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 Quel est l'esclave fidèle et avisé Mat 24 45

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Narkissos

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MessageSujet: Re: Quel est l'esclave fidèle et avisé Mat 24 45   Mar 17 Jan 2017, 16:58

Bien sûr.

Mais l'orgueil de l'"autodidacte" peut être pire que celui de l'universitaire (ou plus généralement du diplômé: en France -- hors Alsace-Lorraine -- la théologie est du ressort de l'enseignement supérieur privé), qui a dû se soumettre à l'enseignement d'autrui avant d'être jugé apte à enseigner lui-même (ce qui d'ailleurs ne garantit nullement une quelconque "vérité" de son enseignement, tout au plus une certaine "qualité" minimale). De plus les publications sont normalement soumises au contrôle d'une "communauté scientifique" (du peer-reviewing avant publication aux recensions critiques après) qui, là encore, ne garantit pas la véracité du contenu, mais seulement le caractère "scientifique" de la méthode. Autant de rappels à l'humilité, même si ceux-ci sont contrebalancés par un orgueil d'appartenance à une corporation plus ou moins prestigieuse, à une "élite" comme on dit beaucoup (trop) aujourd'hui; sans compter les effets de médiatisation qui mettent quelques-uns en lumière et leur attirent la jalousie des autres.

Dans un système de formation-promotion interne comme celui de la Watch le risque d'orgueil pour celui qui parvient à une fonction d'enseignement quelconque (du collège d'anciens local au Collège central) est à mon sens tout aussi présent et compliqué, avec d'autres garde-fous (pour tous les enseignants hors Collège central, "enseigner" se borne de toute façon à "répéter", voire à "lire à haute voix"; mais le faire devant 10000 personnes procure une autre sensation que devant une vingtaine; dans le Collège central il y a d'un côté la pondération du système collégial et, de l'autre, la griserie du pouvoir absolu, aggravée aujourd'hui par celle de la médiatisation interne). Seul le niveau objectif des connaissances est moindre (le TdJ de base en sait peut-être plus sur la Bible que le paroissien moyen, mais le prêtre ou pasteur  moyen, qui a fait un minimum d'études, en sait nettement plus que les membres du Collège central des TdJ réunis); or l'orgueil personnel, hélas ! n'est pas indexé sur celui-ci.

Le rejet spécifique de la critique historico-littéraire des textes bibliques (ce qu'on appelait "haute critique" au XIXe siècle et qui caractérisait alors principalement l'université allemande, protestante et libérale) est beaucoup moins distinctif de la Watchtower en Amérique (et même en Angleterre) qu'en Europe continentale. Il n'empêche pas les grandes Eglises évangéliques, qui partagent généralement ce rejet, d'offrir et d'imposer à leurs futurs pasteurs un enseignement supérieur (parfois fantaisiste en matière de créationnisme ou d'apologétique générale p. ex., mais souvent d'excellente qualité en ce qui concerne notamment les langues et même l'exégèse bibliques).
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MessageSujet: Re: Quel est l'esclave fidèle et avisé Mat 24 45   Mer 18 Jan 2017, 12:40

La Watchtower nourrit une vision négative des érudits et des intellectuels, néanmoins, elle possède une bibliothèque importante avec les ouvrages de ces intellectuels et elle se sent obligée, lorsqu'elle aborde un sujet pointue, de citer ces memes spécialistes pour fonder ses doctrines ou analyses. En un mot, ces spécialsites "orgueilleux" parraissent incontournables et etre des références dont doit tenir compte quand on veut étudier la Bible. J'ai le souvenir (mais je ne le retrouve pas), que R.Frantz a mis en évidence un procédé de la Watchtower, à savoir, quelle utilisait l'appelation péjorative "théologiens de la chrétienté" quand elles voulaient dénigrer ces spécialistes, à contrario, elle les désignait tout simplement "érudits", quand ces experts soutenaient les interprétations de la Watchtower. 
Pourquoi un groupe d'hommes dirigeaient par "l'Esprit Saint" ont-ils besoin de lire ces érudits ?
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Narkissos

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MessageSujet: Re: Quel est l'esclave fidèle et avisé Mat 24 45   Mer 18 Jan 2017, 13:38

N.B. Le mot "érudit" est une mauvaise traduction de l'anglais scholar, qu'on évitait déjà dans les publications françaises de la Watch au début des années 1980 (ça faisait partie de mes premières "leçons" de traduction). Il suggère (en français) des connaissances étendues et non spécialisées (un peu plus approfondies que "l'honnête homme" du français classique, mais pas beaucoup). Sans autre précision "scholar" correspond plutôt à "savant" (terme naguère "vieilli", mais qui revient à la mode, peut-être en partie à cause de la nécessité de traduire "scholar") ou à "scientifique" (qui par défaut fait plutôt penser aux "sciences dures" ou "exactes" qu'aux "sciences humaines"). Un "scholar", c'est (en effet) un "spécialiste", un "Bible scholar" un "bibliste" ou un "exégète", etc.

L'usage watchtowérien des "savants" est généralement très partiel et partial: brèves citations hors contexte (et le plus souvent sans référence précise) destinées, soit à "confirmer" des affirmations maison, soit à tourner en dérision des affirmations contraires. Dans les deux cas il y va régulièrement d'une représentation fallacieuse qui, même lorsqu'elle cite exactement une portion de texte, donne une vision erronée des idées et des arguments de l'auteur. Soit dit en passant, j'en ai pris conscience au Béthel, quand mon ami et néanmoins "chef" traducteur qui avait voulu s'occuper lui-même de la traduction d'un énième livre sur "l'évolution" et s'était à cette fin procuré le maximum d'ouvrages cités, en anglais ou en traduction française quand il y en avait une, m'a avoué sa consternation à ce sujet...

Mais les deux cas (affirmation ou négation, confirmation ou réfutation) diffèrent sensiblement. Quand il s'agit d'enseigner positivement une "doctrine", on l'affaiblit plutôt en cherchant à l'étayer par des citations extérieures, surtout si on a l'habitude de discréditer leurs "sources" par ailleurs (la remarque vaut en général pour l'apologétique, que Kierkegaard, d'un point de vue croyant, appelait le "baiser de Judas de la sottise"). Quand il s'agit de combattre des opinions ou des théories contraires, il faut bien s'affronter à leurs arguments, mais alors il est essentiel de les représenter honnêtement et intégralement -- s'il y a une chose que le contrôle d'une "communauté scientifique" ne pardonne pas, c'est bien la représentation trompeuse d'une thèse adverse -- pour le dire positivement: la probité scientifique exige qu'on rende compte exactement des arguments contraires avant de les réfuter.
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MessageSujet: Re: Quel est l'esclave fidèle et avisé Mat 24 45   Jeu 19 Jan 2017, 14:04

Dans les années 1870 — soit une quarantaine d’années avant que ne commencent “ les derniers jours ” —, en Pennsylvanie (États-Unis), quelques chrétiens animés de bons mobiles ont pris l’habitude de se réunir pour étudier méticuleusement la Bible et rechercher la “ vraie connaissance ”. (2 Tim. 3:1.) Ils se faisaient appeler les Étudiants de la Bible. Ce n’étaient pas les “ sages ” et les “ intellectuels ” dont Jésus avait parlé. À ces derniers la vérité demeurerait cachée (Mat. 11:25). C’étaient des gens humbles qui désiraient sincèrement faire la volonté de Dieu. Ils procédaient à une lecture attentive des Écritures, qu’ils méditaient dans la prière et dont ils discutaient ensemble. Ils mettaient aussi en parallèle divers passages bibliques et s’informaient de ce qu’avaient écrit d’autres personnes ayant entrepris une démarche similaire. Peu à peu, les Étudiants de la Bible sont parvenus à mettre le doigt sur des vérités qui avaient été occultées pendant des siècles.

Bien que leurs découvertes les aient transportés de joie, les Étudiants de la Bible ne se sont pas laissé gagner par l’orgueil, pas plus qu’ils n’ont affirmé avoir trouvé quelque chose de nouveau (1 Cor. 8:1). Ils ont d’ailleurs édité une série de tracts qu’ils ont intitulée La théologie ancienne. Leur objectif était de familiariser les lecteurs avec des vérités renfermées dans la Bible. Le premier de ces tracts proposait de découvrir “ d’autres publications destinées à faciliter l’étude de la Bible, dans le but de balayer toutes les traditions humaines et de rétablir la théologie ancienne de notre Seigneur et des apôtres ”. — La théologie ancienne (angl.), no 1, avril 1889, p. 32.

Que de vérités merveilleuses ont été découvertes depuis ces premiers tâtonnements il y a plus d’un siècle ! Il ne s’agit pas de questions rébarbatives ou purement théoriques dont seuls des théologiens peuvent débattre. Ce sont des vérités libératrices qui nous font vibrer, qui donnent un sens à notre vie et nous remplissent de joie et d’espérance. Elles nous permettent de connaître la personnalité attachante de Jéhovah et son dessein. Elles mettent en lumière le rôle de Jésus, la raison de sa venue sur terre et de sa mort, ainsi que les actions qu’il poursuit aujourd’hui. Ces vérités inestimables révèlent pourquoi Dieu permet le mal, pourquoi nous mourons, comment prier et comment être vraiment heureux.

http://wol.jw.org/fr/wol/d/r30/lp-f/2012601

On retrouve dans ce récit qui retrace l'histoire des "étudiants de la Bible" ( je ne suis pas sûr qu'ils soient les premiers Témoins de Jéhovah), tous les ingrédients qui permettraient à un croyants de comprendre la Bible, "de bons mobiles", "humilité" et (je crois que c'est un point important) la capacité d'éviter les "questions rébarbatives ou purement théoriques dont seuls des théologiens peuvent débattre", pour orienter les croyants vers "des vérités libératrices qui nous font vibrer".
Il me semble que la grande force des enseignants fondamentalistes "en herbe", c'est qu'ils parlent au coeur et veulent faire vibrer la corde sensible avec un enseignement simpliste mais qui est à la portée de Monsieur "tout le monde", loin des analyses ardues (et peut-être arides) des théologiens.   


Dernière édition par free le Jeu 19 Jan 2017, 16:27, édité 1 fois
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Narkissos

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MessageSujet: Re: Quel est l'esclave fidèle et avisé Mat 24 45   Jeu 19 Jan 2017, 15:26

Les calculs sur un bric-à-brac de versets bibliques et sur les dimensions de la grande pyramide pour arriver à 1914, ce n'était ni "simple", ni de la "théologie ancienne" !

Ce qui paraît simple dans les doctrines de Russell (entre autres), c'est leur aspect négatif: pas de trinité, pas d'âme immortelle, pas d'enfer, etc. Dès qu'il s'agit d'affirmer quelque chose, quelque chose de nouveau ou d'"original", ça se complique, et ça devient très vite aussi compliqué ou plus qu'en face !

Il reste chez Russell un pathos chrétien qui est commun non seulement à l'adventisme, mais à tout le "piétisme" du XIXe siècle. C'est toutefois un héritage que l'antireligiosité de Rutherford a en grande partie détruit, et il n'en subsiste pas grand-chose: qu'est-ce qui aujourd'hui fait vibrer un TdJ, un TdJ "moyen" ou "typique", c'est bien difficile à dire. Un pathos plus "théiste" que spécifiquement "chrétien" peut-être (l'idée de la manifestation ou de la justification éclatantes d'un "Dieu" oublié ou méconnu, par exemple: je revois mon ancien "enseignant" citer le leitmotiv d'Ezéchiel, "ils sauront que je suis Jéhovah", de manière assez "vibrante" en effet; et pathétique en un autre sens un demi-siècle plus tard). Mais dans l'ensemble ce n'est quand même pas très "vibrant" (comme les Flamandes de Brel, "ça n'est pas frémissant").
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