Etre chrétien ou pas?

apporter une aide et fournir un support de discussion à ceux ou celles qui se posent des questions sur leurs convictions
 
PortailPortail  AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 " Je vous le dis, frères, le temps se fait court " - 1 Cor 7, 29

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
free



Nombre de messages : 3742
Age : 55
Date d'inscription : 21/03/2008

MessageSujet: " Je vous le dis, frères, le temps se fait court " - 1 Cor 7, 29   Dim 15 Sep 2013, 12:12

Ce texte de Paul illustre le comportement que génère chez ceux qui ont la conviction de vivre le temps de la fin ou que "le temps se fait court". Pour Paul, le temps  C'est un temps qui se contracte dans l'attente d'un événement majeur et tout proche et instant où le temps est suspendu.


Dans ce moment provisoire, chacun  doit rester dans la situation où il est ... . " Que désormais ceux qui ont femme vivent comme s'ils n'en avaient pas; ceux qui pleurent, comme s'ils ne pleuraient pas; ceux qui sont dans la joie, comme s'il n'étaient pas dans la joie; ceux qui achètent, comme s'ils ne possédaient pas; ceux qui usent de ce monde, comme s'ils n'en usaient pas vraiment. Car elle passe, la figure de ce monde." ...  parce que la fin est imminente.


L'expression "comme s'ils ne l'étaient pas" implique que la condition présente (son sexe, son statut ...)  est caduque et perdue. Paul ne donne aucune indication  sur la nouvelle. Cette attente de la fin imminente,  fait vivre le croyant  dans une tension entre un état révolue et un autre inconnu.


Je comprends que la WT et autres mouvements apocalyptiques aient demandé à leurs adeptes d'abandonner les études supérieures, un emploi lucratif, de renoncer à la maternité... pour se consacrer au service divin, ils s'inscrivent dans la continuité de la pensée, "Je vous le dis, frères, le temps se fait court.".
Revenir en haut Aller en bas
free



Nombre de messages : 3742
Age : 55
Date d'inscription : 21/03/2008

MessageSujet: Re: " Je vous le dis, frères, le temps se fait court " - 1 Cor 7, 29   Lun 16 Sep 2013, 12:56

Est-il réaliste de demander à des croyants de faire de leurs vies , un moment provisoire où ils doivent rester dans la situation où ils sont .. faire de son existence un statu-quo ?
Revenir en haut Aller en bas
free



Nombre de messages : 3742
Age : 55
Date d'inscription : 21/03/2008

MessageSujet: Re: " Je vous le dis, frères, le temps se fait court " - 1 Cor 7, 29   Mar 17 Sep 2013, 11:18

Giorgio Agamben commente un passage de l'Epître aux Corinthiens (1 Cor 7, 29-32) qu'André Chouraqui traduit ainsi : "Je dis ceci, frères : le temps a cargué ses voiles. Pour ce qui en reste, ceux qui ont des femmes, qu'ils soient comme s'ils n'en avaient pas, les pleureurs comme s'ils ne pleuraient pas, les joyeux comme s'ils ne se réjouissaient pas, les acheteurs comme s'ils n'avaient rien, les jouisseurs de cet univers comme s'ils n'en profitaient pas, car il passe, ls schème de cet univers. Mais je vous veux sans inquiétude". (Traduction plus classique ici).
On note la récurrence de la formule "comme s'ils ne l'étaient pas" (en grec Hos me, que Giorgio Agamben traduit "comme non"). Avec la venue du messie, tout chose appelée est révoquée dans le même mouvement - et cela vaut pour le sujet, sa condition, son sexe, son statut, comme pour toute autre chose. Ce n'est plus moi qui vis, le messie vit en moi (Gal 2.20). Toute la création est caduque, et dans l'attente de la rédemption, rien ne remplace les identités passées. Il n'y a plus ni droits, ni possessions. Il faut prendre acte de cette perte - une bonne fois pour toutes.

 http://www.idixa.net/Pixa/pagixa-1109290240.html
Revenir en haut Aller en bas
free



Nombre de messages : 3742
Age : 55
Date d'inscription : 21/03/2008

MessageSujet: Re: " Je vous le dis, frères, le temps se fait court " - 1 Cor 7, 29   Dim 22 Sep 2013, 22:27

Revenons à notre texte: pour un "homme (chrétien) marié", "être comme n'ayant pas de femme", ce n'est pas "faire comme s'il n'en avait pas", mais se rappeler qu'en un sens (celui de son identité divine dans le monde à venir) il n'en a effectivement pas, il n'en a jamais eu et il n'en aura jamais. De même, à la tristesse et à la joie (selon ce monde), à la possession ou à l'usage du monde n'est pas opposé un état fictif au sens où nous l'entendons (la fiction arbitraire du comme si qui ne repose sur rien) ni  la condition réelle d'autres personnes (comme ceux qui), mais encore et toujours cette contre-identité éternelle qui rend la présente, l'apparente, transitoire et somme toute (paradoxalement) factice.
Sans doute sommes-nous devenus, pour la plupart, incapables de souscrire à un tel mythe et plus encore de nous y reconnaître (qu'y avons-nous gagné ? qu'y avons-nous perdu ? peu importe, c'est ainsi). Notre monde n'en passe pas moins, mais il ne débouche plus sur un autre monde ni sur une "éternité" auxquels nous pourrions nous (contre-)identifier. Du coup nous nous trouvons définitivement assignés, rivés à une identitéunique dont il nous faut bien nous accommoder, bon gré mal gré. Cela tend au demeurant à nous rendre plus moraux, du fait qu'il n'y a pas pour nous d'autre "plan" significatif que celui de la morale: quand il n'est plus question de changer d'identité, il n'y a rien de mieux à faire que d'"améliorer" la seule identité (ou la seulepersonnalité) qui nous reste. Dans cette perspective, la foi et les textes qui la présupposent ne nous sont plus accessibles que sur le modèle de la fiction et du jeu conscients d'eux-mêmes. Nousavons perdu la faculté d'oublier (au moins durablement) que la fiction n'est qu'une fiction et que le jeu n'est qu'un jeu -- en un mot, de croire. Tout cela, pour nous, est de l'ordre du "faire comme si". Nous l'entendons ainsi, du reste, même quand la traduction n'y est pour rien: quand nous lisons, par exemple, "estimez-vous (ou considérez-vous comme, c'est le fameux verbe logizomai, celui de l'imputation juridique ou comptable, p. ex. dans la foi "imputée à justice", c.-à-d. "comptée comme justice")  morts pour le péché et vivants pour Dieu, en Jésus-Christ" (Romains vi, 11), nous entendons encore "faites comme si vous étiez morts... et vivants..." Tant pis pour nous.


Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: " Je vous le dis, frères, le temps se fait court " - 1 Cor 7, 29   

Revenir en haut Aller en bas
 
" Je vous le dis, frères, le temps se fait court " - 1 Cor 7, 29
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» « Le Temps se fait court et l'Heure vient ! », Vierge Marie à Dory Tan, 4 juin 2016 !
» CNED : Vous êtes dans les temps, vous ?
» Au bout de combien de temps êtes-vous rentré dans votre académie d'origine ?
» salut à vous mes multiples frères et soeurs de sclérose
» Vous vivez un deuil

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Etre chrétien ou pas? :: RELIGION :: BIBLE: NOUVEAU TESTAMENT :: EPÎTRES-
Sauter vers: