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 la tolérance religieuse dans l'Ancien Testament

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MessageSujet: Re: la tolérance religieuse dans l'Ancien Testament   Lun 03 Oct 2016, 12:21

Citation :
Sur ce point, je crois qu'il faut reconnaître au raisonnement "identitaire" une part de vérité: une minorité qui tolère les mariages mixtes -- en règle générale, non à titre d'exception -- se condamne à très brève échéance. La question qui se pose est beaucoup plus radicale: une "identité" (collective) vaut-elle d'être sauvegardée ? C'est seulement si on répond "non" à cette question (ce qui est possible en vertu d'une certaine théologie, idéologie ou philosophie, mais rarissime) qu'on peut consentir sans réserve aux mariages mixtes. Prétendre en revanche qu'ils ne menacent pas "l'identité" collective d'une minorité, c'est se leurrer.

Le raisonnement "identitaire" défend une idée de "pureté" utopique et irréaliste. La mixités culturelle et ethnique est inévitable. Ceux qui prônent un refus des mariages mixtes, refusent (souvent) aussi le mélange ethnique, manifestent ainsi une forme de racisme, qui pouvait même exister entre les gens issus des exilés et les non-exilés (qui n'étaient pas toujours considérés comme des "vrais Israëlites", par les éxilés) à l'époque de Néhémie.

Que condamnation des mariages mixtes rime avec refus du mélanges ethnique ressort de la lecture de Néh 13 :

"En ce temps-là, on lut le livre de Moïse au peuple et on y trouva écrit que l'Ammonite et le Moabite n'entreraient jamais dans l'assemblée de Dieu, parce qu'ils n'étaient pas venus au-devant des Israélites avec du pain et de l'eau, et parce qu'ils avaient soudoyé contre eux Balaam pour qu'il les maudisse ; mais notre Dieu a changé la malédiction en bénédiction. Lorsqu'on eut entendu la loi, on sépara d'Israël toute la population mêlée."

Néhémie et Esdras semblent proposer une identité fermé où prédomine une vision ethnique d’Israël en opposition aux autres nations.

On notera que cette volonté de séparation se heurte à la réalité, puisque les étrangés doivent quitter Jérusalem la veille du Sabbat mais dès le lendemain, les portes sont ouvertes de nouveau aux étrangres qui vaquent à leurs occupations.(13,19)

Il est vrai, que la meilleur façon de préserver l'identité d'une minorité, c'est de refuser les mariages mixtes, qui diluent cette "identité". Dans le même temps, l'histoire du peuple juifs indiquent que malgré les différentes déportations et mariages mixtes (inévitables), ce peuple c'est enrichit des diverses influences extérieures babyloniennes, perses, grecque ...). L'occupation étrangères a souvent provoqué des réactions "identitaire" (les maccabées par exemples) mais cela n'a pas empéché l'influence étrangère de se produire et souvent d'enrichir culturellement et cultuellement le judaisme.
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Narkissos

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MessageSujet: Re: la tolérance religieuse dans l'Ancien Testament   Mar 04 Oct 2016, 09:59

L'"identité" (de n'importe quoi) c'est un nom jeté sur une "chose" (soit un découpage plus ou moins arbitraire dans la continuité mouvante du réel), qui permet de l'isoler et d'en parler comme si elle était ce qu'elle est, constante et égale à elle-même jusque dans "ses" relations et "son" devenir -- sujet et objet fixe, malgré "ses" changements, d'une histoire qui serait la "sienne". C'est le redoublement du réel sans nom dans une réalité verbale et imaginaire, faite de "noms" et de "choses" fixes à qui il arriverait des "événements".

Ce "comme si" qui fonctionne assez bien quand on parle d'un caillou, d'un arbre, d'un cheval ou d'un homme (individu qui serait celui qu'il est de sa naissance à sa mort, même s'"il" ne cesse de changer d'un "événement" à l'autre), s'extrapole difficilement à la collectivité d'un peuple, d'une nation ou d'une religion, et à une histoire relativement longue: le même nom recouvre alors des "choses" tellement différentes d'un bout à l'autre qu'il n'est plus défini par une référence évidente; la consistance du "sujet" et la continuité du "récit" sont alors à la merci d'un langage littéralement "fou" -- qui peut dire ce qu'il veut, sans que jamais rien ne le contrôle.
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MessageSujet: Re: la tolérance religieuse dans l'Ancien Testament   Mar 04 Oct 2016, 12:20

Narkissos a écrit:
L'"identité" (de n'importe quoi) c'est un nom jeté sur une "chose" (soit un découpage plus ou moins arbitraire dans la continuité mouvante du réel), qui permet de l'isoler et d'en parler comme si elle était ce qu'elle est, constante et égale à elle-même jusque dans "ses" relations et "son" devenir -- sujet et objet fixe, malgré "ses" changements, d'une histoire qui serait la "sienne". C'est le redoublement du réel sans nom dans une réalité verbale et imaginaire, faite de "noms" et de "choses" fixes à qui il arriverait des "événements".  

Ce "comme si" qui fonctionne assez bien quand on parle d'un caillou, d'un arbre, d'un cheval ou d'un homme (individu qui serait celui qu'il est de sa naissance à sa mort, même s'"il" ne cesse de changer d'un "événement" à l'autre), s'extrapole difficilement à la collectivité d'un peuple, d'une nation ou d'une religion, et à une histoire relativement longue: le même nom recouvre alors des "choses" tellement différentes d'un bout à l'autre qu'il n'est plus défini par une référence évidente; la consistance du "sujet" et la continuité du "récit" sont alors à la merci d'un langage littéralement "fou" -- qui peut dire ce qu'il veut, sans que jamais rien ne le contrôle.

Narkissos,

Freddy Raphaël, dans un exposé donné le 15 octobre 1973 sur le sujet: a Mariage endogamique ou exogamique », à l'occasion du 13e Colloque d'intellectuels juifs de langue française, faisait bien justement remarquer:

«L'équivoque du mariage exogame est de ne voir, dans le mariage lui-même, qu'une aventure individuelle. Or, le mariage met en jeu à la fois l'accomplissement de l'être humais: et la survie de la collectivité... Je suis prêt à reconnaître que, sur le plan individuel, le mariage mixte est vivable et qu'il peut constituer une réussite pour un couple... (mais) il constitue une rupture dans la transmission d'une tradition qui se doit d'être fécondée et même reformulée au niveau de chaque cellule familiale... »

http://www.notredamedesion.org/fr/dialogue_docs.php?a=3b&id=1024
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MessageSujet: Re: la tolérance religieuse dans l'Ancien Testament   Mar 04 Oct 2016, 23:37

(Je me suis permis de supprimer le doublon: le dernier post de free s'affichait deux fois à l'identique.)

Sur cette question des "mariages mixtes", il y a manifestement dans l'AT une doctrine "dominante" (celle du Deutéronome et d'Esdras-Néhémie) ET des contre-exemples minoritaires, mais somme toute assez nombreux et remarquables (comme ceux qu'on a relevés plus haut). Là encore, la relative "tolérance" de l'ensemble est un effet scripturaire (ou canonique): le recueil juxtapose indifféremment la "règle" (à nos yeux "intolérante") et les "exceptions" (à nos yeux "tolérantes"), sans jamais produire de synthèse ou de casuistique.

Il est à noter que le NT se plaît quelquefois à mettre en valeur les contre-exemples (notamment dans la généalogie de Matthieu, où les quatre femmes nommées sont non-juives -- Tamar est désignée comme cananéenne dans la littérature juive [extra-biblique] contemporaine, Rahab l'est expressément dans Josué, Ruth est moabite, Bethsabée est la femme d'Urie le Hittite). Mais par ailleurs il reproduit aussi la "règle" ("dans le Seigneur seulement", 1 Corinthiens 7 -- bien que ce soit moins en contexte un véritable "précepte communautaire" qu'une "concession" ou un "pis-aller", puisque le chapitre dévalorise globalement le mariage dans la perspective d'une "fin" imminente: le souci n'est pas encore d'assurer la pérennité d'une communauté).
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MessageSujet: Re: la tolérance religieuse dans l'Ancien Testament   Mer 05 Oct 2016, 10:38

Citation :
Il est à noter que le NT se plaît quelquefois à mettre en valeur les contre-exemples (notamment dans la généalogie de Matthieu, où les quatre femmes nommées sont non-juives -- Tamar est désignée comme cananéenne dans la littérature juive [extra-biblique] contemporaine, Rahab l'est expressément dans Josué, Ruth est moabite, Bethsabée est la femme d'Urie le Hittite). Mais par ailleurs il reproduit aussi la "règle" ("dans le Seigneur seulement", 1 Corinthiens 7 -- bien que ce soit moins en contexte un véritable "précepte communautaire" qu'une "concession" ou un "pis-aller", puisque le chapitre dévalorise globalement le mariage dans la perspective d'une "fin" imminente: le souci n'est pas encore d'assurer la pérennité d'une communauté).

la tradition rabbinique fait de Rahab l'épouse de Josué et l’ancêtre de huit prophètes hébreux, parmi eux Jérémie, Ezekiel et la prophétesse Huldah (selon Meguila. 14 b).
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MessageSujet: Re: la tolérance religieuse dans l'Ancien Testament   Mer 05 Oct 2016, 12:52

Ce qui montre au passage, s'il en était besoin, le caractère artificiel, conventionnel et variable des "identités collectives" comme les tribus, clans, etc., dans les généalogies anciennes (même si l'on tient compte de la convention qui en exclut généralement les femmes et les "puînés" pour leur donner une apparence de linéarité) -- Josué est censé être d'Ephraïm, Jérémie ou Ezéchiel de Lévi, le Salmon de Matthieu de Juda, etc. Un personnage comme Rahab saute d'une "tribu" à l'autre selon l'"idéologie" des textes. En fait, toute généalogie perd son sens au-delà de trois ou quatre siècles -- sauf isolement réel, géographique ou politique, d'une population, n'importe qui "descend" statistiquement de n'importe qui 500 ans plus tard.
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MessageSujet: Re: la tolérance religieuse dans l'Ancien Testament   Dim 09 Oct 2016, 19:44

la tolérance religieuse n'est-elle pas qu'un prétexte pour montrer combien celui qui semble la pratiquer est une personne pleine d'empathie alors qu'elle ne vise qu'à démontrer la supériorité de la religion, appliquant cette tolérance, sur toutes les autres religions
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Narkissos

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MessageSujet: Re: la tolérance religieuse dans l'Ancien Testament   Lun 10 Oct 2016, 00:00

Très juste ! Il y a une tolérance de façade, hypocrite ou diplomatique, qui dissimule de réelles intolérances là où celles-ci n'ont pas bonne presse; une tolérance sincère et condescendante, qui regarde avec une bienveillance authentique, mais de haut, les ignorants et les égarés, et s'en flatte; sans compter celle, ni hypocrite ni condescendante ou suprêmement l'une et l'autre, qui se confond avec l'indifférence.

Mais quand on a affaire à l'intolérance assumée, "décomplexée", discriminatoire et meurtrière s'il le faut, on ne fait plus la fine bouche et toutes les tolérances semblent bonnes à prendre, quels que soient leur degré d'authenticité ou leurs motivations...
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