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 Sans effusion de sang - pas de pardon ???

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MessageSujet: Sans effusion de sang - pas de pardon ???   Mar 14 Oct 2008, 12:05

Dans son Epître aux Hébreux, Paul, faisant référence à la loi, affirme que sans effusion de sang, il n’ y a pas de pardon (He 9.22)

Je trouve cette notion abstraite, difficile à comprendre voir sans fondement.
Quelle vertu possède le sang versé ?
Pourquoi peut permettre le pardon des péchés ?
En quoi le sang versé par JC at-il de la valeur ?
Pourquoi a t-il recours à une méthode "bien humaine" ?
Christ est venu comme souverain sacrificateur des biens à venir; il a traversé le tabernacle plus grand et plus parfait, qui n’est pas construit de main d’homme, c’est-à-dire, qui n’est pas de cette création; et il est entré une fois pour toutes dans le lieu très saint, non avec le sang des boucs et des veaux, mais avec son propre sang, ayant obtenu une rédemption éternelle. Hébreux 9.11/12
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Narkissos



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MessageSujet: Re: Sans effusion de sang - pas de pardon ???   Mar 14 Oct 2008, 13:30

Il faut remettre ça dans le contexte de l'épître aux Hébreux et de sa lecture très particulière de l'Ancien Testament, entre typologie et allégorie platonicienne.
Le thème du sang n'intervient vraiment qu'à partir du chapitre 9, dans une description du rituel du kippour (v. 6ss), puis de la conclusion de l'alliance-testament (v. 15ss); le v. 22 ne prétend pas énoncer une vérité absolue, de l'ordre des faits, mais une généralisation aux textes: "selon la Loi presque tout est purifié par le sang, et sans effusion de sang il n'y a point de rémission" -- manière très générale d'évoquer toutes les autres formes de purification par le sang dans la Torah qui n'ont pas été traitées expressément (p. ex. purification de l'autel, des prêtres, des lévites, du peuple, de la mère, du lépreux, etc.).
Mais le sang lui-même, au sens concret, est du côté de "l'ombre", comme le tabernacle et les prêtres; du signifiant, donc; le signifié, lui, a beau être appelé "sang du Christ", il est d'un autre ordre, "qui n'est pas de cette création" (v. 11), celui de "l'Esprit éternel" (v. 14), où on entre par l'offrande de soi dont le "sang versé" n'est qu'une figure parmi d'autres.
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MessageSujet: Re: Sans effusion de sang - pas de pardon ???   Mar 14 Oct 2008, 16:38

Quelle est l'origine des sacrifices sanglants chez les juifs ?

Pourquoi cette importance du sang dans le NT ?


Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu; et ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ. C’est lui que Dieu a destiné, par son sang, à être, pour ceux qui croiraient victime propitiatoire, afin de montrer sa justice, parce qu’il avait laissé impunis les péchés commis auparavant, au temps de sa patience, afin, dis-je, de montrer sa justice dans le temps présent, de manière à être juste tout en justifiant celui qui a la foi en Jésus." Romains 3.19/26
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Narkissos



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MessageSujet: Re: Sans effusion de sang - pas de pardon ???   Mar 14 Oct 2008, 18:10

Citation :
Quelle est l'origine des sacrifices sanglants chez les juifs ?

La même qu'ailleurs sans doute -- il faudrait remonter à la préhistoire, et on ne peut que la deviner. En tout cas Israël ne se distingue pas des civilisations antiques du Proche-Orient et du bassin méditerranéen sous ce rapport. Plus largement, il me semble que l'absence de sacrifices sanglants est plutôt l'exception dans l'histoire des civilisations anciennes.

Citation :
Pourquoi cette importance du sang dans le NT ?

D'abord je pense qu'il ne faut pas l'exagérer: dans le NT c'est une métaphore, un modèle d'interprétation de la mort-résurrection de Jésus parmi beaucoup d'autres. C'est progressivement que le "sacrifice expiatoire" va occuper une place centrale dans la théologie chrétienne, au point de n'être plus compris comme métaphore, et encore, c'est plus vrai de certaines théologies (p. ex. calviniste) que d'autres...
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MessageSujet: Re: Sans effusion de sang - pas de pardon ???   Mar 14 Oct 2008, 21:25

Dans l’Egypte ancienne, l’offrande est omniprésente, notamment par de multiples représentations sur les murs des temples et des tombes. Les sacrifices sanglants n’existaient que sous la forme d’abattages rituels d’animaux, principalement de bœufs, et étaient réalisés dans des abattoirs consacrés. La cuisse avant gauche de l’animal était prélevée et constituait l’offrande proprement dite. Mais la majeure partie des offrandes étaient de type soit végétal (fleurs, laitue…), soit alimentaire (pain, vin…) ou concernait des éléments essentiels comme l’eau et le feu. On trouve de très nombreuses représentations de Pharaon offrant Maât, l’ordre cosmique, ou s’offrant lui-même sous la forme d’une statue d’argent à Amon. Il est encore plus clair dans ces cas, qu’il ne s’agit pas d’un «cadeau» mais bien d’une action destinée à symboliser le retour au Créateur. Une fois par an avait lieu la grande fête des prémices au cours de laquelle une partie de la récolte céréalière était sacrifiée.
Offrande en hiéroglyphique s’écrivait «HoTeP» et signifiait également «être en paix» et «satisfaction». On remarquera qu’en retournant les lettres, on obtient «PTaH»,(12) qui est le démiurge de Memphis, le dieu créateur par excellence, celui qui a existé avant toute chose, qui a d’abord conçu le monde par la pensée, puis l’a réalisé par le Verbe et donc est le principe divin descendant. Là encore, comme on le voit, le sacrifice comporte ces deux phases, montante et descendante.
Pour symboliser le sacrifice primordial, il est nécessaire d’organiser l’espace dans lequel va se dérouler le rituel sacrificiel : celui-ci se répartit entre espace sacré et espace profane, l’espace profane étant, par étymologie, situé devant le temple. L’espace sacré se compose quant à lui d’une succession de parvis et de cours hypostyles ou à ciel ouvert (comme dans les temples égyptiens ou dans le second Temple de Jérusalem), pour arriver enfin au Saint des Saints, lieu sacré par excellence où réside la Présence réelle (la Shekhina). Chacun, selon son degré de pureté ou de réalisation spirituelle, pourra s’avancer plus ou moins avant à l’intérieur du temple — cette structuration de l’espace symbolisant le cosmos lui-même.

http://signes-et-symboles.org/dossiers-symbole/index.php/2007/06/04/88-symbole-sacrifice
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Pierre de lune



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MessageSujet: Re: Sans effusion de sang - pas de pardon ???   Lun 20 Oct 2008, 00:20

Le sang a toujours eu un caractère sacré dans la religion et dans la mythologie car il est symbole à la fois de vie de mort. A la fois, il fascine et il rebute. Dans un mythe sumérien, la Déesse Innana qui a été outragée par un mortel décide de remplir tous les puits de sang. Ce mythe n’est pas sans rappeler la première plaie d’Egypte. Ce qui est aussi intéressant de remarquer c’est que l’idée du sang qui peut guérir ou sauver est restée très présente dans l’esprit humain. Les médecins eux-mêmes jusqu’au XVIIIème siècle pratiquaient très fréquemment des saignées, qui bien loin de guérir les malades ne faisaient que les affaiblir davantage.

L’omniprésence du sang dans la religion peut également être révélatrice d’une part de sadisme présente chez l’être humain qui trouve une certaine esthétique ou jouissance dans l’élément sanguin. On trouve très beau le geste d’Abraham de vouloir sacrifier son fils unique à Dieu. On trouve aussi le sacrifice de Jésus pour le rachat de nos péchés très beau. Peut-être trouve-t-on dans la violence et dans l’effusion de sang un effet cathartique qui apaise les croyants. C’est possible aussi.

C’est là que l’automne commence.

C’est instantané. Est-ce qu’il y eu une sorte de mot d’ordre donné, hier soir, pendant que vous tourniez le dos au ciel pour faire votre soupe ? Ce matin, comme vous ouvrez l’œil, vous voyez mon frêne, qui s’est planté une aigrette de plumes de perroquet jaune d’or sur le crâne. Le temps de vous occuper du café été de ramasser tout ce qui traîne quand on couche dehors et il ne s’agit déjà plus d’aigrette, mais de tout un casque fait de plumes les plus rares ; des roses, des grises, des rouille. Puis, ce sont des buffleteries, des fourragères, des épaulettes, des devantiers, des cuirasses qu’il se pend et qu’il se plaque partout ; et tout ça est fait de ce que le monde a de plus rutilant et de plus vermeil. Enfin, le voilà dans ses armures et fanfreluches complètes de prêtres-guerrier qui frottaille de petites crécelles de bois sec.

M 321 n’est pas en reste. Lui, ce sont des aumusses qu’il se met : des soutanes de miel, des jupons d’évêques, des étoles couvertes de blasons et de rois de cartes. Les mélèzes se couvrent de capuchons et de limousines en peaux de marmottes, les érables se guêtrent de houseaux rouges, enfilent des pantalons de zouaves, s’enveloppent de capes de bourreaux, se coiffent du béret des Borgia. Le temps de les voir faire et déjà les praires à chamois bleuissent de colchiques. Quand, en retournant, vous arrivez au-dessus du col La Croix, c’est d’abord pour vous trouver en face du premier coucher de soleil de la saison : du bariolage barbare des murs ; puis, vous voyez en bas cette conque d’herbe qui n’était que du foin lorsque vous êtes passé, il y a deux ou trois jours, devenus maintenant cratère de bronze autour duquel montent la garde les Indiens, les Aztèques, les pétrisseurs de sang, les batteurs d’or, les mineurs d’ocre, les papes, les cardinaux, les évêques, les chevaliers de la forêt ; entremêlant les tiares, les bonnets, les casques, les jupes, les chairs peintes, les pans brodés, les feuillages d’automne, des frênes, des hêtres, des érables, des amélanchiers, des ormes, des rouvres, des bouleaux, des trembles, des sycomores, des mélèzes et des sapins dont le vert-noir exalte toutes les autres couleurs.

Chaque soir, désormais, les murailles du ciel seront peintes avec ces enduits qui facilitent l’acceptation de la cruauté et délivrent les sacrificateurs de tous remords. L’Ouest, badigeonné de pourpre, saigne sur des rochers qui sont incontestablement bien plus beaux sanglants que ce qu’ils étaient d’ordinaire rose satiné ou du bel azur commun dont les peignaient les soirs d’été, à l’heure où Vénus était douce comme un grain d’orge. Un blême vert, un violet, des taches de soufre et parfois même une poignée de plâtre là où la lumière est la plus intense, cependant que sur les trois autres murailles s’entassent les blocs compacts d’une nuit, non plus lisse et luisante, mais louche et aggloméré en d’inquiétantes constructions : tels sont les sujets de méditation proposés par les fresques du monastère des montagnes. Les arbres font bruire inlassablement dans l’ombre de petites crécelles de bois sec.

Jean Giono
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MessageSujet: Re: Sans effusion de sang - pas de pardon ???   Lun 20 Oct 2008, 00:31

Bonsoir Païenne,
C'est drôle, au bout de deux lignes en bleu je savais que c'était du Giono.
Je me souviens d'une description semblable au début d'Un roi sans divertissement (c'est ça ou autre chose? je ne retrouve pas le livre pour pouvoir vérifier...).
Toujours est-il que ce roman est emblématique du mystère du sang (sur la neige...).
Merci.
Didier

P.S.: Une heure plus tard j'ai retrouvé, c'était bien ça! Smile
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