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 Eli, Eli, lema sabachthani

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VANVDA



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MessageSujet: Eli, Eli, lema sabachthani   Sam 24 Juil 2010, 21:51

Bonjour à tous,

Je me fais plus rare depuis quelques temps ici, et ailleurs. Même pour moi, j'ai l'impression de me faire rare; c'est vous dire! J'ai le sentiment de faire depuis quelques temps la conquête de l'abandon, l'apprentissage de l'ignorance, et il doit bien y avoir deux ou trois autres oxymores encore pour tenter de dire ça, mais je suis en manque d'inspiration.

Dans ces moments-là, il me reste une turlutaine araméenne, qu'un charpentier aurait prononcé sur sa dernière poutre:
Eli, Eli, lema sabachthani: "mon dieu, mon dieu, pourquoi m'as-tu quitté?"

Mon dieu, qu'était-il? C'est le jour où je me suis rendu compte que je ne savais pas répondre à cette question toute con qu'il a décidé d'aller voir ailleurs si j'y étais, et je n'y étais pas.

Bien sûr un bon chrétien me dirait que mon dieu ne m'a pas abandonné, que ce ne peut être que moi qui l'ai quitté, et il aurait peut-être raison, à sa façon. Mais ce n'est pas ce que je crois: un jour, dieu n'était plus là. C'est tout. J'ai bien regardé partout: compte tenu de son don d'ubiquité c'était là que j'avais le plus de chance de le trouver. Il n'y était plus. Ça m'apprendra à faire attention à mes affaires!

Dieu n'était pas dans le vent (Dieu n'est pas un Beatles!), pas dans les tremblements de terre, pas dans le feu: il n'y a plus de lui qu'un silence subtil.

Ce cri résonne encore en moi, 2000 ans après qu'il ait été poussé: "pourquoi m'as-tu quitté?"
Personne n'a répondu à Jésus. Et à nous non plus. Silence subtil. C'est d'ailleurs bien comme ça qu'on sait qu'il nous a vraiment abandonné.

Me voilà donc tout seul, exemplaire unique, sans doute loin d'être exemplaire, au milieu de six milliards d'exemplaires uniques, dans un monde qui n'en fini pas de s'écrouler car il n'a nulle part où choir. Je suis un acteur en attente d'un metteur en scène, comme tout le monde, et j'ai la nostalgie du temps où je croyais avoir trouvé un bon scénario à jouer. Je n'ai plus de texte à faire vivre, plus de partenaires à qui donner la réplique: sans scénario, il n'y a même plus de gentils et de méchants, plus de cow-boys ou d'Indiens, les shérifs ne valent guère mieux que les outlaws, et plus de happy-ending...

On peut toujours se dire qu'il n'y a qu'à s'inventer son texte à soi: n'est-ce pas ce que je fais un peu ce soir, et ce qu'on fait chaque fois qu'on écrit ici ou ailleurs?
Mais franchement, ça n'a plus le même goût, plus la même fraîcheur. Je n'y crois pas à ce texte-là, puisqu'il est de moi. Dieu n'est plus là pour jouer les souffleurs, qui soufflait par dessus le tohu-bohu, un souffle qui avait au moins le mérite de me tenir en haleine. Quand dieu est essoufflé, le croyant expire.

Pourquoi m'as-tu abandonné?
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Narkissos

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MessageSujet: Re: Eli, Eli, lema sabachthani   Sam 24 Juil 2010, 22:11

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VANVDA



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MessageSujet: Re: Eli, Eli, lema sabachthani   Sam 24 Juil 2010, 22:35

J'ai pensé, à la lecture de la fiche, à mon troisième oxymore de la soirée: Dieu était un vide qui remplissait bien. (Pas très originale?)

Tu as gagné: j'ai maintenant envie de voir ce film, malgré sa suèditude.
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eldany



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MessageSujet: Re: Eli, Eli, lema sabachthani   Sam 24 Juil 2010, 22:42

Est-ce que cela peut te rassurer? Je crois vaguement me reconnaitre dans ce que tu évoques si bien.

J'aime bien lire les croyants, en les lisants je ressens presque la foi! C'est déjà ça.
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VANVDA



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MessageSujet: Re: Eli, Eli, lema sabachthani   Sam 24 Juil 2010, 23:15

Bonsoir Daniel,

Non, ça ne me rassure pas!

J'ai lu très récemment un petit texte qui m'a beaucoup touché, où était cité Pascal: "tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre." C'est sans doute vrai, mais tout son bonheur aussi, vient de là.

J'avais une amie vraiment très chère à mon cœur, chez les TdJ, qui aimait à répéter cette petite phrase, toute simple de son bon sens: "On n'est jamais aussi heureux, ni aussi malheureux, qu'on veut bien se le raconter".

Et pourtant, il faut croire qu'on a besoin de se le raconter, tant on met du cœur. Je vois Dieu un peu comme ça, comme cet hypothétique bonheur/malheur: "il faut croire qu'on a besoin de se le raconter". Mais la vie, elle, heureuse et malheureuse, doit se faire sans.

Le lien est loin d'être évident, mais cette discussion me fait penser à une chanson de Benjamin Biolay, qui s'amuse à prendre le parfait contrepied du fameux "If..." (tu seras un homme, mon fils) et des valeurs "héroïques" qu'il véhicule, dans ce texte qu'il a écrit pour sa fille:

http://www.youtube.com/watch?v=m-bLZrJJ8zM

"...Il va falloir faire avec, ou plutôt sans."
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eldany



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MessageSujet: Re: Eli, Eli, lema sabachthani   Sam 24 Juil 2010, 23:45

Ce n'était pas vraiment le but non plus Smile

"...Il va falloir faire avec, ou plutôt sans."

Parfois les vieux disent ne pas avoir peut de partir, mais de partir en souffrant.

Le problème de ce vide est dans la réadaptation, la souffrance morale de ne pas comprendre aussi, d'une nouvelle solide comprise.

Mais toute l'humilité de savoir que nous ne pouvons rien changer à ce qu'est la vie, de rien prétendre de la vie, et d'être heureux de presque rien, tout en s'estimant encore, ..oui et alors... ben de sais pas.

Tu as raison, j'ai pas compris la phrase de ton amie. Smile Tant pis je méditerai sur cette chose lue.
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Narkissos

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MessageSujet: Re: Eli, Eli, lema sabachthani   Dim 25 Juil 2010, 02:11

@BB
J'ai choisi cette fiche surtout pour sa provenance (Bergman, au moins, n'est pas loin de chacun de nous ;)); mais si ton texte m'a fait penser très fort aux Communiants, c'est parce que ce film est, entre autres, une variation multiple sur ce thème précis. La phrase même ("mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné") vient aux lèvres de Thomas (le pasteur) lorsqu'il comprend que sa confession d'athéisme, quoique sincère, abandonne Jonas à son angoisse objectivement dérisoire, mais qui va quand même le conduire à la mort. Son propre sermon sur le "silence de Dieu" (cf. aussi la prière du pasteur de Cris et chuchotements) est ridicule aux yeux de sa compagne athée, pour qui naturellement ce silence va de soi. Celle-ci en revanche ne comprend pas l'indifférence de Thomas pour le Christ, dont il trouve la représentation ultra-pathétique grotesque, comme au fond tout autre malheur que le sien. Et il y a enfin le personnage geignard, ridicule et agaçant du sacristain, qui estime avoir souffert plus que Jésus, dont le commentaire évangélique va pointer l'abandon du Christ par Dieu mais aussi par les disciples. Les solitudes individuelles ne se rejoignent jamais, chacune est pour les autres (et même pour soi avec un minimum d'autocritique) méprisable. Et pourtant tout cela est aussi le revers d'une "communion".
Je repense au jour où j'ai vu ce film pour la première fois par hasard, alors que je ne connaissais absolument rien de Bergman: je ne l'ai plus lâché depuis...
Merci pour la chanson de Biolay, que je ne connaissais pas: très beau texte aussi.
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MessageSujet: Re: Eli, Eli, lema sabachthani   Dim 25 Juil 2010, 10:54

@eldany:Dieu serait-il un soin palliatif?
La phrase de mon amie ne veut sans doute pas dire grand chose d'autre que ce qu'elle dit, très terre-à-terre, mais peut-être faut-il avoir connu cette petite bonne femme qui n'était faite que de douceur triste, pour aimer et toucher du doigt ce qu'elle disait.

Bizarrement, ce n'est que lorsqu'aujourd'hui est devenu hier qu'on décide de quoi il était fait. Pour les âmes nostalgiques, on se dira que c'était bien , c'était chouette (comme chez Laurette) alors qu'aujourd'hui est toujours gris.
Je ne sais pas pourquoi les souvenirs semblent si lumineux, alors qu'on trouvait le présent d'alors, où ils se sont crées, tout aussi gris que le présent d'aujourd'hui.
Ce n'est qu'une fois qu'on a perdu ces petits passages de nos vies, et avec le temps qui passe et nous regarde passer cette perte est inexorable, qu'on se met à les aimer, mélancoliquement .

Peut-être que lorsqu'on ne croit plus aux lendemains qui chantent, il n'y a plus que nos "hiers" pour nous pousser leur ritournelle.

Contrairement à d'autres ici, je ne me souviens pas avoir jamais eu de sentiments religieux très développés, ou alors vraiment très passagèrement, dans telle ou telle circonstance très particulière. Et pourtant, j'ai la nostalgie de Dieu, comme si ce "petit rien", qui avait au quotidien si peu de sens pour moi, avait été un "gros tout" dans ma vie.
Dieu est-il de ces gens dont on se dit, lorsqu'ils sont partis, qu'on a eu de la chance de les croiser, alors qu'on leur accordait si peu de place lorsqu'ils étaient là?

So I was the lucky one
Reading letters, not writing them
Taking pictures of anyone
I know

("Au revoir Simone", drôle de nom pour un groupe de Brooklyn)

http://www.youtube.com/watch?v=yiKlfvwCkwU&feature=related

@Didier: Je me souviens maintenant que tu nous avais raconté tes larmes en sortant du cinéma où tu avais vu ce film par accident.
Je dirais au contraire que les solitudes se croisent, assez régulièrement: c'est bien ça le pire. On a régulièrement l'occasion de mesurer leur étendue par tous ces moments fugaces où on en vient à les oublier et où l'on veut s'affirmer qu'elles ne sont pas. Une fois qu'on a raté le train, on se rend compte combien le quai est long.

Le problème, c'est qu'on ne sait pas quel train a raté l'humanité: le train pour où? Il y a juste le sentiment d'un rendez-vous manqué, avec on-ne-sait qui, ni on-ne-sait où, ni on-ne-sait pour quoi, et on nomme Dieu l'absent.

"Parfois on regarde les choses
telles qu'elles sont
en se demandant pourquoi.
Parfois on les regarde
telles qu'elles pourraient être
en se disant: pourquoi pas?
"
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MessageSujet: Re: Eli, Eli, lema sabachthani   Dim 25 Juil 2010, 15:04

BB
C'était Le sacrifice, de Tarkovski, un peu plus tard. Bergman me fait rarement pleurer (sauf quelques scènes, surtout sans paroles, dans Cris et chuchotements, par exemple). Ce qui m'a saisi d'abord dans les Communiants, c'est une impression de vérité implacable, glaciale ou brûlante plus qu'émouvante. Mais il est vrai que les deux furent pour moi des chocs d'intensité comparable, quoique de nature très différente. (Et bien sûr ça tient aussi beaucoup au moment où je les ai vus pour la première fois.)
Les solitudes se croisent, oui. En écrivant qu'elles ne se rejoignent pas je voulais dire (je pense) qu'elles ne sont pas solubles les unes dans les autres (cf. la réplique de Jouvet dans Hôtel du Nord: "avec nos deux malheurs nous pourrions faire... -- une grande catastrophe?").
A part ça... je me suis d'abord, comme tout le monde, insurgé contre la suprématie du passé, puis contre celle de l'avenir, avant de m'apercevoir que celle du présent était encore plus tyrannique et moins légitime...
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MessageSujet: Re: Eli, Eli, lema sabachthani   Lun 26 Juil 2010, 10:22

Peut-être que le pire dans notre histoire humaine, c'est de se rendre compte à quel point nous avons besoin de Dieu, et de constater en même temps à quel point lui (s'il existe) n'a pas besoin de nous!

L'homme cherche Dieu, nous dit-on, mais a-t-il donc oublié que l'homme lui-même est à Son image? L'homme ne devrait-il donc pas chercher l'homme?

Il y a tant de solitaires qui auraient besoin de nous voir frapper à leur porte! La solitude, ce n'est peut-être pas de voir personne venir frapper à notre porte, c'est peut-être plutôt de ne plus avoir envie d'aller nous-mêmes frapper à la porte des autres...

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MessageSujet: Re: Eli, Eli, lema sabachthani   Lun 26 Juil 2010, 15:32

Un Dieu silencieux

« Certains hommes écoutent le silence de Dieu, d'autres le bruit du diable » comme l'écrit, non sans humour, l'écrivain français Hafid Aggoune (Les Avenirs, Farrago, 2004) !

Le silence de Dieu est avant tout le drame de Job. Et pourtant – finalement – Dieu lui répond... comme il répond à beaucoup d'autres, confrontés au silence divin ! « Job, s'il est placé face au silence de Dieu, ne reste pas dans le silence ! Il parle, il crie, il dit sa colère, son malheur à Dieu. Job apprend à ne pas tout comprendre de Dieu. [...] En face du silence de l'infini de Dieu, l'homme prend conscience de sa finitude, de sa limite d'homme . » Ne nous laissons pas désarçonner par les silences inexplicables et « injustifiables » de Dieu qui est en dehors de notre temps et au-dessus de tous ; sa non-intervention ne doit pas nous amener à conclure pour autant au vide du ciel.

http://bouquetphilosophique.pagesperso-orange.fr/mal.html


Job, contrairement au silence d’Abraham, n’obtient aucune explication, il ne lui est donné aucune promesse, aucune parole. Il est précipité dans la mort des siens, la maladie, la souffrance, et il est entouré du silence. Ce silence durera, selon certains commentateurs, quarante ans. De plus Job doit se battre contre les paroles vaines de ses amis, de ceux qui veulent rompre ce silence insoutenable pour la raison. Job leur dit : « Que n’avez-vous gardé le silence ! »

Il est bon d’attendre en silence le secours de l’Éternel. »(Lam. 3.26)

http://www.relation-aide.com/articles/description.php?rech=ok&id=254&cat=24
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MessageSujet: Re: Eli, Eli, lema sabachthani   Lun 26 Juil 2010, 15:49

Citation :
Il est bon d’attendre en silence le secours de l’Éternel.

Paul Claudel a dit : "Dieu n’est pas venu supprimer la souffrance. Il n’est même pas venu l’expliquer. Mais il est venu la remplir de sa présence."

Peut-être donc est-il encore meilleur de ne rien en attendre du tout, et de vivre simplement sa vie ici et maintenant. A force de toujours attendre, ne finit-on pas par passer à côté de la vie, et mourrir sans avoir vraiment vécu?


Depuis que l'homme a la faculté de se poser des questions métaphysiques, il a eu besoin de croire à la vie éternelle, et de se donner une place importante dans l'Univers. C'est l'égocentrisme humain qui le pousse à s'élever au-dessus des autres espèces, et à désirer mieux que sa simple condition d'animal mortel.

Et si finalement nous n'avions que la place qui est la nôtre aujourd'hui, rien de plus, rien de moins, et que notre vie n'avait pas d'autre issue que la mort et l'oubli? Viverions-nous alors différemment?

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MessageSujet: Re: Eli, Eli, lema sabachthani   Lun 26 Juil 2010, 17:37

Collectivement, et donc pour les uns autrement que pour les autres, la complexité est notre façon d'"être simples" et de "vivre simplement". Les démêlés avec des amis et des ennemis "imaginaires" en font partie intégrante, même s'ils nous affectent diversement.
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MessageSujet: Re: Eli, Eli, lema sabachthani   Lun 26 Juil 2010, 18:37

spermologos a écrit:
Collectivement, et donc pour les uns autrement que pour les autres, la complexité est notre façon d'"être simples" et de "vivre simplement". Les démêlés avec des amis et des ennemis "imaginaires" en font partie intégrante, même s'ils nous affectent diversement.
Alors là, désolé de le dire, mais j'ai rien compris!

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MessageSujet: Re: Eli, Eli, lema sabachthani   Lun 26 Juil 2010, 20:07

Eh ben alors on va tâcher de le dire autrement:
La "nature" et même l'anatomie humaines (station debout, préhension, developpement du cerveau) sont inséparables de la "culture" (technique, représentation, symbolisme, langage, transmission). Tout cela qui "nous" constitue humains s'est formé ensemble et en corrélation. Mythe, religion, écriture, philosophie, science, représentation du monde, des origines et des fins, etc., se sont construits autour de la conscience de la mort et font partie de "nous" même si à titre personnel "je" suis incroyant, analphabète, ignare, etc. La complexité du "système" repose sur la spécialisation des individus et leur permet, ou plutôt leur enjoint, d'être plus ou moins "simples". Mais la simplicité comme idéal et objectif universel, c'est la négation pure et simple, pour le coup, de l'humanité.
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MessageSujet: Re: Eli, Eli, lema sabachthani   Mar 27 Juil 2010, 09:05

@ Didier: J'allais te demander pourquoi tu penses la tyrannie du présent encore moins légitime que celle d'hier ou de demain, mais je crois que tes interventions suivantes éclairent un peu cette idée: il est dans la nature de l'humain d'être à la fois dans l'aujourd'hui, l'hier et le demain (à tour de rôle ou même parallèlement?).


@Seb:
Citation :
A force de toujours attendre, ne finit-on pas par passer à côté de la vie, et mourrir sans avoir vraiment vécu?

Que serait donc une vie à côté de laquelle on ne passe pas? Toute la question est là...
Un TdJ qui reste TdJ toute sa vie, jusqu'à la fin, s'il l'a été sincèrement et suffisamment intelligemment pour ne pas virer "ultra", mourra-t-il avec le sentiment d'être passé à côté de sa vie?
Franchement je ne le crois pas vraiment, ou en tout cas pas plus que moi au moment de ma propre mort, je pense, même si ça a été pour lui une vie d'attente perpétuelle. La Grande Nuit au lieu du Grand Soir, certes, mais sont-ils passés à côté de leur vie pour autant? On y va tous à la Grande Nuit, et on connaitra tous, je le crans, à l'heure du bilan, le goût amer de l'échec, plus ou moins prononcé, à rêver de ce qui aurait pu être si seulement...
Ce qui a été impossible pour moi, c'est de continuer de partager l'affirmation de cette attente alors que je n'attendais plus rien. Mais tant que je ne me l'étais pas formellement avoué, je ne me souviens pas avoir eu, à l'époque, le sentiment d'être en train de passer à côté de ma vie.
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MessageSujet: Re: Eli, Eli, lema sabachthani   Mar 27 Juil 2010, 10:53

En effet Bertrand, même si la vie est pour les TJ (et d'autres) juste un passage obligé, dont le but ultime serait la vie d'après, le sentiment que ces personnes ont vers la fin n'est pas celui d'un gâchis, mais bien celui d'avoir construit pour l'avenir, d'avoir atteint un but. Je pense même qu'il est plus facile de vivre en pensant que ça ne finira jamais, et que toute sa vie présente est tournée vers ce but ultime de la prolonger à l'infini.

Le problème, c'est que ce rêve de vie éternelle a une histoire bien ancrée dans la réalité, et qu'une fois que l'on connaît cette histoire, il devient pratiquement impossible de croire encore que ce rêve soit réel.

La vie, comme tout bon livre, a donc bien un début et une fin. A nous donc d'écrire chaque page, et de terminer le dernier chapitre au mieux!

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MessageSujet: Re: Eli, Eli, lema sabachthani   Mar 27 Juil 2010, 14:56

Le "propre" de l'homme, c'est une liste interminable de choses (y compris le rire de Rabelais) dont chaque ligne reste infiniment discutable; mais il me semble que "passer à côté de sa vie" pourrait y figurer en bonne place. Dès la petite enfance nous sommes séparés des choses par des symboles (signes, mots, noms, lettres, représentations), comme nous le sommes de notre propre "corps" par des vêtements. Toute notre éducation est une initiation progressive à des formes de plus en plus complexes de médiations symboliques et de projections imaginaires, dont le jeu autonome finit par nous intéresser beaucoup plus que le réel, qui nous étonne lorsque nous nous y heurtons de temps en temps (cf. le réel symptôme chez Lacan). Les chats de mon entourage ne me semblent pas passer à côté de leur vie, en tout cas beaucoup moins que moi. L'étonnement, l'inquiétude, quelquefois la rage qui saisit un petit enfant quand il voit sa mère lire un livre (ou regarder un écran sans images) est d'abord une réaction à la perte réelle qu'une telle (in-)activité implique: aliénation, absence, quasi-mort du corps. Il a pour compensation la curiosité pour ce qu'il y a "dans" le livre (ou l'écran), curiosité qui va peu à peu, dans une éducation "réussie", le séduire, le capter et le faire passer à son tour, définitivement, "à côté de sa vie". Une fois passé de l'autre côté du miroir, en effet, la seule chance de retrouver "sa vie" sera de quelque façon littéraire, comme dit Proust: par la représentation même qui l'en a aliéné, par des jeux de miroirs supplémentaires, par un écart grandissant au réel.
Voilà qui relativise considérablement, à mon sens, la question de savoir si certains passent plus que d'autres "à côté de leur vie".
Je me demande d'ailleurs, de ce point de vue, ce que nous redoutons vraiment quand nous disons craindre la mort. Est-ce la mort "réelle", celle du corps, qu'en un sens toute notre "vie" symbolique et imaginaire a déjà anticipée, ou bien justement le retour de celle-ci au réel, et la révélation ultime de la fiction qu'elle aura toujours été?
@BB: tout juste. J'ajouterais seulement qu'il est assez "naturel", si l'on peut encore dire, que le passé occupe une place de plus en plus importante à mesure qu'on vieillit, simplement parce qu'on en a un. La fureur de la jeunesse contre le passé qui lui semble étouffer le présent et l'avenir (ce qui est quelquefois vrai aussi) s'explique aussi par son manque de passé, et, partant, son manque de lien avec le passé en général. Evidemment plus dans une société individualiste que traditionnelle.
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MessageSujet: Re: Eli, Eli, lema sabachthani   Mer 28 Juil 2010, 11:58

Je reviens de la librairie où j'ai feuilleté le livre de Douglas Kennedy : Au pays de Dieu.

J'ai lu les quelques pages où l'auteur récolte le témoignage d'une ex-TJ. Sa conversion, les premiers temps puis les difficultés et enfin la découverte que les Témoins de Jéhovah sont vraiment une secte où la libre arbitre est renié.

En ouvrant son placard, elle montre à Douglas Kennedy tous les livres de la Watchtower (le traducteur a traduit par La Tour de Guet,....) et dit : "Quand j'y repense, je souris en me disant comment ais-je pu croire à tout ça ? "

puis sa voix devient triste et elle dit :

"le plus angoissant, c'est de savoir maintenant qu'il n'y a rien. Pas de paradis, pas d'au-delà. Tout ça était une chimère, un lieu où nous étions invité à inventer notre propre illusion." (je cite de mémoire)

La raison de la conversion des personnes pour elle :" l'ennui avant tout. Pas de réelle passion dans ou pour la vie. La réponse jéhoviste se présente comme étant LA solution ultime."

D'où ma question mon cher BB : est-ce Dieu ou l'espoir d'une autre vie qui te manque le plus ?
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MessageSujet: Re: Eli, Eli, lema sabachthani   Mer 28 Juil 2010, 13:29

ce fil me fait penser à un article de TJ Révélations écrit par Florian qui s'intitule :



Les ex-TJ, une « génération désenchantée » ?


En 1991, lorsque Mylène Farmer déclara faire partie d’une génération « désenchantée » dans son tube du même nom, le public se reconnut dans ces paroles et plébiscita la chanson qui remporta un très vif succès en France. Le clip vidéo, réalisé comme un court métrage, met en scène la chanteuse ainsi que de nombreux enfants prisonniers dans une usine qui semble être une sorte de goulag. Mais après une révolte dont la chanteuse est l’instigatrice, les chaînes de l’esclavage se brisent et, tandis que le refrain bat son plein, les prisonniers s’échappent de l’usine dans une atmosphère de liesse, tout étourdis par la liberté qu’ils viennent de recouvrer. Mais soudain, la musique s’arrête et les anciens prisonniers stoppent brusquement leur course effrénée : devant eux s’étend à perte de vue une vaste plaine enneigée qu’ils contemplent avec stupeur. La joie, déjà oubliée, laisse la place à un sentiment d’inquiétude qui se lit sur les visages désemparés. Il est facile de deviner les questions qui se bousculent alors dans leurs têtes, et qui peuvent se répartir en deux catégories, liées l’une à l’autre :



Voir le clip sur Dailymotion



« Était-ce vraiment utile de briser nos chaînes ? Ne serions-nous pas perdants au final ? »

« Et maintenant, qu’est-ce qui nous attend ? Cette liberté fraîchement acquise débouche-t-elle sur quelque chose ? Et si c’était le vide ? »

http://www.tj-revelation.org/Les-ex-TJ-une-generation


Comme le fait remarquer Sherlock et si le vide existait avant que nous devenions TdJ et que c'est la raison pour laquelle nous nous sommes convertis ainsi nous avons eu l'illusion de faire disparaitre ce vide et maintenant nous prenons conscience de la réalité de ce vide...et c'est difficile à vivre.


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Narkissos

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MessageSujet: Re: Eli, Eli, lema sabachthani   Mer 28 Juil 2010, 13:46

Ou: l'Exode est un scénario increvable (avec ou sans Terre promise).

P.S.: le film dont il est question ici s'ouvre aussi sur "Et Dieu conduisit son peuple au désert". La seule autre citation biblique, de mémoire, est tirée des confessions de Jérémie (20,7): "Tu m'as dupé, Yhwh, et je me suis laissé duper."
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MessageSujet: Re: Eli, Eli, lema sabachthani   Ven 06 Aoû 2010, 12:08

Jésus désenchanté, sur la croix aurait-pu dire à l'instar de Qohelet, "Vanités des vantés, tout est vanité " en lieu est place de 'Pour m'as-tu abandonné'.
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Narkissos

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MessageSujet: Re: Eli, Eli, lema sabachthani   Sam 07 Aoû 2010, 14:12

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MessageSujet: Re: Eli, Eli, lema sabachthani   Lun 09 Aoû 2010, 10:30

spermologos a écrit:
Dans ce genre-là?


J'adore il faut prendre la mort du bon côté.....
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sletan

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MessageSujet: Re: Eli, Eli, lema sabachthani   Lun 09 Aoû 2010, 22:39

bonsoir!! et si "sabachthani" veut dire "pourquoi m a tu devancer...!!" en traduction marocaine c est ce que veut dire ce mot , cela donnerait une autre comprehension du drame vécu par Christ ...
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