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 Comment se présentait le christianisme au 1er siècle?

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free



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MessageSujet: Re: Comment se présentait le christianisme au 1er siècle?   Mar 26 Jan 2010, 15:05

Ainsi donc, la première séparation de chrétiens d'avec la synagogue est le fait des églises pauliniennes; cela n'est pas le fait d'une décision mais le résulta de l'exclusion. Paul par ses excès de langage sur met les dirigeants des synagogue à dos Act 17 ,1-13 et 18, 4-17.
Le judaïsme aprés 70 se construit surtout autour du pharisianisme qui devient intolérant, taxant d'hérétique toute voix discortante.
" Car déjà les Juifs étaient convenus que quiconque reconnaîtrait Jésus pour le Christ serait exclu de la synagogue." Jn 9, 22


Or la plupart des chrétiens, (hormis peut être) les eglises pauliniennes ne souhaitent pas être exclus,Ils vont essayer de convaincre les juifs des synagogues de les suivre.
Ils tentent de présenter le christianisme comme une forme du judaïsme plus élaboré.
Ainsi l'épitre de Jacques présente un christianisme acceptable par les juifs des synagogues.
cette épitre critique la minorité issue de Paul, séparée de fait des synagogues et les notables riches qui soutiennent Paul et elle defend une conception juive de Dieu rien n'est dit sur l'Esprit, il n'y a pas de christologie.

L'évangile de Matthieu, essaye de rallier les chrétiens des synagogues.
Il instaure une compétition avec les pharisiens, afin d'attirer les juifs et de les détouner des pharisiens. Mat 23.


Dernière édition par free le Mar 26 Jan 2010, 16:24, édité 1 fois
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Hérode

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MessageSujet: Re: Comment se présentait le christianisme au 1er siècle?   Mar 26 Jan 2010, 16:04

Puis-je vous faire remarquer que le premier à mentionner le Livre des Actes est Irénée ?

Il n'y rien dans le récit des débuts du christianisme selon Justin de Samarie qui puisse faire penser qu'il connaissait cet ouvrage.
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MessageSujet: Re: Comment se présentait le christianisme au 1er siècle?   Mer 27 Jan 2010, 16:40

L'accentuation de la rupture entre judaïsme et christianisme se manifeste dans la pratique du culte.

- Le septénaire de la semaine est repris mais le dimanche supplante le sabbat.

- Le baptême remplace la circoncision.

- Le repas eucharistique chrétien reprend des gestes du repas pascal juif mais developpe un sens particulier en celebrant le mémorial de la mort et de la résurrection du Christ.
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Narkissos

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MessageSujet: Re: Comment se présentait le christianisme au 1er siècle?   Jeu 28 Jan 2010, 00:57

En écho au dernier post de free, ces quelques extraits de la Didachè:


VII, 1. Quant au baptême, baptisez ainsi : après avoir proclamé tout ce qui précède, baptisez au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit dans de l'eau vive (courante).
2. - Mais, si tu n'as pas d'eau vive, baptise dans une autre eau; si tu ne peux pas (baptiser) dans l'eau froide, que ce soit dans l'eau chaude. Si tu n'as ni l'une ni l'autre (en quantité suffisante), verse trois fois de l'eau sur la tête au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.
3. - Avant le baptême, que celui qui administre le baptême et celui qui le reçoit se préparent par le jeûne et, si d'autres personnes le peuvent (qu'elles fassent de même); en tous cas tu commanderas à celui qui va être baptisé de jeûner un ou deux jours auparavant.

VIII, 1. - Que vos jeûnes ne soient pas en même temps que ceux des hypocrites : car ils jeûnent le deuxième et le cinquième jour de la semaine; mais vous, jeûnez le quatrième et le jour de la préparation (au sabbat).
2. - Ne priez pas non plus comme les hypocrites, mais comme le Seigneur l'a ordonné dans Son Evangile. Priez ainsi :
3. - Notre Père qui es au Ciel,
que Ton Nom soit sanctifié,
que Ton règne arrive,
que Ta volonté soit faite sur la terre comme au Ciel;
donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien
et remets-nous notre dette comme nous remettons (la leur) à nos débiteurs
et ne nous induis pas dans la tentation,
mais délivre-nous du mal, car à Toi appartiennent la puissance et la gloire pour les siècles.
4. - Priez ainsi trois fois par jour.

IX, 1. - Quant à l'eucharistie, faites ainsi vos actions de grâce. D'abord pour la coupe :
2. - " Nous Te rendons grâce, notre Père,
pour la sainte vigne de David Ton serviteur
que Tu nous a fait connaître par Jésus Ton Enfant.
A Toi la gloire pour les siècles. "
3. - Pour la fraction du pain :
" Nous Te rendons grâces, notre Père,
pour la vie et la connaissance que Tu nous a révélés par Jésus Ton Enfant.
A Toi la gloire pour les siècles.
4. - De même que ce pain rompu était dispersé sur les collines
et que, rassemblé, il est devenu un (seul tout),
qu'ainsi soit rassemblée ton Eglise des extrémités de la terre dans Ton Royaume.
Car à Toi sont la gloire et la puissance
par Jésus-Christ pour les siècles. "
5. - Que personne ne mange ni ne boive de votre eucharistie sinon ceux qui ont été baptisés au nom du Seigneur; car c'est à ce sujet que le Seigneur a dit : Ne donnez pas ce qui est saint aux chiens.

X, 1. - Après vous être rassasiés, rendez grâces ainsi :
" Nous te rendons grâces, Père saint,
pour ton saint Nom
que tu as fait habiter dans nos coeurs
et pour la connaissance et la foi et l'immortalité
que tu nous as révélées par Jésus Ton Enfant.
A Toi la gloire pour les siècles.
2. - C'est Toi, Maître tout puissant, qui a créé toutes choses à cause de Ton Nom,
qui as donné la nourriture et le breuvage aux hommes pour qu'ils en jouissent,
afin qu'ils te rendent grâces.
Mais à nous tu as daigné accorder
une nourriture et un breuvage spirituels
et la vie éternelle par Ton Enfant.
Avant toutes choses nous Te rendons grâces
parce que Tu es puissant;
à Toi la gloire pour les siècles.
3. - Souviens-Toi, Seigneur, de Ton Eglise,
pour la délivrer de tout mal et la rendre parfaite dans Ton amour
et rassemble-la des quatre vents,
elle que tu as sanctifiée,
dans Ton royaume que Tu lui as préparé,
car à Toi sont la puissance et la gloire pour les siècles.
4. - Que la grâce arrive et que ce monde passe !
Hosanna au Fils de David !
Si quelqu'un est saint, qu'il vienne;
s'il ne l'est pas, quil se repente.
Maran atha.
Amen. "
(...)
XIV, 1. - Chaque dimanche, vous étant assemblés, rompez le pain et rendez grâces, après vous être mutuellement confessé vos transgressions, afin que votre sacrifice soit pur.
2. - Mais que quiconque a un dissentiment avec son prochain ne se joigne pas à vous jusqu'à ce qu'ils se soient réconciliés, afin que votre sacrifice ne soit pas profané. Car voici l'(offrande) dont a parlé le Seigneur :
3. - " En tout temps et en tout lieu on me présentera une offrande pure, car je suis un grand roi, dit le Seigneur, et mon Nom est admirable parmi les nations. "


Remarques: non seulement le dimanche (kuriakè, comme dans l'Apocalypse!) mais les jours de jeûne hebdomadaires sont expressément décalés par rapport à la pratique pharisienne.
Le Notre Père se substitue aux prières quotidiennes de la tradition pharisienne (trois fois par jour, cf. déjà Daniel).
L'eucharistie est un repas à part entière, et contrairement à l'interprétation paulinienne elle ne célèbre pas la mort du Christ, mais la révélation qu'il apporte (interprétation sapientiale, comme dans la version originale de Jean 6, le pain du ciel).
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MessageSujet: Re: Comment se présentait le christianisme au 1er siècle?   Jeu 28 Jan 2010, 10:09

free a écrit:
L'accentuation de la rupture entre judaïsme et christianisme se manifeste dans la pratique du culte.

Encore faudrait-il prouver que le christianisme est issu d'un schisme juif plutôt que de la gnose.
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MessageSujet: Re: Comment se présentait le christianisme au 1er siècle?   Jeu 28 Jan 2010, 10:58

Bonjour à tous,

Citation :
Encore faudrait-il prouver que le christianisme est issu d'un schisme juif plutôt que de la gnose.

En quoi ces deux origines s'excluraient-elles? (Tout dépend bien sûr de ce que l'on entend par "gnose"...)
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MessageSujet: Re: Comment se présentait le christianisme au 1er siècle?   Jeu 28 Jan 2010, 12:21

La gnose est une mixture du new-age de l'époque à base d'ésotérismes grec, juif, et égyptien.

Le fait qu'on y trouve des ingrédients juifs n'en fait pas plus du judaïsme que le raelisme ne serait du christianisme au prétexte qu'il utilise les Evangiles dans sa doctrine.
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MessageSujet: Re: Comment se présentait le christianisme au 1er siècle?   Jeu 28 Jan 2010, 13:56

La gnose n'est surtout pas à l'origine une "religion" dotée d'une existence autonome, avec les structures sociales que cela implique: elle n'est pas à mettre sur le même plan, elle ne fait pas nombre avec "le judaïsme", "le christianisme", "le mithriacisme" etc. C'est, si on veut, un "esprit" (un "virus", pourrait-on dire en choisissant une métaphore plus actuelle) qui ne "vit" qu'en affectant différents "corps" (de ce point de vue la comparaison avec le New Age, en tant que mouvance trans-institutionnelle, et non comme "organisation" ou même "réseau" indépendant, est partiellement pertinente). La gnose ne devient autonome et "sectaire" (ou syncrétique, l'un n'empêche d'ailleurs pas l'autre) qu'à partir du moment où elle est rejetée par ces "corps", comme par la grande Eglise au cours du IIe siècle. Dire que le christianisme est issu en majeure partie d'un judaïsme plus ou moins "gnosticisant", avec d'autres influences secondaires (c.-à-d. non juives et/ou non gnostiques) me paraîtrait infiniment plus juste.
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MessageSujet: Re: Comment se présentait le christianisme au 1er siècle?   Ven 29 Jan 2010, 04:06

Je n'ai pas écrit que la gnose était une religion mais une mouvance religieuse.

Elle possède des éléments juifs qui se retrouvent dans le christianisme, de la même manière que la gnose samaritaine a fait de Simon son messie à partir du nom sémite du soleil, shemesh, époux d'une lune au nom grec, Séléné, devenu Hélène.

Et donc la gnose chrétienne a opté pour Achamoth, la sagesse, comme épouse de Dieu et mère du Logos appelé Sauveur (Jésus).

Et ce n'est pas la gnose qui devient autonome, mais une de ses sectes qui le devient en s'en détachant.

Et comme toute secte qui naît d'un mouvement syncrétique a tendance à s'y rediluer en mettant ses concepts à disposition de cette soupe pour la création de nouvelles sectes, l'Eglise a établi des dogmes pour conjurer ce péril, l'un de ces dogmes étant l'antériorité de sa secte sur ce mouvement dont elle est issue.
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MessageSujet: Re: Comment se présentait le christianisme au 1er siècle?   Ven 29 Jan 2010, 14:59

A quoi bon changer de terminologie si tu n'en tires pas les conséquences dans ton raisonnement?

Comment une "secte" pourrait-elle "se détacher" de quelque chose qui n'a pas d'existence autonome ni de structures sociales, qui "n'existe" que dans un sens figuré, comme un "esprit (du temps)", un nouveau mode de lecture et d'interprétation affectant séparément des structures existantes comme le judaïsme, les cultes à mystères d'Egypte, d'Asie Mineure ou d'Orient, etc.?

Tu commets au sujet de "la gnose" le même anachronisme que tu reproches aux autres de commettre au sujet du "christianisme": poser en amont une identité "gnostique" constituée de matériau hétéroclite et postérieur.
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MessageSujet: Re: Comment se présentait le christianisme au 1er siècle?   Sam 30 Jan 2010, 12:39

spermologos a écrit:
Comment une "secte" pourrait-elle "se détacher" de quelque chose qui n'a pas d'existence autonome ni de structures sociales, qui "n'existe" que dans un sens figuré, comme un "esprit (du temps)", un nouveau mode de lecture et d'interprétation affectant séparément des structures existantes comme le judaïsme, les cultes à mystères d'Egypte, d'Asie Mineure ou d'Orient, etc.?
Ou, dit autrement, "comment une secte à doctrine structurée pourrait-elle sortir du new-age ?"

Je parie qu'il y en a sans qu'un exemple me vienne à l'esprit. Je ne sais si l'on on peut ranger le raelisme là-dedans.

Citation :
Tu commets au sujet de "la gnose" le même anachronisme que tu reproches aux autres de commettre au sujet du "christianisme": poser en amont une identité "gnostique" constituée de matériau hétéroclite et postérieur.
La gnose, c'est de la Bible, de l'éleusisme, et du platonisme.

Ces matériaux sont bien antérieurs à Philon et à fortiori aux Evangiles.
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MessageSujet: Re: Comment se présentait le christianisme au 1er siècle?   Dim 31 Jan 2010, 02:53

La trajectoire (l'histoire, le devenir) des idées n'est pas superposable à celle des groupes sociaux (institutions, religions, partis, écoles), quoique bien sûr elles influent l'une sur l'autre. Du point de vue de la première, le raélisme a une préhistoire; du point de vue de la seconde il n'en a pas (à moins de le considérer comme une scission de la corporation journalistique ou de celle des auteurs-interprètes!).
J'ai dit que la comparaison de la gnose en amont du christianisme avec le New Age me semblait partiellement pertinente: elle l'est surtout, en fait, avant que le New Age ne soit identifié et conceptualisé rétrospectivement comme tel (autour notamment de l'idée d'Ere du Verseau, vers 1980).
Bien entendu les idées qui vont se retrouver dans la gnose sont beaucoup plus vieilles, mais aussi plus vieilles qu'elle, car dispersées et organisées autrement (si on peut déjà appeler ça la gnose, je peux faire remonter ma biographie à l'origine du système solaire et même au-delà). Quand je parlais de "matériau hétéroclite et postérieur", je pensais à ton affirmation que la gnose est essentiellement syncrétique: la gnose syncrétique (celle qui met sur le même plan des éléments de traditions différentes, juive, égyptienne, perse ou d'Asie Mineure), est attestée en fait très tard, à une époque où elle doit survivre indépendamment des organisations qui l'ont rejetée (judaïsme, christianisme, cultes à mystère). Un peu comme les panthéons polythéistes qui assignent une place à tous les dieux et expliquent leurs relations sont toujours des synthèses a posteriori de croyances diversifiées selon les lieux et les époques.
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MessageSujet: Re: Comment se présentait le christianisme au 1er siècle?   Dim 31 Jan 2010, 08:08

Mais le Logos de Philon en fils de Dieu se trouve déjà dans Daniel et son Fils d'Homme, lequel vient du Mésitès du mazdéisme perse.

La triade Yavhé - Achamoth - Dieu le Fils se trouve déjà dans les triades égyptiennes.

Il est absurde de croire avec le dogme catholique que la gnose viendrait d'un enseignement des Apôtres dévoyé par des hérétiques.
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MessageSujet: Re: Comment se présentait le christianisme au 1er siècle?   Dim 31 Jan 2010, 16:27

Une fois passé à la moulinette transhistorique et transculturelle, tout est dans tout, en effet.
Cela dit je suis d'accord avec la conclusion même si le raisonnement ne vaut pas cher: la gnose rejetée par l'Eglise au IIe siècle n'est ni une perversion du christianisme originel, ni une influence secondaire de l'extérieur, mais bel et bien l'héritière d'une des composantes du (proto-)christianisme primitif.
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MessageSujet: Re: Comment se présentait le christianisme au 1er siècle?   Lun 01 Fév 2010, 08:58

Non, car il existe des gnoses non-chrétiennes comme la gnose simonienne.

Donc la chronologie est :

éleusisme et autres > gnose > gnoses chrétienne et simonnienne

gnose chrétienne > Grande Eglise
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MessageSujet: Re: Comment se présentait le christianisme au 1er siècle?   Lun 01 Fév 2010, 13:09

Pourquoi le livre des Actes (histoire officielle des débuts du christianisme) atténue-t-il le rôle et l'autorité de Jacques, pour faire la part belle à Pierre mais surtout au super-héros Paul ?

Luc est vraisemblablement un fervent supporter de paul et de sa christologie.
On a déjà abordé cette question je crois, mais le Jacques chef de l'Eglise de Jérusalem est-il le frère de Jésus ?

Luc ne peut gommer totalement l'importance de Jacques (Actes12,17 et 15,13) mais il marginalise systématiquement la famille de JC.
Quant Marc 6,3 cite les frères de JC ("le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon?"), Luc ne les nomme pas (23,49).
Quand une femme dit " Heureux le sein qui vous a porté, et les mamelles que vous avez sucées! ", Luc s'empresse de faire dire à JC "Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent!"

On a le sentimment que Luc veut placer Paul au dessus de ces rivaux (Jacques, Pierre).
La Galilée, la famille de JC représente la passé "Juif" de JC, Luc s'évertue a effacer cette origine.

Actes 1,13-14
"Et quand ils furent entrés, ils montèrent à la chambre haute où ils se tenaient: Pierre et Jean, Jacques et André, Philippe et Thomas, Barthélemy et Matthieu, Jacques (fils) d'Alphée, et Simon le Zélote, et Jude (frère) de Jacques.
Tous ceux-là, d'un même coeur, persévéraient dans la prière avec des femmes et Marie, la mère de Jésus, et avec ses frères."

Les frères de JC sont marginalisés, Luc donne l'impression qu'aucun frère de JC ne fait parti des "dirigeants", alors que l'on retrouve les prénoms des frères de JC.
Jacques incarne-t-il un christianisme judaïsant opposé à l'évangile de Paul (ce qui explique les efforts de Luc) ?
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MessageSujet: Re: Comment se présentait le christianisme au 1er siècle?   Lun 01 Fév 2010, 14:13

A toutes fins utiles, j'exhume un extrait d'article de 2003, ce qui me permet aussi de mesurer le chemin parcouru depuis... (il y a le texte d'abord, les notes après, et les appels de note ont disparu avec le collage, mais ça reste quand même à peu près lisible):

... avec Céphas et Jean , Jacques est l’une des « colonnes » de la communauté qui, toujours selon Paul, approuvent sa mission tout en s’en distinguant (Ga 2,9 ) et en le rappelant au souci des « pauvres » (v. 10 ). Plus tard cependant, à Antioche, ce sont des émissaires de Jacques qui incitent Céphas, Barnabé et d’autres « Juifs » à rompre la commensalité avec les non-Juifs (Ga 2,12ss). Selon une tradition antérieure à Paul, Jacques passe pour l’un des premiers bénéficiaires des apparitions de Jésus ressuscité (1Co 15,7 ).
Les Actes des Apôtres, dont les prétentions « historiques » sont à considérer avec prudence , évoquent une exécution de « Jacques frère de Jean » par Hérode Agrippa Ier (41-44 ; Ac 12,2 ; cf. 1,13) juste avant d’introduire, sans le présenter, « Jacques » (tout court) comme le chef incontesté de la communauté de Jérusalem (Ac 12,17). Celui-ci préside les débats sur la mission de Paul auprès des non-Juifs (Ac 15,13ss) et formule le « décret » exonérant ces derniers de la circoncision mais leur imposant un respect minimal de la Torah (v. 20) – ce dont on ne trouve pas la moindre trace chez Paul . Jacques dirige encore le groupe des « anciens » qui accueille Paul lors de sa dernière visite à Jérusalem et lui conseille de se soumettre à une observance rituelle au temple (Ac 21,18ss), ce qui vaudra à Paul d’être arrêté. Malgré leur a priori unificateur, les Actes concèdent donc que Jacques et les siens restent attachés à l’accomplissement de la loi rituelle, au service du temple et à la circoncision, ce qui exclut de fait une pleine communion avec les Eglises de la mission paulinienne.
Flavius Josèphe rapporte l’exécution de Jacques (en 62 ou peut-être 66) comme une injustice scandaleuse aux yeux de nombreux Juifs, et sans doute en particulier du courant pharisien qui a toute la sympathie de l’auteur . Un récit différent de la mort de Jacques est fourni au IIe siècle par le chrétien Hégésippe , dans des termes qui rappellent l’exécution d’Etienne dans les Actes (7—8.1) ; la description de Jacques par Hégésippe (prêtre extraordinaire et nazir perpétuel comme Samuel) le rapprochent de la figure de Jean-Baptiste telle qu’elle apparaît chez Luc (1—2), et invitent à une comparaison avec l’essénisme attesté à Qoumrân.
D’autres textes attestent que Jacques reste longtemps une référence dans des milieux très divers, même si cette référence tend à se vider de son contenu. Le « Judas » auteur présumé de l’épître dite de Jude (v. 1), une charge violente contre le gnosticisme, se présente comme « frère de Jacques ». Hors du canon, l’Evangile selon Thomas, habituellement qualifié de gnostique ou prégnostique, assigne à Jacques une place d’honneur .
Dernier épisode inattendu : en 2002, la découverte d’un ossuaire du Ier siècle portant l’inscription en araméen « Jacques, fils de Joseph, frère de Jésus » replace ce personnage sous les feux de l’actualité, même si elle ne nous éclaire en rien sur sa biographie .
En tout état de cause, une certitude historique se dégage : Jacques est un personnage de tout premier plan à Jérusalem dans la période qui précède la destruction du temple par Titus (70). Tout porte à croire qu’il est – et non « Pierre » – l’héritier majeur du mouvement de Jésus, qui n’apparaît pas alors comme une nouvelle religion mais comme partie intégrante d’un judaïsme palestinien alors très largement pluraliste et réuni, jusque dans ses conflits les plus âpres, autour du centre symbolique que constituent le temple et son rituel . En d’autres termes, ce qui distingue le mouvement de Jacques des autres courants du judaïsme palestinien (pharisien ou essénien, voire zélote) semble beaucoup moins déterminant, du point de vue de l’identité religieuse, que ce qui le sépare des tendances plus ou moins antiritualistes du judaïsme hellénistique de la diaspora et a fortiori de Paul qui, en rassemblant Juifs et non-Juifs dans une communauté définie par sa seule foi, engage une rupture irréversible avec l’identité juive et ses repères .

1) l’un des Douze, fils de Zébédée et frère de Jean (Mc 1,19//) ; 2) l’un des Douze, fils (ou frère) d’Alphée (Mc 3,18//) ; 3) l’un des frères de Jésus (Mc 6,3//) ; 4) le père (ou le frère) de l’un des Douze, nommé Judas ou Jude (selon Lc 6,16 ; Ac 1,13) ; 5 ?) Jacques le Mineur (Mc 15,40//), qui a été identifié tour à tour aux trois premiers.
Céphas sera identifié à Pierre en Jn 1,42, à la faveur d’une étymologie approximative, mais une lecture autonome de Galates tendrait plutôt à l’en distinguer : Paul ne mentionne Pierre qu’en Ga 2,7s sans que rien identifie formellement ce dernier au Céphas des v. suivants (v. 9.11.14 ; cf. 1,18 ; 1Co 1,12 ; 3,22 ; 9,5 ; 15,5). En tout cas le Céphas contemporain de Paul et de Jacques ne fournit qu’une partie des traditions qui constitueront finalement la figure de Pierre – laquelle reste assez peu consistante dans le N.T. (cf. Bart D. Ehrman, Cephas and Peter, in Journal of Biblical Literature 109/3 [1990] p. 463-74).
La phrase est (peut-être délibérément) ambiguë : ou bien il faut lire « je n'ai vu aucun autre des apôtres, sinon Jacques » ( Jacques est un « apôtre »), ou bien « je n'ai vu aucun autre des apôtres, mais seulement Jacques » ( Jacques n’est pas un « apôtre »).
Une fois adoptée l’équivalence traditionnelle Céphas = Pierre, le trio Pierre-Jacques-Jean qui forme le premier cercle des disciples dans les synoptiques (Mc 5,37// ; 9,2// ; 14,33// ; cf. 1,16.19.29// ; 3,16s// ; 10,35// ; 13,3//) correspond de façon assez troublante aux trois « colonnes » de Ga 2,9 pour qu’on se demande si les évangiles n’ont pas « multiplié les Jacques » sous la pression de traditions concurrentes : les unes qui situaient Jacques au premier plan des disciples, les autres qui l’en excluaient (Mc 3,31ss// ; Jn 7,5 ; à mi-chemin peut-être, les réprobations de Mc 10,35ss// ; Lc 9,54s).
Paul a pu être tenté de faire passer pour une approbation ce qui n’était, de la part de Jacques, qu’une neutralité (ou une indifférence) modérément bienveillante. Ce qui est sûr, c’est que Jacques ne se sent aucunement concerné par une mission auprès des non-Juifs ; s’il ne veut pas imposer à ces derniers la circoncision (v. 3,6), c’est probablement parce qu’il n’envisage pas un instant leur agrégation à Israël.
Même si le terme « pauvres » est en partie spiritualisé comme autodésignation de la communauté de Jacques (on trouve un emploi similaire du terme à Qoumrân et jusque dans le nom des « ébionites », l’un des mouvements « judéo-chrétiens » attestés par la suite – ’ébyôn en hébreu signifie « pauvre ») il n’en conserve pas moins son sens économique et social : le mouvement de Jacques est entre autres l’héritier (en partie sédentarisé) du « radicalisme itinérant » attesté par les évangiles, pour qui « vendre tous ses biens » n’est pas une figure de rhétorique. Paul répondra à cette injonction par la fameuse « collecte » organisée dans les communautés pagano-chrétiennes au profit des « saints » de Jérusalem (1Co 16 ; 2Co 8—9 ; Rm 15,25ss), une opération stratégique qui vise à s’assurer pour sa mission une neutralité bienveillante de la part de ces derniers, sans remettre en cause le statut socio-économique des donateurs.
Rien n’indique à ce stade, contrairement à ce que suggère Ac 15,24, qu’ils aient outrepassé leur mandat.
Après Céphas, les « Douze » et les « cinq cents frères », mais avant « tous les apôtres » (comme pour les listes divergentes des Douze, le catalogue des apparitions s’efforce certainement de concilier, par un ordre chronologique, des traditions concurrentes qui recouvrent des enjeux de pouvoir). Rien dans cette anecdote que Paul tient de la tradition (v. 3) ne suggère une « conversion » de Jacques au moment de l’apparition. De 1Co 9,5 on peut déduire en outre que, comme Céphas, Jacques a une compagne (l’union se doublant ou non d’un sens symbolique). L’absence de Jacques en 1Co 1,12 ; 3,22 porte à croire qu’il n’y a pas de « parti de Jacques » à Corinthe, à moins que le « parti de Christ » ne soit précisément celui que Jacques représente à Jérusalem (cf. la réserve de Paul à l’égard de « l’héritage » de Jésus en 2Co 5,16, qui rappelle la remarque aigre-douce sur l’autorité naturelle des « colonnes » en Ga 2,6).
Nettement plus tardifs, ils poursuivent naturellement l’harmonisation des données historiques dans la ligne des synoptiques et tout spécialement de Luc, pour faire apparaître l’Eglise universelle comme un prolongement providentiel et globalement harmonieux de l’œuvre de Jésus par un tronc unique (l’Eglise de Jérusalem à la Pentecôte). Ils tendent de ce fait à minimiser les conflits internes de tout ce qui relève selon eux du « christianisme » (notamment Jacques et Paul) et à reporter les principaux antagonismes sur une ligne de démarcation anachronique entre « juifs » et « chrétiens ».
Une communauté insolite par rapport au « christianisme » des Actes : elle comprend des « prêtres » (6,7) et des « pharisiens » (15,5), et tous ses membres sont « zélés pour la loi » au sens rituel du terme (21,20).
Sur un point au moins les consignes de Paul divergent de ce décret: le décret exclut la consommation d’« idolothytes » ou « viandes sacrifiées aux idoles » (Ac 15,29 ; 21,25 ; cf. la position semblable de l’Apocalypse, 2,14.20, laquelle porte par ailleurs les traits d’un judéo-christianisme farouchement antiromain qui pourrait refléter partiellement la position de Jacques), alors que Paul l’admet en principe, recommandant seulement l’abstention en cas de problèmes internes à une communauté chrétienne rassemblant Juifs et non-Juifs (1Co 8 ; 10).
Antiquités judaïques, XX, § 200 : « [Le grand prêtre sadducéen Ananos (ou Anne)] convoqua un sanhédrin (= conseil) de juges et fit comparaître le frère de Jésus appelé Christos, qui avait pour nom Jacques, ainsi que quelques autres. Il les accusait d’avoir transgressé les lois, et les livra pour être lapidés. » Cette sentence, dont le motif demeure fort imprécis (la formulation de Josèphe n’implique ni n’exclut un crime religieux), provoquera une vague de protestation qui aboutira à la destitution d’Ananos (§ 201-203). A noter qu’au prix d’un anachronisme les Actes appellent Anne le grand prêtre persécuteur des apôtres (4,6) et le font également passer pour sadducéen (4,1 ; 5,17 ; cf. Etienne Nodet, Procès de Jacques, procès de Jésus, in Le judaïsme à l’aube de l’ère chrétienne – XVIIIe congrès de l’ACFEB, sous dir. Philippe Abadie et Jean-Pierre Lémonon, Lectio Divina 186, Cerf, 2001). Ajoutons que pour Josèphe c’est l’exécution de Jacques (et non celle de Jésus, comme dans les évangiles synoptiques) qui scelle le sort de Jérusalem. Une idée que l’on retrouvera, sous une autre forme, chez le chrétien Eusèbe de Césarée (Histoire ecclésiastique, III, vii, 7-9) : la présence de Jacques est un rempart contre la destruction de Jérusalem. Cf. James S. McLaren, Ananus, James and Earliest Christianity. Josephus’ Account of the Death of James, in The Journal of Theological Studies 52/1 (2001), p. 1-25.
Récit rapporté par Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique 2,23 : « Jacques, le frère du Seigneur, reçut l’administration de l’Eglise avec les apôtres. Depuis les temps du Christ jusqu’à nous, il a été surnommé le juste... Il fut sanctifié dès le sein de sa mère : il ne buvait ni vin ni boisson enivrante, ne mangeait rien qui ait eu vie ; le rasoir n’avait jamais passé sur sa tête ; il ne se faisait jamais oindre et s’abstenait des bains. A lui seul il était permis d’entrer dans le sanctuaire ; car ses habits n’étaient pas de laine, mais de lin. Il entrait seul dans le temple et on l’y trouvait à genoux demandant pardon pour le peuple. (...) Son éminente justice le faisait appeler le Juste et Oblias, c’est-à-dire en grec signifie rempart du peuple et justice, selon que les prophètes le montrent à son sujet. (...) Ils allèrent donc trouver Jacques et l’abordèrent en ces termes : “Nous t’en prions, retiens le peuple ; car il se fourvoie sur Jésus en pensant que c’est le Christ. (...) Tiens-toi donc sur le faîte du temple ; tu seras en vue de tous et tes paroles seront entendues de tout le peuple.” Car, à cause de la pâque, toutes les tribus et même les gentils se rassemblent.
Les susdits scribes et les pharisiens placèrent donc Jacques sur le pinacle du temple et ils lui crièrent ces paroles : “Juste que tous nous devons croire, puisque le peuple s’abuse à la suite de Jésus le crucifié, dis-nous quelle est la porte de Jésus.” Il répondit d’une voix forte : “Pourquoi m’interrogez-vous sur le Fils de l’Homme ? Il est assis au ciel, à la droite de la grande puissance et il doit venir sur les nuées du ciel.” (...) Ils se mirent à crier : “Oh, oh, même le juste s’est égaré”... Ils montèrent donc et précipitèrent le juste. (...) Et ils commencèrent à le lapider ; car il n’était pas mort de sa chute. Mais celui-ci se retourna, se mit à genoux et dit: “Ô Seigneur, Dieu et Père, je t’en prie, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font.” (...) Alors un foulon qui se trouvait parmi eux prit le bâton avec lequel il foulait les étoffes et frappa le juste à la tête. (...) On l’ensevelit sur place près du temple, où l’on voit encore aujourd’hui s’élever son monument. »
Logion 12 : « Les disciples dirent à Jésus: “Nous savons que tu nous quitteras. Qui deviendra le plus grand parmi nous?” Jésus leur dit: “Où que vous soyez allés, vous irez vers Jacques, pour qui ont été faits le ciel et la terre.” »
Biblical Archaeology Review, novembre-décembre 2002. Certains spécialistes (p. ex. Rochelle I. Altman, sur le site www.jewsweek.com) contestent cependant l’authenticité de la dernière partie de l’inscription, « frère de Jésus » (qui strictement pourrait s’appliquer à « Joseph » autant qu’à « Jacques »), ce qui fragiliserait considérablement une identification de toute façon incertaine.
Plutôt que de judéo-christianisme, il vaudrait donc mieux parler d’un judaïsme chrétien ou plus exactement « nazôréen » (cf. E. Nodet, James, the Brother of Jesus, was never a Christian, in Le judéo-christianisme dans tous ses états – Actes du colloque de Jérusalem, 6-10 juillet 1998 [Paris, Cerf, 2001, p. 75-85]. L’auteur montre que le titre christiani, de formation latine, s’applique d’abord au « pagano-christianisme » [cf. Ac 11,26]). Si le judaïsme nazôréen se réclame de Jésus comme prophète, rien n’indique qu’il lui assigne le statut de « messie » et encore moins une quelconque divinité. Il faut d’ailleurs probablement se garder de reporter trop mécaniquement sur Jésus tout ce qu’on sait de Jacques : Jésus et Jacques sont deux figures d’un même mouvement « nazôréen » (Ac 24,5), ce qui ne fait pas de celui-ci le disciple de celui-là ni n’affirme une exacte correspondance de vues entre les deux. La « succession » de l’un à l’autre peut comporter une part de continuité et une part de différence (comme entre Jean-Baptiste et Jésus). Les traits sacerdotaux du Jacques d’Hégésippe suggèrent aussi une certaine parenté avec l’essénisme attesté à Qoumrân.
Tendances qui transparaissent diversement dans le violent discours anti-temple d’Etienne en Ac 7, dans la spéculation de type platonicien qui marque l’épître aux Hébreux, et dans maints passages des Evangiles qui attaquent la notion même de pureté rituelle (typiquement Mc 7,19 ; cf. aussi la vision attribuée à Pierre en Ac 10,9ss).
On peut évidemment se risquer plus avant sur la voie de la reconstruction : la figure emblématique de ce type d’entreprise est R. Eisenman, qui fait de Jacques le représentant de l’essénisme attesté à Qoumrân. Eisenman ne craint pas d’identifier Jacques au (dernier ?) Maître de Justice et Paul à son principal adversaire.
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MessageSujet: Re: Comment se présentait le christianisme au 1er siècle?   Lun 01 Fév 2010, 14:28

Merci pour ce super article
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MessageSujet: Re: Comment se présentait le christianisme au 1er siècle?   Lun 01 Fév 2010, 16:06

Le Jacques dont parle Josèphe n'a aucun rapport avec le christianisme.
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MessageSujet: Re: Comment se présentait le christianisme au 1er siècle?   Lun 01 Fév 2010, 17:16

Ce que je dirais (aujourd'hui!) c'est qu'il a un rapport passif et différé au christianisme, dans la mesure où celui-ci a tenté, de façon rétrospective et contradictoire, de le "récupérer". Comme il l'a fait, différemment, pour "Jean-Baptiste".
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MessageSujet: Re: Comment se présentait le christianisme au 1er siècle?   Lun 01 Fév 2010, 19:47

Tu n'as pas compris : le Jacques de Josèphe est un prêtre juif qui n'a jamais entendu parler de Jézucri et compagnie.
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MessageSujet: Re: Comment se présentait le christianisme au 1er siècle?   Lun 01 Fév 2010, 20:43

Re-tu-toi? Soit...
J'avais fort bien compris ce que tu disais mais je me suis permis de dire autre chose. J'espère que tu n'y verras pas d'inconvénient.
Rappel: l'extrait que j'ai posté ce matin (parce qu'il me semblait contenir bon nombre de références intéressantes pour la question de free) ne correspond pas à ce que j'écrirais aujourd'hui. Entre autres choses, je ne suggérerais certainement plus que Jacques le Juste est l'héritier d'un "mouvement de Jésus", car je n'en suis plus convaincu. Toutefois ça reste une possibilité, au même titre que celle qu'il n'ait jamais entendu parler de Jésus. En revanche j'estime toujours hautement probable que ce soit bien ce personnage que le NT essaie diversement de rapporter au christianisme.
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MessageSujet: Re: Comment se présentait le christianisme au 1er siècle?   Lun 01 Fév 2010, 21:12

Les altérations de Josèphe sont postérieures à Origène.

Donc les auteurs du NT se moquaient bien de faire concorder Josèphe et leur littérature.
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MessageSujet: Re: Comment se présentait le christianisme au 1er siècle?   Lun 01 Fév 2010, 23:37

Allons bon...
Quelles altérations?
"Frère de Jésus qu'on appelle Christ", je veux bien... mais le reste d'AJ XX? Ne me dis pas maintenant que tout le passage sur Jacques est une interpolation chrétienne, sans ça il va être difficile d'expliquer que "le Jacques de Josèphe est un prêtre juif qui n'a jamais entendu parler de Jézucri et compagnie" (le même, 1 h plus tôt).
Evidemment, la valse de(s) Jacques dans les écrits chrétiens, canoniques ou non, ne s'explique pas par un souci de concordance avec Josèphe! Si ce personnage est tiré dans tous les sens par les textes chrétiens, c'est parce que c'est une figure importante, ou comme autorité de référence, ou comme adversaire-repoussoir, aux yeux de plusieurs composantes de la nébuleuse "chrétienne" en voie de constitution...
Maintenant si tu veux plaider qu'il y a eu deux "Jacques historiques", celui de Josèphe et un autre, que tant l'épître aux Galates que les Actes situent également à Jérusalem et présentent (très différemment) comme un personnage clé du judaïsme identitaire à une époque où il n'y a pas encore de christianisme à proprement parler, bon courage... et attention au rasoir d'Occam (qu'on ne présente plus)!
Et pendant qu'on y est: Jean-Baptiste, autre personnage qui semble embarrasser singulièrement les auteurs chrétiens, également chez Josèphe (AJ XVIII), on en fait quoi?
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MessageSujet: Re: Comment se présentait le christianisme au 1er siècle?   Mar 02 Fév 2010, 11:35

Peut-on tirer une conclusion du fait que l'épitre de Jacques reprend les idées développées dans les évangiles synoptiques qui puiseraient leurs origines dans la fameuse source Q ?

Et lui, levant les yeux sur ses disciples, disait: " Heureux, vous qui êtes pauvres, car le royaume de Dieu est à vous!
Luc 6,20
Ecoutez, mes frères bien-aimés: Dieu n'a-t-il pas choisi ceux qui sont pauvres aux yeux du monde, pour être riches dans la foi et héritiers du royaume qu'Il a promis à ceux qui l'aiment?
Jac 2,5

Celui donc qui aura violé un de ces moindres commandements, et appris aux hommes à faire de même, sera tenu pour le moindre dans le royaume des cieux; mais celui qui les aura pratiqués et enseignés, sera tenu pour grand dans le royaume des cieux.
Mat 5,19
Car quiconque aura observé toute la loi, s'il vient à faillir en un seul point, est coupable de tous.
Jac 2,10

Ce n'est pas celui qui m'aura dit: " Seigneur, Seigneur! " qui entrera dans le royaume des cieux, mais celui qui aura fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux.
Mat 7,21
Mais efforcez-vous de la mettre en pratique, et ne vous contentez pas de l'écouter, en vous abusant vous-mêmes par de faux raisonnements.
Jac 1,22

Mat 7,11/Jac 1,17 - Luc 6,24/Jac 5,1 - Mat 5,34-37/Jac 5,12 -
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