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 La tragédie des siècles.

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le chapelier toqué



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Date d'inscription : 31/08/2010

MessageSujet: La tragédie des siècles.   Dim 06 Mar 2011, 16:26

La tragédie des siècles. Ce titre pourrait concerner l’histoire de nombreuses civilisations disparues en totalité ou partiellement, il pourrait servir à brosser l’histoire humaine pour démontrer l’impuissance des hommes de régler les problèmes inhérents à notre nature, maladies, accidents, guerres, mort.
La tragédie à laquelle je pense à trait à la réalisation des prophéties contenues dans les évangiles de Matthieu, Marc et Luc. Ces trois évangiles rapportent des paroles de Jésus à propos d’une fin, non seulement du système juif, mais également et surtout, du monde. Il est tout fait naturel de s’intéresser à la marche des évènements afin d’en tirer une leçon, et il est tout à fait passionnant de se poser des questions quant à ce qui pourrait subvenir à la suite d’une intervention divine.
Les chapitres 24 de Matthieu, 13 de Marc et 21 de Luc nous font pénétrer dans le groupe relativement restreint des disciples de Jésus qui interrogent leur ami et maître à propos du temple de leur ville, Jérusalem, et suite à la réponse de ce dernier lui demandent ce qu’il en sera d’une fin du monde , (de l’ère [grec =αίϖνος ]).
Ces hommes, dont la plupart étaient des gens ordinaires, pensèrent sans aucun doute qu’ils verraient de leur vivant cette fin promise par celui qui les enseignait depuis quelques mois avec tant de pertinence. L’histoire nous apprend effectivement que Jérusalem fût détruite pratiquement du vivant des participants de cette discussion, mais la fin du monde n’a pas été au rendez-vous. L’auteur de la 1ere lettre aux Corinthiens a lui aussi caressé la même espérance, ne pas mourir avant la seconde venue de Jésus, nous lisons en effet en 1Cor. 15.51, 52 :
« 51 Je vais vous faire connaître un mystère. Nous ne mourrons pas tous, mais tous, nous serons transformés, 52 en un instant, en un clin d’œil, au son de la trompette finale. Car la trompette sonnera, les morts ressusciteront incorruptibles, et nous, nous serons transformés. »

La tragédie des siècles prend effet à partir de la fin du 1er siècle, lorsque les premiers chrétiens décédés leur successeurs vivent à leur tour intensément pensant se trouver dans la période finale des jours et ainsi de suite. Lorsque la Réforme vit le jour certains prédicateurs et non des moindres avaient la certitude de vivre également dans la période trouble de la fin des temps, ce qui justifiait à leurs yeux une réforme drastique de la pratique religieuse.
Ainsi bien qu’il soit impossible d’être comme les premiers chrétiens, qui d’une part étaient pour beaucoup d’anciens pratiquants juifs, et d’autre part des personnes pratiquants des cultes dédiés à d’autres dieux ou déesses, l’on peut développer ce sentiment de vivre la proximité d’une intervention imminente de Dieu dans les affaires humaines. Il convient cependant d’émettre un bémol à ce regard jeté sur le temps et les évènements qui se déroulent sous nos yeux. Ce n’est pas la première fois que des chrétiens pratiquants convaincus pensent vivre ce temps attendu par des générations de croyants, certes les mouvements de l’histoire semblent s’être emballés, mais sommes-nous bien certains que les évènements que nous vivons non pas déjà été ressentis comme tels par le passé?

Après la terrible épidémie de peste qui laissa l’Europe à bout de souffle après la perte de plus d’un tiers de sa population, de nombreux prédicateurs itinérants annoncèrent le début de la fin des temps qui bien sûr ne vint pas. Certains feront remarquer que le temps défini par Dieu n’était pas encore arrivé.
Mais que savons-nous au juste sur ce fameux temps, y-a-t-il des éléments nous permettant de définir ce temps ? Mis à part des calculs ayant débouché sur des dates qui n'ont pas toujours été les mêmes.
" Vous allez entendre parler de guerres et de nouvelles de guerres ; veillez à ne pas être terrifiés. Car il faut que ces choses arrivent, mais ce n’est pas encore la fin." Matthieu 24 .6
Une telle description n’est pas à même de permettre une identification précise de la période en question, et ce n’est pas sans raison que Jésus à ajouter :
« Quant à ce jour-là et à cette heure-là, personne ne les connaît, ni les anges ni le Fils, mais seulement le Père. » Matthieu 24.36
Dans les versets suivants Jésus compare la situation de Noé à celle des personnes vivant au moment de la fin des temps et il déclare à propos des contemporains de Noé :
« et ils ne se rendirent compte de rien… » Matthieu 24 :39 ou « et ils n’ont pas été attentifs.. » le texte grec utilise le verbe équivalent à : connaître « ЁΥνωσαν »
Le verset 38 décrit les occupations de ces personnes : « Car, de même qu’ils étaient en ces jours d’avant le déluge : ils mangeaient et buvaient, les hommes se mariaient et les femmes étaient données en mariage, jusqu’au jour où Noé est entré dans l’arche. »

Jésus ajoute, selon Luc 21:17 "et vous serez les objets de la haine de tous à cause de mon nom"
de nos jours ce nom de Jésus ne fait plus peur et n'attire plus d'oppresions excepté dans certains pays de tendance islamiste.

Reconnaissons-le cette description des occupations humaines est celle que l’on pourrait trouver à n’importe quelle année dès le début de l’ère chrétienne et même bien avant. Une telle mise en garde confirmée par une description si évasive n’est pas à même d’enflammer les esprits, à moins de venir régulièrement secouer les braises du feu s’éteignant régulièrement. Et c’est bien dans cette activité que se sont complus d'abord l’Eglise catholique puis les diverses mouvances réformées et enfin à notre époque de nombreux mouvements se réclamant tous comme étant le seul et unique chemin menant à Dieu.


La tragédie des siècles veut que le chrétien se tienne toujours prêt comme si la fin était pour le lendemain tout en continuant son bonhomme de chemin, attirant les regards sur les bontés de Dieu et sur son dessein qui ne peut que réussir. Dans un sens ce n’est pas tout à fait inexact car nul ne sait quand sa fin viendra, à chaque instant nous pouvons passer de vie à trépas, et il en sera fini de notre participation active au grand carrousel de la vie. De plus il est très encourageant de parler des bontés de Dieu et même à notre époque une recherche de spirituel est nécessaire.

Mais ne comptez pas sur moi pour vous dire quand votre fin viendra, ni quand celle du monde arrivera.

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Narkissos



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Age : 57
Date d'inscription : 22/03/2008

MessageSujet: Re: La tragédie des siècles.   Lun 07 Mar 2011, 13:11

Derrière la tragédie, la comédie n'est jamais bien loin...
Je me suis longtemps dit qu'un chrétien sensible pourrait éclater en sanglots rien qu'à écrire la date du jour; mais comme personne ne peut passer sa vie à pleurer, un beau jour il pourrait bien éclater de rire.
C'est le charme gratuit (donc un peu absurde aussi) de "l'an de grâce".
Que l'eschatologie "horizontale" ait été un ingrédient important du christianisme primitif, je n'en doute pas, mais que cela lui soit essentiel au point qu'il doive vivre ou périr avec elle, je n'y crois pas un instant. La transformation des attentes temporelles en pensée intemporelle occupe déjà une bonne partie du Nouveau Testament.
Je ne me fais pas trop de souci pour l'appétit (et la capacité digestive) de l'éternité qui, comme la mort dont elle est peut-être un autre visage, est par définition insatiable. Qu'on la pense verticale, cyclique, sans forme, simple comme l'un ou comme le zéro, aveuglante de clarté ou profonde d'obscurité, infinie ou indifférente, elle aura toujours raison de l'espérance; et tant qu'il y aura des hommes, elle ne manquera pas non plus d'espérance à engloutir.
On parle aussi de la "consommation" des siècles...
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