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 Question à propos de Romains 8

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le chapelier toqué

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MessageSujet: Question à propos de Romains 8   Lun 25 Aoû 2014, 13:24

Le chapitre 8 de la lettre aux Romains semble s’adresser aux chrétiens ayant l’espérance céleste, selon la compréhension qu’en ont les Témoins de Jéhovah.
Témoin le passage suivant :
14  En effet, tous ceux qu’anime l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu. 15  Aussi bien n’avez-vous pas reçu un esprit d’esclaves pour retomber dans la crainte ; vous avez reçu un esprit de fils adoptifs qui nous fait nous écrier : Abba ! Père ! 16  L’Esprit en personne se joint à notre esprit pour attester que nous sommes enfants de Dieu. 17 ¶  Enfants, et donc héritiers ; héritiers de Dieu, et cohéritiers du Christ, puisque nous souffrons avec lui pour être aussi glorifiés avec lui. (Jérusalem)

Les membres de la classe ointe ont reçu l’esprit saint en témoignage de leur affiliation spirituelle, Dieu devenant ainsi leur Père auquel ils s’adressent en l’appelant même « Abba » soit l’équivalent de « papa ».

Cependant lorsque nous lisons le verset suivant :
11  Et si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus Christ d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels, par son Esprit qui habite en vous.

Nous sommes en droit de nous demander si la résurrection des corps mortels signifie le retour à la vie physique sur terre et non la vie définitive au ciel selon les explications des Témoins de Jéhovah.

Qu’en pensez-vous ?
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Narkissos

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MessageSujet: Re: Question à propos de Romains 8   Lun 25 Aoû 2014, 16:05

Ce texte se lit nettement mieux quand on désactive le logiciel jéhoviste qui génère beaucoup de mots et de notions parasites ("espérance céleste", "classe ointe", etc.). Il est particulièrement difficile à un (ex-)TdJ de se débarrasser de l'idée qu'il (ce texte) décrit un privilège exceptionnel, réservé à une "classe" particulière. L'épître aux Romains est pourtant destinée à la totalité d'une "Eglise", et compte tenu de sa visée théorique et générale (chap. 1--8 surtout), on est assez bien fondé à dire qu'elle s'adresse à "tous les chrétiens" sans exception (ce qu'il faut entendre de la façon la plus "formelle", la plus "rituelle" si l'on veut: tous les baptisés selon le chap. 6 qui emploie des termes analogues; il ne s'agit pas des "nés de nouveau" à la sauce "évangélique", qui seraient tels en vertu d'une "expérience" ou d'une "conversion" dissociée du "sacrement").  
Pourtant l'idée du "privilège exceptionnel" s'avère ici particulièrement tenace, parce qu'elle recèle une part de vérité: c'est bien comme un privilège, un privilège inouï, que ce chapitre (qu'il faudrait relire entièrement jusqu'à sa conclusion grandiose, voire grandiloquente, pour en apprécier la portée "cosmique" ou universelle) dépeint la "condition chrétienne"; mais ce n'en est pas moins aux yeux de l'auteur (disons "Paul") la condition de "tous les chrétiens", telle qu'il l'entend (cf. notamment v. 9, où c'est "tout ou rien": si on "a" l'Esprit, on "est" dans le Christ, et engagé jusqu'au bout dans sa destinée glorieuse; et si on ne l'"a" pas, on n'y "est" pas du tout, on ne peut en aucun cas se réclamer de lui; il n'y a aucune place pour un "christianisme de seconde zone", de "seconde classe", ni de "seconde main").
Pour revenir maintenant au v. 11: comme je le disais ailleurs, le concept de résurrection sous-jacent à la théologie paulinienne est indissociable du "corps"; la résurrection, c'est toujours la résurrection d'un corps. D'autres diraient "de la chair", mais pas "Paul", puisque chez lui ce mot (sarx en grec) -- est presque systématiquement pris dans un sens négatif, opposé à "l'esprit" (pneuma; relire les premiers versets du chapitre). Dans ce qu'on pourrait appeler l'anthropologie paulinienne, le "corps" (sôma) est en quelque sorte un mot neutre, qui peut être orienté ou bien par "la chair", "le péché", et "la loi" vers "la mort", ou bien par "l'esprit" ou "le Christ" vers "la vie". Le versant positif de cette alternative a une valeur immédiate, d'affirmation et d'exhortation à la fois: c'est "l'esprit", et non "la chair", qui oriente / doit orienter désormais votre "corps" (uni dès le baptême à celui du Christ mort et ressuscité) vers "la vie", mais aussi un horizon final (ou eschatologique) qui conduit la logique de la résurrection à son achèvement: la "gloire" définitive est tout à la fois corporelle (mais pas "charnelle" !) et spirituelle.
La "terre" et le "ciel", en revanche, sont complètement absents de ce discours (alors qu'en 1 Corinthiens 15 le "terrestre" se confondait encore avec le "charnel" et le "céleste" avec le "spirituel").
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le chapelier toqué

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MessageSujet: Re: Question à propos de Romains 8   Lun 25 Aoû 2014, 21:08

Merci Narkissos de cette explication particulièrement utile à propos de la notion de "corps" utilisée par l'auteur de Romains.

Effectivement la lecture du chapitre 8 m'a interpellé il y a quelques années et a vraisemblablement été un des éléments déclenchant mes premiers questionnements à propos de la théologie des Témoins.
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free



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MessageSujet: Re: Question à propos de Romains 8   Mar 26 Aoû 2014, 15:07

Citation :
Pour revenir maintenant au v. 11: comme je le disais ailleurs, le concept de résurrection sous-jacent à la théologie paulinienne est indissociable du "corps"; la résurrection, c'est toujours la résurrection d'un corps.

En 1 Cor 15, 39 ss il est question aussi de "corps", la mort semble transformer radicalemenet le "corps" qui devient "corps spirituel" ... Ce n'est pas un autre corps mais le même corps qui se transforme ... Je crois.

"Toute chair n'est pas la même chair ; mais autre est celle des humains, autre la chair des animaux, autre la chair des oiseaux, autre celle des poissons. Il y a aussi des corps célestes et des corps terrestres ; mais autre est la gloire des corps célestes, autre celle des corps terrestres. Autre est la gloire du soleil, autre la gloire de la lune, et autre la gloire des étoiles ; même une étoile diffère en gloire d'une autre étoile.
Ainsi en est-il de la résurrection des morts. Semé périssable, on se réveille impérissable. Semé dans le déshonneur, on se réveille dans la gloire. Semé dans la faiblesse, on se réveille dans la puissance. Semé corps naturel, on se réveille corps spirituel. S'il y a un corps naturel, il y a aussi un corps spirituel."
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Narkissos

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MessageSujet: Re: Question à propos de Romains 8   Mar 26 Aoû 2014, 17:03

La pensée du "corps" est un des aspects les plus intéressants du corpus (!) paulinien (au sens large), mais (ou, peut-être: aussi parce que) elle ne se laisse pas facilement systématiser.
L'"idée" maîtresse, c'est que le corps du Christ mort et ressuscité fonctionne comme un "mystère de salut" auquel les croyants assimilent leur propre corps: les deux (principaux) rites (corporels) du (proto-)christianisme, le baptême et l'eucharistie, sont interprétés dans ce sens (1 Corinthiens 10,16s; 11,23ss; Romains 6,1ss).
De là découlent, ou à cela se rattachent, plusieurs types de discours ou d'énoncés sur le(s) "corps" des croyants, discours ou énoncés qu'il n'est pas toujours facile d'articuler logiquement entre eux (bien que la théologie chrétienne, et tout particulièrement protestante, s'y emploie depuis des siècles): p. ex., le mode (indicatif ou impératif) et le temps (passé, présent, futur) de ce rapport (dans un sens, "en Christ" les croyants sont déjà morts et ressuscités; dans un autre, ils doivent faire mourir leur corps au péché pour vivre selon l'Esprit, et ils attendent encore une résurrection à venir); ou le nombre (singulier ou pluriel) du ou des corps (dans un sens, les corps des croyants ne sont plus que des "membres" ou des "parties" de l'unique corps du Christ; dans un autre, ils doivent devenir des "corps spirituels").
Cette diversité ne se laisse pas facilement ordonner et encore moins aligner sur un simple fil chronologique: à coup sûr, la pensée de "Paul" et/ou des différents "auteurs" qui ont écrit sous ce nom a évolué avec le temps, et les textes les plus tardifs témoignent d'une certaine volonté de synthèse, simplifiante ou harmonisante -- mais qui ne synthétise, ne simplifie ou n'harmonise pas toujours dans le même sens ! Par exemple, dans les "deutéro-pauliniennes" (Colossiens-Ephésiens), il n'est plus question pour l'avenir de corps au pluriel, toute différence s'intègre dans l'unique corps du Christ identifié à l'Eglise où la résurrection est déjà accomplie, et l'horizon final n'est plus que "manifestation" ("épiphanie") du "mystère". Dans les "Pastorales" (Timothée-Tite), par contre, c'est à des hérétiques qu'on attribue l'idée que "la résurrection a déjà eu lieu".

free a écrit:
Ce n'est pas un autre corps mais le même corps qui se transforme ... Je crois.
Pas sûr, si tu lis ce qui précède (v. 36ss): Mais quelqu'un dira: Comment les morts se réveillent-ils? Avec quel corps reviennent-ils? Homme déraisonnable! Ce que tu sèmes toi-même n'est pas rendu vivant sans mourir. Et ce que tu sèmes, ce n'est pas le corps à venir, c'est une simple graine (litt. un grain nu), un grain de blé peut-être, ou une autre semence; puis Dieu lui donne un corps comme il le veut; à chaque semence il donne un corps qui lui est propre.
Il faut resituer cela dans une double perspective: d'une part 1) l'idée générale de la "résurrection" héritée du pharisaïsme, qui va toujours de pair avec un certain "dualisme anthropologique": au risque de schématiser un peu trop, la mort n'est pas la fin de l'individu, "il" (= son "âme") survit, mais entre la mort et la résurrection (dans ce que j'appelais ailleurs "l'état intermédiaire") il est "nu", sans corps (le corps étant alors considéré comme le "vêtement" ou la "tente" de l'âme, cf. 2 Corinthiens 5,3ss); la "résurrection" consiste donc à revêtir à nouveau l'âme d'un corps (selon "Paul" ici, d'un corps nouveau, d'un autre type de corps); d'autre part 2) la distinction qui s'impose au christianisme primitif (mais qui s'estompera avec le temps) entre le sort des "vivants" au moment de la parousie (leur corps actuel doit être transformé sans passer par la mort, 1 Thessaloniciens 4,13ss; 1 Corinthiens 15,51ss; cf. les belles expressions de 2 Corinthiens 5,6 et Philippiens 3,21), et celui des morts qui, n'ayant plus de corps, se voient "revêtus" d'un autre corps.
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