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 Comment se présentait le christianisme au 1er siècle?

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Narkissos

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MessageSujet: Re: Comment se présentait le christianisme au 1er siècle?   Mar 02 Fév 2010, 11:59

Autre extrait du même article (sous les mêmes réserves):

***

Mais l’auteur est aussi un familier des traditions, sans doute en partie écrites, du christianisme primitif, notamment celles qui fournissent la matière des Evangiles synoptiques : on a souvent noté la proximité thématique et formelle entre Jc et l’enseignement de Jésus dans Matthieu, en particulier le Sermon sur la montagne . En puisant aux mêmes sources sans prétendre qu’il s’agisse de paroles de Jésus, Jc suggère que cet enseignement, qui présente de nombreux points communs avec la tradition sapientiale du judaïsme, n’est pas le bien d’un seul individu et que sa vérité ne réside pas dans l’identité de celui qui la profère .

Particulièrement caractéristiques sont à cet égard les mises en garde contre le jugement (Jc 4,11 ; Mt 7,1) et les serments (Jc 5,12 ; Mt 5,34ss) : il ne faut pas en déduire que Jc connaisse Mt tel que nous le connaissons, puisqu’il se distingue nettement des orientations de l’Evangile proprement dit (notamment son antijudaïsme virulent), mais il semble s’abreuver aux mêmes sources – à la fois au fonds propre de Mt et à la version matthéenne du fonds commun à Mt et Lc (« Q » selon la théorie des deux sources). Que l’école du « Jacques historique » soit à l’origine d’une partie de ces sources, comme le suggère Painter (p. 263), est au moins probable.
L’absence de toute référence aux récits concernant Jésus, et en particulier à sa mort est notable par rapport aux autres textes du Nouveau Testament.

**

(En relisant ça à distance, j'ai un sentiment mitigé. Autant le "Jacques historique" me paraît n'avoir aucun rapport avec les traditions galiléennes, autant son lien avec la modeste, mais réelle composante "qoumranienne" du pré-christianisme me paraît plausible).
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MessageSujet: Re: Comment se présentait le christianisme au 1er siècle?   Mar 02 Fév 2010, 12:27

L'ossuaire inscrit

Une inscription en écriture judéo-araméenne de vingt lettres a été incisée sur l'une des deux longues parois extérieures.
On lit : Ya‘aqob bar Yoseph akhouy diYeshou‘a, soit « Jacob/Jacques fils de Joseph, frère de Jésus ».

On note seulement que, vers le milieu, le aleph de akhouy présente une forme cursive attestée dans la cursive du milieu du Ier siècle. De plus, le trait supérieur du dalet descend légèrement vers la droite, là aussi forme attestée dans la cursive du Ier siècle. Enfin, le yod suivant ce dalet est un peu plus long que les trois autres yods (dans Ya‘aqob, Yoseph et akhouy) et légèrement incliné en descendant vers la droite, variante connue dans l'écriture du Ier siècle.

On le situe généralement entre environ 20 avant notre ère et 70 après notre ère. Cependant les fouilleurs de Jéricho ont proposé de retarder quelque peu le début de cette pratique en le situant en 10 de notre ère. Deuxièmement, la paléographie de cette inscription correspond à cette période des deux premiers tiers du Ier siècle, la forme cursive du aleph, dalet et yod pouvant constituer un indice en faveur d'une datation plus proche de 70 que du tout début de notre ère. Il est cependant difficile d'être affirmatif sur ce dernier point et préférable de garder une datation approximative dans le premier siècle, avant 70.


La rareté d'une telle mention sur un ossuaire et la signification d'une telle formule comparées au fait que ce type d'appellation en référence au frère est bien attesté pour le Jacques de la tradition littéraire, aussi bien par le Nouveau Testament que par Flavius Josèphe, rendent très probable l'identification des homonymes mentionnés, d'une part, sur cet ossuaire et d'autre part, dans la tradition littéraire.

Ainsi, outre la coïncidence du même nom, du même patronyme et d'un frère portant le même nom, c'est surtout la rareté de la désignation de quelqu'un comme étant « le frère de » son frère, de telle sorte que cela devienne une sorte de surnom, qui rend la coïncidence difficilement fortuite et l'identification très probable.
Dès lors, si le « Jacques fils de Joseph frère de Jésus » est très probablement celui qui est mentionné dans le Nouveau Testament et dans Flavius Josèphe, cela signifie que l'inscription de l'ossuaire a très probablement été gravée environ un an après la mort de Jacques, soit vers 63, et que nous avons très probablement ici la première attestation épigraphique de Jésus de Nazaret.

Implications pour la recherche historique

La presse a parfois présenté cette inscription comme la « preuve » de l'existence de Jésus. Cette interprétation n'est pas exacte car l'identification est un problème de probabilité et surtout, parce que l'historicité de Jésus ne fait pas de doute pour un historien sérieux qui peut s'appuyer sur la tradition littéraire convergente du Nouveau Testament, de Flavius Josèphe et d'auteurs classiques du IIe siècle. Il reste que c'est autre chose de connaître quelqu'un par le biais d'une tradition littéraire et autre chose de voir son nom gravé dans la pierre une trentaine d'années après sa mort.
Cependant l'intérêt de cette inscription pour la recherche historique semble ailleurs : D'une part, cette inscription remet au premier plan des origines chrétiennes le rôle joué par la famille de Jésus et particulièrement de Jacques à la tête de la première communauté judéo-chrétienne de Jérusalem. La mise en valeur de Jacques à la tête des chrétiens d'origine juive – et continuant à observer les prescriptions juives – souligne l'enracinement du mouvement chrétien dans le judaïsme du Ier siècle, plus spécialement dans celui d'avant 70. Ensuite, par là même, est soulignée la diversité du judaïsme d'avant 70, judaïsme traversé par divers courants comme le rapporte Flavius Josèphe et comme le confirme l'étude des manuscrits de Qoumrân depuis un demi-siècle. Pour Flavius Josèphe, « le frère de Jésus qu'on appelle Christ, un nommé Jacques », se situait à l'intérieur du judaïsme de son époque. En fait, aussi bien les Actes des Apôtres que Flavius Josèphe présentent la mouvance chrétienne comme proche du mouvement pharisien (actes V, 33ss ; 15, 5 ; 23, 6-7) mais persécuté par les grands prêtres de tendance sadducéenne. Enfin, cette inscription araméenne constitue très probablement le premier exemple concret de l'emploi de l'araméen dans la toute première communauté chrétienne. Même s'il est clair que Jésus parlait araméen, le Nouveau Testament nous a été transmis en grec. Cette inscription invite donc à réétudier le substrat araméen du Nouveau Testament et particulièrement des Évangiles.

http://www.clio.fr/bibliotheque/L_ossuaire_de_Jacques_frere_de_Jesus.asp
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MessageSujet: Re: Comment se présentait le christianisme au 1er siècle?   Mar 02 Fév 2010, 12:59

Non mais vous êtes incroyables ! Vous gobez n'importe quel faux dès qu'il va dans le sens de l'histoire officielle de l'Eglise. Il ne manque plus que le "suaire" de Turin.

1 - L'épître de Jacques est purement juive, avec quelques mentions de JC ici et là pour la christianiser.

2 - La mention "fère de Jésus" sur l'ossuaire est un faux destiné à donner plus de valeur à un ossuaire ordinaire. Il est notoire que l'identité d'un Hébreu, tant dans la Bible que dans Josèphe, est donnée par "Untel fils d'Untel" et jamais par "frère d'Untel".

3 - Josèphe n'a jamais parlé de JC. Le Jésus dont il est question dans le passage sur Jacques est fils de Damnéus :

Il prit le temps de la mort de Festus et qu'Albinus n'était pas encore arrivé pour assembler un conseil devant lequel il fit venir Jacques, frère de Jésus, nommé Christ, et quelques autres, les accusa d'avoir contrevenu à la loi et les fit condamner à être lapidés.
Cette action déplut extrêmement à tous ceux des habitants de Jérusalem qui avaient de la piété et un véritable amour pour l'observation de nos lois. Ils députèrent secrètement vers le roi Agrippa pour le prier de mander à Ananus de n'entreprendre plus rien de semblable, ce qu'il avait fait ne pouvant être excusé. Quelques-uns d'entre eux allèrent au devant d'Albinus, qui était alors parti d'Alexandrie, pour l'imformer de ce qui s'était passé et lui représenter qu'Ananus n'avait pu, ni dû assembler ce conseil sans sa permission. Il entra dans ce sentiment et écrivit à Ananus avec colère et avec menaces de le faire châtier. Agrippa, le voyant si irrité contre lui, lui ôta la grande sacrificature qu'il n'avait exercée que quatre mois et la donna à Jésus, fils de Damnéus
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MessageSujet: Re: Comment se présentait le christianisme au 1er siècle?   Mar 02 Fév 2010, 13:58

L'épître de Jacques présuppose la thématique, les concepts et les formules de l'épître aux Romains auxquels elle répond formellement, tout en visant sur le fond une réception ultérieure du paulinisme, entre les deutéro-pauliniennes et les Pastorales (voir tous les commentaires critiques récents, p. ex. Vouga). Et bien sûr elle n'est pas l'oeuvre de "Jacques le Juste", même si c'est bien à ce personnage que la pseudépigraphie renvoie: on ne se place pas sous l'autorité d'un inconnu, et en l'occurrence "Jacques" présente, du point de vue de l'auteur, le double avantage d'être une figure largement respectée (jusque chez les gnostiques chrétiens, cf. Thomas) en même temps qu'un symbole de l'antipaulinisme (bien que sur des thèmes fort différents)...

Autre extrait (2003):
***
Mais c’est paradoxalement des épîtres de Paul que Jc semble le plus tributaire (2,14-26) : malgré les trésors d’ingéniosité déployés jusqu’à ce jour pour combattre une « évidence » qui n’était pas forcément trompeuse , je reste convaincu que la charge critique de Jc contre « la foi sans les œuvres » présuppose la conception et la formulation originales de la doctrine paulinienne, telle qu’elle apparaît en particulier dans l’épître aux Romains .
Cet élément suffirait à rendre très improbable que l’épître soit l’œuvre de Jacques de Jérusalem : selon le scénario le plus vraisemblable, à peine quatre ans séparent la rédaction, à Corinthe, de l’épître aux chrétiens de Rome (58) et la mort de Jacques à Jérusalem (62) : c’est bien peu pour que Jacques puisse se référer à l’enseignement original de l’épître, peut-être déjà déformé, comme à une doctrine largement acceptée et de ce fait digne d’être combattue ! Ajoutons à cela plusieurs indices dont aucun, seul, n’emporterait la conviction, mais dont le poids cumulatif est impressionnant :
- l’absence de toute référence, dans Jc, au système rituel du judaïsme (temple, calendrier liturgique, circoncision) ou à la défense de l’identité juive qui, selon l’ensemble des données relatives à Jacques, constituent jusqu’au bout l’horizon religieux du Jacques historique.
- l’assassinat et la supplication du « juste » en 5,6.16, semblent bien faire allusion aux traditions relatives à la mort de Jacques le Juste et à sa fonction d’intercesseur.
- la reconnaissance et la réception tardives de l’épître dans l’Eglise .
L’auteur ne choisit pas le nom de « Jacques » au hasard, simplement parce qu’il est disponible ; il s’agit pour lui d’une figure incontestable de la première génération chrétienne, indépendante de Paul et opposée à lui. La référence au judaïsme reste consciente dans son esprit : son Jacques s’adresse « aux douze tribus dans la dispersion (diaspora) » , qu’il associe à une eschatologie sobre mais sérieuse (5,8s) .
L’hypothèse qui me paraît le mieux rendre compte de l’ensemble du donné est celle d’un auteur qui, tout en connaissant le rôle central du « frère du Seigneur », n’en est pas l’héritier direct ; son héritage est plutôt celui du judaïsme hellénistique, en l’occurrence de la part juive des Eglises « mixtes » de la diaspora qui ont accueilli « l’Evangile » de Paul. Jc s’appuie sur l’héritage hellénistique, en particulier sa lecture morale et spirituelle des Ecritures, pour jeter après coup un regard critique sur l’apport paulinien au vu de la pratique communautaire qui en a résulté et qui s’achemine vers la « grande Eglise » fondée sur le credo et la morale privée.

[Notes]
Ici le combat contre « l’évidence », qui ne faiblit pas (encore Johnson), force plus l’admiration que la conviction : l’addition des différences formelles entre la doctrine combattue par Jc et celle de Paul ne fait pas le poids contre
On a remarqué que les regroupements de textes « bibliques » sont ceux de Rm et non ceux de Ga : l’association de Lv 19,18 au Décalogue en Jc 2,8-11 figure aussi en Rm 13,8-10 ; en revanche Gn 15,6 n’est pas rapproché de Ha 2,4 comme en Ga 3,6-11 : en Rm les deux références sont séparées (1,17 ; 4,1ss). Cela ne signifie pas que l’auteur de Jc ait l’épître aux Romains sous les yeux, mais qu’il connaît la doctrine paulinienne sous la forme qu’elle a atteint dans cette épître. Du reste, les analogies avec la littérature paulinienne en général sont très nombreuses (Jc 1,2s // Rm 5,3ss ; Jc 1,13ss // Rm 6,23 ; 7,7ss ; Jc 2,1 // 1Co 2,8 ; Jc 2,5 // 1Co 1,26ss ; Jc 3,15 // 1Co 2,14).
Les premières attestations nous viennent d’Irénée, vers 180, d’Origène au début du IIIe siècle ; son intégration au canon chrétien, dans la catégorie des « épîtres catholiques », n’est pas déclarée avant 367 (Lettre festale d’Athanase). Eusèbe (Histoire ecclésiastique II, xxiii, 25) la déclare inauthentique, et Jérôme (De Viris Illustribus 2) exprime encore un doute : « Jacques n’a écrit qu’une épître, et certains prétendent qu’elle a été publiée en son nom par quelqu’un d’autre. »
Même si en fait l’épître est destinée à des chrétiens, on aurait tort de lire la formule au sens d’un verus Israel. Comme le nom de « l’auteur », l’appellation des « destinataires » relève de la fiction épistolaire : or dans cette fiction un personnage important de Jérusalem s’adresse à la diaspora, selon le modèle de Jr 29 ; 2 Macc. 1—2,18 ; Epître de Jérémie ; 2 Baruch 78-86 ; 4 Baruch 6,19-25 ; 7,24-34... et Ac 15,23-29.
L’eschatologie est ici plus prophétique qu’apocalyptique : il est probable que dans le cas du Jacques historique l’accent eût été inverse.
Sur le thème ici central « la foi et les œuvres », Jc semble avoir compris Paul comme l’auteur de l’épître aux Ephésiens l’a compris (2,8s).
Les charges contre les riches (1,9ss ; 2,1ss ; 4,13ss ; 5,1ss) s’en prennent directement au clientélisme hellénistique ou romain sur lequel Paul, déjà, a choisi d’asseoir socialement ses communautés (« patrons » aisés accueillant et protégeant une communauté, et y jouissant ipso facto d’une place de choix, sans remise en cause de leur position économique et sociale ; c’est cette classe dominante qui fournira à la génération suivante les premiers « évêques » de la grande Eglise).
***



Il n'y a plus guère de doute aujourd'hui que toute l'inscription sur le fameux ossuaire (et pas seulement "frère de Jésus", comme le croyait encore R. Altman citée ci-dessus quelques semaines seulement après la publication) était un faux. Lemaire est tombé dans le panneau. http://en.wikipedia.org/wiki/James_Ossuary

Citation :
Il est notoire que l'identité d'un Hébreu, tant dans la Bible que dans Josèphe, est donnée par "Untel fils d'Untel" et jamais par "frère d'Untel".

Alors pourquoi conserver "frère de Jésus" dans AJ XX?
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MessageSujet: Re: Comment se présentait le christianisme au 1er siècle?   Mar 02 Fév 2010, 15:32

Bonne question.

Mais il est évident qu'un prêtre du Temple est un lévite et ne peut à ce titre être le frère d'un Jésus de Nazareth réputé de la tribu de Juda.
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MessageSujet: Re: Comment se présentait le christianisme au 1er siècle?   Mar 02 Fév 2010, 16:54

Certes, mais:
- c'est chez l'Hégésippe d'Eusèbe que Jacques est prêtre (et "chrétien", forcément), et non dans les AJ de Josèphe (sur le problème d'Hégésippe comme "double" chrétien de Josèphe, voir p. ex. http://vridar.wordpress.com/2009/05/16/josephus-james-jesus-hegesippus-and-eusebius/ )
- la plupart des défenseurs non fondamentalistes du Jésus historique reconnaissent que son appartenance à la tribu de Juda est un théologoumène et non une donnée historique (cf. p. ex. la thèse marginale d'Amphoux citée plus haut - et que je n'endosse pas -, qui le rapproche de l'aristocratie sacerdotale); on aurait d'ailleurs un problème analogue (quoique un peu moins épineux) avec le cousinage lucanien de Jean-Baptiste fils de prêtre...
- Galates 1,19 appelle Jacques "le frère du Seigneur" (variante de l'appellation collective "les frères du Seigneur" en 1 Corinthiens 9,5): que cela signifie "frère de Jésus" ne va pas de soi, même si c'est une interprétation relativement ancienne (Marc 6,3 etc.).
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MessageSujet: Re: Comment se présentait le christianisme au 1er siècle?   Mar 02 Fév 2010, 22:56

spermologos a écrit:
Certes, mais:
- c'est chez l'Hégésippe d'Eusèbe que Jacques est prêtre (et "chrétien", forcément), et non dans les AJ de Josèphe (sur le problème d'Hégésippe comme "double" chrétien de Josèphe, voir p. ex. http://vridar.wordpress.com/2009/05/16/josephus-james-jesus-hegesippus-and-eusebius/ )
Selon Hégésippe, Jacques fut précipité du haut du Temple, ce qui ne correspond pas au récit de Josèphe.

Citation :
- la plupart des défenseurs non fondamentalistes du Jésus historique reconnaissent que son appartenance à la tribu de Juda est un théologoumène et non une donnée historique (cf. p. ex. la thèse marginale d'Amphoux citée plus haut - et que je n'endosse pas -, qui le rapproche de l'aristocratie sacerdotale); on aurait d'ailleurs un problème analogue (quoique un peu moins épineux) avec le cousinage lucanien de Jean-Baptiste fils de prêtre...
Mais Amphoux veut mettre Jésus dans l'aristocratiue sacerdotale pour rendre vraisemblable sa fraternité avec ce Jacques qui, lui, en est.

Citation :
- Galates 1,19 appelle Jacques "le frère du Seigneur" (variante de l'appellation collective "les frères du Seigneur" en 1 Corinthiens 9,5): que cela signifie "frère de Jésus" ne va pas de soi, même si c'est une interprétation relativement ancienne (Marc 6,3 etc.).
Dans les Constitutions Apostoliques, "frère du Seigneur" est un titre donné à tous les martyrs.
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MessageSujet: Re: Comment se présentait le christianisme au 1er siècle?   Mer 03 Fév 2010, 00:25

1. Comme tu n'as pas saisi la pointe de mon objection; je l'exprime sous forme interrogative: sur quoi repose, chez Josèphe, ton affirmation (hier, 17 h 47; aujourd'hui, 13 h 32) que son Jacques était prêtre?

2. Amphoux avait bien (sur-)exploité le sacerdoce attribué à Jean-Baptiste par "Luc", mais pas du tout celui attribué à Jacques par "Hégésippe" (je me souviens lui avoir d'ailleurs suggéré cette idée après sa conférence, je ne sais pas s'il en a fait quelque chose depuis).

3. Pour les Constitutions apostoliques, c'est formellement exact (V, I). Mais ce n'est justement pas ainsi que l'auteur interprète le titre de Jacques, puisqu'il l'appelle également "frère du Christ selon la chair" (VIII, 25).
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MessageSujet: Re: Comment se présentait le christianisme au 1er siècle?   Mer 03 Fév 2010, 11:17

spermologos a écrit:
1. Comme tu n'as pas saisi la pointe de mon objection; je l'exprime sous forme interrogative: sur quoi repose, chez Josèphe, ton affirmation (hier, 17 h 47; aujourd'hui, 13 h 32) que son Jacques était prêtre?
J'ai écrit "lévite". C'est son frère Jésus qui fut sacrificateur.

Citation :
2. Amphoux avait bien (sur-)exploité le sacerdoce attribué à Jean-Baptiste par "Luc", mais pas du tout celui attribué à Jacques par "Hégésippe" (je me souviens lui avoir d'ailleurs suggéré cette idée après sa conférence, je ne sais pas s'il en a fait quelque chose depuis).
Mais Epiphane écrit que Jacques était grand prêtre :
"A Jacques seul il était permis d'entrer dans le Saint des Saints une fois l'an"
(Panarion 78:14.1).

Citation :
3. Pour les Constitutions apostoliques, c'est formellement exact (V, I). Mais ce n'est justement pas ainsi que l'auteur interprète le titre de Jacques, puisqu'il l'appelle également "frère du Christ selon la chair" (VIII, 25).
Mais alors il faut croire le Protoévangile de Jacques et son affirmation invraisemblable que le judaïsme connaissait les vierges consacrées.
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MessageSujet: Re: Comment se présentait le christianisme au 1er siècle?   Lun 08 Fév 2010, 12:21

Joseph d'Arimathée est un personnage egnimatique.
Qui est-il ?
Un notable Mc 15,42.
Un homme riche Mt 28,57.
Un homme bon et juste Lc 23,50 et Mc 15,43.
Un disciple de JC Jn 19,38.

Vous venez d'entendre le blasphème : que vous paraît-il? " Tous le condamnèrent (comme) méritant la mort.
Mc 14,64

Joseph d'Arimathée faisait-il parti des menbres du sanhédrin qui à l'unanimité condamnèrent JC ?

et n'ayant trouvé aucune cause de mort, ils ont demandé à Pilate de la faire périr;
et quand ils eurent accompli tout ce qui est écrit de lui, ils le descendirent du bois et le déposèrent dans un sépulcre.
Act 13, 28-29

La démarche de Joseph d'Arimathée est-elle celle d'un porte parole du sanhédrin ?

Pourquoi Joseph d'Arimathée disparait des récits ?
Pourquoi les disciples ne se tournent-ils pas vers lui pour connaitre les derniers moments de leur maitre et l'endroit ou il repose ?
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MessageSujet: Re: Comment se présentait le christianisme au 1er siècle?   Lun 08 Fév 2010, 13:51

"Luc" avait déjà eu l'idée d'harmoniser (23,50s): ...un homme bon et juste, qui n'avait pas participé aux décisions et aux actes des autres; il était d'Arimathée, ville des Juifs, et il attendait le règne de Dieu.

N.B. A noter que dans la trame narrative de Marc (en amont de l'intégration des récits de naissance chez Matthieu et Luc) c'est le seul et unique Joseph. Par jeu d'intertextualité, Arimathée renvoie les "biblistes" à Ephraïm fils de Joseph (cf. 1 Samuel 1,1 etc.) et aux espérances contemporaines qui s'y rattachent (Testament de Joseph p. ex.; c'est, semble-t-il, une des principales concurrences au messianisme davidique en dehors de la tradition sacerdotale); par simple assonance il évoque pour les auditeurs hellénophones moins avertis la figure emblématique du disciple noble et vertueux.

P.S. Actes 13 semble ne tenir aucun compte de l'histoire de Joseph, surtout comprise comme exception à l'intérieur du sanhédrin, puisque "les habitants de Jérusalem et leurs chefs" sont responsables de la Passion jusqu'à l'ensevelissement inclus. Le texte occidental maintient ce sujet collectif tout en se rapprochant du récit évangélique par l'intégration d'une péripétie supplémentaire: "Accomplissant tout ce qui était écrit de lui, ils ont demandé à Pilate, après qu'il (Jésus) eut été crucifié, qu'il soit descendu du bois; l'ayant obtenu, ils le descendirent et le mirent dans un tombeau." Ce n'est pas autrement surprenant car la rédaction harmonisatrice de Luc-Actes est très superficielle (et diversifiée), elle laisse subsister de grosses incohérences narratives et même théologiques, notamment dans les discours (comparer Luc 24 et Actes 1--2, ou les trois récits différents de la conversion de Paul à l'intérieur même des Actes).

(Je m'interroge quand même sur le rapport de cette question de détail narratif au fil de discussion en cours, et plus généralement sur l'intérêt de ce jeu de question-réponse à la dérive pour la quarantaine de lecteurs supposés de ce forum - qui, il est vrai, nous font rarement l'honneur de nous entretenir de ce qui les intéresse, le cas échéant.)
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MessageSujet: Re: Comment se présentait le christianisme au 1er siècle?   Mar 09 Fév 2010, 12:30

spermologos a écrit:
"
(Je m'interroge quand même sur le rapport de cette question de détail narratif au fil de discussion en cours, et plus généralement sur l'intérêt de ce jeu de question-réponse à la dérive pour la quarantaine de lecteurs supposés de ce forum - qui, il est vrai, nous font rarement l'honneur de nous entretenir de ce qui les intéresse, le cas échéant.)

Il me semble que la place, la prépondérance, le profil particulier de certains personnages du NT ainsi que leurs disparitions peuvent nous renseigner sur la théologie, le dogme et la façon de penser des chrétiebns du 1er siecle.
Joseph d'Arimathée est intimement lié à l'ensevelissement et à la sépulture de JC, analyser les differentes versions que nous donnent les évangiles du personnages peut reveler les tendances de l'époque.
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MessageSujet: Re: Comment se présentait le christianisme au 1er siècle?   Mar 09 Fév 2010, 17:15

"Arimathie", c'est "har mout", "le pays de la mort".

Ce Joseph d'Arimathie est une variété de Charon.
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MessageSujet: Re: Comment se présentait le christianisme au 1er siècle?   Lun 15 Fév 2010, 13:07

En effet, il n'y avait parmi eux aucun indigent, puisque tous ceux qui possédaient des terres ou des maisons les vendaient et apportaient le produit de la vente,
qu'ils déposaient aux pieds des apôtres; et on distribuait à chacun ce dont il avait besoin.
Actes 4, 34-35

Les conditions d'adhésion à la communauté sont drastiques. L'engagement doit absolu et définitif.
Pour être admis il faut tout abandonner et faire don de ce que l'on possède, en tout cas declarer tous ces biens aux apôtres. C'est la loi du tout ou rien.
L'épisode d'Ananie et Saphire expose la sévérité du reglement de la communauté.
Entrer dans la communauté signifie se soumettre à l'autorité des apôtres notamment d'un Pierre dur , inflexible et de renoncer à toute possession, à tout secret, à toute intimité.

l'Eglise entière et tous ceux qui apprirent cela furent pris d'une grande crainte.
Actes 5, 11

Sur un plan moral et matériel, l'entrée dans la communauté impose une mise à nu, un dépouillement.
On a le sentiment d'une communauté dans l'attente de la fin, imminente et proche.
Si je devais prendre une image plus moderne, d'un groupe dirigé par un gourou (collectif ou individuel) à qui il a fait allégeance.


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seb

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MessageSujet: Re: Comment se présentait le christianisme au 1er siècle?   Lun 15 Fév 2010, 13:29

Peut-on donc comparer l'église des premiers temps au communisme moderne? Ou bien n'allait-il finalement pas encore plus loin que cela, étant donné que la propriété individuelle semblait en être totalement bannie?
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MessageSujet: Re: Comment se présentait le christianisme au 1er siècle?   Lun 15 Fév 2010, 14:06

seb a écrit:
Peut-on donc comparer l'église des premiers temps au communisme moderne? Ou bien n'allait-il finalement pas encore plus loin que cela, étant donné que la propriété individuelle semblait en être totalement bannie?

Je pense que cela n'a rien avoir avec le communisme.
Cette communauté vit refermée sur elle-même dans l'attente imminente de la fin, l'objetif n'est pas de partager équitablement les biens et richesse mais d'anticiper l'organisation du royaume à la fin des temps tel que les dsuiciples pouvaient se la préfigurer.(mat 6,25-26).
Dans cette optique la communauté doit manifester un engagement absolu et definitif "Si quelqu'un vient à moi et ne hait pas son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et ses soeurs, et même sa propre vie, il ne peut être mon disciple." (Lc 14,26).
Pour être admis dans la communauté et être prêt à vivre la fin, le disciple doit tout abandonner et en faire don aux apôtres, à qui il doit une totale soumission et allégeance " déposaient aux pieds des apôtres".
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MessageSujet: Re: Comment se présentait le christianisme au 1er siècle?   Lun 15 Fév 2010, 16:35

Ce modèle où une poignée de personnes dirigent d'une main de maître les congrégations me fait plutôt peur. Cela ressemble fort à une dictature. Il n'y a pas de contre-pouvoir, pas de contrôle. Tout est fait selon le bon vouloir des apôtres.
Même si ce n'est pas exacement pareil, cela ressemble tout de même plus ou moins à l'utopie communiste en ce sens que le "parti" unique impose un dogme à tous et s'occupe de tous jusque dans les moindres détails.
Les disciples devaient imaginer que les apôtres étaient les meilleurs d'entre eux, et que par là-même ils leur devaient allégance et pouvaient placer une totale confiance en eux. Après tout, c'est un peu le même modèle que la Watchtower tente d'imposer aujourd'hui...
Un tel modèle dérive fatalement vers des abus de toutes sortes et, à la longue, est voué à disparaître ou à changer.
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MessageSujet: Re: Comment se présentait le christianisme au 1er siècle?   Lun 15 Fév 2010, 22:04

Ananias a semble-t-il tenté de laisser entendre qu'il avait vendu pour un prmontant un champ. Il indiqua un prix parce qu'il voulait garder une somme pour lui. Pourquoi n'a-t-il pas indiqué le prix exact et dit simplement qu'il gardait quelque chose pour lui? Voyez les versets 3 et suivants du chapitre 5
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MessageSujet: Re: Comment se présentait le christianisme au 1er siècle?   Mar 16 Fév 2010, 11:08

Mais un homme nommé Ananie, avec Saphire, sa femme, vendit un bien, retint sur le prix
de connivence avec sa femme, et en apporta une partie qu'il déposa aux pieds des apôtres.
Actes 5, 1-2

Il me semble que cet épisode (d'une rare violence) veut indiquer aux disciples que l'adhésion à la communauté s'effectue sans réserve, elle doit être totale et la soumission aux apôtres sans restriction, pas uniquement"une partie".
D'ailleurs la réaction de des disciples est éloquente "l'Eglise entière et tous ceux qui apprirent cela furent pris d'une grande crainte" v 11. L'objectif est atteint, regner par la terreur, constituer un groupe de fidèles motivés soumis à la direction d'un groupe de chefs.
v 13 "et aucun des autres n'osait se joindre à eux; mais le peuple les louait hautement."
Cette communauté fait peur par son extremisme et fascine en même temps.
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MessageSujet: Re: Comment se présentait le christianisme au 1er siècle?   Mar 16 Fév 2010, 13:04

En ces jours-là, le nombre des disciples augmentant, les Hellénistes élevèrent des plaintes contre les Hébreux, parce que leurs veuves étaient négligées dans le service de chaque jour.
Actes 6, 1

Le texte ne nous explique pas l'origine des héllénistes ?
Ilq apparaissent spontanément, sans l'on sache quelle campagne de prédication ou quels prédicateurs les ont converti.
Parmi eux setrouve un homme d'exception "Etienne, plein de grâce et de force, faisait des prodiges et de grands miracles parmi le peuple." dont le texte nous dit que la fonction au sein de la communauté est de "servir aux tables".
Une questions :
Ou étaient les apôtres pendant la comparution d'Etienne ?
Pourquoi brillent-ils par leurs absences ?
La lapidation d'Etienne s'effectue dans l'indifference générale de la communauté de Jérusalem.
8,2 "Des hommes pieux ensevelirent Etienne et firent sur lui grande lamentation." ne précise pas que se sont des "chrétiens" qui procedé à l'ensevelissement d'Etienne mais des "hommes pieux", des juifs ?

8,1 " Il y eut ce jour-là une grande persécution contre la communauté de Jérusalem; et tous, sauf les apôtres, furent dispersés dans les campagnes de la Judée et de la Samarie."
Pourquoi les dirigeants du mouvements sont-ils épargnés ?
Cette persecution était-elle dirigée uniquement vers les héllénistes ?
Les "Hébreux" n'est-ils pas à l'origine de cette persécution, se qui expliquerait l'expression "sauf les apôtres" ?
Cette persecution ne traduit-elle pas le paroxysme de l'opposition entre les "Héllénistes" et les "Hébreux" ?
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MessageSujet: Re: Comment se présentait le christianisme au 1er siècle?   Mar 16 Fév 2010, 13:45

Je ne pense pas qu'il faille chercher de vérité ni même de vraisemblance historique globale dans les récits des Actes. Ce qui n'empêche pas d'y trouver des fragments intéressants quoique hétéroclites.
Ainsi la description de "l'Eglise apostolique idéale" semble mêler des éléments de traditions distinctes: d'une part celle de "radicaux itinérants" qui abandonnaient effectivement tous leurs biens et attaches familiales, et dont la survie dépendait du soutien d'un réseau informel et ouvert de gens qui, eux, restaient pleinement intégrés à une économie classique; d'autre part celle de communautés clairement délimitées, qui vivaient d'un partage (pas forcément total) de ressources (impliquant la vente et non l'abandon pur et simple de biens), dont on peut deviner des exemples à Qoumrân ou chez les Thérapeutes de Philon. Ces deux modèles (au moins) semblent se combiner artificiellement dans les premiers chapitres des Actes (un peu comme le récit de la Pentecôte exploite la pratique réelle, mais fort différente, de la glossolalie telle qu'elle est attestée dans 1 Corinthiens pour en faire un miracle fondateur à portée théologique).
De même le discours d'Etienne semble refléter les idées d'une frange du judaïsme de la diaspora, très violemment anti-temple et anti-rituelle, que Philon évoque également bien qu'il s'en distingue.
Le "christianisme primitif" des Actes est une mosaïque: libre composition de l'ensemble avec des éléments tirés de tout l'éventail du judaîsme de la fin du Second Temple.
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MessageSujet: Re: Comment se présentait le christianisme au 1er siècle?   Mar 16 Fév 2010, 14:09

Merci Didier,

L'absence des apôtres au procés d'Etienne nest-il pas étonnant ?
Le récit nous donne l'impression que la mort d'Etienne se fait dans l'indifference générale.
Selon Act 8,2 "Des hommes pieux ensevelirent Etienne" apparemment se ne sont pas des "chrétiens" qui procedent à l'ensevelissement.

Comment expliquer l'expression que l'on, retrouve en Act 8,1 "sauf les apôtres"
Pourquoi les dirigeants du mouvements sont-ils épargnés ?
Cette persecution était-elle dirigée uniquement vers les héllénistes ?
Les "Hébreux" n'est-ils pas à l'origine de cette persécution, se qui expliquerait l'expression "sauf les apôtres" ?
Cette persecution ne traduit-elle pas le paroxysme de l'opposition entre les "Héllénistes" et les "Hébreux" ?
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MessageSujet: Re: Comment se présentait le christianisme au 1er siècle?   Mar 16 Fév 2010, 15:57

A tort ou à raison, ça ne m'étonne pas trop parce que je ne cherche pas dans les Actes un compte rendu ni même des traces d'événements historiques.
Par contre il me semble assez clair que les développements successifs du texte répondent à des contraintes idéologiques et narratives.
En effet il s'agit pour les rédacteurs de rendre compte de la réalité socio-historique du christianisme émergent (au IIe siècle) comme ensemble de mouvements principalement hellénophones (et secondairement araméens-syriaques), non palestiniens, tout en les rapportant à une origine unique, centrale et artificielle, celle de l'Eglise apostolique de Jérusalem. La distinction d'un groupe d'Hellénistes au sein de cette Eglise, puis sa dispersion en Samarie et hors de Palestine, est une ficelle littéraire pour parvenir à cette fin. Le maintien d'une autorité apostolique centrale à Jérusalem, qui va progressivement valider l'extension présumée du christianisme à des cercles de plus en plus larges tout en en assurant la cohérence (cf. les "missions" de Pierre et Jean, puis de Pierre tout seul, puis de Barnabas et de Paul, puis de Paul et Silas), en est une autre.
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MessageSujet: Re: Comment se présentait le christianisme au 1er siècle?   Mar 16 Fév 2010, 18:26

Et Dieu faisait des miracles extraordinaires par les mains de Paul,
si bien que même (on appliquait) sur les malades des mouchoirs ou des tabliers qui avaient été pris sur son corps, et que les maladies les quittaient, et que les esprits mauvais s'en allaient.
Act 19, 11-12

Quel rapport les menbres de la communauté avaient-ils avec la magie, l'exorcisme et les guérison ?
Act 19 d'un Paul guérisseur et exorciste, une vraie vedette.
le v 13 nous parle avec humour des "exorcistes juifs ambulants" qui invoquent en vain le nom du Seigneur, mais en vain.
Enfin le v 19 nous signale "Et bon nombre de ceux qui avaient pratiqué la magie, après avoir entassé les livres, les brûlaient devant tous."

Les "chrétiens" de l'époque faisaient-ils une distinction entre la magie (condamnable) et l'exorcisme(acceptable) ?
Est ce qu' une frange des "chrétiens" pratiquaient la magie et Paul a réussi a les faire renoncer ?
La pratique de la magie est-elle un sujet polémique au sein de la communauté ?
Pourquoi l'exorcisme finit-il par disparaitre (il me semble) ?


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MessageSujet: Re: Comment se présentait le christianisme au 1er siècle?   Mar 16 Fév 2010, 18:35

Ainsi, l'histoire racontée au chapitre 5 du livre des Actes, une rédaction ultérieure au 1er siècle, et ses auteurs en l'inscrivant dans les Actes ont voulu marquer l'esprit des futurs disciples, en présentant un fait "vécu" des premiers temps du christianisme, c'est ce qui peut expliquer la dureté et l'intransigeance des personnages.
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