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 La peur de mourir

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free



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MessageSujet: La peur de mourir   Lun 29 Avr 2013, 17:33

De nombreuses personnes qui ont cultivé une espérance "forte" de vie éternelle et donc de voir la mort disparaitre sont souvent envahie par la peur de mourir quand elles abandonnent leurs croyances ... comme si elles réalisaitent tout à coup qu'elles étaient "mortelles" et fragiles. J'ai l'impression que la perte de ses illusions s'accompagne d'une confrontation violente avec la mort et la prise de conscience que l’existence un jour va s’interrompre.

Perdre l'espérance de la vie éternelle ne nous place-t-il pas face à nous même, face à notre vie ... au sens que nous donnons (ou pas) à notre existence ?

Avez-vous peur de la mort ?
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le chapelier toqué



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MessageSujet: Re: La peur de mourir   Lun 29 Avr 2013, 20:17

Bonsoir free,
Peut-on avoir peur de la mort? Ou bien n'est-ce pas plutôt peur de disparaitre au sens où non seulement nous ne serons plus présents mais nous ne pourrons plus profiter de la vie actuelle.

Notre civilisation a perdu le sens de la mort. La mort ne fait plus partie de la vie. Et pourtant chaque jour nous sommes confrontés à la perte d'être qui nous sont chers, parents amis proches.

Mais à y bien penser nous pouvons également perdre ces mêmes personnes alors qu'elles sont toujours bien vivantes. Elles ont simplement changé d'orientation et ne désirent plus nous voir, nous fréquenter.

Jeunes nous ne pensons pas souvent à la mort. Puis un jour nous allons rencontrer des cousins, éloignés, de province venus pour assister aux funérailles de la grand-mère ou du grand-père. La tristesse des uns va peut-être nous donner l'envie de pleurer ou peut-être nous faire sourire nerveusement. Puis avec le temps nous allons perdre des amis encore jeunes et nous nous demanderons de façon furtive, il est vrai à quoi bon peut servir une vie si vite disparue.
Adulte nous continuons d’être confrontés à la mort, à travers le décès de personnes plus jeunes que nous. La mort d’un enfant peut laisser des traces indélébiles dans notre esprit et nous ramène à la réalité que nous nous efforçons d’oublier : nous sommes des êtres mortels.
Cela nous prive-t-il définitivement d’avoir une espérance ?
Qu’est-ce qui fait que nous avons tout au fond de nous cette envie de vivre comme si la mort n’existait pas, comme si nous pouvions lui adresser un pied de nez ?

J’ai appris ce matin la mort d’un ami décédé la nuit passée. Je le connaissais depuis 47 ans. Il n’était plus le même depuis qu’il peinait à se remettre d’un A.V.C. et j’avais peine à reconnaitre en cet homme perdu ayant toutes les peines du monde pour former une phrase, celui qui parlait couramment 4 langues, connaissait toutes les montagnes de Suisse, les plantes de la plaine et de montagne. Seulement voilà aujourd’hui il est mort, je ne peux qu’évoquer son souvenir. Il ne m’est plus possible de le visiter.
Alors oui ce soir je peux affirmer que je n’aime pas la mort, elle ne me fait pas peur comme la maladie peut m’effrayer, non elle me révolte seulement.
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VANVDA



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MessageSujet: Re: La peur de mourir   Lun 29 Avr 2013, 20:48

Hello free,

Non la mort ne me fait pas peur, en tout cas pas MA mort à moi. J'ai peur de la mort des autres, de ceux que j’aime (ce qui veut d'ailleurs aussi dire que j'ai peur, moi, de vivre ça).

Je crois même pouvoir dire que, d'une certaine manière, j'ai vécu comme une "libération" le fait de ne plus me sentir obligé de croire en une vie qui se prolongerait indéfiniment, prisonnière d'un temps qui ne finirait plus jamais.
C'est un fait que je pense énormément à la mort, ceci dit. Mais ce n'est pas une obsession morbide, j'y pense quasiment tous les jours, je crois, mais non sans une certaine "sérénité", en me disant par exemple que si je devais mourir aujourd'hui, je ne regrette pas d'avoir vécu ce que j'ai vécu, même si ma vie n'aura servi à rien d'autre qu'à me faire aimer la vie.

Au fond, la seule chose qui me fait vraiment ch..., c'est que (mais c'est notre lot à tous) je ne connaitrais pas la fin de l'histoire Razz !
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Mlle Doe



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MessageSujet: Re: La peur de mourir   Lun 29 Avr 2013, 23:14

Je rejoindrais l'idée de VANVDA: La mort des autres me fait flipper, pas la mienne.
Mais la première idée du chapelier est pas mal:
Qu'est-ce que j'aimerai assister à mon enterrement! Un côté narcissique sans doute, savoir ce que les gens ont pensé de moi. Et pouvoir s'asseoir dans une salle de ciné et mater le reste après en avoir bien chié sur Terre. Very Happy
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seb



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MessageSujet: Re: La peur de mourir   Lun 29 Avr 2013, 23:44


_________________
Si ton but est la croyance, ne parle qu'avec ceux qui la partagent. Si ton but est la connaissance, parle avec tout le monde!
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free



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MessageSujet: Re: La peur de mourir   Mar 30 Avr 2013, 11:19

Citation :
Non la mort ne me fait pas peur, en tout cas pas MA mort à moi. J'ai peur de la mort des autres, de ceux que j’aime (ce qui veut d'ailleurs aussi dire que j'ai peur, moi, de vivre ça).

Ce sentiment est légitime et très répandu, nous désirons tous garder à nos côtés nos proches. Je pense que plus nous fuirons l’idée de la mort, plus elle reviendra nous obséder.

Je ne suis pas sûr que l'idée developpée en Thess 4,13 soit la plus pertinente : " Nous ne voulons pas, frères, vous laisser dans l'ignorance au sujet des morts, afin que vous ne soyez pas dans la tristesse comme les autres, qui n'ont pas d'espérance. "

Il me semble que cette espérance n'empeche pas la tristesse et engendre la non-accepattion de la mort ... la mort est vue comme une anomalie révoltante. Je pense que le refus de l'ineluctable et de notre finitude constituent un obstacle à notre travail de deuil. Comme toute personne frappée par la perte d'un être cher, le croyant est triste et souffre malgré l'espérance de la ressurection. Il n'y pas de solution miracle face à la mort mais peut être devrions nous l’accepter dès maintenant, la regarder en face et ne pas la laisser gacher notre vie.

Quand nous pleurons la mort d'un être cher, ne pleurons pas sur notre propre mort ?
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le chapelier toqué



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MessageSujet: Re: La peur de mourir   Mar 30 Avr 2013, 13:10

Nous pouvons nous rappeler la réaction de Jésus lorsqu’il vit la famille, les proches de Lazare réunis devant le tombeau de ce dernier. Voyant toutes ces personnes attristées il se laissa aller aux larmes :
Citation :
33 Lorsqu’il les vit se lamenter, elle et les Juifs qui l’accompagnaient, Jésus frémit intérieurement et il se troubla. 34 Il dit : « Où l’avez-vous déposé ? » Ils répondirent : « Seigneur, viens voir. » 35 Alors Jésus pleura ;
Jean 11.33-35 TOB

Le chagrin que nous pouvons manifester au moment de la perte d’un proche est bien naturel. Nous savons que nous ne verrons pas de sitôt ou plus du tout (cela dépend de nos croyances) la personne décédée.
Parfois certaines personnes confondent les douleurs, l’agonie qui se terminent par la mort avec la mort à proprement parlé. Mais un infarctus foudroie généralement celle/celui qui en est victime et ce sont ses proches qui vont souffrir de ce décès. Il n’en est pas de même si l’on passe des mois alité en voyant sa santé décliné.

Que se passe-t-il après la mort ? Nul ne le sait puisque personne n’est revenu pour nous l’expliquer. La résurrection de Jésus est un mystère pour la chrétienté au même titre que la réincarnation en est pour l’hindouisme et le bouddhisme. On peut avoir une espérance solide, ce n’est jamais qu’une espérance et non une certitude.
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free



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MessageSujet: Re: La peur de mourir   Mar 30 Avr 2013, 17:37

Il faut accepter l'idée que l'on ne possède rien ou presque rien ... même si nous avons le sentiment de posseder quelque chose, rien n'est permanent, nous pouvons la perdre à n'importe quel moment. Les seules choses que nous possedons vraiment sont nos souvenirs, l’amour partagés et donné. La seule chose qui ne change pas c'est le changement ... vivre pleinement c'est accepter ce changement permanent, un instant faisant aussitôt place à un autre ce qui implique nécessairement la perte de quelque chose afin que l'instant d'après puisse s'installer.

La mort c'est l’arrêt de tout chose, l'absence de mouvement ... tout est figé ... la vie c'est accepter le mouvement et la perte (de ses proches par exemple même si c'est une terrible épreuve ) ... cela nécessite un vrai travail de deuil qui s'experimente tout au long de la vie.

Je trouve dangeureux de faire croire à des gens que Des millions de personnes actuellement vivantes ne mourront jamais, car elles ne pourront faire se travail de deuil et d'acceptation.
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MessageSujet: Re: La peur de mourir   Mar 30 Avr 2013, 21:01

la mort en face

" Pour regarder la mort en face il faudrait sans doute au regard une accoutumance ou une accommodation, lente ou rapide; de discipline peut-être, de nécessité sûrement; il faut surtout que son "ob-jet" ou son "autre" -- la mort, donc -- apparaisse, se révèle ou se dévoile; qu'elle s'approche, dans le plus simple appareil de son évidence, dans la vérité nue, impudique ou obscène, de sa présence peut-être paradoxale -- car jusqu'au bout, de part en part, elle resterait aussi l'absente -- mais indubitable, inévitable, incontournable; et que nous apprenions alors, devant elle -- d'un coup ou peu à peu, c'est selon -- à ne pas détourner les yeux. Ni au-dessus ni au-delà, vers quelque "arrière-monde" éternel, immortel parce qu'étranger à "la vie", ni latéralement vers les mille continuités naturelles ou culturelles par où "la vie" ne cesse, effectivement et concrètement, d'éviter et de contourner "la mort".

Deviner ce qu'une pensée de la mort partagée libérerait en "l'homme" et autour de lui, disposer de la clé qui ouvrirait à jamais les enfers complémentaires de la "passion" et de la "compassion", sans pouvoir rien en faire, tel serait le sort misérable, ridicule et inutile d'un dieu qui aurait eu l'imprudence ou la sottise de se faire mortel pour "sauver" des mortels qui ne peuvent pas croire à leur mortalité. Il finirait presque par croire comme tout le monde à sa propre "existence", jusqu'à ce qu'enfin la mort, de grâce, ne l'en délivre, sans qu'il ait lui-même réussi à délivrer personne. "

http://oudenologia.over-blog.com/
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Patoune



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MessageSujet: Re: La peur de mourir   Mer 01 Mai 2013, 11:31

Bonjour, je crois en une vie après la mort.
Les expériences de mort imminentes laissent supposer de sa réalité.
Pour les plus sceptiques, il n'y a pas de fumée sans feu car il s'y passe des phénomènes extraordinaires.
Bonne journée à tous.
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free



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MessageSujet: Re: La peur de mourir   Mer 01 Mai 2013, 11:54

Patoune a écrit:
Bonjour, je crois en une vie après la mort.
Les expériences de mort imminentes laissent supposer de sa réalité.
Il n'y a pas de fumée sans feu.
Bonne journée à tous.

Cette espérance de vie après la mort t'aide-t-elle a ne pas avoir peur de mourir, a voir dans la mort une délivrance ?

Le chrétien semble ne pas craindre de "perdre sa vie", a l'instar de ce que déclare Jean : "Celui qui aime sa vie la perdra, et celui qui hait sa vie dans ce monde la conservera pour la vie éternelle. " (12.25), il faut mourir pour vivre et dans le même temps il considéré la mort comme un ennemi (1 Cor 15,26) ... Est-ce un paradoxe ?
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free



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MessageSujet: Re: La peur de mourir   Dim 05 Mai 2013, 22:47

L'auteur de l’épître aux philippiens (1,22-23) hésite entre son désir de mourir afin d'être avec le Christ et rester en vie.

" Cependant, si la vie dans cette chair doit me permettre encore un fructueux travail, j'hésite à faire un choix... Je me sens pris dans cette alternative : d'une part, j'ai le désir de m'en aller et d'être avec le Christ, ce qui serait, et de beaucoup, bien préférable mais de l'autre, demeurer dans la chair est plus urgent pour votre bien. "

La mort peut-être vu comme une libération ... " Nous sommes donc pleins de hardiesse et préférons quitter ce corps pour aller demeurer auprès du Seigneur " (2 Cor 5,Cool


Jean 8, 51 exprime la possibilité de ne pas connaitre la mort à travers la connaissance et la communion avec Dieu. :

" En vérité, en vérité, je vous le dis, si quelqu'un garde ma parole, il ne verra jamais la mort. "
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thessray



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MessageSujet: Re: La peur de mourir   Lun 06 Mai 2013, 10:27

bonjour Free Je t'ai laissé un message privé ainsi que sur ton portable Bonne journée
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MessageSujet: Re: La peur de mourir   Mar 07 Mai 2013, 12:09

On ne se prépare pas à la mort.

Et si l'on n'y pensait que pour s'y préparer, il vaudrait mieux, sans doute, ne pas y penser du tout. A supposer, comme à chaque fois qu'on dit "mieux vaudrait", qu'il y ait là quelque possibilité de choix (et plus généralement que les concepts de possibilité ou de choix signifient quelque chose.

Comme "la vie", comme "l'amour", comme tout "événement" -- est-il besoin de préciser qu'il ne s'agit guère en ces "comme" d'une comparaison, encore moins de plusieurs ? -- la mort se prépare, d'elle-même, comme elle vient d'elle-même, quand elle arrive, comme elle arrive, en son temps et à sa manière, à son moment et dans son mouvement, à son tempo et à son rythme. Lentement, progressivement ou soudainement, de façon discrète ou spectaculaire, plus ou moins pathétique ou anesthésique. Qu'on la voie venir de loin ou qu'elle surprenne à l'improviste, elle se fait de la place (cwra) -- toute celle qu'il lui faut, quand il la lui faut. On (la) lui cédera sans faute parce que devant elle tout cède et tout fait place (panta rei / panta cwrei). De ce point de vue qui serait le sien, il est effectivement inutile et absurde de s'en inquiéter.

μὴ οὖν μεριμνήσητε εἰς τὴν αὔριον, ἡ γὰρ αὔριον μεριμνήσει ἑαυτῆς (Matthieu, vi, 34)

αὐτομάτη ἡ γῆ καρποφορεῖ, πρῶτον χόρτον, εἶτα στάχυν, εἶτα πλήρη[ς] σῖτον ἐν τῷ στάχυϊ. ὅταν δὲ παραδοῖ ὁ καρπός, εὐθὺς ἀποστέλλει τὸ δρέπανον, ὅτι παρέστηκεν ὁ θερισμός. (Marc iv, 28s).

http://oudenologia.over-blog.com/article-ars-moriendi-115583977.html

Mt 6,34 : " Ne vous inquiétez donc pas du lendemain : demain s'inquiétera de lui-même. A chaque jour suffit sa peine. "

Mc 4,28 : " D'elle-même, la terre produit d'abord l'herbe, puis l'épi, puis plein de blé dans l'épi. Et quand le fruit s'y prête, aussitôt il y met la faucille, parce que la moisson est à point."
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MessageSujet: Re: La peur de mourir   Mer 08 Mai 2013, 13:39

Le NT apporte un regard particulier sur de la mort , la résurrection du Christ semble avoir changer la perspective de l'existence du croyant ... pour le croyant la mort a été vaincu ("Où est-elle, ô mort, ta victoire ? Où est-il, ô mort, ton aiguillon ? - 1 Cor 15,55), elle n'est plus qu'un sommeil temporaire, Paul relative l'impact de la mort physique dans la vie du croyant, le croyant n'a pas peur de la mort car il meurt un peu tous les jours afin de connaitre la vraie vie :

" En effet, nul d'entre nous ne vit pour soi-même, comme nul ne meurt pour soi-même ; si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur, et si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Donc, dans la vie comme dans la mort, nous appartenons au Seigneur. Car le Christ est mort et revenu à la vie pour être le Seigneur des morts et des vivants. " Rm 14,7-9
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MessageSujet: Re: La peur de mourir   Ven 29 Jan 2016, 12:42

Citation :
Qu'est-ce que j'aimerai assister à mon enterrement! Un côté narcissique sans doute, savoir ce que les gens ont pensé de moi. Et pouvoir s'asseoir dans une salle de ciné et mater le reste après en avoir bien chié sur Terre

Comme le disait Coluche : Si j'ai l'occasion, j'aimerais mieux mourir de mon vivant!

Lors du décès d’un proche, on ne pleure pas pour le défunt, on pleure plutôt sur sa propre situation. On ne pleure pas le défunt : on pleure soit sur notre propre incapacité à vivre sans lui (elle) ou soit sur notre propre mort qui nous terrorise.
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Narkissos



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MessageSujet: Re: La peur de mourir   Sam 30 Jan 2016, 02:35

"Tâchons d'entrer dans la mort les yeux ouverts", c'est la dernière phrase des Mémoires d'Hadrien (de Marguerite Yourcenar).

[A contrario, cette réflexion entendue jadis d'une dame âgée: "Moi, j'aimerais m'endormir un soir et me réveiller morte le lendemain."]

Sait-on jamais au juste (pour, sur) qui ou quoi on pleure ?

[Dans un sens, sans doute, chacun ramène tout à soi; mais le chagrin le plus "égoïste", parce qu'il est aussi le plus "authentique", débouche en son (absence de) fond sur un océan de tristesse où tout se noie, et "soi" et "l'autre", et "le monde" et "l'histoire", et "la mort" et "la vie", et la "crainte" et le "désir". De la peur au pleur, le supplément critique d'une liquide dissolvante. Bienheureux vous qui maintenant pleurez, car vous rirez (Luc 6), la béatitude paradoxale renvoie à une expérience aussi universelle qu'intime et secrète.]
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MessageSujet: Re: La peur de mourir   Lun 01 Fév 2016, 17:54

On a peur de la mort durant notre vivant.

Le philosophe grec Epicure (342/341-270 av. J.C.), en affirmant que « la mort n'est rien pour nous », ne dit pas que la mort ne nous affecte pas mais entend nous délivrer de la crainte de la mort. Il tient le raisonnement suivant: je ne rencontre jamais la mort puisque la vie est marquée par la sensibilité et que la mort, au contraire, est absence de sensibilité. Ou bien je suis en vie, et dans ce cas la mort n'est pas là, ou bien je suis mort, et dans ce cas je ne suis plus là. Il n'y a aucun contact entre la vie et la mort. Epicure affirme qu'il est absurde de redouter ce que l'on ne rencontre jamais.
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Narkissos



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MessageSujet: Re: La peur de mourir   Lun 01 Fév 2016, 19:10

Le raisonnement d'Epicure (ou de Lucrèce) ne parvient plus à rassurer Hamlet: mourir, dormir, rêver peut-être -- ah! c'est là que ça coince... la crainte de l'inconnu l'emporte sur tous les maux connus, et la conscience à ce point nous rend lâches.

Citation :
To be, or not to be,—that is the question:—
Whether 'tis nobler in the mind to suffer
The slings and arrows of outrageous fortune
Or to take arms against a sea of troubles,
And by opposing end them?—To die,—to sleep,—
No more; and by a sleep to say we end
The heartache, and the thousand natural shocks
That flesh is heir to,—'tis a consummation
Devoutly to be wish'd. To die,—to sleep;—
To sleep! perchance to dream:—ay, there's the rub;
For in that sleep of death what dreams may come,
When we have shuffled off this mortal coil,
Must give us pause: there's the respect
That makes calamity of so long life;
For who would bear the whips and scorns of time,
The oppressor's wrong, the proud man's contumely,
The pangs of despis'd love, the law's delay,
The insolence of office, and the spurns
That patient merit of the unworthy takes,
When he himself might his quietus make
With a bare bodkin? who would these fardels bear,
To grunt and sweat under a weary life,
But that the dread of something after death,—
The undiscover'd country, from whose bourn
No traveller returns,—puzzles the will,
And makes us rather bear those ills we have
Than fly to others that we know not of?
Thus conscience does make cowards of us all;
And thus the native hue of resolution
Is sicklied o'er with the pale cast of thought;
And enterprises of great pith and moment,
With this regard, their currents turn awry,
And lose the name of action.

Il faudra l'approche réelle de la mort (fût-elle jouée, et dût-elle ne jamais aboutir à une rencontre) pour qu'enfin le héros s'apaise: the rest is silence.

A tout prendre, je trouve plus efficace l'aphorisme de Nietzsche (hélas ! je ne le retrouve plus): "On est assuré de mourir: pourquoi perdre sa belle humeur ?"

---
P.S.: Je suis retombé entre-temps, en ouvrant au hasard Tchouang-tseu, sur ce chapitre que je trouve particulièrement admirable -- le lecteur de la Bible notera sa proximité avec Job (notamment chap. 3) et Qohéleth, sensiblement à la même époque quoique dans une tout autre civilisation.

----
C'est un fait que "l'enfer" a une histoire -- il en a même beaucoup, dans des civilisations fort différentes et indépendamment de toute "influence" de l'une à l'autre, bien que nous connaissions mieux sa généalogie "judéo-chrétienne" (puis islamique) -- je revoyais hier, pour la première fois depuis mon enfance, l'adaptation cinématographique des Lettres de mon moulin de Daudet par Pagnol, notamment Le curé de Cucugnan qui en offre une version provençale pittoresque. Mais pour être contingente, cette histoire n'est pas complètement fortuite: dans un sens, il est impossible que la mort en tant que fantasmée par des mortels n'aboutisse pas, entre autres, à ce type de représentation où l'horreur ne sera jamais assez figurée.

Or sur ce genre de chose la rationalité, que ce soit celle d'Epicure (également cité dans Nymphomaniac de Lars von Trier, dans un tout autre genre cinématographique, à propos du père évoquant sereinement sa mort avant de sombrer dans une crise de delirium tremens) ou d'une dogmatique religieuse (qu'elle nie l'enfer, comme celle des TdJ, ou qu'elle promette de l'éviter, comme tant d'autres), n'a aucune prise: on ne se défend pas d'un cauchemar. Seul le réveil ou la mort réelle nous "sauve", d'une manière ou d'une autre -- et pour la seconde, ça ne sera jamais une expérience à raconter.

http://elmundoenverso.blogspot.fr/2007/11/era-un-nio-que-soaba-antonio-machado.html
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MessageSujet: Re: La peur de mourir   Lun 08 Fév 2016, 17:40

Citation :
je revoyais hier, pour la première fois depuis mon enfance, l'adaptation cinématographique des Lettres de mon moulin de Daudet par Pagnol, notamment Le curé de Cucugnan qui en offre une version provençale pittoresque. Mais pour être contingente, cette histoire n'est pas complètement fortuite: dans un sens, il est impossible que la mort en tant que fantasmée par des mortels n'aboutisse pas, entre autres, à ce type de représentation où l'horreur ne sera jamais assez figurée.

Avec l'accent tout est plus beau.

https://www.youtube.com/watch?v=VJaYdO_OAEg



L'auteur de la lettre aux philippiens semble ne pas crainder la mort :

"Car, pour moi, la vie, c'est le Christ, et la mort est un gain"(1,21)


Montaigne a déclaré :

A la vérité, pour s’apprivoiser à la mort, je trouve qu’il n’y a que de s’en avoisiner”

"Philosopher, c’est apprendre à mourir”
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Narkissos



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MessageSujet: Re: La peur de mourir   Lun 08 Fév 2016, 18:50

Montaigne en contexte et en v.o. (II, vi) : tu remarqueras qu'il verse aussi Paul, un peu plus haut, au dossier du suicide.

(L'effet comparé de l'accident -- de cheval ou de carrosse -- sur Montaigne et Pascal serait à lui seul un remarquable sujet de méditation.)

La clé paulinienne, comme les stratégies taoïste ou bouddhiste, joue sur la conception de "soi". Mais là où celles-ci dissipent une illusion, celle-là opère une substitution qui est aussi, par rapport à la mort, une anticipation: le Christ, déjà mort et ressuscité, à la place de "moi".

Chez Daudet revu et très augmenté par Pagnol, tu auras aussi noté à la fin du sermon l'apologie de la confession, qui m'a rappelé une autre discussion récente (à partir du 18.1.16).
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MessageSujet: Re: La peur de mourir   Ven 12 Fév 2016, 16:50

Peur de la mort ou peur de mourir
La peur de la mort n’est pas la même chose que la peur de mourir. La mort est prise comme entité, représentée et nommée comme s’il s’agissait de quelqu’un. Certaines légendes la représente comme « la faucheuse », elle vient et vous emporte : ce n’est pas vous qui décidez et c’est là que l’angoisse prend son sens. Comme si c’était quelqu’un qui décidait pour vous le moment où vous ne serez plus sans finalement vous « demander votre avis », or sa vie n’est ce pas le principal élément de soi ? Sans la vie on ne peut être. La peur de la mort ce serait la peur de ce qui est « nommable » sans pour autant prendre un sens concret, un voyage vers l’inconnu que l’entendement ne pourrait atteindre.
La peur de mourir est plus à rapprocher d’une angoisse à vivre, de cette incapacité à profiter pleinement des événements de son existence, incapacité liée pour certain€s aux difficultés rencontrées durant l’enfance ou à la suite de traumatismes survenus à l’âge adulte. Lorsque cette peur est trop grande et qu’elle donne lieu à des comportement phobiques, il est important d’aller consulter afin de mieux repérer les événements en cause.
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Narkissos



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MessageSujet: Re: La peur de mourir   Sam 13 Fév 2016, 00:37

[Note fantasque: et si ce texte avait été écrit en hébreu, pour "consulter" on aurait certainement le verbe š'l, "demander", évoquant ce "she'ol" dont on interroge les morts par nécromancie comme on consulte devins, voyants, prophètes, prêtres (ou psychanalystes), et qui lui-même demande ou réclame sans cesse les vivants dont il n'est jamais rassasié -- et "Saül", et "Saul", etc.]
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MessageSujet: Re: La peur de mourir   Aujourd'hui à 23:41

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La peur de mourir
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