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 Les manuscrits anciens de la LXX

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VANVDA



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MessageSujet: Re: Les manuscrits anciens de la LXX   Mar 16 Juin 2015 - 20:19

Je suis sans PC depuis qqs jours ( je poste depuis mon téléphone, c'est beau la technologie), et depuis mon smartphone, j'ouvre tout (sauf Schnabel, parce que ce doit être un pdf, j'imagine). Jastrow, je ne le retrouve pas dans la page, (vu la taille du seul écran que j'ai à ma disposition, la lecture est franchement laborieuse et se fait petit bout de page par petit bout), mais je l'avais déjà ouvert du temps que j'avais un ordinateur, sans problème.
En tout cas, merci pour tout, même sur tout petit écran, ça reste fort intéressant et instructif à lire. Désolé pour ma courte réponse précédente, où j'ai posté bêtement en ne lisant que le post de free, sans consulter la page d'origine de DF, ce qui m'a amené à écrire qqs bêtises...
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VANVDA



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MessageSujet: Re: Les manuscrits anciens de la LXX   Mar 16 Juin 2015 - 20:41

PS : et au fait, merci pour les commentaires laudatifs sur mon travail d'il ya cinq ans. Je les avais ratés, tu les as rajoutés en rééditant ton post après coup, non ?
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Narkissos

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MessageSujet: Re: Les manuscrits anciens de la LXX   Mar 16 Juin 2015 - 22:21

Merci VANVDA:
- Réflexion faite, le problème vient probablement du paramétrage du forum et non du navigateur: tant qu'on n'est pas connecté avec un "compte", on n'accède pas aux liens hypertexte. Je vais voir si je peux y changer quelque chose. C'est réglé.
- Schnabel, c'était en effet un pdf.
- Jastrow, je reconnais que ce n'est pas pratique, il faut au moins connaître l'alphabet hébreu pour s'y retrouver (c'est pourquoi j'ai donné les numéros de page), en plus c'est vieux, mais ça reste le phare qui me sauve en matière d'hébreu et d'araméen rabbiniques où je ne connais vraiment pas grand-chose... je n'ai en tout cas jamais rien vu de plus récent qui soit aussi complet, bien qu'il y manque naturellement tout ce qui a été découvert et déchiffré après (Qoumrân etc.), mais ça, on le trouve assez facilement ailleurs.
- Mon commentaire sur tes articles était bien un ajout (entre crochets -- tant qu'on ne me répond pas, j'en rajoute, si du moins j'en ai envie !). En fait je les avais complètement oubliés, et ils m'ont (manifestement) plus marqué à la seconde lecture qu'à la première (sans doute trop rapide): c'était vachement bien pensé... Smile
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MessageSujet: Re: Les manuscrits anciens de la LXX   Mer 17 Juin 2015 - 10:29

Citation :
[Question pratique à ceux qui me lisent encore, le cas échéant: les liens (ci-dessus à "Hurtado", "Tetragrammaton" et "K.P. Hong", plus haut à "Jastrow", "Schnabel" et "Joosten") sont-ils visibles et fonctionnent-ils chez vous ? -- J'ai eu la mauvaise surprise l'autre jour, en ouvrant le site à partir d'un navigateur inhabituel, de voir qu'ils avaient totalement disparu...]

Pour moi c'est lisible. Narkissos un GRAND merci pour cette argumentation fouillée.


Citation :
PS : et au fait, merci pour les commentaires laudatifs sur mon travail d'il ya cinq ans. Je les avais ratés, tu les as rajoutés en rééditant ton post après coup, non ?

Vandva,

Je me demande si les informations de ce fil ne constitue pas la base d'un article supplémentaire ?
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VANVDA



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MessageSujet: Re: Les manuscrits anciens de la LXX   Mer 17 Juin 2015 - 13:15

Sens toi libre Wink
lol!
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MessageSujet: Re: Les manuscrits anciens de la LXX   Mer 17 Juin 2015 - 14:02

VANVDA a écrit:
Sens toi libre  Wink
lol!

Un peu trop technique pour moi Sad
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Narkissos

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MessageSujet: Re: Les manuscrits anciens de la LXX   Mer 17 Juin 2015 - 15:19

Un point qui affleure un peu partout dans cette discussion et dans ses références, et sur lequel je n'ai peut-être pas assez insisté, c'est qu'il se passe pour "la Septante" ce qui se passe aussi pour "la Bible hébraïque" ou "le Nouveau Testament" dès lors qu'on les étudie et qu'on commence à comprendre de quoi on parle: l'"objet" même de l'étude se volatilise ou du moins se défait (se décompose, se désintègre, se disloque). Il n'y a jamais eu quelque chose comme "la Septante", traduction unique et intégrale d'une "Bible hébraïque" unifiée qui viendrait s'intercaler entre celle-ci et "le Nouveau Testament". Il y a eu des traductions grecques de textes hébreux qui n'ont pas cessé d'évoluer dans tous les sens selon les époques, les lieux et les milieux, en partie indépendamment, en partie par réaction (positive ou négative) les uns aux autres. Si l'"objet" se trouve quelque part, c'est toujours à la fin du processus, dans des "éditions" (relativement) standardisées: dans les grands codex chrétiens qui rassemblent un AT et un NT grecs (même si ce ne sont jamais exactement les "nôtres"), ou dans les copies de la "Bible hébraïque" qui correspondent grosso modo au texte hébreu (et araméen) "proto-massorétique" retenu par le judaïsme rabbinique. Ce qui est avant se présente à nous sous un aspect mouvant et parcellaire, et les comparaisons qu'on peut y faire revêtent nécessairement un caractère local et conjectural. A la question "quel texte grec lisait ou connaissait tel 'auteur du NT' ?", la réponse est à chercher avant tout dans ce que celui-ci a écrit -- autrement dit, par la critique textuelle, littéraire, rhétorique, des manuscrits du NT disponibles. On sait que "Paul" lisait (= prononçait, entendait, comprenait) kurios, non seulement parce que c'est kurios qui se trouve dans les mss des épîtres pauliniennes au IIIe siècle, mais parce que leur texte même est construit sur ce mot et ses sens (Romains 10; 14; 2 Corinthiens 12 etc.). Qu'il ait lu (visuellement) ou même entendu ça ou autre chose dans les traductions grecques (probablement partielles) qui lui étaient accessibles, la question reste ouverte, mais l'incidence de cette question sur l'établissement et la signification de son propre texte est nulle. Ce qui est méthodologiquement inepte, c'est de faire de considérations générales et conjecturales sur "la Septante" un outil (inadapté) de critique textuelle du NT, surtout au mépris du sens des textes du NT: c'est ce qu'ont fait un peu Howard et beaucoup la Watchtower.

Le problème de la Watchtower, comme souvent, c'est la confusion (comme elle aime parler de confusion entre "Jéhovah" et "Jésus-Christ" !) entre "scientifique" et "religieux". C'est dans la mesure seulement où elle essaie de justifier scientifiquement sa pratique religieuse qu'elle prête le flanc à une critique scientifique, et pas davantage. Qu'elle ait sa bible avec "Jéhovah" partout, et que cela fonctionne parfaitement dans le cadre de l'usage doctrinal qu'elle en fait et qui cantonne pour l'essentiel la lecture à l'échelle du verset, cela ne serait pas en soi matière à objection "scientifique", si elle ne tentait pas aussi de prouver scientifiquement que c'est le "NT original" (si p. ex., même sans renoncer à "avoir raison", elle se contentait de dire que le Saint-Esprit a "conduit" le Comité de la NWT à cette conclusion). Dans ce sens, les "apologistes" comme Gertoux ou Fontaine qui développent son argumentation "scientifique" très au-delà de ce qu'elle fait ne lui rendent pas du tout service.

Il y a bien sûr aussi une critique religieuse possible, mais celle-ci ne peut s'exercer qu'à partir d'une autre croyance. Ou bien surgir de l'intérieur même de la croyance jéhoviste, quand un TdJ se met à lire effectivement les textes du NT (au lieu de citer des "versets"), même dans la TMN, et perçoit, non pas forcément que celle-ci est "mal traduite" ou "mal interprétée" sur tel ou tel point précis, mais, de façon beaucoup plus diffuse au départ, une sorte de discordance générale entre sa religion et celle(s) des "premiers chrétiens" autour de "Jésus". Encore faut-il avoir un peu l'oreille musicale, mais pour celui qui l'a, même la TMN ne saurait y faire obstacle...

[Cette analogie musicale, je ne l'invente pas maintenant, c'est ainsi qu'elle s'est imposée à moi lorsque je relisais le NT vers la fin de ma période jéhoviste; mais je me dis maintenant qu'elle rejoint parfaitement la considération statistique d'Ivankvda Smile : toute musique est affaire de nombre et de quantité, et pour un TdJ, même dans la TMN, il y a encore beaucoup trop de "Jésus" et pas assez de "Jéhovah" dans le NT pour qu'il y reconnaisse l'air de sa "religion".]
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MessageSujet: Re: Les manuscrits anciens de la LXX   Mer 17 Juin 2015 - 18:24

Question stupide d'un amateur : je suis en effet suffisamment amateur (au bon sens du terme) pour avoir à peu près compris le problème qu'il y a à parler de LA Septante, comme s'il était question d'une œuvre "une et indivisible" (comme on dit en République). Mais je suis trop amateur (au mauvais sens) pour comprendre pourquoi l'on parle de verset du NT qui n,e citeraient PAS de la Septante (mais d'autre s trad.), comme je le lis parfois. En l'absence d'un corpus aux frontières définies, comment décide-t-on de ce qui est de la LXX ou pas ? (J'avais dit que la question serait stupide, hein!)
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MessageSujet: Re: Les manuscrits anciens de la LXX   Mer 17 Juin 2015 - 19:34

La question ne me paraît pas du tout stupide (mais en matière de Septante, je suis un "amateur" aussi): la logique qui amène à opposer "Septante" (en y incluant variantes, recensions, révisions etc.) et "autre traduction" est éminemment circulaire et contestable ; mais avec les cercles, n'est-ce pas ? ce qui compte de savoir où, comment et pourquoi on y entre ou on en sort.

On y entre par la fin, en l'occurrence, et de là on remonte: par la Bible grecque byzantine qui assume sa continuité avec la tradition des Pères grecs et d'Aristée, par les grands codex onciaux des IVe s. et suivants, par voie de critique textuelle comparative à partir de là (ex.: Rahlfs), et pour tout le fragmentaire qui précède (papyrii, etc.), à mesure qu'on le découvre, sur un critère de ressemblance ou de dissemblance par rapport à ce modèle globalement tardif, mais susceptible d'être corrigé ponctuellement quand il paraît secondaire par rapport à telle ou telle leçon jugée plus "originale" et cependant essentiellement compatible avec le modèle général. Et le dissemblant, on l'organise aussi par voie de ressemblance interne, en familles plus ou moins proches ou éloignées du modèle et entre elles, recensions, révisions, "autres" traductions. C'est comme ça qu'un "savoir" (taxinomique en l'occurrence) se construit, circulairement quelle que soit l'"entame" par laquelle on y entre, mais il faut bien y entrer quelque part.

Le cercle septuagintique fonctionne aussi parce qu'à l'autre bout on postule une "origine", une "première" traduction quelque peu "officielle" de la Torah liée à la communauté juive, à la cour royale ptolémaïque et à la bibliothèque d'Alexandrie, bref quelque chose qui ressemble très vaguement à la légende d'Aristée, sans prendre évidemment celle-ci au pied de la lettre. Et que depuis cette origine postulée on redescend dans le temps en lui reliant les traductions de nouveaux textes (Prophètes, Hagiographes) plus ou moins conformes au modèle, les révisions, les recensions, et les "autres" traductions des mêmes textes plus ou moins divergentes du modèle mais ressemblantes entre elles, selon les lignes d'une arborescence généalogique probable, en s'appuyant sur les témoignages indirects (du judaïsme alexandrin et des Pères grecs qui ne cessent de citer et de commenter leur LXX, et même du judaïsme phariséo-rabbinique qui s'y réfère a contrario).

En très très gros, c'est ainsi qu'on peut dire qu'il y a dans le NT des citations de l'AT plus "septuagintiques" que d'autres, c.-à-d. plus conformes au modèle final et à sa principale ascendance probable; mais on pourrait aussi bien ne pas le dire et ignorer totalement ce problème, qui intéresse surtout l'histoire des traductions grecques pour laquelle les textes du NT sont des "témoins" comme les autres: ça ne changerait quasiment rien, à mon sens, à l'exégèse du NT.

En tout cas, cela réfute absolument les thèses ultra-critiques (et surtout ignorantes) qu'il m'est arrivé de lire autrefois ici même, comme quoi les chrétiens auraient trafiqué "leur" Septante pour qu'elle corresponde au NT: dans de très nombreux cas et jusque dans le même codex elle n'y correspond pas !
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MessageSujet: Re: Les manuscrits anciens de la LXX   Mer 24 Juin 2015 - 10:06

Citation :
Le Tétragramme (hébreu, quelle que soit sa graphie) n'appartient certainement pas à la "Septante originale" (le Pentateuque du IIe s. av. J.-C.). Il est le fait de révisions hébraïsantes, souvent repérables à d'autres modifications textuelles (e.g. recension kaige, ou plus tard Aquila).



poreusomeqa meta sou dioti
akhkoamen oti o qeoV meq
' umwn estin
1 lhmma logou kuriou en gh sedrac
kai damaskou qusia autou di
-
oti kurioV efora an
-
qrwpouV kai pasaV fulaV tou
israhl 2 kai emaq en toiV orioiV au
-
thV turoV kai sidwn dioti e
-
fronhsan sfodra 3 kai wkodo
-
mhsen turoV ocurwmata eauth
kai eqhsaurisen argurion wV
coun kai sunhgagen crusion wV phlon
odwn 4 dia touto kurioV klhrono
-
mhsei authn kai pataxei eiV
qalassan dunamin authV kai
auth en puri katanalwqhse
-
tai 5 oyetai askalwn kai fobh
-


[por]eusomeqa meq' u[mwn oti]
[ak]hkoamen qeoV meq
' [umwn]
lhmma logou
YHWH e[n gh adrac]
kai damaskou kata[pausiV autou]
oti tw
YHWH ofqa[lmoV an-]
qrwpwn kai paswn [fulwn tou]
israhl kaige emaq [orizei au
-]
thn turoV kai sei[dwn oti e
-]
fronhsen [s]fodr[a kai wkodo
-]
mhsen t[uroV] ocu [rwma eauth]
kai ebounisen ar[gurion wV]
coun kai crusio[n wV phlon]
e
Fodwn idou YH[WH klhrono-]
mh[sei] authn kai [pataxei eiV]
qalassan dunami[n authV kai]
auth en puri [katanalwqhse
-]
tai [kai oyetai askalwn kai]

A gauche : colonne B2 du Rouleau des Petits Prophètes 8HevXIIgr (=R 943).
Au milieu : transcription. D'après Emanuel Tov.
A droite : le même texte (Zacharie VIII : 23 - IX : 4) selon la Septante (reconstituée par Rahlfs). La version que donne R 943 est appelée kaigé (kaige), parce qu'elle a remplacé le mot kai (=et) du texte original de la Septante par kaige. C'est une version qui "hébraïse" la Septante : kurioV (Seigneur) y est par exemple remplacé par les quatre lettres hébraïques du nom du Dieu Yahvé qui le désignaient dans le texte original hébreu : YHWH ( ). Les révisions du groupe kaigé sont des textes qui corrigent le texte grec de la Septante pour le rapprocher du texte hébreu dit proto-massorétique, une variante qui devient la norme juive au Ier siècle

http://thierry.koltes.free.fr/txt.htm
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MessageSujet: Re: Les manuscrits anciens de la LXX   Mer 24 Juin 2015 - 10:54

Soit dit en passant, ces deux textes côte-à-côte (dans la page source) illustrent bien le problème (de la "septuagintité" ou de la "septantitude" des traductions grecques anciennes) dont je parlais dans mon post précédent: il y a beaucoup trop de coïncidences lexicales et syntaxiques (entre l'édition critique de Rahlfs, basée essentiellement sur les codex chrétiens des IVe siècles et suivants, et le rouleau de Nahal Hever) pour que ce soit "une autre traduction", bien que dans le détail il y ait des variantes à chaque ligne ou presque. La proportion s'inverse quand on passe à une "autre traduction", qu'on puisse ou non la rattacher à une autre "famille" répertoriée (p. ex. Aquila, Symmaque, Théodotion): les coïncidences qui sont ici la règle deviennent là l'exception, plus ou moins fréquente selon le cas. Et pourtant les "autres traductions" ne sont pas non plus totalement "indépendantes" de la (famille) "Septante", puisqu'elles la connaissent et y réagissent. (Un peu comme une "nouvelle traduction" de la Bible en français, forcément influencée par les centaines de traductions qui l'ont précédée, se distinguera de la "révision" d'une traduction antérieure par son degré d'écart par rapport à celle-ci, outre la cohérence interne de ses options propres qui la "marque" ou la "signe" le cas échéant.)
(En somme et comme souvent, c'est le "quantitatif" qui fait le "qualitatif".)
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MessageSujet: Re: Les manuscrits anciens de la LXX   Lun 29 Juin 2015 - 19:00

@Narkissos : Dis donc, je me rends compte que je ne t'ai pas remercié pour ta réponse à ma question passibète. La métaphore biologique qui accote "taxon" et "famille de manuscrits" m'est très utile.
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MessageSujet: Re: Les manuscrits anciens de la LXX   Mer 1 Juil 2015 - 15:52

Citation :
On est donc très loin, il me semble, de la notion d'"éternité" (peu importe comment on la comprend), et on n'y arrivera que par la médiation de la Septante, qui perd le côté négatif de l'hébreu pour le transformer en une affirmation ontologique positive: egô eimi ho ôn, "je suis l'Etant / celui qui est". Et encore il y a un grand pas supplémentaire à faire, en termes de sens, pour passer du concept d'être à celui d'éternité.

En relisant ce fil, je me suis attardé sur cette analyse qui me semble fondamentale et que je n'avais comprise à l'époque (c'est à peine mieux aujourd'hui).
La formule de la Septante pour traduire Exode 3, 14 (je suis l'Etant / celui qui est),  a pour fonction de ne révéler en réalité aucune identité et consacre l’impossibilité de donner à Dieu un nom ... ou du moins un nom qui n’offre aucune prise au pouvoir de la nomination. La révélation de Dieu est impossible.
Ce qui conforte la thése d'un "Kurios" originel dans la LXX.
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le chapelier toqué

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MessageSujet: Re: Les manuscrits anciens de la LXX   Mer 1 Juil 2015 - 19:09

Free,
il m'est arrivé de penser en relisant Exode 3,14 que Dieu voulait dire à Moïse:
Je suis ce que je suis et cela doit bien te suffire, car si je t'en dis plus ne vas-tu pas être tenté de te faire une représentation de moi...... (mais là je déborde un peu hors du sujet)
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Narkissos

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MessageSujet: Re: Les manuscrits anciens de la LXX   Jeu 2 Juil 2015 - 0:04

@ free: il me semble que le côté négatif d'Exode 3,14ss (refus de donner une "identité", et surtout une définition de soi ouverte à la représentation, y compris mentale, comme le suggère le chapelier toqué) est plutôt mieux exprimé par le texte hébreu (pré-massorétique) que par le texte grec (de la "Septante"). Il est vrai que les deux aboutissent à une manière d'"ineffabilité", mais par des chemins assez différents. En forçant un peu le trait, on pourrait dire que dans le premier cas c'est une volonté souveraine, libre et arbitraire, qui sauvegarde sa liberté et sa souveraineté en refusant de donner à quiconque la moindre "prise" sur elle; et que dans le second, au contraire, il n'y a ni volonté ni liberté en jeu: c'est la nature même de l'Etre ou plutôt de l'Etant absolu que de ne pouvoir être désigné ni défini (que) par des appellations relatives et partielles (cf. Philon): entre les deux "versions" du "même texte", si l'on veut, il y va (en germe et à terme, car la théologie mettra de longs siècles à en déployer le potentiel de signification) de toute la différence entre une conception "personnelle" et "impersonnelle", "mythologique" et "philosophique" de "Dieu", d'un "Dieu" qui est plutôt "quelqu'un" (qui fait ce qu'il veut) ou plutôt "quelque chose" (qui est ce qu'il ou elle est).

J'avoue en revanche ne pas du tout comprendre en quoi cela "conforte[rait] la thèse d'un kurios originel dans la LXX". Pourquoi Iaô ou (ho) theos, par exemple, n'auraient-ils pas pu être pris aussi bien que kurios comme une désignation (inadéquate de toute façon) de l'Etant absolu ?

[Pour rappel, un des arguments les plus simples, sinon le plus fort, contre la thèse d'une transcription prononçable du nom divin dans la "Septante originale" (c.-à-d. le Pentateuque) se trouve dans la traduction même de Lévitique 24,16, où le verbe hébreu nqb, ambigu probablement par euphémisme (pour suggérer sans la dire une malédiction du nom de Yhwh; voir la note de la NBS à 24,11), est rendu en toute clarté par onomazô, "nommer", ce qui aboutit, au moins formellement, à une interdiction absolue de prononcer le nom: "qui nommera le nom de *Seigneur*, toute l'assemblée [sunagôgè] d'Israël le lapidera de pierres, qu'il soit prosélyte ou autochthone, parce qu'il a nommé le nom de *Seigneur* il sera mis à mort." Comme le remarquaient plusieurs auteurs référencés plus haut, il est particulièrement ironique que ce soit dans un fragment du même Lévitique (bien que d'un autre passage) qu'on trouve la seule transcription prononçable du "nom" en grec, Iaô.]
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MessageSujet: Re: Les manuscrits anciens de la LXX   Ven 3 Juil 2015 - 14:18

Jan JOOSTEN professeur d’Ancien Testament à la Faculté de Théologie Protestante de Strasbourg, déclare :

"Certains Pères témoignent également de l’existence de tels exemplaires, notamment Origène et Jérôme. Plusieurs spécialistes pensent que ces manuscrits anciens conservent l’état originel du texte de la Septante. Le remplacement du tétragramme hébreu par le nom "kuvrio" serait intervenu plus tard, en milieu chrétien, voir P. KAHLE The Cairo Geniza , p. 222. Cependant, A. PIETERSMA et plus récemment RÖSEL (Reading) ont montré, avec de bons arguments, que l’ insertion du tétragramme dans les manuscrits de la Septante est secondaire et correspond à une volonté d’ aligner le texte de la version grecque sur le texte hé breu de l’époque." (http://www.academia.edu/9548800/_Le_die ... _Septante_)


Narkissos, que penses-tu de l'analyse de P. KAHLE ... Quels éléments lui permettent-ils d'arriver à la conclusion, "Le remplacement du tétragramme hébreu par le nom "kuvrio" serait intervenu plus tard, en milieu chrétien" ? 

merci de ton aide.
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MessageSujet: Re: Les manuscrits anciens de la LXX   Ven 3 Juil 2015 - 17:23

En matière d'arguments, je ne vois pas trop ce que je pourrais rajouter à tout ce qui a déjà été écrit et/ou référencé dans ce fil (y compris cet article de Joosten auquel j'avais déjà renvoyé p. 5).

Ce qu'il faut surtout retenir, c'est qu'il n'y a pas (ou il n'y a plus) de "consensus scientifique" sur le(s) choix de la "Septante originale" (c.-à-d. d'une première traduction grecque et alexandrine tant soit peu "officielle" de la Torah = Pentateuque, à la fin du IIIe s. ou au début du IIe s. av. J.-C.). Et que, contrairement aux déductions que G. Howard tirait (très "légèrement" à mon sens) de la thèse de P. Kahle (qui date tout de même de 1959), cette question précise n'a aucune incidence directe sur le texte du Nouveau Testament -- dont les auteurs, près ou plus de trois siècles plus tard, ne lisaient certainement pas une "Septante originale".

La réfutation la plus complète de la thèse de Kahle (sur le Tétragramme hébreu dans la "Septante originale") reste celle de Pietersma (revoir le début de ce fil et les notes de Joosten). Que la thèse positive de Pietersma (i.e. kurios dès la "Septante originale") ait été à son tour mise à mal (non pas définitivement réfutée, comme l'indique sa reprise par Rösel* en 2007, voir ici et ), cela n'ôte rien à la valeur négative (c.-à-d. critique) de son argumentation contre Kahle, et n'implique en aucun cas un "retour" à ce dernier. Quelles qu'aient été les options de la "Septante originale" (Iaô, [ho] theos ou kurios -- le plus probable, au vu de la tradition textuelle existante, étant encore qu'elles aient varié au gré des textes et des traducteurs), il est tout à fait clair que 1°) la leçon (= lecture, orale ou écrite) kurios n'a pas attendu le christianisme (cf. Philon), encore moins un christianisme "post-apostolique" (cf. Paul), pour s'imposer, dans le Pentateuque comme dans les textes traduits plus tard; et que 2°) le choix de copier un tétragramme hébreu (en écriture "carrée" ou "paléo-hébraïque") dans un texte grec est le fait de recensions ou de révisions secondaires, hébraïsantes, anti-hellénistiques (et accessoirement plutôt "palestiniennes") de la Septante, en réaction contraire au projet de communication judéo-hellénistique qui avait été au départ la raison d'être de celle-ci, et qui visait (avant la crise maccabéenne au moins, et dans toutes les périodes de bonnes relations entre la communauté juive et la société hellénistique d'Alexandrie) à faire comprendre le texte à des lecteurs ou auditeurs hellénophones, juifs ou non, et sûrement pas à le leur rendre incompréhensible (car pour ce faire, il aurait suffi de ne pas le traduire) !

[Au risque de simplifier à l'excès un problème extrêmement complexe, on pourrait distinguer dans le judaïsme de l'époque hellénistique et romaine deux grandes tendances opposées sur le seul critère de l'ouverture ou de la fermeture de l'ethnos juif et de sa tradition religieuse à la langue et à la culture grecques (tendances qui rassembleraient de part et d'autre, artificiellement bien sûr, des mouvements opposés entre eux sur beaucoup d'autres points: du côté de l'ouverture linguistique et culturelle, on trouverait aussi bien l'aristocratie sadducéenne du Temple de Jérusalem que les intellectuels de l'école d'Alexandrie qui proposent une interprétation allégorique de la Torah; du côté de la fermeture, les "sectaires" ritualistes de Qoumrân et d'ailleurs qui écrivent surtout en hébreu et espèrent une réforme du Temple et du sacerdoce, et les pharisiens qui visent au contraire à laïciser le rituel de façon à se passer de sacerdoce, mais renforcent ainsi et autrement la séparation entre juifs et non-juifs -- toutes ces "écoles" étant naturellement capables de se haïr copieusement pour de toutes autres raisons que leur rapport à l'hellénisme). Si l'on s'en tenait à ce seul critère, il faudrait ranger du côté de l'"ouverture" aussi bien l'initiative originelle de la "Septante" et la poursuite de la traduction en grec du corpus hébreu et araméen (bien au-delà du futur "canon" pharisien) jusqu'au Ier siècle apr. J.-C., avec la production d'une nouvelle littérature judéo-hellénistique écrite directement en grec (p. ex. la Sagesse ou 2-4 Maccabées), des commentaires philosophiques comme ceux d'Aristobule ou de Philon; et aussi la quasi-totalité des textes du Nouveau Testament, destinés non seulement à des juifs hellénophones mais surtout à des non-Juifs; et du côté de la "fermeture", les tentatives de limiter l'usage de la Septante à une communauté ethnique, par des recensions et révisions hébraïsantes, voire de nouvelles "traductions" comme celle d'Aquila, transformant un texte au départ lisible par tous ceux qui lisaient le grec en un charabia codé accessible aux seuls "initiés" (le Tétragramme hébreu étant l'exemple par excellence d'un tel code verrouillant la lecture), et finalement le rejet de toute traduction grecque (cf. la tradition rabbinique rapportée dans le traité Sopherim, i, 7, où la traduction de la Torah en grec est assimilée à la fabrication du veau d'or). Cette perspective, si arbitraire et réductrice soit-elle, aiderait peut-être à prendre la mesure de l'aberration qu'il y a à s'imaginer que les auteurs du NT, qui écrivaient en grec pour un public majoritairement non juif (on ne peut guère en douter, en y mettant beaucoup de bonne ou de mauvaise volonté, que pour l'évangile de Matthieu et l'Apocalypse de Jean), auraient non seulement choisi, mais imité, des "sources" dont la pratique textuelle avait précisément pour objet et pour effet de faire obstacle à ce type de communication entre juifs et non-juifs. (De fait et fort logiquement, la question du "nom divin" mise à part, les citations de l'AT dans le NT ne portent pas les autres marques textuelles des recensions hébraïsantes, du genre kaige p. ex.)]

[*L'article de Rösel offre un tour d'horizon intéressant de toute la tradition hébraïque, araméenne et grecque qui substitue au tétragramme un équivalent de "Seigneur" -- 'adonay, mar(a)(n), kurios -- ce qui l'amène à traiter un peu vite des sujets très divers, comme la vocalisation massorétique (le Codex de Leningrad qui en vocalisant le plus souvent le Tétragramme e/a suggère le qere' shema' [= "le Nom", en araméen], présuppose néanmoins le qere' classique et sa variation 'adonay / 'elohim en fonction de la présence d'adonay en toutes lettres dans le contexte immédiat), les pratiques de substitution des textes hébreux et araméens du désert de Juda (Qoumrân etc.) qui font ressortir une concurrence entre 'adonay et 'el, et enfin les traductions grecques (LXX etc.). Son principal argument contre un Iaô original dans la Septante est celui que j'évoquais à la fin de la page précédente, à savoir la traduction de Lévitique 24,16 qui provoquerait la transgression de l'interdit même qu'elle énonce (on pourrait imaginer ça sous forme d'un gag à la Life of Brian, où le lecteur public du texte se ferait aussitôt lapider, à sa demande expresse, par son auditoire); l'objection ne me paraît cependant pas insurmontable, pour peu qu'on tienne compte du contexte qui implique bien l'idée, sinon le mot, de blasphème; et surtout elle prouve trop: "originale" ou "secondaire", la transcription Iaô existe et elle a bien dû affronter le problème d'une façon ou d'une autre.
La partie qui m'a le plus intéressé est celle qu'a également relevée Hurtado, où Rösel analyse exégétiquement, ou plutôt théologiquement, les variations des substituts dans la tradition septuagintique, constatant que le traducteur a des raisons contextuelles et idéologiques de préférer remplacer YHWH par theos là où il est question de jugement ou d'arbitraire divin, et quand YHWH est mis en relation avec des "étrangers" ou "païens" (non-Israélites, non-Patriarches, etc.) -- distinction comparable aux variations de substituts notés dans les textes hébreux ou araméens de Qoumrân etc., et même chez Philon où elle se renverse en fonction du sens ordinaire de kurios (theos est plutôt le Dieu bon et miséricordieux, kurios le souverain obscur). Mais 1°) ça ne prouve pas que l'autre solution ait été d'emblée kurios (on peut imaginer une distinction similaire entre theos et Iaô p. ex.) et 2°) ce type de distinction existe aussi dans le texte massorétique (p. ex. Genèse 22, où 'elohim ordonne le sacrifice et Yhwh l'arrête). En tout état de cause, de tels cas montrent assez que la traduction de l'hébreu au grec, que ce soit dans la "Septante originale" ou dans ses premières révisions, n'a pas été "mécanique", mais témoigne d'une sensibilité théologique et d'une attention au contexte -- ce qui a fait justement défaut aux théories de Howard, de Furuli et de Trobisch p. ex. (voir les notes de Rösel) qui ont cru pouvoir extrapoler mécaniquement de la forme du texte hébreu à celle d'un texte grec (LXX et/ou NT) dans une méconnaissance presque totale des systèmes de signification propres aux différents textes concernés.]
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