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 Foi et fatalisme

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Narkissos

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MessageSujet: Foi et fatalisme   Dim 24 Jan 2010, 23:31

Je pensais alimenter la rubrique "Un jour, un verset" du Psaume 127,1s:
Si ce n'est Yhwh qui bâtit la maison,
ceux qui la bâtissent travaillent inutilement;
si ce n'est Yhwh qui garde la ville,
celui qui la garde veille inutilement.
C'est inutilement que vous vous levez tôt, que vous vous couchez tard
et que vous mangez le pain de la peine:
il en donne autant à son bien-aimé pendant qu'il dort.

Texte dont la "logique" particulière me semble exceptionnellement proche de la foi-confiance prônée par le Jésus des évangiles:
C'est pourquoi je vous dis: Ne vous inquiétez pas, pour votre vie, de ce que vous mangerez ou de ce que vous boirez, ni, pour votre corps, de ce dont vous serez vêtus. La vie n'est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement? Regardez les oiseaux du ciel: ils ne sèment pas, ils ne moissonnent pas, ils ne recueillent rien dans des granges, et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu'eux? Qui de vous peut, par ses inquiétudes, rallonger tant soit peu la durée de sa vie (ou: sa taille)? Et pourquoi vous inquiéter au sujet du vêtement? Observez comment poussent les lis des champs: ils ne travaillent pas, ils ne filent pas; et pourtant je vous dis que pas même Salomon, dans toute sa gloire, n'a été vêtu comme l'un d'eux. Si Dieu habille ainsi l'herbe des champs qui est là aujourd'hui et demain sera jetée au four, ne le fera-t-il pas à bien plus forte raison pour vous, gens de peu de foi? Ne vous inquiétez donc pas, en disant: "Qu'allons-nous manger?" Ou bien: "Qu'allons-nous boire?" Ou bien: "De quoi allons-nous nous vêtir?" -- tout cela, c'est ce que les gens de toutes les nations recherchent sans relâche -- car votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez d'abord le règne de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. Ne vous inquiétez donc pas du lendemain, car le lendemain s'inquiétera de lui-même. A chaque jour suffit sa peine.
Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l'âme; craignez plutôt celui qui peut faire disparaître et l'âme et le corps dans la géhenne. Ne vend-on pas deux moineaux pour un as? Cependant il n'en tombe pas un seul à terre indépendamment de votre Père. Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés. N'ayez donc pas peur: vous valez plus que beaucoup de moineaux. (Matthieu 6,25ss; 10,28ss).

Si finalement je place ces textes ici, c'est parce qu'au delà de la simple (re)lecture et de la méditation ils me semblent susceptibles d'appeler la discussion (en rapport notamment avec les débats intéressants mais toujours plus ou moins frustrants que nous avons pu avoir jusqu'ici sur la foi d'une part, sur la morale d'autre part). En effet, ils représentent un aspect de la "foi" à l'égard duquel nous éprouvons aujourd'hui (mais à vrai dire depuis fort longtemps) des sentiments contradictoires. Ce qu'elle a peut-être de moins "crédible", de moins rationnellement et moralement défendable, et cependant de plus attachant. Par quoi elle confine à un certain fatalisme, dangereusement proche de l'irresponsabilité, voire de la paresse ou de la lâcheté. Et où elle conserve aussi, paradoxalement, une possible actualité, comme appel à une remise en question de l'agir fondé sur le calcul des causes et des conséquences.

Ce type de "foi fataliste" survit sans dommage à l'effondrement des systèmes rationnels d'explication "objective" du monde pour s'acclimater à leurs successeurs (cf. Diderot), parce qu'il est fondé sur un désir ou un besoin subjectif, qui garde sa pertinence sous le ciel des statistiques autant (quoique différemment) que sous celui des dieux. A la limite il se passe de Yhwh, de Père céleste, de Providence, et même de happy ending. Bien que peut-être nous soyons aujourd'hui plus disposés à l'entendre sous la forme du "lâcher-prise" bouddhique que sous sa forme évangélique, je ne crois pas que le message soit foncièrement différent.
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seb

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MessageSujet: Re: Foi et fatalisme   Lun 25 Jan 2010, 13:09

J’ai vraiment du mal à comprendre ces passages bibliques. Ils semblent dire que quoi que l’on fasse, Dieu pourvoira à nos besoins si on est approuvé par lui. N’est-ce pas, comme tu le fais remarquer, une incitation à la paresse ?
Dieu bâtit-il des maisons, garde-t-il des villes, nourrit-il, vêtit-il ? La réponse est évidement non. Ce sont les hommes qui font tout ça.
Il est vrai que Dieu (ou la Nature) est à l’origine de la vie, de la nourriture et des matériaux de construction. On doit donc lui en être reconnaissant. Mais ne doit-on pas être encore plus reconnaissants envers ceux qui, par leur dur travail, nous fournissent ces ressources au quotidien : nos parents, les paysans, les artisans ?
La Bible n’attribue-t-elle pas parfois à Dieu ce qui revient en fait aux hommes ?
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Narkissos

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MessageSujet: Re: Foi et fatalisme   Lun 25 Jan 2010, 13:43

@ seb:
En général la sagesse antique ignore la différence des "causes premières" et des "causes secondes", qui se fait jour en philosophie avec Aristote et n'atteindra guère la théologie chrétienne avant la période scolastique.
Nous avons tendance à penser Dieu et la création exclusivement "à l'origine" (selon le modèle de l'horloger ou de l'architecte déistes), alors que dans le monde des textes bibliques les dieux sont directement responsables de tout, au présent. Ce sont eux qui "font" les "êtres" et les "événements", ordinaires et extraordinaires.
Le "désenchantement du monde" a commencé bien avant la modernité.
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MessageSujet: Re: Foi et fatalisme   Lun 25 Jan 2010, 13:57

Il convient de se replacer dans le contexte de l'époque, alors que les hommes croyaient pratiquement tous à l'existence d'un Dieu puissant pouvant intervenir dans les affaires humaines. Ainsi le texte prend-il toute sa lumière, mais si l'on met en doute cette existence divine, la lecture en est plus difficile mais pas sans intérêt malgré tout.
Tout ce que l'homme peut faire de bien ou de mal n'aura en fait pas trop d'influence sur ce qui l'entoure, je pense à la nature et non aux autres humains, et même si son influence a été observable, il finira bien par être oublié.

Les animaux continuent de couver d'avoir des petits, parfois ils doivent s'adapter en faisant de gros efforts mais ils survivent; l'idée dominante de l'homme pronée à tel ou tel moment, à disparu mais les fleurs continuent de transformer les prairies en tableaux colorés. C'est vrai il aura fallut parfois du temps pour que la nature reprenne ses droits, mais elle les reprend et l'exemple de la flore et de la faune se manifestant à nouveau à Tchernobyl est un témoignage que nous ne sommes pas, heureusement, si puisssants que certains semblent vouloir le croire.
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Narkissos

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MessageSujet: Re: Foi et fatalisme   Lun 25 Jan 2010, 15:44

Tels que je les comprends, dans un premier temps du moins, ces textes évangéliques ne s'adressent pas à "l'homme" comme espèce, encore moins dans ses structures sociales habituelles (famille, patrie), mais à l'individu -- et par extension peut-être à une communauté "alternative", comme on dirait aujourd'hui. La tradition à laquelle ils appartiennent prônerait plutôt la rupture des liens familiaux que le mariage et la procréation... elle ne se sent pas responsable de l'ordre du monde et encore moins de sa préservation, même si (forcément) elle s'y rapporte.
C'est une autre génération chrétienne (cf. 2 Thessaloniciens; Timothée-Tite; et aussi les Actes qui font du partage des biens le souvenir lointain et dépassé d'une Eglise primitive idéale) qui prêchera au contraire les valeurs familiales, l'économie et le travail, et la charité bien ordonnée.
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seb

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MessageSujet: Re: Foi et fatalisme   Lun 25 Jan 2010, 17:39

Citation :
Tout ce que l'homme peut faire de bien ou de mal n'aura en fait pas trop d'influence sur ce qui l'entoure

Il est bien clair que la portée de nos actions est limitée dans le temps et l’espace. Toutefois, si l’on y réfléchit, c’est le cas pour absolument tout ce qui vit !
Le résultat de nos actions n’aura certainement pas (ou si peu) d’incidence sur ce qui arrivera sur Terre dans 1 millions d’années, mais il en a certainement beaucoup sur ce qui arrive à notre entourage immédiat maintenant. En d’autres termes, on ne peut pas changer le monde, mais on peut changer son monde. Et après tout, n’est-ce pas cela qui importe vraiment?
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MessageSujet: Re: Foi et fatalisme   Lun 25 Jan 2010, 20:40

seb j'aime bien ton dernier message
Jean-Pierre
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