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 Le mythe jéhoviste de la transformation de la personnalité par l'Evangile

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MessageSujet: Le mythe jéhoviste de la transformation de la personnalité par l'Evangile   Lun 09 Juin 2014, 12:43

Un homme de Seattle (USA) est condamné à 25 années de prison en 1985 pour 4 viols qu'il a commis et une tentative de viol en s'introduisant dans la maison de ses victimes. Il sort de prison en 2003. Arrêté de nouveau, il est à partir de Décembre 2006, de nouveau sur le banc des accusés: Il a été condamné à la prison à vie pour le viol d'une femme qu'il a commis en 2004 en s'introduisant chez elle, puis plus récemment, en février 2009, il passe en procès pour le meurtre d'une femme, acte qu'il aurait commis un an après sa sortie de prison, donc également en 2004. Il est aussi accusé à ce procès d'avoir tenter de violer deux jeunes femmes dans un ascenseur d'une université.
Cette description d'un cas particulièrement lourd de délinquant sexuel n'est pas détaillé ici pour rien. Cet homme bien sûr a été Témoin de Jéhovah à un moment, la question est de savoir quand ? Je vais vous donner la réponse en citant les articles de presse qu'on a sur son histoire.
(...)
Si vous lisez l'anglais, vous avez compris. En 2003, alors que les autorités pensaient enfermer cet homme indéfiniment dans un centre de traitement pour agresseurs sexuels violents, sa famille et "d'autres" ont plaidé avec succès, et convaincu un jury populaire, le fait que celui-ci était devenu Témoin de Jéhovah durant son emprisonnement et avait changé de vie.
(...)
Pour les Témoins comme pour beaucoup de chrétiens à tendance évangélique ou protestante, l'absence de prise de drogue ou d'alcool, l'assistance aux réunions des Témoins et l'étude de la Bible sont autant de preuves que l'individu a recouvert "la nouvelle personnalité" On peut citer leur encyclopédie à l'article "Repentance":

"Il faut pour cela “ un cœur nouveau et un esprit nouveau ” (Éz 18:31) ; quand on a une nouvelle façon de voir les choses, de nouveaux mobiles et objectifs, on acquiert une disposition d’esprit, une force morale et un schéma de pensée nouveaux. Celui qui transforme sa vie développe “ la personnalité nouvelle qui a été créée selon la volonté de Dieu dans une justice et une fidélité vraies ” (Ép 4:17-24), exempte de toute immoralité, convoitise, violence verbale ou physique (Col 3:5-10 ; opposer à Ho 5:4-6). Dieu fait “ jaillir ” l’esprit de sagesse pour ceux qui agissent de la sorte, leur faisant connaître ses paroles. — Pr 1:23 ; voir aussi 2Tm 2:25."


(...)
Les rapports des experts signalant pour deux d'entre-eux qu'il avait refuser de se faire soigner, et pour l'un que c'était en raison de sa conversion au jéhovisme, ont été balayé face à l'apparence de "renouveau" et de "changement" (évangélique) de l'homme. Ainsi dans un pays où les délinquants sexuels sont plus monstrueux que dans beaucoup d'autres pays, ces "loups" peuvent être pris pour des "agneaux" s'ils déclarent que "Jésus a transformé leur vie."

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MessageSujet: Re: Le mythe jéhoviste de la transformation de la personnalité par l'Evangile   Mar 10 Juin 2014, 15:32

La Watchtower assimile dans sa littérature, la recontre avec le jéhovisme à un moment magique,  ... déclencheur d'une transformation miraculeuse.
Pour conforter l'image d'une organisation au pouvoir de transformation incroyable, la WT parsème ces publications de "faits vécus" qui relatent un changement radical, comme celui rapporté dans la TG 15/09/2003  et intitulé "Avant et après : La Bible l’a transformé" :

"LA MUSIQUE était toute sa vie. La drogue, son obsession. Durant sa jeunesse, en Allemagne, Rolf-Michael buvait de l’alcool en grande quantité et consommait à outrance LSD, cocaïne, haschisch et autres substances qui agissent sur le cerveau.
Alors qu’il tentait de passer de la drogue dans un pays africain, Rolf-Michael a été arrêté et condamné à 13 mois de prison. Pendant sa détention, il a eu le temps de réfléchir au vrai sens de la vie.
Sa femme Ursula et lui recherchaient désespérément un but dans l’existence ; ils étaient en quête de vérité. Malgré plusieurs déceptions auprès d’Églises dites chrétiennes, ils désiraient vivement connaître Dieu. Ils se posaient des questions, auxquelles différents groupes religieux n’apportaient aucune réponse satisfaisante. De plus, ces religions ne leur donnaient pas la motivation suffisante pour changer leur vie.
Rolf-Michael et Ursula ont fini par entrer en contact avec les Témoins de Jéhovah.
(...)  En acquérant la connaissance exacte, Rolf-Michael s’est efforcé de conformer sa vie aux principes énoncés dans la Parole de Dieu (Jean 17:3). Il a eu du mal à s’affranchir de la drogue, mais il a constaté l’utilité de s’approcher de Jéhovah au moyen de la prière et de ressentir son aide (1 Jean 5:14, 15). Il a reçu une aide supplémentaire en fréquentant assidûment ceux qui étaient déjà Témoins de Jéhovah et qui s’efforçaient d’accomplir la volonté de Dieu.
Comme Rolf-Michael, sa femme et ses trois enfants, des centaines de milliers de personnes ont reçu des bienfaits en appliquant les principes bibliques. On les trouve dans les congrégations de Témoins de Jéhovah du monde entier. Il est regrettable de constater que, dans certains pays, les Témoins sont faussement accusés d’être une secte dangereuse qui brise les familles. La vie de Rolf-Michael prouve le contraire. — Hébreux 4:12."

http://wol.jw.org/fr/wol/d/r30/lp-f/2003682


La personne en question est totalement déresponsabilisée par rapport à la transformation opérée, sa motivation et ses efforts sont pas mentionnés pour expliquer, au moins en partie le changement ...  SEULES, la connaissance exact et la fréquentation du "peuple de Jéhovah" expliquent ce renouvellement de personnalité.
Dans le cas d'une "rechute", la WT ne prendra pas la peine d'écrire un article pour informer ses lecteurs ... La transformation doit rester un fait miraculeux et permanent.
Ces faits vécus ne servent qu'à des fins de propagande ... "Il est regrettable de constater que, dans certains pays, les Témoins sont faussement accusés d’être une secte dangereuse qui brise les familles. La vie de Rolf-Michael prouve le contraire".
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VANVDA



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MessageSujet: Re: Le mythe jéhoviste de la transformation de la personnalité par l'Evangile   Mer 11 Juin 2014, 09:25

" Dans le monde, des milliers de gens ont bénéficié de la Scientologie. Ils proviennent de tous les milieux sociaux. La technologie de Ron Hubbard ne connaît aucune frontière économique, ethnique, raciale, politique ou religieuse. La sagesse est pour quiconque désire l’atteindre.

Les archives des Églises et des missions de par le monde regorgent de témoignages semblables. Ceux-ci n’émanent pas d’une élite. Ce sont les succès de gens comme vous qui cherchaient des réponses et qui firent preuve d’assez de perspicacité pour savoir quand elles avaient été trouvées.

Ce qui suit ne doit pas être pris comme des affirmations avancées par l’Église à propos des bienfaits personnels que chacun peut expérimenter. L’Église fournit les services. Les résultats parlent d’eux-mêmes.
"

http://questcequela.scientologie.tm.fr/HTML/Part05/Chp19/index.html

(temps de recherche pour trouver ça : une trentaine de secondes environ... Wink )

Avec la Scientologie, je suis un peu mesquin, car dans les faits on trouvera des promesses étonnamment ressemblantes pour n'importe quel "produit", jusqu'à la "pratique du sport". Il y a quelques mois à peine, l'armée française recrutait avec le slogan : "Devenez vous-mêmes".
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MessageSujet: Re: Le mythe jéhoviste de la transformation de la personnalité par l'Evangile   Mer 11 Juin 2014, 11:44

Citation :
Les archives des Églises et des missions de par le monde regorgent de témoignages semblables. Ceux-ci n’émanent pas d’une élite. Ce sont les succès de gens comme vous qui cherchaient des réponses et qui firent preuve d’assez de perspicacité pour savoir quand elles avaient été trouvées.

Ces "témoignages" permettent de faire la promotion du mouvement.
On ne nous dit jamais ce que sont devenues ces personnes  après leur transformation miraculeuse.

La WT se targue d'être capable de modifier l'orientation sexuelle d'un TdJ ou d'une personne souhaitant adherer au mouvement ... Enfin quand on lit attentivement la littérature Jéhoviste, on trouve l'expression "pratiques homosexuelles". (Comment ne pas céder aux pratiques homosexuelles ? http://m.wol.jw.org/fr/wol/d/r30/lp-f/102007051)


Citation :
Indépendamment des causes, ce qu’il est important de comprendre, c’est que la Bible condamne les actes homosexuels. Celui ou celle qui lutte contre des désirs homosexuels est donc devant un objectif accessible : il ou elle peut choisir de ne pas passer à l’acte. Prenons un exemple. Quelqu’un peut être “ enclin à la fureur ”. (Proverbes 29:22.) Autrefois, il donnait libre cours à sa colère. En étudiant la Bible, cependant, il se rend compte qu’il doit apprendre à se maîtriser. Cela signifie-t-il qu’il ne sentira plus jamais la colère monter en lui ? Non. Seulement, comme il connaît l’avis de la Bible sur la colère incontrôlée, il ne veut pas y céder. C’est pareil pour quelqu’un qui se sentait attiré par ceux de son sexe, mais qui maintenant sait ce que la Bible dit des pratiques homosexuelles. De temps à autre, un désir inconvenant peut encore lui traverser l’esprit. Néanmoins, en suivant les conseils de la Bible, il peut se retenir de passer à l’acte.

Comparer la lutte contre ses tendances l'homosexuel à la tendance à la "colère" ... Il fallait le faire !


L'un d'entre eux, le sociologue Andrew Holden, qui a mené plusieurs études sur ce mouvement religieux[15] a évoqué la polémique que cette question suscite. Il a déclaré[16] :
Citation :
« J'ai assisté à plusieurs réunions à la Salle du Royaume dans lesquelles l'homosexualité était présentée comme une perversion anormale. (...) J'ai écouté un discours de 45 minutes sur la question de savoir si les homosexuels sont 'nés ainsi' ou si leur conduite sexuelle est apprise. (...) Des références ont été données sur la nature très répandue de l'homosexualité, mais utilisées seulement dans le but de renforcer les propres enseignements de l'organisation, à savoir que le monde est devenu sans honte mauvais. (...) Il pourrait être très difficile pour quelqu'un ayant une orientation gay de rester Témoin sans se sentir profondément blessé dans son identité personnelle, non moins parce que la Société [Watchtower] échoue pour ce qui est de faire la distinction entre la condition homosexuelle et la pratique homosexuelle. (...) [Un] couple [de fidèles] croyait qu'une fois qu'un homosexuel a fait personnellement un vœu de célibat et s'est converti à la Société [Watchtower], son orientation homosexuelle disparaîtrait. À ce jour, cette question apparaît comme étant une source de confusion parmi les Témoins. »

http://fr.wikipedia.org/wiki/Homosexualit%C3%A9_chez_les_T%C3%A9moins_de_J%C3%A9hovah
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le chapelier toqué



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MessageSujet: Re: Le mythe jéhoviste de la transformation de la personnalité par l'Evangile   Mer 11 Juin 2014, 23:14

Raymond Franz faisait mention d'articles de la Tour de Garde ou de Réveillez-vous! évoquant de pareilles transformations. Il n'en doutait pas tout en faisant remarquer que l'on trouvait de telles transformations énnoncées par pratiquement toutes les églises chrétiennes.

[Je vous donne la référence plus tard]

Cela fait plaisir de (re)lire vanvda
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MessageSujet: Re: Le mythe jéhoviste de la transformation de la personnalité par l'Evangile   Jeu 02 Avr 2015, 14:00

Pour les Témoins comme pour beaucoup de chrétiens à tendance évangélique ou protestante, l'absence de prise de drogue ou d'alcool, l'assistance aux réunions des Témoins et l'étude de la Bible sont autant de preuves que l'individu a recouvert "la nouvelle personnalité" On peut citer leur encyclopédie à l'article "Repentance":

Citation :
Il faut pour cela “ un cœur nouveau et un esprit nouveau ” (Éz 18:31) ; quand on a une nouvelle façon de voir les choses, de nouveaux mobiles et objectifs, on acquiert une disposition d’esprit, une force morale et un schéma de pensée nouveaux. Celui qui transforme sa vie développe “ la personnalité nouvelle qui a été créée selon la volonté de Dieu dans une justice et une fidélité vraies ” (Ép 4:17-24), exempte de toute immoralité, convoitise, violence verbale ou physique (Col 3:5-10 ; opposer à Ho 5:4-6). Dieu fait “ jaillir ” l’esprit de sagesse pour ceux qui agissent de la sorte, leur faisant connaître ses paroles. — Pr 1:23 ; voir aussi 2Tm 2:25.

Voici ce qu'espérait les Témoins de Jéhovah qui ont témoigné en faveur de cette homme dans cette affaire, selon La Tour de Garde du 15 Février 1996:

Citation :
Dans la pêche symbolique, Manuela, une pionnière permanente des environs de Lisbonne, a obtenu d’excellents résultats en donnant avec tact et persévérance le témoignage à tous, y compris à sa famille. Son frère José Eduardo, par exemple, était un passionné d’arts martiaux et d’armes. Il avait commis tant de délits qu’il avait fini par être inculpé sous 22 chefs d’accusation et condamné à 20 ans de prison. Il était si violent que même ses codétenus en avaient peur. Il a donc été placé en isolement.
Pendant sept ans, Manuela a patiemment rendu visite à son frère, mais il rejetait toujours le message biblique. Lorsque le livre La vie : comment est-elle apparue ? Évolution ou création ? a été publié, il en a toutefois accepté un exemplaire et il a commencé à étudier la Bible. En un rien de temps, son comportement a changé du tout au tout. Après une semaine, il donnait le témoignage à 200 prisonniers, et huit jours plus tard, à 600 autres. On l’a même autorisé à rendre visite aux détenus des autres quartiers de la prison. En raison de son remarquable changement d’attitude, sa peine a été réduite à 15 ans, puis il a bénéficié d’une libération conditionnelle au bout de 10 ans. Depuis, cinq ans ont passé. José Eduardo est aujourd’hui un Témoin baptisé, assistant ministériel dans sa congrégation. Voilà un exemple type du ‘ loup qui en vient à résider avec l’agneau ’ ! — Isaïe 11:6.

L'avocat de l'homme avait bien raison, sa conversion au jéhovisme et sa conduite en prison ont permis à ce dernier d'être libérer, dans un pays qui est allé très (ou même trop?) loin dans la chasse au pédophile par une loi d'enfermement définitif de délinquants sexuels considérés comme "incurables" cette anomalie dans la répression de ce genre de déviance démontre à quel point la religion, particulièrement dans une optique évangélique de "nouvelle naissance" ou de la "nouvelle personnalité" pour les Témoins, est présente dans les esprits. Alors qu'en France l'appartenance aux Témoins de Jéhovah n'aurait pu être utiliser de manière positive par la défense, dans notre cas et pour le grand malheur des victimes de cet homme, cela a signifié une (courte) libération et de nouveaux crimes. Les rapports des experts signalant pour deux d'entre-eux qu'il avait refuser de se faire soigner, et pour l'un que c'était en raison de sa conversion au jéhovisme, ont été balayé face à l'apparence de "renouveau" et de "changement" (évangélique) de l'homme. Ainsi dans un pays où les délinquants sexuels sont plus monstrueux que dans beaucoup d'autres pays, ces "loups" peuvent être pris pour des "agneaux" s'ils déclarent que "Jésus a transformé leur vie."

Quelle naïveté, Le "loup" dans cette affaire a dévoré de nouveaux "agneaux" (Esaïe 11:6)



http://temoinsdejehovah.blog.free.fr/index.php?post/2009/03/17/Le-mythe-j%C3%A9hoviste-et/ou-am%C3%A9ricain-de-la-transformation-de-la-personnalit%C3%A9-par-l-Evangile
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MessageSujet: Re: Le mythe jéhoviste de la transformation de la personnalité par l'Evangile   Jeu 02 Avr 2015, 18:04

La WT cite souvent deux textes pour soutenir l'idée de transformation de la personnalité ou de métamorphoses liée à l'acquisition de la connaissance de la "vérité" Col 3,5-10 et Eph 4,17 ss.

Je ne suis pas sur que ces textes enseignent la transformation de la personnalité que la WT préconise.

 "Faites donc mourir ce qui n'est que terrestre : l'inconduite sexuelle, l'impureté, les passions, les mauvais désirs et l'avidité, qui est idolâtrie. C'est pour cela que la colère de Dieu vient sur les rebelles. C'est à cela que vous vous adonniez autrefois, lorsque vous viviez ainsi. Mais maintenant, vous aussi, rejetez tout cela : colère, animosité, malfaisance, calomnie, paroles choquantes sortant de votre bouche. Ne vous mentez pas les uns aux autres : vous vous êtes dépouillés de l'homme ancien, avec ses agissements, et vous avez revêtu le nouveau, qui se renouvelle en vue de la connaissance, selon l'image de celui qui l'a créé. Il n'y a là ni Grec ni Juif, ni circoncis ni incirconcis, ni barbare ni Scythe, ni esclave ni homme libre ; mais le Christ est tout et en tous." (Col 3,5 ss)


Les v 1 et 2 semblent donner une dimension cosmique à ce changement :

"Si donc vous vous êtes réveillés avec le Christ, cherchez les choses d'en haut, où le Christ est assis à la droite de Dieu. Pensez à ce qui est en haut, et non pas à ce qui est sur la terre. Car vous êtes morts, et votre vie est cachée avec le Christ en Dieu. Quand le Christ, votre vie, se manifestera, alors vous aussi vous vous manifesterez avec lui, dans la gloire"
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Narkissos



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MessageSujet: Re: Le mythe jéhoviste de la transformation de la personnalité par l'Evangile   Jeu 02 Avr 2015, 20:26

Remplacer "l'homme nouveau" (qui est le Christ ressuscité, le dernier Adam, auquel les croyants participent comme membres de son corps, animés de son esprit, pour reprendre quelques notions et images pauliniennes et post-pauliniennes susceptibles d'illustrer cette formule) par "la nouvelle personnalité", c'est dégringoler du plan du "mythe" ou du "mystère" à celui de la "psychologie moralisante". Certes, le mythe peut fonder une exhortation morale, comme c'est le cas dans Colossiens et Ephésiens, mais il ne peut le faire que parce qu'il se situe lui-même sur un tout autre plan (supérieur, transcendant, ou plus profond, selon la métaphore spatiale qu'on voudra).
Je ne sais d'ailleurs pas trop ce qui a motivé cette traduction-trahison crétine de la TMN: volonté délibérée d'escamoter une référence christologique évidente, ou de conserver quand même le bénéfice de l'exhortation morale à destination d'une "classe" (les "non-oints") à laquelle est par ailleurs refusée toute participation au "mythe", ou simple enthousiasme naïf devant une "trouvaille" modernisante ? Toujours est-il que pour le TdJ moyen, et même pour les rédacteurs des publications de la Watch, à en juger par la désinvolture avec laquelle ils utilisent ces références, la traduction a définitivement occulté le sens des textes concernés: entre "nouvelle personnalité" et "Christ ressuscité", il n'y a plus aucun rapport direct.
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MessageSujet: Re: Le mythe jéhoviste de la transformation de la personnalité par l'Evangile   Ven 03 Avr 2015, 12:11

Citation :
Je ne sais d'ailleurs pas trop ce qui a motivé cette traduction-trahison crétine de la TMN: volonté délibérée d'escamoter une référence christologique évidente, ou de conserver quand même le bénéfice de l'exhortation morale à destination d'une "classe" (les "non-oints") à laquelle est par ailleurs refusée toute participation au "mythe", ou simple enthousiasme naïf devant une "trouvaille" modernisante ? Toujours est-il que pour le TdJ moyen, et même pour les rédacteurs des publications de la Watch, à en juger par la désinvolture avec laquelle ils utilisent ces références, la traduction a définitivement occulté le sens des textes concernés: entre "nouvelle personnalité" et "Christ ressuscité", il n'y a plus aucun rapport direct.

Narkissos ... Merci de me permettre de redécouvrir ces textes, je n'avais jamais perçu ces textes de la sorte. je n'avais jamais remarqué que là, ou la TMN traduit par "et revêtez-vous de la [personnalité] nouvelle" (on notera les crochets), les autres traductions proposent :

"et vous avez revêtu le nouveau" (NBS)

"vous avez revêtu l’homme nouveau"(TOB)

Il n'est jamais question de "personnalité" et si je comprends bien le texte, "l'homme nouveau", n'est autre que le Christ, comme le confirme (3,11) : "le Christ est tout et en tous". En un mot, il ne s'agit pas de revétir la "nouvelle personnalité" mais le Christ ressuscité, le dernier Adam, auquel les croyants participent comme membres de son corps, animés de son esprit.

Je suis époustouflé par une telle trahison du texte !!!
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Narkissos



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MessageSujet: Re: Le mythe jéhoviste de la transformation de la personnalité par l'Evangile   Ven 03 Avr 2015, 13:15

On notera aussi que "Christ" était déjà l'objet (grammatical) du verbe "(re)vêtir" en Romains 13,14 et Galates 3,27 (qui prolongeaient de leur côté les images de la résurrection comme "vêture" d'un corps spirituel ou d'une demeure céleste -- au moins trois "métaphores" pour le prix d'une -- en 1 Corinthiens 15,53s et 2 Corinthiens 5,1ss). Les deutéro-pauliniennes développent ici un thème paulinien bien connu (comme elles le font de l'image connexe de la "panoplie" ou "armure", Ephésiens 6,11ss; 1 Thessaloniciens 5,8 <-- Romains 13,12). L'exhortation morale à l'impératif (la "parénèse", comme disent les exégètes), l'ordre de "revêtir" telle ou telle "vertu" (ainsi l'amour en Colossiens 3,10-14) tire toute sa force de l'indicatif du "mythe" ritualisé (par le baptême en Galates) de la mort-résurrection du Christ: c'est en lui que se fait le passage de "l'homme ancien" à "l'homme nouveau", "création" enfin bonne, tout le reste en découlant par "participation" (ou "communion"). La TMN sectionne le lien essentiel entre le "mystère" (mythe-rite) central et l'exhortation morale, celle-ci tombant aussitôt dans une banalité et une sottise consternantes (yaka changer de "personnalité").
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MessageSujet: Re: Le mythe jéhoviste de la transformation de la personnalité par l'Evangile   Ven 03 Avr 2015, 15:04

Narkissos a écrit:
On notera aussi que "Christ" était déjà l'objet (grammatical) du verbe "(re)vêtir" en Romains 13,14 et Galates 3,27 (qui prolongeaient de leur côté les images de la résurrection comme "vêture" d'un corps spirituel ou d'une demeure céleste -- au moins trois "métaphores" pour le prix d'une -- en 1 Corinthiens 15,53s et 2 Corinthiens 5,1ss). Les deutéro-pauliniennes développent ici un thème paulinien bien connu (comme elles le font de l'image connexe de la "panoplie" ou "armure", Ephésiens 6,11ss; 1 Thessaloniciens 5,8 <-- Romains 13,12). L'exhortation morale à l'impératif (la "parénèse", comme disent les exégètes), l'ordre de "revêtir" telle ou telle "vertu" (ainsi l'amour en Colossiens 3,10-14) tire toute sa force de l'indicatif du "mythe" ritualisé (par le baptême en Galates) de la mort-résurrection du Christ: c'est en lui que se fait le passage de "l'homme ancien" à "l'homme nouveau", "création" enfin bonne, tout le reste en découlant par "participation" (ou "communion"). La TMN sectionne le lien essentiel entre le "mystère" (mythe-rite) central et l'exhortation morale, celle-ci tombant aussitôt dans une banalité et une sottise consternantes (yaka changer de "personnalité").

Merci encore Narkissos de nous avoir montré comment on peut vider un texte de toute sa substance par une mauvaise traduction ... je suis vraiment effaré Shocked

"Car c'est dans un seul Esprit que nous tous — soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit hommes libres — nous avons reçu le baptême pour appartenir à un seul corps ; et nous avons tous été abreuvés d'un seul Esprit" - Cor 12,13

Celui qui est baptisé en Chrit, vit "inséré" dans le corps du Christ comme le souligne Rm 6,4-5 :

"Par ce baptême de la mort, nous avons donc été ensevelis avec lui afin que, tout comme le Christ s'est réveillé d'entre les morts, par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions sous le régime nouveau de la vie. En effet, si nous avons été assimilés à lui par une mort semblable à la sienne, nous le serons aussi par une résurrection semblable" - Rm 6,4-5



Le baptême orthodoxe se rapproche beaucoup de cette idée :


Dans l’Église orthodoxe, le mystère (ou sacrement) du baptême est nouvelle naissance, la participation à la mort et à la résurrection du Christ. C'est pourquoi il est nécessaire à la participation du renouvellement de l'homme dans le Christ.

Ce renouvellement, c'est la mort du « vieil homme », du vieil Adam, de l'homme de la Chute, pour « revêtir le Christ », présenté par saint Paul comme le nouvel Adam. Le baptême est donc véritablement une re-naissance. L'Église étant comprise comme le corps mystique du Christ, le baptême est identiquement entrée dans l'Église et participation à la vie du Christ.

Le baptême dans l'Église orthodoxe n'est pas compris comme un rite de passage seulement symbolique, mais comme étant participation réelle, mystique à la mort et à la Résurrection du Christ. Son efficacité n'est donc pas seulement considérée comme psychique, mais surnaturelle.



http://fr.wikipedia.org/wiki/Bapt%C3%AAme_orthodoxe
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MessageSujet: Re: Le mythe jéhoviste de la transformation de la personnalité par l'Evangile   Mar 07 Avr 2015, 16:11

L'apôtre Paul propose une éthique en 1 Cor 6, ou il condamne certains traits de caractères, en précisant : "Et pourtant c'est là ce que vous étiez — quelques-uns d'entre vous. Mais vous avez été lavés, vous avez été consacrés, vous avez été justifiés par le nom du Seigneur Jésus-Christ et par l'Esprit de notre Dieu"

Pour combattre le relachement moral de l'Eglise de Corinthe, Paul argument d'une manière particulière et qui ne se limite pas à une simple éthique :

"Tout m'est permis, mais tout n'est pas utile ; tout m'est permis, mais moi, je ne permettrai à rien d'avoir autorité sur moi. Les aliments sont pour le ventre, comme le ventre pour les aliments ; Dieu réduira à rien celui-ci comme ceux-là. Mais le corps n'est pas pour l'inconduite sexuelle : il est pour le Seigneur, comme le Seigneur pour le corps. Or Dieu, qui a réveillé le Seigneur, nous éveillera aussi par sa puissance. Ne savez-vous pas que votre corps fait partie du corps du Christ ? Prendrai-je donc des parties du corps du Christ pour en faire des parties d'un corps de prostituée ? Jamais de la vie !"(6,12-15)

Au v. 13, Paul argumente en soulignant que "le corps est pour le Seigneur et le Seigneur est pour le corps" et "Ne savez-vous pas que votre corps fait partie du corps du Christ ?" (v 15)

La transformation des croyants ("Et pourtant c'est là ce que vous étiez"), ne repose pas uniquement sur une morale particulière (la connaissance biblique qui influencerait notre inclination morale) mais sur le lien mystique qui existe entre les croyants et le Christ, les corps sont les membres du corps de Christ, "Mais celui qui s'attache au Seigneur est avec lui un seul Esprit" (v 17)
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Narkissos



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MessageSujet: Re: Le mythe jéhoviste de la transformation de la personnalité par l'Evangile   Mar 07 Avr 2015, 23:26

Le "mystère" marque, sans aucun doute, une résurgence du "sacré" (d'autres diraient une "rechute" ou une "régression" dans le "sacré"). Il n'y a qu'à observer le lexique et les tropes ("métaphores", "métonymies" et autres "figures de style") pauliniens et néotestamentaires en général: ici "lavé" = "purifié", "sanctifié" = "consacré", analogie du "corps" au "temple" impliquant une (contre-)sexualité "sacrée" qui rivalise avec la "prostitution sacrée" (celle-ci apparaît incompatible précisément parce qu'elle se place sur le même "plan", c'est le côté "glissant" de l'argument), ailleurs "sacrifice", d'"expiation", de "propitiation", de "communion", de "louange" ou d'"action de grâces", la participation au "mythe" christique de mort et de vie nouvelle n'évoque une "sainteté" supra-morale qu'en renvoyant, à la lettre, à l'univers "infra-" ou "pré-moral" du sacré et du rite.

On a souvent relevé que l'apport majeur des Prophètes à la "Bible hébraïque" (AT) avait consisté à subvertir la logique "sacrale" et "rituelle" des prêtres pour la "moraliser". Une logique purement sacrale et sacerdotale, en effet, est foncièrement amorale. Il s'agit seulement pour elle d'assurer l'ordre rituel qui tient le "sacré" à juste distance du "profane", de telle manière qu'il y ait de celui-là à celui-ci rapport de "bénédiction" et non de "malédiction". C'est un souci a priori "formel", "structurel" avant la lettre, qui se cantonne à l'accomplissement d'un rite (notamment sacrificiel) selon des règles précises. En y introduisant des considérations "morales" relatives au champ "profane" (p. ex. vos sacrifices au sanctuaire ne valent rien, ils sont même "impurs" et "péché", "profanation" et "sacrilège", si par ailleurs vous opprimez les pauvres), la prédication prophétique détournait vers une morale "laïque" (et principalement sociale) le sens même du "sacré". Et même si tel n'était pas son propos immédiat, cela ne pouvait qu'aboutir, à terme, à une "religion morale" où le "sacré" en tant que tel n'avait plus aucun sens ni aucune valeur propres: à quoi bon le rite, les sacrifices, les purifications, si "Dieu", au fond, n'a jamais voulu rien d'autre que la justice et/ou la bonté morales ? C'est à peu près le discours qui deviendra dominant dans le judaïsme hellénistique, qu'il veuille conserver l'observance concrète du rite pour son "sens" symbolique ou allégorique (comme c'est le cas de Philon) ou au contraire s'en défaire au nom de ce "sens" même (ainsi le judaïsme hellénistique anti-temple et anti-rituel qui transparaît dans le discours d'Etienne en Actes 7 ou de façon plus "dialectique" dans l'épître aux Hébreux, et bien sûr l'"antinomianisme" -- le discours anti-loi, anti-Torah -- de "Paul", en Romains et Galates surtout).

Le christianisme du N.T., en particulier dans ses "branches" paulinienne et johannique, est héritier de cette double tradition ("sacrale-sacerdotale" et "morale-prophétique") selon l'économie de son temps. D'un côté il croit comme presque tout le monde contemporain à la supériorité de la vertu morale sur le rite traditionnel, et se détache donc le plus souvent sans difficulté du rituel spécifiquement "juif" (circoncision, sabbat, sacrifices, règles alimentaires; seul Matthieu y fait exception, puisque l'antipaulinisme de l'épître de Jacques ne plaide que pour la loi "morale", essentiellement sociale, et pas du tout pour une loi rituelle). De l'autre, le "sacré" refoulé fait retour dans les "mystères", qui convoquent dans leur nouvelle religiosité de "salut" et de "vie éternelle" tout le vieux vocabulaire sacerdotal du péché, du sacrifice, de l'expiation, de la purification, de la sanctification-consécration, etc.

Quand il y a (de nouveau) un "sacré", amoral par essence même quand il se veut supra-moral, il s'avère très délicat d'y articuler un discours "moral" ordinaire. C'est, on l'a souvent remarqué, le point le plus "faible" de la rhétorique paulinienne. Il y a certes une grande force (au moins symbolique) dans son versant positif, en prise directe sur le "mythe": vivre de la vie du Christ, pour autant qu'on participe à sa mort, c'est croire que la "morale" suivra, automatiquement, (sur-)naturellement, pour ne pas dire magiquement, comme "fruit de l'Esprit" et singulièrement "amour" tout-puissant. Mais quand on constate que ça ne "marche" pas (comme on voudrait !), que faire, que dire, sinon retourner à la récitation du mythe comme on répétait le sacrifice ? Dans le cas de "Paul", une fois posé que "tout est permis", l'exhortation morale (la "parénèse") ne peut plus s'appuyer que sur des considérations pragmatiques, de "bon sens" ("tout n'est pas utile" ou "édifiant-constructif"), de "convention" ou de "convenances" extérieures (ne pas faire "scandale", ne pas être "pire que les païens", avoir un "bon témoignage au dehors", "la nature elle-même n'enseigne-t-elle pas" ?). Et si l'on veut malgré tout faire dériver du "sacré" une morale négative ou critique (je veux dire une morale qui ne se contente pas de prescrire positivement "l'amour" mais qui soit capable de "juger", de "censurer", de "condamner" tel ou tel comportement), la "superstition" (au sens moderne ou déjà latin) n'est jamais loin: quand Paul rattache des "maladies" ou des "morts" à l'abus du rite eucharistique en 1 Corinthiens 11, il reproduit le vieux modèle sacerdotal où le sacrilège était instantanément foudroyé ou poursuivi d'une malédiction inexorable, indépendamment de toute "morale" au sens où nous l'entendons. De même au chapitre 6, la pornéia comprise comme "péché contre le corps-temple" est interprétée sur le modèle de la profanation du "sacré", entraînant une sorte de vengeance immanente de celui-ci (comparer 6,19 et 3,17s).

Pour en revenir aux TdJ (point de départ de ce fil), il est vrai que dans leur immense majorité la doctrine watchtowérienne les "prive", si l'on peut dire, de tout rapport direct ou immédiat au "mythe" christique. Pour les "non-oints" à qui est refusée la participation même "symbolique" au "Mémorial" eucharistique, nulle "communion" au corps et au sang du Christ, et le "baptême" qu'ils reçoivent par une inconséquence remarquable ne les constitue pas en "membres du corps du Christ", associés à sa mort et à sa vie nouvelle, et animés de son Esprit (sinon dans un sens secondaire, médiat, dérivé par rapport aux "oints"). Pourtant, à mon sens, leurs règles de comportement relèvent beaucoup plus d'une logique "sacrale" que strictement "morale". On attend bien du "converti" un "changement de personnalité" spectaculaire, voire miraculeux, et quand ça arrive (ou paraît arriver) on ne manque pas de le dépeindre comme tel (voir les exemples ci-dessus). Quand aux exhortations pratiques qui suivent (et Dieu sait qu'elles sont nombreuses), elles se fondent nettement plus sur le désir de la "bénédiction" divine et de la "vie éternelle", et la terreur complémentaire de la "malédiction" et de la "destruction", que sur les considérations "humaines" et "rationnelles" (comme l'effet de tel ou tel comportement sur autrui ou sur la société en général) qui constituent la "morale" commune, celle qui est censée commencer où le "sacré" s'arrête.
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MessageSujet: Re: Le mythe jéhoviste de la transformation de la personnalité par l'Evangile   Mer 08 Avr 2015, 13:36

Citation :
Pourtant, à mon sens, leurs règles de comportement relèvent beaucoup plus d'une logique "sacrale" que strictement "morale". On attend bien du "converti" un "changement de personnalité" spectaculaire, voire miraculeux, et quand ça arrive (ou paraît arriver) on ne manque pas de le dépeindre comme tel (voir les exemples ci-dessus). Quand aux exhortations pratiques qui suivent (et Dieu sait qu'elles sont nombreuses), elles se fondent nettement plus sur le désir de la "bénédiction" divine et de la "vie éternelle", et la terreur complémentaire de la "malédiction" et de la "destruction", que sur les considérations "humaines" et "rationnelles" (comme l'effet de tel ou tel comportement sur autrui ou sur la société en général) qui constituent la "morale" commune, celle qui est censée commencer où le "sacré" s'arrête.

L'aspect miraculeux et spectaculaire du changement de personnalité est constamment présent dans les artticles de la Tour de Garde :


Citation :
DANS sa jeunesse, Adrian était rempli de rage et de ressentiment. Irascible, il cédait à de violents accès de colère. Il fumait, s’enivrait et menait une vie immorale. Connu comme punk, Adrian avait un piercing au nez et portait un tatouage qui reflétait son penchant pour l’anarchie. Parlant de ces années, il raconte : “ Je me coiffais à la punk et me hérissais les cheveux en les enduisant de colle. Je les teignais parfois, en rouge ou d’une autre couleur. ”
Adrian est parti vivre dans un taudis avec d’autres jeunes rebelles en compagnie desquels il buvait et se droguait. “ Je prenais du ‘ speed ’, que je m’injectais avec du Valium ou avec tout ce qui me tombait sous la main ”, se rappelle-t-il. “ Quand j’étais à court de drogue ou de colle à snifer, j’allais siphonner les réservoirs d’essence des voitures pour atteindre l’euphorie. ” Sa vie de délinquant des rues fit de lui un individu dangereux et extrêmement violent. La plupart des gens ne voulaient rien avoir à faire avec lui, mais, d’un autre côté, sa réputation attirait à lui d’autres délinquants.
(...)
Sa connaissance de plus en plus profonde de la Bible a exercé une heureuse influence sur sa conscience et a donné une nouvelle direction à sa vie. Il est parvenu à refréner sa hargne et à cultiver la maîtrise de soi. La puissance de la Parole de Dieu a fini par métamorphoser sa personnalité. — Hébreux 4:12.
 
http://wol.jw.org/fr/wol/d/r30/lp-f/2003845

L'article se réfère à Hébreux 4,12 :

"Car la parole de Dieu est vivante, agissante, plus acérée qu'aucune épée à deux tranchants ; elle pénètre jusqu'à la division de l'âme et de l'esprit, des jointures et des moelles ; elle est juge des sentiments et des pensées du cœur"

L'expression, "la parole de Dieu", ne fait pas allusion à "notre" Bible qui n'existait pas à l'époque. Je ne vois pas dans ce texte la notion de "métamorphose" mais de mise à nu. 


Citation :
Au commencement (de la technique) est le logos qui perce, ronge, pénètre, fend, déchire, rompt, coupe, découpe, tranche, sépare, creuse, fouille.
Masculin bien sûr, performant l'analyse mère de toutes les -lyses. Et préalable à toute synthèse ou (re-)construction.

La métaphore du verbe glaive vient de loin, et avec lui l'arraisonnement: dans un sens qui dépasse peut-être celui que lui prête Heidegger; le verbe éventrant met au jour, porte à la lumière, demande raison. Pas de -logie qui ne soit photologie (J. Derrida).

Car le verbe de Dieu (ho logos tou theou, masculin!) est vivant, agissant, plus acéré qu'aucune épée à deux tranchants; il pénètre jusqu'à la division de l'âme et de l'esprit, des jointures et des moelles; il est juge des sentiments et des pensées du coeur. Il n'est pas de création qui échappe à son regard: tout est mis à nu et offert aux yeux de celui à qui nous devons rendre compte (pros hon hèmin ho logos)."
(Epître aux Hébreux, iv, 12s).

Dans le premier récit de la Genèse, la création (br', verbe à première vue bien neutre et abstrait malgé le "découper", "tailler" qui hante peut-être encore son étymologie) n'est plus carcasse de monstre océanique coupé en deux. Mais le Verbe sacerdotal n'en est pas moins, systématiquement, séparation de l'indistinct (tohu-bohu), dont le premier mot est à la fois être et lumière, être de la lumière et lumière de l'être. Fiat lux, yehi 'ôr.

http://oudenologia.over-blog.com/article-30075005.html

Narkissos merci de nous rappeller que le comportement moral que préconise la Watchtower ne repose pas sur des motivations  morales  mais sur le désir de bénédiction, de promesse de vie éternelle ou sur la peur de la destruction ou de la malédiction.
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MessageSujet: Re: Le mythe jéhoviste de la transformation de la personnalité par l'Evangile   Mer 08 Avr 2015, 15:22

free a écrit:
le comportement moral que préconise la Watchtower ne repose pas sur des motivations pas morales  mais sur le désir de bénédiction, promesse de vie éternelle ou sur la peur de la destruction

N'eût été le "pas" de trop qui permet de lire dans cette phrase une chose et son contraire, je m'en voudrais de dire des choses aussi "tranchées" ! ;)
C'est compliqué de toute façon: d'un point de vue "religieux" ou "théologique" on peut reprocher aux TdJ de déconnecter la "morale" du "mythe" ou du "mystère" christ(olog)ique, donc de la faire reposer intégralement sur une décision et des efforts "humains". Et d'un point de vue profane, séculier, laïque, au contraire, on lui reprochera de trop croire à l'opération plus ou moins miraculeuse du "Saint-Esprit" en la matière...
L'opposition entre "sacré" et "morale" que j'esquissais plus haut mériterait d'ailleurs d'être compliquée davantage, au risque de s'effondrer: 1°) même si en principe les règles rituelles du "sacré" sont indépendantes de la "morale profane" (comme de la justice civile), en fait la distinction n'est jamais "pure" et il y a entre les deux une intersection, une "zone intermédiaire", où les "fautes" morales ou les "crimes" civils constituent aussi des "péchés" rituels -- ainsi dans la Torah l'adultère, à la fois "crime civil" (comme atteinte à la "propriété" d'autrui) et "souillure" rituelle (qui interdit l'accès à toute "purification" ou "expiation"); 2°) si dans une "morale profane" le "sacré" n'a en principe pas voix au chapitre, le "bien" et le "mal" devant se déterminer indépendamment de toute idée de récompense ou de châtiment divin, en fait il n'en est jamais vraiment ainsi. Car même hors de toute surdétermination religieuse il reste un fond "sacral" indéracinable dans la "conscience", un désir d'être "bon" et une hantise d'être "mauvais" dont personne n'est sans doute complètement indemne. Et là où la morale se veut parfaitement "désintéressée", comme dans l'idéalisme platonicien ou kantien qui entend la déterminer hors de toute considération de récompense ou de châtiment, c'est alors qu'elle devient tout à fait "sacrée" à la place du "sacré"...
Reste que les TdJ, comme souvent, offrent une image très caricaturale de ce problème, qui se prête elle-même à la caricature... (je repense à un des premiers films d'Almodóvar, Femmes au bord de la crise de nerfs, où l'on voyait une concierge TdJ expliquer qu'elle ne pouvait pas mentir parce qu'elle était Témoin de Jéhovah, mais que sinon elle le ferait volontiers...).
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MessageSujet: Re: Le mythe jéhoviste de la transformation de la personnalité par l'Evangile   Mer 08 Avr 2015, 15:35

Citation :
Reste que les TdJ, comme souvent, offrent une image très caricaturale de ce problème, qui se prête elle-même à la caricature... (je repense à un des premiers films d'Almodóvar, Femmes au bord de la crise de nerfs, où l'on voyait une concierge TdJ expliquer qu'elle ne pouvait pas mentir parce qu'elle était Témoin de Jéhovah, mais que sinon elle le ferait volontiers...).

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MessageSujet: Re: Le mythe jéhoviste de la transformation de la personnalité par l'Evangile   Mer 08 Avr 2015, 16:28

Citation :
Quand il y a (de nouveau) un "sacré", amoral par essence même quand il se veut supra-moral, il s'avère très délicat d'y articuler un discours "moral" ordinaire. C'est, on l'a souvent remarqué, le point le plus "faible" de la rhétorique paulinienne. Il y a certes une grande force (au moins symbolique) dans son versant positif, en prise directe sur le "mythe": vivre de la vie du Christ, pour autant qu'on participe à sa mort, c'est croire que la "morale" suivra, automatiquement, (sur-)naturellement, pour ne pas dire magiquement, comme "fruit de l'Esprit" et singulièrement "amour" tout-puissant.

Tite 3, 3 ss, semble développer l'idée que le comportement moral n'est pas le résultat d'un mérite personnel mais la conséquence du "bain de la nouvelle naissance", donc un aspect rituel. Il m'appariat que la TMN trahi l'esprit des textes d'Eph et Col qui relie le comportement moral, non à des aptitudes particulières ou à certains vertus mais au fait de revetir le Christ.

"en effet, nous étions autrefois stupides, rebelles, égarés, esclaves de toutes sortes de désirs et de plaisirs ; nous vivions dans la malfaisance et dans l'envie, nous étions odieux et nous nous détestions les uns les autres. 
Mais lorsque la bonté de Dieu, notre Sauveur,
et son amour pour les humainsse sont manifestés
 — non pas parce que nous aurions fait des œuvres de justice,
mais en vertu de sa propre compassion —
il nous a sauvés par le bain de la nouvelle naissance
et du renouvellement procédant de l'Esprit saint"
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MessageSujet: Re: Le mythe jéhoviste de la transformation de la personnalité par l'Evangile   Ven 10 Avr 2015, 01:26

Malgré tout ce qui les différencie, les TdJ ont en commun avec la plupart des "évangéliques" de séparer (conceptuellement et chronologiquement) la "conversion" du baptême, réduisant celui-ci à un acte purement "symbolique", qui n'a plus grand-chose à "opérer" puisque avant lui "l'essentiel" est déjà fait.
La "conversion" est généralement comprise chez les évangéliques comme instantanée, indépendamment de ce qui la précède (et qui peut être très différent, selon qu'il s'agit par exemple d'un jeune issu d'une famille évangélique ou d'un "converti" de l'extérieur); synonyme de "nouvelle naissance", elle rend aussitôt l'intéressé pleinement "chrétien", quoi qu'il en soit de sa conduite (au moins jusqu'au jour J et à l'heure H de la "conversion"), et qu'il se fasse ensuite (re-)baptiser ou non selon l'usage de l'Eglise à laquelle il s'intégrera le cas échéant.
Chez les TdJ c'est un processus plus long et plus "rationnel" (si l'on peut dire): l'"étude biblique" entraînant progressivement une adhésion intellectuelle à la doctrine et une conformation pratique au "mode de vie" jéhovistes, le tout étant dûment contrôlé en fin de parcours par une longue série de questions avant que le "candidat" puisse être baptisé et devenir officiellement "chrétien" (= Témoin de Jéhovah) à part entière (sans être "né de nouveau" pour autant).
Dans les deux cas on est assez loin du modèle néotestamentaire (notamment, comme on l'a vu dans ce fil, des textes "pauliniens" au sens le plus large, de 1 Corinthiens aux Pastorales), qui attribue beaucoup plus d'"efficacité" à l'acte même du baptême -- celui-ci étant par ailleurs généralement présenté comme "instantané" dans les Actes, quoiqu'on puisse douter du "réalisme" de cette description: dès le IIIe siècle en tout cas, le baptême (des adultes ou des adolescents) est précédé de deux à trois ans de "catéchuménat".

P.S. Je n'ai commenté jusqu'ici que les aspects bibliques et théologiques de ce fil, non l'argument de départ qui me paraît, à vrai dire, infiniment plus problématique.
Il y a un antagonisme, "fonctionnel" ou non selon le cas, peut-être pas irréductible mais profond, entre "liberté" et "sécurité". Que ces deux notions soient aussi "mythiques" l'une que l'autre, y compris au sens le plus négatif du mot (illusoires et artificielles, fausses, fictives et factices), n'y change rien.
On ne peut pas accroître la "sécurité" de la société ni des individus sans restreindre leur "liberté"; ce qu'on fait bien sûr en emprisonnant les criminels et autres délinquants -- mais plus on voudra augmenter la "sécurité" plus il deviendra difficile de les laisser sortir, même après qu'ils ont purgé leur peine et "démontré" autant qu'on voudra leur "amendement", parce qu'ils représenteront toujours un "risque" réel ou imaginaire qu'il faudrait accepter de courir aux dépens de la "sécurité", et dont plus personne ne voudra assumer la responsabilité; et on finit par rêver de ne plus attendre le "passage à l'acte" mais de mettre préventivement des "prédateurs" potentiels "hors d'état de nuire" avant même qu'ils commettent quoi que ce soit, en "dépistant" des "prédispositions" dans l'ensemble de la population. En tout cela, la parole des "experts" (psychiatres, psychologues et assimilés), eux-mêmes pétant de trouille à l'idée de "se tromper" et préférant toujours se tromper du côté de la "sécurité" que de la "liberté" parce que l'enjeu est pour eux tout autre, prend le pas sur les considérations strictement juridiques, pour ne rien dire des "croyances" religieuses et autres. A la limite, pour que tout le monde soit en sécurité il faut que tout le monde soit en prison, au sens propre ou figuré (prisonnier d'habitudes, d'intérêts ou de croyances qui rendent l'individu a priori "prévisible", "fiable" et "inoffensif" -- et encore, on ne sera jamais assez sûr qu'un mouton ne se transforme pas en loup sans crier gare, ou qu'un grain de sable ne vienne pas se glisser dans la mécanique; est-il besoin de préciser qu'aucune de ces "métaphores" n'est anodine, qu'elles révèlent au contraire quel genre de société -- grégaire et technicienne, notions d'ailleurs susceptibles de se rejoindre dans celle d'"élevage industriel" -- se trame sous le nom de "sécurité" ?).
Il est impossible de vouloir une quelconque "liberté" pour soi-même et pour les autres sans un minimum de "foi", de confiance toujours menacée de s'avérer naïve, mal placée ou trompée, dans cette "liberté" indéfinissable et dans une parole prétendument "libre", la sienne ou celle de l'autre, qui peut toujours tromper et se tromper, trahir, se dédire et se contredire, jurer et parjurer.
Ce qu'on oppose aux "mythes" de la "repentance" et de la "conversion", de la "guérison" ou de l'"amendement moral" (qui sont assurément des "mythes", des objets de foi), c'est encore du "mythe" et je ne suis pas sûr (litote) qu'il soit meilleur.

Voir aussi http://etrechretien.discutforum.com/t538p60-christianisme-mariage-procreation-et-sexualite (discussion du 14.4.2015).
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MessageSujet: Re: Le mythe jéhoviste de la transformation de la personnalité par l'Evangile   Ven 17 Avr 2015, 13:36

Citation :
Il est impossible de vouloir une quelconque "liberté" pour soi-même et pour les autres sans un minimum de "foi", de confiance toujours menacée de s'avérer naïve, mal placée ou trompée, dans cette "liberté" indéfinissable et dans une parole prétendument "libre", la sienne ou celle de l'autre, qui peut toujours tromper et se tromper, trahir, se dédire et se contredire, jurer et parjurer.
Ce qu'on oppose aux "mythes" de la "repentance" et de la "conversion", de la "guérison" ou de l'"amendement moral" (qui sont assurément des "mythes", des objets de foi), c'est encore du "mythe" et je ne suis pas sûr (litote) qu'il soit meilleur.

Je pense que l'on fait rêver les gens avec l'idée d'une société ou l'on a éradiquer le crime et qui propose une sécurité absolue (ou un "paradis spirituel"). Le récit d'Abel et Caïn montre que la violence fait partie de la condition humaine, comme la liberté et la responsabilité. 
Le danger de cette vision réside dans le fait l’on ne sera plus jugé pour ce que l’on aura fait, mais pour ce que l’on est (délinquant sexuel, alcoolique ...).
Faut-il emprisonner à vie l’alcoolique qui risque demain de prendre le volant et de tuer des innocents ?
Nous n'avons pas d'autre choix que d'accepter le bien et le mal de l'humanité.
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MessageSujet: Re: Le mythe jéhoviste de la transformation de la personnalité par l'Evangile   Ven 17 Avr 2015, 23:52

Pour être impertinente -- voire franchement scandaleuse dans son contexte narratif -- la question de Caïn n'en était pas moins pertinente; prophétique, dirais-je même, au sens où elle me paraît de plus en plus "actuelle" et "brûlante": Suis-je le gardien de mon frère ?
A l'heure de la bien-sur-veillance généralisée ("pour votre sécurité"), nous n'avons pas fini de l'entendre ricaner, ou hurler au loin comme un loup solitaire derrière le concert des bêlements, le père Caïn...
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MessageSujet: Re: Le mythe jéhoviste de la transformation de la personnalité par l'Evangile   Lun 20 Avr 2015, 13:01

Citation :
Pour être impertinente -- voire franchement scandaleuse dans son contexte narratif -- la question de Caïn n'en était pas moins pertinente; prophétique, dirais-je même, au sens où elle me paraît de plus en plus "actuelle" et "brûlante": Suis-je le gardien de mon frère ?

Il est interessant de noter que le concept de la "nouvelle personnalité" de la Watchtower cotoie le "fantasme de la pureté".
La "pureté" qui caracteriserait la WT est assurée par  un système disciplinaire qui encourage la délation qui est analysée comme une "vertu", un moyen de protéger le "pècheur".


« Révéler les fautes contribue à préserver la pureté de la congrégation. Jéhovah est un Dieu pur, un Dieu saint, qui exige la pureté spirituelle et morale de ses adorateurs. »
« Pourquoi révéler ce qui est mal » - « La Tour de Garde » du 15 août 1997, page 28

« Notre désir de préserver la pureté de la congrégation ne devrait-il pas nous pousser à signaler aux anciens toute conduite sexuelle immorale que nous viendrions à connaître ? »
« Points marquants du livre des Nombres » - La Tour de Garde du 1er aout 2004, page 27
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MessageSujet: Re: Le mythe jéhoviste de la transformation de la personnalité par l'Evangile   Mar 21 Avr 2015, 15:41

Il y a évidemment une certaine jouissance à voir ceux qui prêchent la délation "interne" se faire taper sur les doigts (notamment dans les affaires de "pédophilie") pour n'avoir pas assez pratiqué la délation "externe"; cette histoire d'arroseur arrosé ferait presque oublier que la délation tout court est la grande gagnante de l'affaire, toutes catégories confondues: son principe même s'en trouve désormais justifié et conforté, y compris pour ses usages "sectaires".
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MessageSujet: Re: Le mythe jéhoviste de la transformation de la personnalité par l'Evangile   Mar 21 Avr 2015, 17:48

Je me souviens d’un propos très troublant, que j’ai eu avec un ancien missionnaire TdJ, qui avait travaillé en secret pour l’organisation des TdJ dans un pays soumis à une dictature communiste. Il m’avait expliqué que dans ce genre de société, chacun est tenu responsable de la « moralité » des autres, et que tout le monde se trouve plus ou moins « espionné » par tout le monde, toute dérive étant signalée aux « gardiens » de la pureté et de la « bonne moralité » du peuple. Sa conclusion m’avait tellement frappé que je crois le citer quasiment mot pour mot : « Finalement, nous devons faire un peu de même au sein du peuple de Jéhovah, sauf que nous, nous avons contrairement à eux de bonnes raisons de le faire. »
Chaque TdJ a le devoir de repérer toute « déviance » aux normes du groupe chez ses coreligionnaires, et de la dénoncer.

Là encore, cet encouragement à la délation au nom de la pureté idéologique du groupe est tristement banale...
Je n’ai jamais entendu un seul Témoin de Jéhovah remettre cette pratique —qui est celle de toutes les dictatures du monde— en question, pas un seul qui se soit jamais demandé, par exemple, pourquoi Joseph est qualifié de « juste » par l’évangile de Matthieu (1.19), lorsqu’il est justement en train de refuser de dénoncer publiquement Marie (alors que la « culpabilité » de cette dernière ne fait aucun doute pour lui, puisqu’il veut tout de même « divorcer »)... Chez les TdJ, Joseph serait normalement exclu pour ça !

http://www.tj-revelation.org/De-la-banalite-de-ce-que-l-on-a,573
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MessageSujet: Re: Le mythe jéhoviste de la transformation de la personnalité par l'Evangile   Mar 21 Avr 2015, 18:01

Citation :
La paix passe donc après la pureté, c’est-à-dire après le respect des normes divines en matière de moralité et de justice. Si un chrétien découvre qu’un de ses compagnons a commis un péché grave, il doit l’encourager à le confesser aux anciens (1 Cor. 6:9, 10 ; Jacq. 5:14-16). En cas de refus du transgresseur, c’est à lui de révéler la faute aux anciens. S’il gardait le silence par souci de maintenir la paix avec le pécheur, il commettrait une grossière erreur, car il se rendrait complice de son péché. — Lév. 5:1 ; lire Proverbes 29:24.

http://wol.jw.org/fr/wol/d/r30/lp-f/2011611

La WT pour justifier la délation cite Lév 5,1 et Pro 29,24 :

 "Si maintenant une âme pèche en ce qu’elle a entendu une imprécation publique, et elle est témoin ou elle a vu ou est venue à savoir la chose, si elle ne la révèle pas, alors elle devra répondre de sa faute."(TMN)

"Qui partage avec un voleur a de la haine pour son âme. Il vient à entendre un serment lié à une imprécation, mais il ne révèle rien."(TMN)
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MessageSujet: Re: Le mythe jéhoviste de la transformation de la personnalité par l'Evangile   Mer 22 Avr 2015, 11:07

Citation :
La WT pour justifier la délation cite Lév 5,1:

"Si maintenant une âme pèche en ce qu’elle a entendu une imprécation publique, et elle est témoin ou elle a vu ou est venue à savoir la chose, si elle ne la révèle pas, alors elle devra répondre de sa faute."(TMN)

Voici le commentaire de R.Frantz dans son livre "la liberté chrétienne" :



Dans leur Commentaire de l’Ancien Testament (angl.), MM. Keil et Delitzsch affirment qu’on jugeait coupable d’une faute ou d’un péché quiconque “avait connaissance du délit commis par un individu (soit qu’il l’ait vu, soit qu’il en ait entendu parler de façon ou d’autre) et, tenu à ce titre de témoigner devant un tribunal pour confondre son auteur, n’agissait pas dans ce sens. Il taisait donc ce qu’il avait vu ou appris, alors qu’au moment de l’enquête publique sur le méfait commis il avait entendu le juge enjoindre solennellement de se présenter comme témoins toutes les personnes sachant quelque chose de l’affaire”.

Israël était une nation distincte des autres nations ; le fonctionnement de son système judiciaire était le suivant ; les affaires criminelles, les délits importants étaient traités par les anciens d’un village ou d’une ville, mais également les cas se rapportant aux conflits entre individus ; la cour siégeait à la porte de la ville Lorsqu’il y avait appel à témoins, ceux-ci déposaient publiquement, l’appel à témoins était suivi ‘dune imprécation solennelle ou d’une imprécation publique

Il n’était pas question sous la loi mosaïque d’intervenir en faveur de pécheurs ayant commis des fautes graves comme le blasphème contre Dieu, le détournement des Israélites vers l’idolâtrie, le versement du sang innocent et même les faux prophètes. Cependant on ne trouve nulle part l’obligation imposée à chaque Israélite de rapporter aux anciens, tout manquement sérieux de son prochain.

Ainsi l’appel à témoin, y compris le passage, cité, de Lévitique 5 : 1, était une décision prise par les anciens ; c’était le moment pour les témoins d’une affaire de se manifester, ils étaient mis devant leurs responsabilités. On est loin de la relecture des Ecritures suggéré par le rédacteur de l’article de la Tour de Garde, il n’est pas question dans la loi de Dieu de transformer les Israélites en délateurs potentiels, informateurs au service des anciens siégeant à la porte de la ville, leur rapportant chaque manquement observé.
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MessageSujet: Re: Le mythe jéhoviste de la transformation de la personnalité par l'Evangile   

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Le mythe jéhoviste de la transformation de la personnalité par l'Evangile
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