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 Le logos, la Parole, le Verbe ???

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Pierre de lune



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MessageSujet: Le logos, la Parole, le Verbe ???   Dim 01 Mar 2009, 23:36

Bonsoir,

En peut lire en Jean 1 : 1 (TNM) : "Au Commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était dieu".

Certaines traductions remplacent "Parole" par "Verbe" ou "Logos".

Mais je me suis toujours interrogée sur l'emploi des termes de "Parole", "Verbe" ou "logos" pour désigner Jésus ou le fils de Dieu.

En ce moment, je suis en train de lire "L'essence du christianisme" de Feuerbach et j'y ai trouvé un chapitre sur le mystère du logos.

Voici un extrait :

"Le verbe est une image abstraite, la chose imaginaire, ou dans la mesure où toute chose est finalement aussi un objet de la faculté de penser, pensée imaginée ; car les hommes s’imaginent aussi connaître la chose, quand ils en connaissent l’expression verbale, le nom. Le verbe est une chose de l’imagination (Einbildungskraft) ; les dormeurs qui rêvent éveillés, les malades qui fantasment, parlent. Ce qui ébranle l’imagination (Phantasie), rend loquace, ce qui enthousiasme, rend orateur. La capacité de parole est un talent poétique ; les animaux ne parlent pas, puisqu’il manque la poésie. La pensée ne s’extériorise qu’en images : la faculté d’extériorisation est le langage. Celui qui parle, enchaîne, enchante celui auquel il parle ; mais la puissance du verbe est la puissance de l’imagination. C’est pourquoi chez les anciens peuples, fils de l’imagination, le verbe était un être mystérieux, magique. Les chrétiens eux-mêmes, et non pas uniquement ceux du commun, mais aussi les intellectuels, les pères de l’Eglise liaient encore au seul nom de Christ de mystérieux pouvoirs de guérison. Et encore aujourd’hui le commun croit que l’on peut ensorceler l’homme par de simples noms. D’où provient cette croyance dans les forces imaginées du verbe ? Seulement ceci : le verbe n’est qu’un être d’imagination, mais pour cette raison précisément il produit sur l’homme des effets narcotiques, et le tient prisonnier de la domination de l’imagination. Les mots possèdent des forces révolutionnaires, ils dominent l’humanité. La légende est sacrée, mais décriée la réalité de la raison et de la vérité.

C’est pourquoi l’affirmation ou l’objectivation de l’essence de l’imagination est simultanément liée à l’affirmation ou à l’objectivation de l’essence du langage, du verbe. L’homme n’a pas seulement un instinct qui le pousse nécessairement à penser, à sentir, à imaginer ; il a aussi un instinct qui le pousse à parler, à extérioriser ses pensées, à communiquer. Divin est cet instinct, divine la puissance du verbe. Le Verbe est la pensée faite image, qui révèle, illumine de ses éclairs éclatants. Le verbe est la lumière du monde. Le verbe conduit à toute vérité, ouvre tous les mystères, rend visible l’invisible, présentifie le passé et le lointain, rend fini l’infini, éternise le temporel. Les hommes passent, le verbe reste ; le verbe est vie et vérité. Toute puissance a été donnée au verbe : il fait voir les aveugle, marcher les infirmes, il guérit les malades, fait vivre les morts – il effectue des miracles, les seuls miracles rationnels. Le verbe est l’évangile, le paraclet, le consolateur de l’humanité. Pour te convaincre de l’essentialité divine du langage, imagine-toi solitaire et abandonné, mais instruit du langage : tu entendrais pour la première fois les paroles d’un homme ; ce verbe ne t’apparaîtrait-il pas comme un ange, ne résonnerait-il pas comme la voix de Dieu lui-même, comme la musique du ciel ? En fait, le verbe n’est pas plus pauvre, plus dépourvu d’âme que le son musical, bien que le son paraisse dire infiniment plus que le verbe, et, précisément, parce qu’il est entouré par cette apparence, cette illusion, apparaisse plus riche et plus profonde que le verbe.

Le verbe a une force de salut, de réconciliation, de bonheur, d’affranchissement. Les péchés que nous confessons, nous sont pardonnés en vertu de la puissance divine du verbe. En confessant les péchés longtemps passés sous silence, le mourant quitte la vie réconcilié. Le pardon des péchés se trouve dans leur aveu. Les douleurs que nous révélons à nos amis, sont déjà à moitié guéries. En parlant nous adoucissons nos passions ; elles deviennent claires en nous ; l’objet de la colère, de la fureur, du chagrin nous apparaît sous une lumière telle que nous reconnaissons le caractère indigne de la passion. La où nous sommes dans l’obscurité et le doute, la seule chose à faire est d’en parler – souvent au moment même d’ouvrir la bouche pour interroger l’ami, les doutes et obscurités s’évanouissent. Le verbe libère l’homme. Qui ne peut s’extérioriser, est un esclave. C’est pourquoi la passion démesurée est muette, la joie sans mesure, la douleur excessive. Parler est un acte de liberté ; le verbe est lui-même liberté. C’est à bon droit que l’on place à la racine de la culture (Bildung), la culture du langage ; là où le langage est objet de culture, l’homme est cultivé. La barbarie du moyen âge s’est évanouie avec la culture du langage.

De même que nous ne pouvons pressentir, imaginer, penser comme être divin, rien d’ature que le rationnel que nous pensons, le bien que nous aimons, le beau que nous sentons, de même nous ne connaissons aucune force et extériorisation de puissance aux effets spirituels supérieurs à la puissance du verbe. Dieu est la somme de toute réalité, c’est-à-dire essentialité et perfection. Tout ce que l’homme sent ou connaît en fait de réalité, il doit le diviniser ou le poser en Dieu. Par suite la religion doit être consciente de la puissance du verbe comme d’une puissance divine. Le verbe de Dieu est la divinité du verbe, telle qu’elle devient objet à l’homme, à l’intérieur de la religion – la véritable essence du verbe humain. Le verbe de Dieu doit se différencier du verbe humain, en ce sens qu’il n’est pas un souffle qui passe, mais un être communiqué (mitgeteiltes Wesen). Mais le verbe de l’homme ne contient-il pas lui aussi l’être de l’homme, son soi communiqué, si du moins il est verbe authentique ? La religion prend donc l’apparence du verbe humain, pour son être. Par suite elle représente nécessairement l’essence authentique (Wesen) du verbe comme un être particulier, différent du verbe humain".
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MessageSujet: Re: Le logos, la Parole, le Verbe ???   Lun 02 Mar 2009, 12:06

Païenne merci pour ce très beau texte.

Lors de mes recherches sur le Logos, j'ai découvert avec surprise (Ô ignorant que je suis) l'origine de cette expression.

"Le pilier de sa doctrine, fondé sur la conception des contraires, c'est l'idée du logos, du verbe. Pour Héraclite, le logos est ce qu'il y a de commun dans la diversité, c'est la mesure qui fait flamber ou s'éteindre le feu, c'est la loi divine unique qui régit tout. L'idée était née d'une raison éternelle, suprasensible, gouvernant tout dans le monde. Le logos, pour Héraclite, c'est Dieu, qu'on invoque sous le nom de Zeus. De la même façon, cent ans environ après Jésus-Christ, l'évangile de jean commence par Dieu est logos, le Verbe. De surcroît, Héraclite intègre à la notion de logos le tout en éternel devenir, donc l'alternance du jour et de la nuit, de l'été et de l'hiver, etc... Le logos devient donc la loi cosmique régissant le devenir, le concept même de l'absolu."

Pour un TJ ou un EX-TJ une question vient tout de suite à l'esprit, Pourquoi un homme inspiré par Dieu fait-il référence à un philosophe (païen) pour définir Dieu ou son Fils ou la divinité ?
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MessageSujet: Re: Le logos, la Parole, le Verbe ???   Jeu 26 Mar 2009, 17:02

Au début de l'Évangile de Jean, nous lisons : « Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu... Tout a été fait par elle et rien n'a été fait sans elle... La Parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous pleine de grâce et de vérité ».
Ce passage très connu appelle trois observations :
Premièrement, il n'y est pas question de la Bible. Quand il parle de la Parole divine, Jean ne mentionne ni l'Ancien ni le Nouveau Testament.
Deuxièmement, il implique que la parole divine précède l'écriture ; elle existe avant tout livre, puisqu'elle se trouve là au commencement, au moment même de la création.
Troisièmement, comme l'a justement noté le théologien parisien Wilfred Monod au début du siècle passé, quand la Parole de Dieu cherche à se faire entendre des humains, lorsqu'elle veut les atteindre et habiter parmi eux, elle ne se fait pas livre, mais « chair », c'est-à-dire personne. C'est Jésus que le Nouveau Testament appelle Christ. et non un écrit, Parole de Dieu.

http://www.evangile-et-liberte.net/elements/numeros/170/cahier.html
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MessageSujet: Re: Le logos, la Parole, le Verbe ???   Mar 21 Avr 2009, 23:18

free a écrit:

Pour un TJ ou un EX-TJ une question vient tout de suite à l'esprit, Pourquoi un homme inspiré par Dieu fait-il référence à un philosophe (païen) pour définir Dieu ou son Fils ou la divinité ?

Effectivement, c'est bien la question que je me pose. Finalement, l'influence des néo-platoniciens qq siècles + tard n'est pas très génante.
Tout est bien relatif.
Qu'y à t il donc à garder de ces tj... ...

Personnellement : je suis exclu et il y à fort longtemps. Il y à qq semaines, je suis allé voir le curé de ma ville de naissance. j'ai constaté que je n'étais pas rayé du tout du registre des baptêmes.
Je n'ai donc jamais céssé d'être catholique, finalement.
C'est plus simple.
Les tj c'est juste 20 ans de chaînes
+ 20 ans pour en sortir.
La routine quoi...
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Narkissos



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MessageSujet: Re: Le logos, la Parole, le Verbe ???   Mar 21 Avr 2009, 23:45

Ah ben alors, je crois qu'on se connaît (au sens internet du mot) ;)

Il faut peut-être dire qu'entre Héraclite et l'auteur du quatrième évangile la notion de logos a beaucoup évolué dans la pensée grecque et hellénistique, en passant notamment par Platon et le stoïcisme; et qu'en amont du quatrième évangile elle a déjà fusionné avec la tradition juive de la Sagesse, en particulier chez Philon d'Alexandrie (qui n'est pas "païen" mais juif, même s'il parle grec et vit en Egypte).

Il (n')y a peut-être (que) des signifiants vides, mais "païen" est une notion exceptionnellement creuse. La "révélation" monothéiste du jour déclare rétroactivement "païen" tout ce qui ne lui revient pas, même dans sa propre généalogie. Et réciproquement, elle valide ("judaïse", "christianise", "islamise" selon les cas) comme "non-païens" les éléments de sa propre doctrine qui proviennent pourtant d'influences extérieures...
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