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 Doit-on prier Jésus ?

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MessageSujet: Doit-on prier Jésus ?   Lun 13 Juin 2011, 12:18

En tant (pour la plupart) ex-TdJ nous sommes habitué à ce genre d'affirmation, « C’est à Jéhovah seulement qu’il faut adresser la prière et non aux créatures » qui souligne que le fait d'adresser des prières à Jésus est assimilé à une forme d'idolatrie.
La Tour de Garde du 15 décembre 1984 que : « prier Jésus au lieu du Père Jéhovah Dieu est une forme d’idolâtrie ».


Pourtant le NT nous parle de " ceux qui invoquent le nom du Seigneur Jésus" (Act 9,14 ; 9,21 ; 22,8 ; 22,16).
BB nous avez fait remarquer que Paul s'adressait à Jésus quand il dit "Trois fois j'ai prié le Seigneur de l'éloigner de moi"


Le NT ne distingue-t-il pas (du monothéisme de l'AT, sans oublier le passage par le polytheisme et la monolatrie) par un recul du Père au profit du Fils ?
Quelle est la place de Jésus dans le culte d'un chrétien ?






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Narkissos

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MessageSujet: Re: Doit-on prier Jésus ?   Lun 13 Juin 2011, 13:25

Citation :
Le NT ne distingue-t-il pas (du monothéisme de l'AT, sans oublier le passage par le polytheisme et la monolatrie) par un recul du Père au profit du Fils ?
Je m'arrête juste sur cette question parce qu'elle me semble comporter un vice logique intéressant.
Pour qu'il y ait "recul du Père", il faudrait que ce que le NT appelle "le Père" existe déjà, distinctement, dans l'AT. Autrement dit, qu'il y ait déjà là un "Père" et un "Fils", dont la relation puisse être comparée à la relation entre le "Père" et le "Fils" dans le NT.
Bien sûr il n'en est rien. Celui qui pose la question en ces termes présume tout simplement que ce que le NT appelle "le Père" est à identifier, sans reste, à ce que l'AT appelle "Yahvé" ou "Dieu" (de préférence dans sa version unique-exclusive). A ce tarif, et dans la mesure où "le Fils" est un autre que celui-là, un outsider, tout ce qui s'adresse à lui (louange, gloire, honneur, etc.) est de trop et tombe sous le coup de l'"idolâtrie". Selon cette logique, même les TdJ accordent encore beaucoup trop d'importance à Jésus en le nommant dans leurs prières.
En fait, comme on l'a déjà vu (p. ex. à propos des citations de l'AT appliquées au Christ dans le NT, via le terme kurios = "Seigneur" notamment), ce n'est pas du tout comme ça que ça se passe; entre l'AT et le NT, la "divinité" est redistribuée selon une économie nouvelle. qui comprend désormais un "Père" et un "Fils".
Si dans le NT (et dans le christianisme historique) on prie le plus souvent "le Père" par "le Fils", il faut analyser cela dans le cadre de l'économie nouvelle: ce n'est pas parce que l'un serait "Dieu" et l'autre pas, mais parce que la structure du "mystère" chrétien leur assigne des fonctions ou des rôles différenciés; l'un est plutôt "source" et "but", l'autre plutôt "moyen". C'est tout à fait évident dans la distribution majoritaire des prépositions, dès 1 Corinthiens 8,6 p. ex.:
"pour nous, il n'y a qu'un seul Dieu, le Père, de (ek) qui tout vient et pour (eis) qui nous sommes, et un seul Seigneur, Jésus-Christ, par (dia) qui tout existe et par qui nous sommes."
Chez Paul la distinction fonctionnelle s'appuie généralement sur une distinction verbale, à savoir la différence des noms divins (Dieu = theos = le Père, Seigneur = kurios = le Fils); chez d'autres il en est autrement (le Fils pourra être appelé "Dieu" et le Père "Seigneur"). La différence des rôles, en revanche, est beaucoup plus stable, et n'implique habituellement pas un "plus" ou un "moins" de "divinité". Dans le schéma prédominant, que l'orthodoxie trinitaire ne fera, sur ce point, que dégager et préciser, le "moyen" est tout aussi "divin", au sens de l'économie nouvelle, que la "source" et le "but".
On conçoit dès lors que le mode de prière "normal" dans le christianisme, c.-à-d. celui qui est à la fois le plus "naturel", le plus "intuitif" et le plus "logique", le plus fréquent dans les faits et le plus conforme à ce schéma doctrinal, consiste à s'adresser au Père par le Fils (au nom du Fils, "dans" le Fils, surtout au sens de la théologie paulinienne du "corps du Christ": "lui", c'est aussi "nous"!). Et, partant, que les prières au Fils fassent plutôt figure d'exception et impliquent une certaine "excentricité" par rapport au modèle dominant. Si je voulais faire de la dogmatique, je dirais qu'à ce titre il n'y a pas plus lieu de les interdire que de les recommander.
(Remarque marginale: il me semble qu'en pratique "l'anomalie" intervient principalement dans les formes poétiques et notamment chantées de la "prière"; je ne serais pas surpris que les TdJ eux-mêmes aient longtemps chanté des cantiques s'adressant à Jésus à la deuxième personne...)

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MessageSujet: Re: Doit-on prier Jésus ?   Lun 13 Juin 2011, 15:48

La Bible nous relate pourtant le cas de personnes qui ont prié Jésus.

Et tandis qu'on le lapidait, Étienne faisait cette invocation : " Seigneur Jésus, reçois mon esprit. "
Puis il fléchit les genoux et dit, dans un grand cri : " Seigneur, ne leur impute pas ce péché. " Et en disant cela, il s'endormit. Actes 7,59-60 (Bible de Jérusalem)

Il est intéressant de savoir comment la Watchtower rend ce texte d’une prière adressée à Jésus. Prenons leur Traduction, la traduction du Monde Nouveau (TMN) :

« Et ils continuèrent à lancer des pierres à Etienne, tandis qu’il appelait et disait : «Seigneur Jésus, reçois mon esprit.» Puis pliant les genoux, il cria d’une voix forte, «Jéhovah, ne leur compte pas ce péché» ».

La Watchtower a décrété qu’il ne faut pas prier Jésus et elle traduit arbitrairement Seigneur par Jéhovah. Les textes où les écrivains du Nouveau Testament parlent du « Seigneur Jésus-Christ » ne manquent pourtant pas.


Citation :
A ce tarif, et dans la mesure où "le Fils" est un autre que celui-là, un outsider, tout ce qui s'adresse à lui (louange, gloire, honneur, etc.) est de trop et tombe sous le coup de l'"idolâtrie". Selon cette logique, même les TdJ accordent encore beaucoup trop d'importance à Jésus en le nommant dans leurs prières.


« afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Celui qui n’honore pas le Fils n’honore pas le Père qui l’a envoyé » (Jn 5,23).

N'y-a-t-il pas une volonté d'accoder au Fils les mêmes prérogatives que celles inherentes au Père ?


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Narkissos

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MessageSujet: Re: Doit-on prier Jésus ?   Lun 13 Juin 2011, 17:15

J'ai l'impression que tu n'as besoin de personne pour enfoncer les portes ouvertes... :lol:
Je fais simplement remarquer, comme un petit "bémol" à ton discours, qu'on ne peut pas mettre sur le même plan l'exception (dont on peut quelquefois se demander si elle ne relève pas du lapsus) et la règle générale (même s'il faut bien se garder de faire de celle-ci une règle absolue et surtout prescriptive).
Dans le cas particulier du johannisme, il faut évidemment replacer cela dans le contexte de sa conception dynamique de la "divinité" et de la "révélation", dont nous avons déjà abondamment parlé, et qui débouche constamment sur des affirmations paradoxales. Le Fils est "Dieu" autrement que le Père, en tant que révélateur ("qui m'a vu a vu le Père"); il l'est d'autant plus absolument qu'il n'est absolument rien d'autre (cf., dans le contexte immédiat de 5,23, les v. 19 et 30 p. ex.).

P.S.: comme suite à la dernière parenthèse de mon post précédent, j'ai jeté un coup d'oeil au dernier recueil de cantiques TdJ que j'aie (brièvement) connu, celui de 1986, et je n'y ai trouvé (sous toutes réserves) qu'une seule parole adressée au Christ (à la deuxième personne), dans le n° 11 (c'est la "Sulamite", désignation collective des "oints", qui parle): "L'amour que j'ai pour toi ne peut se flétrir." Par contre, il y a de nombreuses invitations (non suivies d'effet) à rendre hommage au Christ (comment?), p. ex. n° 105 (tout à la troisième personne):

Gloire au Premier-né de Dieu!
Gloire à son Héritier!
Lui qui, dès le premier jour,
À Dieu fut associé.
Par lui tout a été fait
Sur terre et dans les cieux.
Il fut le Verbe et le Christ.
Il exalta son Dieu.

Bien qu’il fût appelé dieu,
Jamais il n’a songé
À s’opposer au Très-Haut
Ni même à l’égaler.
La forme humaine il a prise,
Et, s’abaissant ainsi,
Vengea le nom de son Père,
Rendit aux hommes la vie.

Alors Dieu exalta Christ,
Sur tous il l’éleva.
De sanctifier son grand nom
Aussi il le chargea.
Bientôt dans la guerre de Dieu
Il ôtera l’impie,
Donnant aux humbles la paix,
Et pour toujours la vie.

Gloire au Premier-né de Dieu!
Et gloire à son Royaume!
Prêchons-le à tous les hommes,
Servons devant son trône.
Pour lui prenons fait et cause;
Il est Roi de justice.
Disons avec zèle à tous:
Rendez hommage au Fils.

Je note -- par association d'idées -- que les hymnes à l'Agneau de l'Apocalypse (5,12s) sont aussi à la troisième personne. En revanche l'invocation finale, "Viens, Seigneur Jésus" (22,20), est bien à la deuxième personne. La Watchtower explique habituellement que comme dans le cas d'Etienne, c'est un dialogue dans une "vision" et non une "prière". Mais elle n'est pas non plus à l'abri d'un lapsus, comme dans le dernier paragraphe du livre "Révélation": "Nous faisons donc cette prière fervente avec Jean: 'Amen! Viens, Seigneur Jésus.'” (Re-lol!)

Pour Etienne, le caractère fantaisiste de la TMN ressort encore plus si l'on relève que le mot "Seigneur" (kurie, au vocatif) intervient deux fois en Actes 7,59s; que la "vision" est celle du "Fils de l'homme debout à la droite de Dieu" (v. 55), et que pourtant c'est au "Seigneur Jésus" et non à "Dieu" qu'Etienne s'adresse au v. 59; si c'est "légitime" ici (à cause de la "vision"), pourquoi transformer le même kurie en "Jéhovah" au v. 60? Les mystères franziens sont décidément impénétrables...
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MessageSujet: Re: Doit-on prier Jésus ?   Lun 13 Juin 2011, 20:35





Citation :
Pour qu'il y ait "recul du Père", il faudrait que ce que le NT appelle "le Père" existe déjà, distinctement, dans l'AT. Autrement dit, qu'il y ait déjà là un "Père" et un "Fils", dont la relation puisse être comparée à la relation entre le "Père" et le "Fils" dans le NT
N'y a t-il aucune allusion, aucun texte de l'AT qui puisse faire penser à un Dieu père créateur, et un fils (second) né par le père ??
Que penser de Genèse 1 / 26 "Faisons l'homme à
Citation :
notre
image selon notre ressemblance"
Que pouvait réellement signifier "Seigneur" dans la langue Hébraîque et la langue grecque:
Comme exemple des femmes comme Sara appelait son mari son "Seigneur."
(Mot disparu de nos langues modernes.)
Les disciples hommes ou femmes qui entouraient Jésus l'appelaient "Seigneur"
Saraï-Estelle
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Narkissos

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MessageSujet: Re: Doit-on prier Jésus ?   Lun 13 Juin 2011, 22:42

Je comprends bien qu'un lecteur chrétien puisse penser à la Trinité (p. ex.) chaque fois qu'il voit "Dieu" associé à un pluriel dans l'AT. Mais (justement parce qu'il faut être chrétien pour y penser) ça ne me paraît pas une lecture possible avant le christianisme.
Rappelons que le mot hébreu traduit par "Dieu" ('elohim) a la forme d'un pluriel, qu'il peut en avoir le sens mais ne l'a pas toujours (loin de là); autrement dit, 'elohim, selon le contexte (et d'abord, concrètement, selon l'accord du verbe ou de l'adjectif épithète ou attribut au singulier ou au pluriel), ça peut signifier "un dieu", "des dieux" ou (dans un texte monothéiste) "Dieu".
Le premier récit de création (Genèse 1,1--2,4a) est globalement monothéiste: l''élohim qui "crée" (au singulier, comme tous les verbes qui suivent) les cieux et la terre est déjà pensé comme (un seul) "Dieu". Mais les représentations polythéistes ne sont pas loin, et ce "Dieu" est encore imaginé, ici et là, à la façon du dieu suprême du panthéon cananéen, 'El, qui préside l'assemblée des (fils des) dieux (selon une représentation qu'on retrouve dans de nombreux textes bibliques, p. ex. dans les Psaumes ou dans Job). Il est "Dieu" en ce qu'il représente la totalité du divin, mais quand on évoque sa "délibération" on le fait encore sur le mode de l'"assemblée des dieux": d'où le pluriel du v. 26s (même chose pour Yahvé dans le deuxième récit en 3,22, "l'homme est devenu comme l'un de nous"). Dans le judaïsme ultérieur les "fils des dieux" ou "dieux" seront compris comme des "anges".
Il faut d'ailleurs noter, puisqu'on en parle, que dans ce panthéon cananéen en amont des textes bibliques (AT), à Ougarit par exemple, il y avait déjà, à l'avant de la scène si on peut dire, un "père" et un "fils" (principal): 'El et Haddad, mieux connu sous son titre de Ba`al (= le "Seigneur", quasi-synonyme d''adôn en hébreu); c.-à-d. d'une part le dieu ancien, lointain et peu actif, père des dieux et des hommes, et d'autre part un dieu jeune, proche et actif, "créateur" ou "ordonnateur" du ciel et de la terre dans un sens plus concret et immédiat à l'issue de son combat contre Yamm (la mer associée aux puissances du chaos). On peut donc bien voir une résurgence de ce très vieux modèle père-fils dans le christianisme, à condition de ne pas oublier qu'il vient de beaucoup plus loin que l'Ancien Testament, et que c'est plutôt une idée que les textes de l'AT, dans l'ensemble, répriment, même si elle apparaît en filigrane ici ou là (p. ex. l'Ancien des Jours et le Fils de l'homme dans la vision de Daniel 7).
Quant au mot "Seigneur" ('adôn principalement en hébreu, pour éviter le concurrent ba`al; maran en araméen, kurios en grec), il est a priori susceptible d'un emploi très large -- de l'appellation divine à la simple formule de politesse; dans la prose vétérotestamentaire on dit "mon seigneur" à un supérieur à peu près comme nous disons "vous", et on se désigne symétriquement comme "ton/tes serviteur(s)". Ce qui change complètement la donne dans les derniers siècles avant J.-C., c'est l'emploi croissant de la forme hébraïque spéciale 'adonaï comme substitut de Yahvé, entraînant un usage similaire de maran en araméen et de kurios en grec (notamment dans la Septante). Autrement dit, dans le judaïsme du Ier siècle, et par voie de conséquence dans le christianisme, les différents mots correspondant à notre "Seigneur" ont un emploi "divin" spécialisé qui ne se confond pas avec leur sens banal. Cette superposition de sens est largement exploitée par les évangiles, où ce qui peut être pris au premier degré comme une simple formule de politesse adressée à Jésus par n'importe qui prend évidemment pour le lecteur chrétien un sens beaucoup plus fort.
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MessageSujet: Re: Doit-on prier Jésus ?   Mar 14 Juin 2011, 11:00

Dans les évangiles de Matthieu et de Luc Jésus indique à ses disciples de quelle manière il convient de prier.

Selon le texte de Matthieu Jésus encourage ses disciples de ne pas se comporter comme les hypocrites qui aiment à se faire remarquer lorsqu'ils prient.
Le texte de Luc nous montre ses disciples demandant à Jésus comment prier.

Dans les deux cas Jésus commence sa prière en s'adressant au Père donnant une indication à ses auditeurs et plus tard aux lecteurs des diverses époques.

Il m'est arrivé de remarquer que des assistants à un culte évangélique s'adressaient au Seigneur sans que l'on puisse bien déterminer s'il s'agissait du Père où du Fils.
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MessageSujet: Re: Doit-on prier Jésus ?   Mar 14 Juin 2011, 11:05

Citation :
Je note -- par association d'idées -- que les hymnes à l'Agneau de l'Apocalypse (5,12s) sont aussi à la troisième personne. En revanche l'invocation finale, "Viens, Seigneur Jésus" (22,20), est bien à la deuxième personne. La Watchtower explique habituellement que comme dans le cas d'Etienne, c'est un dialogue dans une "vision" et non une "prière". Mais elle n'est pas non plus à l'abri d'un lapsus, comme dans le dernier paragraphe du livre "Révélation": "Nous faisons donc cette prière fervente avec Jean: 'Amen! Viens, Seigneur Jésus.'” (Re-lol!)

A l'evidence Apo 22,20 est une prière.
Selon l'Apo Jésus invite les croyants à être en relation avec lui, "Voici, je me tiens à la porte et je frappe ; si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui pour souper, moi près de lui et lui près de moi." Apo 3,20.

Citation :
J'ai l'impression que tu n'as besoin de personne pour enfoncer les portes ouvertes... Laughing
Je fais simplement remarquer, comme un petit "bémol" à ton discours, qu'on ne peut pas mettre sur le même plan l'exception (dont on peut quelquefois se demander si elle ne relève pas du lapsus) et la règle générale (même s'il faut bien se garder de faire de celle-ci une règle absolue et surtout prescriptive).

J'ai bien compris le principe de "l'exception" et la notion de "règle générale" concernant la prière pour un chrétien.
La WT asssimile la prière adressée à Jésus à un actes d'idolatrie, je m'interrogai sur le fait de savoir si le fait d'adresser une prière à Jésus, constituait un acte reprehensible du point de vue du NT.

Un chrétien peut-il indifferemment adresser des Prières au Père et au fils ?

De plus comment expliquer ces cas de prière adressaient à Jésus dans le NT ?

Le NT voit-il (selon la règle générale) comme une antenne relais, unique moyen de se faire entendre par Dieu ?

Même si la prière à Jésus est une exception, on retrouve de nombreuses exhortations à "invoquer" Jésus.

"à l'Église de Dieu établie à Corinthe, à ceux qui ont été sanctifiés dans le Christ Jésus, appelés à être saints avec tous ceux qui en tout lieu invoquent le nom de Jésus Christ, notre Seigneur, le leur et le nôtre" 1 Cor 1,2

C'est le nom de Jésus qu'il faut "invoquer" pour être sauvé Rm 10,13.

Je vous écrit ces choses pour que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui avez mis votre foi dans le nom du Fils de Dieu. Et voici l’assurance que nous avons à son égard ; c’est quoi que nous demandions selon sa volonté, il nous écoute » (1 Jn 5,13-14).TMN, édition 1987.
Dans la TMN, édition révisée de 1995, Jésus ne nous « écoute plus », il « entend » seulement.
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Narkissos

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MessageSujet: Re: Doit-on prier Jésus ?   Mar 14 Juin 2011, 11:48

On peut utiliser un violon comme une guitare (pizzicato) et une guitare comme un tambour, ou faire jouer un orchestre symphonique à l'unisson. Non seulement ce n'est pas interdit: c'est prévu et quelquefois prescrit; mais ce n'est pas l'usage principal de l'instrument ou de l'orchestre, ni celui qui lui permet de donner sa plus grande richesse. Donc je ne dirais surtout pas que c'est "indifférent".
Il me semble qu'il y a des liturgies qui s'accordent plus ou moins bien avec une théologie donnée et qui la mettent plus ou moins bien en valeur; c'est aussi une question d'équilibre et d'"oreille théologique" si on veut.
Citation :
Le NT voit-il (selon la règle générale) comme une antenne relais, unique moyen de se faire entendre par Dieu ?
J'ai parlé plus haut de "moyen" à propos du dia ("par") christique; la métaphore anachronique de l'antenne relais (en pensant à la pratique TdJ du "au nom de Jésus" à la fin de la prière, me venait aussi celle du "code postal") est sans doute une façon légitime mais assez indigente de le comprendre.
Nous avons évoqué souvent dans ce forum, à propos du quatrième évangile notamment, la différence entre une logique de "médiation" et une logique de "révélation". Il y a aussi, chez Paul par exemple, la logique du "mystère". Prier le Père au nom de Jésus-Christ, ça peut être également compris comme une façon d'accéder, "en lui" ("par lui, avec lui et en lui", comme dit la liturgie catholique avec un sens de progression certain), au coeur du mystère divin.
En évoquant le "Notre Père", lct me rappelle son introduction dans le rituel de la messe: "Comme nous l'avons appris du Sauveur et selon son commandement, nous osons dire: 'Notre Père...'"
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MessageSujet: Re: Doit-on prier Jésus ?   Mar 14 Juin 2011, 14:15

L'Apocalypse lorsqu'elle décrit Jésus au ciel semble (dans le cadre de l'exception) fiare de Jésus le destinataire ou le gestionnaire des prières.

L'Apocalypse nous décrit une scène dans le ciel où des êtres célestes se prosternent devant l’Agneau en offrant des coupes de parfums qui sont les prières des saints, (5,Cool "Quand il l'eut pris, les quatre Vivants et les vingt-quatre Vieillards se prosternèrent devant l'Agneau, tenant chacun une harpe et des coupes d'or pleines de parfums, les prières des saints"
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Narkissos

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MessageSujet: Re: Doit-on prier Jésus ?   Mar 14 Juin 2011, 15:55

Les prières des saints ne sont peut-être pas encore rendues à destination (cf. 8,3s).
(Je ne reviens pas sur la christologie visuelle, quoique difficilement représentable, de l'Apocalypse: l'Agneau devant le trône, au milieu du trône, le trône de Dieu et de l'Agneau.)
Pas de mystère sans mystagogie; ou, en termes johanniques, pas de "vérité" sans "chemin".
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MessageSujet: Re: Doit-on prier Jésus ?   Jeu 16 Juin 2011, 10:48

Citation :
Pour qu'il y ait "recul du Père", il faudrait que ce que le NT appelle "le Père" existe déjà, distinctement, dans l'AT. Autrement dit, qu'il y ait déjà là un "Père" et un "Fils", dont la relation puisse être comparée à la relation entre le "Père" et le "Fils" dans le NT.
Bien sûr il n'en est rien. Celui qui pose la question en ces termes présume tout simplement que ce que le NT appelle "le Père" est à identifier, sans reste, à ce que l'AT appelle "Yahvé" ou "Dieu" (de préférence dans sa version unique-exclusive). A ce tarif, et dans la mesure où "le Fils" est un autre que celui-là, un outsider, tout ce qui s'adresse à lui (louange, gloire, honneur, etc.) est de trop et tombe sous le coup de l'"idolâtrie

Je pense que "l'apparition" de ce Fils fût une rupture et une nouveauté par rapport au judaïsme monothéiste. Une rupture avec ce Fils qui peut dire "Aie confiance, mon enfant, tes péchés sont remis." et les scribes de clamer "Celui-là blasphème."(Mt 9,2-3)
Ce fils qui peut aussi affirmer "Car le Père ne juge personne ; il a donné au Fils le jugement tout entier" (Jn 5,22) ou "Comme le Père en effet a la vie en lui-même, de même a-t-il donné au Fils d'avoir aussi la vie en lui-même" (5,26) ou encore "Moi et le Père nous sommes un" (10,30) avec comme réaction des juifs
"Ce n'est pas pour une bonne œuvre que nous te lapidons, mais pour un blasphème et parce que toi, n'étant qu'un homme, tu te fais Dieu."

Les juifs jugent ce déplacement de certaines fonctions de Dieu vers "Ce" Fils comme un blasphème. La place accordée à ce Fils dans un culte qui appartient au judaïsme n'est-il une révolution ?

Comment une telle "originalité" a-t-elle pu s'introduire dans un mouvement issue du judaïsme ?

Pour les rédacteurs du NT le Dieu de l'ancien testament est-il leur "Théos" et voient-ils dans la "Voie" une continuité du judaïsme ?
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MessageSujet: Re: Doit-on prier Jésus ?   Jeu 16 Juin 2011, 11:45

Comme on s'écarte du sujet (la prière à Jésus), un bref rappel devrait suffire: non, le judaïsme de la fin du Second Temple n'est pas unanimement monothéiste au sens étroit et exclusif qui prévaudra après la chute du temple, dans le judaïsme phariséo-rabbinique. Les développements des Paraboles d'Hénoch sur le "Fils d'homme", à qui est remise la "somme du jugement" (69,27), datent sensiblement de la même époque -- de même que, dans un tout autre univers intellectuel, ceux de Philon sur le logos Fils unique et premier-né, ou ceux sur Melchisédeq à Qoumrân. On peut observer une tendance "binitaire", si l'on ose dire, dans plusieurs courants du judaïsme contemporain. C'est la reprise en main pharisienne du judaïsme après la chute du temple qui réprimera l'idée de "deux puissances au ciel"; ce qui n'empêchera la tradition juive ultérieure de "dédoubler" Dieu autrement (avec la shekina p. ex.) Plus "Dieu" est grand, plus il est lointain et inaccessible, plus fort le besoin de lui trouver un "correspondant" proche avec, pour ainsi dire, un "visage" et un "nom".

Dans un christianisme à peu près "orthodoxe", le visage et le nom sont ceux de Jésus: il est la porte, la voie d'accès à la divinité. Particulièrement "accessible" pour autant qu'il est à la fois "Dieu" et "homme". La prière chrétienne (et la liturgie en général) refait le chemin initiatique (mystagogique) vers le "lieu" où aboutit, venant en sens inverse, le chemin du "mythe": en Jésus-Christ c'est "Dieu" qui est venu à "l'humanité", une fois pour toutes. De ce point de vue, la prière au Christ est en quelque sorte une prière d'"approche", un chemin vers le sanctuaire. Mais si par lui on entre effectivement, en lui on est désormais. A ce "point" une prière au Christ n'a plus de sens. Dans le Christ on prie le Père (Abba), avec et comme le Fils.
Un mythe différent appelle forcément un type de prière différent. Le "Jéhovah" des Témoins n'est peut-être pas aussi "grand" que le "Dieu" de l'onto-théologie classique, mais a contrario il est plus "proche" dans la mesure où il a un nom et une histoire. Il n'est cependant pas aussi proche que le Jésus orthodoxe car il n'est jamais "humain". Par rapport à lui Jésus joue un rôle de stricte médiation. Il faut "passer par lui" pour prier Jéhovah parce que Jéhovah en a disposé ainsi, mais il n'est pas question de prier Jésus parce qu'il n'est pas Dieu. C'est une autre logique qui a aussi sa cohérence (comme il y a certainement une, avec une adéquation du mythe et du rite, dans toute religion).
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MessageSujet: Re: Doit-on prier Jésus ?   Lun 20 Juin 2011, 12:23

L’idée d'acceder « directement » à Dieu n'est pas une idée developpée par le NT ou à titre exceptionnelle.

« Personne ne peut aller à la rencontre du Père, à moins de passer par moi »
Jean 14,5-11

« il y a un seul Médiateur entre Dieu et les hommes, un homme, le Christ ». 1 Timothée 2,5

Une parenthèse ce verset me rappelle une des causes du shisme des années 80 à Brooklyn, l'idée developpée par F.Frantz ou Jésus n'est pas le médiateur entre Dieu et les hommes (en général), mais uniquement le médiateur entre Dieu et le groupe de 144.000 élus.
La Société WT qui souligne que la Bible ne dit pas que Jésus est le médiateur entre Dieu et "tous" les hommes, mais seulement entre Dieu et "les" hommes - ("Questions des lecteurs" dans la Tour de Garde du 15 juillet 1979 et l'article "Bienfaits que procure un seul médiateur entre Dieu et les hommes" dans la Tour de Garde du 15 février 1980).
Ainsi ceux qui font partie de la classe "terrestre" ne sont pas dans la nouvelle alliance (dont Christ est le médiateur), mais ils jouissent des bienfaits de cette alliance et de relations particulières avec Dieu uniquement par le fait qu'ils sont associés à ceux qui déclarent faire partie du "reste" des 144.000 vivants encore sur la terre (TG 15/2/80).
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Narkissos

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MessageSujet: Re: Doit-on prier Jésus ?   Lun 20 Juin 2011, 13:33

Je crois qu'il faudrait distinguer plusieurs choses:
1) l'emploi du terme "médiateur" (mesitès), qui se limite à l'épître aux Hébreux (8,6; 9,15; 12,24) et aux Pastorales (1 Timothée 2,5); Galates (3,19s) ne compte pas, car l'auteur souligne au contraire la différence entre l'ancienne alliance-testament (qui est conclue par un médiateur) et la nouvelle (qui n'implique pas de médiateur); il ne faut donc pas généraliser une logique de médiation stricte et explicite à tout le christianisme primitif (ou même au NT);
2) l'économie générale du "mystère" chrétien, qui assigne à Jésus-Christ une place ou une fonction "médiane" si l'on veut, mais très diversement interprétée d'une théologie à l'autre: "moyen" de salut ou de révélation (ce qui n'est pas du tout la même chose) dans un sens, d'accès à Dieu (dont la prière n'est qu'un aspect) dans l'autre, selon les sens potentiels du dia ("par") dont j'ai parlé plus haut; mais aussi "milieu" ("en" lui, explicité chez Paul et après lui dans la théologie du corps du Christ);
3) l'invocation du "nom" de Jésus-Christ, élément à coup sûr rituel (liturgique) et fédérateur des Eglises, puis de l'Eglise, par-delà les différences d'interprétation théologique ou christologique.
4) la pratique effective de la prière (qu'on ne connaît évidemment que par ses traces écrites), qui me semble aussi comporter une grande diversité de forme. Il y a des prières théologiquement structurées qui assignent au Père et au Fils (quelquefois à l'Esprit) une place distincte (respectivement celle du "destinataire" et de la "référence", à la deuxième et à la troisième personne, en général). Mais aussi des prières "simples" qui ne comportent aucune mention du Christ ni de l'Esprit (à commencer par le "Notre Père", surtout dans le contexte de Matthieu où on chercherait en vain un rôle médiateur du Christ). Il n'y a donc rien de systématique (ou du moins d'universellement systématique).

P.S.: quand le Christ est habituellement destinataire de la prière, et surtout s'il l'est indifféremment du Père, cela me semble contribuer à cette "inflation des médiations" que j'ai plusieurs fois évoquée: on perd de vue qu'en lui la rencontre de l'humain et du divin est déjà accomplie, et il devient à son tour un "Dieu" trop "grand" et trop "lointain" pour être approché sans autre médiation. D'où la nécessité de médiations supplémentaires (de Marie et des saints p. ex. dans le catholicisme populaire, qui ne les comprend plus toujours comme des "intercessions").
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