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 Fête de la pentecôte ou de l'esprist saint

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Narkissos

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MessageSujet: Re: Fête de la pentecôte ou de l'esprist saint   Mar 29 Mai 2018, 14:50

Ma formule "l'Apôtre de Marcion" était plus ambiguë que je ne la pensais: je voulais dire par là que Paul était l'apôtre de référence de Marcion; mais bien sûr "Paul" précède "Marcion", c'est Marcion qui peut être dit "paulinien" ou "pauliniste" et non Paul "marcionite" (si la datation absolue de l'un et de l'autre demeure conjecturale, en dépit de tout ce qui se répète à ce sujet, leur datation relative, autrement dit l'ordre de leur succession ou leur séquence, ne fait guère de doute).

Ce qui est évident c'est qu'il y a une continuité de l'un à l'autre, à la fois théologique et textuelle. Il est difficile en revanche de dire où s'arrête le "paulinisme" et où commence le "marcionisme", difficile en tout cas sans prendre parti: du point de vue de la "grande Eglise" et de ses Pères (Justin, Irénée, Tertullien), Paul est un "apôtre" (même si on s'en méfie et qu'on tient à le "recadrer" dans l'orthodoxie rattachée aux "Douze apôtres": c'est un élément essentiel du programme des Actes), alors que Marcion est un "hérétique" censé avoir perverti l'enseignement de Paul (cf. 2 Pierre 3, sur les épîtres de Paul dont quelques-uns tordent le sens); d'une façon à peine moins polémique mais toujours du même point de vue on peut dire Marcion "hyper-" ou un "ultra-paulinien". La question se complique quand on considère que le "corpus paulinien" (à l'exception notable des Pastorales "orthodoxes", ostensiblement anti-gnostiques et anti-marcionites) s'est rassemblé et développé dans un milieu, disons, paulino-marcionite AVANT d'être canonisé et neutralisé par la grande Eglise suite au rejet du marcionisme, par un certain nombre de "corrections" textuelles sans doute mais plus encore par le cadrage général de Luc-Actes d'une part et des Pastorales d'autre part. Le procédé fut durablement efficace, puisque "Paul" sera en fait très peu cité et encore moins compris jusqu'à la Renaissance et aux Réformes -- et qu'il s'avérera alors passablement "explosif", même dans sa version "orthodoxe".
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MessageSujet: Re: Fête de la pentecôte ou de l'esprist saint   Mar 29 Mai 2018, 16:26

À l'épreuve des faits
Une première ombre à ce tableau idyllique des débuts de l'Église est signalée dès le chapitre 5. L'auteur raconte la tromperie et la fin tragique d'Ananie et Saphire qui font semblant de partager leurs biens. Au chapitre 6, nouvelle difficulté : voici que les Hellénistes se mirent à récriminer contre les Hébreux parce que leurs veuves étaient oubliées dans le service quotidien de distribution de nourriture aux indigents. Des dissensions plus graves encore vont apparaître. Lorsque les premiers païens entrent dans la communauté, les divergences éclatent à propos de la circoncision. Les apôtres et les frères établis en Judée ont des discussions assez vives avec Pierre qui est entré chez des incirconcis notoires et a mangé avec eux (11,2); Pierre est aussi allé chez le centurion Corneille et l'a fait baptiser avec sa famille et ses amis.
Le conflit devient plus violent lorsque Paul et Barnabé reviennent de leur première mission : des fidèles issus du pharisaïsme intervinrent alors pour soutenir qu'il fallait circoncire les païens et leur imposer la loi de Moise (15,5). Il faudra une assemblée à Jérusalem pour que les apôtres et les anciens trouvent un accord et que la paix revienne dans l'Église. Aussitôt, cependant, un autre différend est raconté : Paul et Barnabé se disputent au sujet de Jean appelé Marc. Leur désaccord s'aggrava tellement qu'ils partirent chacun de leur côté (15,39). On est loin de l'idéal un seul cœur, une seule âme !

Idéal et réalité
On reste perplexe devant ces contradictions évidentes. On peut choisir de ne retenir que l'idéal... ou bien les conflits. On voit surtout que l'idéal est indiqué dès le début et, en même temps, qu'il a toujours été battu en brèche dans la réalité. Ce qui reste, incontestablement, c'est que la Parole court et se répand malgré les conflits, parfois même... grâce à eux, car ils obligent à inventer des solutions. Ce qui reste encore c'est ce qu'atteste le mot « frères », d'un bout à l'autre des Actes: de 1,15 –1es premiers disciples de Jérusalem – à 28,15 – les fidèles de Rome venus à la rencontre de Paul prisonnier.
Comme pour tant de groupes plus tard, chrétiens ou non, l'idéal de la vie fraternelle joue dans les Actes à la manière d'une utopie qui inspire, incite à créer et ne cesse de critiquer la réalité vécue, étant en même temps un but toujours à atteindre. Ce qui est réalisé à certains moments privilégiés, en certains lieux, comme sans doute aux débuts de l'Église, témoigne que ce n'est pas seulement un rêve.
https://www.bible-service.net/extranet/current/pages/200114.html
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MessageSujet: Re: Fête de la pentecôte ou de l'esprist saint   Mar 29 Mai 2018, 17:12

La comparaison des Actes et de l'épître aux Galates (à mon sens et au risque de réveiller le malentendu que je viens d'essayer de dissiper, le plus "marcionite" des écrits "pauliniens") fait aussi apparaître la façon dont les Actes travestissent la nature des conflits, en les personnalisant et donc en les "désidéologisant", si je puis dire (ce qui n'exclut pas que Galates les travestisse dans un sens opposé; la différence n'en est pas moins sensible): dans Galates il y a bien conflit entre Paul et Barnabé (2,13), mais ce n'est pas un différend personnel, c'est un désaccord "idéologique", à la fois théorique et pratique: renoncer à la communion (de table) entre juifs et non-juifs, pour "Barnabé" c'est un compromis diplomatique acceptable, pour "Paul" c'est la négation même de son évangile. Dans les Actes, d'une part la position paulinienne est assumée par "Pierre" (alors que son équivalent "Céphas" s'y oppose, au moins objectivement, dans Galates où il apparaît comme l'occasion, sinon la cause du problème, v. 11ss), d'autre part le conflit entre "Paul" et "Barnabé" n'a plus rien d'idéologique et porte sur une simple affaire de personne (Marc, Marcion ? Le rapprochement est d'autant plus tentant que notre évangile "selon Marc" paraît beaucoup plus "marcionite" que l'évangile "selon Luc" tel qu'il nous est parvenu dans sa version "orthodoxe", associée aux Actes, alors même que Marcion se réclamait, d'après ses détracteurs, d'un évangile "selon Luc" qui devait être passablement différent du nôtre).

De même le conflit entre "Hébreux" et "Hellénistes" au chapitre 6 ramène à un simple problème pratique (distribution de nourriture) une divergence idéologique beaucoup plus profonde et beaucoup plus complexe, dont le discours violemment anti-temple et anti-rituel d'Etienne (du groupe des sept "Hellénistes", chap. 7) peut donner une petite idée (étrangement, quand tous les chrétiens sont dispersés à la suite de la persécution déclenchée par l'affaire d'Etienne, les "apôtres" restent tranquillement à Jérusalem, 8,1ss).
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MessageSujet: Re: Fête de la pentecôte ou de l'esprist saint   Mer 30 Mai 2018, 14:08

Citation :
Le récit, en gros, fonctionne comme un "Babel à l'envers", qui donne le coup d'envoi de la "mission" conduisant de Jérusalem à Rome. Il permet de rapporter l'Eglise universelle à une source unique (par "explosion" ou "big bang", si l'on peut dire).

La montée vers la capitale de l'Empire, dont les Juifs ont été chassés sur ordre du prince, s'inscrit, quelles qu'en soient les conditions, dans une double démarche d'occupation des lieux politiques et de distanciation des Juifs. Elle commence en fait dès le moment où Paul à Jérusalem s'affirme citoyen romain : «On allait étendre Paul pour le fouetter, quand il dit au centurion de service : «un citoyen romain qui n'a même pas été jugé, avez-vous le droit de lui appliquer le fouet ?» A ces mots, le centurion alla mettre le tribun au courant : «Qu'allais-tu faire ! L'homme est citoyen romain. Le tribun revint donc demander à Paul : «Dis-moi, tu es vraiment citoyen romain ? - Oui, dit Paul» . Le tribun reprit : «Moi j'ai dû payer la forte somme pour acquérir ce droit - Et moi, dit Paul, je le tiens de naissance ». Ceux qui allaient le mettre à la question le laissèrent donc immédiatement.
Quant au tribun, il avait pris peur en découvrant que c'était un citoyen romain qu'il gardait enchaîné» (22, 25-29). Ce dialogue dévoile bien la portée juridico-politique de l'enjeu que constitue le champ religieux, et particulièrement les formes de diffusion du christianisme. C'est une part importante du statut du paulinisme hors et dans l'Eglise. L'opposition entre la citoyenneté acquise à prix d'argent du tribun et celle de Paul reçue par la naissance prend valeur de symbole. Elle dilate les capacités de diffusion du christianisme aux limites ouvertes de la citoyenneté romaine. La comparution de Paul devant le Sanhédrin, faisant jouer une juridiction locale, déplace l'objet du débat, mais en même temps en rappelle toute la complexité, lorsque Paul annonce : «Je suis pharisien, fils de pharisien»(23, 6-11).

Il apparaît alors comme un lieu-carrefour par l'accumulation de ses appartenances et statuts, par son histoire familiale et par la sienne propre, structurée par l'illumination du chemin de Damas. Il est la preuve tangible de l'ouverture possible et réalisée, de l'universalisme achevé. C'est pourquoi il ne peut échouer. C'est dans cette logique qu'il faut aborder le bricolage lucanien de sa fin, pour attester la «prise» de Rome.

https://www.persee.fr/docAsPDF/dha_0755-7256_1981_num_7_1_1434.pdf
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MessageSujet: Re: Fête de la pentecôte ou de l'esprist saint   Mer 30 Mai 2018, 19:03

Outre le problème de datation sur lequel je ne reviens pas, cet article "historique" reste prisonnier du schéma général du récit des Actes, autrement dit de "l'histoire sainte": Jésus -> les apôtres, Jérusalem -> Rome => expansion d'un christianisme initialement défini en Palestine (Galilée + Judée) aux grandes villes de l'empire et à la capitale. C'est un bon exemple du cercle vicieux renforcé par la séparation des "disciplines": l'exégèse biblique (essentiellement confessionnelle) et l'histoire ("profane") se renforcent mutuellement dans la répétition non critique d'un "consensus", parce que chacune doit emprunter une partie de ses "données" à l'autre sans disposer de la compétence nécessaire pour les remettre en question.

La troisième partie (sur le "bricolage idéologique", à la fois politique et théologique) me semble cependant tout à fait pertinente -- elle ne le serait que davantage dans un contexte de la première moitié du IIe siècle (entre autres parce que la tendance générale au "syncrétisme", avec la multiplication des cultes à mystères orientaux plus ou moins imprégnés de philosophie populaire, sur laquelle "surfe" le christianisme en évitant de les attaquer de front parce qu'il relève de la même "catégorie", ne fait que s'accentuer jusqu'au IVe siècle).

Au passage, la mention de l'expulsion des juifs de Rome sous Claude (Actes 18,2; cf. Suétone, Claudius xxv: en raison de troubles impulsore Chresto, "à l'instigation de Chrestus"; pour Dion Cassius, LX,vi,6s, l'expulsion n'a justement pas eu lieu) n'a guère d'incidence sur le récit des Actes du point de vue de la "conquête" (chrétienne) de Rome, puisqu'il y a bel et bien des Juifs à Rome quand Paul y arrive (28,17ss) -- fait plus étrange, ceux-ci semblent n'avoir aucune connaissance directe du christianisme, alors qu'il y a là aussi des "chrétiens". Par contre, comme l'auteur ne manque pas une occasion de désigner les juifs comme fauteurs de troubles au regard du pouvoir romain, ce rappel vrai ou faux s'insère tout naturellement dans son propos.
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MessageSujet: Re: Fête de la pentecôte ou de l'esprist saint   Jeu 31 Mai 2018, 12:06

Les premiers chrétiens : du Temple aux maisons

De Jérusalem à Rome

Le Livre des Actes s’ouvre non dans le Temple, mais sur Mont des Oliviers. Et il se clôt dans la maison romaine où Paul est en garde à vue. Or, déjà, à la Pentecôte, l’Esprit a été reçu par les apôtres dans une maison (Ac 2,2). Comme dans l’Évangile, une grande part du récit des Actes se passe dans ces endroits familiers où se font les échanges et se réunissent les communautés qui y rompent le pain. Mais le Temple reste le lieu des prières. Le salut s'y manifeste : au "Nom de Jésus" Pierre et Jean y guérissent un infirme (Ac 3,1-10). La Passion s'y continue car ils y sont arrêtés (Ac 4,1-3). Il reste le lieu des rassemblements de pèlerinage, des sacrifices, et – qui sait ? – celui de la Présence divine. Arrêté à son tour, Paul dira haut et fort qu'il n'a jamais commis de délit contre le Temple (Ac 25,Cool. Cependant, au fur et à mesure que la mission se développe loin de Jérusalem, les maisons assument le rôle de lieu de rassemblement des croyants. D'autant que les synagogues, canal privilégié de la prédication, deviennent de plus en plus hostiles aux chrétiens. Jusqu'à ce qu'apparaissent ces "maisons de prière" dont on trouve les traces à Rome dès le IIe siècle.

L'universel et le quotidien

Cette orientation, véritable marque de fabrique du christianisme naissant, inscrit celui-ci dans l’universel. Autant le Temple est le théâtre de rendez-vous exceptionnels, autant la maison est le lieu de l’ordinaire des jours, fait de repas, de rencontres, de vie commune et transmise. C’est cet ancrage dans le quotidien qui rend la maison universelle. Qui, en effet, ne vit dans une maison ? Au fur et à mesure de l’expansion de la mission au sein de l'empire, la dimension humaine de la maison est mise en valeur. Ce n'est pas seulement un bâtiment, c'est est aussi un ensemble de personnes, famille et domestiques, affranchis ou esclaves : "Elle reçut le baptême, elle et sa maison" dit Luc à propos de Lydie, commerçante à Philippes (Ac 16,15). Communauté et maison vont maintenant de pair. Pour Luc, le Temple de Jérusalem reste lié à la Passion de Jésus, les synagogues à la prédication – du moins au début – mais les maisons sont bien les lieux où souffle l’Esprit.

https://www.bible-service.net/extranet/current/pages/1380.html
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MessageSujet: Re: Fête de la pentecôte ou de l'esprist saint   Jeu 31 Mai 2018, 12:33

Ce que cet article, et les Actes, passent allègrement sous silence, c'est l'implication sociale ou socio-économique de ce "christianisme de maisons" (attesté dès les épîtres pauliniennes, bien avant la mise en scène du temple et des synagogues dans les Actes): les maisons concernées sont forcément celles des (relativement) riches, capables d'accueillir une "assemblée" même modeste, conformément au modèle du "clientélisme" romain (la "maison" du "patron" représente, y compris juridiquement jusqu'à un certain point, non seulement sa "famille" au sens réduit où nous l'entendons, mais ses esclaves, ses affranchis, ses obligés, ses "clients"). Dans un tel christianisme les riches sont naturellement nécessaires et dominants (d'où les critiques de l'épître de Jacques, et la nécessité pour le protocatholicisme de sortir de ce système, avec des lieux de culte et d'abord une hiérarchie autonomes -- où "l'évêque" se distingue du "maître de maison").
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MessageSujet: Re: Fête de la pentecôte ou de l'esprist saint   Ven 01 Juin 2018, 11:43

"Moi, je vous baptise d'eau, mais il vient celui qui est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de délier la lanière de ses sandales. Lui, il vous baptisera dans l'Esprit Saint et le feu" (Lc 3,16).

"Jean a bien donné le baptême d'eau, mais vous, c'est dans l'Esprit Saint que vous serez baptisés d'ici quelques jours" (Ac 1,5).

Concernant  le jour de la Pentecôte on peut affirmer qu'il y a eu un grand baptême dans l'Esprit Saint, d'ailleurs  Pierre déclare à propos de Jésus : "Exalté par la droite de Dieu, il a reçu du Père l'Esprit Saint promis et il l'a répandu" (Ac 2,33).

 Lorsque Paul arrive à Éphèse, il demande aux disciples : "Avez-vous reçu l'Esprit Saint quand vous êtes devenus croyants ? - Mais, lui répondirent-ils, nous n'avons même pas entendu parler d'Esprit Saint." Suite à cette réponse, le récit précise concernant ces disciples :  "ils reçurent le baptême pour le nom du Seigneur Jésus. Paul leur imposa les mains, et l'Esprit saint vint sur eux" (Ac 19, 1-7)
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MessageSujet: Re: Fête de la pentecôte ou de l'esprist saint   Ven 01 Juin 2018, 12:30

L'association de l'eau et de l'"esprit" (qui se distingue évidemment du souffle ou du vent "physiques", sans jamais perdre tout à fait cette référence concrète ou "élémentaire") remonte très loin: on l'a rencontrée plus haut dans Ezéchiel 36, on la retrouve notamment, ritualisée, à Qoumrân. Elle fait partie du "fonds commun" judéo-chrétien, mais chaque (type de) christianisme, chaque texte du NT, l'utilise à sa façon. Ce qui me paraît caractériser Luc-Actes, c'est une certaine systématisation qui joue à la fois d'une "norme" et d'écarts par rapport à celle-ci. La norme est fixée depuis le paulinisme au moins (cf. Romains 6): le "baptême d'eau" EST "baptême d'Esprit" (ce sont les deux faces du même signe, le "signifiant" et le "signifié" si l'on veut); dans la logique du "mystère" (mustèrion-mysterium/sacramentum), le rite d'initiation chrétien donne accès à l'Esprit dans le corps du Christ ressuscité. Par nécessité narrative, le récit évangélique (Marc, Matthieu) distinguait déjà (avant Luc) un baptême d'eau (associé à Jean-Baptiste) et un baptême d'esprit et/ou de feu (associé à Jésus, mais qu'on ne "voyait" jamais arriver: dans le récit lui-même ça restait une parole, promesse ou menace), dans une perspective eschatologique: "l'eau" avait tout plus un rôle préparatoire (conformément au rôle de précurseur assigné à Jean-Baptiste), "l'esprit" et/ou "le feu" désignait en revanche la réalité ultime sous un aspect critique (salut/perdition, épreuve-jugement débouchant sur l'un ou l'autre, etc.). Dans la perspective clairement "ecclésiastique" et (pseudo-)"historique" de Luc-Actes, les choses s'ordonnent naturellement: l'eau sans esprit marque l'époque d'avant la Pentecôte; à la Pentecôte ceux qui n'avaient eu que l'eau (les 12 ou les 120) reçoivent directement l'esprit, les nouveaux convertis (3000, etc.) reçoivent simultanément l'une et l'autre: c'est désormais la règle. Mais cette règle souffre ensuite des exceptions qui ont toujours un sens narratif et stratégique: on a de nouveau l'eau sans ou avant l'esprit au chapitre 8, pour les Samaritains: il faut la présence des apôtres pour valider la première extension de "l'Eglise" au-delà du "judaïsme" stricto sensu; puis pour Corneille au chapitre 10 c'est le contraire: l'esprit avant l'eau, qui détermine Pierre à franchir le pas décisif de l'ouverture totale aux "païens"; au chapitre 19, les disciples de Jean-Baptiste doivent recevoir un nouveau baptême d'eau (contrairement au "premier service" de la Pentecôte) pour recevoir l'esprit: il s'agit cette fois de récupérer (narrativement) dans l'Eglise l'intégralité du mouvement "baptiste" en déniant toute valeur au "baptême de Jean" au-delà de sa période de validité qui est censée avoir pris fin à la Pentecôte. Tout en conférant finalement et discrètement à Paul sa pleine qualité d'apôtre (ce coup-ci, ça marche sans la présence d'un des Douze).

La théologie des Actes peut paraître très "plate" quand on la compare à celles de "Paul" ou de "Jean": c'est qu'elle est dominée par un schéma à la fois chronologique (les grandes périodes du grand récit) et institutionnel (donner à "l'Eglise" une apparence d'unité et de développement globalement linéaire et harmonieux). A sa façon elle est très efficace, puisqu'elle a réussi à imposer son schéma à tous les "catéchismes" qui, depuis, récitent grosso modo la même "histoire sainte". Son succès historique, dans tous les sens du terme, tient bien sûr à d'autres facteurs: le récit des Actes présente "l'Eglise" comme une "œuvre divine", l'esprit et les "miracles" qui lui sont associés servant précisément à marquer sa divinité jusque dans ses côtés terrifiants (Ananias et Saphire, Simon le Mage, Elymas, etc.); mais aussi providentielle à tout point de vue "humain", répondant parfaitement aux besoins religieux, intellectuels et politiques de l'empire, caressant le pouvoir romain dans le sens du poil. Pour parler comme le Brüno de Sacha Baron Cohen, le christianisme c'est in, le paganisme et surtout le judaïsme traditionnels c'est out.
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MessageSujet: Re: Fête de la pentecôte ou de l'esprist saint   Dim 10 Juin 2018, 13:42

Narkissos a écrit:
Dans la perspective clairement "ecclésiastique" et (pseudo-)"historique" de Luc-Actes, les choses s'ordonnent naturellement: l'eau sans esprit marque l'époque d'avant la Pentecôte; à la Pentecôte ceux qui n'avaient eu que l'eau (les 12 ou les 120) reçoivent directement l'esprit, les nouveaux convertis (3000, etc.) reçoivent simultanément l'une et l'autre: c'est désormais la règle. Mais cette règle souffre ensuite des exceptions qui ont toujours un sens narratif et stratégique: on a de nouveau l'eau sans ou avant l'esprit au chapitre 8, pour les Samaritains: il faut la présence des apôtres pour valider la première extension de "l'Eglise" au-delà du "judaïsme" stricto sensu; puis pour Corneille au chapitre 10 c'est le contraire: l'esprit avant l'eau, qui détermine Pierre à franchir le pas décisif de l'ouverture totale aux "païens"; au chapitre 19, les disciples de Jean-Baptiste doivent recevoir un nouveau baptême d'eau (contrairement au "premier service" de la Pentecôte) pour recevoir l'esprit: il s'agit cette fois de récupérer (narrativement) dans l'Eglise l'intégralité du mouvement "baptiste" en déniant toute valeur au "baptême de Jean" au-delà de sa période de validité qui est censée avoir pris fin à la Pentecôte. Tout en conférant finalement et discrètement à Paul sa pleine qualité d'apôtre (ce coup-ci, ça marche sans la présence d'un des Douze).

J'apprécie cet éclairage notamment à propos du baptême de Jean.
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MessageSujet: Re: Fête de la pentecôte ou de l'esprist saint   Dim 10 Juin 2018, 16:50

Ce dont témoignent aussi malgré eux les évangiles et les Actes, c'est que le mouvement "baptiste" en général et "johanni(s)te" (> "Jean-Baptiste") en particulier ne se laisse nullement réduire au rôle de "précurseur" (du christianisme) qu'ils tentent par ailleurs de lui assigner. Il y a toujours des "disciples de Jean" hors du groupe de "Jésus" ou des "apôtres", dont les pratiques au moins (jeûne, purifications) diffèrent (Marc 2,18//), Jean lui-même dans sa prison doute de Jésus (Matthieu 11,1ss//), etc. Cf. aussi Apollos d'Alexandrie (Actes 18,24ss) rattaché (à tort ou à raison) au "baptême de Jean" comme les "johannites" d'Ephèse, en Asie Mineure (19,1ss) -- très loin donc, géographiquement et culturellement, de la zone d'actitivité attribuée à Jean-Baptiste ou de Qoumrân (Jourdain, mer Morte), et sans passer par une "Pentecôte"; et les "mandéens" qui ont survécu (difficilement) en Mésopotamie jusqu'à nos jours (avec bien sûr des influences chrétiennes et islamiques entre-temps), pour qui "Jean" est le vrai prophète et "Jésus" le faux...
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MessageSujet: Re: Fête de la pentecôte ou de l'esprist saint   Lun 11 Juin 2018, 10:52

D’autres témoins des rites de l’initiation en usage au ier siècle déroutent eux aussi les théologies du baptême et de la confirmation. Il y a par exemple les chapitres 7 à 15 de la Didachè. Ce document, contemporain du livre des Actes, originaire de la région Syrie-Palestine, compile diverses instructions sur la vie des communautés chrétiennes. On situe sa rédaction finale vers la fin du ier siècle au plus tard. Mais il renferme des éléments plus anciens, que la critique moderne date entre 50 et 90 ap. J.-C. Parmi eux, une instruction liturgique relative au baptême (Didachè VII, 1-37) soulève un problème que W. Rordorf avait résumé en 1972 par ces mots : « Ce qui frappe le plus, c’est l’absence de l’imposition des mains et de la mention du don de l’Esprit Saint au moment du baptême8 ». Pourtant, la Didachè connaît l’Esprit puisqu’elle n’hésite pas à faire quelques recommandations sur les prophètes (X, 7 ; XI, 3-12 ; XIII, 1-7).

https://journals.openedition.org/rsr/2461
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MessageSujet: Re: Fête de la pentecôte ou de l'esprist saint   Lun 11 Juin 2018, 12:11

Le mélange de critique textuelle, d'analyse littéraire, de naïveté historique et de diplomatie œcuménique est assez déroutant au premier abord, mais pour qui arrive à s'y retrouver il y a là des choses intéressantes.

L'association du baptême et de l'esprit (non seulement de l'eau et du souffle, mais aussi de la régularité du rite prescrit, fixé, standardisé, etc., et de la liberté, de l'imprévisibilité, de la spontanéité du mouvement, du phénomène ou de l'événement divin, ni "commandable" ni "maîtrisable") est par excellence paradoxale ou contradictoire (mariage de la carpe et du lapin, etc.). C'est dire que chaque fois que le paradoxe ou la contradiction formelle ne sont plus ressentis comme tels dans le "sacrement" lui-même -- il n'y a peut-être que les théologiens pour les ressentir "comme tels" -- on les recherche, le cas échéant, en-dehors de lui et d'une manière ou d'une autre contre lui: dans une "expérience" distincte du baptême (d'eau), avant (comme dans la "conversion" évangélique) ou après (comme dans le pentecôtisme) celui-ci: condition préalable d'un baptême valide dans le baptisme (moderne) p. ex., validation ultérieure ou contre-signature du baptême dans le pentecôtisme. Dans les christianismes primitifs (entre autres), "l'imposition des mains" est en effet un symptôme parmi d'autres de cette nécessité de distinguer "l'eau" et "l'esprit" -- non sans retomber dans le malentendu qu'on cherche à éviter en faisant de "l'esprit" un autre rite, au lieu d'y voir l'autre du rite (son "signifié", si l'on veut).
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MessageSujet: Re: Fête de la pentecôte ou de l'esprist saint   Lun 11 Juin 2018, 15:08

Un récit fondateur ?
Il n'est donc pas étonnant que le baptême ait son aboutissement dans une « théophanie ». À travers la reconnaissance solennelle, par la voix divine, de Jésus comme « le Fils » et la descente de l’Esprit, le récit ne vise pas seulement à marquer l’importance de ce moment comme investiture messianique, mais aussi, semble-t-il, à fonder déjà le baptême chrétien. Le mouvement, bien souligné par Marc, de Jésus qui « remonte » de l'eau pour recevoir aussitôt l'Esprit pourrait évoquer le rite pratiqué par les communautés chrétiennes.

Si cette hypothèse est exacte, cela revient à dire qu’un tel récit aurait pu jouer par rapport au baptême chrétien un rôle analogue à celui de la dernière Cène par rapport à l’eucharistie de l’Église.

On sait en effet que le récit de la Cène nous est livré, dans les synoptiques et en 1 Co 11, selon une version déjà polie par l’usage liturgique des premières communautés. Il a été véritablement structurant pour l’eucharistie chrétienne, puisque celle-ci s’est articulée autour des quatre verbes qui y décrivent l’action du Seigneur : « prendre » (cf. la présentation des dons) ; « prononcer la bénédiction » (cf. la prière eucharistique) ; « rompre » (cf. la fraction du pain) ; « donner » (cf. la communion). Récit fondateur donc, récit instituant, récit « de l’institution », précisément...

Certes, le récit du baptême de Jésus n’a jamais été aussi structurant pour la pratique baptismale que celui de la Cène pour l’eucharistie : Paul ne s’y réfère jamais, par exemple. Mais sa portée pourrait être analogue. Les Églises orientales ont fondé la pratique du baptême chrétien beaucoup plus sur ce récit que sur l'ordre du Ressuscité selon Mt 28. En baptisant (comme en faisant l’eucharistie), il s’agit moins d’obéir à un ordre que de refaire symboliquement (''sacramentellement'') l’itinéraire pascal du Maître. On doit comprendre en ce sens l’allusion faite par Jésus à son ''baptême'' dans sa propre mort : Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire ou être baptisés du baptême dont je vais être baptisé ? (Mc 10,38).

Tout comme le récit de la Cène, même si c'est à un moindre degré, le récit du baptême de Jésus est « fondateur ». Il fonde en racontant. Cela rappelle que la théologie chrétienne est fondamentalement narrative. Elle l’est parce que la Vérité qu’elle confesse n’est pas une idée – fût-elle la plus sublime idée de Dieu – mais Quelqu’un, et que ce Quelqu’un, confessé comme « Christ de Dieu », n’est pas le fruit d’une projection mythique, mais une réalité historique ; une réalité que l’on ne peut atteindre qu’en la racontant
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MessageSujet: Re: Fête de la pentecôte ou de l'esprist saint   Lun 11 Juin 2018, 16:02

Comme quoi la théologie a aussi son "irréel du passé" (ce qu'elle aurait pu être si elle n'était pas devenue ce qu'elle est)...

C'est précisément la prépondérance du schéma chronologique de Luc-Actes qui empêche les évangiles de fonctionner selon ce qui était probablement leur intention première, à savoir comme une mise en récit ("mythique", sous apparence d'"histoire") du "mystère" chrétien. A cause de la suite (les Actes), l'"histoire de Jésus" est elle-même reléguée à la place du "précurseur", d'"avant-propos" du "christianisme proprement dit" qui commence vraiment à la Pentecôte. De fait on ne voit plus le "baptême de Jésus" comme un baptême chrétien, on comprend encore moins l'importance centrale de la Transfiguration entre baptême et mort-résurrection, la fin de l'évangile ne renvoie plus à son début dans un schème cyclique (cf. le renvoi "en Galilée" chez Marc, de la fin au début), dès lors qu'il y a une suite et que c'est elle qui compte.
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MessageSujet: Re: Fête de la pentecôte ou de l'esprist saint   Lun 11 Juin 2018, 23:34

Pourrait-on argumenter que Paul en écrivant ses lettres pastorales a fixé les bases du christianisme et détourné volontairement ou non le regard du croyant de Jésus?

Jésus dans les récits qui nous sont donnés par le biais des évangiles semble vouloir réformer le point de vue de ses disciples à défaut de pouvoir le faire du culte des Israélites. Il les encourage a mieux pratiquer ce qu'ils lisent dans la loi ou entendent lire au temple afin de se montrer à l'image de leur Père céleste.

Alors que Paul construit toute une théologie en partant de Jésus et interprétant la loi [comme le font par ailleurs les auteurs des évangiles] pour démontrer que Jésus et le Christ tant attendu sont une seule et même personne.
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MessageSujet: Re: Fête de la pentecôte ou de l'esprist saint   Mar 12 Juin 2018, 01:17

(Je présume qu'en parlant de "lettres pastorales" tu ne penses pas à ce qu'on appelle habituellement de ce nom, à savoir les seules épîtres -- très tardives -- à Timothée et à Tite, mais à l'ensemble des écrits attribués à Paul: Romains, Corinthiens, etc.; dans le cas contraire tu me corrigeras.)

C'est un scénario très populaire (le gentil Jésus et le méchant Paul), mais pour ma part je n'en crois pas un mot. Parce que 1) les premières épîtres de Paul (Corinthiens, Romains...) sont manifestement très antérieures aux récits évangéliques, qui les présupposent, que ceux-ci reflètent une théologie partiellement similaire (Marc) ou diamétralement opposée au paulinisme (Matthieu); 2) ces épîtres témoignent de l'existence (à Corinthe, à Rome, etc.) d'un "culte de Jésus-Christ" qu'elles n'ont pas inventé, qui donc leur préexiste en tant que tel; 3) "Jésus" n'y apparaît nullement comme un "maître" humain, il n'y a pas la moindre référence à son "enseignement", ni à ses "actes", hormis sa mort et sa résurrection; les destinataires de Paul (dont on connaît par ailleurs les nombreuses questions, objections, divergences, surtout dans la correspondance corinthienne) ne s'y réfèrent pas davantage que lui; 4) Paul n'y "démontre" jamais que "Jésus" est le "Christ", le "Seigneur", ou le "Fils de Dieu": cela ne fait aucunement débat, c'est au contraire  la croyance préalable de ses destinataires, le "fonds commun" ou le "terrain d'entente" sur lequel il fonde et construit les originalités ou les innovations de sa doctrine particulière; mais le "fondement" précisément, la foi en Jésus-Christ, Fils de Dieu et Seigneur, est déjà établi et ne fait pas discussion: ça n'a rien de spécifiquement "paulinien".

Le lecteur du Nouveau Testament, en revanche, découvre "Jésus" (dans les évangiles), son enseignement, ses miracles, AVANT de lire "Paul". Il lit les textes dans un ordre contraire à celui de leur écriture, et cet ordre paraît en outre confirmé par le schéma de Luc-Actes, qui nous montre Paul arrivant assez longtemps APRÊS "Jésus" et "les Douze". Du coup c'est la doctrine paulinienne qui apparaît comme une innovation suspecte -- quitte à expurger les évangiles de tout ce qui lui ressemble.

Le schéma d'un Jésus "simplement humain", glorifié ou déifié malgré lui après sa mort pour devenir la figure centrale d'un culte qui trahissait plus ou moins son enseignement, s'inscrivait à merveille dans le pathos naturaliste du XIXe siècle; l'examen des textes du NT suggère exactement l'inverse: il y a un culte de "Jésus-Christ", crucifié et ressuscité, Fils de Dieu, Seigneur, bien avant qu'on se préoccupe de lui écrire une "biographie" humaine en lui attribuant des paroles et des actes, une naissance, etc.
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