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 croire en Dieu c'est avoir une espérance ?

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le chapelier toqué



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MessageSujet: Re: croire en Dieu c'est avoir une espérance ?   Jeu 04 Juin 2015, 16:07

Je suis désolé Narkissos mais je ne parviens pas à retrouver la référence. Il me semble, mais je dis bien il me semble avoir lu cette citation en référence à ce philosophe grec dans la revue Evangile et liberté.

Ce que je me rappelle bien c'est d'avoir recherché ensuite dans Google les détails concernant ce philosophe que je n'avais pas entendu parler.

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free



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MessageSujet: Re: croire en Dieu c'est avoir une espérance ?   Jeu 04 Juin 2015, 17:24

"Ne s'accorde-t-on pas à reconnaître chez le passionné quelque refus de la condition humaine et de sa limitation, quelque désir de s'assimiler à l'infini et de se croire Dieu ? Tout ambitieux se perd par la démesure, et ne saurait borner ses désirs ; jamais le cupide n'est satisfait de ce qu'il possède, et Don Juan peut allonger toujours la liste de ses conquêtes sans parvenir à croire qu'il a trouvé l'amour. Renoncer à l'infini est pour l'homme difficile, et constitue pourtant la condition première d'une action conforme à notre pouvoir : l'accomplissement de notre tâche quotidienne et temporelle suppose l'abandon de l'éternité et, par là, il faut en convenir, une certaine acceptation du néant. Car il n'est de vie possible que si, une fois pour toutes, nous avons accepté la mort : il suffit de consulter notre conscience pour comprendre que, dans les conditions où nous sommes, une vie infinie ne serait plus une vie : sans désespoir et sans espoir, sans impatience ni crainte, elle ne saurait engendrer une action. Nous aurions, comme on dit, l'éternité devant nous, et l'on ne peut agir qu'en laissant derrière soi l'éternel, en se tournant vers le temps, en comprenant qu'il passe, et qu'il faut se hâter."

Ferdinand Alquié, Le désir d'éternité,


Plus généralement, le temps est le support implicite de toute pensée de la genèse et de l'origine, de l'histoire et de la destinée. I1 est cette pure inquiétude dont toutes les vies humaines sont imprégnées. C'est pourquoi toute évocation du temps est chargée d'angoisses, de spleens, de fantasmes, d'espérances. Il n'y a qu'à examiner notre volonté, obstinée mais utopique, de retrouver le paradis perdu, de faire renaître le phénix, de revenir en arrière (le mot nostalgie vient du grec nostos, qui signifie « retour ») ; il n'y a qu'à sentir notre désir farouche de nous réincarner, de tendre à l'immortalité ; il n'y a qu'à voir notre fol mais persistant espoir d'inventer la machine à remonter le temps, ou de découvrir le mouvement perpétuel. Tous ces désirs, qui sont peut-être les plus fonciers de notre être, ne sont-ils pas engendrés par le sentiment d'impuissance que nous éprouvons face à l'irréversibilité du temps ? La flèche du temps n'est-elle pas l'image mobile de l'immobile épée de Damoclès ?
Il existe des manières efficaces d'échapper à cette angoisse. Nous pouvons par exemple pencher pour la stratégie de l'évitement et de l'esquive, comme nous y invite à sa manière Baudelaire, quelque part dans ses Petits Poèmes en prose : « Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut nous enivrer sans trêve. Mais de quoi ? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous. » Les plus sobres d'entre nous essaieront plutôt (ou aussi) de transcender cette angoisse en se fabriquant un bouclier contre la flèche pointue du temps. Ils feront des enfants ou des livres, créeront une œuvre immortelle, laisseront leur nom dans l'histoire, acquerront considération, notoriété et gloire, s'anesthésieront d'occupations multiples, recourront à la chirurgie esthétique, posséderont des choses qui ne s'usent pas (de la pierre ou des pierres). Ainsi croyons-nous oublier, dans l'illusion de durer, de faire face à notre destin de mortel. Mais la mort, en fin de compte, ne se laisse jamais berner. Avec elle, nul biais ne dure et aucun leurre n'aboutit jamais.
L'esprit de clan ou d'équipe fournit une autre voie échappatoire provisoire. Le fait d'appartenir à une communauté, à une Eglise, à une nation donne en effet le sentiment d'être un élément passager d'un grand corps immortel. Le groupe survivant à la mort de chacun de ceux qui le composent, aucun de ses membres ne meurt tout à fait quand il meurt. Les membres sont autant de maillons temporaires pour une chaîne qui n'a pas d'âge. Toute communauté ancienne et stable offre ainsi l'immortalité par délégation, l'éternité à temps partiel en quelque sorte. Les rites, les pratiques, les commémorations, les anniversaires sont autant de tentatives qui vont dans ce sens : elles installent des cycles et des répétitions au sein du temps linéaire et fuyant. Mais de toutes les parades au temps destructeur, l'amour, ou plutôt l'Amour, reste la plus belle, la plus joyeuse et la plus tonique, même si elle n'est peut-être pas moins illusoire que les autres."


Étienne Klein, Le temps
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Narkissos



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MessageSujet: Re: croire en Dieu c'est avoir une espérance ?   Jeu 04 Juin 2015, 18:33

@ lct: pas de problème ! C'est le genre de chose qu'on entend dire (ou qu'éventuellement on lit) et qu'on répète volontiers, parce qu'elle mériterait d'être vraie (une citation d'Aristippe aurait en effet plus de sens ici qu'une citation d'Isaïe) ! ;)

@ free: dans la série des "il faut", je replace (encore !) un de mes préférés: "il faut de tout pour faire un monde -- et pour le défaire !" (Lacenaire-Herrand in Prévert-Carné, Les enfants du paradis). A supposer qu'il "faille" jamais quoi que ce soit, ne "faudrait"-il pas aussi que tout (le reste) soit joué (vécu, ressenti, exprimé) -- en l'espèce, toutes les variétés et toutes les nuances d'espérance et de désespérance, et singulièrement, s'il y en a, celles qui manquent, qui font fau(l)te ou défau(l)t en un (mi-)lieu ou à un moment donné, ou bien parce qu'elles n'y auraient pas encore été jouées, ou parce qu'elles ne le seraient plus depuis si longtemps qu'on les y aurait oubliées ?

C'est peut-être la supériorité du théâtre, tragique ou comique -- et, par là, de la "littérature" -- sur la philosophie, même quand celle-ci se veut théâtrale (comme dans les dialogues de Platon): la diversité des voix, des rôles, des discours, des actions, des opinions, des sentiments, des émotions, n'y est pas réductible à une seule "raison" commune, encore moins à la raison d'un seul qui aurait raison contre les autres, et qui en toute logique aurait aussi bien raison sans eux. Même quand une "conclusion" ou une "morale" paraît imposer en fin de compte une telle "raison", parce qu'elle a le "dernier mot", elle se trouve subvertie par ce qu'elle écarte et qui s'est cependant dit et inscrit comme elle, hors d'elle, sur la même scène ou dans le même livre. La seule nécessité, le seul impératif du théâtre et de la littérature, ce serait: il faut que tout se dise, et que tout se joue -- tout: non pas une totalité absolue et close qu'on (ne) pourrait jamais épuiser, mais autant qu'il s'en pourra et voudra dire et penser à partir d'une situation donnée.

C'est aussi pourquoi une "Bible" qui donne la parole -- pour s'en tenir au thème de ce fil -- aux désespérances (Job, Qohéleth, les Lamentations, certains psaumes) comme aux espérances en tout genre (d'autres psaumes, les Prophètes, l'apocalyptique, Paul et le NT en général -- à l'exception peut-être des textes johanniques qui réussissent à tenir une sorte d'équilibre ironique des deux) sera toujours infiniment plus intéressante que sa réduction à un "catéchisme" ou à un "message" quelconque, monophonique et univoque.
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MessageSujet: Re: croire en Dieu c'est avoir une espérance ?   Aujourd'hui à 16:03

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