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 la tolérance religieuse dans l'Ancien Testament

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Narkissos

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MessageSujet: Re: la tolérance religieuse dans l'Ancien Testament   Mar 09 Sep 2014, 15:14

Je ne trouve pas que la notion de révélation soit ici très pertinente (en jargon structuraliste: ce n'est pas un "marqueur" assez "discriminant" pour être "opératoire" dans le "champ" religieux).
Dans toute "religion" il y a de la "révélation": le monothéisme n'en a nullement l'apanage. Prophétie, oracle, divination, tout cela qui existe dans le polythéisme, mais aussi dans ce qu'on a qualifié d'"animisme" ou de "culte des ancêtres", participe de la "révélation" et en fournit le modèle, auquel s'apparentent encore l'"éveil" bouddhique et toutes sortes d'"initiations", indépendamment de tout "théisme". Tout rite, si ancestral et obscur soit-il, se rattache à un (et généralement plus d'un) récit étiologique, mythique ou légendaire, qui en fait la "révélation" d'un dieu, d'un esprit ou d'un ancêtre, de quelque manière de transcendance extraordinaire transcendant l'ordinaire. A la question "pourquoi fait-on ce qu'on fait ?" répond toujours une histoire qui est un récit de révélation. Et même en dehors du champ religieux nous nous comportons à l'égard des "découvertes" scientifiques, des "inventions" techniques, des "progrès" moraux, sociaux ou politiques et des dernières modes culturelles comme envers autant de "révélations".
Le critère de l'universalisme (au sens de la prétention à l'universalité) serait peut-être plus décisif. Mais sur ce terrain-là les religions sont depuis longtemps relevées, dépassées et distancées par la "raison", la "science", la "démocratie" et les "droits de l'homme". En matière d'universalité, le pape (même l'émérite Benoît XVI) n'oserait plus prétendre au nom de la "révélation" chrétienne le dixième de ce que le plus médiocre politicien ou le plus insignifiant journaliste prétend quotidiennement sans sourciller -- et le plus souvent sans même s'en rendre compte -- au nom de ces "révélations"-là.
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MessageSujet: Re: la tolérance religieuse dans l'Ancien Testament   Mer 10 Sep 2014, 15:13

Ruth est un cas (rare je crois) de proposition d'un vrai choix (pas comme en Dt 30 "je mets aujourd’hui devant toi la vie et le bonheur, la mort et le malheur") ...
Alors que Noémi pratique la religion d'Israël, ces belles-filles sont moabites et Noémi les invite à retourner dans leurs pays d'origine et donc par la même, à la pratique d'une religion qui ne rend pas un culte à Yhwh. Orpa, accepte de retourner chez son peuple. Quant à Ruth, malgré l'insistance de Noémi, qui l'incite à repartir chez les moabites, elle dit : "ton peuple sera mon peuple, et ton dieu sera mon dieu"

Il n'y a pas de volonté de la part de Noémi de détourner ses belles-filles de leur cultures et de leurs Dieux.
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MessageSujet: Re: la tolérance religieuse dans l'Ancien Testament   Mer 10 Sep 2014, 19:03

Outre que le livre de Ruth s'inscrit à contresens du Deutéronome -- de son exclusivisme identitaire en général, de son refus des mariages mixtes et de son rejet des Moabites en particulier (cf. le chap. 23 dont il était question sur un autre fil), l'ajout généalogique final poussant la "provocation" jusqu'à faire de Ruth l'ancêtre du roi David -- on remarquera que le "choix" de Ruth (1,16) n'y est pas présenté comme essentiellement "religieux" (contrairement à ce qui s'en dit souvent): c'est un attachement "humain", "personnel" (à Noémi), qui motive le changement de lieu (de pays ou de terre) dont tout le reste (changement de peuple et de dieu) découle, selon la vieille logique polythéiste dont nous avons parlé précédemment -- à chaque peuple sa terre et son dieu tutélaire, et trilatéralement; cf. sur ce fil la discussion de la p. 1 (14/8) et (encore) Juges 11,23s; 1 Samuel 26,19 (exiler quelqu'un, c'est le condamner à servir d'autres dieux); 2 Rois 5,17 (il faut, littéralement, de la terre d'Israël pour servir Yahvé).
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MessageSujet: Re: la tolérance religieuse dans l'Ancien Testament   Mar 16 Sep 2014, 14:19

Citation :
En ce qui concerne plus précisément les "arts occultes" (magie, divination, etc.), réprimés par la Torah et réprouvés par les Prophètes, il faut aussi rappeler que la Sagesse (universaliste et inclusive par nature) a toujours eu à leur égard une attitude beaucoup plus accueillante: aux yeux des "sages" ils font partie de la "réalité" que ceux-ci se doivent de connaître, de comprendre et de maîtriser. Dans la tradition juive ultérieure la "science" de Salomon inclut explicitement la magie (sur le cas particulier de l'exorcisme, cf. http://oudenologia.over-blog.com/pages/y-a-quelqu-un-8305591.html ), et de ce point de vue il n'est pas si étonnant de voir des héros "super-sages" comme Joseph ou Daniel exceller et triompher sur ce terrain-là.

La campagne que mena Josias en 2 Rois 23,24 ("De plus, Josias élimina les spirites et les médiums, les teraphim, les idoles et toutes les horreurs qui se voyaient au pays de Juda et à Jérusalem") afin d'éradiquer les pratiques divinatoires et magiques, produisit les parties les plus intolérantes de l'AT et ne visait qu'a renforcer le pouvoir central de Jérusalem.

Les verset du suivants témoignent de l'importance des pratiques magiques et divinatoires :

Idoles domestiques, les teraphim (Gn 31 et Juges 18);  la nécromancie (1 Sam 28) ; l'interprétation des songes (Joseph) ; Les Ourim et Toumim (Dt 33,Cool ; Transe (1 R 18,26-28 et 1 Sam 10,5.9-12 )
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MessageSujet: Re: la tolérance religieuse dans l'Ancien Testament   Mer 17 Sep 2014, 16:43

Le texte de 1 Sam 9,9 m'intrigue :

"Autrefois, en Israël, l'homme qui allait consulter Dieu disait : Allons chez le voyant ! Car le prophète d'aujourd'hui, on l'appelait autrefois le voyant."

Cette appelation, "le voyant", semble être péjorative et insultante (Amos 7,12 - Michée 3,5-7).

Cela témoigne de la difficulté rencontrait à une certaine époque par le prophétisme et de l'existence de certains hommes aux comportements bizarres et extravangants qu'il a fallut mettre au pas.
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MessageSujet: Re: la tolérance religieuse dans l'Ancien Testament   Mer 17 Sep 2014, 23:10

Ce n'est pas le même mot hébreu qui apparaît en 1 Samuel 9,9 (ro'eh, "voyant") et en Amos et Michée (hozeh, souvent traduit par "visionnaire"), bien que les deux soient sémantiquement très proches (les racines r'h et hzh peuvent toutes les deux se traduire par "voir"). Ni l'un ni l'autre n'est "péjoratif" en soi: il y a des oracles contre les "visionnaires" comme il y en a contre les "prophètes" (nabi', nebi'im), parfois ensemble (ainsi Michée 3,5ss et Isaïe 29,10), mais la critique est dans le texte et pas dans le mot. Les emplois de ro'eh comme de hozeh sont très majoritairement positifs, comme ceux de nabi' (2 Samuel 24,11; 2 Rois 17,13; Isaïe 30,10; 1 Chroniques 9,22; 21,9; 25,5; 26,28; 29,29; 2 Chroniques 9,29; 12,15; 16,7,10; 19,2; 29,25,30; 33,18s; 35,15). Au passage, les occurrences plutôt tardives jettent un doute sur le bien-fondé de la glose (d'ailleurs mal placée dans le récit) de 1 Samuel 9,9, qui fait passer ro'eh pour un équivalent archaïque de nabi' (le "voyant" ancêtre du "prophète"). Il y a manifestement confusion dans les textes entre des fonctions oraculaires ou divinatoires qui ont pu être contemporaines et distinctes.
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MessageSujet: Re: la tolérance religieuse dans l'Ancien Testament   Mer 21 Jan 2015, 17:54

À ce triptyque s'ajoute un livre important, paru en 2009, portant l'explicite titre "La violence monothéiste". Est-ce à dire que le monothéisme déboucherait fatalement sur l'extrémisme religieux, le fondamentalisme idéologique et l'intolérance philosophique ?

Je ne pense pas que le monothéisme doive déboucher "fatalement" sur l'extrémisme et sur des actes de violence, mais qu'il a une pente qui y prédispose. Quand on est convaincu que la Vérité est une et le Bien un, comme le Dieu unique qui se trouve à leur source, on est enclin à considérer que ceux qui professent d'autres croyances sont dans l'erreur ou qu'ils ne veulent pas reconnaître où est la Vérité véritable et le vrai Bien. Et par suite, on peut estimer qu'on a le droit, pour certains c'est même un devoir, de les contraindre par divers moyens, dans leur propre intérêt, à abandonner leur voie mauvaise. Mais pour que cette pensée intolérante se traduise par des actes de violence, il faut que le religieux fasse alliance avec le politique. C'est ce qui s'est passé quand le christianisme est devenu, après la conversion de l'empereur Constantin, au début du IVe siècle, la religion officielle de l'Empire romain. Il en est ainsi, depuis Mahomet, chez les musulmans, comme chez les juifs d'Israël, aujourd'hui, ou chez les protestants fondamentalistes des États-Unis qui ont poussé Bush II, l'un des leurs, à déclencher une guerre contre l'Irak, pour répliquer à des attentats islamistes qui visaient les "croisés" américains, complices des "sionistes". Tous ces événements se situent dans l'horizon du monothéisme. Rien d'équivalent ne se rencontre dans une civilisation polythéiste comme celle des Grecs. Il n'est pas question d'oublier les guerres entre cités grecques, mais aucune de ces guerres n'a été entreprise au nom d'un dieu et aucune n'a revêtu le caractère totalitaire de la conquête de Canaan telle qu'elle est racontée sans le moindre remords par les rédacteurs de la Bible : comme un fait historique accompli pour obéir à l'ordre du dieu de massacrer tous les habitants des trente cités conquises, sans épargner les vieillards, les femmes, les enfants ni même les animaux qui vivaient avec eux. Dans La violence monothéiste, j'ai comparé l'univers mental des deux peuples et j'ai brossé un "parallèle entre Athènes et Jérusalem" que je crois éclairant pour l'une et l'autre des cultures.

http://www.lepoint.fr/culture/de-quoi-dieu-est-il-le-nom-08-12-2012-1547235_3.php
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MessageSujet: Re: la tolérance religieuse dans l'Ancien Testament   Jeu 22 Sep 2016, 13:23

Le Judaisme, comme le Christianisme et l'Islam accepte difficilement l'idée qu'un croyant puisse quitter sa religion ou (pire), changer de religion. Cette défection ou abandon de sa religion correspond à un péché grave, l’apostasie. D'une manière totalement anachronique en rapport avec les textes "sacrés", je dirai que les croyants n'avaient pas la "liberté" de quitter leur religion ou d'en changer.

"S'il se trouve en ton sein, dans l'une des villes que le SEIGNEUR, ton Dieu, te donne, un homme ou une femme qui fait ce qui déplaît au SEIGNEUR, ton Dieu, en passant outre à son alliance ; qu'il aille servir d'autres dieux et se prosterne devant eux, devant le soleil, la lune ou toute l'armée du ciel, contrairement à ce que j'ai ordonné ; que cela te soit rapporté, que tu en entendes parler, tu procéderas à une recherche sérieuse : la chose est-elle vraie, le fait est-il établi, cette abomination a-t-elle été commise en Israël ? Tu feras alors sortir aux portes de ta ville l'homme ou la femme qui a commis cette mauvaise action ; homme ou femme, vous le lapiderez ; il mourra. Celui qui mérite la mort sera mis à mort sur la déposition de deux ou trois témoins ; il ne sera pas mis à mort sur la déposition d'un seul témoin. Les témoins lèveront les premiers la main sur lui pour le mettre à mort, et tout le peuple ensuite. Tu élimineras ainsi de ton sein ce qui est mauvais." Dt 17,2-7 (Lire aussi Dt 13,6-9).
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MessageSujet: Re: la tolérance religieuse dans l'Ancien Testament   Jeu 22 Sep 2016, 14:41

Citation :
D'une manière totalement anachronique en rapport avec les textes "sacrés", je dirai que les croyants n'avaient pas la "liberté" de quitter leur religion ou d'en changer.
Il ne t'aura pas échappé que l'anachronisme en la matière tient au fait que nous considérons la "religion", ainsi que tant d'autres choses, comme un "bien de consommation": notre "liberté" de choisir, de quitter, de changer, de prendre ou de ne pas prendre, est une liberté de consommateur...

Dans l'Antiquité ou au moyen-âge pratiquement personne -- pas même les "apostats" ou les fondateurs de religions nouvelles -- ne regardait les religions (ou les écoles philosophiques) de ce point de vue. Quand -- exceptionnellement -- on en "changeait", ce n'est pas pas parce qu'on en avait l'envie et qu'on croyait en avoir le droit, mais parce qu'on estimait le devoir, d'un devoir l'emportant sur d'autres devoirs (p. ex. la fidélité à la famille, aux ancêtres, au clan ou à la nation) par une "autorité" supplémentaire (p. ex. celle d'une révélation divine).

Dans le "fait religieux" tel que nous l'expérimentons, une certaine gravité ancienne se heurte à une certaine légèreté moderne, de façon à la fois cruelle et attrayante pour celle-ci. Dans ce qui nous "choque", il y a aussi la fascination d'un genre de "sérieux" qui nous manque.
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MessageSujet: Re: la tolérance religieuse dans l'Ancien Testament   Jeu 22 Sep 2016, 16:53

Citation :
Dans le "fait religieux" tel que nous l'expérimentons, une certaine gravité ancienne se heurte à une certaine légèreté moderne, de façon à la fois cruelle et attrayante pour celle-ci. Dans ce qui nous "choque", il y a aussi la fascination d'un genre de "sérieux" qui nous manque.

Ainsi, il n'est pas approprié de porter un jugement (moderne) négatif sur les textes qui traitent de l'apostasie et de ses sanctions. Aujourd'hui on pourrait comparer l'apostasie à la désertion en temps de guerre ou de la haute trahison contre son pays qui est considérée comme un "crime" et assimilée à une "extrême déloyauté".
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MessageSujet: Re: la tolérance religieuse dans l'Ancien Testament   Jeu 22 Sep 2016, 17:46

C'est "approprié", c.-à-d. à la fois naturel et inévitable, à notre point de vue; ça ne l'est certainement pas au point de vue des "auteurs" des textes -- les textes eux-mêmes, en tant que textes subsistant (à cause et en dépit de leurs changements) d'une époque et d'un contexte à l'autre, se prêtent successivement et indifféremment à tous les points de vue.

Soit dit en passant, on porte déjà un tout autre regard aujourd'hui sur les déserteurs de la Première Guerre mondiale qu'au moment des faits. Et c'est aussi bien une affaire de "camp" qu'une affaire de quand temps: les déserteurs de l'armée allemande du IIIe Reich, ou même ceux de "nos" guerres coloniales, passent facilement à nos yeux pour des héros, en fonction de l'opinion que nous avons du camp et de la guerre qu'ils ont désertés.

Le jugement d'apostasie est de toute façon un jugement situé, émanant de la communauté quittée. Celle à laquelle l'apostat se rallie, le cas échéant, l'accueillera comme un prosélyte et ne le jugera jamais comme un apostat. Celle qu'il fonde honorera, dans l'apostat des autres, son fondateur à elle.

Dans la Bible et le Coran, la "fidélité" à la religion des pères, si valorisée qu'elle soit, ne peut jamais être traitée en valeur absolue, puisque toutes les "religions" concernées sont issues de ruptures avec une ou plusieurs religions antérieures (rupture du judaïsme post-exilique avec la religion de l'Israël ancien, du christianisme avec le judaïsme et les autres religions de l'empire romain, de l'islam avec le judaïsme, le christianisme et le "paganisme" arabe) et que ces ruptures fondatrices sont systématiquement mises en scène, fût-ce sous une forme fictive. Le récit fondateur (à commencer par celui d'Abraham, qui quitte la maison de son père, son pays et ses dieux) est celui d'une "apostasie positive" ou "fondatrice", déterminée comme telle par l'exigence d'une révélation supérieure. Mais ça n'a pas grand-chose à voir avec notre idée de "liberté religieuse", si l'on entend par là le droit du "consommateur" d'agir selon son désir -- à moins que ce droit et ce désir soient eux-mêmes sacralisés comme une "révélation supérieure".
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MessageSujet: Re: la tolérance religieuse dans l'Ancien Testament   Ven 23 Sep 2016, 15:34

Citation :
Le récit fondateur (à commencer par celui d'Abraham, qui quitte la maison de son père, son pays et ses dieux) est celui d'une "apostasie positive" ou "fondatrice", déterminée comme telle par l'exigence d'une révélation supérieure. Mais ça n'a pas grand-chose à voir avec notre idée de "liberté religieuse", si l'on entend par là le droit du "consommateur" d'agir selon son désir -- à moins que ce droit et ce désir soient eux-mêmes sacralisés comme une "révélation supérieure".

Le récit de Jos 24,14 rapporte le cas d'une "apostasie positive"(du point de vu de l'auteur) :

« Maintenant donc, craignez le SEIGNEUR et servez-le avec intégrité et fidélité. Ecartez les dieux qu’ont servis vos pères de l’autre côté du Fleuve et en Egypte, et servez le SEIGNEUR »
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MessageSujet: Re: la tolérance religieuse dans l'Ancien Testament   Ven 23 Sep 2016, 23:16

On peut aussi relever, dans le même livre (Josué), des cas de "désertion" (ou de "trahison") présentés sous un jour plutôt positif (Rahab et les Gabaonites, malgré la première réaction négative de Josué lorsqu'il comprend qu'il s'est fait berner par ces derniers) qui ne sont nullement motivés par des considérations religieuses, mais par le simple intérêt de rallier le camp du plus fort; et, dans le suivant (Juges), celui de Gédéon-Yeroubbaal (chap. 6), qui rompt brutalement avec le culte de son père et de son clan -- histoire que le Coran mélange d'ailleurs allègrement avec celle d'Abraham.

Il faut en outre noter que, dans la Genèse, ce n'est pas Abraham mais Jacob qui abandonne des dieux (chap. 35, partiellement expliqué par l'épisode des teraphim au chap. 31), et encore pas selon la manière prescrite par le Deutéronome (il les enfouit, il ne les détruit pas). C'est seulement dans la reprise "deutéronomiste" de ce récit par Josué 24 qu'il est question d'autres dieux adorés par les pères. La Genèse, elle, se montre beaucoup plus "tolérante" (ou: d'un "monothéisme inclusif"), témoin notamment les scènes de serment où chacun jure par son ou ses dieux (explicitement 31,53, implicitement 21,31): il y a une sorte de traductibilité générale du divin, qui suppose que tous les interlocuteurs (Abraham, Jacob, Laban, Abimélek ou le pharaon) se réfèrent au même sous des noms (et des nombres) différents -- le Deutéronome, évidemment, ne l'entend pas de cette oreille.
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MessageSujet: Re: la tolérance religieuse dans l'Ancien Testament   Mar 27 Sep 2016, 16:13

2 Rois 5, relate aussi le cas de Naaman, l’étranger, qui vient voir Élisée et qui finit par dire, qu’il a compris qu’il n’y a qu’un seul Dieu, en l'occurence le Dieu d'Élisée. L’idée de rupture au sens d’un changement de tradition religieuse semble inconcevable pour le prophète de l’Ancien Testament ou du moins, que dans UN sens, des faux dieux vers le Dieu d’Israël.
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MessageSujet: Re: la tolérance religieuse dans l'Ancien Testament   Mar 27 Sep 2016, 16:36

Dans la perspective d'une alliance tripartite dieu-terre-peuple (voir la p. 1 de ce fil, notamment 14.8.14), telle que l'implique la demande de Naaman (de la terre d'Israël pour servir Yahvé), il y a aussi une réciproque pensable, ainsi dans 1 Samuel 26,19: en condamnant David à l'exil, Saül le condamne, de fait, à servir d'autres dieux (même logique dans les malédictions du Deutéronome, 28,36.64; ou dans le fameux psaume 137: comment chanter le chant de Yahvé sur une terre étrangère ?).
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MessageSujet: Re: la tolérance religieuse dans l'Ancien Testament   Mar 27 Sep 2016, 17:26

Narkissos a écrit:
Dans la perspective d'une alliance tripartite dieu-terre-peuple (voir la p. 1 de ce fil, notamment 14.8.14), telle que l'implique la demande de Naaman (de la terre d'Israël pour servir Yahvé), il y a aussi une réciproque pensable, ainsi dans 1 Samuel 26,19: en condamnant David à l'exil, Saül le condamne, de fait, à servir d'autres dieux (même logique dans les malédictions du Deutéronome, 28,36.64; ou dans le fameux psaume 137: comment chanter le chant de Yahvé sur une terre étrangère ?).

Merci Narkissos, je découvre ces textes, dont je n'avais jamais apprécié la portée.



Ou les malédictions attachées à la rupture de l'alliance deutéronomique: 

Yhwh vous dispersera parmi les peuples, et vous ne resterez qu'un petit nombre d'hommes parmi les nations où Yhwh vous emmènera. Là, vous servirez des dieux qui sont l'oeuvre de mains humaines, du bois et de la pierre, qui ne peuvent ni voir, ni entendre, ni manger, ni sentir. (Deutéronome iv, 27s, je souligne la précision ajoutée pour indiquer, selon le nouveau paradigme, que ces "dieux étrangers" ne sont pas "réels"; mais la nécessité de servir d'autres dieux sur une terre étrangère dépend, elle, de l'ancien paradigme).

Yhwh te fera marcher, toi et ton roi que tu auras placé à ta tête, vers une nation que tu n'auras pas connue, ni toi ni tes pères. Là, tu serviras d'autres dieux, du bois et de la pierre. (ibid., xxviii, 36)

Yhwh te dispersera parmi tous les peuples, d'une extrémité de la terre à l'autre. Là, tu serviras d'autres dieux que ni toi, ni tes pères, n'avez connus, du bois et de la pierre. (v. 64).


On repensera encore ici aux rares récits de "prosélytisme" (terme parfaitement anachronique) où le dieu, le peuple et la terre sont indissolublement liés:

- la Moabite Ruth qui adopte le "dieu d'Israël" comme un élément du package, du "lot" inséparable de sa nouvelle "nationalité", au passage de la frontière judéenne:

Noémi (la judéenne) dit alors: Ta belle-soeur (Orpa, la Moabite) est retournée à son peuple et à ses dieux; retourne, toi aussi, comme ta belle-soeur. Ruth dit: Ne me pousse pas à t'abandonner, à me détourner de toi! Où tu iras, j'irai; là où tu passeras la nuit, je passerai la nuit; ton peuple sera mon peuple, et ton dieu sera mon dieu; là où tu mourras, je mourrai, et c'est là que je serai ensevelie. Que Yhwh me fasse ceci et qu'il y ajoute cela (formule de serment par auto-malédiction), si ce n'est pas la mort qui me sépare de toi! (Ruth, i, 14)

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MessageSujet: Re: la tolérance religieuse dans l'Ancien Testament   Mer 28 Sep 2016, 00:50

Je ne sais pas comment tu as repêché ce texte que j'avais complètement oublié, mais tout y était !

On voit bien en tout cas que le "système de croyance" (ou le "cadre imaginaire") ne détermine pas à lui seul l'attitude, tolérante ou intolérante, hospitalière ou hostile, inclusive ou exclusive. On peut être polythéiste, monothéiste, athée, et accueillir OU rejeter les autres. L'écriture deutéronomiste est tout aussi tranchante dans son premier versant polythéiste ET monolâtrique (il y a plusieurs dieux, mais nous ne devons en adorer qu'un seul parce qu'il est jaloux) que dans ses relectures monothéistes (il n'y a qu'un seul Dieu, les autres ne sont rien). Les textes relativement "tolérants" (Genèse, Ruth, Jonas, etc.) le restent indépendamment du système de référence. Cette différence fondamentale d'attitude traverse aussi le christianisme, l'islam, et la "laïcité" post-chrétienne: de tout cela il y a des interprétations plus ou moins tolérantes ou intolérantes.
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MessageSujet: Re: la tolérance religieuse dans l'Ancien Testament   Jeu 29 Sep 2016, 12:33

De nombreux textes de l'AT interdisent les mariages mixtes :

"Tu ne t'allieras pas par des mariages avec ces peuples, tu ne donneras pas ta fille à leur fils et tu ne prendras pas leur fille pour ton fils" Dt 7,3

"Nous promettons de ne pas donner nos filles aux gens des peuples du pays et de ne pas prendre leurs filles pour nos fils" Neh 10,31

"ne donnez donc pas vos filles à leurs fils et ne prenez pas leurs filles pour vos fils ; vous ne chercherez pas leur paix ni leur bien-être ; ainsi vous deviendrez forts, vous mangerez ce qu'il y a de meilleur dans le pays, et vous le laisserez pour toujours en possession à vos fils." Esd 9,12

Après l’exil, les responsables du peuple, Esdras puis Néhémie, obligèrent les Juifs mariés avec des femmes étrangères à les renvoyer (Esd 10.2-44 ; Néh 13.23-31).
Encore aujourd'hui Les autorités juives traditionnelles n’ont de cesse de dénoncer les mariages mixtes. Les rabbins orthodoxes s’y opposent avec virulence et considèrent même que les couples mixtes signent la fin du judaïsme.

A contrario, on retrouve dans l'AT des plusieurs cas, d'unions d’hommes de foi avec des femmes non-israëlites :

 Joseph, marié avec Asnath (fille d’un prêtre égyptien) : "Le pharaon appela Joseph du nom de Tsaphnath-Panéah. Il lui donna pour femme Aséneth, fille de Poti-Phéra, prêtre d'On" ( Gen 41,45)

- Ruth, qui s’est remariée avec Boaz.

Il y a le cas particulier de Nom 36,6 ss qui fournit des règles pour le mariage des héritières :

"Voici ce que le SEIGNEUR ordonne aux filles de Tselophhad : elles se marieront à qui leur plaira, pourvu qu'elles se marient dans un clan de la tribu de leur père. Parmi les Israélites, aucun patrimoine ne passera d'une tribu à une autre tribu ; chacun des Israélites s'attachera au patrimoine de sa tribu.Toute fille qui hérite d'un patrimoine parmi les tribus des Israélites se mariera à quelqu'un d'un clan de sa propre tribu, afin que chacun des Israélites puisse hériter du patrimoine de ses pères. Aucun patrimoine ne passera d'une tribu à une autre tribu : chaque tribu des Israélites s'attachera à son patrimoine."
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MessageSujet: Re: la tolérance religieuse dans l'Ancien Testament   Jeu 29 Sep 2016, 14:20

Et Moïse (avec sa ou ses femmes madianite / koushite), et Salomon (dont les mariages mixtes sont à la fois affichés comme un signe de prestige, illustrant l'étendue de sa "sagesse" -- sa "largeur de coeur" --  et sévèrement réprouvés par la rédaction deutéronomiste), et Esther (livre à la fois d'une totale "tolérance" vis-à-vis des Perses et d'une rare violence à l'égard des ennemis réels ou fantasmés du judaïsme, cf. le "pogrom" de Haman retourné en anti-pogrom)...
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MessageSujet: Re: la tolérance religieuse dans l'Ancien Testament   Ven 30 Sep 2016, 15:44

La condamnation des mariages mixtes que l'on retrouve dans les livres de Néhémie et d'Esdras semble traduire un refus de l’assimilation de la part des exilés juifs qui vouklaient éviter une complète extinction de leur religion. D'autres textes soulignent la volonté d'intégration des Juifs, notamment Jér 29,4 ss :

"Voici ce que dit le SEIGNEUR (YHWH) des Armées, le Dieu d'Israël, à tous les exilés, ceux que j'ai exilés de Jérusalem à Babylone : Bâtissez des maisons et habitez-les ; plantez des jardins et mangez-en le fruit. Mariez-vous et engendrez des fils et des filles ; mariez vos fils et donnez vos filles en mariage, pour qu'elles mettent au monde des fils et des filles ; multipliez-vous là où vous êtes et ne diminuez pas. Recherchez la paix de la ville où je vous ai exilés et intercédez pour elle auprès du SEIGNEUR, car votre paix dépendra de la sienne."

Ces recommandations apparaissent comme le programme d’intégration parfait.
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MessageSujet: Re: la tolérance religieuse dans l'Ancien Testament   Ven 30 Sep 2016, 23:20

Je suis tout à fait d'accord pour lire (au risque de l'anachronisme) un motif d'"intégration" dans Jérémie 29; je n'y verrais pas pour autant un encouragement aux mariages mixtes. C'est pour les exilés une invitation à s'installer à Babylone en tant que communauté juive (ou judéenne), contrairement aux promesses de retour imminent des "faux prophètes". Ce n'est pas une invitation à s'assimiler aux Babyloniens -- lesquels d'ailleurs n'en demandent probablement pas tant.

Sur ce point, je crois qu'il faut reconnaître au raisonnement "identitaire" une part de vérité: une minorité qui tolère les mariages mixtes -- en règle générale, non à titre d'exception -- se condamne à très brève échéance. La question qui se pose est beaucoup plus radicale: une "identité" (collective) vaut-elle d'être sauvegardée ? C'est seulement si on répond "non" à cette question (ce qui est possible en vertu d'une certaine théologie, idéologie ou philosophie, mais rarissime) qu'on peut consentir sans réserve aux mariages mixtes. Prétendre en revanche qu'ils ne menacent pas "l'identité" collective d'une minorité, c'est se leurrer.
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MessageSujet: Re: la tolérance religieuse dans l'Ancien Testament   Sam 01 Oct 2016, 10:42

Genève était un canton essentiellement de confession protestante. Les catholiques y étaient minoritaires, avec le temps c'est l'inverse qui s'est produit. Deux éléments ont participé à ce retournement de situation:
des mariages mixtes
l'arrivée de (migrants) italiens, espagnols et portugais dans les années 1960-1970.

Actuellement les temples protestants sont pratiquement vides lors des offices le dimanche, à l'exception des salles utilisées par les évangéliques.
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MessageSujet: Re: la tolérance religieuse dans l'Ancien Testament   Sam 01 Oct 2016, 11:56

Tout cela se combine sur la fin (des "identités collectives") en des effets d'accélération inexorables: pour en rester à la question du mariage, plus une minorité est réduite, moins son "endogamie" est tenable à tous points de vue (du génétique au sentimental en passant par l'économique), plus les mariages mixtes s'imposent en dépit des crispations officielles sur ce sujet et plus vite elle disparaît -- ou ne survit qu'artificiellement, en mode "musée", "folklore", "traditions", "patrimoine culturel"...

Par conviction individualiste, nous ne tolérons guère les intolérances communautaires qui seules rendent possible la survie des "identités" collectives (du moins en-deçà d'un seuil critique où elles sont de toute façon condamnées). Et après nous pleurons la perte des "différences".

Les groupes d'élection (évangéliques p. ex.) s'en sortent mieux tant que le nombre des convertis l'emporte chez eux sur celui des "héritiers", autrement dit tant qu'ils sont (collectivement) jeunes; avec le temps (deux ou trois générations à peine) ils font face au même problème.

Je ne sais pas en Suisse, mais j'ai l'impression qu'en France il y a une certaine "symbiose" entre les Eglises protestantes historiques et les mouvements évangéliques; ceux-ci apportent à celles-là du sang neuf, tout en récupérant et en prolongeant leur "histoire".

Dans une perspective historique plus large, du reste, on pourrait dire -- tout dépend comment on définit le "sujet" de "l'histoire" -- que "le protestantisme" a trouvé là (sans le faire exprès) une excellente stratégie pour se survivre: si l'on considère que les Eglises évangéliques (anabaptistes, baptistes, méthodistes, adventistes, darbystes, pentecôtistes) sont issues par schisme direct ou indirect des Eglises protestantes "historiques" (luthériennes ou réformées), on peut certes constater que celles-ci "vivotent", mais aussi que leur héritage est assumé bon gré mal gré, ne serait-ce que par souci de respectabilité (ça fait mieux de se dire "protestant" qu'"évangélique", au moins en Europe), par ceux qui s'en sont d'abord écartés. D'autre part, le prosélytisme des Eglises évangéliques cache un "turnover" relativement important, de gens qui après avoir passé quelques années dans l'effervescence évangélique se tournent vers les vieilles Eglises en quête de "normalité", de "racines" historiques ou d'approfondissement théologique; malgré les querelles de famille, la communication reste ouverte et privilégiée au sein du protestantisme-au-sens-large (évangéliques inclus), et même les "mariages mixtes" y sont plus acceptables qu'ailleurs ...

D'un point de vue encore plus général, on pourrait dire que dans l'histoire rien ne disparaît jamais tout à fait. Les ruptures prolongent sous une autre forme ce avec quoi elles ont rompu même avec pertes et fracas -- l'ancienne religion d'Israël survit dans le judaïsme du second temple qui la renie, celui-ci dans le judaïsme rabbinique et dans le christianisme, ceux-ci dans l'islam et dans la modernité occidentale. Mais cette perspective-là fait peu de cas des destins des "identités collectives", et a fortiori individuelles.



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MessageSujet: Re: la tolérance religieuse dans l'Ancien Testament   Dim 02 Oct 2016, 10:08

Narkissos a écrit:
Je ne sais pas en Suisse, mais j'ai l'impression qu'en France il y a une certaine "symbiose" entre les Eglises protestantes historiques et les mouvements évangéliques; ceux-ci apportent à celles-là du sang neuf, tout en récupérant et en prolongeant leur "histoire".

C'est un peu la même démarche en Suisse à un exception près, les Evangéliques d'expression espagnole continuent de se démarquer des "Protestants officiels".
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MessageSujet: Re: la tolérance religieuse dans l'Ancien Testament   Lun 03 Oct 2016, 01:11

[On s'éloigne décidément de l'Ancien Testament, mais je pense à deux raisons possibles:
1) La péninsule Ibérique (Espagne + Portugal) n'a quasiment pas connu d'implantation protestante durable au XVIe siècle (il en est surtout resté des versions protestantes de la Bible du XVIe et XVIIe, Reina-Valera et Ferreira de Almeida); presque tout son "protestantisme" est issu des missions (surtout anglaises et américaines) du XIXe et XXe siècles, de tendance "évangélique" (ou "fondamentaliste"). De là une certaine incompréhension à l'égard du "vieux" protestantisme du Nord (francophone et germanophone) qui est, lui, passé par l'étape des "Lumières" (cela se ressent notamment en matière de critique biblique).
2) Beaucoup d'Eglises évangéliques hispano- ou lusophones (j'en ai fréquenté une quelque temps) sont majoritairement constituées de gens d'Amérique latine, où les évangéliques (surtout pentecôtistes ou pentecôtisants) ont connu un développement spectaculaire vers la fin du XXe siècle, et sont encore plus éloignées du "protestantisme historique" européen.
Mais là encore, ce n'est qu'une question de temps et de "rapport de force"...]
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