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 Faut-il toujours dire la vérité ?

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free



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MessageSujet: Faut-il toujours dire la vérité ?    Ven 06 Juil 2018, 13:24

De quelle façon, entre autres, les vrais chrétiens se différencient-​ils des membres des fausses religions ? Ils « di[sent] la vérité » (lire Zacharie 8:16, 17 ). Paul a expliqué : « Nous nous recommandons comme ministres de Dieu [...] par des paroles véridiques » (2 Cor. 6:4, 7). Et Jésus a dit : « La bouche exprime ce dont le cœur est rempli » (Luc 6:45). Cela signifie qu’une personne vraiment honnête dit toujours la vérité, que ce soit à des inconnus, à des collègues, à des amis et aux membres de sa famille. Examinons quelques situations où nous pouvons nous efforcer d’être honnêtes en toutes choses.

 “Voici les choses que vous devez faire a : Dites-​vous la vérité l’un à l’autre. Avec vérité et jugement de paix, jugez dans vos portes   Ne méditez pas dans vos cœurs le malheur l’un contre l’autre, et n’aimez pas le faux serment ; car ce sont là toutes choses que j’ai haïes ’, voilà ce que déclare Jéhovah.” (TMN)
Autre situation : Que faire si les autorités imposent des limites à nos activités chrétiennes dans ton pays et qu’elles t’interrogent au sujet de tes frères ? Dois-​tu leur dire tout ce que tu sais ? Qu’a fait Jésus quand il a été interrogé par le gouverneur romain ? En accord avec le principe biblique selon lequel il y a « un temps pour se taire et un temps pour parler », il a choisi de ne pas répondre à certaines de ses questions (Eccl. 3:1, 7 ; Mat. 27:11-14). Dans une situation semblable, il vaut mieux être discrets et prudents, pour ne pas mettre nos frères en danger (Prov. 10:19 ; 11:12).
https://www.jw.org/fr/publications/revues/tour-de-garde-etude-octobre-2018/disons-toujours-la-verite/


Pour commencer, on peut chercher des arguments permettant de soutenir une réponse affirmative et d’autres soutenant une réponse négative. C’est un bon moyen de ne pas rester bloqué dans une seule réponse, ce qui empêcherait le réfléchir de façon philosophique. 
 
La réponse négative est celle qui est la plus évidente. En effet, le problème porte sur le « toujours », la réponse négative sera donc : « il ne faut pas toujours dire la vérité » et non pas « il ne faut jamais dire la vérité ».

Le problème est de savoir si le mensonge est à éviter totalement ou seulement en général. Mais on peut aussi considérer que le problème porte sur le fait de « dire ». Faut-il dire tout ce que l’on pense être vrai ? Faut-il être sincère même quand on ne vous le demande pas expressément ? Ou faut-il se contenter d’être honnête, dire seulement ce que l’on pense être vrai, si on décide de dire quelque chose, mais se taire lorsqu’on ne veut rien dire qui pourrait créer des difficultés ?
http://philosophia.over-blog.com/article-faut-il-toujours-dire-la-verite-110579788.html


Que penser de  Ehoud (Jg 13) qui pour assassiner Eglôn, le roi de Moab utilisa un subterfuge  et de Yaël, femme de Héber (Jg 4) qui menti à Sisera  ("Entre, mon seigneur, entre chez moi, n'aie pas peur"), pour mieux l'assassiner ?


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Narkissos

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MessageSujet: Re: Faut-il toujours dire la vérité ?    Ven 06 Juil 2018, 15:54

Cf. la fameuse controverse de Kant et de B. Constant, évoquée dans le même blog.

Je revoyais hier soir Le deuxième souffle, de J.P. Melville, et l'une de ses scènes inoubliables: le policier (Frankeur) qui a obtenu une part de "vérité" du truand (Ventura) par des moyens discutables et a ainsi fait passer celui-ci pour un "donneur" se retrouve entre les mains dudit truand, qui lui dévoile d'un coup toute la "vérité" qu'il voulait savoir. Et le flic comprend instantanément que la "vérité" qui lui est ainsi offerte, gratuitement, est aussi son arrêt de mort, parce qu'il n'est pas question qu'il lui survive: il ne voudrait surtout pas l'entendre. Ce n'est d'ailleurs qu'un aspect de la structure géniale de ce récit: le truand aura obtenu du policier un aveu écrit qui rétablit "sa vérité" (il n'a "donné" personne) et qui passera, par-delà la mort des deux protagonistes, d'un tout autre genre de policier (l'excellent Meurisse) à un journaliste, symbole de "vérité" publique et finale (dans le film du moins).

Ce qui est particulièrement frappant dans le cas de la Watch, c'est que le discours de la "vérité" s'auto-immunise: on peut avoir tous les scrupules du monde à mentir sur des questions accessoires et ne jamais se poser la question centrale de la vérité de "sa" vérité -- en quoi les auteurs n'ont rien à envier aux "chefs religieux" qu'ils dénoncent.
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MessageSujet: Re: Faut-il toujours dire la vérité ?    Ven 06 Juil 2018, 16:37

Les cas de Ehud et de Yaël soulignent que la "vérité" comme unique mode de communication est une hérésie. Des "serviteurs" de Dieu ont utilisé le mensonge pour arriver à leurs fins et avec l'approbation divine.
Dire toujours et uniquement la "vérité" suppose que nos interlocuteurs sont capables d'entendre ces vérités et qu'ils soient en demande d'une honnêteté permanente dans notre communication, (ce qui n'est pas toujours le cas), de nombreuses personnes préfèrent le mensonge (qui préserve), plutôt qu'une vérité qui fait mal.
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Narkissos

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MessageSujet: Re: Faut-il toujours dire la vérité ?    Ven 06 Juil 2018, 18:13

Dans le cas d'Ehud ou de Yaël, c'est plutôt le mensonge (ruse, dissimulation, tromperie) qui fait mal (à Eglon ou Sisera, par perforation abdominale ou crânienne respectivement), même si ce mal est un "bien" du point de vue du récit dont le "héros" est précisément le "menteur" (et l'"assassin" par la même occasion).

Je me souviens (toujours de ma période "éclectique", qui ne dédaignait même pas les "sectarismes" à condition qu'ils soient divers) d'une remarque du sulfureux O. Rajneesh à propos du Jésus des évangiles: s'il n'avait pas su mentir, il n'aurait jamais été un "maître" (gourou, mystagogue, etc.); et, dans le désordre, du Cercle des menteurs, titre d'un très joli recueil de contes spirituels de J.-Cl. Carrière, de Sono un gran bugiardo = "Je suis un grand menteur", formule de Fellini dont on a fait un film, du Roman d'un tricheur de Guitry, de la merveilleuse réplique "Tout est vrai !" du Femmes, femmes de Vecchiali, ou de quelque chose comme "la vérité ne vaut pas l'imagination" entendu encore ces jours-ci dans l'adaptation d'Arsène Lupin de Becker.

Tout ça ne serait "que des mots", comme on dit, de plus ou moins "bons mots", si l'on perdait de vue que le concept même de "vérité" est tout sauf simple: il n'y a pas de "vérité" au monde sans un "langage" et la "représentation" (ou l'"imagination") qui l'accompagne, et la "vérité" au sens où on l'entend ordinairement n'est jamais qu'un certain type de rapport (d'"adéquation") entre les propositions et les choses. Autrement dit, il faut de toute façon beaucoup de "faux", de "fabrication", d'"artifice" pour faire du "vrai". Et la possibilité même d'une "vérité" dépend de la possibilité de ses "autres" et de ses "contraires" (erreur, mensonge, etc.). Ni création, ni art, ni religion, ni désir, ni volonté, ni acte ne sont jamais, en principe, justiciables d'aucune "vérité" (ce qu'avait déjà fort bien montré Aristote), seulement ce qui s'en dit après coup sous forme de proposition logique (du genre S est p, S pour sujet et p pour prédicat: une fois qu'on s'entend -- conventionnellement -- sur une définition de S et de p, on peut dire "c'est vrai" ou "c'est faux", et le dire à raison ou à tort; mais ça ne représente pas grand-chose de tout ce qui arrive et ça ne s'y applique qu'a posteriori). A moins de concevoir la "vérité" d'une toute autre manière (p. ex. Heidegger, d'après l'alètheia grecque: la "vérité" dans ce sens-là c'est l'être et le paraître, l'événement, le phénomène, donc aussi bien "l'erreur" ou "le mensonge" qui sont "vrais" à leur manière: "J'ai menti, c'est la vérité", comme fait dire Prévert à l'Anne des Visiteurs du soir).

Sur ce sujet dont on a certes souvent parlé mais qu'on ne pense peut-être jamais assez, cf., entre autres, ici, ou encore .


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MessageSujet: Re: Faut-il toujours dire la vérité ?    Ven 06 Juil 2018, 19:59

Je pensais au médecin qui sait que le patient qu'il a devant lui ne survivra pas/plus longtemps au mal incurable qui le ronge.
Peut-il lui dire la vérité et dans l'affirmative de quelle façon ? Comment le malade va-t-il entendre cette vérité ? Sera-ce un bien ou un mal ?

Et puis nous avons tous une conception différente de la vérité. Peut-être conviendrait-il de parler de réalité au lieu de vérité, et encore de quelle réalité suis-je l’évocateur ? La vérité n’est-ce pas ce sentiment qui est en nous depuis que nous avons vu un évènement, entendu un propos. Mais ce propos, cet évènement nous ont marqué et dans un certain sens notre ressenti nous a influencé que nous en ayons pris conscience ou non. Ce qui est entré en notre esprit puis a fait son chemin en lui n’est pas forcément ce que nous allons resituer comme étant la vérité, en fait nous devrions plutôt dire : « notre vérité »…
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Narkissos

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MessageSujet: Re: Faut-il toujours dire la vérité ?    Ven 06 Juil 2018, 20:22

Comme le remarquait le blog cité par free, c'est le "toujours" qui paraît (toujours ?) "faux".

Il y a des médecins qui "disent (dire) toujours la vérité" à leurs patients, d'autres qui ne la leur disent "jamais" (du moins dans le genre de cas que tu évoques), d'autres enfin (la plupart sans doute) qui font au cas par cas, selon un certain nombre de critères conscients et d'autres moins (intuition, feeling...). De toute façon ils ne sont pas infaillibles (même le diagnostic ne l'est pas): tel qui paraît fuir sa "vérité" médicale peut être mieux préparé à la recevoir que tel autre qui la réclame; de fait on ne sait jamais à l'avance quand on fait du bien ou du mal, en disant la vérité ou en ne la disant pas.

Le plus épineux des problèmes est peut-être dans le "il faut": (comment, pourquoi) faut-il ?

Nous sommes champions (au moins planétaires) de la stratification mentale: ce n'est pas d'un arrière-monde, comme disait Nietzsche, mais d'un véritable millefeuille d'arrière-mondes que nous enveloppons toute chose: double langagier (le signifiant, le mot), double idéel ou conceptuel (le signifié, image mentale de la chose ou de l'événement, nom commun, verbe, proposition), dont le jeu génère à son tour d'autres niveaux de généralisation ou d'abstraction (ainsi concept de "vérité" devenant aussi "réel" qu'une "chose", même sans référence à rien de "concret") et sur lesquels une logique et un calcul, une loi ou une morale, des textes et des traditions, quand ce ne sont pas des dieux, légifèrent à des niveaux supplémentaires et superposés (il faut, il ne faut pas), avec une armée de concepts opératoires (bien/mal, cause/effet, sujet/objet, intention/conséquence, responsabilité/culpabilité, etc.).
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MessageSujet: Re: Faut-il toujours dire la vérité ?    Mar 31 Juil 2018, 10:16

Citation :
Comme le remarquait le blog cité par free, c'est le "toujours" qui paraît (toujours ?) "faux".

La Watchtower elle-même cautionne l'idée qu'il n'est "toujours" utile et avantageux de dire la "vérité" en soulevant la question suivante : "Que faire si les autorités imposent des limites à nos activités chrétiennes dans ton pays et qu’elles t’interrogent au sujet de tes frères ?"
Elle soutient que, dans ce cas, un croyant peut pratiquer le mensonge par omission, voir le mensonge tout court, notamment en affirmant, "il vaut mieux être discrets et prudents, pour ne pas mettre nos frères en danger".
Un bibliciste trouvera que Samson a fait preuve de sagesse en mentant, lorsque Dalila essaie par trois fois de lui soutirer son secret au sujet de sa force, il est probable qu'il justifiera le dialogue que Moïse a eu avec Pharaon, qui demande (faussement) "Laisse-nous, je te prie, faire trois journées de marche dans le désert pour offrir des sacrifices au SEIGNEUR" (Ex 5,3), enfin il comprendra aisément pourquoi Abraham a fait passer Sarah pour sa sœur.
 



- Soeur ou épouse? Deux fois, Abraham fait passer Sarah pour sa soeur : une fois avec Pharaon, et une autre fois avec Abimelekh. Ce comportement étrange a fait l'objet de beaucoup d'interprétations.
     - d'abord, une question de base : Pourquoi l'épisode se reproduit-il deux fois? Il y a l'explication "philologique" : souvent le récit biblique se dédouble entre la version "yahviste" et la version "élohiste" (il y aurait même, dans ce cas, une troisième version, celle qui implique Isaac et Rébecca). Explication d'historien valable dans une logique scientifique, mais qui ne nous concerne pas ici. Autre explication : entre les deux épisodes, il n'y a pas que répétition, il y a changement, progrès. Selon le talmud, le progrès ne concerne que Sarah, qui n'est pas consentante la deuxième fois, alors qu'Abraham n'a rien appris (Gen R. 52,4). Encore faut-il analyser la nature de ce progrès (voir plus loin).
     - parce qu'ils sont vraiment demi-frère et demi-soeur, et donc que leur relation est d'une certaine façon incestueuse (v. généalogie). En se comportant de cette façon, Abraham exprime un aspect de la vérité.
     - parce qu'Abraham ne réussit pas à considérer Sarah comme une véritable épouse. Cela renvoie aux dysfonctionnements du couple.
     - interprétation positive : Abraham accepte une dépossession. Il préserve une marge d'inconnaissance entre l'homme et sa femme.
     - interprétation un peu trop moderne : Le "Dis que tu es ma soeur" biblique signifierait "tu es mon égale". Selon un midrach, Sarah se plaint à dieu, et dieu lui répond : "Tout ce que je fais, je l'accomplis pour toi, et tous diront : C'est à cause de Saraï, la femme d'Abram" (Gen R 41,2). Un jour, cette égalité sera vraie. Un jour, Sarah sera récompensée selon ses mérites.
     - il y a aussi une explication plus perverse. Sarah se serait vengée parce qu'Abraham ne reconnaît pas sa beauté. Il ne s'en aperçoit qu'en présence des autres. Dans cette perspective, c'est Sarah qui aurait cherché une sorte de confrontation avec Abram en "se donnant" à Pharaon (dont on ne sait pas si il l'a prise). Mais dans le cas d'Abimelekh (qui ne l'a pas prise), cette justification ne fonctionne pas.
https://www.idixa.net/Pixa/pagixa-0501030359.html
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MessageSujet: Re: Faut-il toujours dire la vérité ?    Ven 10 Aoû 2018, 15:16

Quand on redonne à des personnages de papier l'épaisseur d'une existence et d'une histoire, réelle ou imaginaire, on peut -- et on doit -- se raconter à leur sujet beaucoup d'autres histoires que celles qui sont effectivement écrites; et elles ne seront jamais à 100 % fausses, elles diront toujours une part de vérité, ne serait-ce que de ceux qui les racontent.

De ce point de vue, il paraît aussi impossible de ne jamais dire la vérité que de la dire toujours, elle seule, "toute la vérité et rien que la vérité", selon la formule consacrée.
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MessageSujet: Re: Faut-il toujours dire la vérité ?    Ven 10 Aoû 2018, 16:09

Citation :
De ce point de vue, il paraît aussi impossible de ne jamais dire la vérité que de la dire toujours, elle seule, "toute la vérité et rien que la vérité", selon la formule consacrée.

Même quand on désire dire la "vérité", on ne fait que dire ce que l'on pense être la vérité, le témoin d'une scène qui témoigne lors d'un jugement dira que la vérité et rien que la vérité de ce qu'il croit avoir vu ou entendu.
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MessageSujet: Re: Faut-il toujours dire la vérité ?    Ven 10 Aoû 2018, 16:41

D'un autre côté, l'intention de la vérité est toujours présupposée par n'importe quel énoncé, qu'elle redouble implicitement comme le fait explicitement l'amen évangélique ("en vérité je vous le dis"): même le mensonge et le parjure ne sont effectifs, en tant que mensonge et parjure, qu'à condition de se donner pour vérité; il n'est pas jusqu'au menteur qui ne prétende ne pas mentir, y compris quand il dit "je mens" (cf. le paradoxe crétois mécompris par les Pastorales). Autrement dit, c'est la droiture même de la vérité qui est retorse en ce qu'elle présuppose tous ses contraires (mensonge, erreur, etc.), tout autant que ceux-ci la présupposent.
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MessageSujet: Re: Faut-il toujours dire la vérité ?    Lun 13 Aoû 2018, 12:16

Augustin écarte les arguments classiques, puisés à l’Écriture, qui ouvriraient la possibilité d’objections : Sara riant et niant l’avoir fait (Gn 18, 15), Jacob affirmant à son père qu’il est Esaü (Gn 17, 19), les sages-femmes qui sauvent, par leur mensonge, les premiers-nés des Hébreux de la mort avec l’approbation et la récompense du Seigneur (Ex 1, 19) ou encore la simulation de Pierre et de Barnabé (Ga 2, 12), ou la circoncision de Timothée par Paul (Ac 16, 3). Tous ces textes doivent être interprétés : « le mensonge ne saurait donc se prévaloir de l’autorité de l’Ancien Testament, soit parce qu’un acte ou une parole figurée n’est pas une tromperie, soit parce qu’on ne propose pas aux bons d’imiter ce qu’on loue dans les méchants comme une amélioration relative. Il ne peut pas davantage se réclamer du Nouveau Testament, car on y propose à notre imitation la correction plutôt que la dissimulation et les larmes de Pierre plutôt que son reniement .

Le mensonge inévitable

« puisque je peux, sans injustice, donc de plein droit, repousser la violence par la violence, je peux de même, si la force me fait défaut, ou bien, si elle ne me semble pas aussi bien de mise, recourir à la ruse. Donc, dans les cas où j’ai le droit d’en appeler à la force, j’ai droit d’en appeler au mensonge également : ainsi contre des brigands, contre des malfaiteurs de n’importe quelle espèce ; et de les attirer dans un piège. Et de même une promesse arrachée de force ne lie point. Mais en réalité le droit de mentir va plus loin encore : ce droit m’appartient contre toute question que j’ai n’ai pas autorisée, et qui concerne ma personne ou celle des miens : une telle question est indiscrète ; ce n’est pas seulement en y répondant, c’est même en l’écartant avec un “je n’ai rien à dire”, formule déjà suffisante pour éveiller le soupçon, que je m’exposerais à un danger. Le mensonge en de tels cas est l’arme défensive légitime, contre une curiosité dont les motifs d’ordinaire ne sont pas bienveillants ». A. Schopenhauer, Le fondement de la morale.

https://www.cairn.info/revue-d-ethique-et-de-theologie-morale-2005-HS-page-33.htm#re22no22
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MessageSujet: Re: Faut-il toujours dire la vérité ?    Lun 13 Aoû 2018, 13:41

Très bel article -- même d'un point de vue "immoraliste" (chercher le grand absent de la discussion) on peut apprécier un moralisme intelligent...

Nietzsche (pour ne pas le nommer !) a posé sur "la vérité" des questions à mon sens beaucoup plus radicales: pourquoi la vouloir, à quoi et surtout à qui sert-elle, qu'est-ce qui ou plutôt qui lui donne une valeur, combien chacun peut-il en supporter ?

Une "morale" élémentaire est sans doute inévitable, comme simple sous-produit du fonctionnement de notre "réflexion" ou de notre "conscience". Nous voudrions nous interdire (pourquoi ?) de doubler chaque événement, chaque acte, chaque parole ou chaque geste d'un "il faut" ou d'un "il ne faut pas" que nous n'y parviendrions pas. De là à organiser ce réflexe (en plus d'un sens) en système, théorique et casuistique, philosophique ou théologique, du "bien" et du "mal", il y a un pas que rien ne nous oblige à franchir, et dont rien ne nous interdit de revenir.

Ce qui me frappe a posteriori, chez saint Augustin, saint Thomas d'Aquin et (saint) Kant, et dans l'ordre 3-1-2, c'est l'extraordinaire lâcheté à laquelle aboutit leur dualisme (que l'autre du réel soit "la raison" chez le numéro 3 et "l'âme" chez les deux autres n'y change pas grand-chose). L'intransigeance, autrement dit la peur de contrevenir à "la raison" universelle, est encore "pire" chez Kant que, chez les deux autres, la peur de "perdre son âme". Saint Augustin affronte au moins la pure contradiction (sans l'expliquer) qui correspond à son obsession sexuelle (on peut mentir pour éviter une "immoralité", pas un meurtre, le viol étant à la limite). Saint Thomas, grâce à Aristote, raisonne plus finement, mais Kant ne raisonne plus du tout (on pourrait dire qu'il a le courage de sa lâcheté face à l'impératif catégorique de la "raison pratique").

A tout prendre, la tautologie me semble plus "honnête": on dit ce qu'on dit, on fait ce qu'on fait, on décide ce qu'on décide; la responsabilité du mensonge ou du péché que tel ne veut pas assumer il faut bien qu'un autre s'en charge, et c'est à très courte vue que le premier peut s'imaginer qu'il n'en est pas responsable... (Si le voisin de l'élu a péché, l'élu a péché, disait plus finement un apocryphe chrétien, avec une profondeur qu'on ne retrouvera guère que chez Dostoïevski.)


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MessageSujet: Re: Faut-il toujours dire la vérité ?    Lun 13 Aoû 2018, 14:39

L’un des commandements du décalogue exige : « Tu ne mentiras point ? », un rejet moral de toutes formes de mensonge qui semble correspondre à un idéal utopique, puisqu'il est admis que quotidiennement les individus mentent (de petits ou pieux mensonges), ce qui illustre  la différence entre théorie et pratique,  morale et comportement réel,  qui nous fait condamner chez autrui un comportement que nous acceptons facilement pour nous-mêmes.
Pour revenir à la Bible, effectivement Dieu hait le mensonge, mais il envoie néanmoins un "esprit de mensonge" (TOB) au roi Achab pour l’induire en erreur et lui faire perdre une bataille :

"Le SEIGNEUR a dit : Qui dupera Achab pour qu'il attaque Ramoth de Galaad et qu'il y tombe ? Ils répondirent l'un d'une manière, l'autre d'une autre. Alors un esprit sortit, se présenta devant le SEIGNEUR et dit : Moi, je le duperai. Le SEIGNEUR lui dit : Comment ? — Je sortirai, dit-il, et je serai un souffle de mensonge dans la bouche de tous ses prophètes. Il répondit : Tu le duperas, tu réussiras ! Sors et fais ainsi !" 1 R 22, 20 ss  

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MessageSujet: Re: Faut-il toujours dire la vérité ?    Lun 13 Aoû 2018, 14:49

(J'ai un peu développé mon post précédent.)

Il faut beaucoup torturer le Décalogue pour en tirer une interdiction générale du mensonge: il y a d'une part une interdiction du "prendre le nom de Yahvé en vain" et d'autre part du "faux témoignage".

Le Dieu-de-la-Bible ne ment pas, sauf quand il ment, et inversement (effet, bien sûr, de la réunion de traditions disparates dans "la Bible").


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MessageSujet: Re: Faut-il toujours dire la vérité ?    Lun 13 Aoû 2018, 15:12

Citation :
Nietzsche (pour ne pas le nommer !) a posé sur "la vérité" des questions à mon sens beaucoup plus radicales: pourquoi la vouloir, à quoi et surtout à qui sert-elle, qu'est-ce qui ou plutôt qui lui donne une valeur, combien chacun peut-il en supporter ?

Une autorité absolue (dictature) exige souvent la "vérité" et condamne le mensonge parce qu'elle souhaite maitriser, contrôler et connaitre les intentions des dominés ou opprimés, cette morale exprime la volonté du pouvoir totalitaire de ne laisser aucun espace à ses sujets et de s'assurer de l' adhésion inconditionnelle de ses "sujets". Le mensonge et la dissimulation de ses convictions  permettent d’échapper à la surveillance du pouvoir en place.


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MessageSujet: Re: Faut-il toujours dire la vérité ?    Lun 13 Aoû 2018, 15:17

Pas besoin d'aller chercher très loin: une société de contrôle généralisé (de la vidéosurveillance au prélèvement fiscal à la source) tend à rendre toute déclaration -- vraie ou fausse -- inutile.
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MessageSujet: Re: Faut-il toujours dire la vérité ?    Lun 13 Aoû 2018, 16:07

« Les promesses n’engagent que ceux qui y croient », cette phrase que l’on prête à différents hommes politiques (Chirac et Pasqua), illustre le fait que, pour que le mensonge fonctionne, il faut que ceux qui croient les mensonges se mentent en partie à eux-mêmes. Le cas le plus connu de ce type de collusion est évidemment celui des promesses électorales. Les hommes politiques peuvent continuer à mentir (ou à ne tenir leurs promesses) parce qu'une partie de l’électorat est capable de se mentir à elle-même pour dissiper les doutes. Il y a un avantage certain d'être trompé, l'électeur aime se bercer d'illusion, ainsi il n'entrevoit pas la possibilité de faire des sacrifices et il pourra e faire plaindre comme quelqu’un qui a été trompé et trahi.
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MessageSujet: Re: Faut-il toujours dire la vérité ?    Lun 13 Aoû 2018, 16:35

Encore faudrait-il distinguer (avec ou sans morale) le mensonge sur un fait (p. ex. "nous avons des preuves que l'Irak de Saddam Hussein possède des armes de destruction massives") et la promesse non tenue qui comporte elle-même beaucoup de nuances possibles (de la promesse qu'on fait sans la moindre intention de la tenir à celle qu'on fait en voulant la tenir, mais sans être sûr de le pouvoir).

Mais en effet il y a toujours un contrat implicite, ou du moins une convention de fait, entre celui qui parle et ceux qui le croient, qui engage beaucoup plus ceux-ci que celui-là: c'est la part de vérité (!) de cette boutade qui me semble plus profonde et moins "cynique" qu'elle n'en a l'air, et qui vaut aussi, mutatis mutandis, pour toute sorte de "foi" ou de "croyance". Si "responsabilité" il y a, elle est des deux côtés, au moins autant du côté des trompés (ne serait-ce que parce qu'ils sont plus nombreux !) que du trompeur.

Nietzsche écrit quelque part quelque chose de ce genre (sous toutes réserves): quelle différence entre celui qui sait et celui qui est parfaitement trompé ? Aucune.

---

Parenthèse autobiographique: quand j'étais enfant, je mentais relativement peu parce que j'avais peur de mentir; pas tellement par crainte qu'on découvre la vérité: j'éprouvais pour le mensonge une sorte d'aversion panique, l'impression angoissante de quitter un sol ferme pour un abîme sans fond qui menaçait de m'engloutir et où je craignais de me perdre. Cela avant tout contact avec le jéhovisme, bien que ce trait de caractère m'y ait sans doute prédisposé (hormis le côté "stratégique" qui m'a toujours paru problématique) et que le jéhovisme, en retour, l'ait certainement accentué. Du coup je passais pour exceptionnellement "franc" ou, plus négativement, "rigide", "peu diplomate", manquant par ailleurs de "fantaisie" ou d'"imagination". Même en comprenant par la suite qu'il y avait au moins autant de lâcheté que de courage dans cette attitude, je restais assez décontenancé par les gens qui mentaient facilement, légèrement, qui mentaient "bien" comme on dit. Non pas méprisant mais plutôt admiratif au fond: c'était là quelque chose que je ne comprenais pas et que je ne savais pas faire. Beaucoup plus tard l'aptitude au mensonge m'a particulièrement troublé chez ma fille, quand elle était petite. Il a fallu pas mal d'explications pénibles pour que je finisse par comprendre, en partie, que c'était pour elle une nécessité, comme un espace d'invention et de liberté dont elle avait besoin pour échapper à une sorte de "tyrannie de la vérité" que j'avais tendance à imposer sans le vouloir. Je reste certainement un piètre menteur même si je ne m'interdis plus de mentir en général et à l'occasion, mais je comprends sans doute un peu mieux le mensonge qu'avant et j'ai de l'estime pour les "bons menteurs". (Je repense à la concierge TdJ qui apparaissait dans un des premiers films d'Almodóvar, à qui sa patronne demandait de mentir et qui s'excusait en disant: "Je suis désolée, je ne peux pas mentir parce que je suis Témoin de Jéhovah, sinon je le ferais volontiers !")
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MessageSujet: Re: Faut-il toujours dire la vérité ?    Mar 14 Aoû 2018, 11:21

"Montez, vous, à la fête. Moi, je ne monte pas à cette fête, parce que mon temps n'est pas encore accompli. (...) Mais quand ses frères furent montés à la fête, alors il y monta lui aussi, non pas manifestement, mais comme en secret." Jn 7,8 et 10

Jésus a-t-il menti ?
 
Ses frères, qui sont incrédules, ne lui demandent pas simplement de monter à Jérusalem, mais d’y monter publiquement et dans un but précis : prouver sa messianité. Or, ce que refuse Jésus, c’est précisément cela : non la montée à Jérusalem, mais la montée dans les conditions et le but proposés par ses frères.
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MessageSujet: Re: Faut-il toujours dire la vérité ?    Mar 14 Aoû 2018, 11:51

Si je suspens ou "débranche" le "logiciel" exégétique qui me contraint habituellement à une appréciation différenciée des textes, pour me risquer exceptionnellement à une remarque globale ou générale, je dirais ceci: l'effet de la disparité des textes (peu importe qu'il soit ou non "voulu", et par qui le cas échéant), qui nous montrent un "Dieu", ou un "Christ", qui tantôt "ment" et tantôt "ne ment jamais" (et ainsi de suite, car la fluctuation s'étend à bien d'autres domaines), ce serait celui d'une "liberté" qui ne se laisse absolument pas enfermer par des concepts comme "vérité" et "mensonge", "bien" et "mal", etc. Le fameux "je suis la vérité" du même évangile "explose" le concept de "vérité" bien plus qu'il ne le définit. Nietzsche au départ y trouve matière à scandale, l'oppose au "qu'est-ce que la vérité ?" de Pilate, mais au fond les deux formules disent ou plutôt font la même chose, et Nietzsche pourrait tout aussi bien y reconnaître l'essentiel de sa philosophie. On peut encore repenser au "que ton oui soit oui" des lectures superficielles et approximatives du Sermon sur la montagne, pris comme une exhortation à "tenir sa parole" alors que le "oui, oui, non, non" s'oppose précisément au "serment", autrement dit à l'engagement dans la durée de la parole donnée. Ou au "je serai qui je serai" qui engage à tout et n'engage à rien.
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MessageSujet: Re: Faut-il toujours dire la vérité ?    Ven 17 Aoû 2018, 10:09

Le menteur utilise les désignations pertinentes, les mots, pour faire paraître réel l’irréel ; il dit par exemple : « je suis riche », alors que pour qualifier son état c’est justement « pauvre » qui serait la désignation correcte. Il fait un mauvais usage des conventions établies en opérant des substitutions arbitraires ou même en inversant les noms. S’il agit ainsi de façon intéressée et de plus préjudiciable, la société ne lui fera plus confiance et par là même l’exclura. En l’occurrence, les hommes fuient moins le mensonge que le préjudice provoqué par un mensonge. Fondamentalement, ils ne haïssent pas l’illusion mais les conséquences fâcheuses et néfastes de certains types d’illusions. C’est seulement dans ce sens ainsi restreint que l’homme veut la vérité. Il désire les suites favorables de la vérité, celles qui conservent l’existence ; mais il est indifférent à l’égard de la connaissance pure et sans conséquence, et il est même hostile aux vérités qui peuvent être préjudiciables ou destructrices. Friedrich Nietzsche, Vérité et mensonge au sens extra-moral, 1873
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MessageSujet: Re: Faut-il toujours dire la vérité ?    Ven 17 Aoû 2018, 10:51

Il faut être attentif à la date: c'est un "texte de jeunesse" (Nietzsche est encore, et déjà, professeur), de facture relativement "classique", et par ailleurs inachevé. Mais c'est un "point de départ" remarquable. La question de "la vérité" va accompagner toute la pensée de Nietzsche jusqu'à la fin (cf., à l'autre bout, la Généalogie de la morale), qui la traitera ou la maltraitera -- la "Vérité" de Nietzsche est souvent femme, voire vieille fille ou vieille dame -- de façon de plus en plus audacieuse et originale, inventive et malicieuse.
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MessageSujet: Re: Faut-il toujours dire la vérité ?    Ven 17 Aoû 2018, 12:50

Citation :
Beaucoup plus tard l'aptitude au mensonge m'a particulièrement troublé chez ma fille, quand elle était petite. Il a fallu pas mal d'explications pénibles pour que je finisse par comprendre, en partie, que c'était pour elle une nécessité, comme un espace d'invention et de liberté dont elle avait besoin pour échapper à une sorte de "tyrannie de la vérité" que j'avais tendance à imposer sans le vouloir.

Cette tyrannie de la "vérité" peut se retrouver dans le couple, d'une manière volontaire, quand les  membres du couple ne font qu’UN, ou ils partagent tout, se disent tout, dans la plus parfaite transparence. Or cette état de "grâce" ne dure pas toujours dans un couple, arrive, d'une manière inéluctable le moment ou les membres du couple ne font plus un, ou ils ne se disent pas tout et ils ne partagent pas tout. Certains n'acceptent pas cette perte de symbiose, le fait de ne plus vivre  l’un de l’autre, mais l’un avec l’autre. Ils refusent à l'autre, son jardin secret car cela correspond à la perte de cet espace de sécurité, qu'était le couple, en prétextant, "quand on s’aime, on ne doit rien se cacher".
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MessageSujet: Re: Faut-il toujours dire la vérité ?    Ven 17 Aoû 2018, 14:39

Celui ou celle qui exige la vérité (époux, parent, juge, policier, médecin, confesseur, dieu, etc.) a toujours d'excellentes raisons (qui se ramènent toutes à "l'amour", explicite ou implicite dans la responsabilité, le souci d'autrui, etc.). Et d'une certaine façon quand on la lui refuse ouvertement ou frontalement (je ne veux pas répondre, tu n'as pas à savoir ni à demander ça) on lui donne encore raison, on conforte sa position fondamentale; on reste, même en tant qu'opposant ou résistant, sous son régime. Le mensonge, la dissimulation, sont les seuls moyens d'y échapper, qu'il s'en aperçoive ou non. Et de le déconcerter et de le mettre en question, si d'aventure il s'en aperçoit...
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