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 La conscience et le témoin de Jéhovah

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Narkissos



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MessageSujet: Re: La conscience et le témoin de Jéhovah   Mar 12 Jan 2016, 19:17

Petite parenthèse théologique: la doctrine du péché "universel" (puis "originel") qui émerge à partir de l'épître aux Romains (3,9ss) rendrait naturellement incompréhensibles le texte de Job et toutes les déclarations ou protestations de "justice" (c.-à-d. d'innocence) de l'AT (p. ex. dans les psaumes). Même pour Paul elle n'est pas encore un présupposé (sans quoi il ne pourrait pas écrire ce qu'il écrit en 2,14ss): l'affirmation "tous pécheurs (= coupables)" est un (autre) "moment" de son argumentation, qui procède par enchaînement de généralisations contradictoires ("païens" coupables / "juifs" coupables / "tous" coupables / "tous" justes par la foi): c'est dire que du point de vue exégétique au moins on commet une lourde erreur quand on isole un "moment" de ce "mouvement" -- dialectique si l'on veut -- pour l'ériger en "article de doctrine", c.-à-d. en "vérité" absolue, autonome et permanente.

Bien entendu, la doctrine du "péché universel" ("imperfection" en version jéhoviste) rend suspect tout recours à la "conscience" -- surtout si le "péché" (ou l'"imperfection") en question affecte les facultés cognitives (c'est expressément le cas en Romains, notamment dans la description du "péché d'[in]intelligence" des païens au chapitre 1, qui fait écho à toutes les mises en gardes de l'AT sur la "traîtrise du cœur"): comment se fier à une "conscience" quelconque quand on affirme par ailleurs qu'elle est "pécheresse" ou "imparfaite", en tout cas susceptible d'égarement ? L'idée de conscience éduquée (par un enseignement externe) est alors un piètre substitut de celle, plus "orthodoxe", d'illumination par le Saint-Esprit.
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MessageSujet: Re: La conscience et le témoin de Jéhovah   Mer 13 Jan 2016, 15:36

Citation :
Petite parenthèse théologique: la doctrine du péché "universel", puis "originel" qui émerge à partir de l'épître aux Romains (3,9ss) rendrait naturellement incompréhensibles le texte de Job et toutes les déclarations ou protestations de "justice" (c.-à-d. d'innocence) de l'AT (p. ex. dans les psaumes). Même pour Paul elle n'est pas encore un présupposé (sans quoi il ne pourrait pas écrire ce qu'il écrit en 2,14ss), mais un (autre) "moment" de son argumentation.

Petite digression.




"Je le sais, rien de bon n'habite en moi, c'est-à-dire dans ma chair. Car il est à ma portée de vouloir, mais non pas de produire le bien. Je ne fais pas le bien que je veux, mais je pratique le mal que je ne veux pas. Si je fais ce que, moi, je ne veux pas, ce n'est plus moi qui le produis, c'est le péché qui habite en moi. Je trouve donc cette loi, pour moi qui veux faire le bien : ce qui est à ma portée, c'est le mal. Car, pour ce qui est de l'homme que je suis intérieurement, je prends plaisir à la loi de Dieu, mais je vois dans mon corps tout entier une autre loi qui lutte contre la loi de mon intelligence et qui me rend captif — captif de la loi du péché qui est dans tout mon corps. Misérable que je suis ! Qui me délivrera de ce corps de mort ? Grâce soit rendue à Dieu par Jésus-Christ, notre Seigneur ! Ainsi donc, moi, par mon intelligence, je suis esclave de la loi de Dieu, tandis que, par ma chair, je suis esclave de la loi du péché." Rm 7,18 ss


Paul semble opposer le corps  captif de la loi du péché et l'homme qu'il est intérieurement, le côté intact et non contaminé de sa personne et qui  se renouvelle de jour en jour (2 Cor 4,16), regarde ce qui ne se voit pas (v 18).
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Narkissos



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MessageSujet: Re: La conscience et le témoin de Jéhovah   Mer 13 Jan 2016, 16:20

Très juste, et on voit bien en l'occurrence comment fonctionne la "méthode" paulinienne (cf. mon ajout au post précédent): les affirmations générales (et contradictoires) posées au début sont nuancées par la suite.

C'est aussi, si l'on veut, la part "gnostique" de la doctrine: il y a en l'homme un "fond" divin qui s'exprime prioritairement dans le "savoir" et le "vouloir" et qui, si obscurci qu'il soit par la "chair" et le "péché", ne peut être totalement anéanti (contrairement aux reprises augustinienne, luthérienne et surtout calviniste et janséniste de l'épître aux Romains). En quoi "l'Esprit( ou le Christ)-en-nous" n'est jamais chose totalement "extérieure" ni "création ex nihilo", mais reconnaissance ou dégagement de ce "fond" qui n'a jamais disparu -- ce qui explique aussi, rétrospectivement, que les païens jugés (y compris favorablement) selon leur conscience le soient aussi "selon [son] évangile" et "par Jésus-Christ" (2,16).

L'argument "original" de l'épître aux Romains, c'est que le "bon rapport" entre l'homme (ou le dieu) "intérieur" et la "justice" ne saurait être un rapport de "loi" (qui ne concerne que la "chair", autrement dit "l'extérieur"), mais de "foi" -- mais cela même n'est pas "nouveau", c'est une vérité éternelle, cf. Abraham avant la "Loi".
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MessageSujet: Re: La conscience et le témoin de Jéhovah   Mer 13 Jan 2016, 16:36

"L'être spirituel, lui, juge de tout, tandis que lui-même n'est jugé par personne." 1 Cor 2, 15

L'être spirituel peut agir "en conscience" ou selon sa conscience car lui-même n'est jugé par personne.
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Narkissos



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MessageSujet: Re: La conscience et le témoin de Jéhovah   Jeu 14 Jan 2016, 01:25

Ce "spirituel" (ou "pneumatique") qui juge (discerne, apprécie, évalue) sans être lui-même jugé (etc.) n'est peut-être pas exactement une "conscience" au sens moral et individuel du terme, même s'il en constitue une "partie" intégrante et fondamentale -- ce que précisément j'appelais le "fond divin" en chacun, fond aussi de la "conscience" ordinaire (appelé à être révélé ou reconnu même parmi les "pensées secrètes" des "païens", par l'Evangile et Jésus-Christ selon Romains 2,16). Ici (en 1 Corinthiens 2,16, coïncidence de la numérotation) il s'identifie à l'esprit-pensée (nous, mens, mind: l'"intellect" et non pneuma-spiritus, le "souffle") du Seigneur-Christ lui-même: mais cela "nous" pouvons (dans une certaine mesure) l'avoir, "nous" ne le sommes pas (ou bien nous ne le sommes que très partiellement et paradoxalement: au "fond" de "soi", ce "sans-fond" qui n'est justement pas "soi").

"Juger sans être jugé", variante de "voir sans être vu", c'est peut-être autant la non-réflexivité (paradoxe optique, paradoxe de l'œil sans miroir qui voit tout sauf lui-même) que la non-réciprocité: ce "fond divin" de tout "jugement" serait non seulement inaccessible à un autre jugement (ou au jugement d'un autre), mais encore à son "propre" jugement (contrairement à une "conscience"-miroir). D'où l'impossibilité, au fond, du précepte "connais-toi toi-même": "au fond de soi" ce qui n'est ni (un) "fond" ni (un) "soi" et ne saurait en aucun cas "se connaître".

Ce type de pensée (ici de forme gnostique) est peut-être le seul qui soit de nature à briser le cercle vicieux-vertueux de la "mauvaise conscience" (au fond de "soi" la béance de tout-autre-que-"soi" et tout-autre-qu'un-"autre"). Je me souviens -- ça nous ramènera aux TdJ -- de la brèche qu'avait ouverte dans mon petit enfer personnel un texte comme 1 Jean 3,19s (A cela [l'amour qu'est 'Dieu'] nous saurons que nous sommes de la vérité, et nous apaiserons notre cœur devant lui; car si notre cœur nous condamne, Dieu est plus grand que notre cœur et il connaît tout), lu dans un article de La Tour de Garde en son époque d'"ouverture" relative d'après 1975: de l'"extériorité" ou de l'"objectivité" absolues, et foncièrement bienveillantes ("Dieu"), au fond de l'"intériorité" ou de la "subjectivité" infernales, qui viennent rompre de l'intérieur le cercle vicieux-vertueux de la (mauvaise) "conscience", morale et/ou religieuse.

Inutile de dire que cette pensée-là se situe aux antipodes d'une "éducation" de la "conscience" par un enseignement externe, que ce soit celui d'une "tradition" ou d'un "magistère" (comme celui d'un "Collège central") ou même de "la Bible". C'est "Dieu" -- le "fond divin" de la conscience -- qui parle au "cœur" de chacun (autrement dit à la "conscience"; cf. le rôle de "l'onction" -- khrisma apparenté à khristos -- opposée à tout enseignement externe en 1 Jean 2,19s.27; aussi Jean 6,44s etc.) et le sort de ses ornières.
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MessageSujet: Re: La conscience et le témoin de Jéhovah   Jeu 14 Jan 2016, 12:44

Citation :
Inutile de dire que cette pensée-là se situe aux antipodes d'une "éducation" de la "conscience" par un enseignement externe, que ce soit celui d'une "tradition" ou d'un "magistère" (comme celui d'un "Collège central") ou même de "la Bible". C'est "Dieu" -- le "fond divin" de la conscience -- qui parle au "cœur" (autrement dit à la "conscience"; cf. le rôle de "l'onction" -- khrisma apparenté à khristos -- en 1 Jean 2,19s.27; Jean 6,45 etc.) et le sort de ses ornières.

Merci Narkissos pour cette explication, nouvelle pour moi, notamment :

ce "fond divin" de tout "jugement" serait non seulement inaccessible à un autre jugement (ou au jugement d'un autre), mais encore à son "propre" jugement (contrairement à une "conscience"-miroir).

Comme tu le précisais, "ce fond divin" est un obstacle à la "mauvaise conscience" ou au sentiment de culpabilité. La notion de conscience éduquée, rime souvent avec culpabilité ... la culpabilité de ne pas en faire assez (quantité), ou assez bien (qualité), d'une mauvaise pensée ...

L'éducation" de la "conscience" par un enseignement externe, que ce soit celui d'une "tradition" ou d'un "magistère" (comme celui d'un "Collège central"), oblige l'individu à calquer sur un modèle externe et souvent étranger à ce qu'il est ou croit être ou à ce qu'il pense qu'il devait être.
Pendant mes 30 années de TdJ, j'ai le souvenir de nombreux TdJ dévorés par la "mauvaise conscience", persuadés de ne pas être à la hauteur des critères élitistes de la WT.
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Narkissos



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MessageSujet: Re: La conscience et le témoin de Jéhovah   Jeu 14 Jan 2016, 15:15

Considérée de façon "extérieure", la conscience c'est le flic intérieur assigné par un dieu-tyran à la surveillance permanente des actes et des pensées de chacun (cf. l'œil de Caïn chez Victor Hugo), qui comme tout "petit chef" peut à l'occasion se montrer bien pire que le grand -- sans compter la facilité qu'un tel dispositif offre à la manipulation de tous les "intermédiaires", "directeurs de conscience" en tout genre. Il n'est pas sûr d'ailleurs qu'aucune définition de la "conscience" échappe à ce travers: qu'on le veuille ou non il y a déjà de ça dans l'idée de la loi-écrite-dans-les-cœurs (Jérémie 31).
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MessageSujet: Re: La conscience et le témoin de Jéhovah   Jeu 14 Jan 2016, 16:20

La WT et autres organisations religieuses invitent leurs fidèles à un "examen de conscience", avec en arrière fond des notions comme le péché et la culpabilité et sous la forme d'un procès d'intention :

Citation :
Quand on rénove une vieille maison, ce n’est pas suffisant de repeindre les façades si les poutres intérieures sont pourries. Si on néglige les défauts de la structure, on va au-devant d’un grave problème. De la même façon, une apparence de droiture ne suffit pas. Il nous faut analyser le fond de notre personnalité et déterminer les problèmes qui ont besoin d’être résolus. Sinon, des traits propres à la vieille personnalité risquent de refaire surface. Il est donc impératif de s’examiner honnêtement (2 Cor. 13:5). Nous devons identifier les traits indésirables et les corriger. Pour cela, Jéhovah nous fournit de l’aide.

http://wol.jw.org/fr/wol/d/r30/lp-f/2008846#h=8:0-8:806

Le texe de prédilection pour inviter à l'examen de conscience est 2 Cor 13,5 :

"Mettez-vous vous-mêmes à l'épreuve, pour voir si vous êtes dans la foi ; examinez-vous vous-mêmes. Ne reconnaissez-vous pas que Jésus-Christ est en vous ? A moins, peut-être, que l'examen ne soit un échec en ce qui vous concerne"

Ce qui m'intrigue dans ce texte, c'est que Paul relie cette injontion "examinez-vous vous-mêmes", à la question, "Ne reconnaissez-vous pas que Jésus-Christ est en vous ?", ce qui sous-entendrait que nous sommes devant bien plus qu'un examen de conscience.
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Narkissos



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MessageSujet: Re: La conscience et le témoin de Jéhovah   Jeu 14 Jan 2016, 17:04

free a écrit:
Ce qui m'intrigue dans ce texte, c'est que Paul relie cette injontion "examinez-vous vous-mêmes", à la question, "Ne reconnaissez-vous pas que Jésus-Christ est en vous ?", ce qui sous-entendrait que nous sommes devant bien plus qu'un examen de conscience.

En effet: "Dieu / le Christ / l'Esprit" en "soi / nous" ne s'épuise pas dans le "jugement" (examen, etc.) de "soi / nous"(-même[s]); celui-ci n'en est qu'un aspect ou un moment, "critique" par définition, mais ni premier ni dernier: en-deçà et au-delà de tout "jugement", le "fond divin" demeure, de chacun, l'origine et la fin.

D'où le côté particulièrement pervers (même s'il n'est pas totalement "calculé") de la doctrine jéhoviste, qui sépare ses adeptes de ce "fond divin" (tous les textes du NT qui s'y réfèrent étant réservés à une "classe" particulière, de sorte qu'au lieu de pointer vers quelque chose à chercher ou à reconnaître "en soi", "au fond de soi", on en fait un objet de curiosité extérieure -- que se passe-t-il donc chez ces êtres étranges [être(s) anges(s) ?] qu'on appelle "les oints" et qui n'existe pas chez moi ou chez les gens "normaux" ?). La "conscience", dès lors entièrement livrée à une programmation externe, en est effectivement réduite à son rôle (d'ailleurs terriblement efficace) de flic intérieur (l'œil de Jéhovah-Watchtower dans chaque TdJ, qui le surveille même quand personne ne le surveille).

Autre passage de la Première de Jean (4,12ss) particulièrement significatif sous ce rapport:
Personne n'a jamais vu Dieu. Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et son amour est accompli en nous. A ceci nous savons que nous demeurons en lui, comme lui en nous: c'est qu'il nous a donné de son Esprit.
Et nous, nous avons vu et nous témoignons que le Père a envoyé le Fils comme sauveur du monde.
Celui qui reconnaît que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui, comme lui en Dieu. Et nous, nous connaissons l'amour que Dieu a pour nous, et nous l'avons cru.
Dieu est amour; celui qui demeure dans l'amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui. C'est en cela que l'amour est accompli parmi nous, pour que nous ayons de l'assurance au jour du jugement: tel il est, lui, tels nous sommes aussi dans ce monde. Il n'y a pas de crainte dans l'amour, mais l'amour accompli bannit la crainte, car la crainte suppose un châtiment, et celui qui craint n'est pas accompli dans l'amour.

A peu près tous les paradoxes de l'épître se résolvent à partir de cette unique perspective, à laquelle ils conduisent et même contraignent (parce qu'ils ne deviennent compréhensibles que de ce "point de vue"): p. ex. "nous" péchons, le nier serait mentir et faire mentir "Dieu" (1,7ss), mais "ce(lui) qui demeure en Dieu" ou "est né de Dieu" ne pèche pas et ne peut même pas pécher (3,6ss; 5,18) -- mais celui-là (ou cela) est en "nous" (ou "nous" en lui) sans être "nous": il "nous" sauve et il ne "nous" sauve pas, il "nous" sauve de "nous-mêmes".

Chez Paul, avec une pensée et un vocabulaire très différents, ça n'en fonctionne pas moins de la même manière: la logique profonde d'une formule apparemment banale comme "si Dieu est avec nous, qui sera contre nous ?" (Romains 8, à relire entièrement) est tout à fait similaire.

---
Pour le dire un peu différemment: la conscience ordinaire, la conscience "flic ou juge intérieur", fonctionne comme une anticipation intime et cependant théâtrale d'un "jugement dernier" et "extérieur" ou "objectif" -- le fameux "for intérieur" (magnifique oxymore étymologique puisque le mot rappelle l'extériorité du tribunal public, à l'opposé d'un "huis clos") étant lieu non seulement de débat contradictoire (forum) mais de verdict (forensique). L'identification de cette "instance" intérieure et constante à l'instance ultime en un sens la dramatise (être jugé en dernier ressort selon sa conscience, c'est a priori le pire scénario imaginable pour une "mauvaise conscience"), mais dans un second sens la subvertit en brisant sa clôture, son enfermement sur "soi": la présence à l'instance intime (l'in-stance) de l'instance ultime ("Dieu"), qui perdure au-delà du "jugement", annule toute di-stance à son égard, et donc toute "crainte" d'un jugement futur: quand le juge a déjà jugé, ne reste que la grâce -- cf. le commentaire talmudique excellemment médité par Emmanuel Levinas dans L'au-delà du verset: dans le jugement, Dieu ne "lève la face" de personne = ne fait pas "acception de personnes", n'est pas "partial"; après le jugement il "lève la face", celle du coupable à qui il fait grâce, et la sienne même, en se révélant tout autre que "juge".

Citation :
Pendant mes 30 années de TdJ, j'ai le souvenir de nombreux TdJ dévorés par la "mauvaise conscience", persuadés de ne pas être à la hauteur des critères élitistes de la WT.

Cette remarque m'amène à répéter ceci: nous ne sommes certainement pas égaux devant la "conscience", indépendamment d'ailleurs de ses "critères" ("élitistes" ou non). Il y a des gens, la grande majorité sans doute, pour qui ça ne sera jamais un "problème sérieux" (même chez les TdJ), et d'autres qui s'en feront un enfer, même dans l'environnement le plus "laxiste".

On pourrait l'analyser sans peine sous l'angle psychologique d'une "pathologie de la socialisation": un individu bien adapté à son milieu (celui-ci fût-il "sectaire" par le hasard de sa naissance ou de son histoire personnelle), qui dérive son "estime de soi" d'une bonne intégration sociale, a relativement peu de place pour une "vie intérieure", et assez peu de raison de se juger autrement que les autres le jugent. Il se règle sans trop de difficulté sur les valeurs et les normes de son milieu; même une "faute" avérée n'est pas pour lui un drame intime: il est assez "adaptable" pour la "reconnaître" et "changer" sans en faire tout un plat. La "mauvaise conscience" ne deviendra jamais chez lui l'enfer qu'elle pourra être pour un individu moins bien "socialisé" et introverti, qui tend à l'enfermement en soi, et chez qui la scène imaginaire du "for intérieur" peut prendre des proportions fantasmatiques. Celui-ci a absolument besoin d'une issue intérieure, en profondeur, auquel celui-là ne trouvera aucun intérêt.

Le malheur, c'est que les manipulateurs de conscience, surtout au sommet ou parmi les "cadres" d'une "organisation", sont rarement des introvertis -- leur position même dépend d'une adaptation réussie à leur milieu -- et qu'il peuvent user de la conscience des autres comme d'un outil de contrôle commode (de type politique ou administratif) sans imaginer un instant ce que cela représente pour des psychologies différentes de la leur. On repense à la pique évangélique contre les "pharisiens" (Matthieu 23,4): "Ils lient des charges lourdes, difficiles à porter, pour les mettre sur les épaules des gens, mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt." Et parce qu'ils sont insensibles au "problème intérieur" ils le sont aussi à ses "solutions intérieures" (v. 13): "Vous fermez aux hommes le royaume des cieux; vous n'y entrez pas vous-mêmes, et vous n'y laissez pas entrer ceux qui le voudraient." Un logion similaire de Thomas (102) met encore mieux en évidence le fond du problème (ils se mettent en travers de la "solution" parce qu'ils n'en éprouvent pas le même besoin): "ils ressemblent à un chien couché sur la mangeoire des bœufs: il ne mange ni ne laisse les bœufs manger."
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MessageSujet: Re: La conscience et le témoin de Jéhovah   Lun 18 Jan 2016, 15:56

Citation :
Dieu est amour; celui qui demeure dans l'amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui. C'est en cela que l'amour est accompli parmi nous, pour que nous ayons de l'assurance au jour du jugement: tel il est, lui, tels nous sommes aussi dans ce monde. Il n'y a pas de crainte dans l'amour, mais l'amour accompli bannit la crainte, car la crainte suppose un châtiment, et celui qui craint n'est pas accompli dans l'amour.
A peu près tous les paradoxes de l'épître se résolvent à partir de cette unique perspective, à laquelle ils conduisent et même contraignent (parce qu'ils ne deviennent compréhensibles que de ce "point de vue"): p. ex. "nous" péchons, le nier serait mentir et faire mentir "Dieu" (1,7ss), mais "ce(lui) qui demeure en Dieu" ou "est né de Dieu" ne pèche pas et ne peut même pas pécher (3,6ss; 5,18) -- mais celui-là (ou cela) est en "nous" (ou "nous" en lui) sans être "nous": il "nous" sauve et il ne "nous" sauve pas, il "nous" sauve de "nous-mêmes".


Je n'avais jamais lu ce texte de cette manière, c'est une vraie révélation. Je trouve très belle l'idée que l'amour de Dieu en nous, nous donne "de l'assurance au jour du jugement" et nous sauve de "nous-mêmes", de notre propre jugement :

"Il n'y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ"(Rm 8,1)

"Et maintenant, mes enfants, demeurez en lui, pour que, quel que soit le moment de sa manifestation, nous ayons de l'assurance, et qu'aucune honte ne nous fasse nous éloigner de lui à son avènement" 1Jn 2, 28
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MessageSujet: Re: La conscience et le témoin de Jéhovah   Lun 18 Jan 2016, 16:49

D'autres textes semblent tomber dans le paradoxe :

"Du reste, ce qu'on demande d'un intendant, c'est qu'il soit digne de confiance. Quant à moi, il m'importe fort peu d'être jugé par vous ou par une juridiction humaine. Je ne me juge pas non plus moi-même ;    car je n'ai rien sur la conscience, mais je n'en suis pas justifié pour autant : celui qui me juge, c'est le Seigneur. Ne portez donc aucun jugement avant le temps fixé, avant la venue du Seigneur qui mettra en lumière les secrets des ténèbres et qui rendra manifestes les décisions des cœurs. Alors chacun recevra de Dieu sa louange."(1 Cor 4,4 -
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MessageSujet: Re: La conscience et le témoin de Jéhovah   Lun 18 Jan 2016, 18:06

Même dans le cadre restreint des épîtres présumées authentiques, la pensée paulinienne évolue manifestement (s'élabore, s'approfondit, se précise, se systématise jusqu'à un certain point): un des grands intérêts de la correspondance corinthienne, notamment, c'est de la montrer dans un état antérieur à la "synthèse" de l'épître aux Romains -- un état où elle "se cherche" pour ainsi dire et n'est pas encore stabilisée, où des notions comme celle de "justification" n'ont pas atteint la définition fixe et la fonction centrale qu'elles auront plus tard. D'où des expressions qui paraissent, surtout a posteriori, contradictoires, sur toute sorte de thèmes, p. ex. se juger soi-même ou non (1 Corinthiens 4,3ss vs. 11,28.31s; 2 Corinthiens 13,5ss).

Il n'empêche que dès le départ la vision paulinienne du jugement dernier se montre foncièrement "optimiste" -- les jugements présents et futurs (de la conscience, de la discipline ecclésiastique, de la parousie même), si sévères et douloureux soient-ils, ne compromettent jamais le "happy ending" (cf. 1 Corinthiens 3,13-15; 4,3-5; 5,3-5; 11,28-32 etc.); c'est ce trait ("psychologique" si l'on veut) qui aboutira dans la synthèse à l'horizon "universel" du salut (Romains 8 et 11): pour Paul il est impensable que l'histoire "finisse mal" à quelque "point de vue" que ce soit.

Cela se retrouve en grande partie dans le johannisme, du moins là où il en vient à envisager -- contre son mouvement premier -- une perspective "finale" (p. ex. Jean 17, pour que le monde sache/croie; cf. aussi le développement du thème du "salut du monde" de l'évangile aux épîtres). En revanche, ce n'est pas du tout le cas dans les évangiles synoptiques et surtout chez Matthieu, où le "jugement dernier" est à deux issues effectives (la géhenne, les ténèbres du dehors, les pleurs et les grincements de dents, le tourment éternel, tout cela apparaît bien pour certains, voire pour la majorité, un sort définitif): cette perspective-là reste jusqu'au bout inquiétante, jamais "rassurante" pour personne.
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MessageSujet: Re: La conscience et le témoin de Jéhovah   Lun 18 Jan 2016, 18:53

Citation :
Dieu exige-t-il la confession des péchés ?
 
La confession des péchés est restée une exigence de Dieu dans la congrégation chrétienne du Ier siècle de notre ère. Jacques, le demi-frère de Jésus et l’un des hommes à la tête de la congrégation de Jérusalem, a exhorté ainsi ses compagnons : “ Confessez donc ouvertement vos péchés les uns aux autres et priez les uns pour les autres, afin que vous soyez guéris. ” (Jacques 5:16). Mais que doivent confesser les chrétiens, et à qui ?

http://wol.jw.org/fr/wol/d/r30/lp-f/2010648

La confession des péchés s'opposent à  "ce "fond divin" qui est inaccessible à un autre jugement (ou au jugement d'un autre), mais encore à son "propre" jugement (contrairement à une "conscience"-miroir).
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MessageSujet: Re: La conscience et le témoin de Jéhovah   Lun 18 Jan 2016, 19:20

Pas forcément.

Si l'on considère le confesseur comme intermédiaire obligé d'un pardon ou d'une absolution externe, peut-être. Mais confesser ses péchés (surtout les uns aux autres, c.-à-d. pas toujours dans le même sens !), ça peut être également compris comme une façon de revenir de l'enfermement en "soi" vers le "fond divin" qui est aussi un fond commun, à "soi" et aux "autres"...

En tout cas la Première de Jean ne semble y avoir vu aucune contradiction (1,9s).

[D'un autre côté, il est vrai que d'un point de vue strictement psychologique le système de confession jéhoviste paraît cumuler tous les inconvénients et zéro avantage pour le "particulier":
- obligatoire de fait en cas de "péché grave", s'en abstenir devient un motif de culpabilité supplémentaire, voire principal, par rapport au (premier) "péché" (1er pistolet sur la tempe);
- son caractère "volontaire" est très sérieusement relativisé par l'obligation de délation imposée simultanément aux coreligionnaires qui auraient connaissance du "péché" (2e pistolet sur l'autre tempe);
- à sens unique et non réciproque pour la plupart (les "anciens" ne se "confessent" jamais qu'entre eux), elle ne favorise pas la transparence de la hiérarchie (ce qu'avait bien noté Dunlap dans son Commentaire de Jacques);
- dans la mesure où la confession "privée" peut déboucher sur un jugement rendu public, sans que le motif puisse dès lors en être divulgué, le coût social pour l'intéressé peut être pire que s'il confessait d'emblée son "péché" à tout le monde;
- la hiérarchie "passage obligé" n'a même pas en retour le pouvoir bénéfique de prononcer, d'autorité (divine), une quelconque "absolution" (façon Jean 20).]
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MessageSujet: Re: La conscience et le témoin de Jéhovah   Mar 19 Jan 2016, 16:51

Citation :
il est vrai que d'un point de vue strictement psychologique le système de confession jéhoviste paraît cumuler tous les inconvénients et zéro avantage pour le "particulier":
- obligatoire de fait en cas de "péché grave", s'en abstenir devient un motif de culpabilité supplémentaire, voire principal, par rapport au (premier) "péché" (1er pistolet sur la tempe);
- son caractère "volontaire" est très sérieusement relativisé par l'obligation de délation imposée simultanément aux coreligionnaires qui auraient connaissance du "péché" (2e pistolet sur l'autre tempe);
- à sens unique et non réciproque pour la plupart (les "anciens" ne se "confessent" jamais qu'entre eux), elle ne favorise pas la transparence de la hiérarchie (ce qu'avait bien noté Dunlap dans son Commentaire de Jacques);
- dans la mesure où la confession "privée" peut déboucher sur un jugement rendu public, sans que le motif puisse dès lors en être divulgué, le coût social pour l'intéressé peut être pire que s'il confessait d'emblée son "péché" à tout le monde;
- la hiérarchie "passage obligé" n'a même pas en retour le pouvoir bénéfique de prononcer, d'autorité (divine), une quelconque "absolution" (façon Jean 20).]


Merci Narkissos pour cette analyse pertinente. Je comprends mieux le soulagement que le petitent doit ressentir quand le prêtre lui pardonne ses péchés.

Quand je lis Jacques 5, je n'y ressens pas un "climat" délétère, judiciaire et culpabilisant, loin d'un système ou le fidèle aurait des comptes à rendre à une hiérarchie, au contraire la confiance ou l'assurance d'être pardonné prédomine :

"Quelqu'un parmi vous est-il dans la souffrance ? Qu'il prie. Quelqu'un est-il dans la joie ? Qu'il chante. Quelqu'un parmi vous est-il malade ? Qu'il appelle les anciens de l'Eglise, et que ceux-ci prient pour lui en faisant sur lui une application d'huile au nom du Seigneur. Le souhait de la foi sauvera le malade, et le Seigneur le relèvera ; s'il a commis des péchés, il lui sera pardonné. Reconnaissez donc vos péchés les uns devant les autres et souhaitez-vous du bien les uns aux autres, pour que vous soyez guéris. La prière du juste, mise en œuvre, a beaucoup de force.Elie était un être humain, de la même nature que nous : il pria avec instance pour qu'il ne pleuve pas, et il ne tomba pas de pluie sur la terre pendant trois ans et six mois. Puis il pria de nouveau ; alors le ciel donna de la pluie et la terre produisit son fruit."
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MessageSujet: Re: La conscience et le témoin de Jéhovah   Mar 19 Jan 2016, 20:44

L'"anti-paulinisme" (tardif) de l'épître de Jacques ne se limite pas à sa contradiction formelle de l'épître aux Romains sur "la foi et les œuvres", au chapitre 2: celui-ci n'en est que l'aspect le plus ostensible (ce qu'on appellerait aujourd'hui un "chiffon rouge", au sens courant de provocation: il a eu en tout cas cet effet sur Luther). En fait il ne s'agit pas tellement pour l'auteur d'opposer une autre "théorie du salut" à celle de Paul, mais plutôt d'opposer une pratique (essentiellement sociale: la question centrale, du début à la fin, c'est celle des "riches" et des "pauvres") à toute "théorie du salut" débouchant sur un "salut en théorie" sans conséquence pratique -- ce dont le (post-)paulinisme dominant présentait une forme caricaturale, d'autant que son organisation reposait sur la structure du clientélisme romain: les ekklèsiai dépendant du bon vouloir des "patrons" (relativement) riches qui les accueillaient "dans leur maison" et leur offraient ainsi une certaine protection juridique, elles n'étaient guère enclines à remettre en question l'ordre social du "monde", surtout pas dans leur propre pratique (d'où l'attention accordée au riche et le mépris du pauvre au début du chapitre 2: c'est à ça que répond la diatribe "théorique" sur "la foi et les œuvres").

Le chapitre 3 constitue aussi une critique exemplaire de la survalorisation de la "doctrine" et des "docteurs" (= enseignants) typique des Eglises (post-)pauliniennes: or celle-ci est à la base même de la "hiérarchie" naissante de la "grande Eglise" qui va prendre la relève du système des "Eglises de maisons" (patronales; cf. les Pastorales où l'"évêque" est avant tout enseignant, gardien de la "saine doctrine" et censeur des hérésies -- et accessoirement des écarts de conduite).

Par rapport à la "conscience" TdJ (et peut-être "chrétienne" en général), on peut encore noter l'argument sur la loi de 2,10s, à condition de le lire attentivement (en résistant à une inversion mentale courante qui est elle-même révélatrice): la morale caricaturée se garde consciencieusement de l'adultère mais consent au meurtre (et non l'inverse !); or c'est l'indifférence au sort des pauvres qui tue (voir ce qui précède et le début du chapitre 5), y compris dans une (micro-)société rigoriste en matière de morale sexuelle.

A contrario, la notion de confession des péchés, comme celle de pardon-rémission des péchés, est remarquablement absente du premier paulinisme* -- la "justification du pécheur" de l'épître aux Romains (et aux Galates) est un tout autre concept (à la limite opposé, si l'on y réfléchit un peu). Il faut attendre les "deutéro-pauliniennes" (Colossiens, 1,14 // Ephésiens, 1,7) pour voir émerger la seconde notion (et toujours pas la première) dans ce corpus-là.

*Seule exception (pas même vraiment une exception puisque c'est une citation), la reprise du psaume 32 (31 LXX) en Romains 4,7s: le mot-concept qui intéresse "Paul" dans ce texte, ce n'est pas le "pardon-rémission" (aphièmi, v. 7a) dont il ne fait strictement rien, mais l(a non-)"imputation" (logizomai) des péchés au pécheur, rapprochée de l'"imputation" (même terme) de la "justice" à Abraham selon Genèse 15,6 LXX (v. 3ss).
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MessageSujet: Re: La conscience et le témoin de Jéhovah   Mer 20 Jan 2016, 14:09

Citation :
A contrario, la notion de confession des péchés, comme celle de pardon-rémission des péchés, est remarquablement absente du premier paulinisme -- la "justification du pécheur" de l'épître aux Romains (et aux Galates) est un tout autre concept (à la limite opposé, si l'on y réfléchit un peu). Il faut attendre les "deutéro-pauliniennes" (Colossiens, 1,14 // Ephésiens, 1,7) pour voir émerger la seconde notion (et toujours pas la première) dans ce corpus-là.

Merci Narkissos pour cette analyse détaillée.

La WT encourage les fidèles à se méfier de leur coeur ou d'une conscience qui pourrait les tromper :


Citation :
Prends garde aux intentions de ton cœur
 
La Bible dit : « Traître est le cœur, plus que toute autre chose, et il est extrêmement mauvais » (Jérémie 17:9). Quand notre cœur a très envie de quelque chose, nous nous trouvons facilement des excuses pour faire ce qu’il veut.
La Bible nous avertit : « C’est du cœur que sortent raisonnements mauvais, meurtres, adultères, fornications, vols, faux témoignages, blasphèmes » (Matthieu 15:19). Notre cœur, c’est-à-dire ce que nous sommes au fond de nous-mêmes, peut nous tromper et nous faire faire quelque chose qui est contre la volonté de Dieu. Et ce n’est qu’après avoir fait une faute que nous comprendrons que notre cœur nous a trompés. Qu’est-ce qui peut nous aider à savoir ce qu’il y a dans notre cœur, quels sont ses désirs, ses intentions ?
 
http://wol.jw.org/fr/wol/d/r30/lp-f/402013127

Jér 1,7-9 est un classique dans la littérature de la WT. La conscience n'est pas un guide sûr, on peut se mentir à soit-même, mais je préfère me tromper moi-même, plutôt que d'être trompé par un tiers. Comme le dit Kant : « Le je prouve que j'agis par moi-même, que je suis un principe et non un résultat ». 
N'est-il pas préférable de tenter d'être capable de se déterminer soi-même mais avec le risque d'être dans une illusion , que d'éduquer sa conscience à partir d'un enseignement religieux ?
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MessageSujet: Re: La conscience et le témoin de Jéhovah   Mer 20 Jan 2016, 15:14

C'est en effet l'"aporie" (l'impasse incontournable, si l'on ose écrire; cf. p. 2 de ce fil, 12.1.16) constitutive de la "conscience", et pour tout le monde (aussi bien pour le "sujet" kantien): à un moment ou à un autre, il faut bien se fier à ce qui n'est pas fiable (errare humanum est : errare homini modus operandi).

Quand on croit pouvoir s'appuyer sur une autorité ou une loi "objective" (religieuse ou autre), cela tourne au cercle vicieux-vertueux: la conscience confirme la loi quand elle s'y accorde, elle se trompe quand elle s'en écarte (pile je gagne, face tu perds). Qu'elle se trompe aussi quand elle s'y accorde, voilà ce qu'on ne peut pas (ne pas) penser...

Mais y a-t-il là un vrai choix, une alternative effective ? En fait "je" suis toujours déjà déterminé et "éduqué" par quelque chose, avant même de me poser la moindre question. Mon "autonomie morale" consiste tout au plus à choisir entre des options possibles qui relèvent aussi (au moins potentiellement) de "logiques", de "lois" et d'"éducations" différentes. Il y a sans doute plus de "choix" à faire pour un Occidental moderne que pour un serf du moyen âge, mais dire "je" revient toujours à assumer un certain bricolage de matériaux hétéroclites et préexistants, et à "y croire", ne serait-ce que comme un acteur "croit" à son personnage et à son texte -- au moins provisoirement.

----
Quant à savoir si cette (relative) autonomie de composition est "préférable" à l(a relative) hétéronomie d'une loi extérieure, religieuse ou autre -- étant bien entendu que cette opposition est elle-même relative, parce qu'il y a de l'hétéronomie dans l'autonomie et vice versa -- on ne relira jamais assez Le grand inquisiteur (p. 257ss de cette traduction): c'est justement la thèse d'Ivan Karamazov, par le truchement du "grand Inquisteur", que la "liberté" est insupportable -- du moins au "peuple", à la "masse", au "grand nombre". Sans doute toute "loi" crée-t-elle ses propres problèmes artificiels qui n'existeraient pas sans elle (dans le cas des TdJ, un réseau d'obligations et d'interdits en tout genre, sociaux, politiques, sexuels, alimentaires, médicaux), mais pour le grand nombre (même s'il s'agit en l'occurrence de la majorité d'une minorité) ce jeu "réglé" distrait d'une solitude existentielle qui peut paraître infiniment plus redoutable. Il ne peut rien cependant pour le cas particulier de l'individu qui va quand même retrouver dans ce jeu sa solitude existentielle intacte, et dramatisée par une complication inutile -- dont il pourra éventuellement se débarrasser, ce qui l'occupera encore un moment avant de se retrouver seul et nu, comme n'importe qui.
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MessageSujet: Re: La conscience et le témoin de Jéhovah   Jeu 21 Jan 2016, 13:26

Citation :
mais dire "je" revient toujours à assumer un certain bricolage de matériaux hétéroclites et préexistants, et à "y croire", ne serait-ce que comme un acteur "croit" à son personnage -- au moins provisoirement.

Je préfère être comme un acteur qui "croit à son personnage, plutôt que de me laisser formater par une organisation religieuse qui "écrase" ces matériaux hétéroclites et préexistants et me fait croire que j'agis en conscience (si tenté que je sois réellement en capacité de choisir quoique se soit).

Cette discussion me renvoie au livre de R. Frantz, "la liberté chrétienne" :

22 août (22 décembre en français) de Réveillez-vous! comportait un article intitulé “Les autres pensent-ils pour vous?” :

"Ayez de solides convictions : N’adoptez pas une idée simplement parce qu’on l’accepte autour de vous. Assurez-vous que ce que vous pensez est fondé.
"Démasquez les raisons profondes : Il arrive que l’on adopte par inadvertance une optique sans en connaître les raisons profondes.Si vous vous rendez compte que les arguments avancés sont légers, alors pourquoi montrer du parti pris ?
Vivez votre vérité: Ne cherchez pas d’excuse pour faire des compromis avec ce que vous savez être juste. Rappelez-vous que si une attitude est juste et convenable, elle contribuera à votre bien-être."

"Il reste toutefois cette question : les personnes peuvent-elles être conséquentes si elles soutiennent ces principes sensés et solides présentés dans ces articles quand il s'agit de ources d'information et d'influence extérieures à leur propre communauté religieuse, mais qui abandonnent ces mêmes principes dans les limites de celle-ci? Que dire, aussi, d'une organisation qui conseille à ses membres d'appliquer avec zèle ces principes envers des sources d'information extérieures, mais décourage, dénigre, oui, dénonce même ceux qui les appliquent en ce qui concerne les enseignements qu'elle-même fournit ?"

http://jw-verite.org/images/Documents/Liberte-chretienne-franz.pdf


Un texte de l'épître aux Romains me parait interessant  :

"Ne vous conformez pas à ce monde-ci, mais soyez transfigurés par le renouvellement de votre intelligence, pour discerner quelle est la volonté de Dieu" Rm 12,2

J'aime bien cettte expression, "soyez transfigurés par le renouvellement de votre intelligence".
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MessageSujet: Re: La conscience et le témoin de Jéhovah   Jeu 21 Jan 2016, 15:01

Citation :
J'aime bien cettte expression, "soyez transfigurés par le renouvellement de votre intelligence".

Je regrette seulement, à la relire (en version NBS), qu'il s'y soit glissé un possessif de trop ("de l'intelligence" aurait suffi) !

On note qu'à ce point le développement théologique, extrêmement original, des chapitres 1--11 aboutit à l'énoncé d'un "idéal" religieux typiquement stoïcien: celui d'un "culte logique" ou "rationnel", c.-à-d. conforme au logos-raison (12,1), peut-être encore plus "lucide" que le stoïcisme stricto sensu en ce qu'il fait de la foi son principe central (cf. ce que je disais plus haut de la nécessité de se fier, fût-ce au non-fiable): cet idéal devient l'unique base positive (le principe de "loi" étant récusé) de toutes les recommandations "pratiques" qui vont suivre. C'est sublime en effet, si ce n'est qu'en pratique ça manque singulièrement d'"effet" -- ça ne "marche" pas, ou si peu...

[En écrivant cela, je repensais à ce qu'un très cher "inspecteur ecclésiastique" (= évêque) luthérien, Albert Greiner (dont je m'aperçois à l'instant qu'il est mort il y a bientôt trois ans), disait de Luther: il (Luther) voyait très bien que ça (= l'évangile de la grâce et de la foi, sans "loi" et sans "œuvres") ne marchait pas (que ça ne transformait pas la vie des gens comme il l'aurait cru et souhaité), mais il n'avait rien d'autre à dire. Cet "évangile"-là, en effet, doit se borner à sa proclamation contre toute évidence, il ne saurait compenser son manque d'efficacité par l'adjonction d'une "loi" ou même d'une "discipline" chrétienne, sous peine de se renier lui-même. A la limite, une certaine inefficacité s'inscrit dans sa logique, comme l'avait écrit un jour Olivier Abel dans une formule admirable: la grâce ne se justifie pas, même a posteriori. On pourrait naïvement regretter que Paul n'ait pas eu la sagesse de s'en tenir à sa théologie géniale, qu'il ait cru bon d'y ajouter des recommandations et des préceptes médiocres, mais ce serait inverser l'ordre "historique": comme le montre assez la séquence Corinthiens-Romains, la correspondance répondait d'abord à des nécessités pratiques (voire "politiques"), c'est au fil de l'écriture que la théorie s'est "inventée", dépassant et déjouant la "raison" initiale d'écrire. Il le paie en tout cas dans la mémoire collective, de passer dans l'imagination de tant de gens pour un "légaliste" et un "conservateur" (p. ex. sur la subordination des femmes ou l'esclavage), alors que personne n'a osé penser d'une façon aussi "radicale" et "révolutionnaire" que lui (et à peine à sa suite) contre le principe même de la "loi" (nomos), et pas seulement contre la "Torah" juive.

En même temps on tient sans doute là une des clés de "l'anti-paulinisme" chrétien (de Matthieu, de l'épître de Jacques et du "judéo-christianisme" en général, de la Didachè aux pseudo-Clémentines): il n'était que trop facile de reprocher à l'évangile paulinien son absence de résultat moral, et de constater que Paul lui-même, quand il voulait mettre un minimum d'ordre dans ses Eglises pagano-chrétiennes, était amené à prescrire, autrement dit à légiférer à sa manière: d'où la tentation de la stratégie inverse, qui pouvait sembler plus cohérente: faire de la loi même le principe libérateur, comme c'est le cas chez Jacques: 1,25; 2,8-12; 4,11s.]
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MessageSujet: Re: La conscience et le témoin de Jéhovah   Ven 22 Jan 2016, 16:37

Citation :
c'est justement la thèse d'Ivan Karamazov, par le truchement du "grand Inquisteur", que la "liberté" est insupportable -- du moins au "peuple", à la "masse", au "grand nombre". Sans doute toute "loi" crée-t-elle ses propres problèmes artificiels qui n'existeraient pas sans elle (dans le cas des TdJ, un réseau d'obligations et d'interdits en tout genre, sociaux, politiques, sexuels, alimentaires, médicaux), mais pour le grand nombre (même s'il s'agit en l'occurrence de la majorité d'une minorité) ce jeu "réglé" distrait d'une solitude existentielle qui peut paraître infiniment plus redoutable. Il ne peut rien cependant pour le cas particulier de l'individu qui va quand même retrouver dans ce jeu sa solitude existentielle intacte, et dramatisée par une complication inutile -- dont il pourra éventuellement se débarrasser, ce qui l'occupera encore un moment avant de se retrouver seul et nu, comme n'importe qui.

Avec le recul c'est cette "solitude existentielle" qui m'a poussé à intégrer les TdJ et a accepter d'avoir un "directeur de conscience" avec "un réseau d'obligations et d'interdits en tout genre, sociaux, politiques, sexuels, alimentaires, médicaux". C'était plus facile d'être diriger que de gérer ma "liberté".
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MessageSujet: Re: La conscience et le témoin de Jéhovah   Ven 22 Jan 2016, 17:58

La "facilité" en question était d'autant plus irrésistible qu'elle se présentait à tout autre point de vue comme une difficulté supérieure (le "mode de vie" jéhoviste n'est pas "facile", on nous l'a assez répété, et la jeunesse en particulier résiste très mal à tout ce qui prend un air de défi et d'"héroïsme"): la "facilité", la "tentation", c'était le "monde" et la "liberté" de "faire ce qu'on veut" -- chose très difficile aussi, en fait, mais dont la difficulté n'apparaît qu'à celui qui s'y risque (avec d'autant moins de prétention, d'ailleurs, qu'il n'imagine pas pouvoir ni devoir faire autrement). Ajoutons à cela que l'idée de "vérité" transcendante et révélée fait passer la désobéissance pour tellement stupide qu'on ne songe même pas à y voir un quelconque "courage" -- alors que, pourtant, il en faudrait, du courage, pour oser braver la "vérité" en la tenant pour telle; un courage qu'à vrai dire nous n'avons jamais eu, ni en nous soumettant à une doctrine quand nous la croyions vraie, ni en la quittant quand elle nous est apparue fausse. N'est pas le diable qui veut...
"Avec le recul", en effet, on y voit plus clair: quand ça ne sert plus à rien.
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MessageSujet: Re: La conscience et le témoin de Jéhovah   Mer 27 Jan 2016, 15:17

Citation :
la "facilité", la "tentation", c'était le "monde" et la "liberté" de "faire ce qu'on veut" -- chose très difficile aussi, en fait, mais dont la difficulté n'apparaît qu'à celui qui s'y risque (avec d'autant moins de prétention, d'ailleurs, qu'il n'imagine pas pouvoir ni devoir faire autrement).

Beaucoup de personne trouvent effrayante pareille liberté, cette liberté veut dire assumer la responsabilité de nos actes,  de nos décisions, d'accepter leurs conséquences et être capable de forger tout seul (du moins théoriquement) nos convictions.
 De nombreuses personnes préfèrent fuir devant une telle liberté et choisissent de se soumettre à une organisation. Dans la religion, comme dans d'autres domaines, beaucoup trouvent plus facile de permettre à d'autres de penser pour eux, de choisir pour eux, de prendre leurs décisions pour eux avec un sentiment de sécurité illusoire. L'adhésion à une organisation devient pour eux comme un refuge. Ces personnes nourrissent un point de vue illusoire sur la vie, le TdJ est persuadé que son obéissance à ses chefs lui permettra de bénéficier d' un environnement idéal, pratiquement sans problème,  qu'il suffit seulement de suivre les directives.

La WT d'une manière perverse (et sûremment sincère) laisse entender aux adeptes, qu'ils lui sont redevables en leur posant la question : "mais où avez-vous appris que vous avez appris ? N'était-ce pas de nous ?", une manière de leur faire ressentir l'obligation de se soumettre, toute attitude contraire étant interprété comme une forme d' ingratitude (certains TdJ m'avaitent dit que j'avais mordu la main qui m'avait donné à manger).

Pourtant la WT loue des hommes comme Wycliffe, Tyndale ou Jean Hus et de groupes minoritaires comme les  Lollards et les Anabaptistes, pour avoir écouté leur conscience.

Certains textes bibliques encouragent la maturité :

"Mes frères, ne soyez pas des enfants pour ce qui est du jugement ; pour ce qui est du mal, soyez des enfants, mais pour ce qui est du jugement, soyez des adultes."(Corinthiens 14:20)
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MessageSujet: Re: La conscience et le témoin de Jéhovah   Jeu 28 Jan 2016, 01:02

Exception (partielle et relative) faite, à la rigueur, de quelques individus qu'on peut qualifier de "géniaux" ou de "monstrueux" selon le cas et le point de vue -- ceux qui ont fait les gros titres de l'histoire politique, militaire, religieuse ou criminelle -- il me semble que le commun des mortels excelle surtout et en plus d'un sens dans la composition: l'"originalité" de chacun consiste tout au plus à se composer un "personnage" et/ou une "conscience" -- un "caractère" si l'on préfère -- à partir (d'une composition) de modèles et d'influences multiples (familiaux, culturels, idéologiques, etc.). Mais assumer consciemment ce rôle de "compositeur de soi" (dont on ne prend jamais "conscience" qu'après coup, alors qu'il est déjà en grande partie joué) est encore trop pour la plupart -- et, au passage, je ne vois pas une grande différence morale entre celui qui règle sa "conscience" sur l'opinion d'un cercle d'amis et de connaissances "informel" (voire aujourd'hui "virtuel"), mais quand même relativement homogène ne serait-ce que par le libre jeu des affinités, et celui qui le fait sur la doctrine explicite d'une institution plus "formelle", parti, religion ou secte. Le cas de (la) "conscience" (ou du "caractère") qui oppose un individu seul à son groupe ou à son milieu se pose assez rarement de part et d'autre, mais quand il se pose, en effet, on retrouve intacts le problème "moral" de l'ingratitude, de l'infidélité ou de la trahison -- et le problème "affectif" ou "existentiel" de la solitude, avec ses avantages et ses inconvénients.

[Accessoirement, je regrette un peu (encore !) que la NBS n'ait pas modifié la traduction de 1 Corinthiens 14,20: non que la traduction de phrèn (hapax legomenon dans le NT, mais très courant ailleurs) par "jugement" soit mauvaise en soi -- si l'on pense au "jugement" kantien, par exemple, elle est même tout à fait juste -- mais parce qu'elle crée une confusion inutile avec la riche problématique du "jugement" judiciaire et par extension moral ou intellectuel (krinô, krisis etc.) dont nous avons beaucoup parlé dans ce fil et dans d'autres (juger ou ne pas juger autrui ou soi-même, etc.). Ici le "jugement" c'est l'"intelligence" surtout pratique, le "bon sens" ou la "jugeote", sans plus.]
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MessageSujet: Re: La conscience et le témoin de Jéhovah   Mer 10 Fév 2016, 17:30

Citation :
il en faudrait, du courage, pour oser braver la "vérité" en la tenant pour telle; un courage qu'à vrai dire nous n'avons jamais eu, ni en nous soumettant à une doctrine quand nous la croyions vraie, ni en la quittant quand elle nous est apparue fausse. N'est pas le diable qui veut...

 N'est pas le diable qui veut...

Durant mes 30 années de jéhovisme, j'ai été confronté à des nombreuses reprises à des directives de la WT qui heurtaient ma conscience, pourtant j'ai appliqué ces directives, les considérant comme une partie d'une "vérité" révélée. J'admire ces TdJ qui osent braver la "vérité", qui sont capables d'opérer une selection à l'intérieure de cette fameuse "vérité". A l'époque j'étais tétanisé à l'idée de ne pas respecter les règles de la WT, le représentant de Dieu sur terre.

Le roi de Tyr a eu le courage, pour oser braver la "vérité" :

" Humain, entonne une complainte sur le roi de Tyr ! Tu lui diras : Ainsi parle le Seigneur DIEU : Tu mettais le sceau à la perfection, tu étais plein de sagesse, parfait en beauté. Tu étais en Eden, le jardin de Dieu ; tu étais couvert de toutes sortes de pierres précieuses, de sardoine, de topaze, de diamant, de chrysolithe, d'onyx, de jaspe, de lapis-lazuli, d'escarboucle, d'émeraude et d'or ; tes tambourins et tes flûtes étaient à ton service, préparés pour le jour où tu fus créé. Tu étais un keroub protecteur, aux ailes déployées ; je t'avais placé dans la montagne sacrée de Dieu ; tu étais là, tu te promenais au milieu des pierres ardentes. Tu as été intègre dans tes voies, depuis le jour où tu fus créé jusqu'à celui où l'injustice a été trouvée chez toi. Par l'importance de ton commerce tu as été rempli de violence et tu as péché ; je t'exclus de la montagne de Dieu et je te fais disparaître, keroub protecteur, d'entre les pierres ardentes. Ton cœur s'est enhardi à cause de ta beauté, tu as perverti ta sagesse par ta splendeur ; je te jette à terre, je te livre en spectacle aux rois. 18Par la multitude de tes fautes, par l'injustice de ton commerce, tu as profané tes sanctuaires "
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