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 Le Salut et le Christianisme

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Narkissos

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MessageSujet: Re: Le Salut et le Christianisme   Ven 23 Déc 2016, 20:40

le chapelier toqué a écrit:
Pour celles et ceux qui souffrent ou ne supportent plus ce monde, la mort n'est-elle pas une forme de salut?

Je dirais si et non, et de plus d'une façon l'un et l'autre.

Car cela s'entend différemment selon qu'on envisage ou non un "au-delà" ou un "dedans" de la mort, et qu'on pousse plus ou moins loin la réflexion dans chaque cas.

Que la mort "nue", sans perspective de "survie" quelconque a priori, puisse paraître un "salut" au vivant-souffrant, tant de textes en témoignent -- de Job ou Qohéleth dans la Bible à Brel (encore), Les désespérés ("tellement naufragés que la mort paraît blanche", "voici la bonne hôtesse, voici la fin du monde"), par exemple. Et pourtant, si "je" ne suis plus, comment cela "me" sauverait-il ? (Autrement dit: le raisonnement par lequel Epicure ou Lucrèce tentent de neutraliser la crainte de la mort, à la lettre comme hors-sujet -- là où je suis, elle n'est pas, là où elle est, je ne suis pas -- en neutraliserait aussi, et peut-être plus efficacement, le désir ou l'attraction.)

Cette question suffirait à susciter en nous, si nous ne l'avions déjà reçu par héritage culturel, une imagination ou un fantasme de l'"après-mort" qui se scinderait aussitôt en désir et en angoisse, d'obtenir, de manquer ou d'éviter quelque chose, encore, après la mort (comme dit Hamlet, quelques vers après To be or not to be: To sleep, perchance to dream -- ay, there's the rub, dormir, rêver peut-être -- ah ! c'est là que ça coince).

La mort, dans la pensée de la mort plutôt et plus tôt qu'en elle-même (s'il y a aucun sens à parler de la mort en elle-même !), s'annonce bien quelquefois comme une sorte de "salut"; mais la pensée, elle, ne s'arrête jamais là (la métaphore paisible du sommeil conduit inéluctablement à celle, équivoque et inquiétante, du rêve et du cauchemar) -- à moins que la mort réelle, si l'on peut dire, l'arrête effectivement.

Reste, en attendant, une expérience fragile, une intuition éphémère à saisir en-deçà de toute réflexion et incapable de fonder aucun raisonnement, aucun calcul, aucune spéculation: que ma mort considérée comme fin de "moi" ne se présente pas si mal -- à "moi" bien sûr, de ce côté-ci de mon expérience de vivant mortel et pas encore mourant; mais s'il s'agit bien d'une fin de "soi" elle n'aurait précisément pas d'autre côté, comme la plupart des miroirs.

Encore ne sommes-nous pas égaux devant cette expérience et cette intuition, s'il faut justement être malheureux pour voir sa mort du bon côté (the bright side of death): ici aussi les derniers seraient les premiers, dans le sens cette fois de la parabole du riche et de Lazare -- même sans Abraham ni Hadès de l'autre côté, la mort s'annoncerait toujours, de ce côté-ci où elle ne fait jamais que s'annoncer, sous les traits de l'un ou de l'autre, plus ou moins avenante ou effrayante.

Tout revient sans doute au même, mais par des chemins différents.
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le chapelier toqué

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MessageSujet: Re: Le Salut et le Christianisme   Sam 24 Déc 2016, 21:39

Narkissos a écrit:
Encore ne sommes-nous pas égaux devant cette expérience et cette intuition, s'il faut justement être malheureux pour voir sa mort du bon côté (the bright side of death):

c'est presque du Monty Python - La vie de Brian
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Narkissos

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MessageSujet: Re: Le Salut et le Christianisme   Dim 25 Déc 2016, 01:51

C'en est ! (1'31'')
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MessageSujet: Re: Le Salut et le Christianisme   Lun 26 Déc 2016, 14:18

Mc 10,17 ss, semble faire de la "perfection", la condition du salut. Une parenthèse, Jésus ressens spontanemment de l'affection pour cet homme, qui ne satisfait pas à TOUS les critères, pour obtenir la vie éternelle, ce donne l'impression que ce récit est en réalité comme une allégorie ou une parabole.

" il se mettait en route, quelqu’un vint en courant et se jeta à genoux devant lui ; il lui demandait : « Bon Maître, que dois-je faire pour recevoir la vie éternelle en partage ? » Jésus lui dit : « Pourquoi m’appelles-tu bon ? Nul n’est bon que Dieu seul. Tu connais les commandements : Tu ne commettras pas de meurtre, tu ne commettras pas d’adultère, tu ne voleras pas, tu ne porteras pas de faux témoignage, tu ne feras de tort à personne, honore ton père et ta mère. » L’homme lui dit : « Maître, tout cela, je l’ai observé dès ma jeunesse. »
Jésus le regarda et se prit à l’aimer ; il lui dit : « Une seule chose te manque ; va, ce que tu as, vends-le, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor dans le ciel ; puis viens, suis-moi. »Mais à cette parole, il s’assombrit et il s’en alla tout triste, car il avait de grands biens. Regardant autour de lui, Jésus dit à ses disciples : « Qu’il est difficile à ceux qui ont les richesses d’entrer dans le Royaume de Dieu ! »

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Narkissos

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MessageSujet: Re: Le Salut et le Christianisme   Lun 26 Déc 2016, 14:55

N.B.: c'est Matthieu (19,21) qui introduit dans ce passage la notion de "perfection" (teleios, teleiotès) qui lui est propre (cf. 5,48). Ses plus proches analogies se trouveraient dans la Didachè (i,7; vi, 1; x, 3; xvi, 2), où elle correspond aussi à une observance absolue de la Loi (vi) et où elle est nécessaire au salut final (xvi), même si elle n'est pas encore atteinte au présent (présent du texte, et de la communauté productrice et destinataire du texte, vi, x). Cf. aussi l'importance de cette notion dans l'autre grand texte "antipaulinien" du NT, Jacques (1,4.17.25; 2,22; 3,2).

Dans les christianismes paulinien(s) (jusqu'au marcionisme) et gnostiques (dès le johannisme), le même vocabulaire de la "perfection" qualifie plutôt un état "spirituel" (ou "pneumatique", de pneuma = "esprit"; teleios = "parfait" <=> pneumatikos = "spirituel"), sans relation directe aux "œuvres" (à ce qu'on fait ou ne fait pas) et encore moins à la Loi. (Cf. notamment 1 Corinthiens 2,6ss.) [Il faudrait encore considérer à part la pensée "méso- ou médio-platonicienne" de l'épître aux Hébreux, où la "perfection" joue un rôle essentiel comme point de passage (frontière, seuil, marche) du monde des "ombres" à celui de la "réalité" céleste-éternelle, qui coïncide à la fois avec l'investiture du prêtre (vocabulaire technique de la Septante) et avec la mort comme "passage" d'un "plan" ou d'une "sphère" à l'autre, mais on l'a déjà amplement fait ailleurs.]
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MessageSujet: Re: Le Salut et le Christianisme   Lun 02 Jan 2017, 16:32

Citation :
[Il faudrait encore considérer à part la pensée "méso- ou médio-platonicienne" de l'épître aux Hébreux, où la "perfection" joue un rôle essentiel comme point de passage (frontière, seuil, marche) du monde des "ombres" à celui de la "réalité" céleste-éternelle, qui coïncide à la fois avec l'investiture du prêtre (vocabulaire technique de la Septante) et avec la mort comme "passage" d'un "plan" ou d'une "sphère" à l'autre, mais on l'a déjà amplement fait ailleurs.]

Peut-on assimiler la "perfection" et la "consécration", dont il est question en Héb 12,14 ?
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MessageSujet: Re: Le Salut et le Christianisme   Lun 02 Jan 2017, 17:12

D'un point de vue verbal et conceptuel, non: il y a d'un côté le vocabulaire de la perfection, du perfectionnement ou de l'accomplissement (teleios etc.) et de l'autre celui du sacré ou du saint, de la sanctification et de la consécration (hagios etc.). Mais l'usage de ces termes peut évidemment se recouper dans les textes -- dans l'épître aux Hébreux, la "sainteté-consécration" est (en effet) fonctionnellement équivalente de la "perfection-accomplissement"; dans le corpus paulinien, la "sainteté-consécration" est généralement initiale (cf. 1 Corinthiens 6,9ss), alors que la "perfection-accomplissement" reste à venir.
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MessageSujet: Re: Le Salut et le Christianisme   Lun 09 Jan 2017, 12:24

Narkissos a écrit:
D'un point de vue verbal et conceptuel, non: il y a d'un côté le vocabulaire de la perfection, du perfectionnement ou de l'accomplissement (teleios etc.) et de l'autre celui du sacré ou du saint, de la sanctification et de la consécration (hagios etc.). Mais l'usage de ces termes peut évidemment se recouper dans les textes -- dans l'épître aux Hébreux, la "sainteté-consécration" est (en effet) fonctionnellement équivalente de la "perfection-accomplissement"; dans le corpus paulinien, la "sainteté-consécration" est généralement initiale (cf. 1 Corinthiens 6,9ss), alors que la "perfection-accomplissement" reste à venir.

Hébreux 5,7 ss, souligne l'idée que le fils a atteint la perfection ou l'accomplissement car  "il apprit par ses souffrances l’obéissance" :

"C’est lui qui, au cours de sa vie terrestre, offrit prières et supplications avec grand cri et larmes à celui qui pouvait le sauver de la mort, et il fut exaucé en raison de sa soumission. Tout Fils qu’il était, il apprit par ses souffrances l’obéissance, et, conduit jusqu’à son propre accomplissement, il devint pour tous ceux qui lui obéissent cause de salut éternel, ayant été proclamé par Dieu grand prêtre dans la ligne de Melkisédeq."

Il est surprenant (dans la vision classique du Fils) de lire que Jésus a dû apprendre l'obéissance par la souffrance afin de parvenir à la "perfection". L'hépître aux hébreux indique-t-elle que le salut est obtenu par l'obéissance, résultat des souffrances ?
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MessageSujet: Re: Le Salut et le Christianisme   Lun 09 Jan 2017, 13:03

free a écrit:
L'hépître aux hébreux indique-t-elle que le salut est obtenu par l'obéissance, résultat des souffrances ?
Manifestement oui (cf. "sauver de la mort" et "salut éternel" dans ta citation), mais la notion de "salut" est elle-même modifiée par la "logique" générale de l'épître aux Hébreux (cf. le lien ci-dessus): c'est le passage du monde des "ombres" (et notamment de la "chair": "au cours de sa vie terrestre" = "aux jours de sa chair") à la réalité céleste-éternelle-idéale. Cf. le voile du temple également identifié à la "chair" (10,20), que Jésus a précisément dû franchir ou traverser par la souffrance et la mort pour entrer dans le "Saint des saints" comme "grand prêtre" (reprise, dans un autre sens, du "voile déchiré" des récits de la Passion).

Mais plus généralement, l'association entre souffrance (paskhein-pathos), endurance ou patience (hupomenô-hupomonè, avec l'idée de se soumettre et de supporter, sous-mettre et sub-porter), obéissance (hupakouô-hupakoè, "écouter" mais encore d'en-dessous, sous les ordres ou la discipline d'un maître ou sous la contrainte d'une situation pénible) et "salut" est l'une des plus constantes du NT (des évangiles à l'Apocalypse, en passant notamment par Paul, Jacques et surtout Pierre) -- quoique avec des notions de "salut" très différentes d'un texte à l'autre. (Cf., presque au hasard, Matthieu 10,22; 24,13//; Luc 21,19; Romains 5,3ss; 8,17; 2 Corinthiens 1,6ss; Philippiens 3,10; Colossiens 1,24; Jacques 1,3s; 1 Pierre 1,6s; 2,18ss; 3,14ss; 4,1ss,12ss; 2 Pierre 1,6.)
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MessageSujet: Re: Le Salut et le Christianisme   Mar 17 Jan 2017, 13:45

certains textes semblent faire correspondre le salut avec une simple confession de foi (sans sous entendre l'obligation de la repentance et de la conversion) :

"il les mena dehors et dit : Seigneurs, que faut-il que je fasse pour être sauvé ? Ils répondirent : Crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé, toi et toute ta maison." (Ac 16,30-3 et Rm 10,9).

L'accueil des disciples est un élément important en rapport avec le salut (sans devenir soi-même disciple ?) :

« Qui vous accueille m’accueille moi-même, et qui m’accueille, accueille celui qui m’a envoyé. Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète recevra une récompense de prophète, et qui accueille un juste en sa qualité de juste recevra une récompense de juste. Quiconque donnera à boire, ne serait-ce qu’un verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, en vérité, je vous le déclare, il ne perdra pas sa récompense. » (Mt 10,40)
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MessageSujet: Re: Le Salut et le Christianisme   Mar 17 Jan 2017, 15:22

Bonjour à tous ! (Et bonne année !)

Sur le thème de ce fil, j'ai entendu une petite blague (parfaitement athée mais que j'ai trouvée rigolote et plutôt bien vue, au moins dans sa caricature d'un certain christianisme) que je partage avec vous, ce qui marquera un retour en forme de clin d’œil après un long silence de ma part.

- "Crois en Jésus, et tu seras sauvé ! "
- "Euh... Oui, mais de QUOI dois-je être sauvé ?"
- "De ce que Jésus te fera si tu ne crois pas en lui."

(Pas mieux pour ce midi...)
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Narkissos

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MessageSujet: Re: Le Salut et le Christianisme   Mar 17 Jan 2017, 16:23

Smile

@free:

Sur ce point ("salut" par la foi OU par les œuvres) l'opposition entre "Paul" (à partir de l'épître aux Romains) et l'évangile selon Matthieu ou l'épître de Jacques est diamétrale, manifeste et bien connue (en particulier de ceux qui croient devoir faire des acrobaties pour les "harmoniser" contre l'évidence).

Les Actes s'alignent, en gros, sur la doctrine paulinienne, tout en prenant soin de ne pas l'attribuer à Paul (le Paul des Actes ne dit rien d'"original" ou de particulièrement "paulinien", les énoncés correspondant -- à peu près -- aux doctrines de l'épître aux Romains et au-delà étant préalablement mis dans la bouche de Pierre, cf. 3,16; 10,43; 11,17) et en lui associant systématiquement un complément "sacramentel" (il faut croire et être baptisé, cf. ici v. 33) -- alors que le Paul des épîtres manifeste une certaine indifférence pour le rite du baptême en 1 Corinthiens 1 et l(e ré-)interprète en fonction de sa doctrine en Romains 6.

Par rapport à ce qu'on disait précédemment, il n'en est que plus remarquable que le thème de la souffrance traverse toutes les frontières et lignes de front (autant on peut s'écharper sur d'autres sujets, tout le monde a l'air d'accord là-dessus). Du côté paulinien ça peut se justifier en partie par un fait linguistique, plus sensible en grec, en latin ou même en français ancien qu'en français moderne: à savoir que la souffrance n'est précisément pas une "œuvre", c'est un subir ou un pâtir, le contraire (passif) d'un agir (actif); et peut-être davantage encore par une autre caractéristique de la théologie paulinienne et deutéro-paulinienne sur laquelle j'ai souvent insisté, le concept du corps qui détermine une économie collective de la souffrance et du salut, où l'on souffre les uns pour les autres, y compris pour le salut des autres.
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MessageSujet: Re: Le Salut et le Christianisme   Mer 18 Jan 2017, 16:48

Citation :
Par rapport à ce qu'on disait précédemment, il n'en est que plus remarquable que le thème de la souffrance traverse toutes les frontières et lignes de front (autant on peut s'écharper sur d'autres sujets, tout le monde a l'air d'accord là-dessus). Du côté paulinien ça peut se justifier en partie par un fait linguistique, plus sensible en grec, en latin ou même en français ancien qu'en français moderne: à savoir que la souffrance n'est précisément pas une "œuvre", c'est un subir ou un pâtir, le contraire (passif) d'un agir (actif); et peut-être davantage encore par une autre caractéristique de la théologie paulinienne et deutéro-paulinienne sur laquelle j'ai souvent insisté, le concept du corps qui détermine une économie collective de la souffrance et du salut, où l'on souffre les uns pour les autres, y compris pour le salut des autres.

Ces textes illustrent-ils "le concept du corps qui détermine une économie collective de la souffrance et du salut, où l'on souffre les uns pour les autres, y compris pour le salut des autres." ?


"il nous console dans toutes nos détresses, pour nous rendre capables de consoler tous ceux qui sont en détresse, par la consolation que nous-mêmes recevons de Dieu.De même, en effet, que les souffrances du Christ abondent pour nous, de même, par le Christ, abonde aussi notre consolation. Sommes-nous en difficulté ? C’est pour votre consolation et votre salut. Sommes-nous consolés ? C’est pour votre consolation qui vous fait supporter les mêmes souffrances que nous endurons nous aussi. Et notre espérance à votre égard est ferme ; nous savons que, partageant nos souffrances, vous partagez aussi notre consolation." (Cor 1, 3 ss)

"sans cesse nous portons dans notre corps l’agonie de Jésus afin que la vie de Jésus soit elle aussi manifestée dans notre corps. Toujours, en effet, nous les vivants, nous sommes livrés à la mort à cause de Jésus, afin que la vie de Jésus soit elle aussi manifestée dans notre existence mortelle. Ainsi la mort est à l’œuvre en nous, mais la vie en vous. Pourtant, forts de ce même esprit de foi dont il est écrit : J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé, nous croyons, nous aussi, et c’est pourquoi nous parlons. Car nous le savons, celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus nous ressuscitera nous aussi avec Jésus et il nous placera avec vous près de lui.Et tout ce que nous vivons, c’est pour vous, afin qu’en s’accroissant la grâce fasse surabonder, par une communauté accrue, l’action de grâce à la gloire de Dieu."( 2 Cor 4,10 ss)

"Je trouve maintenant ma joie dans les souffrances que j’endure pour vous, et ce qu’il me reste personnellement à souffrir dans les épreuves du Christ, je l’achève en faveur de son corps qui est l’Eglise" (Col 1,24)
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MessageSujet: Re: Le Salut et le Christianisme   Mer 18 Jan 2017, 22:08

Tout à fait.

Je ne sais pas quelle(s) traduction(s) tu cites, mais je trouve celle de Colossiens particulièrement tordue. Le texte dit plus simplement: "... et je supplée ce qui manque aux détresses du Christ dans ma chair pour son corps qui est l'Eglise". Le Christ (deutéro-)paulinien est un mystère de communion où tout se partage, les souffrances comme le salut, sur le modèle du corps, c.-à-d. d'une unité différenciée de part en part (cf. déjà 1 Corinthiens 12). Aucune individualité ne peut en être isolée, pas plus celle de Jésus que celle de tel croyant particulier. A cet égard le concept de salut individuel (ou personnel) est un franc contresens. Et l'idée que la "souffrance rédemptrice" serait celle d'un seul individu également. On est plus proche de la formule de Pascal, "Jésus sera en agonie jusqu'à la fin du monde", où "Jésus" n'est manifestement pas un "individu" séparable des autres.
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MessageSujet: Re: Le Salut et le Christianisme   Jeu 19 Jan 2017, 13:27

Pas de dolorisme ni de masochisme donc dans le désir qu’a Paul de participer aux souffrances du Christ, puisque c’est dans la perspective de la communion avec le Ressuscité, qui est le Vivant, que les souffrances sont envisagées et éprouvées. Pour que la puissance de Dieu puisse vraiment et paradoxalement se manifester.
Pour Paul, tel est le grand mystère de l’Annonce de l’Évangile : c’est dans la faiblesse et la pauvreté des situations que la puissance de Dieu peut donner toute sa mesure[27] (1 Co 1,26ss ; 2 Co 4,7-10). C’est aussi le mystère de toute vie baptismale et de tout apostolat où, au plus profond de sa misère, de sa faiblesse, de ses échecs et de ses souffrances, s’impose la nécessité d’accueillir l’œuvre de la toute-puissance divine : « À ce sujet, par trois fois, j’ai prié le Seigneur de l’écarter de moi. Mais il m’a déclaré : ‘Ma grâce te suffit ; ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse afin que repose sur moi la puissance du Christ’. Donc, je me complais dans les faiblesses, les insultes, les contraintes, les persécutions et les angoisses pour le Christ. Car lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort » (2 Co 12,8-10).

http://www.bible-service.net/extranet/current/pages/1126.html#_ftn25
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MessageSujet: Re: Le Salut et le Christianisme   Jeu 19 Jan 2017, 14:29

Bon article, ou sermon (il faudrait se demander pourquoi ce sujet rend presque toujours lyrique), mais la première phrase de ta citation m'amuse (hiatus logique, non sequitur du "donc" et du "puisque"): ce n'est pas parce qu'un "dolorisme" (je laisse le "masochisme" au moins à cause de son anachronisme) peut être rationalisé dans un système doctrinal ou mythique qu'il cesserait d'être un "dolorisme" !

Dans tout cela (dans le lyrisme de la souffrance comme dans l'envie de s'en dédouaner) il reste peut-être en effet quelque chose, un symptôme contradictoire, du "scandale de la croix", qui ne peut pas s'exalter sans honte.
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MessageSujet: Re: Le Salut et le Christianisme   Ven 20 Jan 2017, 11:56

Les Témoins de Jéhovah et la grâce ("faveur imméritée"). Quand la Watchtower aborde la question de la "faveur imméritée", elle souligne l'idée quelle s'applique en réalité qu'aux membres "oints". Cette "faveur imméritée" implique que les croyants reçoivent le pardon des péchés et le salut, non en fonction d'oeuvres particulières qui donneraient un mérite particulier mais comme un don gratuit de Dieu, or la Watchtower indique que les croyants doivent "gagner" ce salut.

  "Grâce à la faveur imméritée de Jéhovah, nos péchés sont pardonnés, à condition de nous repentir et de livrer constamment un dur combat contre nos inclinations pécheresses (lire 1 Jean 1:8, 9). La miséricorde de Dieu devrait nous remplir de gratitude et nous pousser à le glorifier. Paul a écrit à ses compagnons oints : « [Jéhovah] nous a délivrés du pouvoir des ténèbres et nous a transférés dans le royaume du Fils de son amour, par le moyen de qui nous avons notre libération par rançon, le pardon de nos péchés » (Col. 1:13, 14). Le pardon de nos péchés nous donne accès à d’autres bienfaits extraordinaires."

 "Étant pécheurs, nous étions depuis la naissance ennemis de Dieu. Mais Paul a déclaré : « Lorsque nous étions ennemis, nous nous sommes réconciliés avec Dieu grâce à la mort de son Fils » (Rom. 5:10). Cette réconciliation nous permet d’être en paix avec Jéhovah. Paul établit un lien entre ce privilège et la faveur imméritée de Jéhovah, en disant : « Maintenant [...] que nous [les frères oints de Christ] avons été déclarés justes par suite de la foi, jouissons de la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ, grâce à qui nous avons eu aussi accès, par la foi, à cette faveur imméritée dans laquelle nous nous tenons maintenant » (Rom. 5:1, 2). Quel bienfait inestimable !"

 "Comment les oints amènent-ils les « autres brebis » à la justice ?
Nous sommes amenés à la justice. Nous sommes tous injustes par nature. Mais le prophète Daniel a prédit qu’au temps de la fin « les perspicaces », le reste oint, « amène[raient] la multitude à la justice » (lire Daniel 12:3). Par leur activité de prédication et d’enseignement, ils amènent des millions d’« autres brebis » à la condition de justes devant Jéhovah (Jean 10:16). Toutefois, cela n’est possible que grâce à sa faveur imméritée. Paul a expliqué : « C’est comme don gratuit qu’ils sont déclarés justes par [l]a faveur imméritée [de Dieu], en raison de la libération par la rançon payée par Christ Jésus » (Rom. 3:23, 24)". La Tour de Garde de juillet 2016 page 23
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MessageSujet: Re: Le Salut et le Christianisme   Ven 20 Jan 2017, 12:45

Ça ne me paraît pas très clair (en tout cas d'après cet extrait): le dernier paragraphe que tu cites semble bien étendre la "faveur imméritée" et la "condition de justes" à la "deuxième classe".

Soit dit en passant, l'épître aux Romains marque quelquefois une distinction (au moins rhétorique) entre "justification" (présente ou acquise) et "salut" (sujet de ce fil) ou "gloire" (futur[e]): cf. 5,9ss; 8,28ss.

Vu les contradictions du NT sur le rapport de la "foi" et des "œuvres" au "salut", toute "sotériologie" (doctrine du salut) chrétienne est de toute façon obligée, par nécessité de cohérence, de faire des choix. Ou bien elle met "Paul" (à partir de l'épître aux Romains) au centre de son système en lui rapportant et en lui subordonnant de force tout le reste (c'est l'option de Luther et du protestantisme en général, le "canon dans le canon"), ou bien il lui faut prendre "Paul" un peu moins au sérieux pour prendre les autres textes (notamment Matthieu et Jacques) un peu plus au sérieux (option catholique et orthodoxe, à peu près consensuelle jusqu'aux Réformes protestantes, plus consciemment partisane après dans le catholicisme de la Contre-Réforme)... Mais du coup l'option globalement rejetée par un "camp" devient un moyen de se singulariser dans ce "camp": il est tentant et facile dans le protestantisme de mettre en avant ce qui lui "manque", à savoir les "œuvres" (cf. déjà l'anabaptisme ou le méthodisme bien avant l'adventisme); et, symétriquement, dans le catholicisme la "foi" ou la "grâce" (jansénisme). Même si au fil de ces mouvements en retour de mouvements antérieurs le "contenu" des concepts (et notamment des "œuvres") n'est jamais le même (de la "charité" à l'"évangélisation" en passant par l'"ascétisme", les "œuvres" mêmes changent, ce ne sont plus les mêmes "œuvres"; rien que dans la courte trajectoire de la Watchtower on est passé du "développement du caractère", qui prolongeait la "sanctification" méthodiste ou piétiste à l'époque de Russell, à l'activisme de l'évangélisation sous Rutherford, pour arriver à une sorte de synthèse de morale et de prosélytisme).

P.S.: Je recommande à celles et ceux qui sont intéressé(e)s par le jansénisme le beau film de Vincent Dieutre, Fragments sur la grâce, qui a (aussi) une grande valeur documentaire.
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