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 Que faire de sa vie après le Jéhovisme ?

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Frere toc

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MessageSujet: Que faire de sa vie après le Jéhovisme ?   Mar 30 Aoû 2011, 15:58

Bonjour à tous,

Étant en passe de franchir ce cap important qu'est la sortie de l'organisation TJ, je me pose une foule de questions qui vous surprendront certainement et vous paraitront sans doute absurde, mais c'est dans la nature de l'homme de vouloir être rassuré.
Comme je le disais à seb dernièrement, Je croit que ce qui fait le plus peur c'est le fait de mener une vie vide de sens et se retrouver seul et sans amis.
Avoir la possibilité de rencontrer des couples qui ont fait le choix de quitter la religion des TJ pour des motifs Bibliques et non pour pratiquer le péché avec avidité (comme le dit Eph 4:19) serait la meilleure preuve que l'on peu en sortir indemne (plus ou moins) et reconstruire des liens après.
A défaut de vous rencontrer dans l'immédiat, si cela ne vous importune pas, pourriez vous m'indiquer quelle genre de vie vous menez à présent ? Avez-vous (par dépit/défit peut-être ?) pris des habitudes que vous considériez comme impures lorsque vous étiez TJ ?
Encore une fois je me rend compte à quel point ma question est puérile et naïve, mais la peur de l'inconnu ,la peur des conséquences de mes actes à venir, me freine tellement... j'ai besoin de pouvoir avoir cette franchise de langage avec vous, cette amitié tout simplement.

Merci de votre aide. I love you


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seb

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MessageSujet: Re: Que faire de sa vie après le Jéhovisme ?   Mar 30 Aoû 2011, 16:30

Bonjour Frère toc,

Je ne peux parler que pour moi-même. Personnellement, je crois que ma vie n'a un sens que depuis que je recherche la vérité de mon propre chef, sans avoir un organisme "tout puissant et omniscient" qui tente de m'imposer la sienne. J'ai plus appris sur la Bible et sur Dieu en quelques mois ici et ailleurs, que durant des années chez les TJ! Je pense aussi que je suis devenu quelqu'un de plus humain et de plus tolérant au contact des interrogations des autres, interrogations qui sont prohibées chez les TJ, ou tout n'est toujours que réponses, et jamais questions.

Tu as peur de te retrouver seul et sans amis, mais ce forum devrait à lui seul te rassurer sur ce point. Personnellement, même si je ne t'ai jamais vu, je te considère pratiquement déjà comme un ami. Je pense que tu es une personne droite, et tes interrogations le prouvent. Saches que l'on attire ceux qui nous ressemblent. "Qui se ressemble, s'assemble". Ce serait dommage, à mon avis, de cacher ta lumière sous la table (pour reprendre une expression biblique).

Je crois aussi qu'il ne faut pas te faire d'illusions. On sort des TJ pour une multitude de motifs différents, plus ou moins avouables et nobles. Tu trouveras des ex-TJ dont le seul but est de profiter "bêtement" de la vie, et d'autres avec des buts bien plus louables. A toi de choisir tes fréquentations avec soin, comme tu l'as fait certainement jusqu'à présent.

Ai-je pris des habitudes "impures" après être sorti des TJ? Je ne sais pas. Il y a bien des habitudes que je combattais avec plus de forces en étant TJ, et que j'ai laissé s'ancrer plus facilement après ma sortie. Mais à quel point sont-elles "impures"? Je n'en sais rien.

Ma logique actuelle est que si une action ne fait de mal à personne, c'est qu'elle est bonne, ou du moins neutre. Si elle fait du mal (à moi ou à quelqu'un d'autre), dans ce cas elle est mauvaise.

Cela étant dit, il arrive que l'on croit "bonne" une mauvaise action, et "mauvaise", une bonne action. Par exemple, lorsque j'allais prêcher ce que je croyais être juste, et que je tentais de convertir les autres à mon point de vue, je faisais quelque chose de mal sans le savoir. Si quelqu'un serait devenu TJ par ma faute, j'aurais pu m'en vouloir de l'avoir entraîné là-dedans.

Aussi, lorsque j'attendais avec impatience Armagueddon, avec son lot de morts et de douleurs, je n'étais certainement pas si innocent que je voulais bien le croire. Je crois que de ce point de vue, je suis devenu quelqu'un de meilleur aujourd'hui qu'hier, surtout en ce qui concerne la tolérance des autres, avec leurs différences.

Je voulais aussi te dire une chose, c'est qu'après être sorti des TJ, des TJ que je connaissais depuis des années me croisaient dans la rue sans plus me saluer, ma famille - et surtout mon frère jumeau - me tournait le dos (sauf ma mère). Je suis donc passé de plusieurs millions d'amis (!) à pratiquement zéro amis.

Cela a mis du temps, un temps considérable, pour me reconstruire un réseau d'amis. Aujourd'hui, je suis loin, très loin, du million d'amis que j'avais lorsque j'étais TJ. J'ai infiniment perdu en quantité, mais qu'est-ce que j'ai gagné en qualité!!!!

Voilà. C'est tout ce que j'ai à dire pour l'instant. J'espère que ça te rassures un peu...

A bientôt!

Séb

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free



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MessageSujet: Re: Que faire de sa vie après le Jéhovisme ?   Mar 30 Aoû 2011, 17:22

Un article qui m'a aidé :



La reconstruction après le jéhovisme



http://www.tj-revelation.org/La-reconstruction-apres-le
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Patoune

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MessageSujet: Re: Que faire de sa vie après le Jéhovisme ?   Mar 30 Aoû 2011, 20:12

Bonjour frère toc,
Cela fait 11 ans passés que j'ai quitté les tJ sans pour autant vivre comme une dépravée, comme les tJ l'affirment.
La première activité est mon travail. Je travaille bien plus que 7 heures par jour. Cela me passionne même si le soir je rentre crevée. Non, ce n'est pas métro, boulot, dodo car comme je viens de l'écrire, c'est un travail qui m'intéresse énormément. Il me permet aussi d'aider des tJ dans des difficultés particulières, comme quoi que leur exclusion c'est de la gnognotte car ils sont obligés de me parler et d'avoir à faire à moi. Ce n'est pas tout le temps, mais ça arrive.
J'aime rencontrer les ex-tJ et d'autres chrétiens. Je suis allée dans différents lieux de culte et continue d'y aller à l'occasion. Je m'intéresse toujours à la Bible et participe à diverses discussions dans différents fora.
Il est vrai que des fois j'ai de gros coups de blues par rapport à d'anciens amis tJ mais bon, s'ils n'envisagent des relations qu'avec des gens avec qui ils sont d'accord, moi pas. Alors chacun sa route, chacun son chemin.

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Narkissos

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MessageSujet: Re: Que faire de sa vie après le Jéhovisme ?   Mar 30 Aoû 2011, 22:24

Bonjour Frère toc,
Je trouve ta question extrêmement intéressante, car je me dis que si j'avais eu l'occasion d'être en contact avec des ex-TdJ avant d'en devenir un moi-même (ce qui n'a pas été le cas), c'est une question que j'aurais bien pu leur poser.
Et pourtant j'incline aujourd'hui à penser que ce n'aurait pas forcément été une très bonne question. Car quelle que soit la réponse que j'aurais reçue (c'est mieux, c'est pareil ou c'est pire après qu'avant, dehors que dedans), et son degré de sincérité (dont j'aurais toujours pu douter, car pour avoir beaucoup pratiqué le bon-faux-témoignage, on le soupçonne facilement chez les autres), elle (la question) m'aurait placé en situation de juge, avec l'illusion de disposer de critères valables pour juger de ce qui est "bien" ou "mal", "meilleur" ou "pire". Or c'est cela, je pense, que j'avais à l'époque le plus besoin de remettre en question.
Il y a dans le livre des Actes (qui ne compte pas globalement parmi mes "favoris") quelques petites perles que j'aime beaucoup, dont cette phrase (de Pierre à Corneille): "Dieu m'a montré que je ne devais dire aucun homme profane ou impur" (11,28). Telle que je l'entends, elle n'est pas sans rappeler la célèbre sentence de Térence: Homo sum, humani nil a me alienum puto (je suis homme, j'estime que rien d'humain ne m'est étranger). (Aujourd'hui elle me rappelle aussi quelques bonnes pages du Crépuscule des idoles de Nietzsche, mais ne nous égarons pas...)
Je comprends bien ce que cette perspective peut avoir d'effrayant, quand d'une part on sait de quoi "l'homme" est capable (et qu'on a même une certaine tendance à noircir le tableau), et que d'autre part on a pris l'habitude de se considérer comme étant du "bon côté" de quelque ligne de partage rassurante ("O Dieu, je te rends grâce de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont rapaces, injustes, adultères..." Luc 18,11). Mais c'est un risque à courir, même si on peut le diluer dans le temps en se racontant des histoires sur les autres et surtout sur soi-même.
En ce qui me concerne, j'ai été exclu des TdJ pour "apostasie" et non pour faute "morale". J'étais par ailleurs célibataire (je le précise puisque tu parles de couples), et comme j'étais depuis dix ans un "permanent" de l'organisation, mon "réseau social" s'est trouvé dramatiquement réduit du jour au lendemain (pas tout à fait à zéro quand même, car j'ai eu la chance d'être exclu en même temps qu'un ami proche). C'était il y a 25 ans, bien avant l'époque de l'nternet et il n'y avait pas de réseau d'ex-TdJ disponible (j'ai tendance à penser aujourd'hui que c'était plutôt une chance). Je me considérais (plus que jamais) comme chrétien, et c'est donc assez naturellement que je me suis rapproché d'une Eglise évangélique modérée où j'ai trouvé un milieu assez semblable au précédent du point de vue religieux et moral. J'ai évolué depuis (aussi grâce à ces nouvelles rencontres) et je m'en suis éloigné, mais à mon rythme, sans me faire violence. J'ai certainement commis pas mal d'autres "péchés" au regard du code TdJ -- p. ex., en écrivant ces lignes, je fume ma pipe! -- mais lorsque celui-ci avait depuis longtemps cessé d'être pour moi une référence -- en tout cas LA référence dominante.
Cela dit, je ne crois pas que personne en sorte "indemne". Toutes nos expériences nous marquent, en "bien" ET en "mal", et je ne vois pas pourquoi celle-là devrait faire exception. Dans la mesure où tous nos actes s'inscrivent dans la suite de notre passé, soit dans une sorte de "fidélité" à ce passé soit "contre" celui-ci, ils gardent toujours un certain rapport avec lui. Seul le temps, avec la multiplication des expériences (c.-à-d. l'enrichissement de notre passé) diminue -- considérablement, et plus vite qu'on ne croit au départ -- l'importance relative d'une expérience donnée. Et à cet égard, j'ai plutôt l'impression que les réseaux d'ex qui continuent à tourner indéfiniment autour de la même expérience ne favorisent pas tellement ce processus.
Il faut se risquer au devenir: on n'a pas le choix. Qu'on le fasse avec enthousiasme ou témérité, ou en serrant les fesses et en freinant des quatre fers (là encore il n'est pas certain que quiconque ait le choix, en fonction de sa personnalité) -- ça ne change peut-être pas grand-chose non plus.
Je l'ai déjà dit précédemment, mais je le redis pour toi: parmi les nombreux textes qui m'ont "parlé" au moment de ma sortie des TdJ il y avait ce vers (et demi) de Baudelaire:
Faut-il partir? Rester? Si tu peux rester, reste;
Pars, s'il le faut...

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MessageSujet: Re: Que faire de sa vie après le Jéhovisme ?   Mer 31 Aoû 2011, 08:55

Salut Frere toc,

Puérile? Je ne vois vraiment pas en quoi ta question est puérile. Naïve? Oui, sans doute ta question est-elle "naïve", mais alors dans une acception du terme qui n'a absolument rien de méprisant, aucune connotation négative. Cette "naïveté"-là est au contraire la plus naturelle, la plus humaine qui soit: c'est la naïveté d'une question qui porte sur ce que l'on ne connait pas du tout (ou pas encore).
Elle n'est "naïve" que parce que celui qui est passé par l'expérience que tu envisages ne se pose plus du tout ta question sous cette forme-là, mais je ne vois pas bien comment tu ne pourrais pas te la poser sous cette forme-là au stade où tu es.

Une des choses que j'ai apprises, et qui m'a la plus frappé, APRÈS ma sortie du jéhovisme, c'est de constater qu'il y avait des façons vraiment TRÈS différentes d'être TdJ. J'en déduis qu'il y a mille façons d'être un ex-TdJ, et que ,aussi rassurant que je voudrais l'être, mon témoignage ne te seras d'aucune garantie.

Je connais des gens qui souffrent beaucoup depuis leur sortie, les blessures orchestrées par le groupe ne s'étant jamais refermées, d'autres qui affirment haut et fort se sentir mille fois mieux depuis leur sortie. Moi, sincèrement, je ne crois pas être plus heureux depuis que je suis sorti des TdJ, et pas plus malheureux non plus.

Ce qui me surprend le plus, c'est justement cette continuité. Je n'ai absolument pas le sentiment d'avoir changé, et d'ailleurs je garde des liens assez étroits avec ma belle-famille (toute TdJ; j'ai passé une semaine en Espagne avec la sœur de ma femme et son mari, et ça ne leur posait AUCUN problème de conscience... ce qui me surprend toujours un peu, car je crois que j'aurais été largement plus con "de mon temps"), ce qui semble indiquer que, eux non plus, n'ont pas perçu de profond changement (On peut aussi se dire qu'ils le font pour ma femme --toujours TdJ-- mais alors, vis-à-vis de moi, ils le font vachement bien).

Comme je suis un peu pressé ce matin, je vais répondre très vite à ta question précise: Non, je ne vois pas vraiment "d'habitude" que j'aurais prise aujourd'hui qui soit impure du point de vue TdJ, sinon que j'essaie de me montrer un peu plus chaleureux avec les "gendumonde" que je gardais autrefois à distance. Mais même ça, ce sentiment de n'être pas du monde, il n'a pas beaucoup changé, si ce n'est que j'ai compris combien il était artificiel. Ah si! Je suis aussi devenu donneur de sang... Mais ça n'empêche pas, par ailleurs, qu'aujourd'hui encore, je suis bien incapable de manger du boudin noir (et contrairement à d'autres témoignages que j'ai lus, je ne ressens absolument pas le besoin de me forcer à ça!)

Voilà pour ce matin...
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le chapelier toqué

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MessageSujet: Re: Que faire de sa vie après le Jéhovisme ?   Mer 31 Aoû 2011, 10:44

cher Frere toc, je suis parti physiquement il y quelque années (lettre de retrait) et puis je suis revenu pour des raisons familiales.
Cependant, je me sens plus détaché maintenant qu'auparavant.
Dans pratiquement toutes les religions les membres peuvent s'éloigner, voire quitter sans problème, mais ce n'est pas le cas chez les Témoins.

La découverte de contre-vérités est un motif qui éloigne de nombreux témoins et c'est aussi mon cas.
Je n'ai pas sombré dans les mauvaises choses, en fait je n'ai pas changé mon mode de vie. J'ai toujours gardé des relations avec des personnes non témoin. Et mon mariage va bien.

Il est important de ne pas chercher à combler le vide trop rapidement. Spermologos explique bien comment procéder. Tu dois apprendre qu'il n'est pas nécessaire d'être occupé constament pour être heureux.
Ecclésiaste précise qu'il n'y a rien de mieux pour l'homme que de manger, de boire et de profiter de son dur travail.

Comment pour la salle... Ah j'y vais parfois. Mais je ne m'y retrouve pas ou plus du tout.
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free



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MessageSujet: Re: Que faire de sa vie après le Jéhovisme ?   Mer 31 Aoû 2011, 11:08

Citation :
Comme je le disais à seb dernièrement, Je croit que ce qui fait le plus peur c'est le fait de mener une vie vide de sens et se retrouver seul et sans amis.



Quand on quitte les TdJ, s'est un monde qui s'écroule, c'est le seul monde que nous avons connu qui s'écroule, ce qui implique de ressentir un vide sidéral et abyssal. J'ai eu la chance de quitter la WT en compagnie de 2 autres TdJ (anciens comme moi, ce qui m'a valu la réputation d'être le meneur ... ce qui était totalement faux), ce qui a atténué le sentiment de solitude.

Le motif de mon exclusion fût : non reconnaissance de l'autorité de l'organisation de Dieu dans sa vie ...; ce qui fût assimilé à un "retrait volontaire".



Lors de mon départ, j'ai vite réalisé qu' en dehors du système de pensée de la WT, je n'avais rien à dire, j'avais le sentiment d'avoir le cerveau vide (peut-être cela n'a pas changé Laughing ), quand je discutais de l'avortement, de l'homosexualité .... je n'avais rien dire, le vide.

Il fallait que j'apprenne à penser par moi-même, sans tutelle. Cette situation m'a poussé à lire, à m'informer et ce fût un véritable bonheur.



Je n'ai pas le sentiment d'avoir changé et d'être devenu un individu immoral ( je ne fume pas non par choix moral mais parce que cela ne me dit rien, j'ai essayé le cigare mais je n'y ai trouvé aucun gout), par contre je m'efforce ne pas être dans le jugement ( pas toujours facile). Je me trouve aujourd'hui plus en phase avec moi-même, puisque je ne dois plus correspondre au profil type du TdJ modèle (du moins en facade) dans le discours et le comportement.



Le départ des TdJ peut être vécu comme une continuation, comme une libération, ou comme une renaissance ... chaque expérience est unique mais elle demnde que nous devions "acteurs" de notre vie.



Notre expérience n'a rien d'exceptionnelle, les déçus de l'idéal communiste on ressenti des sentiments identiques aux notres :



Le Bilan (Jean Ferrat)





Ah ! ils nous en ont fait avaler des couleuvres
De Prague à Budapest, de Sofia à Moscou
Les staliniens zélés qui mettaient tout en œuvre
Pour vous faire signer les aveux les plus fous
Vous aviez combattu partout la bête immonde
Des brigades d'Espagne à celles des maquis
Votre jeunesse était l'Histoire de ce monde
Vous aviez nom Kostov ou London ou Slansky

Au nom de l'idéal qui vous faisait combattre
Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd'hui

Ah ! ils nous en ont fait applaudir des injures
Des complots déjoués, des dénonciations
Des traîtres démasqués, des procès sans bavures
Des bagnes mérités, des justes pendaisons
Ah ! comme on y a cru aux déviationnistes
Aux savants décadents, aux écrivains espions
Aux sionistes bourgeois, aux renégats titistes
Aux calomniateurs de la révolution

Au nom de l'idéal qui nous faisait combattre
Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd'hui

Ah ! ils nous en ont fait approuver des massacres
Que certains continuent d'appeler des erreurs
Une erreur, c'est facile comme un et deux font quatre
Pour barrer d'un seul trait des années de terreur
Ce socialisme était une caricature
Si les temps on changé, des ombres sont restées
J'en garde au fond du cœur la sombre meurtrissure
Dans ma bouche, à jamais, la soif de vérité

Au nom de l'idéal qui nous faisait combattre
Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd'hui

Mais quand j'entends parler de bilan positif
Je ne peux m'empêcher de penser : A quel prix ?
Et ces millions de morts qui forment le passif
C'est à eux qu'il faudrait demander leur avis
N'exigez pas de moi une âme de comptable
Pour chanter au présent ce siècle-tragédie
Les acquis proposés comme dessous de table
Les cadavres passés en pertes et profits

Au nom de l'idéal qui nous faisait combattre
Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd'hui

C'est un autre avenir qu'il faut qu'on réinvente
Sans idole ou modèle, pas à pas, humblement
Sans vérité tracée, sans lendemains qui
chantent
Un bonheur inventé définitivement
Un avenir naissant d'un peu moins de souffrance
Avec nos yeux ouverts en grand sur le réel
Un avenir conduit par notre vigilance
Envers tous les pouvoirs de la Terre et du Ciel

Au nom de l'idéal qui nous faisait combattre
Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd'hui
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Narkissos

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MessageSujet: Re: Que faire de sa vie après le Jéhovisme ?   Mer 31 Aoû 2011, 14:07

"Se perdre" est décidément un verbe pronominal très (trop?) réfléchi, qui dit beaucoup de choses à la fois (même s'il ne les signifie effectivement que tour à tour): une angoisse fondamentale, une fatalité absolue, une impossibilité existentielle, une nécessité vitale, et la liste n'est sans doute pas close.

Et, aussi dérisoire que m'apparaisse avec le temps mon "expérience jéhoviste", je lui sais quand même gré de m'avoir offert sur ce "sujet"-là un "point de vue" intéressant (intéressant pour moi, c.-à-d. relativement à un "lieu", à un "milieu" et à une "époque" donnés; je ne doute pas qu'il y en ait eu pour d'autres, ailleurs ou en d'autres temps de bien plus intéressants).
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MessageSujet: Re: Que faire de sa vie après le Jéhovisme ?   Mer 31 Aoû 2011, 17:43

Que faire aprés le jéhovisme ?

Cette question ( au demeurant légitime et que je me suis posé aussi) m'interpelle. En effet, elle me donne l'impression qu'un TdJ (sur le point de partir mais les autres aussi) sans la WT, ne peut plus ou ne sait plus vivre.

J'ai le sentiment qu'outre le fait que la WT remplit la vie d'un TdJ et elle en est aussi le moteur, l'organisation qui donne l'envie d'avoir envie.

Comment font les gens pour vivre et certains bien vivre, sans la WT ?

Que se passe-t-il dans le cas d'un TdJ pour que cette question devienne aussi importante ?

Le fait que la WT organisé la vie des TdJ (à l'époque 3 réunions, les assemblées, les rendez-vous de prédication....), rend-t-il le TdJ inapte (cela lui donne t-il le sentiment d'être inapte) à prendre sa vie en main, à devenir acteur de sa vie ?



Ce questionnement est-il la caracteristique des personnes qui ont vécu dans un mouvement qui réclame un investissement et une adhésuion totales ?

Comment vivre sans le Jéhovisme signifie-t-il comment vivre sans le sentiment d'être les seuls detenteur de la vérité ou comment vivre sans cette espérance d'un paradis terrestre et sa vie éternelle ?
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seb

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MessageSujet: Re: Que faire de sa vie après le Jéhovisme ?   Mer 31 Aoû 2011, 18:07

Free, peut-être est-ce mieux d'aborder une seule question à la fois. Qu'en penses-tu?

Lorsqu'on est sur le point de franchir une porte, il est normal de se demander ce qui pourrait nous attendre derrière. Après, qu'il s'y cache encore d'autres portes, que l'on pourra franchir plus tard, c'est évident! Mais le problème de franchir la première porte ou non est déjà assez complexe, sans qu'on y rajoute nécessairement maintenant les nombreuses questions qui se poseront par la suite...

Je crois que la question initiale concerne principalement l'aspect social du jéhovisme. Et là, on peut dire clairement qu'en effet on se sent plus seul après une sortie, mais que ce sentiment ne dure pas éternellement...

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MessageSujet: Re: Que faire de sa vie après le Jéhovisme ?   Mer 31 Aoû 2011, 19:38

Je voudrais revenir sur quelque chose que BB a dit ce matin et qui me paraît très important: il y a beaucoup de façons d'"être" ou d'"avoir été" TdJ, et cela va jouer sur la suite, si suite il y a.
Pour quelqu'un comme moi, l'exclusion signifiait, matériellement, me retrouver du jour au lendemain sans logement, sans emploi et sans ressource; socialement et psychologiquement, sans "reconnaissance" et sans "statut"; par contre, dans la mesure où mon engagement personnel avait été fort (je n'étais pas "né" TdJ, j'avais "décidé" de le devenir vers l'âge de 13 ans, de le rester ensuite, de devenir pionnier, etc.), il m'était naturel d'envisager la suite comme une suite, justement, plutôt que comme un "nouveau commencement". J'étais et restais profondément religieux, il y avait pour moi quelque chose à poursuivre de ce côté-là. Ce sentiment de continuité limitait beaucoup la portée du choc, même matériel: après tout, j'avais fait le choix de la précarité, et j'étais plus que jamais dans ce choix.
La situation peut être très différente pour quelqu'un qui a subi plus que choisi le jéhovisme; pour quelqu'un qui a une carrière et des relations "profanes", et pour qui la religion est à cet égard un élément plus périphérique (pour lui cette continuité-là va amortir, différemment, le choc); en revanche pour quelqu'un qui est marié avec un conjoint qui reste Témoin, ou qui a des enfants Témoins l'insécurité affective peut être bien plus grande que celle que j'ai connue, même si le changement initial est moins brutal. Pour quelqu'un qui en sort agnostique ou athée, le sentiment de gâchis ou de temps perdu peut être aussi plus abyssal -- en contrepartie, il y a des chances qu'il ait d'autres intérêts dans la vie, et qu'il passe plus facilement à de nouveaux projets.
Il y a donc beaucoup de paramètres qui entrent en jeu, et qui ne jouent jamais tous dans le même sens (le sens du "mieux" ou le sens du "pire").
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le chapelier toqué

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MessageSujet: Re: Que faire de sa vie après le Jéhovisme ?   Mer 31 Aoû 2011, 20:11

Un des paramètres et non des moindres qui joue une influence dans la façon de sortir d'une expérience religieuse tient à l'âge que l'on a à ce moment-là.

Jeune on peut rebondir plus facilement et espérer refaire une partie de son tissu social, mais passé les 50 ans cela tient de l'illusion car beaucoup ont acquis un tissu qu'ils ne vont plus refaire. Des amis sont morts (déjà) d'autres ont déménagés. Il n'est pas toujours évident de refaire son tissu social. De plus d'anciennes connaissances nous sont restées chères même si elles font parfois mine de ne plus nous reconnaître.

Le parcours consistant à fréquenter d'autres millieux religieux est un pis aller que de nombreux anciens témoins ou ex/témoins ont accompli avec plus ou moins de bonheur. Mais pour un temps il comble un vide, non seulement dans le besoin spirituel mais aussi dans le partage d'un culte commun que l'on peut ressentir comme un besoin impérieux. Cela e été mon cas.

Et puis après il convient de trouver son rythme sans rien repousser ou refuser, même ce qui ne peut que nous apparaître comme farfelu au même titre que la méditation peut paraître exotique à nos esprits européens.

Tu dois prendre garde à ne pas jeter un regard trop amer sur ton parcours chez les témoins. Dis-toi que tu n'as pas perdu ton temps, ce que tu as vécu va te servir pour la suite de ton parcours ou peut-être pour ton nouveau parcours.
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Narkissos

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MessageSujet: Re: Que faire de sa vie après le Jéhovisme ?   Mer 31 Aoû 2011, 22:53

A propos de socialisation, il faut dire aussi que tout le monde n'a pas les mêmes besoins ni le même appétit. Rétrospectivement il me semble que le régime TdJ (et même, dans une moindre mesure, le régime "ecclésial" par la suite) était pour moi très excessif. Le cercle vicieux étant ici que même quand on éprouve un besoin de solitude on peut ressentir, par accoutumance, une diminution des relations humaines comme un manque.

Il me semble d'ailleurs que quant aux besoins de "réunion", formelle et informelle, l'internet change pas mal la donne. Il y a des choses que l'on se dit ici et dont on n'aurait jamais parlé avec des gens qu'on aurait vus plusieurs fois par semaine pendant des décennies. Ce type de communication présente aussi des lacunes, bien sûr, mais puisqu'il existe il ne peut pas ne pas modifier l'ensemble de l'économie sociale (que ce soit pour les Eglises, les associations, mais aussi les réseaux d'amis et autres connaissances).
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Frere toc

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MessageSujet: Re: Que faire de sa vie après le Jéhovisme ?   Jeu 01 Sep 2011, 00:40

Bonsoir à tous,

En postant mon message, j'avoue que je ne m'attendais pas à recevoir tant de réponse en si peu de temps, et d'une si grande qualité. Une fois de plus je suis bluffé par la valeur des personnes fréquentant ce forum. Very Happy
Vous avez su répondre avec justesse à cette question qui me brulait les lèvres depuis tant de temps mais que je n'osait poser de peur de blesser, ou de recevoir quelques vertes et cinglantes prise de parti sur la fébrilité de mes pas, tant il vrai que sachant à présent ce qui n'est pas la 'vérité', il me faut avancer pour la rechercher.

Bien loin des discours TJ "qui poussent à l'action" (à grand coup de pied là où ça fait mal !) que je suis s'y habituer à entendre , quelques-uns d'entre vous m'ont conseillé la prudence, voir même de ménager la chèvre et le choux, en restant si je le peux (ce texte de Baudelaire est magnifique Spermologos). On est bien loin de la description du 'loup tyrannique cherchant à dévorer quelqu’un " !; je le savait déjà, mais comme cela me fait du bien.

Dans vos témoignage qui sont tous très encourageants, celui de BB m'intrigue . En effet BB tu dis que tu as pu quitter l'organisation en conservant d'une part les liens familiaux avec ton épouse et ta belle famille d'autre part . C'est vrai que je ne vous en ai révélé que très peu sur moi jusqu'à présent (je comblerai cette lacune dans la section 'entre nous' dont l’accès vient de m'être octroyé par admin) mais en ce qui me concerne, mon épouse refuse d'entendre mes arguments anti-WT, argan que plus ils sont convainquant, plus le diable est puissant pour nous tromper !. J'ai peur de sa réaction et ne sait pas comment faire pour conserver l'unité au sein de ma famille. Cela me fait très peur. D'un autre coté je ne sais pas combien de temps je pourrais continuer à faire semblant...
Comment t-y est tu pris BB ? j'aimerai connaitre la recette 'miracle' s'il en existe une.

Depuis quelque temps j'essaie d'entourer mes enfants et ma femme de plus d'amour qu'auparavant. De pousser mes enfants à d'avantage d'autonomie et de réflexion. En posant des question,en incitant à des lectures différentes, en laissant le temps faire son œuvre, j'espère qu'ils deviendront des adultes équilibrés.
J'ai tant travaillé pour l'organisation, qu'il me faut à présent essayé de construire de vrai relations avec eux, sans qu'elles soient motivées par la nécessite de les enseigner dans la voie de Dieu: J'ignore si c'est la bonne méthode, mais après réflexion, il m'a semblé que c'est seulement de cette manière, sans brusquer les choses que je parviendrai à faire prendre conscience à ma femme et mes enfants des réalités qui existe par delà le prisme Jéhoviste.
Toutefois, je craint que ce temps que voudrais nous laisser ne me soit pas accordé; Dans un excès de 'zèle' j'ai remis il y a quelques semaines une lettre aux anciens de ma congrégation qui contenait quelques questions anticonformistes (par rapport au point de vue TJ) sur le sang; et prochainement je dois les rencontrer pour que nous discutions des points à la limite de l'apostasie (cf les anciens) que j'ai osé soulever.
A l'heure actuelle j'en suis à espérer (rêveur que je suis) qu'il m'apporte des réponses claires, cela soulagerait ma conscience rongée par le doute... sur cette question tout le moins... Mais je sait déjà que cela ne sera pas. Deux options seulement je le craint s’offriront à moi : accepter la réprimande sans espérer quelques explications, ou lutter pour obtenir, ce qui n'est que justice, le droit d'avoir des réponses , en étant près à en supporter les conséquences...

Pour répondre au chapelier et spermologos, en ce qui me concerne la dé socialisation ne serai que partielle, j'y perdrai une partie de ma belle-famille, de très bons amis, des gens que je considère comme des pères, des oncles, mais j'ai pas mal de relations au travail et dans mon voisinage. On me couperai un membre certes, mais pas la tête ! Pour ma femme en revanche le coup serai bien plus difficile à encaisser. Elle est depuis l'enfance TdJ et à quitté son emploi il y a de nombreuses années pour s'occuper des enfants. Son tissus social est bien moins vaste que le mien !

Je me rend compte que mon message devient un peu long, je RTL comme le dit ma fille (Raconte Ta Life !) Razz , alors je vais en laissé un peu pour la prochaine fois !

Merci encore à vous tous.


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seb

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MessageSujet: Re: Que faire de sa vie après le Jéhovisme ?   Jeu 01 Sep 2011, 10:54

Salut frère toc,

Si j'ai un conseil à te donner, c'est d'être en accord avec toi-même. Tu me sembles quelqu'un de trop honnête pour arriver à jouer la comédie bien longtemps, et je pense donc que si tu te lances dans une sorte de "dissimulation", cela risque d'être plus désastreux que l'honnêteté.

Toutefois, "honnête" ne veux pas dire "c..."! Tu sais bien que le but des anciens est de préserver leur congrégation à tout prix, et qu'un discours "déviant", qu'il soit valable ou non, est toujours considéré comme dangereux. Tu peux faire valoir ton droit de poser des questions qui appellent des réponses, mais si ton but est réellement d'obtenir des réponses, il vaut mieux peut-être poser tes questions moins officiellement que par écrit, et tâter le terrain en disant humblement que tu n'as pas bien compris tel ou tel point.

Tes questions sont valables, mais le fait de l'avoir fait par écrit formalise peut-être un peu trop les choses, et fait peur aux anciens. S'ils te convoquent pour une éventuelle exclusion, tu ne pourras t'en sortir qu'en leur montrant que tes questions sont le fruit d'un raisonnement personnel, qu'elles appellent des réponses que tu accepteras si elles te semblent valables, et surtout que tu n'es pas un danger pour la "foi" (en réalité les illusions) de la congrégation.

Quoi qu'il se passe, je te souhaites bonne chance, et bon courage!

Séb

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MessageSujet: Re: Que faire de sa vie après le Jéhovisme ?   Jeu 01 Sep 2011, 10:58

Citation :
C'est vrai que je ne vous en ai révélé que très peu sur moi jusqu'à présent (je comblerai cette lacune dans la section 'entre nous' dont l’accès vient de m'être octroyé par admin) mais en ce qui me concerne, mon épouse refuse d'entendre mes arguments anti-WT, argan que plus ils sont convainquant, plus le diable est puissant pour nous tromper !. J'ai peur de sa réaction et ne sait pas comment faire pour conserver l'unité au sein de ma famille. Cela me fait très peur.

La preservation de l'unité famille me semble être un enjeu majeur.

Pratiquer un proselytisme anti-WT ne me semble pas être la meilleur solution, surtout si ton épouse n'est pas disposée à t'écouter. Ton épouse est peut-être très attachée à sa religion, à sa communauté, à son espérance et elle a peut-être peur de découvrir la réalité, se sentant incapable d'y faire face. Tous ces sentiments sont respectables.

Si tu "attaques" la WT, elle aura le sentiment de cotoyer un "étranger", de ne plus te reconnaitre et cela risque de creuser un fossé entre toi et elle.

Je t'encourage donc à la prudence. N'oublie pas qu'une eventuelle exclusion couperait ta famille de leurs amis TdJ, puisque vous ne pourriez plus recevoir des TdJ et ne plus participer à des sorties. Tu imposerais à ta famille les consequences de ton choix.



Citation :
D'un autre coté je ne sais pas combien de temps je pourrais continuer à faire semblant...

Chaque cas est particulier et il n'existe pas de solution standard.

Tu n'es pas obligé de clamer tes désaccords (même si au départ cela me semble inévitable) et de communiquer tes découvertes. Un départ progressif, sans faire de vague, en stoppant la prédication, en réduisant ton assistance aux réunions ... me semble être une bonne solution.

Au lieu d'être un exclu infréquentable, tu deviens un "refroidi" spirituel, un faible mais tu ne sera pas perçu comme une menace. Cette manière de faire permettra de conserver le tissu social de ta famille.


Citation :
Dans un excès de 'zèle' j'ai remis il y a quelques semaines une lettre aux anciens de ma congrégation qui contenait quelques questions anticonformistes (par rapport au point de vue TJ) sur le sang; et prochainement je dois les rencontrer pour que nous discutions des points à la limite de l'apostasie (cf les anciens) que j'ai osé soulever.


Je t'invite à la plus grande prudence. les anciens vont essayés de te sonder, ils vont te poser des questions sur ta loyauté envers l'organisation WT et selon la réponse fournie, l'eventualité d'une exclusion est envisageable. En ce qui me concerne, j'ai été exclu suite à une discussion avec les anciens, qui m'avaient demandé si je reconnaissais l'autorité de l'organisation, ma réponse négative précipita mon exclusion ( mon retrait volontaire non demandé).

Aujourd'hui 2 de mes filles et leurs mère continuent à fréquenter les TdJ, je sais que si mes filles prennent position en faveur de la WT et quelles se marient avec des TdJ, mon statut d'apostat dangereux m'interdira d'assister au mariage. Les consequences sont incalculables.

En ce qui me concerne je ne regrette rien, je voulais quitter la WT et mon désir de divorcer supprimait la peur de perdre mon épouse ... chaque situation est particulière.


Bon courage et prudence.
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MessageSujet: Re: Que faire de sa vie après le Jéhovisme ?   Jeu 01 Sep 2011, 11:57

comme toi j'ai écrit, mais pas aux anciens, directement à Brooklyn. Je n'ai pas de reçu de réponse à la plupart de mes lettres (6) si ce n'est qu'à une d'elles et encore cela concernait une question particulière.

Les anciens m'ont visité gentiment pour m'encourager car je ne parlais à personne dans la congrégation de mes doutes.

Mais comme le dit Seb il faut être conscient que face à toi tu as des hommes qui pensent que tu essayes d'introduire une secte à tout le moins dans la congrégation et certains pensent, honnêtement, protéger les frères et soeurs et t'aider en te mettant en garde.

Ne casse pas tout par soucis d'honnêteté prends le temps de la réflexion, car après un mouvement trop direct on ne peut que constater les dégats.
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Frere toc

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MessageSujet: Re: Que faire de sa vie après le Jéhovisme ?   Jeu 01 Sep 2011, 12:40

En ce qui concerne la lettre, au départ je l'avais destinée au Béthel, elle était prête à être cachetée et envoyée. Toutefois avant de l'envoyer, j'en ai discuté avec mon épouse, et la lui ai fait lire. N'étant pas trop d'accord sur le principe (bien que les arguments évoqués ne soient pas contredit) elle m'a conseiller d'en parler d'abord aux anciens. Je n'était pas très chaud pour le faire, mais je me suis dit que si je suivais les directives de mon épouse, elle s'impliquerait sans doute d'avantage par la suite.
Nous avons eu une très bonne discussion où je lui ai démontré que la vérité si elle existe ne devrait souffrir d'aucune question, au contraire, elle devrait s'en trouver rehaussée. Tout comme un résultat mathématique que l'on pourrait confirmer en passant par différent calculs (vérifications) se trouverait valider par les différentes méthodes utilisées pour arriver à un résultat commun. Ma femme à admis ce fait .
De plus, en discutant discrètement avec un frère de ma congrégation qui se pose lui aussi des questions sur le sang (moins poussé que moi il est vrai), ce dernier m'a décidé à en parler d'abord aux anciens. Par contre de son coté, je ne croit pas que ses doutes l'entraineront plus loin dans sa démarche.
Je doit y aller. Merci encore à vous pour vos réponses.
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VANVDA



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MessageSujet: Re: Que faire de sa vie après le Jéhovisme ?   Jeu 01 Sep 2011, 13:55

Bonjour Frere toc,

Autant commencer tout de suite par la mauvaise nouvelle: sincèrement, non, je ne crois pas qu'il existe de recette miracle.
Je pourrais à la limite, avec le "retour d'expérience", faire une liste de ce qu'il ne faudrait pas faire, mais ça, ça ne rimerait pas à grand chose, puisque dans cette liste, je placerais sans doute des choses que j'ai faites moi-même, des erreurs "à-ne-pas-commettre" que j'ai sans aucun doute allégrement commises, et j'ai juste eu beaucoup de chances que, dans ce cadre-là, ça ne porte pas plus que ça à conséquences. (Et je me demande bien, d'autre part, si j'aurais seulement pu ne pas les commettre --même si ça aussi , c'est sans doute une question très naïve...)

Le seul vrai "secret", qui n'en est bien sûr pas un, c'est qu'une relation (couple, famille, amitiés, mais aussi haine et guerre) n'est jamais le simple produit de ce que l'on fait (ou pas), mais de ce que font DEUX personnes, et le résultat n'est souvent ni vraiment ce que l'on veut soi, ni vraiment ce que voulait l'autre, ni même un compromis entre les deux. C'est une INTERaction qui n'est (malheureusement... ou heureusement) pas seulement la somme de deux actions. (Je crois avoir déjà dit ça quelque part sur ce forum).

La question n'est donc pas tant de savoir ce qu'il faut faire ou pas, mais AVEC QUI on le fait... et donc, ça ne dépend plus vraiment de toi. Du reste, il ne faut pas s'attarder uniquement sur ce que "l'autre" est capable de supporter et d'entendre, mais il faut aussi être conscient qu'il y a, SOI, des choses que l'on ne peut supporter et entendre. Comme le dit Free plus haut, il faut savoir qu'on est condamné à être vu --au mieux-- comme un "faible", et ça ne fait plaisir à personne, je pense, malgré ce que Paul pouvait écrire sur le sujet. Il faut dire ce qui est: c'est quand même un peu dégueulasse cette façon de faire, et subir cette condescendance de la part de personne qui sont incapables de faire ce qu'on a fait est un tantinet agaçant... Il y a encore eu un moment où j'ai cru que je ne supporterais plus d'entendre mon beau-père prier à table, par exemple, et l'entendre remercier Jéhovah pour cette organisation extraordinaire qui les abreuve de lumière quand le monde est tout entier dans les ténèbres, qui les a purifié dans un monde toujours plus pervers et corrompu, etc., etc. (le pire étant sans doute qu'il ne le fait sans doute pas exprès....). Et puis finalement, j'ai fini par le supporter quand même, et j'y ai droit presque à chaque repas pris avec eux, et ça se fait "comme ça".

Dans le cas de ma belle famille, c'est sans doute ma femme et ma belle-mère, bien plus que moi, qui ont réussi à sauver les meubles (et sans doute un peu plus). Ça rejoint ce que je te disais hier: il y a plusieurs façons d'être TdJ. C'est assez dur à percevoir "de l'intérieur" (en tout cas, à moi, ça m'avait échappé) parce que, par contre, le DISCOURS des TdJ, lui, est toujours le même, c'est-à-dire qu'ils ne produisent jamais que celui que le groupe attende d'eux --avec certes plus ou moins de subtilité, selon les gens. On a donc l'impression (qui fait d'ailleurs partie du jeu) de l'unité pour ne pas dire l'unicité de "la foi". Le fait est que derrière le discours monolithique se cache des "cœurs" et des "fois" radicalement différents.

J'ai adhéré au jéhovisme avec une immense naïveté, et avec tout autant de naïveté j'ai pensé que tous mes coreligionnaires vivait leur religiosité de la même façon que moi: parce que c'était la Vérité, la vraie Vérité. Bien sûr, comme je te l'ai écrit ailleurs, je crois bien que j'ai toujours su que ce n'était pas si simple. Je savais très bien qu'un bateau de 130 mètres de long ne peut contenir un couple des innombrables espèces animales qui peuplent la Terre, par exemple, et quand bien même il aurait suffit, je savais bien qu'on n'assure pas la continuité d'éco-systèmes extrêmement complexes en assurant la survie d'un couple de chaque espèce... Mais, malgré ça, je me forçais à croire que c'était la Vérité (le fait que je me forçais à le croire étant bien le signe que je n'y croyais pas, mais l'on ne peut s'en rendre compte qu'après coup, bien sûr). Que ce soit la Vérité n'était pas une conclusion, c'était une prémisse.

Bref, trêve d'auto-analyse, ce que je veux dire c'est que j'étais TdJ parce que je partais du principe que c'était Vrai. C'est d'ailleurs le discours officiel qu'on attend d'un TdJ, et je l'avais fait mien. Malgré tout ce qui pouvait se passer dans les coulisses de ma pensée, ça restait en coulisses. Puis, un jour, sans que je sache vraiment pourquoi j'ai laissé sortir ce que j'avais si longtemps su retenir, je l'ai laissé sortir des coulisses.
Lorsque c'est arrivé, mes beaux-parents ont tenu à avoir une discussion avec moi. Ma femme appartient à ce type de famille où les liens sont et restent très étroits, même si "les filles" (elles sont 4) sont aujourd'hui de jeunes adultes. Ça n'a pas que des avantages, mais c'est comme ça. Pour eux, me voir m'éloigner de "la Vérité", c'était un drame (et je peux le comprendre), la menace de voir s'écrouler ce "petit bonheur" qu'on peut si facilement se rêver dans un contexte sectaire. Nous avons donc discuté.
À l'époque, le problème tel qu'il se posait semblait porter uniquement sur une question "dogmatique" (alors qu'il était sans doute beaucoup plus profond): est-ce que ces enseignements sont "vrais" ou est-ce qu'il sont "erronés"? Dans la discussion est tombée la question "pilatienne": on parle le plus naturellement du monde "d'être dans la Vérité" sans plus jamais interroger cette expression, mais ça veut dire quoi: "la Vérité"? Et là, j'ai eu une réponse très intéressante: pour mon beau-père, qui vivait visiblement son jéhovisme à peu près comme j'ai vécu le mien, la réponse coulait de source: "la Vérité, c'est la Vérité, c’est le contraire de l'erreur". Pour ma belle-mère, j'ai découvert que c'était très différent: "la Vérité, c'est un mode de vie..." Et c'est d'ailleurs une réponse qui a semblé choquer un peu mon beau-père, qui a tiqué... Il a même plus ou moins censuré sa femme un peu plus tard, quand elle a été jusqu'à lâcher: "Et finalement, même si ce ne devait pas être vrai (elle parlait de la doctrine au sujet de 1914, à ce moment-là, et pas du dogme en général), est-ce que c'est si grave que ça?"

Pour moi, ça a été une découverte: on pouvait être un TdJ, et un TdJ tout à fait fidèle en outre, en ayant, dans le fond, assez peu à cœur que ce soit "vrai" ou pas. (Bien sûr, il serait très probablement impossible à ma belle-mère de formuler les choses ainsi. C'est sans doute tout le secret: ce qu'on formule, et ce qu'on ne formule pas.) S'il n'y avait eu que mon beau-père et moi, il est probable qu'on serait allé au conflit lourd --et peut-être définitif. Car, à ce moment-là, j'étais moi aussi totalement resté dans cette optique de ce qui est "vrai" et "faux". Mais avec nos deux femmes respectives, j'ai reçu une autre leçon, même s'il m'a fallu des mois pour la digérer: il y avait peut-être quelque chose à sauver dans tout ça qui était tout de même un peu plus important que des questions de dogme ou de sa dénonciation. Et je pense que mon beau-père, bien qu'on n'ait plus jamais reparler de tout ça depuis, a su entendre à peu près le même message.

Comme tu vois, dans le style RTL, tu as une rude concurrence...

Sinon, pour ce qui est de ta discussion avec les anciens, il y a juste une chose qu'il faut savoir (et que tu sais peut-être déjà), c'est que s'ils te posent la question: "Te considères-tu toujours comme un TdJ" ou alors "Reconnais-tu toujours l'organisation comme le canal de Dieu sur Terre", il vaut mieux jouer au con. Aussi dégueulasse que ça puisse paraitre, ces questions font partie d'une "procédure" tout à fait bien préparée, et qui permet de t'exclure sans même que tu t'en rendes compte. Si tu réponds "non" à une de ces deux questions, tu es considéré comme "retiré volontaire", sans autre forme de procès, et sans qu'on t'ai jamais averti des conséquences de ce que tu penses, toi, être une simple discussion "informelle" et non-officielle. Pas besoin de "comité judiciaire", tu leur aura toi-même lavé les mains...

J'ai sur "les anciens " en général un point de vue beaucoup plus critique que mes amis ci-dessus; pour la plupart d'entre eux (mais j'ai connu AUSSI des exceptions tout à fait remarquables, et je dois d'ailleurs ma "non-exclusion" à l'une d'entre elles, qui n'a pas hésité à affronter --et l’emporter sur-- l'avis du surveillant de circonscription, dans une discussion en réunion dont j'ai appris par la suite, et à demi-mots, qu'elle avait été fort longue et assez houleuse) je ne crois pas que le bien-être de leurs frères et sœurs soient leur soucis majeur dans le cadre des procédures qu'ils appliquent. On est bien plus proche, je le crains, de ce que des sociologies ont appelé "l'état agentique", celui du brave petit fonctionnaire qui fait servilement ce qu'on attend de lui, sans se soucier une seconde de ce qu'il peut y avoir de morale ou pas là-dedans. J'ai tendance à beaucoup, beaucoup, beaucoup me méfier de cet "état agentique"... Il n'est d'ailleurs pas que le fait des anciens, c'est comme ça que tout le système se tient, et comme ça qu'on l'a nous-même servi!

Pour ma part, connaissant la procédure, j'ai "joué à l'anguille" comme me l'avait d'ailleurs reproché le Surveillant de Circonscription, ne se rendant pas compte qu'il avouait par là même qu'il était en train d'essayer de "m'attraper" (mais, dans un "éclair de lumière" comme je n'en ai pas souvent, j'ai tout de suite eu la répartie de le lui faire remarquer, et on est du coup très, très vite passé à autre chose...). J'avais répondu, menteur comme c'est pas permis: "Aujourd'hui, je ne sais absolument pas te répondre à cette question. Je ne ais plus..." (Je ne vois pas pourquoi je serais honnête avec un système qui l'est si peu, non mais!) A priori, ce n'était pas vraiment suffisant pour lui, puisqu'il avait l'air de tenir à faire un "comité judiciaire" quand même (si j'ai bien compris les demi-mots), mais ça a suffit aux deux anciens qui l'accompagnaient, et je m'en suis "sorti" comme ça.

Ta réponse actuelle me parait excellente: "je me pose juste des questions. N'est-ce pas normal, quand on parle d'engager sa vie?" Mais si tu commences à leur dire que tu y as répondu, et que ta réponse n'est pas à proprement parler tout à fait compatible avec celles prémachées de la Watchtower, effectivement, ta position deviendra plus difficile à tenir.

Bon, je vais peut-être m'arrêter là, non?


Dernière édition par BB le Jeu 01 Sep 2011, 18:29, édité 1 fois
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seb

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MessageSujet: Re: Que faire de sa vie après le Jéhovisme ?   Jeu 01 Sep 2011, 15:46

Cher frère toc,

BB a mis le doigt sur une chose primordiale (comme souvent), c'est ce fameux "état agentique", qui incite les gens à faire ce qu'une "organisation" attend d'eux, sans même penser aux conséquences de leurs actes sur les autres, ni à leur valeur morale.

Le nombre de lignes écrites sur ce fil montre une chose: tu n'es pas seul! Ou du moins, tu ne seras seul que si tu désires un peu de solitude... ce qui te seras peut-être nécessaire pour décider ce que tu dois faire par toi-même (et non par nous-mêmes).

Comme je te l'ai déjà dit, quoi que tu fasses, ça me conviendra, car je suis persuadé que tu fera le choix que te dicte ta raison et ton coeur, et non celui que te dictes une organisation, qui elle, suit sa propre raison et son propre "coeur".

La Watchtower ne cesse d'utitiliser les versets qui disent: "ne te fies pas à ta propre intelligence" (Proverbes 3:5, 6), et aussi "celui qui a confiance en son propre coeur est stupide" (Proverbes 28:26). Elle utilise ces versets dans le but de se substituer elle-même à l'intelligence et au coeur de chaque TJ. Or, ces versets faisaient référence aux commandements d'un père à son fils, qui devaient guider son intelligence et son coeur, et non aux commandements venant d'une organisation humaine, quelle qu'elle soit!

La Watchtower veut donc que l'on n'écoute ni son intelligence ni son coeur, mais elle, elle écoute constamment sa propre intelligence (et uniquement la sienne!), et son propre "coeur" (et uniquement le sien!). En somme, c'est "Faites ce que je dis, pas ce que je fais!".

Séb

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Sherlock

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MessageSujet: Re: Que faire de sa vie après le Jéhovisme ?   Jeu 01 Sep 2011, 18:46

Je participe modestement et rapidement à ce fil en partageant mon expérience, sous forme de vers

J'ai tenté de sauver les miens et ça n'a pas marché
J'ai tenté de sauver ma femme et elle s'est barrée
J'ai tout tenté pour LA vérité et le monde autour de moi s'est écroulé.
Mais j'étais debout et non plus à genoux.
Je ne regrette rien. C'est comme ça que la liberté s'obtient
Par le conflit, les cris et les pleurs.
Mais de Dieu et des hommes, je n'en ai plus peur.
Je suis libre, libre !!!
Et en moi, enfin,....la vie vibre !
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MessageSujet: Re: Que faire de sa vie après le Jéhovisme ?   Jeu 01 Sep 2011, 19:13

Très beau texte Sherlock.

Si la servitude est à crédit, la liberté se paie cash! Quel que soit le choix, tôt ou tard, il faudra payer... et plus on tarde, plus les intérêts sont élevés...

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Narkissos

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MessageSujet: Re: Que faire de sa vie après le Jéhovisme ?   Ven 02 Sep 2011, 02:05

Je vais essayer de pas trop en rajouter sur le registre RTL (d'autant que Frère toc a désormais accès au fil "Présentation" où j'ai raconté l'essentiel) mais je voudrais revenir, d'une façon toujours assez personnelle, sur la question de la "vérité" (avec et surtout sans majuscule) qui me paraît ici cruciale.
Aussi loin que je me souvienne (je parle de mon enfance, avant l'irruption des TdJ dans une partie de ma famille divisée-recomposée), j'ai toujours accordé beaucoup d'importance à la vérité. Je n'aimais pas mentir, le mensonge me mettait mal à l'aise et par voie de conséquence quand je mentais je mentais mal. Ça allait de pair chez moi avec un certain manque d'"imagination". La "vérité" était pour moi un sol ferme en dehors duquel j'avais l'impression de perdre pied. En situation de conflit j'inclinais toujours vers le choc frontal. On me décrivait en bien comme "franc" et en moins bien comme "peu diplomate".
Je pense que ce trait de caractère m'a rendu réceptif au jéhovisme qui faisait de la vérité une valeur centrale et n'hésitait pas à taxer les autres religions de mensonge (et pas seulement d'erreur).
Or contrairement à beaucoup je ne suis pas sorti des TdJ (14 ans plus tard) parce que je me suis aperçu que "ce n'était pas la vérité" (bien que je m'en sois aperçu aussi) mais parce que j'en suis venu à remettre en question la valeur "vérité". L'usage ambigu (comme toujours) du mot "vérité" dans le quatrième évangile, du "Je suis la vérité" christique au "qu'est-ce que la vérité?" de Pilate, a été pour moi un élément déclencheur. Cette "vérité"-là n'avait pas grand-chose à voir avec ce que j'avais toujours mis sous ce nom, à savoir l'opinion "juste" ou (pire) "exacte" sur n'importe quel sujet. Ce qui me devenait de plus en plus insupportable, ce n'était pas que les TdJ "se trompent" sur telle ou telle question historique ou exégétique, mais qu'ils insistent (par un double aveuglement) sur l'importance de la vérité au sens banal du terme en passant à côté de ce sens "spirituel" ou "mystique" (qui pourtant relativisait à mes yeux la gravité de leurs "erreurs").
Cela dit, ça ne changeait pas foncièrement mon caractère et quand je me suis retrouvé devant un "comité judiciaire" (non pour avoir au départ dénoncé les "erreurs" de la Watchtower, je n'ai jamais fait ça, mais pour avoir tenu depuis quelque temps un discours atypique quoique non antagoniste), sommé de dire si je "croyais" ou non à "l’ensemble des vérités bibliques, y compris aux croyances basées sur les Écritures qui sont spécifiques des Témoins" (selon la délicieuse formule de la TdG du 1er avril 1986, qui venait alors de paraître), le mensonge n'était pas pour moi une option. Je me suis contenté de dire (c'était mon niveau de "diplomatie" maximal): "Je n'affirme pas que c'est faux, mais aujourd'hui je ne peux pas honnêtement dire que j'y croie." Evidemment ça a suffi pour m'exclure.
Maintenant, et c'est surtout là-dessus que je voudrais insister: je ne prends pas cette "infirmité" personnelle pour une "vertu". Et j'ai le plus grand respect pour ceux qui sont capables de mentir "franchement" pour sauvegarder des liens humains qui ont à leurs yeux beaucoup plus de valeur que n'importe quelle "vérité". A ce stade je n'en étais pas capable, je ne le regrette pas parce qu'il n'y a rien à regretter -- parce qu'il s'agissait de "moi", à ce moment précis. Mais je ne voudrais surtout pas que ce choix influence les autres (dans le sens de l'intransigeance). D'une manière plus générale, je pense qu'on touche là aux limites du "partage". L'expérience des uns ne vaut pas pour les autres, non pas seulement parce que les situations diffèrent, mais parce que les uns ne SONT pas les autres.
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MessageSujet: Re: Que faire de sa vie après le Jéhovisme ?   Ven 02 Sep 2011, 13:52

C'est assez drôle, car si je comprends très bien (je crois) ce dont tu parles, mais j'ai fait à peu près le parcours inverse: la "Vérité" (au sens figé et dogmatique) est, je crois, la dernière des "croyances" du jéhovisme (pas du tout propre au jéhovisme d'ailleurs, c'est évident, mais c'est là qu'on me l'a inculquée) que j'ai fini par "abandonner".

Sinon, beaucoup plus généralement, un (my)"thème" qui revient souvent dans cette page ("fais-toi ton propre jugement") me rappelle quelques morceaux de bravoure de la littérature téjie:

La Tour de Garde, 15 avril 1998, page 12 (parmi tant d'autres...):
Citation :
"En fait, parce que nous sommes imparfaits de naissance, comme nous le rappelle Romains 5:12, la Parole de Dieu nous déconseille même de nous fier à notre propre jugement."

Réveillez-vous!, 22 décembre 1978, page 4.

Citation :
Mais qu’en est-il de vous? Laissez-vous les autres penser à votre place ou vous forgez-vous vos propres opinions? Adoptez la seconde attitude, et ‘la capacité de réflexion veillera sur vous, le discernement vous sauvegardera’.

Sympa, non?


(voir aussi devenezvousmeme.com, ça vaut le coup...)

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MessageSujet: Re: Que faire de sa vie après le Jéhovisme ?   

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