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 INRI sur le crucifix et le tétragramme

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Patoune

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MessageSujet: INRI sur le crucifix et le tétragramme   Mar 20 Nov 2018, 22:23

A tous,
J'aimerais savoir ce que vous pensez de cet article :

Du INRI de nos églises au Titulus de YHWH-Dieu
http://www.garriguesetsentiers.org/article-30086584.html

En vous remerciant.
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Narkissos

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MessageSujet: Re: INRI sur le crucifix et le tétragramme   Mar 20 Nov 2018, 23:45

Bonsoir Patoune,
C'est gentil de nous adresser quelque chose !
[Ça me rappelle l'histoire (qu'on m'avait donnée pour vraie) de ce paysan qui était persuadé qu'en fait Jésus s'appelait Henri, parce qu'il l'avait lu à l'église...]
C'est astucieux. Peut-être un peu trop.
Je note quelques remarques au fil du texte:
Titulus, bien sûr, c'est en latin le nom commun qui a donné "titre" (cf. "intituler") en français, mais ça se réfère à n'importe quelle inscription, sur une croix (assez rarement, les exécutions étant d'ordinaire expéditives) ou ailleurs. En grec (Marc 15,26; Luc 23,38) on dit epigraphè (cf. "épigraphie"), seul Jean transcrit en grec le titulus latin (titlon, 19,19).
Seul Jean encore parle de traduction en hébreu, mais l'auteur choisit de traduire Luc.
Luc a un simple démonstratif, houtos, en fin de phrase, mais l'auteur choisit de le traduire en début de phrase par une formule redondante, zèh hou', "celui-ci lui" (le pronom a aussi valeur démonstrative), celle qu'il retrouve comme par miracle en 1 Samuel. Je n'ai pas les outils sous la main pour vérifier si elle est "unique dans le Premier Testament", mais même en admettant cela il suffit de lire le texte de Samuel pour comprendre qu'elle a là une tout autre fonction, "c'est lui", sans complément, avec l'un des deux mots pour sujet et l'autre pour attribut: c'est celui-ci (sous-entendu, qui est choisi parmi tous les fils d'Isaï/Jessé), non "celui-ci (simple sujet) est (quoi?) ceci ou cela (attribut exprimé)", qui demanderait en hébreu biblique le démonstratif OU le pronom, zèh OU hou', et non les deux. (L'auteur est probablement plus familier de l'hébreu rabbinique, où zèh hou' est devenu extrêmement courant, à la façon du gallicisme "c'est lui qui...")
L'ecce homo, idou ho anthrôpos de Jean 19,5 (homo = anthrôpos = l'homme "générique", l'humain homme ou femme) correspondrait davantage en hébreu à hinne ha'adam qu'à hinne ha'ish ('ish en hébreu = anèr en grec = vir en latin, l'homme, le mâle).
Je passe sur la "gématrie" ou numérologie: shekina n'est de toute façon pas un mot et encore moins un concept "biblique", mais rabbinique; il faudrait que Pilate soit incroyablement renseigné sur le judaïsme présent, passé et futur, alors que dans les évangiles il n'en a ostensiblement rien à battre (cf. Jean 18,35, "est-ce que je suis juif ?")...
L'auteur invente ensuite une traduction hébraïque de l'écriteau selon Jean 19,19, mais il triche en ajoutant la conjonction "et" qui n'est pas en grec: au lieu de "Jésus le Nazaréen, le roi des juifs" il imagine "Jésus le nazir ET (le) roi des juifs", pour retrouver à la sortie son tétragramme (y pour Yeshoua', h pour "le", w pour "et" h pour "le") -- sans préciser que l'écriture hébraïque ancienne ne sépare pas les mots comme il le fait, et que les "acronymes" n'incluent normalement ni les articles ni les conjonctions (ainsi TaNaKh pour Torah-Nebi'im-Ketoubim ignore les articles et conjonctions de l'expression complète, ha-Torah waNebi'im waKetoubim p. ex., sans quoi ce ne serait pas TaNaKh mais HaWaW, comme en français on écrit ONU et non ODNU pour Organisation des Nations unies).
Il est tout à fait juste de dire que les habitants de Jérusalem avaient peu de chance de comprendre le latin, par contre ceux qui savaient lire lisaient sûrement mieux le grec que l'hébreu... outre que l'"hébreu" du NT est souvent de l'araméen, ce qui n'arrangerait pas la thèse en question, puisque l'araméen n'utilise pas d'article préfixé (donc pas de "h" pour faire "yhwh").
Les évangiles canoniques font en effet tout ce qu'ils peuvent pour nous rendre Pilate "presque sympathique", ce trait s'accentuera encore dans certains apocryphes (p. ex. l'évangile de Pierre) -- contrairement à l'image qu'en donne Josèphe et que semble confirmer l'histoire romaine, s'il a effectivement été viré de sa charge pour abus caractérisés.
Voilà voilà...
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Patoune

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MessageSujet: Re: INRI sur le crucifix et le tétragramme   Jeu 22 Nov 2018, 20:09

Bonsoir Narkissos, merci pour ta prompte réponse.
Je pense en avoir saisi le sens.
Bonne soirée à vous tous. Amicalement.
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Narkissos

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MessageSujet: Re: INRI sur le crucifix et le tétragramme   Jeu 22 Nov 2018, 22:38

Bonsoir Patoune,

Je t'en prie.

C'était par nécessité un peu "technique", conformément à la nature des affirmations présentées dans ce document.

J'aurais peut-être dû ajouter ceci: dans l'ensemble, à mon avis, les évangiles se passent de commentaires et d'explications, même en traduction française ils disent très bien ce qu'ils veulent dire (je ne dirais pas ça de tous les livres "bibliques") -- à condition bien sûr que le lecteur n'aille pas chercher midi à quatorze heures; leur propos "théo-christologique" ("Dieu" se révèle dans la mort de "Jésus-Christ") est tout à fait clair, il ne dépend pas de quelque détail crypté dans la lettre du texte et qui nécessiterait le passage par trois langues différentes, mais de l'ensemble du récit, tel qu'il se déroule au rythme de la lecture ou, mieux, de l'écoute (car tout cela a d'abord été écrit pour être lu à haute voix et entendu).

Après, il est assez naturel que les gens qui ont l'habitude de voir deux "tétragrammes" mystérieux dans les églises (YHWH ou יהוה et INRI) soient tentés de les rapprocher -- à commencer par les artistes des églises qui les ont parfois fait figurer ensemble sur la même image -- mais les évangiles n'y sont pas pour grand-chose qui ne contiennent, sous cette forme, ni l'un ni l'autre.
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Patoune

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MessageSujet: Re: INRI sur le crucifix et le tétragramme   Lun 10 Déc 2018, 21:02

Oui, Narkissos, je trouve ton propos très sage parce que c'est la voie ouverte à vouloir décrypter un prétendu code secret de la Bible et les dérives que ça occasionne.
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MessageSujet: Re: INRI sur le crucifix et le tétragramme   

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