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 (il était) une fois (pour toutes)

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MessageSujet: Re: (il était) une fois (pour toutes)   Lun 02 Oct 2017, 12:10

"Aussi devait-il devenir en tout semblable à ses frères, afin d'être un grand prêtre compatissant et digne de confiance dans le service de Dieu, pour faire l'expiation des péchés du peuple. Car du fait qu'il a souffert lui-même quand il a été mis à l'épreuve, il peut secourir ceux qui sont mis à l'épreuve." Hé 2,17-18 


Le titre "grand prêtre" attribué au Christ est une caractéristique de l'épître aux hébreux, mais idée étonnante, pour que le Fils puisse devenir "grand prêtre", une condition est incontournable et indispensable, le Fils "doit" accepter une totale assimilation aux humains ou "semblable à ses frères". Il n'est pas exigé qu'il soit un descendant d'Aaron avec la nécessité d'être mis à part. Devenir "grand prêtre" ne constitue pas une élévation mais un abaissement. Un abaissement qui est un passage obligé avant l'élévation.
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Narkissos

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MessageSujet: Re: (il était) une fois (pour toutes)   Lun 02 Oct 2017, 12:55

Le trait de génie de l'épître aux Hébreux c'est de rattacher le "sacerdoce" du Christ à Melchisédeq ("selon l'ordre de Melchisédeq", d'après le psaume 110) et non à Aaron ou à la "tribu de Lévi"; ce qui a pour effet secondaire (secondaire en tout cas pour ce texte qui s'intéresse clairement plus à la prêtrise qu'à la royauté, qui subordonne en tout cas la royauté à la prêtrise) de détacher aussi sa "royauté" de David et de la "tribu de Juda" (pour rappel, "Christ" = "messie" = "oint", c'est indifféremment le titre du "prêtre" et du "roi", et Melchisédeq réunit les deux "fonctions"); et même d'"Israël", puisque dans la Genèse et "l'histoire sainte" en général Melchisédeq n'apparaît pas comme "israélite" (en tant que roi-prêtre de Salem c'est un "Cananéen", non apparenté à Abraham et de toute façon "antérieur" à Jacob-Israël). (D'un point de vue "historico-critique", linguistique et onomastique, qui n'est pas du tout celui de l'épître aux Hébreux mais qui n'en est pas moins intéressant, le nom Melchi-Çedeq est caractéristique de la dynastie de Jérusalem, cf. plus tard Adoni-Çedeq ou encore Sédécias; et la prêtrise locale s'y rattache manifestement, cf. Çadoq dont le nom se retrouve jusque chez les "sadducéens", en-deçà des rattachements généalogiques artificiels à la "famille d'Aaron", à la "tribu de Lévi" et par là à "Israël"; le nom Çedeq étant originellement celui d'une divinité, avant son interprétation comme nom commun = "justice"; même chose pour "S[h]alem", d'ailleurs, nom de dieu puis nom commun = "paix, prospérité, santé, plénitude").

Dans le chapitre 2, comme on l'a montré précédemment, l'"abaissement" est avant tout celui de l'homme, "générique" (v. 6ss, citation du psaume 8 ): ce qui fait apparaître la figure d'Adam, céleste et terrestre aussi (comme Melchisédeq), céleste avant d'être terrestre, dans tout ce qui a été dit jusque-là du Fils "image de Dieu". A comprendre toujours selon le même schéma: un "type" céleste-éternel unique, x "antitypes" terrestres-temporels, plus ou moins "ressemblants" au "type" (de l'"ombre" approximative à la "perfection" qui reconduit effectivement à l'"original"); et par là, de manière dérivée, entre eux.
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MessageSujet: Re: (il était) une fois (pour toutes)   Mer 18 Oct 2017, 12:36

"Et tous ceux-là, qui avaient reçu par leur foi un bon témoignage, n'ont pas obtenu ce qui avait été promis. Dieu, en effet, avait en vue quelque chose de supérieur pour nous, afin qu'ils ne soient pas portés à leur accomplissement sans nous.Ainsi donc, nous aussi, qui avons autour de nous une telle nuée de témoins, rejetons tout fardeau et le péché qui sait si bien nous entourer, et courons avec endurance l’épreuve qui nous est proposée" (11,39-40 et 12,1) 

Que veut dire l'auteur lorsqu'il précise : "Dieu, en effet, avait en vue quelque chose de supérieur pour nous" ?
Ce quelque chose de "supérieur" ne pouvait se réaliser qu'avec la venue et la mort du Christ et donc bénéficier aux croyants de la nou­velle al­liance. On retrouve la même perspective en Jean 8,56 :

"Abraham, votre père, a été transporté d'allégresse à la perspective de voir mon jour : il l'a vu, et il s'est réjoui"

Ce texte pose une autre question, com­ment l’au­teur se re­pré­sente la condi­tion des fi­dèles des temps passés, entre le mo­ment où ils mou­rurent et la venue du Christ ?
Héb 12,1 indique, "nous aussi, qui avons autour de nous une telle nuée de témoins". L'auteur laisse-t-il sous-entendre que ces té­moins entourent réel­le­ment de leur pré­sence in­vi­sible les croyants de l'époque et sont les spec­ta­teurs de leur course ?
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Narkissos

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MessageSujet: Re: (il était) une fois (pour toutes)   Mer 18 Oct 2017, 15:01

Les très nombreux comparatifs de l'épître aux Hébreux (supérieur, meilleur, plus grand, plus excellent, etc.; cf. 1,4s; 3,3; 6,9.17; 7,7.15.19.22; 8,6; 9,14.23; 10,34; 11,4.16.35.40; 12,9.24) sont à replacer dans le même "système": ce ne sont (presque) jamais de simples comparaisons quantitatives ou qualitatives entre deux choses placées sur le même "plan", ni entre un "avant" et un "après" sur une ligne temporelle, historique ou narrative, mais toujours une question de rapport au "type" idéal, céleste-éternel, qui est le meilleur (etc.) au sens superlatif; autrement dit, un rapport relatif et différencié à l'absolu: c'est par leur rapport à l'absolu que s'apprécient et se mesurent les différences relatives.

En quoi l'élément spécifiquement socratico-platonicien évite à la "double scène" (céleste-éternel/terrestre-temporel) de tourner au dualisme moral (bien/mal) ou métaphysique (esprit/matière). Dans le rapport différencié à l'absolu il y a place pour tous les degrés, nuances et progrès imaginables, on n'est pas dans l'alternative d'un "ou bien... ou bien" ni d'un "tout ou rien", sinon de façon relative et provisoire, localisée et circonscrite en quelque sorte.

Déjà au cours du chapitre 11 ont été marquées de telles différences entre les "témoins" de la foi, qui témoignent plus ou moins clairement de l'invisible; avec un changement de registre particulièrement important au v. 35, entre la "foi" qui se signale dans le monde des ombres par des avantages (guérisons, victoires, etc.) et celle qui au contraire s'y indique par une perte sans gain sensible, et notamment par la mort -- cette foi-ci étant "supérieure" à celle-là parce qu'elle ressemble davantage au "type", au modèle absolu.

Ce disant, je ne réponds pas directement à tes questions mais tente d'indiquer la perspective, le point de vue à partir duquel les différents énoncés de ce livre trouvent un sens relativement cohérent; dans cette perspective, en effet, tes questions ne se posent plus: évidemment, il n'y a pour tous qu'un seul et même "accomplissement" absolu, le passage même du temporel à l'éternel; plus ou moins bien "réalisé" ou "signifié" dans l'histoire et par ses différents personnages, accompli une fois pour toutes dans le "Christ" en tant que "Fils-homme" éternel.

Dans les textes johanniques la perspective est différente: il y va aussi d'un rapport du temporel à l'éternel (c'est au "je suis" absolu du Christ-Dieu qu'Abraham ou Isaïe avaient déjà affaire), mais ce rapport n'est pas médiatisé ni différencié par une typologie de type(!) platonicien et du coup il y a moins de place pour des nuances et des différences: c'est toujours tout ou rien.
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