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 La Parole de Dieu

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Pierre de lune

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MessageSujet: La Parole de Dieu   Mar 02 Déc 2008, 01:20

Voici un texte qui m’a bien plu.

"Respect et répulsion devant la parole de Dieu

Je ne voudrais pas vivre dans un monde sans cathédrales. J’ai besoin de leur beauté et de leur noblesse. J’ai besoin d’elles contre le caractère ordinaire du monde. Je veux lever les yeux vers des vitraux lumineux et me laisser éblouir par ces couleurs non terrestres. J’ai besoin de leur éclat. J’ai besoin de lui contre la sale couleur monotone des uniformes. Je veux me laisser envelopper par la rude froideur des églises. J’ai besoin de leur silence impérieux. J’en ai besoin contre le beuglement vide d’esprit de la cour de caserne et le bavardage plein d’esprit des suiveurs. Je veux entendre la voix murmurante des orgues, cette inondation de sons supraterrestres. J’ai besoin d’elles contre le ridicule criard de la musique militaire. J’aime les hommes priants. J’ai besoin de leur vue. J’ai besoin d’elle contre le poison sournois de la superficialité et de l’absence de pensée. Je veux lire les puissantes paroles de la Bible. J’ai besoin de la force irréelle de sa poésie. J’ai besoin d’elle contre la négligence à laquelle est livrée la langue et contre la dictature des slogans. Un monde sans tout cela serait un monde dans lequel je ne voudrais pas vivre.

Mais il est aussi un autre monde dans lequel je ne veux pas vivre : le monde où l’on diabolise le corps et la pensée indépendante et où l’on stigmatise comme des péchés des choses qui appartiennent au meilleur de ce que nous pouvons vivre. Le monde où l’on exige notre amour envers les tyrans, des exploiteurs et des assassins, soit que les pas brutaux de leurs bottes résonnent avec un écho assourdissant dans les rues ou que leur ombres lâches se glissent par la ville, silencieuses comme des chats et enfoncent jusqu’au cœur dans le dos de leurs victimes l’acier étincelant. Pardonner à de telles créatures, et même les aimer, cela relève de ce qu’on peut demander de plus absurde, du haut de la chaire, à l’être humain. Même si quelqu’un le pouvait vraiment : cela signifierait une insincérité sans exemple et un impitoyable reniement de soi, qui seraient payés par une totale mutilation. Ce commandement, ce commandement démentiel, anormal, d’aimer ses ennemis, est fait pour briser les hommes, leur dérober tout courage et toute confiance en eux et les rendre souples dans les mains des tyrans, afin qu’ils ne trouvent pas la force de s’élever contre eux, si nécessaire avec des armes.

Je vénère la parole de Dieu, car j’aime sa force poétique. J’abomine la parole de Dieu, car je hais sa cruauté. L’amour est un amour difficile, car il doit inlassablement trancher entre la force lumineuse des mots et la soumission qu’opère par la violence des mots un Dieu infatué. La haine, c’est une haine difficile, car comment peut-on se permettre de haïr des mots qui appartiennent à la mélodie de la vie dans cette partie de la terre ? Des mots grâce auxquels nous avons appris depuis notre enfance ce qu’est le respect ? Des mots qui étaient pour nous comme des phares quand nous commencions à soupçonner que la vie visible ne peut être toute la vie ? Des mots sans lesquels nous ne serions pas ce que nous sommes ?

Mais n’oublions pas : ce sont des mots qui ont exigé d’Abraham qu’il égorge son propre fils comme une bête. Que faisons-nous de notre fureur, quand nous lisons cela ? Que penser d’un tel Dieu ? Un Dieu qui reproche à Job de se quereller avec lui, alors que Job ne peut rien et ne comprend rien ? Qui donc l’avait créé ainsi ? Et pourquoi est-ce moins injuste, quand Dieu précipite quelqu’un dans le malheur sans raison, que lorsque c’est un mortel ordinaire qui le fait ? Job n’a-t-il pas le droit de se plaindre ?

Cette poésie de la parole de Dieu, elle est tellement imposante qu’elle réduit tout au silence et que toute contradiction devient un lamentable jappement. Aussi ne peut-ont pas tout simplement mettre la Bible de côté, mais on doit la jeter quand on en a assez de ses exigences et de l’esclavage qu’elle nous inflige. Le Dieu qui parle en elle est loin de la vie, sans joie, il veut restreindre l’immense ampleur de la vie humaine – le grand cercle que cette vie peut décrire quand on lui en laisse la liberté – à l’unique point, incapable d’extension, de l’obéissance. Courbés par le chagrin et chargés de péchés, desséchés par la soumission et l’indignité de la confession, marqués au front par la croix de cendre, nous devons marcher vers la tombe dans l’espoir mille fois contredit d’une vie meilleure à Son Côté. Car comment la vie serait-elle meilleure au côté de Quelqu’un qui nous a auparavant dépouillés de toutes joies et libertés ?

Et pourtant elles sont d’une beauté enivrante, ces paroles, qui viennent de Lui et vont à Lui. Comme je les ai aimées quand je servais la messe ! Comme elles m’ont enivré à la lumière des cierges de l’autel ! Comme il semblait clair, clair comme le soleil, que ces paroles étaient la mesure de toutes choses ! Comme il me paraissait incompréhensible que d’autres paroles aussi fussent importantes pour les gens, alors que chacune d’elles ne pouvait signifier que distractions répréhensible et perte de l’essentiel ! Aujourd’hui encore, je m’arrête lorsque j’entends un chant grégorien et, pendant un long moment d’inattention, je suis triste, parce que l’ancienne ivresse a irrévocablement cédé la place à la rébellion. A une rébellion qui comme un jet de flamme a jailli en moi quand j’ai entendu pour la première fois ces deux mots : sacrificium intelluectus.

Comment serions-nous heureux sans curiosité, sans questions, doute ni arguments ? Sans la joie de penser ? Ces deux mots qui sont comme un coup d’épée qui nous décapite, ils ne signifient rien de moins que l’exigence de vivre nos sentiments et nos actes contre notre pensée, ils sont l’invite à une vaste scission, l’ordre de sacrifier justement ce qui est l’essence de tout bonheur : l’unité intérieure et l’harmonie de notre vie. L’esclave sur la galère, il est enchaîné, mais il peut penser ce qu’il veut. Mais ce que Lui, notre Dieu, exige de nous, c’est que nous enfoncions notre esclavage, de notre propre main, jusqu’au tréfonds de nous-mêmes et en outre, que nous le fassions volontairement et avec joie. Peut-il y avoir plus grande dérision ?

Le Seigneur, c’est quelqu’un qui dans son omniprésence nous observe jour et nuit, il tient comptabilité de chaque heure, chaque minute, chaque seconde de nos actes et pensées, jamais il ne nous laisse en repos, jamais il ne nous accorde un moment où nous pourrions être seuls avec nous-mêmes. Qu’est-ce qu’un être humain sans mystères ? Sans pensées ni désirs que lui seul, lui tout seul, connaît ? Les bourreaux ceux de l’Inquisition et ceux d’aujourd’hui, la savent : coupe-lui toute retraite vers l’intérieur, n’éteins jamais la lumière, ne le laisse jamais seul, prive-le de sommeil et de silence : il parlera. Que la torture nous vole notre âme, cela signifie qu’elle détruit cette solitude avec nous-mêmes dont nous avons besoins comme d’air pour respirer. Le seigneur notre Dieu n’a-t-il pas réfléchi qu’avec sa curiosité effrénée et sa répugnante avidité de voir, il nous vole notre âme, une âme, en plus, qui est censée être immortelle ?

Qui voudrait sérieusement être immortel ? Qui voudrait vivre toute éternité ? Comme cela doit être ennuyeux et insipide de savoir : ce qui se passe aujourd’hui, ce mois-ci, cette année, ne joue aucun rôle. Vont venir encore un nombre infini de jours, de mois, d’années. Un nombre infini, littéralement. S’il en était ainsi, quelque chose importerait-il encore ? Nous n’aurions plus besoin de compter avec le temps, nous ne pourrions rien laisser échapper, nous ne devrions plus nous presser. Il serait indifférent que nous fassions quelque chose aujourd’hui ou demain, complètement indifférent. Des milliers d’occasions manquées ne seraient rien en face de l’éternité, et les regrets n’auraient pas de sens, car il nous resterait toujours le temps de rattraper ce que nous avons perdu. Nous ne pourrions même pas vivre au jour le jour, car ce bonheur se nourrit de la conscience du temps qui passe, le flâneur est un aventurier en face de la mort, un croisé contre le diktat de la hâte. Quand il y a toujours et partout du temps pour tout : où y aurait-il encore de la place pour la joie de gaspiller du temps ?

Un sentiment n’est plus le même quand il vient pour la seconde fois. Il change e couleur quand nous prenons conscience de son retour. Nos sentiments nous fatiguent et nous excèdent quand ils reviennent trop souvent et durent trop longtemps. L’âme immortelle devrait être saisie d’une gigantesque satiété et d’un désespoir criant devant la certitude que cela ne finira jamais. Les sentiments veulent se développer, et nous avec eux. Ils sont ce qu’ils sont, parce qu’ils repoussent ce qu’ils étaient autrefois et parce qu’ils déferlent vers un avenir où ils s’éloigneront à nouveau d’eux-mêmes. Si ce torrent coulait dans l’infini : il devrait naître en nous mille sensations que nous ne pouvons pas imaginer, habitués que nous sommes à un temps d’étendue limitée. Si bien que nous ne savons pas ce qui nous est promis quand nous entendons parler d’une vie éternelle. Que serait-ce d’être nous pour l’éternité, sans la consolation d‘être un jour délivrés de la nécessité d’être nous ? Nous ne le savons pas, et c’est une bénédiction que nous ne le sachions jamais. Car nous savons quand même une chose : ce serait l’enfer, ce paradis de l’immortalité.

C’est la mort qui donne à l’instant sa beauté et son épouvante. C’est seulement grâce à la mort que le temps est un temps vivant. Pourquoi le SEIGNEUR ne le sait-il pas, le Dieu omniscient ? Pourquoi nous menace-t-il d’une durée sans fin qui devrait signifier un ennui insupportable ?

Je ne voudrais pas vivre dans un monde sans cathédrales. J’ai besoin de l’éclat de leurs vitraux, de leur calme froid, de leur silence impérieux. J’ai besoin des flots de l’orgue et du saint recueillement des hommes qui prient. J’ai besoin de la sainteté des mots, du sublime de la grande poésie. J’ai besoin de tout cela. Pourtant, je n’ai pas moins besoin de liberté et d’hostilité envers toute cruauté. Car l’une n’est rien sans l’autre. Et que personne ne me force à choisir".


Pascal MERCIER


Je trouve ce texte intéressant en ce qu’il soulève plusieurs questions relatives à la Parole de Dieu.

Après s’être demandé à quoi sert la religion, on pourrait se demander à quoi servent les écritures sacrées. Les écritures sont certes très intéressantes sur un plan purement intellectuel et même philosophique. On peut même être touché par sa force poétique comme il est si bien dit dans le texte. Mais dans le domaine de la foi, qu’en est-il ? Est-il possible aujourd’hui d’avoir une foi qui se base uniquement sur les écritures ? Le Dieu de la Bible est-il à notre époque crédible ?

La bible donne souvent l’impression d’avoir été écrite pour des gens d’une autre époque. Certains passages peuvent même être incohérents, contradictoires, ou même rebutants d'un point de vue humaniste. Un texte complètement figé a du mal à suivre la pensée humaine en perpétuelle évolution, et les progrès de la science. Pour ma part, j’ai l’impression que la Bible qui est sensée être la Parole de Dieu et source de spiritualité risque de présenter un double danger : celui de produire fanatisme lorsqu’on s’y cramponne trop ou bien de produire athéisme lorsqu’on la lit et on l’analyse avec objectivité. Il faudrait pouvoir redéfinir la bible, revoir dans quelle mesure elle est la Parole de Dieu révélée et dans quelle mesure elle est censée être inspirée par Dieu.
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MessageSujet: Re: La Parole de Dieu   Mar 02 Déc 2008, 02:35

Merci Païenne pour ce texte fort, qui donne envie de lire Pascal Mercier...

Je suis aussi d'avis que pour apprécier les textes bibliques -- ou tout simplement pour les comprendre -- il ne faut surtout pas se sentir "tenu" par eux a priori, comme si on leur devait non seulement obéissance, mais surtout assentiment, pour la seule raison qu'ils font partie de "la Bible".

En clair, je crois qu'il faut s'autoriser à réagir comme on le ferait à n'importe quel texte: on aime, on n'aime pas, on est transporté, écoeuré, on se passionne, on se révolte ou on s'ennuie, on dit oui, on dit non ou on dit bof...

Ce qui ne va pas de soi quand on a toujours lu la Bible comme Parole de Dieu.

Mais pour ma part je ne pense pas que ça s'arrange en remplaçant cette définition par une autre, collective ou individuelle, théologique (p. ex. une analyse théorique de ce qui serait ou ne serait pas "parole de Dieu" dans la Bible) ou éthique (comme celle que choisit P. Mercier, le refus de la tyrannie et de la violence: pourquoi pas, mais on peut aussi un jour ou l'autre être saturé d'"humanité").

Car aussi nous changeons d'une lecture à l'autre, et des livres qui nous sont hier tombés des mains peuvent, demain, nous émerveiller. Et réciproquement.
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MessageSujet: Re: La Parole de Dieu   Mar 02 Déc 2008, 18:28

La Bible n'en est pas moins et d'abord un produit humain, né dans une histoire, tributaire d'une culture, exprimé dans une langue et répondant aux règles de l'écriture (genres littéraires). Chaque texte constitue une œuvre d'auteur(s), solidaire(s) d'une communauté, appartenant à une "école", engageant sa propre expérience de croyant.
De plus, les textes bibliques combinent souvent plusieurs couches littéraires, fruit d'une activité communautaire de relecture et réécriture. C'est d'ailleurs ce travail collectif, étalé dans le temps, qui donne aux livres bibliques leur épaisseur, non seulement historique, mais théologique et spirituelle.

On le voit, l'accueil de la Bible comme Parole de Dieu implique un travail de lecture, tant historique que littéraire (exégèse historico-critique). Sans quoi, le risque est grand du fondamentalisme ou du subjectivisme, qui réduisent l'Ecriture à n'être que lettre morte ou projection de nos propres intérêts.
Honorer la Bible comme Parole de Dieu exige qu'on se donne les moyens d'une lecture exigeante, en quête d'un sens toujours autre. Tel est le propre des grandes œuvres littéraires ; à plus forte raison du Livre reçu comme Parole de Dieu.

http://www.diocese-poitiers.com.fr/documents/t-bible2.html
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MessageSujet: Re: La Parole de Dieu   Sam 06 Déc 2008, 14:23

très beau.... (ça ma fait penser ce que j'ai ressenti suite à l'emission "nom de dieu" sur rtbf avec Guy Gilbert que j'ai regardé hier)

http://old.rtbf.be/rtbf_2000/bin/view_something.cgi?type=pagefiche&id=0143274_pagefiche&menu=0009137_menulist&pub=be.la1.fr/ros

http://www.philippe-rey.fr/f/index.php?sp=liv&livre_id=71



mais personnellement je rejette complétement son idée au sujet de

"Qui voudrait sérieusement être immortel ? Qui voudrait vivre toute éternité ? Comme cela doit être ennuyeux et insipide de savoir : ce qui se passe aujourd’hui, ce mois-ci, cette année, ne joue aucun rôle. "


là je suis à l'opposé!!!! de nouveau c'est personnel
en à peine un cyle d'un mois ou une année et même de jour!!! les choses se répête d'une manière toujours plus intense et plus belle.
J'arrive à aimer plus que la veille tout en sachant que c'est moin que le lendemain. Ca ressemble à ces tableaux d'Escher avec l'escalier sans fin.


voir ma lettre sur mon lien.....c'est peut-être "dérangeant" pour certain, mais malheureusement c'est ma réalité actuelle.

http://badoo.com/alain1971/?page=2 (etat actuel)

et voir fin de page rubrique "etat actuel" dont j'avais déjà fait parvenir le liens, mais voulais pas trop exprimer mes opinions de peur de blesser.

merci pour ce texte touchant.

à+
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Narkissos

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MessageSujet: Re: La Parole de Dieu   Sam 06 Déc 2008, 15:23

Bonjour Azaria et merci pour tes liens.
Sur "l'éternité", je suis pour ma part surtout sensible à cette question de P. Mercier:
Citation :
Que serait-ce d’être nous pour l’éternité, sans la consolation d‘être un jour délivrés de la nécessité d’être nous ?
Pour moi c'est bien l'identité qui est au coeur du problème.
Ce "moi" miroir du corps, de l'individu biologique, qui ne "sait" le réel qu'en s'en distinguant absolument, comme fantasme pensant, comme pensée fantastique, toujours déjà éternel pour autant qu'il ne se dissout pas dans le temps ni dans le devenir, toujours déjà mort parce que dérobé à la vie.
Connais-toi toi-même, l'impératif de l'impossible?
Amicalement,
(Didier)
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