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 La joie de retrouver ce qui était perdu

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MessageSujet: La joie de retrouver ce qui était perdu    Ven 26 Jan 2018, 13:52

Luc 15 contient 3 paraboles (la parabole du mouton perdu et retrouvé, la parabole de la drachme perdue et retrouvée et la parabole du fils perdu et retrouvé) qui illustrent la joie que Dieu peut éprouver quand un pécheur se repent et change de conduite. ON notera que la parabole du mouton perdu et retrouvé (15, 3-7),   joue de l'opposition entre ce qui est perdu et ce qui ne l'est pas, entre le "seul" pécheur qui se convertit  et les 99 justes qui sont restés fidèles :

 "il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui change radicalement que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin d'un changement radical."

Le texte ne décrit pas le comportement du "pécheur" ou les raisons qui l'ont amené à se détourner mais il expose la peine déployée pour retrouver cette fameuse brebis égarée. Idem concernant l'histoire de  la drachme perdue et retrouvée, ou il est question de l'utilisation de la lampe et du balai ainsi que d'une recherche méticuleuse.

L'opposition entre ce qui est perdu et ce qui ne l'est pas (en faveur de ce qui a été perdue, au détriment de ce qui n'a pas été perdu), engendre une réaction négative compréhensive de la part du frère du "fils prodigue" :

Mais il se mit en colère ; il ne voulait pas entrer. Son père sortit le supplier. Alors il répondit à son père : « Il y a tant d'années que je travaille pour toi comme un esclave, jamais je n'ai désobéi à tes commandements, et jamais tu ne m'as donné un chevreau pour que je fasse la fête avec mes amis !
Mais quand ton fils que voici est arrivé, lui qui a dévoré ton bien avec des prostituées, pour lui tu as abattu le veau engraissé ! » (Luc 15, 28 ss) 


Un pécheur repenti ou converti réjoui davantage Dieu, qu'un juste qui persévère et se montre fidèle.
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Narkissos

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MessageSujet: Re: La joie de retrouver ce qui était perdu    Ven 26 Jan 2018, 15:40

Si le (ou les) sens d'un mot (son "champ sémantique" ou sa "polysémie") est défini par ses contraires (ou antonymes), alors celui de "perdre" est particulièrement riche: perdre c'est le "contraire" de trouver ou de retrouver, d'avoir (posséder, etc.) ou de garder (sauvegarder, préserver, conserver, épargner, etc.), de sauver (guérir, etc.), de gagner (autrement un bien et un combat), de recevoir, d'obtenir... Non que la "perte" soit complexe pour autant: elle paraît au contraire très simple dans sa négativité, comme s'il s'agissait dans toutes ses antithèses de la même "chose" ou non-chose -- la même absence ou le même manque, événement plu(s)tôt qu'état (ça arrive, même si on ne sait pas comment, avant d'être arrivé), cessation d'un avoir, on avait et on n'a plus; ou d'un être, car tout cela se joue aussi au passif et au pronominal: "être perdu", "se perdre" = ne plus être eu, ne plus s'avoir ? Une seule perte, dirait-on, pour tant d'autres.

Ce thème me rappelle invariablement l'histoire que raconte Clark Gable dans The Misfits, de Huston: le citadin égaré en pleine campagne, qui avise un paysan assis sur une barrière et lui demande: vous savez où je peux trouver une route, une gare, un téléphone, un village ? Comme le gars répond systématiquement "non", l'autre finit par lui dire: "Eh bien, vous ne savez pas grand-chose !" A quoi le paysan rétorque: "Peut-être, mais moi je ne suis pas perdu !" (Maybe, but I ain't lost !). Il n'y a de perte que d'un point de vue, celui du perdant ou du perdu.

Les paraboles de Luc ont au moins ceci d'intéressant qu'elles suggèrent que quand quelqu'un "se perd", c'est "Dieu" qui a perdu quelque chose. Echo atténué peut-être, involontaire certainement, du "plérôme" gnostique, cette totalité divine ou supra-divine dispersée qui doit absolument se reconstituer, et à quoi il "manque" toujours quelque chose en attendant. Derrière l'obsession du chiffre rond ou pair, un pour faire cent, dix, deux, c'est toujours l'unité originelle et totale qui est en question: c'est l'Un qui manque quand un seul manque; le même "un" aux deux extrémités du cycle, si l'on peut dire; ou l'unité de la totalité du cercle compromise par l'unité qui lui manque. A quoi répond le leitmotiv johannique: que rien ne se perde, rien ne s'est perdu, rien ne se perdra (Jean 6,12.39; 17,12; 18,9).

N'empêche que l'accident -- la perte -- est nécessaire à l'intérêt de l'histoire, au cycle de la péripétie, même quand celui-ci prend la forme minimale et réfléchie d'une boucle paradoxale rapportée au même "sujet", comme c'est le cas depuis l'Evangile selon Marc (8,35 etc.): il faut perdre son "âme" ou sa "vie" (psukhè) pour la trouver, la gagner, la garder ou la sauver. Ressort narratif et existentiel de la joie comme de la grâce (khara, kharis) qui elles aussi sont "une", de "Dieu" et des "hommes" à la fois, ou ne sont pas. (Cf. aussi ici ou là.)

---
Les références à Proust dans les liens ci-dessus suffiraient à le rappeler: perdre et retrouver, c'est une affaire de temps, c'est l'affaire même du temps qui disjoint et rassemble les temps: c'est le temps même qui est perdu et retrouvé, à même le temps qui différencie et sépare les temps: temps de l'avoir, temps de la perte, temps de la mémoire, temps de l'oubli, temps du retrouver; temps du bonheur, temps du malheur et temps de la joie. Le temps d'un jeu aussi, comme celui que décrit Freud dans Au-delà du principe de plaisir, le jeu enfantin qui consiste à faire disparaître et réapparaître un objet, Fort! Da! il est parti, le revoilà. Où la "pulsion de mort", Todestrieb, est peut-être moins "au-delà" (Jenseits) du "principe de plaisir (Lustprinzip) qu'au-dedans de lui, comme le suggère Derrida, en réponse à Lacan, dans La carte postale. Perdre-retrouver, c'est le jeu et la joie mêmes, tout ce qui nous intéresse. Qu'on repense à l'ascendance et à la postérité infinies, de l'Egypte antique au roman gréco-latin, à l'islam ou à la littérature moderne, d'un récit comme celui de Joseph (le fils perdu et retrouvé).
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MessageSujet: Re: La joie de retrouver ce qui était perdu    Lun 29 Jan 2018, 09:15

Citation :
Les paraboles de Luc ont au moins ceci d'intéressant qu'elles suggèrent que quand quelqu'un "se perd", c'est "Dieu" qui a perdu quelque chose. Echo atténué peut-être, involontaire certainement, du "plérôme" gnostique, cette totalité divine ou supra-divine dispersée qui doit absolument se reconstituer, et à quoi il "manque" toujours quelque chose en attendant. Derrière l'obsession du chiffre rond ou pair, un pour faire cent, dix, deux, c'est toujours l'unité originelle et totale qui est en question: c'est l'Un qui manque quand un seul manque; le même "un" aux deux extrémités du cycle, si l'on peut dire; ou l'unité de la totalité du cercle compromise par l'unité qui lui manque. A quoi répond le leitmotiv johannique: que rien ne se perde, rien ne s'est perdu, rien ne se perdra (Jean 6,12.39; 17,12; 18,9).

Merci infiniment Narkissos pour cette analyse qui me permet d'apprécier ces paraboles sous un autre angle. Ton explication me fait penser à cette citation : "Quand un seul être vous manque, tout est dépeuplé."
Les textes de l'évangile de Jean que tu donnes en référence prennent une autre résonance, particulièrement Jn 18,9 :

C'était pour que s'accomplisse la parole qu'il avait dite : « Je n'ai perdu aucun de ceux que tu m'as donnés. »

Rappelons que Jésus prononce ces paroles dans le cadre du récit de son arrestation, ou le texte tente manifestement de relativiser le rôle de Judas qui est juste présenté comme un agent  qui accompagne les grands prêtres et les pharisiens. La question qui se pose est la suivante : Les paroles de Jésus "Je n’ai perdu aucun de ceux que tu m’as donnés", concernent-elles Judas ?

Il est intéressant de noter le texte de Jn 17,12 :

" Lorsque j'étais avec eux, moi, je les gardais en ton nom, ce nom que tu m'as donné. Je les ai préservés, et aucun d'eux ne s'est perdu, sinon celui qui est voué à la perdition, pour que l'Ecriture soit accomplie."

Remarquons qu'en (17, 12), c’est Judas qui " s’est perdu", tandis qu’en (18, 9), c’est Jésus qui parle en disant : "Je n’ai perdu aucun de ceux que tu m’as donnés". Si Judas s'est perdu, Jésus veille a ne perdre AUCUN de ceux que le Père lui a donné, ce qui explique pourquoi le texte ne met pas dans la bouche de Judas les paroles de dénonciations et fait en sorte que Jésus évite à Judas de "se perdre" en se livrant avant que Judas ne le fasse.


Citation :
Les paraboles de Luc ont au moins ceci d'intéressant qu'elles suggèrent que quand quelqu'un "se perd", c'est "Dieu" qui a perdu quelque chose.


Un argument en faveur du Dieu solidaire.
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MessageSujet: Re: La joie de retrouver ce qui était perdu    Lun 29 Jan 2018, 10:04

On en a parlé il n'y a pas très longtemps mais je ne sais plus où: en 17,12 Judas n'est pas nommé, même si le lecteur pense forcément à lui; à la place il y a une formule apocalyptique, "le fils de la perdition" (cf. 2 Thessaloniciens 2), qui renvoie à toute la tradition de l'incarnation paroxystique du mal (des représentations d'Antiochos dans Daniel à l'"antichrist") dans une figure qui devient plus diabolique, ou démoniaque, qu'humaine; dans le contexte johannique "le fils de la perdition", c'est ce(lui) qui se perd par nature, dont la nature même est de se perdre, par opposition à ce qui est du Père et lui revient nécessairement, sans pouvoir se perdre; comme dans cet Evangile "les ténèbres", "le monde" (kosmos), "le prince du monde", et "les Juifs" (Ioudaioi-Ioudas). Par ailleurs la "diabolisation" extrême du personnage de Judas (il est diable, Satan entre en lui, etc.) le "déshumanise" ou le "dépersonnalise". Au fond Judas ne "compte" pas, sa perte n'est pas une perte, pas même une exception à la règle de la non-perte, ou alors l'exception radicale qui la confirme. L'idée même de la perte comme envers et corollaire indispensable d'un "salut", réduite ici à un minimum "idéal", la concentration en une seule figure négative où tout se confond, Judas, le diable, etc.
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MessageSujet: Re: La joie de retrouver ce qui était perdu    Lun 29 Jan 2018, 11:21

Citation :
N'empêche que l'accident -- la perte -- est nécessaire à l'intérêt de l'histoire, au cycle de la péripétie, même quand celui-ci prend la forme minimale et réfléchie d'une boucle paradoxale rapportée au même "sujet", comme c'est le cas depuis l'Evangile selon Marc (8,35 etc.): il faut perdre son "âme" ou sa "vie" (psukhè) pour la trouver, la gagner, la garder ou la sauver. Ressort narratif et existentiel de la joie comme de la grâce (khara, kharis) qui elles aussi sont "une", de "Dieu" et des "hommes" à la fois, ou ne sont pas. (Cf. aussi ici ou .)

Heureusement qu'il y a des pécheurs, cela permet la joie de Dieu et des hommes. Lc 19,10 rappelle : "Car le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu.".
"l’objet perdu" est le centre de ces 3 récits, même si dans chaque parabole "l’objet perdu" est d'une valeur variable, le berger n’a perdu qu’un centième de son troupeau,  la femme a perdu un dixième de son argent et le père a perdu un fils sur deux (la moitié de ses fils). Ce compte, c'est le fait que l’objet soit retrouvé et non les circonstances de ces retrouvailles. L’objet perdu a été retrouvé, cela suffit.  Par exemple le Fils perdu ne revient pas avec des mobiles exemplaires puisqu'il envie la nourriture des ouvriers de son père et même celle des porcs qu’il garde, c'est donc la "faim" qui le pousse au retour. Le plus important consiste à retrouver ce quia été perdu.
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MessageSujet: Re: La joie de retrouver ce qui était perdu    Lun 29 Jan 2018, 12:05

Cf. aussi Qohéleth 3,6, dans le grand cycle des "temps" antithétiques -- moments, saisons ou heures, temps et contretemps du seul et même temps qui est le temps de l'histoire et de toutes les histoires: conte, fable, parabole, etc. Là où il y a du perdu et du retrouvé (lost and found, c'est ainsi qu'on appelle en anglais le service des "objets trouvés"), entre les deux, de l'un à l'autre il y a le lieu, l'espace et le temps d'une mémoire, d'un oubli et d'une remémoration; d'une recherche (cherchez et vous trouverez), d'une invention (inventio de invenire = trouver), d'une reconnaissance, dans tous les sens de ces termes. A quoi le temps de l'absence, qu'ouvre précisément la perte, est indispensable.
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MessageSujet: Re: La joie de retrouver ce qui était perdu    Lun 29 Jan 2018, 13:43

La surprise du lecteur, dans ce récit, ne se situe ni au moment du retour du cadet chez lui, ni lors de l'accueil fait par le père à son fils revenu. C'est l'irruption du fils aîné dans le récit qui, en provoquant un décalage entre l'attente du lecteur et la situation racontée, sera l'occasion de réaffirmer l'importance du basculement provoqué par le fait d'avoir trouvé ce qui était perdu, en montrant que l'accueil réservé par le père au cadet est dicté par cette dynamique. Concernant la relation fraternelle, on observera dans le tableau des oppositions mises en place par l'aîné, qu'un des éléments du discours n'a pas de correspondant: quand l'aîné affirme, au v. 29, qu'il ne lui a pas été donné de se réjouir avec ses amis - c'est ce même verbe euphranthô que le père reprendra pour l'inviter à se réjouir pour le retour de son frère (v. 23). L'aîné voit donc dans ce repas une récompense, que le cadet a obtenue et dont lui-même est privé.

En réponse à cela, le récit pose une parole du père affirmant qu'une autre logique est possible: celle du basculement des valeurs, quand une chose perdue devient plus importante que tout ce qu'on peut posséder par ailleurs. Ce changement-là a priorité sur tout le reste - bonne ou mauvaise conduite par exemple - et c'est lui qui permet la fête. L'aîné est donc invité à se réjouir de ce qu'une chose perdue puisse être trouvée, qu'un mort puisse devenir vivant. Malgré tous ceux qui ne verront dans le retour du fils perdu que la présence d'un fils en bonne santé, il ne s'agit pas d'être simplement content; il s'agit bien au contraire d'entrer dans la vraie joie. Dans le dernier verset, en effet, le père utilise à la fois euphranthènai et charènai. Non, ce qui est en jeu n'est pas le fait de se réjouir avec ses amis en récompense de son travail; c'est bien plutôt d'entrer dans la joie qui est celle du royaume (la chara 38).
Comme l'ont souligné de nombreux commentateurs, une réponse est effectivement apportée par cette parabole aux pharisiens qui se plaignent au début du chapitre. Mais cette réponse n'est pas de l'ordre de la révocation. Il leur est proposé, comme au fils aîné dans le récit, d'entrer dans une autre perspective. La question des pharisiens est modifiée: «avec qui est-il légitime de manger?» devient «qu'est-ce qui fait d'un repas une fête? » ou plus exactement: «quelle joie le repas exprime-t-il?»

Ce déplacement de perspective offre une autre richesse, du point de vue des relations fraternelles. Dans son discours, le fils aîné appelle son frère «ce fils de toi» (v. 30). Il ne prend en compte que la relation de filiation et refuse la pluralité du lien familial. L'aîné est donc non seulement dans la logique de la rétribution, mais surtout dans l'ordre de l'incompatibilité, de l'exclusion. Ainsi s'explique le titre de cet article: «c'est le fils de mes parents, mais ce n'est pas mon frère»... Cette phrase fait partie d'une petite histoire, circulant sous des formes diverses, et dont le ressort comique est l'impossibilité, pour ses personnages, de comprendre que la personne désignée ainsi ne peut être que: «moi». Dans notre texte, si l'aîné est invité à se réjouir, c'est «grâce à» son frère. Le retour du cadet n'est pas ce qui l'exclut de la fête, mais au contraire ce qui permet la fête, et donc permet à l'aîné d'être invité. La parole finale réaffirme le lien fraternel, le père rappelant à ce fils que s'il existe un fils de ses parents qui n'est pas son frère... c'est lui.

http://www.persee.fr/docAsPDF/thlou_0080-2654_2008_num_39_2_3675.pdf
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Narkissos

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MessageSujet: Re: La joie de retrouver ce qui était perdu    Lun 29 Jan 2018, 14:43

Sauf erreur de ma part, seule la première parabole de la série a son équivalent dans l'Evangile de Thomas, logion 111: "Le Royaume est pareil à un pasteur qui a cent brebis. L'une d'elles, qui est la plus grande, s'est égarée. Il a laissé les quatre-vingt-dix-neuf autres et il a cherché cette seule brebis jusqu'à ce qu'il l'ait trouvée. Après avoir pris cette peine, il a dit à la brebis: "Je t'aime plus que les quatre-vingt-dix-neuf !" On peut remarquer la différence d'accent: c'est le plus précieux qui est perdu, et la recherche lui donne encore du prix.

Ce qui rappelle une antithèse connexe, caché-trouvé, où caché se substitue à perdu (la perle, le trésor, etc., cf. Thomas 80, 113); et celle-ci une autre encore, caché-révélé (cf. Thomas 5s, 37s, 87, 112). Toutes ces thématiques communiquent, de proche en proche.
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MessageSujet: Re: La joie de retrouver ce qui était perdu    Mar 30 Jan 2018, 11:51

La version que donne Mathieu de la parabole de la brebis égarée, conclut comme suit :

"De même, ce n'est pas la volonté de votre Père qui est dans les cieux qu'il se perde un seul de ces petits." Mt 18, 14

Le Père refuse l'égarement permanent des brebis, même d'un seul de ces "petits". Le v 10 précise : "Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits, car je vous dis que leurs anges dans les cieux voient constamment le visage de mon Père qui est dans les cieux."

Est-ce un encouragement à éviter de juger les "perdus" ou les "égarés" ?
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MessageSujet: Re: La joie de retrouver ce qui était perdu    Mar 30 Jan 2018, 12:29

Les "petits" ce sont aussi les enfants (v. 1ss): on est vraiment dans un domaine de "sympathie" au sens musical du mot, où chaque corde qui vibre en fait vibrer d'autres, jusqu'à la dissonance -- du "pécheur" en tant que "perdu" à l'"enfant" en tant qu'"humble", bien que celui-ci soit aussi "innocent".

Sur le thème des "brebis ou moutons perdu(e)s", cf. déjà (Matthieu) 9,36; 10,6; 15,24; et encore avant Jérémie 50,6; Ezéchiel 34,6.12.16; Psaume 119,176. Sur "leurs anges", doubles célestes avant d'être "anges gardiens", cf. ici (5.9.2017).
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MessageSujet: Re: La joie de retrouver ce qui était perdu    Mar 30 Jan 2018, 12:58

Ces paraboles illustrent aussi que, quelquefois les absents sont plus présents que les présents.




L'exégèse allégorique de la parabole de la brebis perdue (Matlh. 18, 12-14 ; Luc 15, 4-7), présentée par l'Évangile de Vérité1, a été un des arguments invoqués par les éditeurs de cet écrit et par la plupart de se commentateurs pour lui assigner une origine Valentinienne, et même pour l’identifier à l’Évangile de Vérité, dont, au témoignage d'Irénée4, les Valentiniens faisaient usage. En effet, l’exégèse arithmologique de cette parabole est étonnamment proche de celle attribuée par Irénée aux Valentiniens, et plus précisément aux Marcosiens. Les deux explications ont ceci de commun qu’elles sont incompréhensibles si l’on ne recourt pas au comput digital tel qu’il était pratiqué dans l’Antiquité.

Le texte de l’Ev Ver se lit comme suit :

« C’est le Pasteur qui a laissé les quatre-vingt-dix-neuf brebis qui ne se sont pas égarées. Il est allé à la recherche de celle qui s’était perdue. Il s’est réjoui lorsqu’il l’a retrouvée. Car 99 est un nombre qui est (compté) sur la main gauche qui le détient. Mais, dès que l’on trouve l'Un, le nombre tout entier passe à la main droite. Ainsi en est-il de celui qui manque de l’Un, c’est-à dire de la main droite entière, qui attire ce qui est déficient, le prend de la partie gauche et (le) fait passer à la droite. Et, de la sorte, le nombre devient cent. C’est la signification de ce qui est dans leur voix. C’est le Père. »

L'auteur de l'Ev Ver, reprenant, comme nous le montrerons, une allégorie traditionnelle, utilise donc un élément du comput, le passage de 99 à 100, pour expliquer la parabole évangélique de la brebis perdue dans la perspective gnostique du retour à l’unité du Plérôme. Le Pasteur, — ici le Christ —, en. retrouvant la brebis qui s’était égarée, et en la joignant à nouveau aux 99 qui n’avaient point erré, fait passer ces dernières de la gauche à la droite, c’est-à-dire, dans l’esprit de l’auteur, de la déficience  à la plénitude de l’Un.

http://www.brepolsonline.net/doi/pdf/10.1484/J.REA.5.104371
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MessageSujet: Re: La joie de retrouver ce qui était perdu    Mar 30 Jan 2018, 17:50

Très belle trouvaille !

Outre le problème arithmo-technique qui intéresse l'article au premier chef, le texte mérite d'être relu. Au moins le contexte immédiat qui comporte plusieurs échos thématiques:

Citation :
Aussi bien, il est bon pour l’homme de revenir à lui. Bienheureux, celui qui a ouvert les yeux des aveugles ! Et l’Esprit s’est hâté vers lui, pour faire diligence à propos de son redressement. Ayant tendu ses mains vers celui qui gît sur le sol, il l’a fait se dresser sur ses pieds, car il ne s’était pas encore relevé. La connaissance du Père avec la révélation de son Fils, il leur donna les moyens de l’atteindre: lorsqu’ils le virent et l’entendirent, il leur permit d’y goûter, de le sentir et d’étreindre le Fils bien-aimé. Lorsqu’il parut, les instruisant sur le Père inappréhendable, qu’il leur eut insufflé le contenu de la pensée, accomplissant sa volonté, et que beaucoup furent illuminés, ils se retournèrent vers lui. En effet, ils avaient été étrangers, ils n’étaient pas parvenus à percevoir sa ressemblance et ne l’avaient pas reconnu, c’est-à-dire la part hylique (en lui), puisque c’est revêtu d’une forme charnelle qu’il est venu. Sans que rien ne puisse entraver sa marche — l’Incorruptibilité est en effet irrésistible — c’est au surplus en des termes nouveaux, qu’il parle, puisqu’il parle de ce qui est dans le cœur du Père, pour proférer la parole sans déficience.
Lorsque la lumière eut parlé par sa bouche et que sa voix eut enfanté la Vie, il leur accorda intelligence et entendement, miséricorde et salut de même que la  Puissance  spirituelle,  à  partir  de l’infinité du Père et de sa douceur. C’est ainsi qu’il fit cesser punitions et tourments. Car ceux qui eurent besoin de miséricorde, ce sont ceux qui s’étaient perdus aux yeux de certains, sous l’emprise de l’Erreur et de ses liens. Avec puissance, il les délivra et les confondit par la connaissance. Il devint chemin pour ceux qui s’étaient égarés, connaissance pour ceux qui sont dans l’ignorance, découverte pour ceux qui cherchaient, soutien de ceux qui tremblaient, pureté pour ceux qui étaient souillés.
C’est bien lui le berger qui laissa derrière les quatre-vingt-dix-neuf brebis qui ne s’étaient pas égarées et vint chercher celle qui s’était égarée. Il fut plein de joie, lorsqu’il la trouva. Car quatre-vingt-dix-neuf est un nombre qui est compris dans la main gauche. En revanche, une fois que l’on a trouvé le un, le nombre entier est transféré à droite. De même, c’est ce qui est privé de l’un, c’est-à-dire la main droite toute entière, qui attire ce qui manque et le prend du côté  gauche pour  le  faire  passer  à droite,  et  ainsi le  nombre  devient  cent.  Tel  est  le  symbole  de  ce  les  nombres)  qui  se  trouve  sous  leur  prononciation (lettres).
Tel est le Père: même pendant le sabbat, la brebis qu’il a trouvée tombée dans le fossé, il peine pour elle. Il garde en vie la brebis, une fois qu’il l’a remontée du fossé.
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MessageSujet: Re: La joie de retrouver ce qui était perdu    Mer 31 Jan 2018, 08:31

La parabole du mouton perdu et la parabole de la drachme perdue indiquent que c'est le berger et la femme  qui prennent l'initiative de la recherche, cette recherche s'effectue sans condition (repentance, mea-culpa... ) et d'une manière très active et persévérante. Lorsque la brebis ou la drachme sont retrouvées, c'est un sujet de joie spontanée, sans procédure préalable. Le fils prodigue, quant à lui, prend l'initiative du retour (après s'être perdu, il s'est retrouvé) mais pour des raisons alimentaires et après avoir dilapidé sa part d'héritage, même s'il se montre repentant, il n'est pas exigé réparation et humiliation, le père désire juste faire la fête. La joie du père se manifeste dès les retrouvailles, sans que le père ne sache quoi que se soit de l'état d'esprit de son fils ("Il partit pour rentrer chez son père. Comme il était encore loin, son père le vit et fut ému ; il courut se jeter à son cou et l'embrassa"). Le berger et la ménagère s'épuisent à chercher ce qu'ils ont perdu, tandis que le père laisse faire son cadet, quitte à l'accueillir lorsqu'il revient de sa propre initiative. La parabole du fils prodigue laisse sous entendre que l'accueil se fait sans attendre une conversion.

 Ces paraboles sont loin d'une approche légaliste du traitement de l'égarement du croyant (ignorantes la dimension ecclésiale) , ce qui domine, c'est la joie d'avoir retrouvé ce qui est perdu.
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MessageSujet: Re: La joie de retrouver ce qui était perdu    Mer 31 Jan 2018, 12:10

Ces paraboles ont certainement marqué toutes les branches du christianisme, mais ce sont à mon avis les textes "gnostiques" (cf. ci-dessus Thomas et l'Evangile de [la] vérité) qui leur donnent leur sens le plus riche et leur résonance la plus ample. A la condition et au prix d'une certaine ignorance, comme tu dis, voire d'un rejet et d'un mépris certains, de "la dimension ecclésiale". Là où la communauté, sa discipline et ses frontières, sa cohérence, l'image qu'elle donne d'elle-même à l'extérieur, sa "communication" et sa "politique", deviennent des soucis prépondérants, il y a forcément un retour à la "loi" et au "jugement" internes. Mais avec un soupçon de mauvaise conscience, car au cœur même du système demeure sa contradiction radicale, autour de laquelle il s'est organisé; la préservant en la contournant.
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MessageSujet: Re: La joie de retrouver ce qui était perdu    Mer 31 Jan 2018, 13:19

Toute étude poussée des textes anciens et de la spéculation sur les nombres devrait aussi tenir compte de la flexio digitorum, le comput digital. Le passage des dizaines aux centaines était particulièrement important, parce que l’on comptait jusqu’à 99 sur la main gauche, tandis qu’à partir de 100 on le faisait sur la main droite. Si l’on se souvient que le côté gauche était considéré comme le mauvais côté, le passage à 100 était considéré comme positif. Juvénal, par exemple, célébrait le vieux Nestor qui avait eu le privilège de vivre plus de cent ans : « Le roi de Pylos, s’il en faut croire le grand Homère, donna l’exemple d’une vie presque aussi longue que celle de la corneille. C’était une chance, n’est-il pas vrai, que de bénéficier d’un si long ajournement de la mort, de compter ses années sur la main droite, et de boire tant de fois le moût nouveau  Juvénal, Satires, 10.246-250 (trad. Pierre de Labriolle... ? » C’est pourquoi il n’est pas surprenant que l’Évangile de vérité établisse un lien entre la brebis perdue et le destin de tout le troupeau. Non seulement le berger sauve l’animal isolé mais il rétablit le groupe entier.

"C’est lui le Pasteur qui a laissé les quatre-vingt-dix-neuf brebis qui ne se sont pas égarées. Il est allé chercher celle qui s’était perdue, il s’est réjoui l’ayant trouvée, car 99 est un nombre qui (se compte) sur la main gauche qui le détient. Mais lorsqu’on trouve l’Un, le nombre tout entier passe à la main droite. Ainsi en est-il de celui qui manque de l’Un, c’est-à-dire de la main droite entière, qui attire ce qui est déficient, le prend de la gauche et (le) fait passer à la droite. Et, ainsi, le nombre devient 100. C’est le signe de ce qu’il y a dans leurs sons, c’est-à-dire le Père Évangile de vérité (NHC I, 3 et XII, 2), 31.35-32.17,...."

Même si la dernière phrase demeure énigmatique, l’interprétation de la parabole dénote une forte composante ecclésiologique. Ce qui est en jeu est tout autant le destin de la communauté entière que le sort d’une seule âme.

https://www.cairn.info/revue-etudes-theologiques-et-religieuses-2007-3-page-337.htm
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MessageSujet: Re: La joie de retrouver ce qui était perdu    Mer 31 Jan 2018, 20:50

Autre excellent article -- je me souviens de l'avoir lu et je pense qu'il a déjà été cité ici, bien que je ne sache plus du tout à quel sujet.

Quand Bovon parle de "composante ecclésiologique", ça semble contredire ce que je viens d'exprimer dans le post précédent et pourtant je suis d'accord, à condition de bien s'entendre sur les mots. Les "gnostiques" étaient réfractaires au système autoritaire, dogmatique et disciplinaire de la "grande Eglise", mais ça ne veut pas dire qu'ils n'avaient aucun intérêt pour la "communauté", bien au contraire. Ce sont leurs adversaires (depuis les Pastorales et Irénée) qui ont tenté de les faire passer pour des "égoïstes" ou des "élitistes", alors qu'en fait ils avaient une autre vision, plus "mystique" et moins "pragmatique" sans doute, du "bien" de la communauté. Entre ceux qui pensent que ce "bien" passe par la répression ou l'exclusion des idées et des comportements divergents, et ceux qui estiment qu'il passe au contraire par la "compréhension" dans tous les sens du terme, le dialogue de sourds est sans fin -- il se poursuit jusque chez nos politiques, là où il est question de "laxisme" ou d'"angélisme" p. ex.
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MessageSujet: Re: La joie de retrouver ce qui était perdu    Jeu 01 Fév 2018, 07:59

Il est intéressant de noter que ces paraboles insistent sur le concept, "perdu/retrouvé", or une autre parabole souligne l'importance du "caché/découvert/caché" :

 "Voici à quoi le règne des cieux est semblable : un trésor caché dans un champ ; l'homme qui l'a trouvé le cache et, dans sa joie, il va vendre tout ce qu'il a pour acheter ce champ-là" Mt 13,44

Dans cette parabole il ne s'agit pas de trouver mais de trouver et cacher, de plus la joie n'est pas partagée.
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MessageSujet: Re: La joie de retrouver ce qui était perdu    Jeu 01 Fév 2018, 09:18

L'enchevêtrement des thèmes, la "géométrie variable" de leurs combinaisons, tout cela participe à cet effet de "sympathie" dont je parlais plus haut: tu touches une "parabole" ou un autre logion imagé, comme une corde tendue par une opposition précise (l'image est déjà chez Héraclite), il en rappelle un autre défini par une opposition comparable mais différente; et ainsi, de proche en proche, tous les autres:

Le trésor pour quoi on vend tout, c'est le trésor dans le ciel opposé au trésor sur la terre, la dépossession nécessaire à la vraie possession, ce qu'on ne peut trouver sans perdre, comme la perle ou comme la psukhè (âme, vie); mais caché c'est aussi l'"ésotérisme" des paraboles mêmes, qui cachent ce qu'elles révèlent pour révéler ce qu'elles cachent (même le levain est caché dans la pâte), le réservent à qui en est digne (pas de perles aux pourceaux); c'est aussi l'invisible et le secret de Dieu, de la prière et de toute authenticité, par opposition à l'ostentation de l'hypocrite; qui pourtant se révèlent forcément, comme la lampe dans l'obscurité ou la ville sur la montagne. Trouver renvoie à cacher mais aussi à perdre. La joie qui se "partage" est aussi la joie d'un maître ou d'un seigneur qui a acquis, gardé ou retrouvé quelque chose ("entre dans la joie de ton maître"). Etc.
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MessageSujet: Re: La joie de retrouver ce qui était perdu    Lun 05 Fév 2018, 14:41

Citation :
Le trésor pour quoi on vend tout, c'est le trésor dans le ciel opposé au trésor sur la terre, la dépossession nécessaire à la vraie possession, ce qu'on ne peut trouver sans perdre, comme la perle ou comme la psukhè (âme, vie); mais caché c'est aussi l'"ésotérisme" des paraboles mêmes, qui cachent ce qu'elles révèlent pour révéler ce qu'elles cachent (même le levain est caché dans la pâte), le réservent à qui en est digne (pas de perles aux pourceaux); c'est aussi l'invisible et le secret de Dieu, de la prière et de toute authenticité, par opposition à l'ostentation de l'hypocrite; qui pourtant se révèlent forcément, comme la lampe dans l'obscurité ou la ville sur la montagne.



Car il n’y a rien de secret qui ne doive être mis au jour, et rien n’a été caché qui ne doive venir au grand jour" Mc 4,22

"En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout-petits." Mt 11,25 

Dieu ne peut être connu que s'il se laisse connaitre, la révélation divine dépasse l'entendement humain. Il y a aussi un appel à vivre dans le secret, afin d'assurer l'authenticité de la vie spirituelle :

"Pour toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite, afin que ton aumône reste dans le secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra." Mt 6, 3-4

L'objectif ultime n'est-il pas d'imiter  Dieu qui "demeure dans le "secret" et "qui voit dans le secret" (Mt 6,6) ou qui agit dans le "secret" comme le levain caché dans la farine pour faire en sorte que le "scret" devienne une révélation :

 "Ne les craignez donc pas ! Rien n’est voilé qui ne sera dévoilé, rien n’est secret qui ne sera connu.
Ce que je vous dis dans l’ombre, dites-le au grand jour ; ce que vous entendez dans le creux de l’oreille, proclamez-le sur les terrasses." Mt 10, 26 ss
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MessageSujet: Re: La joie de retrouver ce qui était perdu    Lun 05 Fév 2018, 15:09

Cf. ici, , ou encore .

Toujours le même jeu sans doute, mais avec beaucoup d'entrées possibles, et impossibles en même temps (paradoxe, aporie, etc.).
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MessageSujet: Re: La joie de retrouver ce qui était perdu    

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