Etre chrétien ou pas?

apporter une aide et fournir un support de discussion à ceux ou celles qui se posent des questions sur leurs convictions
 
PortailPortail  AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 croire en Dieu c'est avoir une espérance ?

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2
AuteurMessage
VANVDA



Masculin Nombre de messages : 1499
Date d'inscription : 09/05/2008

MessageSujet: Re: croire en Dieu c'est avoir une espérance ?   Sam 12 Nov 2011, 12:42

@LCT:

Citation :
Mais la croyance n’est-elle que cela ?

Je ne sais pas si on peut résumer la "croyance" à quoi que ce soit, mais le type de croyance "occidentale" reste tout de même très centré sur le salut individuel: l'importance qu'il y a à se sauver, soi (ou plus exactement, dans une économie de "grâce", à être sauvé par Dieu, mais toujours être sauvé soi, en tant qu'individu.)
Et ça, ça se développe dans une civilisation qui fait de l'individualité son centre. À mes yeux, ça reste tout de même très "culturel", et d'ailleurs la propagation du christianisme ne s'est historiquement faite que par "l'écrasement" par l'Occident des cultures "barbares", "indigènes", "sauvages"...
Revenir en haut Aller en bas
free



Nombre de messages : 3757
Age : 56
Date d'inscription : 21/03/2008

MessageSujet: Re: croire en Dieu c'est avoir une espérance ?   Lun 14 Nov 2011, 15:26

"Espérer, ce n'est pas en premier lieu espérer "en ceci" ou "en cela". C'est découvrir et traverser l'expérience de l'espérance. Jamais le Maître de l'Evangile ne dira : "Voici ce en quoi vous devez espérer". Jamais il n'induira, que la vérité résiderait en un discours, fût-ce le sien. Il eût été abrupt de prétendre : "Je dis la vérité". Mais il a dit : "Je suis la vérité". La vérité se situe donc dans l'être, non dans le discours. Or, l'être est précisément ce qui est là, sans qu'on puisse jamais répondre à la question : "Qu'est-ce donc ?"

http://www.theolib.com/libtheo.html
Revenir en haut Aller en bas
free



Nombre de messages : 3757
Age : 56
Date d'inscription : 21/03/2008

MessageSujet: Re: croire en Dieu c'est avoir une espérance ?   Mar 15 Nov 2011, 12:48

J'observe qu'une partie de l’Ancien Testament regarde donc la mort en face et ose en parler sans l’édulcorer...L’humain est un être marqué par sa propre finitude. La mort était la fin de la vie. Au-delà de la mort, il n’y avait rien, ou... presque rien. L’Ancien Testament affirme à plusieurs endroits que c’est sur terre que Dieu punit les méchants ou récompense les justes par la prospérité et la descendance. La récompense était une belle vie.


« Si nous acceptons de Dieu le bonheur, pourquoi refuserions-nous de lui le malheur ? » (Job 2, 10)

Cette reflexion me parait ne pas être dénué de bon sens, même si le livre de Job tente de remettre en cause cette thèse.


La lucidité du Qohélet qui lui fera dire que l’être humain partage le même sort que les animaux me semble salutaire, elle souligne l’absurdité de l'existence qui est une réalité incontournable.




Dernière édition par free le Mar 02 Juin 2015, 17:40, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
free



Nombre de messages : 3757
Age : 56
Date d'inscription : 21/03/2008

MessageSujet: Re: croire en Dieu c'est avoir une espérance ?   Mer 16 Nov 2011, 12:22

Camus nous met en garde :

« tout le malheur des hommes vient de l’espérance »

et

“Il n’y a pas d’amour de vivre sans désespoir de vivre"

L’espérance nous induirait-elle à demeurer passif vis-à-vis de notre destin? L’espoir nous ferait-il manquer certaines occasions et ôterait-il tout »piment» à notre quotidien? Se nourrit-il de rêveries, d’idéaux, de scénarios hollywoodiens ou encore des pays des merveilles de notre enfance?

L’espérance, d’après moi, est un songe teinté de mélancolie, une éternelle chimère. Concentré d’envies et de sentiments contrariés, l’espoir est aussi une ambition muette. Sous sa forme inconsciente, il revêt douceur et sérénité. Et si à travers le rêve se manifestent nos désirs les plus profonds, nos préoccupations et nos appréhensions, c’est bien que celui qui rêve espère et que celui qui espère vit.

Il imagine son futur, construit sa propre histoire. Me contredirez-vous si j’affirme que peu de gens aiment lire des romans empreints de longues descriptions? Sans action ni dénouement, toute histoire peut facilement perdre son intérêt et sa valeur.

Mais la réciproque est-elle vraie? Peux-ton dire que l’espoir fait vivre? Vivre dans un monde de fiction, idéal mais inaccessible? Dans un futur proche qui chaque jour se fait plus distant? Vivre en parallèle, entre guillemets.. dans l’attente que nos espoirs se concrétisent. Espérer n’est pas un verbe d’action, mais d’abstraction.

http://journaldelarue.wordpress.com/2007/05/25/tout-le-malheur-des-hommes-vient-de-lesperance-albert-camus/

Une autre citation :

"L'espérance est un de ces remèdes qui ne guérissent pas mais qui permettent de souffrir plus longtemps". (Marcel Achard, Je ne vous aime pas).
Revenir en haut Aller en bas
free



Nombre de messages : 3757
Age : 56
Date d'inscription : 21/03/2008

MessageSujet: Re: croire en Dieu c'est avoir une espérance ?   Mar 06 Déc 2011, 15:54

Le film "La ligne verte" ... dans sa maison de retraite un gardien de prison qui a reçu d'un condamné à mort, le pouvoir magique de vivre éternellement , raconte sa vie. Il est en parfaite santé mais il a perdu ses amis, sa femme, ses enfants et ses petits-enfants ... toute l'horreur de survivre à sa famille ou aux gens que l'on aime.

http://www.youtube.com/watch?v=iGfpa5jZmc0&feature=related
Revenir en haut Aller en bas
le chapelier toqué

avatar

Nombre de messages : 1600
Age : 70
Date d'inscription : 31/08/2010

MessageSujet: Re: croire en Dieu c'est avoir une espérance ?   Jeu 08 Déc 2011, 12:06

Spermologos a écrit:
Citation :
Le témoignage de Patoune me rappelle une chose qui m'avait frappé vers la fin de ma période TJ. Quand la Watch traitait la question "mais la vie éternelle sur la terre ne serait-elle pas ennuyeuse?", après avoir égrené les niaiseries (p. ex. "il y aura tant de choses à faire et à découvrir" -- oui mais l'éternité c'est encore plus long... surtout vers la fin, comme disait Woody Allen) elle finissait par cracher la SEULE réponse qui me semblait être à la mesure de la question: connaître Dieu. Réponse ô combien classique chez "Babylone la Grande" et qui rendait tout le reste -- y compris la notion d'une éternité temporelle -- superflu.

Lorsque nous sommes enfants nous avons le désir de tout connaître, de faire de nombreuses choses les plus diverses les unes des autres. Aussi lorsqu'une religion vient nous parler de vie éternelle au cours de laquelle nous pourrions mettre en pratique nos rêves d'enfant il n'est pas étonnant, du moins dans un premier temps, que cela nous interpelle.

Puis le temps passant lorsque l'âge commence à nous montrer les limites dans lesquelles nous nous trouvons, nous comprenons que toutes ces choses que nous rêvions d'accomplir d'autres les ont déjà accomplies où les accompliront bien plus tard. Même en vivant éternellement nous n'aurions de toute façon pas réalisé, accomplis nos rêves car justement ce n'étaient que des rêves et le propre des rêves n'est pas de s'accomplir mais de nous aider, parfois, à mieux supporter l'ordinaire de la vie ordinaire.
Revenir en haut Aller en bas
Kaczan

avatar

Nombre de messages : 107
Age : 62
Date d'inscription : 09/05/2010

MessageSujet: Re: croire en Dieu c'est avoir une espérance ?   Jeu 08 Déc 2011, 14:36

Cela tombe bien, car je me suis souvenu de ce fil concernant la Foi sur ce forum et que l' on pourrait poursuivre indéfiniment, tant il y a à dire!
Cependant, je suis désormais convaincu que la Foi repose essentiellement sur l'émotion personnelle ou communautariste ressentie à un moment particulier dans sa vie. Les traditions séculaires, Noël et ses dérivés festifs n'étant que les miettes du banquet de la vie auquel chacun d'entre nous se raccroche pour y donner un sens. Rolling Eyes

Ainsi, mardi dernier j'assistais à la sépulture religieuse de mon voisin et ami parti à 51 ans d'une saloperie de crabe qui l'a miné en à peine une année. Les bretons étant très croyants, je ne fus pas surpris que la cérémonie soit organisée à l'Eglise catholique. Ma plus grande surprise était de voir officier une Dame en lieu et place du curé, au moins la parité, me dis-je était de reconnaître qu'elles peuvent également exercer des responsabilités religieuses. Cool
Malheureusement, comparativement aux cérémonies TJ, peu de choses en ressortent qui vaillent peine de s'attarder. Déjà, dans cette litanie qui a duré presque 1 heure, je n'ai pas beaucoup apprécié que mon ami Jean-Luc aurait été "appelé auprès de Dieu", sa place aurait été auprès de sa gamine de 10ans! Sad
Qui plus est, que fichaient les cantiques n'ayant aucun rapport en la circonstance, en particulier ceux à la Gloire de la Vierge Marie...? silent
On nous a demandé de regarder la grande croix de bois représentant Jésus crucifié, rien ! Seulement un très grand sentiment d'injustice qui m'a envahi, ainsi que la plupart des participants, dont avec certains d'entre eux j'ai partagé une légère collation...

Si vous voulez mon sentiment, je suis prêt à me convertir à la culture bretonne, car le son de la cornemuse à l'Eglise est d'une telle intensité émotionnelle que j'ai craqué Sad Sad
Revenir en haut Aller en bas
le chapelier toqué

avatar

Nombre de messages : 1600
Age : 70
Date d'inscription : 31/08/2010

MessageSujet: Re: croire en Dieu c'est avoir une espérance ?   Ven 09 Déc 2011, 11:38

Vaut-il mieux avoir de l'espoir plutôt qu'une espérance?
Revenir en haut Aller en bas
Ami

avatar

Masculin Nombre de messages : 308
Age : 50
Date d'inscription : 03/08/2008

MessageSujet: Re: croire en Dieu c'est avoir une espérance ?   Sam 10 Déc 2011, 11:35

Les deux sont des moteurs qui permet à l'humain de poursuivre , non!
Revenir en haut Aller en bas
Kaczan

avatar

Nombre de messages : 107
Age : 62
Date d'inscription : 09/05/2010

MessageSujet: Re: croire en Dieu c'est avoir une espérance ?   Sam 10 Déc 2011, 15:20

J'avoue avoir du mal à saisir le sens de vos propos : Espoir et Espérance ont la même racine, non? Razz

Quelques similitudes selon mon dico "le Petit Robert" : assurance, certitude, confiance, conviction, croyance, aspiration, désir, attente...

Juste une question : Qu'est-ce que l'on espère...aspire , désire, attend, etc...? Rolling Eyes
Revenir en haut Aller en bas
le chapelier toqué

avatar

Nombre de messages : 1600
Age : 70
Date d'inscription : 31/08/2010

MessageSujet: Re: croire en Dieu c'est avoir une espérance ?   Sam 10 Déc 2011, 16:59

vous avez raison, dans mon esprit espoir était plus marquant qu'espérance. Mais à y regarder de plus près c'est la même chose. Désolé...
Revenir en haut Aller en bas
Ami

avatar

Masculin Nombre de messages : 308
Age : 50
Date d'inscription : 03/08/2008

MessageSujet: Re: croire en Dieu c'est avoir une espérance ?   Sam 10 Déc 2011, 17:38

Pourquoi être désolé , pas de problème .
Karczan: Dans l'immédiat j'espère réparer cette foutu parabole qui m,empêche de regarder la télé . Very Happy
Je vais donc dépenser mon énergie et tout ce qui va avec pour résoudre le problème et ainsi de suite.....
Revenir en haut Aller en bas
Kaczan

avatar

Nombre de messages : 107
Age : 62
Date d'inscription : 09/05/2010

MessageSujet: Re: croire en Dieu c'est avoir une espérance ?   Sam 10 Déc 2011, 22:42

Ami a écrit:
Pourquoi être désolé , pas de problème .
Karczan: Dans l'immédiat j'espère réparer cette foutu parabole qui m,empêche de regarder la télé . Very Happy
Je vais donc dépenser mon énergie et tout ce qui va avec pour résoudre le problème et ainsi de suite.....

Ah bah! Moi je me suis débarrassé de mes évangiles et le décodeur qui va avec pour regarder la télé depuis ma box Razz
Revenir en haut Aller en bas
Ami

avatar

Masculin Nombre de messages : 308
Age : 50
Date d'inscription : 03/08/2008

MessageSujet: Re: croire en Dieu c'est avoir une espérance ?   Dim 11 Déc 2011, 00:04

Tu as donc mis ton espérance entre les mains de la box Smile . Après avoir servi les évangiles , tu n' est donc plus dans état de dépendance absolue.
Pourtant en réfléchissant tout va dans le même sac.
Revenir en haut Aller en bas
VANVDA



Masculin Nombre de messages : 1499
Date d'inscription : 09/05/2008

MessageSujet: Re: croire en Dieu c'est avoir une espérance ?   Jeu 15 Déc 2011, 21:56

Kaczan a écrit:
Cela tombe bien, car je me suis souvenu de ce fil concernant la Foi sur ce forum et que l' on pourrait poursuivre indéfiniment, tant il y a à dire!
Cependant, je suis désormais convaincu que la Foi repose essentiellement sur l'émotion personnelle ou communautariste ressentie à un moment particulier dans sa vie. Les traditions séculaires, Noël et ses dérivés festifs n'étant que les miettes du banquet de la vie auquel chacun d'entre nous se raccroche pour y donner un sens. Rolling Eyes

Ainsi, mardi dernier j'assistais à la sépulture religieuse de mon voisin et ami parti à 51 ans d'une saloperie de crabe qui l'a miné en à peine une année. Les bretons étant très croyants, je ne fus pas surpris que la cérémonie soit organisée à l'Eglise catholique. Ma plus grande surprise était de voir officier une Dame en lieu et place du curé, au moins la parité, me dis-je était de reconnaître qu'elles peuvent également exercer des responsabilités religieuses. Cool
Malheureusement, comparativement aux cérémonies TJ, peu de choses en ressortent qui vaillent peine de s'attarder. Déjà, dans cette litanie qui a duré presque 1 heure, je n'ai pas beaucoup apprécié que mon ami Jean-Luc aurait été "appelé auprès de Dieu", sa place aurait été auprès de sa gamine de 10ans! Sad
Qui plus est, que fichaient les cantiques n'ayant aucun rapport en la circonstance, en particulier ceux à la Gloire de la Vierge Marie...? silent
On nous a demandé de regarder la grande croix de bois représentant Jésus crucifié, rien ! Seulement un très grand sentiment d'injustice qui m'a envahi, ainsi que la plupart des participants, dont avec certains d'entre eux j'ai partagé une légère collation...

Si vous voulez mon sentiment, je suis prêt à me convertir à la culture bretonne, car le son de la cornemuse à l'Eglise est d'une telle intensité émotionnelle que j'ai craqué Sad Sad

Hello Kacz'

Avec beaucoup de retard (je ne sais pas comment j'ai pu rater ton premier message, j'ai lu très rapidement les suivants sans vraiment comprendre la suite de la discussion?) et un peu de honte, donc, je te présente mes plus sincères condoléances pour la perte de ton ami.
Ton message me rappelle l'idée du poison/médicament qui a été plusieurs fois répétée ici: là où certains trouvent un réconfort ("le défunt est auprès de Dieu") d'autres n'y verront qu'un mal supplémentaire. Ce qui soignera les uns empoisonnera les autres.
D'un point de vue pas très orthodoxe, pas très catholique, la vie, qui est une minuscule, infime, fente de lumière et de bruits entre deux infinis noirs et silencieux (description lue je ne sais plus trop où, mais qui m'a bien plu), doit être aimé pour ce qu'elle est, c'est à dire finie, "même trop, même mal". C'est un peu ce que j'entends, lorsque l'on me dit: "appelé près de Dieu", même si ce n'est pas ce que le curé voulait dire. C'est mon médicament-à-la-con à moi...
Revenir en haut Aller en bas
free



Nombre de messages : 3757
Age : 56
Date d'inscription : 21/03/2008

MessageSujet: Re: croire en Dieu c'est avoir une espérance ?   Ven 16 Déc 2011, 11:52

Devance tous les adieux…

Rainer Maria RILKE

Recueil : "Sonnets à Orphée"



Devance tous les adieux, comme s’ils étaient
derrière toi, ainsi que l’hiver qui justement s’éloigne.
Car parmi les hivers il en est un si long
qu’en hivernant ton cœur aura surmonté tout.

Sois toujours mort en Eurydice — en chantant de plus en plus, monte,
remonte en célébrant dans le rapport pur.
Ici, parmi ceux qui s’en vont, sois, dans l’empire des fuites,
sois un verre qui vibre et qui dans son chant déjà s’est brisé.

Sois — et connais en même temps la condition du non-être,
l’infinie profondeur de ta vibration intime,
c’est qu’en une seule fois tu l’accomplisses toute.

Aux réserves dépensées et aux couvantes, aux muettes
réserves de la nature, à ses sommes ineffables,
ajoute-toi en jubilant, — et détruis le nombre
Revenir en haut Aller en bas
Kaczan

avatar

Nombre de messages : 107
Age : 62
Date d'inscription : 09/05/2010

MessageSujet: Re: croire en Dieu c'est avoir une espérance ?   Dim 18 Déc 2011, 01:02

BB a écrit:
D'un point de vue pas très orthodoxe, pas très catholique, la vie, qui est une minuscule, infime, fente de lumière et de bruits entre deux infinis noirs et silencieux (description lue je ne sais plus trop où, mais qui m'a bien plu), doit être aimé pour ce qu'elle est, c'est à dire finie, "même trop, même mal". C'est un peu ce que j'entends, lorsque l'on me dit: "appelé près de Dieu", même si ce n'est pas ce que le curé voulait dire. C'est mon médicament-à-la-con à moi...

Tu pensais peut-être aux échanges de lettres entre Rilke et Balthus? : « ...toujours à minuit, il se fait une fente minuscule entre le jour qui finit et celui qui commence, et une personne très adroite qui parviendrait à s'y glisser sortirait du temps et se trouverait dans un royaume indépendant de tous les changements que nous subissons ; à cet endroit sont amassées toutes les choses que nous avons perdues » study
Revenir en haut Aller en bas
free



Nombre de messages : 3757
Age : 56
Date d'inscription : 21/03/2008

MessageSujet: Re: croire en Dieu c'est avoir une espérance ?   Dim 15 Sep 2013, 11:37

L'espérance est notre indéracinable désir de Dieu, celui qui, en nous, jusqu'au bout, ne renoncera pas, celui qui n'accepte aucun démenti de l'existence : contra spem in spe, dit saint Paul : contre l'espérance dans l'espérance.  Péguy l'a chantée de manière merveilleuse dans le Porche du mystère de la deuxième vertu. La petite fille espérance est... "une fille de la charité" (dixit Péguy) qu'aucune plaie ne dégoûte, qu'aucune misère ne rebute, qu'aucun désespoir ne lasse.



L'espérance n'est pas une vertu qui nous sécurise, en nous assurant au moins du happy end. L'espérance, qui a partie liée avec le désir, j'allais dire avec l'avidité des choses de Dieu, nous donne cette avidité parce qu'elle nous insécurise et dans la mesure où elle nous la donne. C'est en ce sens que rené Girard achève son livre Achever Clausewitz : "vouloir rassurer, c'est toujours contribuer au pire". L'espérance nous permet de supporter le spectacle du Mal dominant. Elle nous fait trouver dans ce spectacle repoussant le goût de Dieu, de son salut et de son Christ.

L'espérance fait feu de tout bois. un peu comme on peut dire : c'est la faim qui nous permet d'apprécier davantage tel ou tel aliment (la faim : le meilleur des condiments), de la même façon, c'est le manque de Dieu qui nous fait désirer Dieu, c'est le spectacle du mal qui nous plonge dans l'amour du Bien.


Voilà pourquoi l'espérance supporte tout. Elle est le désir à son apogée, celui qui fait du manque le signe de la satiété, celui qui, comme l’Éros de Platon dans le Banquet, est capable, tel Ulysse, de tous les stratagèmes pour arriver à ses fins.

L'espérance nous rend chacun responsable de notre attente. Elle est la seule véritable mesure de notre amour.



http://ab2t.blogspot.fr/2010/04/lesperance-theologale-notre-desir.html
Revenir en haut Aller en bas
free



Nombre de messages : 3757
Age : 56
Date d'inscription : 21/03/2008

MessageSujet: Re: croire en Dieu c'est avoir une espérance ?   Mar 02 Juin 2015, 17:55

"Si les morts ne se réveillent pas, mangeons et buvons, car demain nous mourrons !" (1 Cor 15,32)

Outre le fait que ce texte cite Isaie 22,13 ; Il pose la question du comportement d'un humain sans espérance, selon ce texte il ne lui reste plus qu'a manger et boire (avec excès je suppose). Il me semble que ce texte opère un raccourci.

Voici un texte intéressant de Kierkegaard  :

La mort incite l'homme charnel à dire : "Mangeons et buvons, car demain, nous mourrons". Mais c'est là le lâche désir de vivre de la sensualité, ce méprisable ordre des choses où l'on vit pour manger et boire, et où l'on ne mange ni ne boit pour vivre.
 L'idée de la mort amène peut-être l'esprit plus profond à un sentiment d'impuissance où il succombe sans aucun ressort ; mais à l'homme animé de sérieux, la pensée de la mort donne l'exacte vitesse à
observer dans la vie
, et elle lui indique le but où diriger sa course. Et nul arc ne saurait être tendu ni communiquer à la flèche sa vitesse comme la pensée de la mort stimule le vivant dont le sérieux tend
l'énergie. Alors le sérieux s'empare de l'actuel aujourd'hui même; il ne dédaigne aucune tâche comme insignifiante; il n'écarte aucun moment comme trop court. "


http://www.philonet.fr/ComText/KierMort.html
Revenir en haut Aller en bas
le chapelier toqué

avatar

Nombre de messages : 1600
Age : 70
Date d'inscription : 31/08/2010

MessageSujet: Re: croire en Dieu c'est avoir une espérance ?   Mar 02 Juin 2015, 18:04

free a écrit:
mangeons et buvons, car demain nous mourrons

c'est aussi une citation d'un philosophe: Aristipe de Cyrène qui vécut en 435-356 avant notre ère
Revenir en haut Aller en bas
Narkissos

avatar

Nombre de messages : 4928
Age : 57
Date d'inscription : 22/03/2008

MessageSujet: Re: croire en Dieu c'est avoir une espérance ?   Mar 02 Juin 2015, 20:50

le chapelier toqué a écrit:
free a écrit:
mangeons et buvons, car demain nous mourrons
c'est aussi une citation d'un philosophe: Aristipe de Cyrène qui vécut en 435-356 avant notre ère

Aurais-tu par hasard une référence ? J'entends bien 1) que la formule est assez banale pour avoir éventuellement d'autres "sources" qu'Isaïe 22,13, qui lui correspond pourtant à la lettre dans la Septante; 2) qu'indépendamment de ses "sources" elle fonctionne plutôt en contexte comme une "maxime populaire" que comme une référence littéraire, "biblique" ou "philosophique"; 3) qu'elle consonne généralement avec la thématique et les idées d'Aristippe et de l'école "cyrénaïque" (disons: d'un "hédonisme" pensé plutôt dans l'instant que dans la durée, à la différence de celui d'Epicure); mais j'ai beau chercher, je ne trouve nulle part la trace d'un texte d'Aristippe susceptible d'avoir été "cité" ici -- contrairement à la maxime du v. suivant qui provient bien du Thaïs de Ménandre (les mauvaises compagnies...).

A part ce petit détail, je découvre avec beaucoup d'intérêt l'évolution philosophique et littéraire de ce fil depuis que je l'ai laissé, il y a déjà plus de cinq ans.

L'argument de Paul pour la résurrection en 1 Corinthiens 15 m'a longtemps semblé en plus d'un sens "pathétique" -- il y a quelque chose de "terroriste" et de "suicidaire" à la fois dans la surenchère de conséquences ruineuses tirées de l'hypothèse négative "s'il n'y a pas de résurrection", v. 12-19 et 29-34. Paul les entend naturellement ab absurdo, mais elles n'en deviennent pas moins vertigineuses dès lors qu'on y voit une possibilité réelle (et, bien sûr, rien n'empêche de les comprendre ainsi, si ce n'est précisément la crainte des conséquences).

Si "l'espérance" est foncièrement tournée vers l'avenir, l'espérance de la résurrection la retourne vers le passé (celui des morts et des vivants qu'ils ont été): c'est l'avenir du passé, le tour que (re-)prend l'espérance chaque fois que l'avenir tout court -- l'avenir du présent -- paraît bouché; on retombe sur la question des "fins-clôtures du monde", qui nous con-cerne sans doute autant que Paul, quoique pour des raisons assez différentes.
Revenir en haut Aller en bas
http://oudenologia.over-blog.com/
le chapelier toqué

avatar

Nombre de messages : 1600
Age : 70
Date d'inscription : 31/08/2010

MessageSujet: Re: croire en Dieu c'est avoir une espérance ?   Jeu 04 Juin 2015, 16:07

Je suis désolé Narkissos mais je ne parviens pas à retrouver la référence. Il me semble, mais je dis bien il me semble avoir lu cette citation en référence à ce philosophe grec dans la revue Evangile et liberté.

Ce que je me rappelle bien c'est d'avoir recherché ensuite dans Google les détails concernant ce philosophe que je n'avais pas entendu parler.

Revenir en haut Aller en bas
free



Nombre de messages : 3757
Age : 56
Date d'inscription : 21/03/2008

MessageSujet: Re: croire en Dieu c'est avoir une espérance ?   Jeu 04 Juin 2015, 17:24

"Ne s'accorde-t-on pas à reconnaître chez le passionné quelque refus de la condition humaine et de sa limitation, quelque désir de s'assimiler à l'infini et de se croire Dieu ? Tout ambitieux se perd par la démesure, et ne saurait borner ses désirs ; jamais le cupide n'est satisfait de ce qu'il possède, et Don Juan peut allonger toujours la liste de ses conquêtes sans parvenir à croire qu'il a trouvé l'amour. Renoncer à l'infini est pour l'homme difficile, et constitue pourtant la condition première d'une action conforme à notre pouvoir : l'accomplissement de notre tâche quotidienne et temporelle suppose l'abandon de l'éternité et, par là, il faut en convenir, une certaine acceptation du néant. Car il n'est de vie possible que si, une fois pour toutes, nous avons accepté la mort : il suffit de consulter notre conscience pour comprendre que, dans les conditions où nous sommes, une vie infinie ne serait plus une vie : sans désespoir et sans espoir, sans impatience ni crainte, elle ne saurait engendrer une action. Nous aurions, comme on dit, l'éternité devant nous, et l'on ne peut agir qu'en laissant derrière soi l'éternel, en se tournant vers le temps, en comprenant qu'il passe, et qu'il faut se hâter."

Ferdinand Alquié, Le désir d'éternité,


Plus généralement, le temps est le support implicite de toute pensée de la genèse et de l'origine, de l'histoire et de la destinée. I1 est cette pure inquiétude dont toutes les vies humaines sont imprégnées. C'est pourquoi toute évocation du temps est chargée d'angoisses, de spleens, de fantasmes, d'espérances. Il n'y a qu'à examiner notre volonté, obstinée mais utopique, de retrouver le paradis perdu, de faire renaître le phénix, de revenir en arrière (le mot nostalgie vient du grec nostos, qui signifie « retour ») ; il n'y a qu'à sentir notre désir farouche de nous réincarner, de tendre à l'immortalité ; il n'y a qu'à voir notre fol mais persistant espoir d'inventer la machine à remonter le temps, ou de découvrir le mouvement perpétuel. Tous ces désirs, qui sont peut-être les plus fonciers de notre être, ne sont-ils pas engendrés par le sentiment d'impuissance que nous éprouvons face à l'irréversibilité du temps ? La flèche du temps n'est-elle pas l'image mobile de l'immobile épée de Damoclès ?
Il existe des manières efficaces d'échapper à cette angoisse. Nous pouvons par exemple pencher pour la stratégie de l'évitement et de l'esquive, comme nous y invite à sa manière Baudelaire, quelque part dans ses Petits Poèmes en prose : « Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut nous enivrer sans trêve. Mais de quoi ? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous. » Les plus sobres d'entre nous essaieront plutôt (ou aussi) de transcender cette angoisse en se fabriquant un bouclier contre la flèche pointue du temps. Ils feront des enfants ou des livres, créeront une œuvre immortelle, laisseront leur nom dans l'histoire, acquerront considération, notoriété et gloire, s'anesthésieront d'occupations multiples, recourront à la chirurgie esthétique, posséderont des choses qui ne s'usent pas (de la pierre ou des pierres). Ainsi croyons-nous oublier, dans l'illusion de durer, de faire face à notre destin de mortel. Mais la mort, en fin de compte, ne se laisse jamais berner. Avec elle, nul biais ne dure et aucun leurre n'aboutit jamais.
L'esprit de clan ou d'équipe fournit une autre voie échappatoire provisoire. Le fait d'appartenir à une communauté, à une Eglise, à une nation donne en effet le sentiment d'être un élément passager d'un grand corps immortel. Le groupe survivant à la mort de chacun de ceux qui le composent, aucun de ses membres ne meurt tout à fait quand il meurt. Les membres sont autant de maillons temporaires pour une chaîne qui n'a pas d'âge. Toute communauté ancienne et stable offre ainsi l'immortalité par délégation, l'éternité à temps partiel en quelque sorte. Les rites, les pratiques, les commémorations, les anniversaires sont autant de tentatives qui vont dans ce sens : elles installent des cycles et des répétitions au sein du temps linéaire et fuyant. Mais de toutes les parades au temps destructeur, l'amour, ou plutôt l'Amour, reste la plus belle, la plus joyeuse et la plus tonique, même si elle n'est peut-être pas moins illusoire que les autres."


Étienne Klein, Le temps
Revenir en haut Aller en bas
Narkissos

avatar

Nombre de messages : 4928
Age : 57
Date d'inscription : 22/03/2008

MessageSujet: Re: croire en Dieu c'est avoir une espérance ?   Jeu 04 Juin 2015, 18:33

@ lct: pas de problème ! C'est le genre de chose qu'on entend dire (ou qu'éventuellement on lit) et qu'on répète volontiers, parce qu'elle mériterait d'être vraie (une citation d'Aristippe aurait en effet plus de sens ici qu'une citation d'Isaïe) ! ;)

@ free: dans la série des "il faut", je replace (encore !) un de mes préférés: "il faut de tout pour faire un monde -- et pour le défaire !" (Lacenaire-Herrand in Prévert-Carné, Les enfants du paradis). A supposer qu'il "faille" jamais quoi que ce soit, ne "faudrait"-il pas aussi que tout (le reste) soit joué (vécu, ressenti, exprimé) -- en l'espèce, toutes les variétés et toutes les nuances d'espérance et de désespérance, et singulièrement, s'il y en a, celles qui manquent, qui font fau(l)te ou défau(l)t en un (mi-)lieu ou à un moment donné, ou bien parce qu'elles n'y auraient pas encore été jouées, ou parce qu'elles ne le seraient plus depuis si longtemps qu'on les y aurait oubliées ?

C'est peut-être la supériorité du théâtre, tragique ou comique -- et, par là, de la "littérature" -- sur la philosophie, même quand celle-ci se veut théâtrale (comme dans les dialogues de Platon): la diversité des voix, des rôles, des discours, des actions, des opinions, des sentiments, des émotions, n'y est pas réductible à une seule "raison" commune, encore moins à la raison d'un seul qui aurait raison contre les autres, et qui en toute logique aurait aussi bien raison sans eux. Même quand une "conclusion" ou une "morale" paraît imposer en fin de compte une telle "raison", parce qu'elle a le "dernier mot", elle se trouve subvertie par ce qu'elle écarte et qui s'est cependant dit et inscrit comme elle, hors d'elle, sur la même scène ou dans le même livre. La seule nécessité, le seul impératif du théâtre et de la littérature, ce serait: il faut que tout se dise, et que tout se joue -- tout: non pas une totalité absolue et close qu'on (ne) pourrait jamais épuiser, mais autant qu'il s'en pourra et voudra dire et penser à partir d'une situation donnée.

C'est aussi pourquoi une "Bible" qui donne la parole -- pour s'en tenir au thème de ce fil -- aux désespérances (Job, Qohéleth, les Lamentations, certains psaumes) comme aux espérances en tout genre (d'autres psaumes, les Prophètes, l'apocalyptique, Paul et le NT en général -- à l'exception peut-être des textes johanniques qui réussissent à tenir une sorte d'équilibre ironique des deux) sera toujours infiniment plus intéressante que sa réduction à un "catéchisme" ou à un "message" quelconque, monophonique et univoque.
Revenir en haut Aller en bas
http://oudenologia.over-blog.com/
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: croire en Dieu c'est avoir une espérance ?   

Revenir en haut Aller en bas
 
croire en Dieu c'est avoir une espérance ?
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2
 Sujets similaires
-
» Croire ou ne pas croire en Dieu ?
» Comment peut-on être chrétien sans croire à Dieu le Christ ?
» Croire que Dieu est en tout.
» CROIRE DIEU, CROIRE À DIEU, CROIRE EN DIEU. (par Saint Augustin)
» Une réflexion sur la difficulté de croire en DIEU à cause du mal qui nous entoure.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Etre chrétien ou pas? :: RELIGION-
Sauter vers: