette croyance aux esprits en tant que fantômes se retrouve aussi dans Mt 14:26 et Mc 6:49, où le terme utilisé est « phantasma » (Déjà cités par Narkissos)

 "En le voyant marcher sur la mer, les disciples furent affolés : « C’est un fantôme », disaient-ils, et, de peur, ils poussèrent des cris." Mt 14,26 (TOB)

"En le voyant marcher sur la mer, ils crurent que c’était un fantôme et ils poussèrent des cris." Mc 6,49 (TOB)
 
La TMN emploie l'expression,"“ C’est une apparition ! ”.
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MessageSujet: Re: esprit et fantôme   Mar 05 Sep 2017, 16:09

"Apparition" (ou "manifestation") traduit très exactement l'étymologie de phantasma (et de "fantôme" par la même occasion): de la même famille lexicale grecque d'où nous viennent non seulement fantôme, fantasme, fantastique et fantaisie, mais encore phénomène, épiphanie, théophanie, etc. Le mot en soi ne dit rien de la "réalité" ou de l'"irréalité" de la chose, l'apparaître de l'apparition n'est pas nécessairement une apparence trompeuse (le serait-elle, d'ailleurs, qu'elle le serait encore de quelque chose).

Parmi les textes du NT qui parlent d'"esprits" (au pluriel, donc "individualisés"), semblables aux "anges" qui sont "des esprits", mais probablement distincts de ceux-ci, on peut aussi penser à 1 Pierre (3,19; 4,6) et Hébreux (12,9.23). Pour rappel, les "esprits impurs" ou "démons" qui foisonnent dans les évangiles synoptiques (et brillent par leur absence ou leur discrétion dans le reste de "la Bible") se rattachent, dans la littérature hénochienne (1 Hénoch, Jubilés), non directement aux "anges" ou "veilleurs" descendus sur terre (les "fils des dieux" ou "fils de Dieu" de Genèse 6), mais à leur progéniture supposée (nephilim ou "géants"), dont la "chair" est censée avoir été détruite au déluge. Selon cette tradition au moins ce sont aussi des "esprits de(s) morts", quoique d'un genre assez particulier.

Sur l'ensemble de ce thème, je me permets de renvoyer ici, tout en regrettant que la figure du "fantôme" n'y apparaisse (!) pas assez.
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MessageSujet: Re: esprit et fantôme   Mar 05 Sep 2017, 16:32

Citation :
Sur l'ensemble de ce thème, je me permets de renvoyer ici, tout en regrettant que la figure du "fantôme" y ait été pratiquement oubliée.

Merci Narkissos, pour cette article passionnant.

Je viens de découvrir que certains écrits du NT exprime une certaine croyance aux revenants. Selon Mt 17,3 ;  les apôtres Pierre, Jacques et Jean assistèrent  à la transfiguration de Jésus au sommet d'une montagne et Moïse et Elie leur "apparurent" ("Apparition" ou "manifestation"). Ainsi des fidèles du passé, décédés, apparaissent à des humains.

En Actes 12,15 ; Pierre libéré miraculeusement de prison frappe à la porte d'une maison ou sont réunis les apôtres, la servante ayant reconnu la voix de Pierre, court annoncer aux apôtres que Pierre est là, devant la porte. On la prend pour une folle et les disciples dirent : « Tu es folle », lui dit-on. Mais elle n’en démordait pas. « Alors, c’est son ange », dirent-ils. 

Ce texte traduit-il une croyance en un ange gardien qui aurait l'apparence de Pierre ?

En 1 Cor 12,10 ; l'un des charismes correspond à la capacité de "de discerner les esprits", peut-être la capacité de déterminer la véracité ou de la fausseté d'une apparition.
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MessageSujet: Re: esprit et fantôme   Mar 05 Sep 2017, 17:05

En Matthieu 17,3 c'est le passif optanomai (à l'aoriste 3e ps. pluriel ôphthèsan, qui ne faît que corriger le singulier ôphthè de Marc), d'une autre famille lexicale (cf. optique et ophtalmologie). Mais c'est bien un synonyme ("être vu" = "apparaître"), typique des "théophanies" ou "angélophanies" dans la Septante.

"Décédé" est un peu vite dit dans le cas d'Elie, "enlevé" au ciel comme Hénoch (pour Moïse c'est moins évident, mais le récit de la mort de Moïse dont personne ne connaît la tombe est aussi devenu un "enlèvement" sur le modèle des deux autres dans une partie de la tradition juive).

Actes 12,15 peut encore faire penser à Matthieu 18,10 (où s'enracine la tradition chrétienne de l'"ange gardien") -- à cette différence près que dans ce dernier cas l'"ange" apparaît comme le "double" céleste d'un être humain vivant sur terre; ce peut être aussi le cas dans les Actes, mais le texte est plus ambigu (les disciples peuvent s'imaginer Pierre mort et son "ange" comme son "fantôme").

1 Corinthiens 12,10 peut être rapproché de 1 Jean 4,1, avec une même référence "prophétique" au sens large -- des "esprits" qui inspirent les "inspirés"; cf. déjà 1 Rois 22,19ss, rare occurrence vétérotestamentaire d'un "esprit" (rouah) individualisé, qui change d'ailleurs de genre (du féminin au masculin) dans la syntaxe du texte hébreu.
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MessageSujet: Re: esprit et fantôme   Jeu 14 Sep 2017, 12:19

« Je ne crois pas aux fantômes, mais j’en ai peur», résumait la marquise du Deffand.
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MessageSujet: Re: esprit et fantôme   Jeu 14 Sep 2017, 15:51

"Je ne vous ai pas posé la question : croyez-vous qu’on puisse voir des fantômes ? Je vous ai demandé: Croyez-vous que les fantômes existent ?
— Non, pour rien au monde je ne le croirais ! s’écria Raskolnikov avec animosité.
— Que raconte-t-on, d’habitude ? chuchota Svidrigaïlov, comme à part soi, le regard détourné et la tête un peu penchée. On dit : « tu es malade, donc l’apparition que tu as vue, ce n’était que pur délire ». Mais ce n’est pas logique. Je conviens que les fantômes ne se montrent qu’aux malades, mais le fait qu’ils n’apparaissent qu’aux malades ne démontre pas que les fantômes n’existent pas en eux-mêmes.
— C’est évidemment faux ! insista nerveusement Raskolnikov.
— Non ? C’est cela que vous pensez ? poursuivit Svidrigaïlov, lui jetant un long regard. Et si nous raisonnions ainsi (aidez-moi) : « Les fantômes sont des parcelles, des fragments, des éléments d’autres mondes. L’homme sain ne les voit pas, parce qu’étant bien portant, il est plus terrestre, plus matériel et, par conséquent, il doit vivre de la seule vie d’ici-bas en vertu de la plénitude et de l’ordre. Mais, dès qu’il tombe malade, dès que l’ordre terrestre est quelque peu dérangé dans sa structure, la possibilité d’un autre monde lui paraît immédiatement. Et plus il est malade, plus
les contacts avec l’autre monde sont étroits ; et, lorsqu’il meurt, il passe directement dans l’autre monde »."
F. Dostoïevski, Crime et châtiment (p. 348; la suite, sur "l'éternité", est tout aussi géniale et/ou folle, comme on voudra).

Voir aussi ceci, au moins pour les pistes de lecture(s).
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MessageSujet: Re: esprit et fantôme   Ven 15 Sep 2017, 14:42

Merci Narkissos, pour cet extrait "savoureux" et instructif.


"L'inconscient est une méprise sur le Moi, c'est une idolâtrie du corps. On a peur de l'inconscient : là se trouve logée la faute capitale. Un autre Moi me conduit qui me connaît et que je connais mal. L'hérédité est un fantôme du même genre. "Voilà mon père qui se réveille ; voilà celui qui me conduit. Je suis par lui possédé". Tel est le texte des affreux remords de l'enfance : de l'enfance qui ne peut porter ce fardeau : de l'enfance qui ne peut jurer ni promettre ; de l'enfance, qui n'a pas foi en soi, mais au contraire terreur de soi. On s’amuse à faire le fou. Tel est ce jeu dangereux. On voit que toute l'erreur ici consiste à gonfler un terme technique, qui n’est qu'un genre de folie. La vertu de l'enfance est une simplicité qui fuit de telles pensées, qui se fie à l'ange gardien, à l'esprit du père ; le génie de l'enfance, c'est de se fier à l'esprit du père par une piété rétrospective. « Qu'aurait fait le père ? Qu’aurait-il dit ? » Telle est la prière de l'enfance. Encore faut-il apprendre à ne pas trop croire à cette hérédité, qui est un type d'idée creuse : c'est croire qu'une même vie va recommencer. Au contraire, vertu, c'est se dépouiller de cette vie prétendue, c’est partir de zéro. "Rien ne m'engage" ; "Rien ne me force" ; "Je pense, donc je suis". Cette démarche est un recommencement. Je veux ce que je pense et rien de plus. La plus ancienne forme d'idolâtrie, nous la tenons ici : c'est le culte de l'ancêtre, mais non purifié par l'amour. "Ce qu'il méritait d'être, moi je le serai". Telle est la piété filiale." 
Alain. Eléments de Philosophie. chap. XVl (1941)
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MessageSujet: Re: esprit et fantôme   Ven 15 Sep 2017, 15:47

Qui dit "je pense, donc je suis", quand Alain dit (entre guillemets) "je pense, donc je suis" ? -- le "fantôme" de Descartes et tant d'autres. Le spectre est invoqué ou évoqué par la citation, consciente ou inconsciente, avec ou sans guillemets, chaque fois que "je" parle une langue que je n'ai pas inventée, où les ombres innombrables se pressent et me dictent la moindre parole. Ce qui n'empêche pas qu'on puisse "se" définir sur le mode d'un exorcisme autistique, en croyant faire table rase de toute aliénation et de toute influence, et croire être enfin seul chez "soi". Mais qui le fait n'en reproduit pas moins, à son insu, le geste de milliers d'autres, qui lui reviennent dans cet acte même.
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