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 Adapter le christianisme à notre époque ?

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Narkissos

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MessageSujet: Re: Adapter le christianisme à notre époque ?   Sam 01 Nov 2014, 02:46

Pour moi, la réponse précède la question: si nous, hommes ou femmes du XXIe siècle, trouvons un "goût" quelconque au christianisme, si nous sommes capables de l'aimer ou de l'apprécier (même avec des réserves), de le comprendre (dans une certaine mesure) avec nos mots, nos concepts, nos affects, autrement dit avec notre "culture" qui n'a pas grand-chose à voir avec celle qui a vu l'émergence du christianisme, de nous sentir en un mot concernés par lui qui historiquement ne nous concerne guère, c'est que nous l'avons déjà, à notre insu, "mis au goût du jour". Et il en est ainsi de chaque génération chrétienne, qui n'a pu l'être qu'à ce prix, c.-à-d. en étant à la fois post- et néo-chrétienne. La question est plutôt, à mon sens, de savoir si ce travail d'actualisation et de recontextualisation (qui n'est pas sans rappeler l'aggiornamento de l'Eglise catholique de Vatican II) doit être assumé lucidement ou nié aveuglément (ce que font, chacun à sa manière, le fondamentalisme protestant qui se donne l'illusion d'un retour à l'origine, d'être-chrétien-comme-les-premiers-chrétiens, et l'intégrisme catholique ou orthodoxe qui arrête une tradition à un certain stade de son développement et la proclame dès lors intangible).
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MessageSujet: Re: Adapter le christianisme à notre époque ?   Sam 01 Nov 2014, 11:36

Les dissemblances sont sans doute à peu près aussi nombreuses que les ressemblances... Et c'est d'une telle évidence que je ne vous même pas l'intérêt d'en dresser une liste.

Puisque la caissière de la superette en bas de chez moi se fait payer pour accomplir son travail, c'est bien qu'elle veut gagner de l'argent. Ma p'tite caissière et Goldman-Sachs, c'est exactement pareil, aucune différence !
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le chapelier toqué

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MessageSujet: Re: Adapter le christianisme à notre époque ?   Sam 01 Nov 2014, 13:59

Nous avons peut-être plus de recul, je dis bien peut-être, nous sommes informés presque à la seconde des évènements se déroulant à l'autre bout du monde.

C'est une différence, à mes yeux, qui fait que nous croulons sous l'information ce qui n'était pas le cas de nos ancêtres.

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MessageSujet: Re: Adapter le christianisme à notre époque ?   Sam 01 Nov 2014, 15:33

"A. Le christianisme doit-il changer ?
B. -- Il change forcément parce que tout change.
A. -- Tout change ? Moi je dis que rien ne change.
C. -- Il y a des choses qui changent et d'autres qui ne changent pas. Ou bien, d'un certain point de vue tout change et d'un autre rien ne change.
A. -- Moi je dis que rien n'a changé.
D. -- Mais si, ça, par exemple, ça a changé.
A. -- Mais non. Si ça se trouve c'était pareil avant, autrement."

A lire ce dialogue passionnant, on constate que la question initiale a été abandonnée dès la troisième réplique, par le personnage (A) qui l'avait posée.

Je reviens (dernière tentative) à la question initiale, par un exemple du même acabit que les précédents: si, aux XVIIIe et XIXe siècles, des chrétiens ont combattu l'esclavage au nom du christianisme, parce qu'ils l'estimaient incompatible avec le christianisme -- comme beaucoup de leurs contemporains non chrétiens qui le faisaient au nom d'autres principes, mais contre d'autres chrétiens qui objectaient, à juste titre, que le christianisme primitif ne s'était jamais opposé à l'esclavage, même en son sein -- c'est que leur "christianisme" avait changé, en fonction des "idées" et de la "sensibilité" de leur temps.
Je me souviens d'un texte de Mark Twain qui prenait un autre exemple, celui de la sorcellerie. Pendant des siècles les Eglises, catholique, protestantes, ont mené des procès en sorcellerie et (fait) brûler des "sorcières", avec moult justifications "bibliques". Et puis un beau jour il n'y a plus eu de sorcières, ni pour le "monde", ni pour "l'Eglise". Ce qui avait passé pour un "mal" très réel, à combattre, était devenu une superstition ou une supercherie à traiter par le mépris.
Pas besoin de remonter si loin. Le "christianisme" d'aujourd'hui ne peut plus parler des homosexuels comme il en parlait il y a seulement vingt ans; il ne peut plus parler des femmes comme il en parlait il y a soixante ans; il ne peut plus parler des juifs comme il en parlait il y a quatre-vingts ans.
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MessageSujet: Re: Adapter le christianisme à notre époque ?   Sam 01 Nov 2014, 22:14

C'est sans doute une généralisation un peu hâtive et abusive, mais je le dis quand même sous cette réserve: en matière morale, sociale, politique, économique, je ne crois pas que les religions en général, christianisme inclus, aient jamais eu grand-chose de bien original ou intéressant à dire: même quand elles touchent à ces questions (ce dont elles se privent rarement), elles sont presque toujours à la remorque de la société ambiante et de ses "valeurs" ou "idéologies" du moment, avec plus souvent "un métro de retard" que d'avance. Comme disait quelqu'un à partir d'une vieille traduction de Romains 12, si elles ne se conforment pas au "siècle présent" elles se conforment au siècle passé.
Qu'a dit le christianisme primitif en ces matières pratiques qui n'ait pas été dit avant lui par les différentes écoles juives (p. ex. pharisienne) ou grecques (p. ex. platonicienne, aristotélicienne, cynique, stoïcienne, épicurienne) ? Il n'a sûrement pas inventé "l'amour du prochain", ni la "philanthropie", ni "l'humanité". Même un Paul qui peut être tout à fait original et profond en théologie retombe dans la banalité dès qu'il se mêle de morale.
Et je pense que ça n'a aucune importance, car ce n'est pas ce qu'on demande aux religions (l'erreur en la matière étant justement de les prendre pour des "lumières" morales -- dans les comités d'éthique p. ex.: on est sûr ainsi d'être systématiquement en retard sur les nécessités conjoncturelles, de décider toujours trop peu et trop tard, par un "principe de précaution" éthique qui peut s'avérer catastrophique).
"Adapter le christianisme", pour moi, c'est avant tout essayer de rendre sa théologie (sa doctrine) pensable aux "contemporains"; et pour cela il n'y a pas d'autre méthode que d'essayer soi-même de la penser dans le cadre de son époque, de son lieu et de son milieu (au risque évidemment de ne pas la penser comme on la pensait hier ou avant-hier, ou comme on la pense encore ailleurs). Comment relire une tradition religieuse pour y trouver une "compréhension de soi" et une "compréhension du monde" qui puissent avoir un sens pour moi (et mes "semblables", le cas échéant) ? Sans doute ma façon "européenne", plutôt "intellectuelle" et "philosophique" si l'on veut, de poser la question ne vaudra-t-elle pas pour des milliards de gens, mais c'est ainsi que je dois me la poser si je veux penser ce que je dis, et éventuellement à partir de là entrer avec d'autres dans un dialogue quelconque. Je ne prétends pas penser pour les autres, mais même pour penser avec eux il faut que je pense. Et je ne peux plus penser comme on pensait dans l'Antiquité ou au moyen-âge. Il n'y a pas un mot d'une confession de foi quelconque qui ne soit affecté par la "modernité occidentale" dont je suis tout autant héritier que je le suis du christianisme.
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MessageSujet: Re: Adapter le christianisme à notre époque ?   Dim 02 Nov 2014, 04:38

Il y a sûrement plus de deux christianismes... mais je ne suis pas sûr que celui que tu dénonces comme contraire au tien existe vraiment ailleurs que dans ton imagination.

Je ne connais pas d'Eglise chrétienne qui ne confesse, au moins dans le cadre de sa liturgie, un Christ "Fils de Dieu", "ressuscité", "vivant", "Seigneur", etc. Simplement, tout le monde n'a pas la même manière d'articuler le registre de langage (que j'appelle, moi, "mythique" ou "poétique", qui est en tout cas "traditionnel" et le plus souvent "biblique") où se produit ce genre de "confession" et le langage ordinaire, contemporain, où celle-ci pourrait (ou non) être expliquée, traduite ou interprétée (en termes "rationnels" ou "prosaïques", "actuels" en tout cas).

Quand on demande à des chrétiens ce qu'ils entendent au juste par les mots de leur confession de foi, les choses se compliquent en effet. Beaucoup sont incapables d'"expliquer", de "traduire" ou d'"interpréter" quoi que ce soit et se contentent de réciter leur credo en affirmant éventuellement que tout ce qu'ils disent est "vrai" comme deux et deux font quatre, comme n'importe quelle "chose (res) réelle" ou comme" n'importe quel "événement historique": le vrai Fils du vrai Dieu est vraiment descendu du vrai ciel (mais c'est quoi, "Fils", "Dieu", "ciel", dans ce contexte, pour un Européen contemporain ?), il est vraiment devenu un vrai homme en naissant d'une vraie vierge, son cadavre a vraiment été réanimé trois jours après sa mort, et il est vraiment remonté au ciel où il s'est vraiment assis à la droite du vrai Dieu (sans trop savoir ce que peut bien faire un corps humain, fût-il assis, dans ce ciel dont on ne sait plus trop ce qu'il est, si ce n'est qu'il ne doit pas être l'espace intergalactique de l'astronomie). D'autres, plus pudiques, plus prudents ou plus lucides peut-être, s'y refuseront en se disant qu'il n'y a aucun sens à "expliquer", à "traduire" ou à "interpréter" ces expressions hors du langage de la confession de foi et de la liturgie de l'Eglise. Entre les deux, quelques-uns se risqueront à tenter d'"expliquer", de "traduire" et d'"interpréter" (contradictoirement bien sûr), en reconnaissant qu'il s'agit là d'une façon de parler qui ne peut pas être prise au pied de la lettre: et ce sont ceux-là que tu considérerais comme de faux chrétiens parce que, tout en étant capables de réciter leur credo comme n'importe qui, ils assument cette tâche supplémentaire d'explication, de traduction ou d'interprétation, que les autres ne peuvent ou ne veulent pas toucher du doigt ! Parce qu'au fond ils veulent "comprendre", avec tout leur esprit-intelligence (dianoia, mens, mind) contemporain, et "faire comprendre" à d'autres esprits contemporains ce qu'ils "croient" et aiment...

Ça me paraît très injuste et très peu "charitable" (mets-y toute l'"agapè" que tu voudras), et je le dis d'autant plus volontiers que je ne me range plus dans cette catégorie, ne me prétendant plus "chrétien". Mais, dans le "christianisme" ou en dehors, j'aurai au moins essayé, tant que j'ai pu, de comprendre (et éventuellement de faire comprendre) ce que je croyais et aimais, je ne le regrette pas et j'ai le plus grand respect pour les chrétiens qui poursuivent le même effort, dût-il s'avérer parfaitement inutile. C'est grâce à eux, théologiens professionnels ou amateurs, penseurs en tout cas, que le christianisme conserve jusqu'ici une pertinence intellectuelle qu'il aura tout à fait perdue le jour où il ne sera plus représenté que par des fondamentalistes péremptoires et des ritualistes hermétiques.
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MessageSujet: Re: Adapter le christianisme à notre époque ?   Dim 02 Nov 2014, 21:08

Hugues a écrit:
Puis-je savoir quelle est votre voie, à présent ?
Je l'ignore moi-même !
Sérieusement (?), sans avoir atteint le grand âge que vous affichez, j'ai passé depuis un moment celui des étiquettes et des drapeaux en tout genre.
Je ne "renie" nullement le christianisme, il me "constitue" en grande partie, par "culture générale" et par "autobiographie personnelle". Je lui dois presque tout -- le pire comme le meilleur. Il n'a pas cessé de m'intéresser, mais il ne me "définit" plus tout à fait.
Cependant (cela répond peut-être davantage à B.a.) je ne m'interdis pas de le "penser", peut-être parce que je ne sais pas "penser" sans lui, parce qu'il reste une référence centrale de ma "pensée". Je ne prétends certes pas prescrire aux chrétiens ce que doit être leur christianisme, mais je reste disposé à en parler avec eux s'ils le sont eux-mêmes (ce qui est, rassurez-vous, de plus en plus rare). Quoique je préfère aux discussions tous azimuts comme celle-ci des sujets mieux circonscrits (bibliques ou théologiques notamment).

@B.a.: J'ai apprécié, à les relire attentivement et non "en diagonale" (ce qui avait été, je l'avoue, mon premier mouvement), tes variations sur le thème "voir le ciel". Il ne t'aura cependant pas échappé qu'il s'agissait là d'une (double) "métaphore", "poétique", qui appellerait des guillemets à "voir" ("voir" sans voir) autant qu'à "ciel" ("ciel" qui est et n'est pas le ciel-au-dessus-de-notre-tête), et que tu t'es bien gardée d'expliquer, de traduire ou d'interpréter en termes non métaphoriques et non poétiques (comme si la chose était possible). Je ne te le reproche pas, c'est la sagesse même: le poète ne gagne rien à expliquer son poème en prose, encore moins le peintre sa peinture ou le musicien sa musique -- ils ont mieux à faire. Je te suggère seulement de ne pas trop mépriser ceux qui éprouvent le besoin de "comprendre" et de "penser" ce qu'ils croient ou ce qu'ils ont cru. Ils n'ont peut-être pas davantage le choix que tu ne l'as toi-même, et ils sont peut-être eux-mêmes, qui sait ? utiles à quelque chose (le "corps" paulinien, toujours, peut-être plus vaste que tu ne l'imagines).
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MessageSujet: Re: Adapter le christianisme à notre époque ?   Lun 03 Nov 2014, 00:06

Je ne parlais pas tellement pour moi, mais plutôt pour ces chrétiens (pasteurs, théologiens, philosophes, ou "simples particuliers paroissiens") que ne satisfait pas la récitation des formules d'antan, si belles soient-elles, et qui éprouvent le besoin d'en dégager un sens actuel qu'ils puissent comprendre et croire avec "toute leur pensée-intelligence" de gens de leur temps, de leur lieu ou de leur milieu (c'était l'objet de la discussion au point où je l'avais laissée hier soir -- ou très tôt ce matin; il est vrai que, depuis, beaucoup d'encre virtuelle a coulé dans tous les sens). Qui, par exemple, ne pourront pas prendre au pied de la lettre des récits comme ceux de la conception virginale, de la résurrection ou de l'ascension corporelles de Jésus, mais les liront plutôt comme des sortes de paraboles -- d'une "vérité spirituelle" qui te paraîtra peut-être, à toi, brumeuse et inconsistante, mais à laquelle eux pourront pleinement et sincèrement adhérer. Si de ceux-là tu dis -- mais peut-être t'ai-je mal comprise -- que leur christianisme est vide et faux, et qu'ils ne peuvent en aucun cas se prétendre chrétiens, parce qu'ils ne comprennent pas les choses comme tu les comprends, alors que peut-être ils ne peuvent pas plus les comprendre comme toi que toi comme eux, c'est là qu'il peut y avoir "mépris" ou "jugement" (pour reprendre la nuance de Romains 14) de ta part -- et "méprise" aussi, malentendu et sur ce que tu crois avoir compris et (ce qui est peut-être plus grave) sur les bonnes ou mauvaises intentions des autres.

Qui est le plus "hypocrite" (autrement dit le plus "comédien"), celui qui se dit chrétien tout en admettant un rapport problématique à la doctrine chrétienne traditionnelle (quelle qu'elle soit), ou celui qui arrive à se persuader lui-même qu'il peut y adhérer littéralement sans aucun problème ? Ça se discute. Je repense au personnage terrifiant de l'évêque luthérien (Hugues me dira encore que ça n'existe pas) dans le magnifique film Fanny et Alexandre, d'Ingmar Bergman. A l'actrice de théâtre (!) qu'il a épousée, il finit par avouer ceci (de mémoire): Vous (les comédiens), vous avez toutes sortes de masques, moi je n'en ai qu'un seul et il est tellement collé à mon visage que si j'essaie de l'enlever tout vient, ma peau et ma chair...

Sur ton "A-Z", je n'ai pas relevé de "point" particulier, mais j'ai trouvé plus généralement (à la relecture, donc) que c'était une assez bonne description des heurs et malheurs de la communication de (ce que j'appelle) "l'expérience religieuse", avec ses inévitables malentendus dogmatiques, ecclésiastiques, charismatiques, et ainsi de suite. Je n'ai pas d'autre commentaire (pour le moment !).
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MessageSujet: Re: Adapter le christianisme à notre époque ?   Lun 03 Nov 2014, 02:53

Bien. Je constate, une fois de plus, qu'il y a des moments où tu es capable de lire ce qu'on t'écrit et d'y répondre intelligemment, et d'autres, par contre, où tous tes interlocuteurs présents, passés, réels et imaginaires sont noyés dans ton propre fantasme de la conspiration catholico-libérale universelle. Dans ce dernier cas il n'y a rien d'autre à faire que d'attendre que ça se passe.

A bientôt j'espère ! Smile
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MessageSujet: Re: Adapter le christianisme à notre époque ?   Lun 03 Nov 2014, 14:37

Sauf erreur de ma part, je n'ai pas parlé ici d'Eglise, de rassemblement ni de liturgie, mais je vais quand même ajouter quelque chose là-dessus au risque d'apporter de l'eau au moulin de B.a. (qui de toute façon n'en a pas besoin pour tourner tout seul), parce que ça a rapport au sujet.

"Adapter le christianisme à notre époque", cela peut en effet s'entendre de plusieurs manières. P. ex. "morale" (ainsi quand Hugues parle de "dérives sociétales": j'ai dit plus haut ce que j'en pensais), "théologique" (au sens de pensée ou d'intelligence de la foi, cogitatio fidei, intellectus fidei: c'est surtout ça qui m'intéresse et dont j'ai parlé jusqu'ici), mais aussi "ecclésiastique" et "liturgique".

Bien sûr, ce dernier aspect n'intéresse que ceux qui "vont à l'église", que ce soit tous les jours, tous les dimanches, quand il pleut, à Pâques ou à Noël. Ceux qui n'y vont pas du tout ne sont pas concernés, sinon en tant que visiteurs potentiels. Et bien sûr la question de la "liturgie" se pose différemment dans chaque "Eglise" (confession, "dénomination" comme disent les évangéliques, de façon purement locale pour les congrégationalistes stricts); elle se posera même sans le mot de "liturgie" pour ceux qui ne veulent pas entendre parler de "liturgie", mais qui organisent quand même d'une façon ou d'une autre le déroulement de leurs "réunions", où s'impose toujours une certaine "règle" (au moins coutumière), même si cette règle consiste à veiller à ne pas prendre d'"habitude" (ça devient vite une habitude).

Ces réserves faites, je vais restreindre mon propos aux Eglises qui assument le principe et le mot de "liturgie" -- l'Eglise catholique romaine, toutes les Eglises "orthodoxes" et/ou "apostoliques" d'Orient, l'Eglise luthérienne, les Eglises épiscopaliennes (p. ex. anglicane), la grande majorité des Eglises réformées ou presbytériennes, et beaucoup d'Eglises évangéliques (libres, baptistes, etc.).

Quand on pense "adapter (ou réformer ?) le christianisme" en Occident, c'est à la liturgie qu'on pense le plus souvent: parce que c'est ce qui est pour nous le plus facile, habitués que nous sommes (depuis Aristote au moins) à opposer la "forme" au "fond" comme le "sensible" à l'"intelligible" et l'"accessoire" à l'"essentiel". Nous sommes volontiers audacieux, voire téméraires, pour réformer ou transformer tout ce qui nous paraît "(purement) formel", pusillanimes en revanche dès qu'il s'agit de toucher à ce qui nous semble "essentiel", "foncier" ou "fondamental".

Il me semble, par exemple, que la plus grande erreur (stratégique) de Vatican II a été de trop modifier la forme de la liturgie (parce que ça paraissait assez facile et peu "important") et de ne pas assez repenser le fond de la théologie (parce que ça paraissait trop difficile et dangereux). Les pratiquants ne s'y retrouvaient plus, et sans doute encore moins les pratiquants irréguliers que réguliers (ces derniers étant souvent acteurs directs des réformes). Quant aux catholiques qui avaient des problèmes de fond avec la doctrine, ceux-ci ne pouvaient leur paraître que plus évidents en français qu'en latin ! (Je ne citerai pas Brassens, mais le coeur y est.)

Au temps où je fréquentais diverses Eglises protestantes (une évangélique et une réformée surtout, toutes deux résolument "liturgiques"), le modèle qui avait ma préférence personnelle était... luthérien (de façon très théorique, car je n'habitais pas une région luthérienne). Il me semblait allier assez idéalement un conservatisme de forme (Luther avait limité au maximum -- ou au minimum -- les réformes "liturgiques", car il était bien conscient que ce n'était pas le problème: à la limite, le culte luthérien garde plus de traits formels de l'office médiéval que la messe d'après Vatican II) et une grande liberté de pensée théologique. Le résultat, c'est qu'on trouve souvent dans les Eglises luthériennes (en tout cas j'y ai trouvé, en Alsace, en Allemagne du Nord et en Scandinavie p. ex.) d'une part un fort sens de la liturgie (les apports ultérieurs de la musique baroque, notamment de Bach, n'y étant pas pour rien) et du sacrement, d'autre part des sermons intelligents et "en prise" avec la pensée contemporaine (ce qui n'est pas souvent le cas des églises catholiques françaises, si j'en juge par les quelques messes auxquelles il m'est arrivé d'assister). Un exemple qui m'avait frappé, dans une petite église en bois des îles Lofoten: l'officiante changeant d'habit (de la robe noire du prédicateur-enseignant, signe de "savoir" académique, à la chasuble colorée du prêtre, signe religieux) pour passer du "sermon" à la "communion": symbole puissant (fin du discours humain, début de l'acte divin).

Question de goût évidemment, "esthétique", comme l'est toujours la "forme". Sur le "fond", je n'ai rien à (re-)dire à ceux qui préfèrent les cantiques "yé-yé" aux chorals de Bach et les prières "spontanées" aux prières écrites et recueillies sur de nombreux siècles (si ce n'est que celles-ci me semblent finalement moins répétitives, moins indigentes et moins "faire-valoir" pour celui ou celle qui les prononce). Du moment que je n'ai pas à les subir, pas plus que quiconque à subir une liturgie contre son gré (car j'ai aussi connu ça dans mon enfance, la messe en latin obligatoire, et je n'en garde pas non plus un très bon souvenir) !

Hugues: En ce qui concerne votre post de 10 h 39 (que je viens de lire), vous êtes non seulement hors sujet, mais hors (sous-)forum. Pour votre information, nous avons déjà eu deux pasionarias islamophobes il y a environ six mois, ça n'a pas pris... cf. http://etrechretien.discutforum.com/f23-musulmans
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MessageSujet: Re: Adapter le christianisme à notre époque ?   Mar 04 Nov 2014, 16:42

J'ai supprimé des posts qui étaient hors sujets. Je demande aux particpants du forum de ne pas partir dans tous les sens et de ne pas multiplier les sujets à aborder. MERCI à tous.
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MessageSujet: Re: Adapter le christianisme à notre époque ?   Mer 05 Nov 2014, 16:06

B.a. a écrit:
Comment pensait-on dans l'Antiquité ? Dans quel pays ?  Le commerçant ne pensait pas de la même manière que le mendiant, que le curé ou encore que le vaudois.  L'instruit  comme le non-instruit, l'instituteur comme la femme de l'instituteur. La construction de la pensée n'était pas la même d'un 'peuple à l'autre'.

De nos jours, un jeune mexicain pauvre ne pense pas de la même manière qu'un chinois dont le pouvoir d'achat n'a cessé d'augmenter ces dernières années et déjà que son 'voisin' aux Etats-Unis. L'accès à la nourriture et le pouvoir et la liberté d'un individu influe généralement plus sur sa façon de penser que l'époque dans laquelle il vit. L'indou ne construit toujours pas sa pensée comme en occident, et d'un indou à l'autre, elle est différente. L'esclave pense-t-il différemment d'une époque à l'autre, d'une contrée à l'autre ? Idem pour 'le roi' ... qu'il soit un roi 'économique', politique, etc

Avec ça je suis tout à fait d'accord. Soit dit en passant, c'est le grand mérite des théologies dites "de la libération" (principalement catholiques en dépit de leur inspiration marxiste) d'avoir remis un temps les conditions sociales de la pensée et de la pratique religieuses au centre du débat théologique. Non sans d'excellents appuis bibliques (dans l'évangile selon Matthieu et l'épître de Jacques notamment, ou chez les Prophètes de l'AT).

A part ça, quand je dis "je" je n'engage que moi (et encore très partiellement, car "je" ne m'interdis pas de changer). Quant au "dialogue", je n'en ai parlé ici que de façon théorique ou hypothétique. Concrètement, s'il y a eu dans les années 1960-70 dans beaucoup d'Eglises occidentales une certaine volonté de "repenser" la théologie et d'entreprendre un "dialogue" interconfessionnel, interreligieux ou même avec la pensée non religieuse, il me semble que cette époque est révolue depuis longtemps. En ce qui me concerne, il ne me reste plus pour "dialoguer" que ce petit forum, où la quasi-totalité des participants ne "représentent" personne qu'eux-mêmes, et où malgré cela, à quelques exceptions près (qui me sont d'autant plus chères) il est manifeste que les possibilités de dialogue "théologique" sont rares, généralement brèves et majoritairement décevantes. Je précise qu'à mes yeux ce n'est nullement une affaire de compétences -- j'ai eu des conversations théologiques passionnantes avec des gens qui n'avaient jamais ouvert une bible -- mais d'intérêt.
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MessageSujet: Re: Adapter le christianisme à notre époque ?   Jeu 06 Nov 2014, 15:12

A LA SUITE D'ATTAQUES GROSSIERES ET PERSONNELLES A L'ENCONTRE DE BEREENNE ATTITUDE ET DE NARKISSOS JE ME VOIS CONTRAINT DE BLOQUER LE SUJET. SANS COMPTER LES ATTAQUES CONTRE DES RELIGIONS.

HUGUES J'ATTENDS DES EXCUSES.

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MessageSujet: Re: Adapter le christianisme à notre époque ?   Jeu 06 Nov 2014, 18:21

J'AI SUPPRIME UN MESSAGE DE HUGUES DATE DE HIER.
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MessageSujet: Re: Adapter le christianisme à notre époque ?   

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