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 canonicité et authenticité

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Narkissos



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MessageSujet: canonicité et authenticité   Mer 04 Mai 2011, 23:47

Je reviens sur un post en marge du fil http://etrechretien.discutforum.com/t288p135-religion-morale-histoire-et-ecriture#9559 (à propos de la péricope de la femme adultère, Jean 7,53--8,11):
Citation :
Les jugements d'authenticité (textuelle ou littéraire, tels qu'ils résultent des "sciences bibliques" modernes) n'ont, en principe, aucun rapport avec la question (dogmatique, donc ecclésiastique) de la canonicité (ce que telle ou telle Eglise reçoit ou non comme "Ecriture") -- même chose pour la finale longue de Marc, par exemple, dont nous parlions il n'y a pas si longtemps: elle est généralement tenue à la fois pour inauthentique et pour canonique.
En y réfléchissant, je me rends compte que c'était un peu vite dit, et que ça mériterait d'être développé et nuancé -- mais comme c'était déjà hors sujet dans le fil susmentionné, je préfère y revenir ici, même si ça n'intéresse pas grand-monde.
Ce que j'ai écrit là correspond à une façon moderne d'envisager le problème -- je l'ai dit, mais pas assez. En effet, la détermination du canon du NT dans l'Eglise ancienne n'est pas indifférente à la question de l'authenticité, puisque le critère majeur est celui de l'apostolicité des écrits. Au sens large, certes: on admet des livres qui sont attribués à d'autres que les Douze "apôtres" -- soit par leur texte même (Jacques, Jude), soit par la tradition à leur sujet (Marc, Luc). Mais d'aucun texte canonique l'Eglise ancienne ne reconnaît explicitement une apostolicité pseudépigraphique, par exemple. On croit ou on prétend croire que les textes attribués à X, ou par eux-mêmes, ou par la tradition qui les reçoit, sont vraiment et intégralement de X.
Les choses changent avec la Réforme: les "grands" Réformateurs finissent par s'aligner sur le canon ancien du NT (malgré les hésitations initiales de Luther, sur Jacques notamment), mais en vertu de la démarcation radicale qu'ils tracent entre Ecriture et Tradition ils ne se sentent plus tenus par l'attribution des textes à tel ou tel lorsque celle-ci relève exclusivement de la seconde. P. ex. l'épître aux Hébreux, traditionnellement attribuée à Paul à cause de la conclusion de style paulinien, mais en fait anonyme. On peut dorénavant se demander qui l'a écrite (Luther l'attribue hypothétiquement à Apollos), sans remettre en question sa canonicité.
S'ajoute à cela la question de la traduction. Le protestantisme choisit le grec comme langue source et les langues vernaculaires comme langues cibles, transférant au NT le choix que saint Jérôme, suivi (non sans mal) par l'Eglise, avait fait pour l'AT au IVe siècle en se démarquant de la Septante (hebraica veritas). L'Eglise catholique, en réaction, "canonise" pour ainsi dire la Vulgate latine, seule autorité en matière de foi. Les Bibles catholiques suivront donc la Vulgate jusqu'à la fin du XIXe siècle (l'abbé Crampon sera, en français, le premier à lui fausser vraiment compagnie).
Puis vient l'époque de la critique textuelle (alias "basse critique"), avec la découverte des grands codex onciaux au XIXe siècle. Chez les protestants, tout le monde ou presque est d'accord pour laisser tomber le Texte reçu d'Erasme (et de Stephanus) et s'aligner sur ce qui se rapproche le plus de l'original tel que tentent de le reconstituer les éditions critiques successives (Tischendorf, Westcott & Hort, Nestle & Aland). Beaucoup de mots, de phrases, de versets apparaissent alors comme secondaires (cf. les fameux versets vides des traductions modernes), qui résultent souvent de l'intégration de textes "parallèles" et "authentiques". Mais quelquefois il s'agit d'ensembles plus importants et uniques, comme la péricope de la femme adultère ou la finale (longue) de Marc. Ici la canonicité commence à se distinguer très nettement de l'authenticité. Ce sont des morceaux clairement inauthentiques, au sens où ils n'appartiennent pas à l'oeuvre originale, mais qu'il n'est pas question pour autant de faire disparaître de "la Bible" sans appauvrir considérablement celle-ci. Et les savants catholiques, pour autant qu'ils se dégagent de la Vulgate et acceptent eux-mêmes les résultats de la "basse critique" des témoins grecs, ne peuvent pas éviter la même conclusion: il y a dès lors pour tout le monde une nette distinction entre "canonique" et "authentique".
Les protestants libéraux, évidemment, ne s'arrêtent pas là, et prolongent la critique textuelle par la critique historico-littéraire ou "haute critique" -- terrain sur lequel les exégètes catholiques finissent par les rejoindre en 1943 avec le feu vert du Vatican (encyclique Divino afflante spiritu). Les notions de pseudépigraphie et de développement progressif et collectif des "oeuvres" sont désormais au coeur des sciences bibliques, qui ne conservent leur "objet" ("la Bible"!) et leur raison d'être qu'à la condition expresse que leurs recherches n'affectent en rien la canonicité des textes. Bref, pour que ça marche, il faut que tout le monde mette un peu d'eau dans son vin: que les protestants admettent que le "canon" est une notion essentiellement traditionnelle et ecclésiastique, au sens "oecuménique" (c.-à-d. aussi "catholique") du terme, ce qui n'est pas sans remettre en question le fondement même du principe sola scriptura en tant qu'opposable à la "tradition"; et que les catholiques admettent de rompre en pratique le lien qui les attache en théorie au texte de la Vulgate d'une part, et aux considérations traditionnelles sur l'authenticité apostolique des textes d'autre part. La distinction entre authenticité et canonicité est donc un compromis et un consensus nécessaires aujourd'hui pour un "oecuménisme savant". Pour l'éviter, il faudrait s'enfermer, côté protestant, dans un fondamentalisme du Texte reçu (position hautement contradictoire au niveau des principes, puisqu'elle revient à accorder à la tradition humaniste et protestante du XVIe siècle l'infaillibilité qu'elle refuse à la tradition catholique antérieure); côté catholique, dans un intégrisme de la Vulgate. Ce qui requiert dans les deux cas de renier tous les acquis des "sciences bibliques" depuis deux siècles, critique textuelle (basse critique) comprise. Ce sont des attitudes qui existent, mais elles sont ultra-minoritaires de part et d'autre.
Pour le dire autrement: la question de la canonicité ne se pose absolument pas dans le champ des "sciences bibliques": la canonicité est admise de façon purement conventionnelle et a priori -- pour définir et délimiter le champ, justement. La canonicité relève intégralement de l'autorité dogmatique de chaque Eglise, qui reçoit tel texte et non tel autre comme Ecriture, indépendamment des jugements scientifiques sur son authenticité ou sa paternité. Et finalement ceux qui ont le plus de mal avec cette distinction sont les "fondamentalistes" qui entendent se soumettre à "l'autorité de la Bible" plutôt que d'assumer eux-mêmes une autorité dogmatique. De là leur embarras face à des textes comme l'histoire de la femme adultère ou la finale de Marc. Ou bien il leur faut nier l'évidence scientifique pour lire le texte comme "autorité", ou bien mettre en doute l'autorité du texte lui-même, et finalement renoncer à le lire. Dire: "on ne sait pas d'où ce texte sort, il ne faisait visiblement pas partie de l'oeuvre originale, mais NOUS le recevons QUAND MÊME comme Ecriture", c'est prendre une responsabilité qui va à l'encontre du mouvement même du "fondamentaliste": obéir.
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le chapelier toqué



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MessageSujet: Re: canonicité et authenticité   Jeu 05 Mai 2011, 19:58

merci Spermologos de tes explications si claires d'un sujet pourtant si complexe.Tu as vraiment rendre simple un sujet extraordinairement ardu.
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SARAI-ESTELLE



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MessageSujet: Re: canonicité et authenticité   Jeu 05 Mai 2011, 21:47

Citation :
merci Spermologos de tes explications si claires d'un sujet pourtant si complexe.Tu as vraiment rendre simple un sujet extraordinairement ardu.
Oui mais je vais quand même le relire une troisième fois voir une quatrième!
Ou bien il leur faut nier l'évidence scientifique pour lire le texte comme "autorité", ou bien mettre en doute l'autorité du texte lui-même, et finalement renoncer à le lire. Dire: "on ne sait pas d'où ce texte sort, il ne faisait visiblement pas partie de l'oeuvre originale, mais NOUS le recevons QUAND MÊME comme Ecriture", c'est prendre une responsabilité qui va à l'encontre du mouvement même du "fondamentaliste": obéir.

Oui mais encore fallait-il le savoir !!
Il y a 40 ans spermologos ne nous avait rien dit !
Saraï-Estelle !
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Narkissos



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MessageSujet: Re: canonicité et authenticité   Jeu 05 Mai 2011, 22:41

Merci à vous deux d'avoir fait l'effort de lire un texte laborieux sur un sujet ingrat! Je n'en attendais pas tant. Mais j'avais conscience d'avoir escamoté une certaine complexité du problème dans ma première réponse à free, et je n'en étais pas satisfait.
La remarque de Saraï-Estelle m'amène à ajouter ceci: il y a forcément un antagonisme entre la démarche des "sciences bibliques" et celle des "ministères" d'une Eglise quelconque. Même quand les "biblistes" sont des "croyants" et que les "ministres du culte" ont une solide formation théologique, ils ne travaillent pas dans le même sens. Il ne faut pas attendre des exégètes une "édification" ni des pasteurs une "rigueur scientifique". Et personne ne peut tout faire à la fois, sous peine de le faire très mal. Dans les grandes (et vieilles) Eglises, cet antagonisme est généralement compris de façon fonctionnelle (comme l'antagonisme du pouce aux autres doigts de la main), c'est-à-dire comme quelque chose d'utile à tous.
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MessageSujet: Re: canonicité et authenticité   Ven 06 Mai 2011, 14:30





Comment la Bible a-t-elle été constituée ?



Numéro 196 • mars-avril-mai 2011

Pendant longtemps, on a considéré que la question de la liste des livres faisant autorité – c’est le sens premier du mot kanôn, « règle », « liste » – était simple : c’est l’autorité de leurs auteurs qui garantissait leur contenu. Cette garantie était nommée « inspiration ». Pour l’Ancien Testament, on avait retenu les livres écrits par Moïse (le Pentateuque), les livres racontant l’histoire d’Israël ainsi que des livres prophétiques et poétiques qui pouvaient tous êtres rapportés à un prophète ou à l’un des rois « écrivains » (David pour les Psaumes, Salomon pour les écrits de Sagesse).
Pour le Nouveau Testament, c’est l’apostolicité qui faisait loi : tous les écrits pouvaient être rapportés à l’un des compagnons de Jésus ou à l’un de leurs disciples qui écrivait sous sa dictée (comme Marc écrivant son Évangile sous l’autorité de Pierre).
À partir du XVIIe ?siècle, ce beau consensus a volé en éclats car on s’est mis à douter que tous les « auteurs sacrés » aient pu écrire ce qu’on leur attribuait. Et puis on s’est aperçu que la constitution des listes canoniques fut en réalité un processus au long cours, fait de longues discussions. Récemment encore, les historiens ont avancé les dates de clôture des listes définitives, en particulier pour l’Ancien Testament.
Dérangeantes un temps pour beaucoup mais aujourd’hui largement admises, ces découvertes ont l’intérêt de poser la question des raisons de la sélection des livres. Quel livre fut-il mis en avant par quel groupe et pour quelles raisons ?
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Narkissos



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MessageSujet: Re: canonicité et authenticité   Ven 06 Mai 2011, 14:46

Ça me fait penser que parmi les exemples d'"apostolicité par extension", j'ai oublié l'inoubliable: Paul, dont l'apostolicité n'est justement pas celle des "Douze apôtres", et dont les épîtres -- authentiques ou non à nos yeux -- fournissent, via la querelle marcionite, le premier "noyau" du canon du NT.
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MessageSujet: Re: canonicité et authenticité   Ven 06 Mai 2011, 15:31

De quand datent ces textes et qui en sont les auteurs ?

En ce qui concerne les évangiles ,la seule quasi-certitude que l'on est à même d'énoncer en toute objectivité est que l'on ignore totalement qui les a écrit ni à quelle période.

Malgré les dates mentionnées ci-dessus qui accompagnent les documents en question il est généralement admis que les évangiles ont été écrits au 1er siècle de notre ère entre 60 et 65 pour l'évangile de Marc,80-85 pour ceux de Matthieu et Luc et 90-95 pour celui de Jean.

Ces dates sont postulées plutôt que démontrées et sont en accord avec l'hypothèse implicite de l'existence d'un Jésus historique. En fait l'examen global de l'ensemble des textes que nous esquisserons plus loin donne plutôt l'impression que les récits biographiques concernant Jésus (Les évangiles)sont plus tardifs (2eme siècle) en accord avec les fragments de documents réellement existants.



Plus aucun théologien expert du Nouveau testament ne défend aujourd'hui l'idée originelle stipulant que les auteurs des évangiles seraient des apôtres de Jésus (Matthieu et Jean) ou même des assistants dévoués de ceux-ci (Marc et Luc).Il est admis plus généralement que les véritables auteurs en question appartenaient plutôt à des communautés et que celles-ci ont emprunté les noms ci-dessus dans le souci évident de légitimer l'authenticité de leur récit.



http://enigmej.free.fr/introduction.htm
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Narkissos



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MessageSujet: Re: canonicité et authenticité   Ven 06 Mai 2011, 17:06

Mon but en ouvrant ce fil était simplement (?) de montrer comment et pourquoi le rapport entre "canonicité" et "authenticité" a évolué entre l'Eglise ancienne (IIe - IVe s.) et les Eglises contemporaines des sciences bibliques modernes (XIXe-XXIe s.).
Pour la première, la "canonicité" est à définir, et l'"authenticité" au sens d'"apostolicité", c.-à-d. de paternité apostolique directe ou indirecte, scripturaire ou traditionnelle, est un critère de réception dans le "canon" en construction.
Pour les secondes, la "canonicité" ne peut plus être appréhendée autrement que comme un acquis traditionnel, relevant de l'histoire des dogmes: elle est de fait hors débat scientifique. L'"authenticité" mise en question par les sciences bibliques modernes n'est plus qu'un concept relatif, qui vise simplement à mettre en perspective les textes et l'histoire de leur rédaction, sans aucun enjeu sur leur "canonicité". (Pour le dire autrement: ce n'est pas parce que tel livre est considéré comme "pseudépigraphe", ou tel passage comme une "glose" ou un "ajout tardif" dans un texte plus ancien qu'il est moins "canonique" pour autant.)
La situation des bibles modernes, qui éliminent certains textes PARCE QU'ils sont "secondaires" et en conservent d'autres BIEN QU'ils soient "secondaires", apparaît à cet égard un peu en porte-à-faux. Reflet à mon sens d'un retard à prendre conscience de ce déplacement du problème, au cours de la période moderne, entre les débuts d'une critique textuelle positiviste, qui croyait pouvoir rétablir LE texte original du NT, et ses suites qui ont montré l'inanité d'une telle entreprise.
(Je ne m'engagerai pas ici dans un débat sur la paternité et la datation des textes du NT, qui excède très largement le sujet initial.)
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MessageSujet: Re: canonicité et authenticité   Ven 06 Mai 2011, 17:20

Citation :
(Pour le dire autrement: ce n'est pas parce que tel livre est considéré comme "pseudépigraphe", ou tel passage comme une "glose" ou un "ajout tardif" dans un texte plus ancien qu'il est moins "canonique" pour autant.)

Je comprends mieux maintenant...tout cela est fort éloigné de ce que nous avons appris chez les TdJ.....bien que la TMN paradoxalement la TMN insère ces "ajouts tardifs". Merci de nous avoir éclairé sur ces nuances et subtilités !
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VANVDA



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MessageSujet: Re: canonicité et authenticité   Ven 06 Mai 2011, 18:42

Citation :
La situation des bibles modernes, qui éliminent certains textes PARCE QU'ils sont "secondaires" et en conservent d'autres BIEN QU'ils soient "secondaires", apparaît à cet égard un peu en porte-à-faux. Reflet à mon sens d'un retard à prendre conscience de ce déplacement du problème, au cours de la période moderne, entre les débuts d'une critique textuelle positiviste, qui croyait pouvoir rétablir LE texte original du NT, et ses suites qui ont montré l'inanité d'une telle entreprise.

Ne peut-on pas, à leur décharge, dire que leurs choix obéissent tout de même à une certaine "cohérence"? C'est bien sûr à la TMN que je pense, et à son traitement très particulier de Jn 8 (carrément rendu sous la forme d'une "note en bas de page") et des deux finales de Marc, ainsi que son refus pur et simple de donner les "versets manquants".

En effet, il me semble que les "versets/passages manquants" sont surtout le résultat de la basse critique, tandis que d'autres passages "problématiques" (à moins que tu aies eu en tête des contre-exemple bien précis) ont plutôt été soulignés par l'analyse historico-critique, dont les conclusions (et même le principe) est rejeté d'un bloc par les éditeurs.

Que cette opposition systématique entre "basse" et "haute" critique ne soit pas très pertinente, je n'en doute guère, mais il me semble qu'il reste dans leurs outils respectifs une vraie différence qui permet aux défenseurs du "texte original" de camper sur leurs positions: des manuscrits anciens d'un côté, avec tout l'imaginaire qu'ils peuvent mettre en œuvre, et les conclusions de "sciences humaines" (quelle horreur!) de l'autre...

Abrités derrière ce postulat, canonicité et authenticité tendent ainsi à redevenir la même question (même si, ce faisant, on laisse soigneusement tomber d'autres questions en chemin, comme celle de "la lettre de Paul aux Hébreux" que tu évoquais plus haut, par exemple).
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Narkissos



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MessageSujet: Re: canonicité et authenticité   Ven 06 Mai 2011, 23:15

BB:
Je ne visais pas particulièrement la TMN, au contraire: je ne me souviens plus exactement de ses choix typographiques (ils ont d'ailleurs peut-être changé depuis "mon époque"), mais il me semble en effet qu'elle est plus cohérente que la plupart des autres "bibles modernes" sur ce coup-là; ça correspond aussi à l'option dogmatique de la Watchtower, qui, à ma connaissance, ne cite pratiquement jamais les passages incriminés si ce n'est pour mettre en doute leur origine. Il y a donc "décanonisation" de fait, dans la ligne de la conception la plus "positiviste" de la critique textuelle.
(Il semble quand même que le traitement de cas analogues -- bien qu'ils n'aient jamais exactement la même attestation documentaire, bien sûr -- soit assez aléatoire, si j'en juge par l'édition informatisée à laquelle j'ai accès : Luc 22,43-44, texte normal; 23,34, doubles crochets; ils sont pourtant traités à l'identique -- entre crochets -- par Westcott & Hort.)
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MessageSujet: Re: canonicité et authenticité   Aujourd'hui à 15:50

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