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 Humanisme - Croyance - Jéhovisme

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MessageSujet: Humanisme - Croyance - Jéhovisme   Lun 26 Mai 2014, 15:49

Parmi ces nombreuses définitions, l'humanisme place l’homme, ses capacités, ses vertus et son épanouissement  comme le fondement et la finalité de toute civilisation.

Peut-on être croyant et humaniste ?

De nombreux croyants insistent sur l'incapacité de l'homme et son insuffisance pour souligner  l'importance de se tourner vers Dieu, seule solution viable pour l'humanité. Ces croyants insistent sur le fait qu' "Il n’appartient pas à l’homme qui marche de diriger son pas".

Dieu doit tout supplanter, l'homme doit mettre sa vie, toutes ses potentialités et toutes ses ambitions au service du Créateur afin que Dieu soit Tout pour tous.
 
Par exemple le jéhovisme est résolument théocentrique, toute activité doit graviter autour de Dieu, il est le but ultime de la vie.

Voici ce que dit le Réveillez-Vous, du 8 mai 1995, p. 27

" Par conséquent, peut-on réellement tirer profit de la vie en laissant Dieu de côté ? Non. Il est intéressant de noter ce que l’historien Arnold Toynbee a écrit : “Le but véritable d’une religion supérieure, c’est de communiquer les enseignements spirituels et les vérités qui sont son essence à des âmes aussi nombreuses que possible, afin que chacune de ces âmes soit ensuite capable de remplir la vraie fin de l’Homme. La vraie fin de l’Homme est de glorifier Dieu et de jouir de Lui à jamais.”

Est-il possible pour un croyant de promouvoir un Humanisme religieux fondé sur l'idée que l’homme est bien au centre de l’intérêt des religions et des livres sacrés ?
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Narkissos



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MessageSujet: Re: Humanisme - Croyance - Jéhovisme   Lun 26 Mai 2014, 17:18

Note:
A la plupart des anglophones, anglicans ou non (car la phrase est célèbre), sauf peut-être à l'auteur de l'article de Réveillez-vous, il n'échappera pas que Toynbee se réfère à la première question-réponse du Petit catéchisme de Westminster (1646-7):
Q. What is the chief end of man?
A. Man's chief end is to glorify God, and to enjoy him forever
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MessageSujet: Re: Humanisme - Croyance - Jéhovisme   Lun 26 Mai 2014, 18:09

"Je m’arrête là. Je ne voulais que suggérer quelques arguments possibles. A chacun d’en évaluer la force et les limites. Que Dieu existe, c’est une possibilité que l’on ne peut rationnellement exclure. C’est ce qui fait de l’athéisme ce qu’il est : non un savoir mais une croyance, répétons le, non une certitude mais un pari.
C’est aussi ce qui doit nous pousser tous à la tolérance. Athées et croyants ne sont séparés que parce qu’ils ignorent. Comment cela pourrait-il compter davantage que ce qu’ils connaissent : une certaine expérience de la vie, de l’amour, de l’humanité souffrante et digne, malgré sa misère, de l’humanité souffrante et courageuse ? C’est ce que j’appelle la fidélité, qui doit rassembler ceux que leur foi et leur non-foi respectives risqueraient autrement d’opposer. Il serait fou de s’entre-tuer pour ce que l’on ignore. Mieux vaut se battre ensemble, pour ce que nous connaissons ou reconnaissons : une certaine idée de l’homme et de la civilisation, une certaine façon d’habiter le monde et le mystère (pourquoi y-a-t-il quelque chose plutôt que rien ?), une certaine expérience de l’amour et de la compassion, une certaine exigence de l’esprit...
C’est ce qu’on peut appeler, qui n’est pas une religion mais une morale. Fidélité à l’homme, et à l’humanité de l’homme.
Cela ne remplace aucun Dieu. Cela ne supprime aucun Dieu. Mais aucune religion ni aucun athéisme ne sauraient, sans cette fidélité-là, être humainement acceptables."

André Comte-Sponville, Présentations de la philosophie,
Éditions Albin Michel, 2000.
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Narkissos



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MessageSujet: Re: Humanisme - Croyance - Jéhovisme   Lun 26 Mai 2014, 23:17

L'humanisme ne peut échapper à la tautologie ("l'homme" est ce qu'il est) et à la vacuité axiologique qui en découle ("l'homme" c'est Hitler aussi bien que Gandhi, Dutroux aussi bien que Mère Teresa, Justin Bieber aussi bien que Jean-Sébastien Bach ou Albert Einstein, et n'importe qui aussi bien que tous ceux-là), dont l'expression suprême pourrait être le reality show, que par l'auto-contradiction: si comme le dit benoîtement Comte-Sponville "l'humanisme" se réfère non à l'homme-tel-qu'il-est mais à "une certaine idée de l'homme", alors en quoi se différencie-t-il de tous les idéalismes qui n'ont jamais été pensés (que je sache) à l'intention des girafes ou des martiens, et des morales en général, et des religions pour autant que celles-ci entendent aussi offrir avec leurs dieux un certain modèle d'humanité (cf. le thème de l'homme image de Dieu dans le judaïsme et le christianisme) ?
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MessageSujet: Re: Humanisme - Croyance - Jéhovisme   Ven 06 Juin 2014, 19:16

Réveillez-vous du 22/6 1982 p. 27 “L’humanisme athée” - Nouvelle religion ou philosophie ancienne ? :

"Les humanistes aiment à citer le philosophe grec Protagoras qui déclara dans l’Antiquité que “l’homme était la mesure de toutes choses”. Par cette formule, il voulait dire que l’on ne pouvait pas découvrir la vérité absolue. De telles pensées ne peuvent pas coexister avec le vrai christianisme, car les chrétiens sont convaincus d’avoir trouvé la vérité qui les a libérés (Jean 8:32). Ils estiment que Jéhovah Dieu et son Fils, Jésus Christ, sont “la mesure de toutes choses”. - Éphésiens 5:1 ; I Pierre 2:21."

Le christianisme et l'humanisme sont-ils incompatibles comme le suggère cet article ?

Le centre du christianisme n’est -il pas rempli par l’homme et  par le divin ou par cet espace ou se tisse une relation entre le divin et l'humain. Ne doit-on pas renvoyer dos à dos humanisme intégriste qui fait de l'homme  l’alpha et l’oméga, unique horizon de soi  et le christianisme fondamentaliste qui ne reconnait à l'homme aucune place, juste un faire valoir de Dieu dans une espèce de haine de l’homme, de son corps, de ses sentiments, de ses désirs, de ses capacités ?

Tout ce qui met l’homme en valeur réduit-il le dieu des fondamentalistes ?


Voici une citation intéressante :

L’expérience encore valide de l’humanisme ne peut être qu’autre chose. C’est l’expérience de la confrontation entre la vérité et la vie. La vérité entière oblige à ne pas se contenter de puiser dans les humanités mais à refonder à chaque époque un monde pour l’homme. L’homme doit se jeter dans l’in-humain qu’est le monde. Il doit toujours faire et refaire monde. La refondation d’un poème du monde est la tâche de chaque génération.

http://www.esprit-europeen.fr/etudes_metapo_levigan
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MessageSujet: Re: Humanisme - Croyance - Jéhovisme   Mar 17 Juin 2014, 13:49

L'article de Le Vigan, que j'ai trouvé en l'occurrence assez brumeux, m'a rappelé ceci, qui ne l'est sûrement pas moins...
 
En ce qui concerne la Bible, c'est compliqué, comme toujours: on peut y trouver, si l'on y tient (c.-à-d. au prix d'un anachronisme certain), des sommets d'"anti-humanisme", si l'on entend par là d'humiliation unilatérale de "l'homme-en-tant-que-tel", comme les récits yahvistes de l'Eden, du déluge ou de Babel, ou les discours de Yahvé qui concluent le corps poétique du livre de Job (chap. 38ss); et aussi le contraire, des moments d'exaltation relative mais apparemment inconditionnelle de "l'homme" comme le Psaume 8, le premier chapitre de la Genèse, ou même la figure du "fils d'homme" dans Daniel.
 
Mais le plus souvent humiliation et exaltation sont relativisées, d'une part parce qu'elles sont rapportées l'une à l'autre, et surtout l'une et l'autre à quelque chose de moins général et de mieux défini que "l'homme". Bien plus nombreux sont les textes qui font correspondre à l'abaissement des uns (les "grands", riches, puissants, orgueilleux ou même sages) l'élévation des autres (les "petits", pauvres, faibles, humbles), ou qui font succéder les phases d'abaissement et d'élévation du même "sujet" individuel, collectif ou typique (le dieu abaisse puis élève -- plus rarement élève puis abaisse, p. ex. Saül -- tel personnage, tel peuple, tel type d'"homme"). C'est à peu près le même motif qui structure la christologie et l'anthropologie de Paul, notamment. Le Christ (le "Fils de Dieu") est abaissé puis élevé (cf. Philippiens 2), de même dans l'épître aux Romains les prétentions de "l'homme" (Juif et Grec, chap. 1--3) doivent être réduites à néant (que toute bouche soit fermée !) pour que commence le mouvement ascendant qui l'emporte avec toute la création dans la gloire du Christ ressuscité: il faut qu'un "Adam" soit humilié à mort pour que l'autre soit élevé, même si ce ne sont que deux figures du même. Quelquefois les deux motifs s'imbriquent, le premier (les uns / les autres) se réinscrivant dans le second (avant / après): ainsi dans la correspondance corinthienne l'humiliation d'un "nous" (apostolique, si l'on veut, mais dans un sens paulinien qui n'est pas celui des "douze apôtres") correspond souvent (de façon tantôt ironique, tantôt positive), à l'élévation d'un "vous" (cf. 1 Corinthiens 4,8ss; 9,11ss; 2 Corinthiens 1,6ss; 5,12ss; etc.; voir aussi Colossiens 1,24); ou dans l'épître de Jacques l'abaissement des riches à l'élévation des pauvres (1,9ss).
 
Bref, le discours "axiologique" sur la "valeur" ou la "dignité" (tantôt nulle, tantôt immense) de "l'homme" est pris dans une "économie" plus ou moins complexe qui lui donne à chaque fois un sens, même si celui-ci paraît globalement contradictoire ou du moins confus.
 
On en pense ce qu'on veut mais je trouve ça quand même plus fin et plus intéressant qu'un discours global, générique et univoque, sur "l'homme", à quoi semble devoir se limiter l'horizon de "l'humanisme" tant qu'il ne fait pas appel à d'autres instances ou à d'autres critères que "l'homme" pour parler de "l'homme". Evidemment, ces instances et ces critères, qu'il s'agisse de "dieux" ou d'"idées", ce sera toujours en dernière analyse "l'homme" qui les pose: voilà peut-être la part de vérité irréductible et insurmontable de "l'humanisme" (et du "sophisme" de Protagoras), et en un sens elle ne fait que prolonger la critique juive et chrétienne de l'"idolâtrie". Dès lors que nous posons quelque chose devant nous (thèse, prothèse) pour nous y rapporter, nous nous prosternons toujours, dans un sens, devant "l'œuvre de nos mains". Mais sans un tel geste nous sommes condamnés à la tautologie absolue ("l'homme" est ce qu'il est), qui malgré l'évidence apparente de la lapalissade, pourrait bien être non seulement plus creuse mais plus fausse que tout discours rapportant "l'homme" à un autre, avec ou sans majuscule.
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MessageSujet: Re: Humanisme - Croyance - Jéhovisme   Mar 17 Juin 2014, 15:50

Citation :
Evidemment, ces instances et ces critères, qu'il s'agisse de "dieux" ou d'"idées", ce sera toujours en dernière analyse "l'homme" qui les pose: voilà peut-être la part de vérité irréductible et insurmontable de "l'humanisme" (et du "sophisme" de Protagoras), et en un sens elle ne fait que prolonger la critique juive et chrétienne de l'"idolâtrie". Dès lors que nous posons quelque chose devant nous (thèse, prothèse) pour nous y rapporter, nous nous prosternons toujours, dans un sens, devant "l'œuvre de nos mains".

"nous nous prosternons toujours, dans un sens, devant "l'œuvre de nos mains" 

Dire que le centre du christianisme n’est pas l’homme, c’est aller dans le sens de Paul contre un humanisme intégriste qui considère l’homme comme la mesure de l’homme, pour reprendre l’expression d’un autre Paul… Valéry (Discours en l’honneur de Goethe à la Sorbonne). Un humanisme intégriste hisse l’homme à hauteur de Dieu, il en fait un absolu, un être auto-fondé. Ce genre d’humanisme devient une idolâtrie que l’apôtre Paul stigmatise, idolâtrie qui envisage que l’homme est auto-suffisant, que chaque homme est auto-suffisant, qu’il peut s’abstenir de toute filiation, qu’il n’est redevable à personne, qu’il n’a pas besoin d’être reconnaissant. Paul va plus loin. Mettre l’homme au centre, ce serait, effectivement, en faire la mesure de toute chose et cette mesure serait très… mesurée. C’est ce que Paul révèle en écrivant aux Corinthiens qu’ils sont à l’étroit en eux-mêmes (v. 12). Ne s’en tenir qu’à soi, se prendre pour l’alpha et l’oméga, ce n’est avoir que soi comme horizon et cet horizon est extrêmement mesuré ; il est réduit à une part congrue : nos capacités propres qui sont très limitées.
 
http://oratoiredulouvre.fr/predications/le-christianisme-est-il-un-humanisme-parmi-d-autres.php
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MessageSujet: Re: Humanisme - Croyance - Jéhovisme   Aujourd'hui à 21:39

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