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 L'arbre de la connaissance du bien et du mal

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le chapelier toqué

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MessageSujet: L'arbre de la connaissance du bien et du mal   Dim 27 Oct 2013, 18:12

De nombreuses traductions rendent ainsi le verset 6 du chapitre 3 du livre de la Genèse :

Citation :
La femme vit que l’arbre était porteur de fruits bons à manger, agréable à regarder et précieux pour ouvrir l’intelligence. Elle prit de son fruit et en mangea. Elle en donna aussi à son mari qui était avec elle et il en mangea.
(Secong 21)

Citation :
La femme vit que l’arbre était bon à manger, séduisant à regarder, précieux pour agir avec clairvoyance. Elle en prit un fruit dont elle mangea, elle en donna aussi à son mari, qui était avec elle, et il en mangea.
(TOB)

Citation :
La femme vit que les fruits de l’arbre étaient agréables à regarder, qu’ils devaient être bons et qu’ils donnaient envie d’en manger pour acquérir un savoir plus étendu. Elle en prit un et en mangea. Puis elle en donna à son mari, qui était avec elle, et il en mangea, lui aussi.
(BFC)

Citation :
La femme vit que l’arbre était bon à manger et séduisant à voir, et qu’il était, cet arbre, désirable pour acquérir le discernement. Elle prit de son fruit et mangea. Elle en donna aussi à son mari, qui était avec elle, et il mangea.
(Bible de Jérusalem)

Citation :
Alors la femme vit que l’arbre était bon pour la nourriture et que c’était quelque chose d’enviable pour les yeux, oui l’arbre était désirable à regarder. Elle prit donc de son fruit et en mangea. Puis elle en donna aussi à son mari, quand il fut avec elle, et il en mangea.
(TDM)

Dans cette dernière traduction il n’y a pas de référence au pouvoir que l’arbre pouvait donner. Est-ce un oubli y a-t-il plusieurs manuscrits ?
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le chapelier toqué

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MessageSujet: Re: L'arbre de la connaissance du bien et du mal   Lun 28 Oct 2013, 17:11

Ce n'est sûrement pas un oubli, puisqu'il y a une note dans la NWT (édition précédente): “To look upon,” LXXSyVg. Lit., “to impart wisdom (intelligence; prudence). En français: “ à regarder ”, LXXSyVg. Lit. : “ pour donner de la sagesse (de l’intelligence, de la prudence). La nouvelle révision a changé desirable to look upon en pleasant to look at, ce qui rend la formule encore plus banale en anglais mais ne changera probablement pas grand-chose en français.
Ce n'est pas non plus un problème de "manuscrits", contrairement à ce qu'on pourrait imaginer au vu de cette note. Le texte hébreu dit "massorétique" est un texte standardisé (au moyen-âge, d'après une standardisation "pré-massorétique" déjà bien entamée au IIe siècle), il y a donc très peu de variantes d'un manuscrit (massorétique) à l'autre (à la différence des manuscrits grecs du NT, beaucoup plus anciens, qui n'ont pas été standardisés avant l'époque byzantine).
En fait cette note est ambiguë. D'une part les éditeurs semblent reconnaître que leur traduction ne rend pas "littéralement" le texte hébreu, qui signifierait ("littéralement", donc): "pour donner de la sagesse" (etc.) On pourrait par conséquent supposer que la référence aux versions anciennes (Septante grecque, Peshitta syriaque et Vulgate latine) opposée à ce sens ("littéral") du texte hébreu massorétique implique une conjecture textuelle, comme si ces versions (ou du moins la première) avaient elles-mêmes traduit un autre texte hébreu, aujourd'hui perdu, qu'on ne pourrait "rétablir" que de façon hypothétique, d'après les versions précisément. Dans une autre bible c'est ce que ça voudrait dire, mais ce n'est pas tellement le genre de la maison. Ce que ça signifie plus probablement, c'est que le traducteur (de la NWT) a choisi d'interpréter le (même) texte hébreu, qu'il ne remet pas en question, comme l'auraient interprété les versions anciennes. Auquel cas il est assez stupide d'indiquer l'autre option comme un sens "littéral"; c'est simplement une autre traduction/interprétation possible du même texte, avec un tout autre sens, que le traducteur signale mais qu'il n'a pas choisi de retenir.
Maintenant, qu'est-ce que ça vaut ? Il n'est déjà pas évident que le texte de la Septante signifie ce que la NWT lui fait dire: ôraion estin tou katanoèsai, "il est plaisant à/pour considérer". Le verbe (katanoèsai / considérer) n'est pas aussi banal que "regarder", il a une connotation cognitive, réflexive, contemplative, intellectuelle ou sapientiale (cf. 42, 9, "observer, repérer, étudier", s'agissant d'espions; Exode 2,11, Moïse "observe" les malheurs d'Israël en Egypte avant d'agir; 19,21, le peuple "contemplerait" la manifestation divine sur la montagne; 33, 8, le peuple "contemple" Moïse entrant dans la tente de réunion; Nombres 32,8s, les espions "examinent" le pays, etc.).
En tout état de cause, la seule question qui vaille, dans la mesure où la NWT ne postule pas de variante textuelle (du texte hébreu), c'est de savoir si le texte hébreu peut signifier quelque chose d'aussi anodin que "désirable à regarder" (qui du coup ferait double emploi avec la formule précédente, "enviable pour les yeux", sans rien y ajouter). Et c'est à mon avis très peu probable. Non seulement parce que le verbe en question (haskil, de skl) n'est jamais employé dans un sens de simple perception, mais parce qu'il appartient (comme la "connaissance" de l'arbre éponyme, comme le serpent "avisé") au vocabulaire de la sagesse avec lequel l'auteur joue délibérément.
A mon sens, l'embarras que ce texte a donné aux traducteurs (de la Septante peut-être, de la Peshitta et de la Vulgate certainement, de la NWT manifestement) n'est pas tellement lié à la question du "pouvoir" de l'arbre: il suffit de lire le verset suivant, même dans la TMN, pour voir (!) que l'arbre a bel et bien un "pouvoir", qu'il fait "voir" et "comprendre". C'est plutôt un problème de cohérence narrative: comment la femme peut-elle pressentir que l'arbre va "donner du discernement" rien qu'en le regardant, avant même de manger le fruit ? Mais on pourrait aussi bien poser la même question pour la première formule: comment sait-elle, rien qu'en le regardant, avant même de manger le fruit, qu'il est "bon pour la nourriture" ?
Selon moi c'est un faux problème issu d'une mauvaise lecture: que l'arbre donne la "connaissance" ou le "discernement", personne n'en doute, ni Yahvé ni le serpent, ni l'homme ni la femme. La question est de savoir si cette connaissance va être mortelle ou agréable. Aux yeux de la femme, elle (la connaissance elle-même, pas seulement l'arbre ou le fruit) paraît alors désirable. Spermologos
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le chapelier toqué

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MessageSujet: Re: L'arbre de la connaissance du bien et du mal   Lun 28 Oct 2013, 17:12

Spermologos
Citation :
Pour revenir au sujet: ce que, le nez sur le détail, j'ai oublié de dire hier, et qui me paraît le plus important avec un peu de recul, c'est que le récit de l'Eden, dans son genre faussement naïf et profondément humoristique, est très bien ficelé. L'entrée en "connaissance" résulte d'une approche graduelle, d'une progression en quelque sorte initiatique, depuis le v. 1. Le serpent est le premier contact avec la sphère de la connaissance, et plus on s'approche de l'arbre et du fruit, plus ses effets (d'abord exclusivement attrayants, même enthousiasmants) se font sentir. Donc l'idée que suggère le v. 6, "rien qu'à le regarder on se sent moins bête et ça fait du bien", me paraît tout à fait "voulue".
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MessageSujet: Re: L'arbre de la connaissance du bien et du mal   Mar 14 Jan 2014, 16:01

Au début, l’homme et la femme vivent comme les animaux, dans un état sauvage; ils sont nus, mais ne s’en rendent pas compte. Leur vie n’est structurée que par l’interdit divin de manger de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Cette interdiction est suivie de la sanction « Tu mourras ». On retrouve là le même enjeu que dans l’épopée de Gilgamesh : la question du pourquoi de la mortalité humaine.

L’interdiction de manger de l’arbre de la connaissance pose question : est-elle une mise à l’épreuve ? Une confrontation de l’homme à ses propres limites ? Dieu pousse-t-il l’homme à la transgression ?

L’agent provocateur de la transgression est le serpent, animal qui tient un rôle important dans les mythologies en général. Il convainc la femme de manger le fruit de l’arbre de la connaissance en lui promettant qu’en le mangeant, la femme et l’homme seront “comme des dieux” (Gn 3,5).

La stratégie du serpent réussit et la femme mange le fruit, puis le fait manger à l’homme. Qui est le serpent ? Certainement pas le diable comme le veut l’interprétation chrétienne traditionnelle. On peut l’interpréter de plusieurs façons : il peut être une représentation du chaos ; un symbole phallique renvoyant à la fertilité ; un symbole de la sagesse et de l’immortalité, puisqu’il semble inverser le processus de vieillissement à chaque mue.

Dans le texte, en tous les cas, le serpent n’a pas d’autonomie totale car il fait partie des créatures de Dieu, mais joue le rôle d’agent provocateur. Il est intéressant que dans l’épopée de Gilgamesh la plante de jouvence est perdue à cause de l’intervention d’un serpent.

La connaissance nouvelle acquise en mangeant le fruit, fait prendre conscience à l’homme et à la femme qu’ils sont nus. Ils découvrent par là même qu’ils ont une sexualité différente de celle des animaux, et c’est cette prise de conscience qui les éloigne de l’animal et les rapproche des dieux. On retrouve là exactement le même motif que dans l’épopée de Gilgamesh, où Enkidu réalise qu’il est différent des animaux avec lesquels il vit en couchant avec la prostituée et en découvrant qu’il y a une sexualité propre à l’être humain.

On voit bien le parallèle entre l’épopée et le mythe de Genèse 2-3 : dans les deux cas, la distinction entre l’homme et l’animal passe d’abord par la prise de conscience, chez l’être humain, d’une sexualité qui lui est propre, une sexualité non animale, qui n’est pas liée aux cycles de reproduction de la nature. Dans les deux mythes, l’homme est différent dès le départ de l’animal, mais il ne le sait pas ; lorsqu’il le découvre, à travers sa sexualité, il passe alors de l’état sauvage à la civilisation et se rapproche des dieux.



http://icp.ge.ch/dip/fc/IMG/pdf/PO_373_Mythologie_Mediterranee.pdf
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