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 Qu'est-ce que ce Dieu?

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MessageSujet: Qu'est-ce que ce Dieu?   Ven 12 Juin 2009, 17:40

Bonjour,

Pendant des dizaines d'années j'a cru au Dieu que l'on m'a présenté, d'abord au sein de l'Eglise catholique puis en tant que Témoin de Jéhovah; ce qui a constitué un point commun entre ces 2 religions c'et le Dieu qui y était représenté par toujours de la même façon mais avec les même attributs.

Un Dieu d'amour, de sagesse, de puissance et de justice pour ce qu'il en est de ces principales qualités; puis venaient les explications afin de pouvoir comprendre les raisons de ses actions ou de son inactivité.

Les explications qui étaitent données avaient toujours un air intéressant et semblaient tomber sous le sens; ce qui m'a tenu le plus longtemps loin de mes questionnements actuels, c'est l'idée d'un procès qui prendrait un certain temps et à l'issue duquel Dieu (Jéhovah, YHWH) serait justifié et lavé des fausses accusations portées par son ennemi Satan, oui à la fin des temps tous reconnaîtraient que Dieu est en droit de règner sur tout l'univers.

Les explications qui ont été avancées tout au long de l'histoire, pour justifier le comportement divin, ont toujours fait appel à des raisonnements humains non seulement pour être présentés à l'homme, mais parce qu'ils étaient le fait d'hommes et non de Dieu. C'est souvent en tenant compte des habitudes de l'environnement de l'époque que des hommes ont tentés de valoriser les actions divines, et pourtant il ne m'est pas difficile de constater que bien qu'elles puissent avoir été des sources de réconfort pour l'homme ne comprenant pas toujours Dieu, ces explications, dont certaines ont été empruntées aux philosophes grecs, ne sont rien d'autre que des réflexions, profondes je le reconnais, d'humains mais elles ne sont pas des réponses ou des explications données par Dieu directement.

Sans doute pour certains parmis vous je suis un enfonceur de portes ouvertes, mais je pense que vous comprenez malgré tout l'effet de cette découverte sur ma façon de concevoir Dieu si toutefois il est nécessaire de le concevoir pour croire à son existence.

Bien que j'aie répondu, sans hésitation, lorsque je faisais du porte à porte à la question de savoir pourquoi Dieu a permis le mal jusqu'à nos jours, je suis sur de ne pas avoir donné la bonne réponse; en effet comment ressentir un Dieu d'amour dans la naissance d'enfants qui ne vivront que quelques jours voire quelques mois avant d'être emportés par la maladie quand ils auront de la chance, si ce n'est pas la faim dans le pire des cas. Aucun des plus mauvais tyrans n'a songé à faire mourir de faim un enfant pour l'exécuter, mais un Dieu qui attend d'être justifié à l'issue d'une longue période d'attente en laissant tant de malheurs sur terre me paraît, MAINTENANT, complètement déconnecté de la réalité, hors de toute notion de bonté, mais uniquement occupé à faire valoir ses droits, bref il est trop humain pour être un Dieu.

Bonne soirée
Jean-Pierre
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VANVDA



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MessageSujet: Re: Qu'est-ce que ce Dieu?   Ven 12 Juin 2009, 21:07

Bonsoir Jean-Pierre,

J'apprécie tout particulièrement ta tournure de phrase:

Citation :
je pense que vous comprenez malgré tout l'effet de cette découverte sur ma façon de concevoir Dieu si toutefois il est nécessaire de le concevoir pour croire à son existence.

Avec les deux acceptions du verbe "concevoir", tu tiens là une formule remarquablement ironique! Wink

La "justification" de Dieu, comme thème du religieux, me parait "sacrément" ambiguë. Comment Dieu pourrait-il avoir besoin d'une justification? La seule justification qu'il puisse espérer obtenir, ce serait celle qui lui viendrait de ses créatures, ce qui est tout de même un non-sens, non? On est justifié par en-haut, normalement, pas par en-bas. Sauf dans le cas de la domination humaine, ou le chef a besoin (pour être chef) d'être légitimé dans sa position d'autorité par ceux qui sont sous elle.
Mais si on considère Dieu dans cette optique, Dieu ne deviendrait en fait qu'un "petit chef", comme il y en a dans toutes les entreprises, qui aurait besoin de sous-fifres pour se sentir quelqu'un!

...Aïe! ça pose tout de même quelques problèmes, cette "conception"-là de Dieu!

Mon "problème" avec Dieu est à peu près celui que tu nous décrit-là: humain, trop humain! Quelle que soit notre bonne volonté, nos qualités spirituelles, morales ou intellectuelles, lorsqu'il nous faut parler de l'Autre (celui qui n'est pas nous), nous ne pouvons jamais que projeter du "nous" sur lui: nous le "concevons" mentalement aux deux sens du terme!
Que sont la "justice", la "sagesse", la "puissance" ou "l'amour"? Avant toutes choses ce sont des mots, des concepts, des créations mentales qui essaient de rendre compte de "réalités" qui n'ont pas de "réalité". Nous apposons ensuite ces "créations mentales" sur Dieu, le réduisant par là-même fatalement à notre dimension. Ça n'a de sens que pour nous, et nous n'avons aucun moyen de vérifier le sens "objectif" de ces mots (s'ils devaient en avoir un...)

Ésaïe 44,15-17 dépeint avec ironie l'ineptie de l'idole-de-bois. Mais franchement, l'idole-de-mots a-t-elle vraiment beaucoup plus de sens? En matière de culte, peut-on vraiment échapper à ça: se prosterner devant ce que nous avons conçu?

Pour finir, je citerais une petite discussion que j'ai eu récemment avec une amie, qui sans jamais le dire aurait bien voulu me convaincre de revenir me joindre aux TdJ. Nous avions abordé le thème de la relativité de toutes nos conceptions (y compris celles de Dieu), et du fait qu'elles ne peuvent jamais faire la démonstration de leur "absolutisme". Jusqu'à ce jour, Dieu n'a jamais été décrit que par des humains dans la langue des humains, et quand bien même telle ou telle description nous paraitrait supérieure aux autres, ce ne sera jamais que notre choix à nous, qui ne sommes rien d'autre que des humains.
"Ne t'appuie pas sur ta propre intelligence" "Traitre est le cœur", etc., etc. nous connaissons tout ça, n'est-ce pas? Reste à répondre alors à cette question: avec quoi d'autre que notre intelligence ou notre cœur avons-nous décidé que la vérité était "ici" plutôt que "là"?

Ma jeune amie tenta de me répliquer que c'est justement face à cette limite de l'homme, qu'il faut être conscient qu'on a besoin d'un Guide, qui ne nous abandonne pas à nous-mêmes. Elle utilisa l'idée qu'il nous faut un "mètre-étalon" pour pouvoir mesurer la valeurs de nos choix.
C'est exact, sans aucun doute. Le seul détail qui lui échappait (mais que j'ai eu l'occasion de lui rappeler), c'est que le "mètre-étalon" est une pure invention de l'esprit humain, comme toutes les unités de mesure que nous utilisons; c'est très pratique, mais ça n' ex-iste pas, un "mètre".
...À moins de postuler que ceux qui calculent en inches sont des ignares (voire des apostats)!
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MessageSujet: Re: Qu'est-ce que ce Dieu?   Sam 13 Juin 2009, 19:07

Bonsoir,

Beaucoup d'Israélites pensaient que l'homme ne pouvait et ne devait pas tenter de se représenter Dieu, l'ineffable, celui qui ne peut être inexprimé donc on ne peut le représenter. En agissant ainsi il se peut que l'on rende difficile sa quète de Dieu, mais il me semble plus juste de l'examiner de cette façon.

Bonne soirée.
Jean-Pierre
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MessageSujet: Re: Qu'est-ce que ce Dieu?   Lun 15 Juin 2009, 11:01

Le théologien protestant Dietrich Bonhoeffer, pendu par les Nazis, écrivait dans une lettre de prison datée du 16 juillet 1944 et recueillie après sa mort dans un livre intitulé Résistance et soumission :

« Devant Dieu et avec Dieu, nous vivons sans Dieu. Dieu se laisse déloger du monde et clouer sur la croix. Dieu est impuissant et faible dans le monde, et ainsi seulement il est avec nous et nous aide 8. »
« Seul un Dieu faible peut nous venir en aide », écrit-il encore. Que ce soit Dieu lui-même qui soit crucifié, que ce soit Jésus de Nazareth prophète de Dieu, voilà qui revient au même : l’événement de la croix dit la faiblesse de Dieu et sa solidarité profonde avec tous les crucifiés.

C’est cette même idée que nous retrouvons chez le théologien et pasteur Wilfred Monod lorsqu’il explique, dans une prédication de Vendredi saint intitulée précisément « Dieu vaincu », que Dieu ne saurait être la première cause du mal et de la souffrance, mais qu’il en est, en Jésus, la première victime.

Et Monod, loin de se morfondre de cela, y décèle, comme Bonhoeffer, la possibilité d’une vérité plus précieuse. Dans un texte intitulé « Un athée », Monod écrit ceci :
« C’est toujours le drame du calvaire qui recommence. Eh bien ! ce Dieu vaincu est celui qui parle à mon cœur. Je ne pourrais pas adorer une divinité qui serait responsable de la continuation du monde actuel. On nous objecte : Dieu ne veut pas expressément tout ce mal, il se borne à le permettre. Oui, il le permet expressément et cela revient au même. Alors dira-t-on que s’il ne permet pas, il essaye d’empêcher ? C’est précisément l’hypothèse que je formule. Dieu s’efforce et ne réussit pas toujours. Quel soulagement de le croire ! Diminuée métaphysiquement, la divinité est moralement grandie 9. » Mais il ne s’agit pas, pour Monod, de contester en soi la notion de toute-puissance de Dieu, ce qu’il entend souligner, c’est que « Dieu n’est pas encore totalement manifesté », que pour l’heure, Dieu n’a pas encore réalisé sa toute-puissance, Dieu n’existe pas encore en plénitude, sa puissance est en puissance.

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MessageSujet: Re: Qu'est-ce que ce Dieu?   Lun 15 Juin 2009, 14:29

Bonjour,

Il y a, à mon avis, (au moins) deux grandes façons de comprendre ce thème (paulinien au départ, cf. 1 Corinthiens 1--2) de la "faiblesse" (et aussi de la "folie") de "Dieu".

La première l'intègre comme moyen d'une fin ou comme moment d'une dialectique. C'est vrai aussi bien du modèle eschatologique classique (Dieu se révèle dans la faiblesse et la folie de la croix mais finalement faiblesse et folie se rétablissent en "vraies" puissance et sagesse -- à la parousie, au jugement dernier, à la résurrection...) que de ses réinterprétations sécularisées, "évolutionnistes" ou "progressistes" (ici celle de Wilfred Monod): "Dieu" est "faible" parce qu'il n'est pas encore "puissant", etc. De ce point de vue téléologique faiblesse et folie sont plus de l'ordre du voile que de la révélation. C'est la puissance et la sagesse qui ont le dernier mot, et la faiblesse et la folie sont priées de venir les saluer à la fin -- même si cette fin n'arrive jamais, si elle est encore et toujours à venir.

La seconde (mystique, paradoxale, plus contrapunctique que dialectique) ignore le dépassement de "l'antithèse" dans "la synthèse", la justification du passé et du présent par l'avenir, comme moyens d'un avenir tout autre. Comme Ivan Karamazov elle refuse une rédemption qui ne saurait valoir une seule larme d'enfant. Et pour elle la "faiblesse" et la "folie" ne seront jamais dépassées. Elle s'inscrivent une fois pour toutes, avec et contre la puissance et la sagesse, comme la plainte de Job gravée dans le roc, que même son abjuration finale ne saurait effacer.

Logos d'une part, graphè de l'autre (cf. J. Derrida).
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MessageSujet: Re: Qu'est-ce que ce Dieu?   Lun 15 Juin 2009, 15:16

Merci Didier pour ton analyse,



Ce n’est pas seulement l’idée d’un Dieu qui peut tout et qui fait tout qui s’écroule à Auschwitz ; ce Dieu qui serait le grand Seigneur de l’Univers et qui aurait tout pensé, voulu, organisé. Meurt aussi à Auschwitz l’idée d’un Dieu resté les bras croisés pour nous laisser li-bres. Un Dieu qui aurait de lui-même décidé du haut de sa splendeur de se mettre en retrait pour nous rendre indépendants, autonomes et majeurs. Comment aimer et croire encore en un Dieu qui se contente de permettre un mal qu’il pourrait empêcher ?
Devant ce Dieu de la grande maîtrise, nous pourrions bien vouloir nous associer à Ivan Karamazov dans le roman de Dostoïevski et reprendre, nous aussi, notre billet d’entrée…
« C’est par amour pour l’humanité, dit Ivan, que je ne veux pas de cette harmonie. Je préfère garder mes souffrances non rachetées et mon indignation persistante, même si j’ai tort ! D’ailleurs, on a surfait cette harmonie ; l’entrée coûte trop cher pour nous. En honnête homme, je suis même tenu à le rendre au plus tôt. C’est ce que je fais. Je ne refuse pas d’admettre Dieu, mais très respectueusement je lui rends mon billet 4. »

Mais la révolte, la colère, le refus, ne sont-ils que le dernier bastion de l’espoir ? Dire non, n’est-ce pas toujours aussi faire entendre un oui ? Résister, refuser, condamner, n’est-ce pas toujours pointer la possibilité même chancelante d’un autrement ? Salutaire révolte qui nous pousse à sortir de nous-mêmes, à refuser de nous laisser emmurés dans le silence et prisonniers de la souffrance. Courageuse révolte qui exprime et qui porte en elle l’espoir d’un autrement.

La justice Divine.

Prenons comme exemple la question de la responsabilité collective et de la responsabilité individuelle: dans le Décalogue, Dieu annonce qu'il poursuit les fautes des pères sur plusieurs générations, alors que Dt 24,16 constate : « Les pères ne seront pas mis à mort pour leurs fils et les fils ne seront pas mis à mort pour leurs pères ». Comment expliquer cette contradiction apparente ?

Quelques exemples tirés de la Bible hébraïque. Dieu y punit les enfants pour les fautes des parents, comme l'affirme notamment le Décalogue ; ce même principe est sous-jacent dans les grands récits de destruction, comme la disparition de toute l'humanité (à l'exception de la famille de Noé) lors du déluge ou encore l'anéantissement de toute la population de Sodome et Gomorrhe, à l'exception de Lot et des siens.
Dans ces récits, les enfants sont punis avec la génération jugée coupable ; un scénario comparable se trouve d'ailleurs dans l'extermination de tous les premiers-nés d'Egypte, extermination qui doit pousser Pharaon à laisser partir les Hébreux, alors qu'il n'est nullement dit que tout le peuple égyptien partage l'obstination du Pharaon. Mais même vis-à-vis des siens, Dieu apparaît parfois comme étant foncièrement injuste. Ainsi, immédiatement après sa vocation, Dieu affronte Moïse avec le but de le tuer (Ex 4,24-26). Pourquoi ? Le texte biblique ne nous donne pas d'explication.

Et le fait que le Dieu de toute l'humanité se choisit un seul peuple, qui devient son peuple préféré, pose également à sa manière la question de la justice divine. Selon certains textes bibliques, Dieu accorde au peuple qu'il s'est choisi la possession d'un pays au prix du massacre de la population autochtone. Dieu apparaît ici partial, voire raciste, et c'est justement ce Dieu qui est invoqué aujourd'hui par certains colons israéliens pour légitimer les fantasmes d'un « Grand Israël » et l'expulsion des Palestiniens.

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MessageSujet: Re: Qu'est-ce que ce Dieu?   Mar 16 Juin 2009, 16:26

L'apparition de la mort est un vrai mystère.

Les juidaïsants et les chrétiens s'évertuent à soutenir que la mort est advenue au monde par la faute de l'Homme, c’est-à-dire des premiers parents, en l’occurrence, Adam et Eve.

Cependant, la Genese nous donne apparement une autre vision :


"Le Seigneur Dieu prit l'homme et l'établit dans le Jardin de l'Eden pour le cultiver et le garder. Il lui fit cette recommandation : tu peux manger les fruits de n'importe quel arbre du Jardin, sauf de l'arbre qui donne la connaissance de ce qui est bien ou mal. Le jour où tu en mangeras, tu mourras." (Genèse 2, verset 15 à 17).


La mort et la vie ont-elles été créées conjointement ou simultanément par Dieu ?
Dieu propose en même temps la vie et la mort.
Doit-on en conclure que la mort existait avant la chute d'Adam et donc qu'Adam était mortel ?
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VANVDA



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MessageSujet: Re: Qu'est-ce que ce Dieu?   Mar 16 Juin 2009, 21:21

Discussion toujours passionnante, sur la folie et la faiblesse, même si j'avoue qu'il m'a fallu un peu de bonne volonté pour saisir la nuance entre ce que Didier appelle le moyen de la finalité (finalité qui sera la victoire finale de Dieu) et le moment d'une dialectique. Si je vois bien la différence qui se dessine entre ces deux exégèses-là d'une part et la version mystique d'autre part, les deux premières me paraissent rester, l'une et l'autre, dans l'attente de la Toute-Puissance, qui reste, chez elles, la "vraie" nature de Dieu.

Citation :
L'apparition de la mort est un vrai mystère.

Pour moi, ce serait plutôt l'apparition de la vie qui est un grand mystère... La mort, quant à elle, me semble irrémédiablement liée à celle-ci, et m'apparait comme étant beaucoup plus "naturelle": d'une certaine façon, c'est la victoire (somme toute logique) du "principe entropique", dont on pense qu'il est une des grandes "lois" premières de l'univers.
Du point de vue de la physique, la vie biologique est une sorte d'aberration: la mort se charge simplement de remédier à tout ça!

Maintenant du point de vue doctrinal, j'ai un peu l'impression que les "anciens" voyaient, à leur façon, les choses sous le même angle que moi: le péché adamique (mis à part dans les premiers chapitre de la Genèse, bien sûr) et ses conséquences (la mort) ne sont pas évoqués (je crois ???) dans l'AT. Sauf omission de ma part, les textes anciens associent le péché à une mort violente ou prématurée, mais pas à la "mort tout court", qui est le lot de tous, pécheurs ou justes. Même l'idée du péché héréditaire -"tous pécheurs"- je ne crois pas qu'on l'y trouve.
"Les pécheurs", ça y désigne une catégorie de personnes bien précise, dont Abraham, Jacob, Moïse, etc. ne font pas partie: eux, ce sont des justes, et ils meurent paisiblement, "rassasiés de jours".

Ce sera chez Paul que l'idée du "péché-cause de la mort" sera donnée comme explication. Et encore, en relisant I Cor 15, il me semble que la mort est plus décrite comme la conséquence de la chair que celle d'un péché en particulier (la chair étant toujours plus ou moins corrompue, de par sa nature). Il me semble que c'est surtout dans Rom.5 et6, qu'il est question du péché d'Adam donné comme raison de la mort. Et même là, la solution que Jésus apporte, c'est la libération de la chair: c'est seulement en étant plus un être de chair qu'on obtient la vie.
Mais je donne là mon avis personnel sur ma lecture, qui reste encore très ignorante, vierge (même si elle n'est pucelle qu'elle a été -j'arrive pas à croire que je ponde un jeu de mots aussi pourri pour conclure mon commentaire!).
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Narkissos

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MessageSujet: Re: Qu'est-ce que ce Dieu?   Mar 16 Juin 2009, 23:33

Bonsoir BB,

Entre "moyen d'une fin" et "moment d'une dialectique" je ne mettais qu'une nuance qui est surtout une affaire d'époque (avant et après Hegel, pour schématiser). Avant on a une "histoire du salut" conduite par Dieu jusqu'au jugement dernier; après, des théories progressistes de l'histoire tout court, auxquelles les théologies modernes se raccrochent comme elles peuvent. Mais la structure "logocentrique", ou plutôt "logotropique", reste en effet la même. La vérité était cachée [i]sub specie contraria/i] (ça c'est pour te faire plaisir ;)), à la fin elle apparaît en pleine lumière, et elle est bien sûr puissance et sagesse, elle n'a été que déguisée en faiblesse et en folie jusqu'à la manifestation de sa vraie nature.

On pourrait d'ailleurs nuancer de la même façon "l'autre côté": la mystique du moyen-âge inscrit la coïncidence des opposés dans cet anti-temps qu'est l'éternité divine, le paradoxe kierkegaardien (post- et anti-hegelien) dans l'Individu et dans l'Instant existentiel: à l'intérieur de l'histoire, quelque chose qui la dépasse, comme une transcendance ou une profondeur.

Sur l'autre point je te rejoins tout à fait; en lisant le post de free j'avais envie de répondre que les Anciens (y compris et peut-être surtout l'auteur du récit de l'Eden) n'étaient pas plus bêtes que nous et qu'ils avaient très bien compris que la sexualité, la naissance et la mort font "système". Les récits d'origine ne sont étiologiques que superficiellement. Au fond c'est la réalité (leur point d'aboutissement) qu'ils nous invitent à regarder et à comprendre par le détour du conte. Et ils n'envisagent pas (contrairement aux religions de salut beaucoup plus tard) que cette réalité ait jamais été différente ou qu'elle le soit jamais.
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MessageSujet: Re: Qu'est-ce que ce Dieu?   Mer 17 Juin 2009, 11:33

Puis Yahvé Dieu dit : "Voilà que l'homme est devenu comme l'un de nous, pour connaître le bien et le mal ! Qu'il n'étende pas maintenant la main, ne cueille aussi de l'arbre de vie, n'en mange et vive pour toujours !". Et Yahvé Dieu le renvoya au Jardin d'Eden pour cultiver le sol d'où il avait été tiré. Il bannit l'homme et il posta devant le jardin d'Eden les chérubins et la flamme du glaive fulgurant pour garder le chemin de l'arbre de vie ».


Plus que de tolerer le mal, on a l'impression que Dieu interdit à l'homme la jouissance du bien éternel, de l'éternité.
La mort est le moyen d'éviter que l'homme ne devienne l'égal de Dieu.
La mort de l’Homme l’infériorise par rapport a son Créateur. Elle le distingue de Dieu, seul bénéficiaire de l'immortalité.

Dieu se sent-il troublé par l'audace de l'homme de vouloir être son égal ?

Le Mal ?

L'homme est-il à l'origine du mal ou le mel fait-il parti d'une manière intrensèque de l'homme ?
Quand Dieu (tout puissant) dit de ses créations qu'elles étaient "très bonnes", cela n'implique t-il pas que la Création elle-même contient dés l'origine le Mal ?
Le mal oeuvre de Dieu ?
La création originellene vient-elle pas du chaos que Dieu a sans doute organisé, mais imparfaitement du point de vu de l'homme qui subit ses effets.


L'homme trouve le mal déjà-là, et il le continue.
Du point de vue de l'éternité de Dieu, le Mal ne se conçoit pas autrement qu'à partir de lui.
Dieu aurait pu suppimer la mauvaise création et en établir une bonne en conformité avec sa bonté infinie.
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MessageSujet: Re: Qu'est-ce que ce Dieu?   Mer 17 Juin 2009, 12:48

Bonjour,
Le récit de l'Eden attire pourtant notre attention sur le fait que bien et mal (et plus largement bon et mauvais) sont affaire de connaissance (de science et de conscience à la fois).
Même si nous ne pouvons pas nous passer de ces catégories nous ne sommes pas obligés d'en être dupes au point de les traiter comme des "choses en soi" ou des "problèmes métaphysiques".
Il n'y a pas d'humanité sans construction d'une conscience d'un bien et d'un mal -- ni sans diversité dans cette construction.
L'obsession du bien et du mal, le dualisme moral et/ou métaphysique érigé en clé souveraine, voire unique, de lecture du monde et de l'histoire, n'est que l'une des formes de cette construction parmi beaucoup d'autres: ni la seule ni la meilleure (sauf à ses propres yeux évidemment).
Un phénomène circonscrit dans l'histoire (et la géographie): de Zoroastre (Zarathoustra!) à la "morale laïque" de l'Occident post-chrétien en passant par les formes dominantes du judaïsme et du christianisme.
Elle débouche sur une représentation du monde en noir et blanc qui finit toujours par se nuancer en grisaille.
Triste et sotte réduction de la palette infinie des couleurs de la vie.
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MessageSujet: Re: Qu'est-ce que ce Dieu?   Mer 17 Juin 2009, 14:59

Notons que les Juifs de l’Ancien Testament n’ont pas accordé une grande importance au récit de la chute d’Adam et Ève et à leur éviction du Paradis terrestre. L’explication de l’origine du mal a variée au cours des siècles.

Zacharie 3
1. Il me fit voir Josué, le grand prêtre, qui se tenait devant l'ange de Yahvé, tandis que le Satan était debout à sa droite pour l'accuser.
2. L'ange de Yahvé dit au Satan : Que Yahvé te réprime, Satan; que Yahvé te réprime, lui qui a fait choix de Jérusalem.

Le mal vient de Satan qui est chargé de vérifier la fidélité des croyants.


D’autres textes de la Bible, particulièrement les Prophètes, feront résider le mal à l’intérieur même de l’homme, dans son cœur. C’est là que se forment les bons et les mauvais « desseins ». Les grands prophètes attireront toujours l’attention sur le cœur humain où se joue la fidélité à l’Alliance. C’est pourquoi ils évoquent dans certains textes un « cœur nouveau », fruit de la conversion à Dieu.

Par ailleurs, selon le Psaume 50, le péché entache l’être humain dès sa conception : « Voici, dans la faute j’ai été enfanté et, dans le péché, conçu des ardeurs de ma mère » (verset 7). C’est donc tout au cours de son existence que l’homme est sous l’emprise du péché et du mal.

Pour Jésus, le mal provient de la présence des démons qui affligent les gens de toutes sortes de maladies et d’infirmités. Jésus n’a jamais parlé du péché originel. Il apparaît comme le libérateur des personnes qui le supplient de les délivrer de leurs afflictions.
Un jour ses disciples lui demandent à propos d’un aveugle de naissance : « Rabbi, qui a péché pour qu’il soit né aveugle, lui ou ses parents? » Jésus leur répond : « Ni lui ni ses parents. Mais c’est pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui! » (Jn 9,2-3). L’infirmité ne dépend donc pas d’un péché antérieur, selon Jésus. Et c’est ainsi que par ses paroles et ses actions il implante peu à peu le Royaume de Dieu dès ici-bas. Tout en affirmant que la libération totale du péché et du mal n’adviendra que dans le Royaume des Cieux.

http://www.catechese.viateurs.ca/bible/origine-mal/index.cfm
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