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 " faire des livres est un travail sans fin " Qo 12, 12

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free



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MessageSujet: " faire des livres est un travail sans fin " Qo 12, 12   Jeu 20 Juin 2013, 12:49

" Mais plus qu’eux, mon fils, sache :

faire des livres, beaucoup, n’a pas de fin(alité) et étudier beaucoup fatigue le corps. " - Qo 12,12

L'avertissement, de ce célèbre texte, qui critique l'attitude des sages et des intellectuels qui composent  trop de livres et que cet excès de production est un travail non seulement sans fin, mais aussi sans finalité, peut correspondre à une espèce d'auto-critique, puisque le Qohelet, lui-même, fait parti des cette catégorie de penseurs qui écrivent et étudie.

Le Qohelet place-t-il son livre parmi ceux qu'ils considère comme sans finalité ?


Considère-t-il que son étude de l'existence humaine, n'a fait qu'épuiser la chair de ses lecteurs ?


Place-t-il sa réflexion et son livre, dans la sentence " tout est vanité " (12,Cool ?


Qo 12,12 parait encore plus paradoxal, quand on lit (12, 9-10), " Sans compter que Qohélet fut un sage, il a encore enseigné au peuple le savoir ; il a pesé, examiné et corrigé beaucoup de proverbes ; Qohélet s'est efforcé de trouver beaucoup de paroles plaisantes et d'écrire des paroles de vérité ".


Dernière réflexion, la WT cite souvent ce texte afin démontrer que la grande production littéraire de "ce monde" est vaine ... ironiquement, c'est une société d'édition, qui produit chaque année des millions de livre, qui se "livre" à cette critique. 




Dernière édition par free le Jeu 12 Fév 2015, 16:48, édité 2 fois
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le chapelier toqué

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MessageSujet: Re: " faire des livres est un travail sans fin " Qo 12, 12   Jeu 20 Juin 2013, 16:07

je trouve que le verset que tu cites Qo 12,12 sied comme un gant à la société Watchtower.

Je me suis demandé si "le sage" n'avait pas en pensées les Talmuds et les divers écrits des anciens israélites qu'ils consultaient sans fin et desquels ils tiraient de nombreuses suppositions.
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free



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MessageSujet: Re: " faire des livres est un travail sans fin " Qo 12, 12   Ven 21 Juin 2013, 10:08

Citation :
Je me suis demandé si "le sage" n'avait pas en pensées les Talmuds et les divers écrits des anciens israélites qu'ils consultaient sans fin et desquels ils tiraient de nombreuses suppositions.

Certains éxégètes estiment que  l'expression " Mais plus qu’eux ", fait allusion aux "sages" dont il est question au v 11 ("  Les paroles du sage sont comme des aiguillons et comme des piquets plantés par les maîtres de troupeaux ") et que la sentence du v 12 vise a intégrer le livre du Qohelet dans le canon des lives de sagesse (les Proverbes ...), elle rappelle qu'il ne faut rien rajouter à ce canon sapentiel ... une façon définitive de cloturer ce canon. et d'exclure d'autres livres de sagesse.

L'histoire se renouvelle, de nombreuses religions utilisent (12,12), pour décourager la lecture de livres qui sont fatiguants pour la chair, à l'exclusion, bien sûr, des livres produits par le mouvement, qui constituent un "canon " de sagesse, amplement suffisant pour batir la foi du fidèle.
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MessageSujet: Re: " faire des livres est un travail sans fin " Qo 12, 12   Mar 24 Fév 2015, 12:39

Le Qohelet veut exprimer en peu de mots et dans la mesure la vanité de la vie ... Peut-être parce que même sa réflexion sur la vie est "vanité".

"Tout est fatigant, plus qu'on ne peut dire ; l'œil n'est pas rassasié de voir, l'oreille ne se lasse pas d'entendre" (1,Cool

Le Qohelet semble ressentir de la fatigue et de la lassitude  face à un excès de paroles qui l'entraine à recommander la limitation de la production de livres.

"Quant au reste, mon fils, tires-en instruction : à faire un grand nombre de livres, il n'y aurait pas de fin,
et beaucoup d'étude est une fatigue pour la chair." (12,12)

Pour le Qohelet, qu'est ce qu'il fonde la validité d'un livre ... A partir de quand estime-t-il qu'un livre est nécéssaire et utile ?

Le Qohelet recèle un paradoxe, Il a lui même mis par écrit ses nombreuses maximes et il décourage la production de livre :

Outre que Qohéleth fut un sage,
il a encore appris la connaissance au peuple ;
il a pesé, examiné à fond et mis en ordre un grand nombre de maximes
Qohéleth s'est efforcé de trouver des paroles qui plaisent ;
elles ont été écrites exactement, ce sont des paroles de vérité.
Les paroles des sages sont comme des aiguillons ;
les auteurs de recueils sont comme des clous plantés.
C'est le don d'un seul berger (12,9-11)
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Narkissos

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MessageSujet: Re: " faire des livres est un travail sans fin " Qo 12, 12   Mar 24 Fév 2015, 13:01

En effet, ce ne serait pas la moindre ironie de ce texte qu'il soit (peut-être) un ajout au livre, et plutôt contre le livre (cf. la suite "pieuse"); qui se laisserait cependant gagner (comme il arrive souvent aux "corrections") par "l'esprit" ou la tonalité générale du livre (où la fatigue occupe effectivement une place de choix).
Même contre l'écriture, même pour dire qu'il ne faudrait pas écrire, il faut écrire...
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MessageSujet: Re: " faire des livres est un travail sans fin " Qo 12, 12   Mar 24 Fév 2015, 13:28

Citation :
Même contre l'écriture, même pour dire qu'il ne faudrait pas écrire, il faut écrire...

LaughingVery Happy:lol:
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MessageSujet: Re: " faire des livres est un travail sans fin " Qo 12, 12   Mar 24 Fév 2015, 14:47

La première option est celle du Qohélet rabbah qui nous invite à lire non pas mēhēmmâ, mais mehumâ, « confusion », car « quiconque introduit dans sa maison plus que les vingt-quatre livres, introduit dans sa maison la confusion (mehumâ) avec, par exemple, le livre de Ben Sira et le livre de Ben Tigla[10] ». Inspiré par la tradition rabbinique, Goldin, affirme que 12,12 est une admonition qui vise à maintenir l’intégrité de la Torah et que, par conséquent, hēmmâ fait référence au recueil de la Torah[11]. Cette position, qui fut aussi celle de Jérôme[12], reste toutefois marginale dans l’histoire de l’exégèse contemporaine.

Parmi ceux qui favorisent la deuxième option, d’aucuns voient dans ce v. 12 un témoin important de l’histoire du canon, mais des seuls Ketûbîm. Telle est l’interprétation de Sheppard qui estime que le pronom hmmh se rapporte aux dbry hkmym, « paroles des sages » ou encore aux b‘ly ‘spwt, « maîtres des recueils » (ce que Sheppard rend par « surveillants des collections ») du v. 11. Selon lui, ces deux expressions correspondent à un groupe canonique de livres de sagesse, probablement ceux qui étaient attribués à Salomon, c’est-à-dire Pr, Qo et Ct. Un des objectifs de l’épilogue est donc d’intégrer le livre de Qo dans le canon des livres sapientiaux. Quant au v. 12, il rappelle plus précisément qu’il ne faut rien ajouter à ce canon sapientiel[13].

Par ailleurs, le v. 12b ne doit pas être compris comme un simple interdit de faire des livres parce que ce travail est interminable et sans finalité. Je ne crois pas qu’il faille y voir une réaction contre une sagesse trop optimiste ou futile[70] ou une critique de l’enseignement de Qo[71] ou encore un avertissement contre une acceptation non critique de Qo[72]. Il ne s’agit pas non plus d’un conseil solennel qui rappelle à tous ceux qui voudraient suivre le sage qu’une telle décision exige l’engagement sincère à faire un travail sans fin et épuisant[73]. Il ne s’agit pas davantage d’un éloge de Qo qui indique qu’il n’est pas nécessaire d’avoir d’autres textes de sagesse[74]. La pointe de l’enseignement du v. 12b porte plutôt sur le danger de l’excès dans la production des livres. C’est ce que nous indique le mot harebēh.

http://nelson.cen.umontreal.ca/revue/ltp/2010/v66/n2/044847ar.html?lang=es
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MessageSujet: Re: " faire des livres est un travail sans fin " Qo 12, 12   Ven 27 Oct 2017, 15:27

Par ailleurs, un seul passage fait exception. Il s’agit de 12,9 qui fait l’éloge de Qo en le présentant comme un sage qui a pesé, examiné et rectifié beaucoup (rbh) de mashals. L’ironie est d’autant plus grande que cet éloge valorise justement l’abondante production littéraire de Qo ! Il y a donc ici une discordance entre le faire de Qo qui est l’objet d’un éloge (une abondante production littéraire) et le faire auquel le narrataire est invité à se soumettre (ne pas commettre d’excès dans la production littéraire). Ce n’est donc pas pour rien que l’auteur anonyme, au v. 12a, vient tout juste d’exhorter son narrataire (le fils) à ne pas suivre l’exemple des sages (v. 11), dont Qo fait partie. Ce type de discordance entre le faire et le dire, qui se retrouve déjà dans le portrait de l’anti-Salomon en 1,12-2,26, apparaît avec force dans la finale du livre de Qo. Par exemple, en 12,9a, il est dit que Qohélet fut plus qu’un sage (12,9a), même si la sagesse est toujours restée hors de sa portée (7,23). Qo 12,9c affirme que Qohélet a redressé (tqn) des mashals en quantité, même si Qo 1,15 déclare qu’il est impossible de redresser (tqn) ce qui est courbé (cf. aussi 7,13). Malgré l’insistance avec laquelle Qohélet proclame qu’il est impossible de trouver (le verbe « trouver », mts, est, en effet, précédé de la négation l’ à sept reprises : 3,11 ; 7,14.28a.c ; 8,17a.b.c), Qo 12,10a annonce que Qo a trouvé des paroles plaisantes. Enfin, suite à la formule conclusive de 12,13a, hkl nšm‘, qui est une réplique de la formule clé du livre, hkl hbl (1,2 ; 12,Cool, la pensée hétérodoxe de Qo ne l’empêche aucunement d’être orthodoxe du point de vue de l’agir et d’inviter ainsi son lecteur à craindre le Dieu (ou la divinité) et à garder ses commandements. Cette discordance ironique entre la pensée et l’agir n’est pas un phénomène isolé dans le livre de Qohélet et la tradition juive ancienne. C’est par exemple ce que montrent très bien Qo 10,16-20 [76] et le texte talmudique suivant :
Citation :
Trois ans durant, l’école de Hillel et l’école de Shammaï discutèrent pour savoir ce qui valait mieux pour l’être humain : avoir été créé ou non. On vota et le résultat fut : il aurait mieux valu qu’il ne fut pas créé (voir Qo 4,1-3). Mais maintenant qu’il l’a été, qu’il examine soigneusement


La justification de l’avertissement est donnée à la toute fin du verset : c’est que beaucoup d’étude fatigue le bsr, le corps, c’est-à-dire toute la personne. En Qo, le mot bsr désigne la personne tout entière, sans aucune forme de dualisme (2,3 ; 4,5 ; 5,5 ; 11,10). Le mot yegi‘at est un hapax legomenon. Toutefois, Schoors note que cette forme féminine qetīlā est commune en hébreu mishnaïque comme nom d’action pour le qal  [84]. La racine yg‘ peut signifier « travailler de façon pénible » ou désigner l’effet négatif du labeur, la fatigue, l’épuisement. Cette racine apparaît à deux autres reprises en Qo, une fois en 10,15 où il est dit que « le labeur de l’insensé est fatigant » et une fois en 1,8 qui déclare que « toutes les paroles sont fatigantes ». Dans les deux cas, le ton est négatif. À l’instar de 1,8, la racine yg‘ en 12,12 est employée pour décrire une situation qui mène à la frustration de l’être humain. En affirmant que le seul profit que procure beaucoup d’étude est la fatigue, l’épuisement, Qo 12,12 peut se lire non seulement comme un écho de 1,8 qui soutenait déjà que les efforts des êtres humains sont sans fin et futiles, mais aussi comme l’ultime réponse à la question anthropologique et pragmatique posée en 1,3 : « Quel profit pour l’être humain dans toute sa peine qu’il peine sous le soleil ? ». Autrement dit, 12,12 applique au livre même de Qo le jugement de Qo pour qui « toutes les paroles sont fatigantes » (1,Cool !

https://www.erudit.org/fr/revues/ltp/2010-v66-n2-ltp3955/044847ar/
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Narkissos

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MessageSujet: Re: " faire des livres est un travail sans fin " Qo 12, 12   Ven 27 Oct 2017, 19:03

Intéressant article [quoique à mon avis (et contrairement à Qohéleth 12,12, ce qui sans doute le confirme !) il y aurait beaucoup à en dire et à y redire, notamment quant à la question de "l'auteur": cf. p. ex. § 3 où je me contenterai de souligner ce qui cloche, à mon avis: "À mon avis (scripsit Lavoie, du moins je le suppose), il est inutile d’attribuer cette finale à un ou plusieurs auteurs, et il est tout aussi vain de spéculer sur leurs identités (premier, deuxième et troisième rédacteur, disciple, collègue, ami, éditeur, biographe, théologien conservateur ou pieux, corps professoral, etc.). Il me semble plus prudent de comprendre tout le livre tel qu’il se donne à lire maintenant et de considérer Qohélet comme un héros fictif et un simple narrateur à qui l’auteur anonyme du livre fait endosser, non sans ironie, la responsabilité d’une philosophie religieuse courageuse et subversive." Qu'on suspende son jugement sur la paternité réelle du livre (qui l'a écrit) et de ses différentes parties pour jouer jusqu'au bout le jeu "synchronique" de la pseudépigraphie salomonienne (le ou les auteurs réels parlent effectivement au nom du même auteur fictif), du moins tant et autant qu'il se joue lui-même (le texte sort de ce jeu entre 12,8 et 9 en reparlant de Qohéleth à la 3e personne, symétriquement au début, 1,1s; cf. 1,12 et 7,27 qui mêlent la 1re et la 3e personne), ça me paraît de bonne méthode; mais réintroduire aussitôt l'affirmation d'un auteur "réel", fût-il "anonyme" (mais unique !), beaucoup moins !].

Qu'on n'en finisse pas d'écrire et d'ajouter à ce qui est (déjà) écrit, même quand on a dit qu'on s'arrêtait et qu'on a promis toutes les malédictions imaginables à ceux qui s'y risqueraient (cf. Apocalypse 22,18ss... et la suite), c'est une règle qui se vérifie ironiquement par l'analyse littéraire des conclusions ou épilogues successifs de très nombreux livres antiques, "bibliques" entre autres. Et des "débuts" (introductions, prologues, préambules) aussi. Avec des "fins" qui commencent souvent très tôt et des "débuts" qui finissent très tard, d'autant plus que les livres sont longs.

A propos d'apocalypse, il ne faudrait pas non plus perdre de vue que la prolifération littéraire visée par "Qohéleth" (ou par l'auteur "réel" n° 1, 2, 3 ou n qui ne se cache même plus derrière ce nom) n'est sans doute pas seulement celle de son "genre" et de son "camp" ("sapiential" ou "proto-sadducéen" p. ex.), mais aussi celle de la "concurrence". Car dans les camps "prophétiques" ou "apocalyptiques" non plus, qui ne sont certes pas le sien, on ne finira pas d'en rajouter (Daniel, Maccabées, littérature hénochienne ou qoumranienne, etc.; et pour ne rien simplifier, l'"apocalyptique" se réclame aussi de la tradition sapientiale: aux antipodes de Qohéleth, Daniel est également présenté comme un "sage").
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MessageSujet: Re: " faire des livres est un travail sans fin " Qo 12, 12   

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" faire des livres est un travail sans fin " Qo 12, 12
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